ALCIBIADE — ALCOOL
auquel il coupa la queue quand toute la ville ieut admiré, atin qu'on en parlât encore.
Il entra dans les affaires publiques vers 420, et se trouva des lors en rivalité d'influence avec Nicias, qui avait fait conclure une trêve avec les Lacédémoniens. Alcibiade fit rompre cette irôve, reçut le commandement de quelques expéditions sur les côtes du Péloponèse et réussit enfin ;41ô) à entraîner ses concitoyens dans cette désastreuse guerre de Siciio, qui fut le point de départ et l'une des causes des malheurs d'Athènes. Chargé du commandement de la âotte avec Nicias et Lamachus, il allait mettre à la voile, quand il fut accusé d'avoir, dans une nuit de débauche, mutilé les hermès ou images de Mercure dressées dans les lieux publics, et d'avoir tourné en dérision les redoutables mystères d'Eleusis. Il partit sous le poids de cette accusation. A peine avait-il louché les rivages de la Sicile où quelques succès brillants semblèrent justifier son audace, qu'on envoya d'Athènes la galère sacrée pour le ramener dans la cité : un décret de mort l'y attendait. En passant à Thurium, il s'enfuit, et, quand il apprit que les Athéniens l'avaient condamné : p. Je leur ferai bien voir, s'écria-t-il, que jo suis encore vivant! » Puis il alla ofi'rir ses services aux Spartiates, qu'il étonna par sa frugalité.
Ce souple génie attirait partout les regards et se rendait les peuples favorables en s'assimilant leurs qualités et leurs vices. Il engagea les Lacédémoniens à ravager l'Attique, et souleva contre les Athéniens l'île de Chio et la plupart des villes de l'Ionie. Mais la jalousie d'Agis, dont il avait séduit la femme, et l'envie que ses victoires inspirèrent aux généraux Spartiates, le contraignirent à chercher un refuge auprès de Tissapherne, satrape du roi de Perse, auquel il inspira cette politique d'épuiser les Grecs en favorisant alternativement les deux partis et en s'opposantau triomphe définitif soit d'.4.thènes, soit de Sparte. Il négocia en même temps son retour à Athènes, qu'il agitait de ses intrigues, et où le peuple lui fit un accueirenthousiaste. Nommé généralissime des troupes athéniennes, il gagna sur les Spartiates les batailles navales d'Abydos (411) et de Cyzique (410), rentra triomphant à Athènes (407), mais tut de nouveau exilé après la défaite de son lieutenant Antiochus par Lysandre. Il rassembla alors des mercenaires et alla, en aventurier, faire la guerre pour son propre compte en Thrace. Après le désastre d'Agos-Potamos, craignant la puissance de Sparte, il se retira auprès du satrape Pharnabaze, en Bithynie, et parut dès lors touché des malheurs de sa patrie et disposé à la servir.
Les Lacédémoniens, no croyant point avoir abattu Athènes tant qu'Alcibiade serait vivant, négocièrent sa mort auprès du satrape, qui le fit tuer à coups de flèches dans les bras d'une courtisane, au milieu des flammes de sa maison incendiéo(404 av. J.-C). Plutarque a écrit sa Vie, et deux dialogues de Platon portent son nom.
— LiTTÉR. Le nom d' Alcibiade, dans la langue littéraire courante, sert à désigner un homme dont le caractère offre en contraste de grands vices unis à de brillantes qualités, et qui, avec la plus grande souplesse, so plîo aux circonstances.
— BiBi-iOGR. : Hertzberg, Alcibiade der Staatma}ni imd Feldkerr {HaWe y 1854); Henri Houssaye, Histoire d' Alcibiade {Paris, 1875).
Alcibiade (saint), chrétien martyrisé à Lvon l'an 177. Honoré par i Kglise le 2 juin.
Alcidamas ( du IV siècle av. .
contre les am d'Ubjsse cont
ALCIDE n. m. Genre d'insectes coléoptères tétramères, famille des curculionides, qui renferme un grand nombre d'espèces habitant l'Afrique et les Indes orientales.
ÂLCIDE, l'un des surnoms patronymiques d'Hercule. V. Alcke.
— S'emploie fig. comme nom masc, pour désigner un homme très fort ; C'est un ALcinE. ii On dit pluiôt HËRCULt:.
ALCIDÉS (du lat. alca, pingouinj n. m. pi. Famille d'oiseaux palmipèdes, ayant pour type le pingouin.
AlCIMAQUE, surnom qui signifie forte dans les combats, et que l'on donne quelquefois à Pallas ou Minerve.
ALCINE (de Alciiia. nom d'un natural. espagn.) n. f. Genre de plantes de la famille des composées, originaire du Mexique.
Alcine, personnage du Boland furieux, de r.Vrioste. Lorsque Alcine, sœur de la fée Morgane, était fatiguée de ses amants, elle les métamorphosait en arbres, en rochers, eu fontaines.' Roger oublie près d'elle sa chère Bradamante. Cet épisode (chant VIII) est un des plus gracieux du poème.
ALGINOÉ (de Alcinoé, n. mythol.) n. f. Genre do polypes cténophores, appartenant à Tordre des lobata, famille des mnemiidî, dont on rencontre un certain nombre d'espèces dans l'Atlantique tropical. Syn. do chi.a.jja.
Alcinoé, fille du roi de Copînthe Polybe, et femme d'Amphiloque. Ayant renvoyé une tisseuse, nommée Nicandra, sans lui payer son salaire, elle en fut punie par Minerve, qui lui inspira une passion coupable pour le Samieu Xanthos, avec lequel elle s'enfuit, abandonnant son époux et ses enfants. Poursuivie par le remords, elle se précipita dans la mer.
AlcinoÙS. Dans les poèmes d'Homère et d'Apollonius, roi des Phéaciens, père de Nausicaa, qui accueillit Ulysse naufragé et protégea Médée fuyant avec Jason.
AlcinoÙS, philosophe platonicien du ii* siècle, auteur d'une Introduction à la philosophie de Platon, dont Marsile Ficin a donné uno version latine, et Combe-Dounous une traduction française (Paris, 1800). D. Heinsius a donné la meilleure édition du texte avec trad. latine et noies (Leyde, 1630).
ALCIOPE (du nom d'une nymphe) n. f. Genre de plantes de la famille des composées et de la tribu des sénécionidées, à feuilles couvertes d'un duvet blanc et cotonneux, provenant de l'Afrique centrale.
AlciphrON, rhéteur grec. probablement contemporain de Lucien, auteur de lettres hctives où il fait parler des pêcheurs, des femmes, des gens de toutes les conditions, et fournit de curieux détails sur les mœurs grecques à son époque.
>î(Î5s), sophiste grec, disciple de Gorgias, .-C, dont il reste deux harangues : l'une
es sophistes, l'autre intitulée Accusation
: Palamède.
Alcippe, Spartiate exilé sous l'accusation d'attentat aux lois. Sa femme Damocreta et ses filles, n'ayant pu obtenir l'autorisation de le rejoindre, mirent le feu au temple, où l'on célébrait uno fête, et se précipitèrent dans les flammes. Les Lacédémoniens jetèrent hors de leur territoire les corps de ces infortunées.
Alcira (lat. .S'(/C)'o), ville d'Espagne (prov.doValcnce), dans une île et sur la rive dr. du Jucar; 18.450 hab. Son territoire est regardé comme le jardin de la campagne de Valence. Elle fut fondée par les Carthaginois. Don Jaime I"" d'Aragon la conquit en 1242 sur les Maures, <|ui lui avaient donné son nom. Pop. du district : 50.400 hab. De là viennent les oranges connues à Paris sous le nom la belle \altnce.
ALCITHOÉ (de Alcitkoé, n. mythol.) n. f. Genre de la famille des composées, originaireduMexique.Syn. de TRixis. AlcitHOÉ, fille de Minyas, sœur de Leucippe et d'Arsippe. Ayant refusé toutes trois de prendre part aux fêtes de Bacchus, le dieu, pour les y contraindre par la frayeur, se présenta successivement devant elles en taurea'u, en lion et en panthère. Leucippe, désignée par le Sort, qu'elles avaient invoqué, pour se rendre à. la fête, entra alors en fureur et déchira son propre fils Hippasus. La même frénésie s'empara aussitôt de ses sœurs. Mercure les changea : l'une en chauve-souris, l'autre en hibou, et la troisième en chouette.
ALCMAÏQUE n. m. et adj. Poés. V. alcmanikn. Alcman, poète grec, né à Sardes en Lydie, où il florissait au vii« siècle av. J.-C. Il avait comp"ûs6 un poème sur les Dioscures, des Parthénies ou Eloges des jeunes filles, et des pièces erotiques. Il est le vrai fondateur de la poésie chorale, le premier des grands lyriques grecs. ALCMANIEN (iw) OU ALCMAÏQUE (de Alcman, n. pr.) n. m. et adj Se dit d'un vers dont l'invention est attribuée au poète grec Alcman. C'est un ïambique de cinq pieds ou un tétramètre dactylique, employé aussi par les Latins. AlcmÈNE, épouse du Thébain Amphitryon. Jupiter ia séduisit en prenant les traits do son époux, et eu eut Hercule. A sa mort, son corps disparut, et on trouva à sa place une pierre dans son lit. Jupiter avait donné l'ordre à Mercure de la transporter dans les champs Elysées, où elle devait s'unir à Rhadamante. La pierre fut déposée dans un bots sacré, en un lieu dit depuis chapelle d'Alcmène. Elle fut révérée à Thèbes, à Haliarte et à Athènes. V. Amphitryon (comédie de Molière).
ÂLCMÈNE (nom mythol.) n. f. Planète télescopiquo, découverte par Robert jLuther, le 27 novembre 1864.
AlcmÉON, fils d'Amphiaraiis et d'Eriphyle, tua sa mère pour venger son père, qu'elle avait poussé à faire partie de la funeste expédition des Sept chefs contre Thèbes, où il devait périr. Poursuivi par les Furies, Alcméon ne trouva de repos qu'après avoir été purifié par Phégée, roi d'Arcadie. dont il épousa la fille, Alphésibêe. Ayant abandonné celle-ci pour épouser Callirrhoé, fille d'Archélaiis, il fut tué par les beaux-frères d'Alphésibée. Alcméon. petit-fils de Nestor, fils de Nélée. Chassé do Pylos par l'invasion dorienne, il vint s'établir à Athènes, vers 1100 avant J.-C. Il fut la tige de la puissante famille des Alcmvonidcs.
Alcméon, médecin et philosophe grec de la secte de Pythagore, né à Crotone (Grande-Grèce), vivait au VI* siècle av. J.-C. Le premier, dit-on, il disséqua des animaux, et il avait certainement des connaissances anatomiques; il se préoccupa des rapports du physique et du moral.
AlcmÉONS ou AlCMÉONIDES, puissante famille venue de Messénie à Athènes et dont le fondateur, Alcméon, passait pour se rattacher à Nestor.— ^'k Alcméon (ou Alcméonide).
— Histoire. Lors de la tentative de Cylon pour s'emparer de la tyrannie, un Alcméonide, l'archonte Mégaclés, se mit à'iatéte des citoyens qui reprirent l'acropole sur Cylon, et il fit périr le plus grand nombre des cylonides dans des conditions qui le firent accuser par le peuple de sacrilège. Selon, profitant du prestige que lui avait donné la reprise de Salamine sur les Mégariens, fit bannir quelque temps les Alcméonides; après lui, la rivalité de Mégaclès et de Pisistrate troubla la cité. (V. PisisTRATK, Mëgaclès.) Alcméou, fils de Mégaclès, pendani.l'exil de sa famille à Delphes, fut mandé à Sardes \rà.v Crésus qui le renvoya, dit-on, comblé de richesses. Son fils, Mégaclès, épousa Agarista, fille de Clisthène, tyran de Sicyone , et de ce mariage naquit un fils qui, selon l'usage athénien, prit le nom de son grand-père (Clisthène), et qui, après îa chute des Pisistratides, eut une autorité prépondérante. Un autre Mégaclès, fils de Clisthène, se distingua par des réformes politiques. Périclès et Alcibiade appartenaient à la famille des Alcméonides. Alcolea DEL Rio, bourg d'Espagne (prov. do Séville), sur le Guadalquivir; 2.200 hab. Défaite des Espagnols par le général Dupont en 1808, et du général Pavia, marquis de Novaliches^ en 1S6S, par le général Serrano, commandant des troupes révolutionnaires, ce qui entraîna la chute du gouvernement de la reine Isabelle IL
AlcON. Plusieurs personnages mythologiques ont porté ce nom. L'un des plus célèbres est'ALcos, habile archer crétois et compagnon d'Hercule. Un serpent s'étant enroulé autour du corps de son fils, il tua le reptile d'une flèche sans toucher à l'enfant. Il faut rapprocher cette fable de celle de Guillaume Tell.
ALCOOL n. m. {koV — de l'arabe al, le, et de cokol ou cohl, mot qui signifie c//o.se subtile, et par lequel on désignait une poudre impalpable: d'autres le tirent du radical kaly, rôtir, griller. La première dérivation paraît la plus directe, mais la seconde est la plus favorable au sens). Esprit-de-vin, liquide obtenu par la distillation du vin : Z'alcool se forme aux dépens du sno^e gui existe dans le raisin, w S'emploie, par ext., pour désigner toute espèce de spiritueux.
— Terme générique employé par les chimistes pour désigner un groupe de composés présentant les mêmes propriétés fondamentales, le même type de composition et suivant les mêmes lois de métamorpboses que l'alcool ordinaire.
— Ane. pharmac. Servait à désigner deux choses : l" une poudre très fine, 2" l'csprit-de-vin.
2 — Oî
— Alcool rectifié. Esprit-de-vin à 36 degrés de l'aréomètre Cartier, il Alcool à 40 degrés. Esprit-de-vin à 40 degrés du même aréomètre, il Alcool absolu, alcool anhydre. Alcool pur, sans eau.
— Encycl. Chim. Alcool vinique. L'«?cooi proprement dit ou esprit-de-vin, CH^ - CH'OH {alcool vinujue, alcool éthylifjue, hydrate d'èthyle, éthanol), est un des principes constituants de toutes les boissons îermentées. Sa synthèse a été opérée par Berthelot, qui a procédé ainsi : 1° L'éthylène, agite avec de l'acide sutfurique, donne l'acide éthylsulfurique qui, distillé avec de l'eau, donne de l'acide sulfurique et de l'alcool. 2» Le chlorure d'èthyle, chauffé aveclacétate de potassium, donne l'acétate d'èthyle qui, traité par une solution de potasse, donne de l'alcool.
L'alcool se prépare toujours par la distillation des liqueurs fermentées. Les liqueurs sucrées que l'on soumet à la fermentation sont généralement le jus de certains fruits, ou proviennent de céréales. La fermentation, ainsi que l'a montré Pasteur, s'opère par l'action de la levure de bière.
Les Grecs et les Romains ne connaissaient pas la distillation ; entre les diverses liqueurs fermentées, ils ne voyaient de commun que l'action physiologique. Il est probable que l'art d'extraire l'alcool nous vient des Arabes. Arnaud de Villeneuve, savant du xm" siècle, ne fit qu'en introduire l'usage en Europe en en décrivant les propriétés. La quinta essentia (quintessence) de Raymond Lulle n'était autre chose que de l'alcool rectifié à une très douce chaleur.
C'est Lavoisier qui nous a appris l'origine et le mode
de production de l'aicool dans la fermentation vineuse en
montrant que, sous l'influence de la levure de bière, le
cucrede raisin se transforme en acide carbonique et alcool: ,