‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 165 sur 828 · ALCIBIADE · texte numérisé non relu

ALCIBIADE

Alceste, principal personnage du Misanthrope, do Molière. D une probité mncxiblo, d'une franchise mtransigoante, il censure sans ménagement les travers ot les ridicules, et heurte de front tous los amours-propres. C'est lo type do l'homme insociablo, du misanthrope. Certaines parties de son caractère lui concilient l'estime ot presque la sympathie du lecteur; mais sa vertu sauvage, sa franchise brutale le font redouter de sos meilleurs amis.

Alceste (lettres d'). Plusieurs écrivains ont pris, à diverses époques, le pseudonyme d'AuESTE. En 1849, par exemple, Amédéo Achard publia sous co nom quelques articles dans ['Assemblée nationale d'alors.

Les véritables Lettres d' Alcesle parurent, en 1869, dans V l'niverscl, journal do Ducuing. Faites en vue de la campagne électorale qui allait s'ouvrir, elles s'attachaient à traiter trois questions : P les élections de 1869 ; 2" lo gouvornoment personnel; 3" la crise. Elles se recommandaient par la pureté de la forme et par la hauteur des vues. On y sentait le désir de battre en brèche l'Empire; mais les coups étaient portés d'une main si habile que la masse no vit pas le but poursuivi, et, faute d'abonnés, l'Universel fut obligé de cesser sa publication. Alceste disparut avec lui. Il devait reparaître bientôt dans la Vérité, que dirigeait Portalis, puis dans la Constitution, qui la remplaça, ainsi que le Corsaire et l'Avenir national, avatars divers de la même feuille, que l'état de siège ( 1871-18731 supprimait et qui renaissait toujours. L'opinion la plus accréditée est que le collaborateur de Portalis était Hippolyto Castille.

Alcester (Frédéric Beauchamp Paget Seymour, baron), marin anglais. V. Seymour.

AlcÉTAS rs roi d'Epire, à la fin du iv« siècle av. J.-C. — Alcetas II, roi d'Epire, de 313 à 307 av. J.-C, frère de Perdiccas, général d Alexandre. U eut à soutenir une guerre contre Cassandre, fils d'Antipator, et fut mis à mort par ses propres sujets. Pyrrhus lui succéda.

ALCHÉMILLE(/fé; // mil.) OU ALGHIMILLE (^i ; U mil. — do larab. al kcmetieh, alchimique) n. f. Genre de plantes, do la famille des rosacées ot do la tribu des agrimoniées.

— E^cvl■L. Valchémille commune est une petite plante vivace ([ui croit en abondance en France, dans les prés ot les montagnes boisées; on la désigne souvent sous los noms vulgaires àQpied'de-lion ou pied-de-lapin, mantelet de dame, porte-rosée, soubeirette. D'autres espèces sontannuelles.

On leur a attribué dos propriétés merveilleuses, comme celle de refaire des virginités; ce sont en somme des plantes faiblement astringentes.

ALCHÉRON ou ALGHIRON n. m.

pierre ou concrétiou dans la vésicule biliaire du bœuf.

ALCHIMIE (c'est le mot chimie précédé do l'article al, le ou la) n. f. Nom donné à la chimie du moyen âge ; art chimérique qui consistait à chercher guérir tous les maux et la transmutation dos métaux en pierre philosophalo : Z<*alchimie a souvent fait découvrir de g7'a7ides vérités sur le f/rand chemin de l'imagination. (Dider.)

— Par ext. Se dit do systèmes, do théories dont les divers éléments sont inconciliables, et qui ne peuvent conduire à aucun résultat positif.

— Encycl. Valchimie est la chimie du moyen âge, comme Vart sacré ou art hermétique avait été celle des savants de l'école d".A.lexandrie. La conquête do l'Egypte mit les Arabes on possession de cet art, qui devint l'objet do leurs travaux et qu'ils répandirent en Occident. Le

^e arabe et chrétien a été le beau temps de l'aljui a beaucoup préoccupé plusieurs des philosophes marquants de cette époque.

Le but do l'alchimie était celui que poursuit de nos jours la synthèse chimique ; saisir les secrets de la puissance créatrice de la nature et reproduire les corps que nous avons sous les yeux, par la connaissance des lois qui ont présidé à leur formation.

Il y a lieu do distinguer trois éléments dans les sources de Talchimie : P un élément de pratique industrielle; 2° un élément de mysticisme oriental ; 3" un élément d'explication rationnelle et philosophique. Les pratiques métallurgiques et les idées de transmutation desalcnimistes ont pris naissance dans les industries d'Egypte et d'Assyrie relatives à la préparation des métaux et de leurs alliages, des verres, des pierres artificielles, des étoffes colorées.

Les alchimistes distinguaient deux espèces de métaux: los métaux inaltérables au feu (métaux no6/es),et ceux à qui la chaleur fait perdre leur éclat et leur ductilité, c'étaient les métaux imparfaits ou demi-métaux. Les uns et les autres étaient pour eux des corps composés, et composés des mômes principes. Chaque métal s éloignait plus ou moins du plus noble des métaux, de l'or, selon l'état plus ou moins grossier du soufre et du mercure que d'après eux il contenait; c'est sur le soufre et le mercure que roulaient toutes les combinaisons qu'ils voyaient s'o-

Eércr et tous les changements qu'ils croyaient possibles, a fabrication des émaux et des alliages leur suggérait deux moyens do compléter les imitations des nTétaux parfaits. Ils supposaient qu'un métal parfait, mis en contact avec un métal imparfait, devait lui communiquer sa perfection. Le second moyen consistait à teindre les métaux en or d'une façon intime et complète. Do là l'invention d'un principe colorant oiipoudre de projection, qui devint la pierre philosophais et qui devait multiplier l'or. Ils donnaient le nom do grand œuvre aux travaux accomplis dans ce but. La recherche de la panacée universelle, longtemps confondue avec celle do la pierre philosophalo, ne s'en sépara que plus tard.

L'alchimie, de plus, était une science occulte, qui mettait au service do l'homme les puissances surnaturelles. Elle se rattachait aux rêveries mystiques des alexandrins et des gnostiques. Née au ii* ot au ui« siècle après Jésus- Christ, elle portait le cachet des conceptions religieuses et mystiques de cette époque.

L'a'lobimie renfermait encore , selon Berthelot , un élément rationnel et philosophiciue. C'est la philosophie grecque qui a fourni à l'alchimie la justification rationnelle do sos pratiques 61 de ses espérances. Le principe

-A, fteiir.

remède propre à

moyen ;

très simple sur lequel elles se fondent est que la matière est une par la substance, divcrso par les qualité»; que l'on peut dépouiller plus ou moins complètement une suWaoco donnée des qualités qui la caractérisent, et la revêtir do qualités nouvelles; quo les substances peuvent ainsi »o changer les unes dans les autres Kuivant un processus circulaire, qui revient au point de départ.

D'ailleurs, la transmutation des métaux était d'accord avec les observations du temps. Les métaux dérivant des oxydes, les alchimistes considéraient les oxydes comme élémentaires et simples, les métaux comme composés et produits. Co sont les découvertes do Lavoisier qui ont ruiné définitivement la doctrine alchimique. Bertholot soutient quo le principe platooicion do toute la philosophie alchimique, la matière nno et capable de formes qui se substituent les unes aux autres, n'est nullement entamé par les conquêtes modernes do la chimie, et qu'on y doit voir une conception très plausible do la constitution do la matière.

Ce qui caractérisait l'alchîmisto, c'était la patience. Il transmettait à ses enfants les secrets d'une expérience inachevée. Ce sont eux qui ont amassé un à un, péniblement, les matériaux de la chimie moderne. Nous leur devons la découverte des acides sulfurîquc, chlorhydrlaue. nitrique, de l'ammoniaque, des alcalis, de l'alcool, de l'éttier, du bleu de Prusse, etc. La pierre philosophalo, dît-on, a été une erreur; mais, pour savoir qu elle n'existe pas, il fallut examiner, observer avec toutes les ressources du temps, tout co qui était accessible aux investigations. Sans ces patientes recherches, la chimie n'existerait pas dans son état actuel de perfection.

Ce fut vers la fin du xvi" siècle quo l'alchimie commença à so perdre dans la lumière qu'elle avait donnée. Parmi les alchimistes célèbres, nous citerons, chez les Arabes : Gober, Rhazès, etc. ; chez les chrétiens : Roger Bacon, Albert le Grand, Raymond LuHe, Basilo Valeotin, Paracelse, etc. Notons en terminant quo Spinoza, Leibniz croyaient à la pierre philosophalo, à la transmutation des métaux, et quo l'alchimie compte encore dos adeptes comme Tiffereau, Baret, Papus, Strindberg, etc., et des journaux tels quo V Hrjper chimie.

— BiBLioGR. : Thomson, tïisto'nj of Chemistry (Londres, 1830): Hœfer, Histoire de la C/n'm te (Paris, 1866); Kopp, Geschichte der Chimie et Beitrrge zur Geschichte d^r Chimie; Berthelot, Orif/ines de l'Alchimie (Paris, 1885), et la Chimie au moyen àye (Paris, 1893).

ALCHIMILLE {ki) n. f. Bot- V. alchémille. ALCHIMINIER {ni-é — mespilus germanica) n. m. Nom

I du I

ALCHIMIQUE adj. Qui a rapport, qui appartient à l'al-

iiriii" : Livre alchimi*jue. Recherches alchimiques.

.Celu

ALCHIMISTE n. m. Celui qui s'occupait ou qui s'occupe dalchimie: Les alciumistes contemporains.

— Par ext. Personne qui s'occupe de chimères.

ALCHIMISTE n. m. Nom donné parle naturaliste Et.- Louis Geoffroy à une espèce de lépidoptères nocturnes.

ALCHORNÉE [kor) n. f. Bot. V. alcoenée.

ALCHORNINE [kor) n. f. Substance très amëre extraite de Vliedwigia virgilioides, arbre de la famille des térébinthacéos.

Alcxat (André) , jurisconsulte italien, né à Alzate (Milanais) en 1492, mort à Pavio en 1550. L'un des premiers, il chercha à éclairer l'étude du droit au moven de l'histoire, des langues et de la littérature de l'anilquiié. Doué de connaissances étendues, il expliqua et éclaircit ainsi un grand nombre de passades restés obscurs. Ses innovations commencèrent la ruine de l'école des vieux

flossateurs et ouvrirent la voie à Cujas. Depuis, on ne se orna plus à commenter servilement le texte des lois romaines. On commença à en rechercher les principes à saisir les rapports entre la législation, les mœurs et les institutions.

Algiat ou Algiati (Jean-Paul), théologien italien, né à Milan vers lo commencement du xvi» siècle, mort à Dantzig. Il abjura le catholicisme, se fit protestant, mais no tarda pas à émettre sur la Trinité des idées qui lui aliénèrent ses nouveaux coreligionnaires. Il passa à Genève, s'associa un médecin, un avocat, et, de concert avec Gcntilis, le petit groupe travailla à la propagation de ses doctrines. Les poursuites exercées contre Gentilis les décidèrent à s'éloigner de la Suisse, et ils allèrent évangéliser la Pologne, où ils obtinrent quelque succès.

AlCIBIADE, général, orateur et homme d'Etat grec, né à Athènes vers 450 av. J.-C, do la famille illustre des Alcméonides , mort en Bithynie en 404.

— Histoire. Orphelin de bonne heure, Alcibiade fut élevé par son oncle Périclès, et montra dès sa jeunesse la nature impérieuse, héroï(|ue et folle de son esprit.

Les leçons do Socrate mémo ne purent exercer sur lui une influence suffisante pour lui permettre de refréner ses passions ; aussi prévit-on dès lors le mal qu'il ferait à sa patrie, une fois pourvu de l'influence et do l'auloritô.

Jeune encore, il se distingua dans divers combats, notamment à Potidéo.où Socrate lui sauva

la vie, ot à Délium, où lui-même protégea la retraite du philosophe. Mais, de retour à Athènes, il menait une vie corrompue et efféminée, passant les jours et les nuits en banquets avec des courtisanes, et troublant la cité de ses scandales et do ses bruyantes orgies. La vanité tenait aussi une grande place dans sa vie. Toute la Grèce parlait de son lu'xc, de ses prodigalités, de ses folies; et luimême prenait soin d'occuper sans cesse les frivoles Athéniens de ses moindres actions. On coonaic l'histoire de ce chien magniliquequi luiavaitcoùté plus de 7.000 drachmes,

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Alcibiade.

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