‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 168 sur 828 · partie do l'alcool est consommée comme boisson · texte numérisé non relu

partie do l'alcool est consommée comme boisson

! — Fhysiol. L'alcool étant la base principale des bois-

I sons" fermentées, l'étude do son action physiologique est

très importante. L'hisioriqno des recherches so divise en

deux parties : la première période no comprend que des

[ observations empiriques; on se borne à constater les

etfets de l'ivresse. Dans la seconde partie, les obscrva-

I tours comme Magendîe, Claude Bernard, Bouchardat,

I Dujardin-Beaumetz, Audigé, Jaillet, Lancereaux, Laborde,

j Daromberg et un grand nombre d'autres, basent leurs

' recherches sur de véritables travaux scientifiques.

A doses faibles, l'alcool active la digestion : les liquides

j salivaircs, gastriques, pancréatiques et intestinaux sont

sécrétés en plus grande quantité; il y a exagération des

phénomènes mécaniques et chimiques de la digestion. Le

I cœur bat plus vite, la circulation est activée. II y a

I augmentation des forces physiques, avec do la gaieté plus

ou moins exubérante. L'aicool a une action diurétique

très prononcée; la sécrétion d'urino est plus que doublée

I par l'ingestion de 50 centimètres cubes d alcool. La sueur

augmente d'abord, puis cette augmentation disparaît, par

[ suite de labondanco de la sécrétion urinaire. Pour les uns,

la température s'élève; pour d'autres, elle s'abaisse. j A hautes- doses, l'alcool est toxique et détermine des accidents pouvant aller jusqu'à la mort rapide. Il ralentit, ou mémo arrête toutes les sécrétions. U attaque les parois du tube digestif, donne une sensation de cuisson, et peut môme aller jusqu'à enflammer ou gangrener la muqueuse. La digestion se suspend par l'arrêt de la sécrétion des glandes. Les battements du cœur deviennent moins forts et plus lents, la tension artérielle s'abaisse. Les lésions du sang sont très nettes avec les doses mortelles : les globules ont perdu leur forme, ils se présentent sous des aspects très variés ayantla forme de disques crénelés, de croissants parfois troués. Dans les cas qui se terminent par la mort, la température du corps s'abaisse, il y a perte de connaissance, de l'analgésie; la terminaison fatale s'ensuit. Quand' la dose est massive, le sujet tombe à terre, insensible; il passe dans le coma, et meurt lo plus souvent après quelques secousses épileptiformes.

Les troubles physiologiques s accompagnent de troubles de la sensibilité "et de la raison. (V. ivresse.) L'usage prolongé de l'alcool, même à dose assez modérée, produit des lésions organi((ues qui constituent ïalcoolisme chronique. V. ALCOOLISME.

Quelles sont les transformations subies par l'alcool dans l'organisme? Pour les uns (Bouchardat, Liebig, etc.), ialcooT était un aliment respiratoire : i! s'oxydait dans l'économie et donnait en dernier lieu de l'acide carbonif|ue et do la vapeur d'eau. Il jouait le rôle d'un aliment d'épargne se brûlant à la place des matières nutritives. Pour d autres (Magendie, Nedemann), l'alcool était un modérateur de la combustion, il est vrai, mais son action n'était pas expli- (|uée; ils la croyaient analogue à celle que les anestnésiques exerceût sur les éléments du sang. Jaillet a démontré chimiquement l'oxydation de l'alcool : l'oxygène combiné à l'hémoglobine du globule rouge so combine, au moment de la respiration, à l'alcool qui est apporté par le protoplasma du globule rouge; il y a formation dacide acétique. En présence des bases alcalines du sérum, cet acido acétique donne des acétates qui empruntent également de l'oxygène au globule rouge pour former de l'eau et de l'acide carbonique. L'alcool, par son accumulation, donnera donc une diminution de la capacité respiratoire du sang et une accumulation d'acide carbonique dansle sérum.

Quand l'élimination, telle que nous venons de la décrire, ne peut plus suffire parce que la dose d'alcool est trop forte, l'organisme élimine l'alcool en nature par toutes ses sécrétions. Nous avons ainsi l'explication des deux théories contradictoires qui ont été longtemps soutenues.

— Thérap, Les etfets thérapeutiques de l'alcool ressortent do l'étude que nous avons faite de ses j>ropriétés physiologiques. A une dos© qui no dépasse pas 50 centimè'tres cubes par jour {toutes les boissons alcooliques réunies), il active la digestion, soutient les forces de ceux fjui ont à fournir un travail pénible. Il est utile surtout dans les pays froids.

Ses propriétés stimulantes en font un tonique, un réconfortant employé pour remonter le malade; il se donne dans les hèvres violentes (pneumonie, fièvre typhoïde), où il est considéré comme contribuant à l'abaissement do la température. Il est administré dans les empoisonnements de tout genre, dans le tétanos et la fièvre intermittente. Cependant, cette médication est repoussée comme dangereuse par nombre do médecins.

Un alcoolique subitement atteint do lésions graves, soit internes, soit chirurgicales, ne doit pas être privé d'alcool ; cette pri^'ation pouvant déterminer dos troubles cérébraux très graves, qui feraient courir de graves dangers à la vie du malade.

L'alcool est employé à l'extérieur en lotions qui permettent, grâce à ses propriétés, d'enlever les matières grasses de la peau, les détritus accumulés dans ta cavité buccale; il est la base de nombreux cosmétiques et dentifrices. On l'emploie en frictions contre les douleurs, en fomentations sur les brillures accidentelles ou artificielles. Il a servi eu injections sous-cutajiées pour amener la formation de cicatrices dans des cas de goitres, de lipomes, de varices, etc. Il agit très bien dans les cas de suppuration, et il sert alors de véhicule à d'autres substances : iode, iodoforme, etc. ; il favorise la cicatrisation, évite l'infection et concourt à arrèterrhémorragie, si elle so produit.

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