V. CONSERVE
— Dr. La loi entend par aliments les moyens do subsistance, c'est-à-dire la nourriture, le logement, les vêtements. L'obligation alimentaire résulte de la parenté ot*. de l'alliance. Elle ressort, pour les époux, do 1 article 212 du C. civil, d'après lequel ils se doivent mutuellement secours et assistance. D après les articles 205-207, les enfant:; doivent des aliments à leurs père et mère et autres ascendants qui sont dans le besoin. Les gendres et bellesfilles doivent également et dans les mêmes circonstances dos aliments à leurs beau-père et belle-mère ; mais cettn obligation cesse : l« lorsque la belle-mère a convolé en secondes noces, car alors c'est son nouveau mari qui lui doit les aliments: 2" lorsque celui des époux qui produisait, l'alnnité et les enfants issus de son union avec l'autre époux sont décédés. Les obligations résultant de ces dispositions sont réciproques. Los aïeuls doivent des aliments à leurs petits-enfants dans lo besoin, et réciproquement-
r/obli;jaiion naturelle qui continue d'exister entre ua enfant adopté et ses père ot mère do se fournir dos aliments dans les cas déterminés par la loi est considérée commo commune à l'adoptant ot à l'adopté lun envers lautro; l'adopté et ses descendants peuvent demander et doivent des aliments à l'adoptant, mais ce droit ot cotto charge no s'étendent pas aux ascendants do l'adoptant (art. ■i\o et 3:.0). Les père et mère d'enfants naturels leur aliments, ot réciproquement. Cotto mémo ÏM.- pour les parents envers leurs enfants incesni.ir, r' :i Mili.rms, bien qu'ils no puissent les recouEi.ii !■ . m : les aliments sont réglés eu égard
û"^' 1 ' ' I'' et de la mère, au nombre et à la
qualur .ir-. Kl!, . ;> légitimes (art. 762, 763).
Lorsque lo donateur est dans le besoin et quo lo donataire lui refuse des aliments, ce refus est uno cause do révocation pour cause d'ingratitude (art. 953).
Les fournitures d'aliments faites à un débiteur et à sr. famille, pendant les six derniers mois, par les marchands en détail (bouchers, boulangers, etc.), et pendant la der-
obliu-a
nièro année par los maltros do pension ot marchands en gros, donnent à ces fournisseurs un privilège sur la généralité dos meubles, lequel privilège s'cxorco en cinquième rang (art. 2101). L'action dos hùtcliors à raison du logement ot do la nourrituro fournio so proscrit par six mois (art. 2271).
Lorsque celui nui fournit ou qui reçoit dos aliments est replacé dans un état tel quo l'un no puisse plus on donner ou que l'autre n'en ail plus besoin en tout ou on partie, la décharge ou réduction peut ôtre demandée (art. 209). Par contre, si la fortuno do celui qui doit dos aliments s'est accruo, ou si los ressources do celui qui les reçoit ont sensiblement diminué, il y a lieu à demander au tribunal un supplément d'aliments.
Los domandos en pension alimontairo sont toujours Jugées commo matières sommaires, c'est-à-dire avec la plus grande célérité ot los formalités les moins nombreuses. Les pensions alimentaires sont do leur nature incessibles et insaisissables, si co n'ost toutefois pour cause d'une autro dette alimontairo.
ALIMENTAIRE adj. Qui est propre à servir d'alimont : Plante, racine alimkntaiue.
— Art culin. Pâtes aiimenlaîres, Pâtos préparées le plus souvent pour potages, commo macaroni, nouilles, vcrraicello, etc.
— Dr. Pension alimentaire, Pension fournie en argent ou on nature par celui qui doit des aliments, et on vertu d'un jugement ou d'un commun accord, il Provision alimentaire, Somme attribuée par les juges, jusqu'à l'issuo du procès, à celle des parties qui réclame des aliments.
— liist. Enfants alimentaires, Nom donné, sous les era- Çereurs romains, à des enfants pauvres qu'on élevait aux irais du trésor public, ot qui, devenus grands, étaient enrôlés dans les légions. Trajan en entretenait 5.000; il avait fondé cette institution dans lo but de favoriser l'accroissement do la population.
— • Mécan. So dit des parties d'une machine qui contribuent à l'alimentation de la chaudière : Pompe alimen- TAiRK. Tuj/au AI.IMF.NTMV.E. \l Appareil alimentaire. L'ensemble de ces parties.
— Physiol. Qui a rapport à la nutrition, à l'alimentation du corps : Régime alimi-;ntairk. ii Tube, canal, conduit alimentaire. Le tubo. lo canal difjcstif.
— Falsification des denrées alimentaires. \. falsification. Il Plantes alimentaii'cs. V. plante.
AUMENTATEUR, TRICEadj. Qui alimente, qui nourrit: Substance alimentatkice. (Sardou et Pradel.)
AUMENTATION (5i) n. f. Action de nourrir, do se nourrir ; résultat de cette action : L'alimentation doit être, partout et toujours, proportionnée à la dépense générale de l'économie. (L. Cruveilhier.) il On dit quelquefois alition.
— Par ext. Approvisionnement renouvelé des choses nécessaires : /.'alimentation d'un marché, d'une ville.
— Agric. Alimentation des plantes. Action de fournir tout co qui est nécessaire à leur conservation et à leur accroissement.
— Mécaa. Alimentation des chaudières. Renouvellement de l'eau dans la chaudière à mesure qu'elle s'y transforme en vapeur. Ce renouvellement s'effectue généralement d'une façon automatique, au moyen de pompes alimentaires ou de Vitijecteur Ci/fard et autres.
— Encycl. Pfiysiol. L'alimentation doit fournir à l'organisme les moyens de réparer les pertes qu il subit. L'adulre excrète par jour 310 grammes de carbone et 20 grammes d'uréo ; il faut donc que le régime alimentaire soit composé do façon à fournir ces quantités de carbone ot d'azote. Liebig avait cru que les matières albuminoides fournies par les aliments étaient transformées en fibres musculaires et étaient brûlées au moment de la contraction musculaire. L'expérience a montré que la source de chaleur de l'organisme réside dans l'oxydation, au niveau des muscles, des hydrocarbures qui y sont apportés par le sang. Le régime alimentaire du travailleur doit donc comprendre beaucoup de matières ternaires (sucre, huiles, graisses, amylacés), avec des matériaux azotés pour réparer l'usure des fibres musculaires. Quand l'alimentation est insuffisante, l'animal brûle sa propre substance, épuise ses matières do réserve et meurt a'inanition.
L'alimentation exerce autant quo le climat une influence sur l'économie. Il n'est pas difficile de constater les ressemblances ou les différences physiques et morales qui existent entre les populations de l'Asie et de l'Amérique oui vivent de riz. les populations do l'Europe qui vivent de blé et de viande de boucherie, les habitants des côtes maritimes qui se nourrissent do poisson, et les pasteurs nomades qui consomment surtout du laitage.
— Des différentes espèces d'alimentation selon les climats. Dans tous les climats où règno constamment uno tempéra.ture élevée, les habitants préfèrent une alimentation végétale, d'une digestion plus facile. La physiologie nous rend parfaitement compte de co phénomène.
L'entretien do notre chaleur est fourni par la combustion des matières alimentaires assimilées. Quand la température ambiante est très élevée, comme dans les contrées tropicales, nous avons moins besoin d'aliments pour maintenir notre corps à sa température propre que lorsque nous sommes dans les régions tempérées ou froides. C'est ainsi qu'on peut expliquer la différence des régimes alimentaires des divers peuples, différence que nous pouvons constater en comparant la manière de vivre des habitants du nord do la France à celle des habitants du midi.
Dans les régions glaciales du globe, la chair des animaux et des poissons constitue la principale nourrituro dos habitants; ils ont on effet à lutter contre la température glaciale qui les entoure constamment. Les Groonlandais. les Esquimaux, les habitants dos iles Kouriles dévorent les chairs crues des phoques, dos walross. des ours marins, boivent de ï'huilo do baleine, de l'huile do phoque : ils mangent des poissons fumés et desséchés, ou mémo putréfiés. Les Tartaros mangent le plus souvent crue la chair do leurs chevaux. Dans l'Amérique du .Nord, les sauvages se nourrissent également do viandes crues. Par raison hygiénique, bien plutôt que pour des raisons religieuses, l'usage do la chair do porc est défendu chez les israélites. Ainsi, on constate, dans les pays froids, l'usage à peu près exclusif de la viande; dans les zones tempérées, lo mélange de la viande avec les végétaux; et enfin, dans les régions intortropicales, l'usage presque exclusif des végétaux ; partout l'alimentation so trouve modifiée selon lo climat.
Pour los boissons, los habitants des pars froids rocher-
ALIMExNTAIRE — ALINE
choDt les excitants les plus énergiques, tandis quo, sous les tropiques, los stupéfiants sont préférés. L'alcool ne consomme en grandes quantités dans toute rAlIcmagne, on Angleterre, on Russie et dans les départements du nord de la Franco. Dans les pays très chauds, l'usage du vin et des boissons spirituouscs est plut<îi nuisible qu'utile : c'est pourquoi Mahomet et tous les législateurs orientaux en général avaient proscrit les boissons alcooliques.
— Art milit. Alimentation du soldat. Lo soldat français reçoit actuellement par Jour 750 grammes de pain; 300 grammes de viande fraîche ou 200 grammes de viande conservée : 2*^,5 de sucre, 2f',5 de café, etc. Le pain do soupo
•et les légumes lui sont fournis parl'ordinairo V. ordinaire.
L'alimentation du soldat en temps do paix aété beaucoup améliorée, surtout depuis l'introduction du service obligatoire. On s'est efforcé do varier la nourriiurs dont los principaux éléments autrefois étaient la soupo et le bœuf, lo matin, ot, le soir, le ragoût do bœuf aux pommes do terre. Le repas du soir doit étro, en principe, préparé do différentes façons : viande rôtie, ragoûtsdc mouton, morue, etc.
De plus, on a organisé des réfectoires pour permeliro aux hommes de manger assis à table, avec des assiettes, des verres, etc., au lieu de la gamelle, qui n'est plus guère utilisée qu'on campagne.
Mais le grand problème, en fait d'alimentation militaire, c'est cello des armées en temps do guerre. On no peut parvenir à le résoudre qu'en faisant vivre d'abord autant que possible les armées sur le pays, puis en les approvisionnant de conserves intelligemment préparées pendant la paix, commo la « saucisse aux pois • {Èrbswurst) d«;s Allemands, ce qui permet do transporter, sous un petit volume, do grands approvisionnements à la suite des armées.
Dans son ensemble, lo service d'alimentation d'une armée on campagne peut être divisé on service de l'aranl, fonctionnant dans la zone des opérations, et service de l'arrière, fonctionnant dans la zone du service des étapes de l'armée. Le service de l'avant comprend trois échelons do vivres : 1» les vivres de sac ou de réserve; 2» les vivres des trains régimentaires ; Z'* Xas vivres des convois administratifs, portés respectivement par les hommes euxmômcs, par les voitures à vivres des régiments, par celles doséquipagcsmilitaircs.Cesdernièros portent notamment, outre des vivres proprementdits, prêts à consommer, des boulangeries de campagne permettant do fabriquer directement du pain, afin d'approvisionner autant que possible, chaque jour, les troupes de pain frais. Le service de l'arrière forme deux lignes : 1* stations-magasins et dépôts des tètes d'étapes de guerre; 2'» magasins de l'intérieur du territoire.
— Thérap. La voie normale de l'alimentation est la voie buccale; mais le médecin est quelquefois obl-igé de recourir à d'autres moyens pour alimenter un malade. La voie rectale est parfois employée : on donne des lavements nutritifs. ("V, lavements.) Elle peut servir également quand les malades sont tourmentés par la soif et qu'ils ne peuvent boire.
La voie pulmonaire est une voie exceptionnelle. De la carnation particulière des bouchers et charcutiers, on a cru pouvoir déduire que les gaz mélangés à l'air sont plus ou moins absorbés par la surface pulmonaire. Les bains nutritifs ont été utilisés, mais les résultats ne répondent pas aux expériences. Seules les matières grasses sont facilement absorbées par la voie cutanée.
Les injections alimentaires intra-veincuscs ne sont guère plus pratiques. Quand la masse sanguine a beaucoup diminué, les injections, soit hypodermiques, soie intra-veineuses de sérum peuvent rendre des services.
Enfin, chez les aliénés, on a quelquefois recours à l'alimentation forcée; elle se fait au moyen d'une sondo Introduite parles fosses nasales, qui pénètre dans l'œsophage et jusque dans l'estomac.
Quand l'œsophage est complètement oblitéré, le chirurgien fait uno ouverture qui peut porter soit sur la partie (le l'œsophage située au-dessous du rétrécissement, soit sur l'estomac lui-même. V. gastrostomie.
— Zootechn. Alimentation des àestiau^e. V. engraissemmnt, fol'rrage, etc.
AUMENTATIVITÉ n. f. En phrénologic. Instinct, prédisposition qui porte les individus à rechercher les aliments, ce qui conduit à la gourmandise et à rivrogneric. Il On dit aussi alimentivite.
ALIMENTER V. a. Nourrir; fournir les aliments nécessaires : Alimenter une famille, w Approvisionner ; C'est ta province qui alimknte Paris.
— Par anal. .Alimenter des végétaux, des plantes, etc.. Fournir les choses nécessaires à leur développement, à leur conservation: Les sucs de la ten-e alimentent les végétaua'. \\ Entretenir, fournir do tout co qui est nécessaire pour ou'uno chose puisse exister, fonctionner : Ali- MKNTER le feu. Les ruisseaux aumentent les rivières, les rivières alimentent tes fleuves.
— Dr. Fournir des aliments ou une pension alimentaire.
— Mécan. Alimenter une chaudière. Renouveler l'eau à l'intérieur, au fur et à mesure de la production de vapeur.
— Fig. : Alimenter l'esprit, les passions. S'alimentePf v. pr. So nourrir; tirer sa subsistance de:
L'homme ne s'alimente que par la destruction. \G. SanJ.>
— Anton. Détruire, étouffer, miner, ronger, ruiner, saper.
AUMENTEUX, EUSE adj. Qui a des propriétés alimentaires : Les remèdes propres aux ulcères de l'estomac doivent être médicamenteux et alimenteux. (Paré.) [Vicux.j
ALIMENTIVITE n. f. Phrénol. V. alimkntativitè.
ALIMOCHE n. m. Nom vulgaire d'un petit vulturîdo de la région méditerranéenne {neophron percnopterus]^ nommé aussi poule de Pharaon. V. PEiiCNOPTÈKE.
Alimodian, villo de l'île Panay (Philippines), prov. diloilo; 10.200 hab.
Ali-MOEZZIN, capitan-pacha (amiral), sous le règne doSélim II. mort en 1571. Il contribua à la prise de Chypre sur les Vénitiens en 1570, puis ravagea les côtes de lltalie, do la Dalmatio ot do l'Isirie. et fut vaincu et tué par don Juan d'Autriche, à ta bataille navale de Lépante (1571).
Aline (sainte), vierge et martyre, en 640. Fête 19 juin.
Aline, reine de Golconde. Titre d'un opéra semisérieux, paroles de Komani, musique de Donizetli, représenté à Gènes, sur le théâtre Carlo Felice. en 1S2S. Cet ouvraco a été joué au Théâtre-Italien de Paris. lo 10 mars 1870. — Titre d'un opéra-ballet en trois actes, paroles do Scdainc, musique de Monsigny, représenté