ALI
ALICL'LA
Ah, pacha
]îrotoctorat français (traité do Kasr-os-Saïd, 12 mai 1691), Sidi-Ali n'a joué qu'un r61o effacé.
Ali -ABOUL- HASSAN, roi mauro do Grenade, mort vers MKi, l'iii 1 \''.'j. il lu uno guerre peu heureuse & Henri, roi do Casiille, ci .u i i8i s'empara do Zahura, mais perdit la forteress.. .1 Allmina.
AliacMON, pctit-lils do Neptune et (Ils do Paloslinus, roi de 'l'hraco, périt dans une bataille. Son pèro, désespéré, se jeta dans les eaux du fleuve Conozus, appolé depuis Palcstinus et plus tard Strymon (aujourd'hui Aara-Sou).
AUAGA, ville do l'Ile de Luçon (Philippines), comptant avec sa coinniuno une population de 20.000 liab.
Aliaga (Eray Luiz), dominicain espagnol, confesseur do Philippe III, puis grand inquisiteur du royaume, névers 1560, mort en 1630. Après avoir été queiquo temps attaché ù la personne do François-Xavier, il devint confesseur du roi vers 1600. Ce fut sous .son inspiration que fut rendu lo fameux édit de 1600, enjoignant aux .Maures de se faire baptiser ou de quitter lo royaume.
Aliaga so piquait de littérature; mais sos rapports avec les premiers écrivains de son temps, Cervantes et Quevcdo, le montrent sous un jour assez défavorable. On lui attribue la Seconde partie de don Quichotte (IHH), parue sous la sigaturo d'AvuLLANUDA, entre la première partie do ce roman célèbre ot la véritable .seconde partie due à Cervantes. En donnant une suito à ce chef-d'œuvre, l'auteur eut surtout en vue d'en faire la parodie; Cervantes y est bafoué ot tourné en ridicule. Elle a été traduite en français par Germond de Lavigne (1853).
AliAMET (Jacques), graveur franc., né en 1726 à Abbeville, mort à Paris on 1788. Elève de Ph.-Aug. Lefcbvrc, graveur abbevillois, de Robert Hocquet et de Lebas, à Paris, il a laissé un œuvre considérable d'après David Teniers, Van der Neer, Berghcm, Wouwerman, Grouzo, Boucher, Joaurat et principalemont Joseph Vernet. H a aussi contribué à l'édition des Contes de La Fontaine de 1765, dito « des Fermiers généraux ». Son burin exact et précis traduit fidèlement les peintures que l'artiste a patiemment analysées. Si le souffle est parfois absent, on peut du moins toujours louer la conscience du graveur. — Son frère cadot François-Gek.main, né à Abboville en 1734, travailla d'abord à Lille, puis à Paris et, vers 1756, il se rendit à Londres où il so fixa. Il est mort le 5 février 1791. II a e.xécuté des gravures d'après des tableaux anciens et quelques portraits de personnages anglais.
— BiHi.ioGR. : Em. Delignièros, ^/iamc( (Paris, 1896).
ALIAS {àss) adv. lat. qui signifie autrement, et qu'en emploie pour marquer ime variante : Julien Viaud, alias Pierre Loti.
AUASKA, grande presqu'île de l'Alaska (Etats-Unis de 1 Amérique du Nord), qui forme la limite entre l'océan Pacifique et la mer de Bering, du côté de l'Amérique, et est une sorte do continuation des îles Aléoutiennes. Elle est très montagneuse, remplie d'anciens volcans et bordée d'îles et de groupes d'iles, surtout près de la côte baignée par l'océan Pacifique.
AliaTH n. m. .\stron. V. Alioth.
Ali-Baba, héros d'un des contes des Mille et une .\uils. C'est un pauvre artisan de Perse auquel le hasard a lait découvrir lo secret qui donne accès à la caverne habitée par quarante voleurs. U suffit de prononcer ces mots : Sésame, ouvre-toi, pour que la porte s'ouvre. Ali- Baba, en l'absence des brieands, entre dans leur repaire et se trouve en présence d'innombrables richesses dont ii lera lui-même sa part. Son frère Cassim, ayant surpris le secret, pénètre à son tour dans la caverne ; mais, ayant oublié les mots cabalistiques, il ne peut en sortir e't est massacré par les voleurs. Ceux ci veulent également tuer Ali-Baba ; mais ils périssent tous successivement, grâce à 1 adresse et au courage de Morgiane, esclave d'Ali-Baba. ""'£-'0', est passée dans la langue moyen infaillible pour surmonter
Ali-Baba ou les Quarante voleurs, opéra en quatre actes et un prologue, paroles de Scribe et Mélesville, musique de Cherubini ^ Opéra, 22 juillet 1833). Ce fut la dernière production scénique de Cherubini, âgé alors de soixante-treize ans.
Ali-Baba, opéra-comique en quatre actes et dix tableaux, paroles do Vanloo et William Busnach, musique de Charles Lecocq, représenté à l'Alhambra de Bruveles le 11 novembre 1887, et à Paris, à l'Eden-Théâire (aujourd hui disparu), le 28 novembre 1889. La musique de Lecocq est élégante, pleine de grâce et de piquant. On y peut signaler nombre de morceaux bien venus, tels que le duo dramatique et la chanson des bûcherons au second acte, le finale du troisième, dans lequel se trouve insérée la jolie chanson du Muezzin, d'une couleur orientale si délicate et si originale, et au quatrième la délicieuse romance d Ali et les piquants couplets du bois d'oranger.
ALIBANIES n. f. pi. Toile de coton dos Indes orientales.
Alibaud (Louis), régicide, né à Nîmes en 1810, e.xécuté à Pans en 1836. Ayant quitté le service avec le grade do fourrier, il vint à Paris dans le dessein d'assassiner Louis-Philippe. Le 25 juin 1836, à six heures et demie du .soir, il tira sur le roi, sans l'atteindre, un coup de canonfusil près du Pont-Royal. On le condamna à & peino des parricides. Son exécution eut lieu le u juillet.
AUBERT f Jean-Louis), médecin de Louis XVIII et de Charles X, né à Villefranche (Aveyron) en 1766 mort à Paris en 1S37. Professeur à la faculïé, médecin en chef do Saint-Louis, il s'occupa surtout dos maladies do la peau. Le principal de ses ouvrages est le Précis théorique et praligne sur les maladies de la peau (1818). U a donné aussi une Physiologie des passions {liih).
ALIBERTIE ((i - rad. Ahbert. n. pr.) n. f. Genro de plantes de la famille dos rubiacées-gardéniées. Ce sont des arbres ou arbrisseaux propres â l'Amérique tropicale orientale. Deux espèces, l'une de la Guyane et l'autre de la Nouvelle-Grenade, ont des fruits comestibles.
Au-BET. Biogr. V. Badia t Lebi.ich.
AUBI (inot lat. qui signif. ailleurs) n. m. Présence d'une Iiersonne dans un lieu autre que celui dans lequel on la croyait au moment où un fait déterminé se produit en ce dernier lieu : De tous les faits justificatifs. Talibi est sans contredit le plus péremptoire. iCourtin.) ii PI. Des alibis.
L'exprès
et sert à désigner
tous les obstacles.
— FIg. : Danton chercha dana un second mariage une sorte d'AL\Bi aux affaires politiques. (Michclot.)
AUBIFORAIN n. m. (mol formé par rcdondanço du lat. ali/ji, ailleurs, et du fr. forain, étranger;. Ecliappatoirc, fausse excuse, propos sans rapport avec la chone en question : llépondre par un alibiforain. (Peu usité.)
AUBILC (du lat. aliOilis; formé do alere, nourrir) ad> Se dit d'une substance qui est propre à la nutrition.
— Encïcl. La portion du chyme destinée ii notre nutrition, est totalement assimilable; c'est UD0>ubsiancea<i&i7«. Los matières alibilos par excellence prennent le nom de niifn'mend; injectées dans le sang, elles sont directement assimilées par les tissus ot no reparaissent pas dans les urines.
AUBIUTÉ n. f. Qualité d'un aliment qui renrorme plus ou moins de substance alibile.
ALIBORON n. m. (altération du lat. ellehorum, ellébore. — L'expression ntaitre AJitioron a été appliquée plaisamment, à l'origine, à un médecin qui considérait 1 ellébore comme une panacée). Homme ignorant qui se croit propre à tout : L'illustre Clairon aurait du mépriser l'insulte de maître Ai.iBoKo.N-/'V<?ron. (Grimm.) il La Fontaine s'est servi de ce nom pour désigner l'âne.
ALIBOUFIER (/î-é) n. m. Genro do plantes, do la famille des styracées.
— E.NCYCL. Lesa<i6ou/!ersapparticnncntan genre «(yrax. Ce sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles simples, alternes, sans stipules, à fleurs hermaphrodites, blanches ou jaunes, disséminés dans presque toutes les ré-
fions tempérées et chaudes u globe. Deux espèces sont utilisées en médecine et dans l'industrie : le styrax officinale cultivé en Orient, fournit le baume storax qu'on retire par incision. Le benjoin n'est autre chose que la résine odorante du styrax benjoin, qui croit dans l'Inde et dans les îles de la Sonde. Le baume découle d'inc tiquées sur lo tronc, forme d'un suc blanc qui se colore au contact de l'air et se durcit.
AUBRANDI fGirelamo), ., ^ « , ,.
peintre sicilien, né â Messmè A'''>°"«"- - ". '™"-
en 1470, mort dans cette ville en 1524, surnommé le Raphaël de Messine. Il se forma sous la direction d'Antonello de Venise, et plus tard reçut les leçons de Léonard de Vinci, dont il s'est fait l'imitateur ; la plus estimée de ses œuvres est une Purification de la sainte Vierge, dans la cathédrale de Messine.
AUCA n. f. Aliment recherché des anciens et composé d'une céréale indéterminée nommée zéa et d'une sorte d'argile que l'on trouvait entre Naples et Pouzzoles.
Alicante, ville forte d'Espagne et port sur la .Méditerranée (prov. de Valence), 39.640 hab. Commerce animé ; son port (le port méditerranéen le plus rapproché de Madrid) est fréquenté par des navires de toutes les nations. Alicante était autrefois la place forte lapins importante de tout le royaume de Valence. Le 27 septembre 1873. les intransigeants espagnols, soulevés contre le gouvernement de la république, bomoardèrent Alicante.
Cette ville est le chef-lieu d'un district (50.950 hab.) et la capitale de la province du même nom. La prov.
d'Alicante, formée de la partie mérid.
de l'ancien royaume de 'V'alence et d'une partie de celui do Murcie, est peuplée de 432.000 hab.; elle produit des vins renommés et des fruits verts et secs.
^ALICANTE^n. m. Vin de liqueur, originaire du territoire d'Alicante : L'Algérie produit beaucoup ^maqa:si&. u Cépage qui produit ce vin.
Alicata {Licata, anc. Phintias), ville forte de Sicile, port sur la
spra-
.\rme3 d'Alicante.
d'alichoos-
aile) n. m. Nom donné aux petites planchettes de bois qui garnissent la roue d'un moulin, et sur lesquelles tombe l'eau qui imprime le mouvement, u On dit aussi ali- CHUN et aileron.
AUCULA eu AUCULE (lat.
altcula, espèce de manteau court) n. f. Vêtement en usage dans l'antiquité romaine et qui consistait en une courte pèlerine, avec ou sans capucnon.
— Enctcl. Parfois cousue en forme de cloche , l'a//cu/e no s'ouvrait pas par devant, mais se passait par son ouverture supérieure. Elle était lo vêtement habituel des bergers et des gens do la campagne, mais c était aussi une pièce^de costume de luxe, richement ornée, comme on peut le voir dans Pétrone, qui signale un barbare revêtu d'i
Romain revêtu de l'alicu
c ïvjn u.tii:i reiiuiic qui sitriiaïc
; riche alicule d'ètotfe bariolée.
ALICULAIRE — ALIMENT
ALICULAIRE (rad. alicula) n. S. Genre de la famille des hépatiques, établi par Corda pour de petites plantes à tiges flexueuses, ascendantes, émettant des radicelles advontives.
Valicula scalaris est assez commune en France, au bord des chemins et dans les rochers des terrains siliceux des plaines et des montagnes.
ALIDADE (de l'arabe alidada.
règle) n. f. Règle, de bois ou de métal, mobile autour d'un de ses points, et dont l'une des extrémités se meut en général sur un cadran divisé.
— Enctcl. Les alidades servent à mesurer des anjjles; en général, chague appareil comprend deux alidades : l'une mobile autour d'un pivot situé au centre d'un cadran divisé, l'autre passant AU>: iiUm-e.
également par ce centre, mais lîxe
et servant de repère. Pour mesurer un angle, on dirige les alidades suivant les deux directions formant l'angle ; ces directions sont déterminées de différentes façons : en topographie, la règle porte à chaque extrémité une pin- ..../.■? „„.,!,„„„\ . ^ans les instruments de précision.
ïil//e (V. GR.^PHOMÈTRi:
les directions des alidades sont dc-terraiuécs par une lunette a réticule. — Dans les levers de plans, l'alidade munie de pinnules est parfois placée sur une planchette recouverte
Alidade à luuett.
de papier; elle permet alors de tracer directement sur la feuille les directions observées.
Alide n. et adj. Qui descend d'Ali, qui est de sa famille.
AUÉNABILITÉ n. f. Qualité de ce qui est aliénable.
ALIÉNABLE adj. Qui peut être aliéné : Les majorais n'claieyit pas ai.ilj.nables.
ALIÉNATAIRE n. Celui, celle en faveur de qui on aliène une propriété, une rente, etc.
ALIÉNATEUR, TRICE n. Celui, celle qui aliène.
ALIÉNATION {si) n. f. Transport qu'une personne fait à une autre dune propriété soit mobilière, soit immobilière. Il Par ext. Perte d'un droit naturel.
— Aliénation de territoire. \. annexion.
— Fig. Aversion que des personnes ont les unes pour les autres : Provoguer 7'aliénation des sentiments, des cceurs.
— Patliol. Aliénation mentale, aliénation d'esprit, ou simplem. Aliénation, Dérangement des facultés intellectuelles : i'ALiiiNATioN MENTALU est une cause d'interdiction.
E.NCYCL. Pathol. L'expression aliénation mentale est
souvent prise comme svnonyme de folie. Cependant, la synonymie n'est pas complète dans le langage scientiliquo. Depuis Pinel, le premier médecin auquel on doive des études sérieuses sur la folie, et même depuis Esquirol, qui a modifié la classification de PincI, il s'est produit à ce sujet de nombreuses variations. {Aliénation mentale est en somme un terme plus général que folie.)
Baillarger, médecin do la Salpétrière, divisait les maladies mentales en : 1° vésanies ou folies, qui comprennent la monomanie, la mélancolie, la manie, la folie circulaire ou à double forme; 2» démences qui peuvent être simples ou incoliérenles ; i' formes mixtes, qui présentent à la fois les caractères des folies et des démences. L'idiotie et le crétinisme forment un appendice dans sa classification. Quant aux lésions élémentaires do l'aliénation mentale, il les distinguait en partielles, générales et mixtes. Les lésions partielles sont les conceptions délirantes, les impulsions insolites et les hallucinations ; les lésions générales sont la dépression et l'exaltation de l'intellieence ; les lésions mixtes sont la dissociation des idées et Vabolition de l'intelligence. V. les mots délire, démence, folie, HALLUCINATION, IDIOTIK, IMBECILLITE, MANIE, MÉLAN- COLIE, MONOMANIE, PARALYSIE GÉNÉRALE, VÉSANIE.
— Dr. On distingue l'aliénation à titre gratuit (donation, legs), et l'aliénation à titre onéreux, c'est-à-dire faite moyennant un équivalent (vente, échange, prêt de consommation). Le droit d'aliéner suppose la (jualité de propriétaire ; mais la loi spécifie des cas où 1 aliénation est soumise à des règles particulières. Ainsi, les mineurs ne peuvent aliéner que par l'intermédiaire de leurs tuteurs dûment autorisés; la femme mariée, pour aliéner, a besoin de l'autorisation de son mari ou de celle de la justice. En raison do leur destination, les routes, les rues, les places, les monuments sont regardés comme inaliénables; mais l'inaliénabili té ne dure qu'autant que cette destination.
ALIEN-BILL ou ALIEN-ACT {étranger-acte) n. m. Loi votée en 1793 par le Parlement anglais, sur la proposition de lord GranviUe, et qui donne au gouvernement le droit d'expulser les étrangers dont la présence paraît un danger. Cette loi a été remise plusieurs fois en vigueur pendant les guerres contre la France, :ous le premier Empire, mais toujours pour une année seulement. Il PI. Des alien-bills.
£)es AI.IEN-ACTS.
ALIÉNÉ, ÉE n. Personne atteinte d'aliénation mentale : Maison rf'ALlÉNÈs.
— Encycl. Au moyen âge, les aliénés furent pris parfois pour des possédés et traités comme tels. Eu général,
tes plus furieux étaient enfermés dans les prisons ou les couvents. On laissait les plus paisibles en liberté, et ils devenaient l'objet, de la part de la foule, le plus souvent de cruelles risées, et quelquefois d'une étrange vénération. Ni la Science ni le Pouvoir ne tentaient rien pour les guérir. Ils ne trouvèrent des soins oue dans les monastères , qui se mirent peu à peu à les recueillir. Au xvii' siècle, Louis XIV ayant créé les hôpitaux généraux, on y réserva un quartier séparé aux aliénés. Mais les médecins pensaient alors devoir appliquer à ces infortunés des traitements violents et barbares.
Ce n'est qu'en 1792 que l'un d'eux, le célèbre aliéniste Pinel, médecin en chef de Bicétre, fit tomber les chaînes des malheureux internés, et commença de substituer un traitement rationnel au régime violent dont les aliénés étaient victimes. La science voyait, grâce à lui, un nouveau champ d'études s'ouvrir devant elle. Le fou n'était plus un possédé, c'était un malade qu'elle allait entre- i prendre de ramener à la santé. Depuis lors, la science des maladies mentales a fait des progrès incessants, et la terrible infirmité est maintenant soignée avec les ménagements moraux auxquels ont droit ceux qui ont le malheur d'en être atteints. A côté des établissements | publics placés sous la direction de l'Etat et des dépur- j tements, on compte en France une foule d'établissements privés, qui reçoivent des pensionnaires des deux sexes.
L'Eglise regarde comme incapables de participer aux sacrements ceux qui ont perdu la raison, ou qui ne l'ont jamais eue. Le baptême seul peut être accordé.
— Dr. adm. La condition des aliénés est régie par la loi du SOjuin 183Sct par l'ordonnance du 18 décembre 1839. Chaque département est tenu d'avoir un établissement public, destiné à recevoir et soigner les aliénés, ou do traiter, à cet effet, avec un établissement public ou privé, soit de ce département, soit d'un autre département.
Les établissements publics ou privés consacrés aux aliénés sont soumis à la surveillance de l'autorité publique. Toute personne placée dans un établissement d'aliénés cesse d'y être retenue, aussitôt que les médecins de l'établissement ont déclaré que la guérison est obtenue, ou si la sortie est requise par l'époux ou l'épouse; s'il n'y a pas d'époux ou d'épouse, par les ascendants; s'il n'y a pas d'ascendants, les descendants de l'aliéné, etc.
A Paris, le préfet de police, et, dans les départements, les préfets peuvent ordonner d'office le placement dans un établissement d'aliénés, de toute personne interdite, ou non interdite, (iont l'état d'aliénation compromettrait l'ordre public ou la sûreté des personnes. Les ordres des préfets seront motivés et devront énoncer les circonstances qui les auront rendus nécessaires. En cas de danger attesté par le certificat d'un médecin ou parla notoriété publique, les commissaires de police à Pans, et les maires dans les antres communes, ordonneront, à l'égard des personnes atteintes d'aliénation, toutes les mesures provisoires nécessaires, à la charge d'en référer dans les vingt-quatre heures au préfet, qui statuera sans délai.
Les actes faits par une personne placée dans un établissement d'aliénés, pendant le temps qu'elle y aura été retenue, sans que son interdiction ait été prononcée ni provoquée, pourront être attaqués pour cause de démence, conformément à l'article 1304 du Code civil. Les dix ans de l'action en nullité courront, à l'égard de la personne retenue qui aura souscrit les actes, à dater de la signification qui lui en aura été faite, ou de la connaissanco qu'elle en aura eue après sa sortie de la maison d'aliénés ; et, à l'égard de ses héritiers, à dater de la signification qui leur en aura été faite ou de la connaissance qu'ils en auront oue, depuis la mort de leur auteur. Lorsque les dix ans auront commencé do courir contre celui-ci, ils continueront de courir contre les héritiers.
Le ministère public sera entendu dans les affaires qui intéresseront les personnes placées dans un établissement d'aliénés, lors même qu'elles no seraient pas interdites.
ALIÉNER V. a. (lat. a;/e«are, rendre autre, à un autre; de aliénas, étranger. — L'c fermé du rad. se change en é ouvert devant une syllabe muette : J'aliène. Qu'ils aliènent ; excepté au fut. et au condit. : J'aliénerai. Nous aliénerions). Transférer à un autre la propriété d'une chose : Le mari ne peut ALIÉNER les bieiis de sa femme sans son consentement. Il Par ext.. Se dit des choses morales : Aliéner sa liberté.
— Agir de manière à éloigner do soi les personnes, à perdre leur affection : La parcimonie de Mazarin lui ALIÉNA beaucoup d'esprits.
— Déranger, troubler, en parlant de l'esprit : L usage immodé'ré du vin aliène momentanément la raison.
S'aliéner, v. pr. Etre aliéné : Il y a des biens qui ne peuvent s'aliéner. Il S'aliéner de, Se séparer, s'isoler : Toute société partielle, quand elle est étroite et bien unie, s'aliéni; DE /a i/rande. (J.-J. Rouss.)
— Perdre la bienveillance, l'estime, l'affection de quelqu'un : S'aliéner les esprits, les cœurs.
— S'égarer, tourner à la folie : La tête des alcooliques s'aliène chaque jour un peu.
— Syn. Aliéner, vendre. — Anton. Conserver, garder. ALIÉNISME {niss — rad. aliéné) a. m. Folie ; Xéron appartient à /'aliémsme historique. (P. de St-Victor.)
ALIÉNISTE(n!M)n.m. et adj. Médecin qui s'occupe spécialement du traitement des aliénés : Un aliéniste. Il Qui a rapport à l'aliénation mentale ; La médecine aliéniste.
AlieRMONT, petit pays de la Seine-Infér., entre les rivières de lEaulne et de la Béthune, les forêts d'Arqués et du HeiUet; 3.640 hab.
ALIFÈRE (du lat. ala, aile, et ferre, porter) adj. Se dit des insectes pourvus d'ailes.
ALIFORME (du lat. ala, aile, et forma, forme) adj. Qui a la forme d'une aile : Muscle, éminence aliforme.
ALIGÈRE (du lat. (î /a. aile, et perere, porter) adj. Qui porto des ailes, il Epithètedesdieuxailés:rAmour,Mercure,etc.
AlighaR ou AlighuR, ville de l'Inde anglaise (prov. du N.-O.); 61.500 hab. Elle est défendue par une citadelle très forte, que les Anglais prirent d'assaut en 1803. — Pop. du district : 1.043.000 bai).
Alighieri. Biogr. V. Dante {le).
Alignan (Benoît), bénédictin, né à Alignan-du-'Vent, prèsdePé/enas.mortcn 1208, abbé de La3rane.Il se fit remarquer par son l'aiiatismo durant la guerre des albigeois otfiti fait évêquede Marseille en 1229. H partit en 1239pour la croisade avec Thibaut, comte de Champagne. Il retourna
en Palestine en 1260. Après avoir prêché en 1264 une nouvelle croisade, il se retira dans un cloître de frères mineurs. On lui doit un traité de théologie dédié au pape Alexandre IV .
Alignan - DU -VENT, comm. de l'Hérault, arr. et à 19 kilom. de Béziers ; 1.284 hab.
alignement {qn mil. — rad. aligner) n. m. Action de disposer des objets d'après une ligne donnée, presque toujours droite ; résultat de cette action : Z, 'alignement d'un mur, d'une allée d'arbres.
— Arch. préh. Suite de menhirs formant soit une ligne unique, soit plusieurs lignes parallèles ; Les plus célèbres alignements sont ceux (le Carnac, dans le Morbihan.
— Chem. de fer. Portion de voie en ligne droite.
— Théor. milit. Manœuvre par laifuelle on dispose et met sur une même ligne droite un certain nombre de soldats : Après chaque mouvement, on rectifie /'alignement.
Il Ordre aux soldats de s'aligner : A droite, alignement !
— Voirie. Tracé que fait 1 autorité administrative pour déterminer la largeur de la voie publique et fixer la ligne sur laquelle doivent être construits les bâtiments qui la bordent. V. servitudes d'utilile publique.
ALIGNER (gn mil. — du lat. ad, suivant, et linea, ligne) V. a. Ranger d'après une ligne donnée et presque toujours en ligne droite : Aligner des maisons, des soldats.
— Adm. milit. Pourvoir de vivres : Troupes qui sont alignées en vivres jusqu'à telle date.
— Fig. : Pense:-vous pouvoir alignée toutes les intelligences comme un plant d'arbres ? (Dider.)
— Par ext. Compasser, soigner jusqu'à l'affectation : Aligner des mots, des périodes.
— Aligner des hémistiches. Faire des vers. Il Aligner des chiffres, Faire de l'arithmétique, de la comptabilité.
— Mar. Disposer certaines parties du navire, telles que sabords, bauquières, préceintes, suivant une ligne donnée, qui est droite ou courbe selon les circonstances.
— Véner. Couvrir, saillir : Le cei-/' aligne la biche. S'a/t'âner, v. pr. Se ranger, être rangé en ligne droite.
— Pop. Se mettre en lace d'un autre pour se battre. ALIGNETTE n. f. Baguette sur laquelle on embroche
les harengs à saurer.
ALIGNEUR, EUSE {t/n mil.) n. Celui, celle qui aligne (il ne s'emploie guère qu'au fig., et par dénigrement) : Aligneur de rimes.
ALIGNOIR ou ALIGNONET {né — gn mil.) n. m. Instrument en forme de coin qui sert à fendre les blocs d'ardoise,
ALIGNOLE ou ALIGNOLLE {gn mil.) n. f. Filet en forme de nappe dont on se sert dans la Méditerranée pour prendre les thons, les espadons, etc.
Aligny (Claude-Félix-Théodore Caruelle d), paysa 'iste français, né à La Chaume, commune de La Mactiin
giste français, né à La(
rNièvre),en 1798, mort à Lyon en 1871. Elève de Watelet et do Regnault, il resta fidèle au stylo académique, tout en s'appliquant à une juste interprétation de la nature. Il devint, en 1861, directeur de l'Ecole des beaux-arts de Lyon. Aligny a pris part aux Salons, depuis 1822 jusqu'à sa mort. Outre ses paysages fort nombreux, ses vues de Grèce, d'Italie ou de Fontainebleau, on cite de cet artiste : Entretien de Jésus avec la Samaritaine (1837); le Tombeau de Cecilia Metella (1861) ; et ses peintures décoratives à Saint-Paul, à Saint-Louis et à Saint-Etienne-du-Mont.
ALIGOTÉ n. m. Cépage à raisins blancs de la Bourgogne, sensible à la gelée, d'une fertilité suffisante pour qu'on puisse lui appliquer une taille courte. Caractères principaux : grappe moyenne, de forme plutôt conique, à grains petits, serrés et à peu près sphériques.
Aligre (Etienne d'), chancelier do France, né à Chartres en 1550, mort à La Rivière, près Chartres, en 1635. Président au présidial de Chartres, il obtint, en 1624, à la place de SiUery, les sceaux et lo titre de chancelier. Deux ans après, exilé par Richelieu, il fut obligé de se retirer dans ses terres, laissant la réputation d'un ministre faible et timide, mais d'" un des plus honnêtes hommes de la robe ». — Son fils, Etienne, né à Chartres en 1592, mon à Versailles en 1077. fut aussi garde des sceaux (1672), et ensuite chancelier (1674). C'était un magistrat intègro et éclairé. — Son fils Louis, marquis, né en 1617, mort en Italie en 1654, fut maréchal de camp.
Aligre (Etienne-François d'), descendant des précédents, premier président au parlement de Paris, né à Paris en 1727, mort émigré à Brunswick en 1798. A la veille de la Révolution, il se montra opposé à la convocation des états généraux, fut arrêté le jour de la prise de la Bastille, et sauvé par un de ses anciens domestiques.
AlikhANOV, général russe, né à Bakou, qui a joué un très grand rôle dans la conquête des pays au delà de la mer Caspienne. Il servit sous les ordres de Skobeleff au Turkestan, détermina en 1884 l'annexion de l'oasis de Merv, et devint gouverneur de cette ville.
ALIMA n. m. Nom que Leach avait créé pour un genre de petits crustacés qui ont été reconnus comme étant des états larvaires de stomatopodes, du genre squille principalement. V. STOMATOPODES, SQUILLE.
AlimA, rivière d'.^frique, affi. droit du Congo. C'est une belle rivière limpide pendant la saison sèche, noirâtre pendant les pluies (dont lo nom change plusieurs fois dans la terminologie indigène), longue d'environ 500 kilom., et navigable sur près de 300. Elle coule d'abord du N.-E., puis vers l'E. et enfin l'E.-S.-E. Elle reçoit quelques affluents, dont la M'Pama encore inexplorée, et se jette dans le Congo par un vaste delta, à 350 kilom. au N.-E. de Brazzaville. Découverte par S. de Brazza en 1S78, puis explorée à plusieurs reprises, r.\lima est aujourd'hui commandée par plusieurs postes français
AUMENA, ville d'Italie (Sicile) ; 5.400 hab.
ALIMENT (lat. alimentum) n. m. Toute substan . susceptible d'être digérée et de servir de nourriture : Ai nature des aliments modifie à la fois l'état physique </.■ l'homme et son caractère.
— Par ext. Tout ce qui sert â faire subsister quelque chose : L'eau est le principal aliment des plantes.
— Fig. Ce qui sert à nourrir, à développer les facultés, les passions, les sentiments, etc. : L'inguiétude, lajalmisi,-. les querelles, les raccommodements, les dépits, sont la AûiMENTS de l'amour. (Ninon de Lenclos.)
— En T. d'assiir.. Estimation des objets ou marchandises que l'on fait assurer.
— Au pi. Dr. Co qui est nôcossairo à la nourriture, au logement ot A l'onlroticn d'une porsonno : Les alimknts ne sont accordés que dans la proportion du besoin de celui qui les réclame avec la fortune de celui qui les doit.
— Syn. Aliment, nourriture, subsistance. Subsistance oxprimo une id»io qui n'est p:is d'une application immédiain : Pourvoir à la subsistance d'une armée. L'aliment est la chose qu'on mançro. La nourriture désigne une action générale dont Valiment fournit la matière particulière.
— Encycl. Physiol. En phj^siologio, on appelle aliment toute substance nui, introduite dans l'appareil digestif, doit fournir les éléments do réparation «e nos tissus et les matériaux do la chaleur animale, et coux nécessaires à, raccroissement de l'individu tant que son développement est incomplot. Lo caractère essentiel do l'aliment, c'est d'ôtro identique à l'un dos j)rincipes constituants du sang, ou de pouvoir être transformé par la digestion en l'un do ces principes. V. oigkstion, assimilation.
D'après leur état physique, les aliments peuvent être distingués on liquides et solides. Au point de vuo do leur origine, on peut les diviser en aliments d'origine ?/m'»(?(Y(/'.> (eau, sel marin), d'origine véqétale (fruits), ot d'origim? animale {\\ù\.). Los aliments d'origine animale dont Diomme fait lo plus fréquemment usago sont : les viandes proprement dites, la volaille, le gibier, les poissons, les mollusques et les crustacés, lo lait ot les œufs, otc. Lcn aliments d'origine végétale los plus répandus sont : les céréales, les légumes, los horbcs potagères, los fruits, etc.
Tous ces aliments offrent uno composition complexe. Au point do vuo chimique, on los partage en trois classes distmctes : 1" les aliments albuminoides ou proléiques, renfermant carbone, azote, hydrogène ot oxygène {albumino, librine, caséine) et une certaine quantité de soufre, diphosphore et do sels minéraux ; 2** aliments contenant trois éléments; carbone, hydrogène ot oxygène (fécules, gommes, sucres); 3" aliments gras, carbone et hydrogène avec pou d'oxygène (beurres, "huiles, graisses). Los deux dernières classes sont souvent désignées sous hi nuni d'aliments ïion azotés, par opposition à coux de la pre miôro, que l'on appelle aliments azotés.
Sous le rapport do leur destination physiologique, Liobig a réparti les aliments en doux groupes : aliments plastiques (seulement destinés à la rénovation des tissiisj, aliments respiratoires, producteurs de la chaleur anima'e. Cotte distinction ne peut être admise d'une façon absolue ; les aliments azotés ou plastiques de Liebig concourent à la production de la chaleur et de réncrgie, et les aliments respiratoires à la nutrition des tissus.
On fait aussi la distinction des aliments en aliments incomplets et aliments complets ; ceux-ci comprennent seulement le lait et Vœuf; 50 grammes d'œuf représentent 1 .000 f^rammes do lait. Certaines substances employées comme aliments sont peu, ou pas, modifiées dans "leur trajet à travers l'économie : elles paraissent agir en rendant les combustions plus utiles, ou même en les diminuant ; elles favorisent la transformation do la chaleur en force, d'où leur nom d'aliments d'épargne, à'antidépevditeurs (citons Valcoot, le café, lo thé, qui est un succédané affaibli du café , lo cacaoy qui est également un réparateur, et la coca).
Une distinction que tout lo monde fait est celle des aliments léqers, qui se digèrent sans fatigue, et des aliments lourds, dont la digestion est lente et pénible. Au nombre des aliments légers, il faut mettre la volaille, los œufs frais à moitié cuits, le lait de vache, la plupart des. poissons cuits à l'eau, les asperges, les artichauts, etc. Dans les aliments lourds se rangent la chair de porc et de sanglier, les salades, le pain tendre, la pâtisserie, les choux, la graisse, les haricots, etc.
— Art culin. L'homme consomme rarement les aliments sans les soumettre par avance à un certain nombre de préparations. L'art culinaire est destiné, dans le sens le plus général du mot, à favoriser le travail do la digestion. Il consiste, d'une part, à attendrir, à amollir les substances alimentaires au moyen do la cuisson; de l'autre, à ajouter à un aliment des condiments propres à flatter lo goût et à stimuler l'estomac. Les divers modes de cuisson sont le rôtissage, la cuisson à l'aide de l'eau, la cuisson à l'aide des corps gras. — Les matières alimeutaires étant plus ou moins sujettes à la fermentation putride, on a imaginé divers moyens de prévenir le mouvement intestin qui les décompose ot les corrompt. Los plus ordinaires de ces moyens sont la dessiccation, la cuisson, lo manque d'air, l'emploi du sel, celui des acides et celui do l'alcool.