‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 19 sur 828 · ABBE · texte numérisé non relu

ABBE

Vue septentrionale de l'Abbaye de SaiDt-Gerraain-des-Prés (Paris) au xvm» siècle. . Portes extérieures. — B. Maisons de IVnclo?. ~ C Parvis de Téglise. — D. L'église. — E. Chapelle de la Vierge. — F Sacristie. — G. Petit cloître. — H. Grand cloître. — I- Biblioth<>que. — K. Dortoir. — L. Réfectoire. — M, Cuisine. — N. Dortoir des Sup. Maj. — O. Bureaux. — P. Cour intérieure. — Q Pressoirs. ~ R. Boulangerie. — S. Ecuries- — T. Jardin. — V. Infirmer" de l'infirmerie. — Y. Lavoir. — Z. Dortoir des hôtes. — 1. Palais abbatial. — 2. Jardin abbatial. — S. Cour. — 4. Avant-cour. 5- Appartements des officiers. — 6. Écuries. — 7. Greniers. — 8. Maisons de l'enclos abb. — 9. Bailliage. — 10. Portes extérieur

— 11. Pri

i du baillia

^•■il ,-

Plan Je lAbbayc de Saint-Gc

Les abbayes do clianoinns rt':';uliors formèrent aussi des ordres, tel que celui de l'rémontré. L'abbayo chei" d'ordre avait la suprématie sur toutes les autres. L'importance do cesderniôres dépondait do l'ancionnoté do leur fondation ; en outre, une abbayo nouvelle pardait toujours des relations très étroites avec colle qui l'avait fondée : l'abbé fils, placé à la tcto de la première, était on tout subordonné à l'abbé père (le fondateur), qui exerçait le droit do visite et conlirmait rélcction.

Pour qu'une abbayo pftt être constituée, la présence de douze moines (ou chanoines), non do vingt, comme lo dit le Dictionnaire de l'Académie française, était exigée. Dans chaque abbayo, il y avait plusieurs cbarcos ; colles d'abbé, de prieur (chargé delà discipline intérieure), do prôvét, de doyen, do sacristain, d'aumônier, d'inlirmier, do cellérier, d'hospitalier, do portier. Ces charges étaient généralement à la nomination de l'abbé.

Primitivement, l'évêquo exerçait un droit de juridiction et de coercition sur les abbayes situées dans son diocèse ; il présidait à l'élection de l'abbé et pouvait, dan.s certains cas, le faire sortir de son monastère. Mais, dès le vu' siècle, il y eut tendance à l'aifranchisscmcnt. l/cxtonsion du domaine dos abbayes no contribua pas peu à amener ce résultat. Les moines s'appliquèrent avec succès au défrichement des terres et prirent, pour les aider dans ce travail, un personnel laïque assez considérable ; la rocon-

i-des-Prés a

ïiècle.

naissance pour les services rendus ot la piété des fidèles multiplieront rapidement à leur avantage les donations de domaines considérables, situés souvent fort loin de l'abbaye ; ainsi l'abbaye de Citeaux possédait à elle sculo de 8.000 à 10.000 fermes. lldevenaitdiflicile de laisser soumis à un évoque un monastère dont les possessions étaient ôparscs dans plusieurs diocèses. Le groupement des abbayes dans un ordre apporta également une entrave à l'autorité épiscopale. Do là les abbayes excniptes.

La constitution du temporel des a6l)ayes eut un autre résultat, quant à leurs rapports avec la société civile : ayant la propriété torrienno sur laquelle était fondé le l)Ouvoir, l'abbayo prit place dans le monde féodal et eut ses vassaux et arrière-vassaux. Kilo eut par suite des devoirs à remplir : un acte de J-onis le Pieux, en 817, donne une listo des abbayes astreintes à Timpét et au service militaire. Pour conduire ses hommes à la guerre, l'abbayo avait recours à un laïque que l'on nommaT'ni'o»^. Celui-ci exerçait parfois la justice dans le domaine abbatial, aussi fut-il naturellement porté à profiter de sa situation pour s'approprier une partie de ce domaine. Une autre tentative de mainmise par la société civile sur le temporel est l'institution des abh^-comtes, qui vécut jusque vers le xi* siècle. Enfin, il faut signaler plus tard la commande, par laquelle on confiait l'administration d'une abbayo à un laïque ou à un ecclésiastique non-moine.

Dans les premiers temps, les moines se contentaicni do huttes en branchages et des abris qu'offraient les grut les naturelles; parfois aussi ils utilisaient les maisuns d'habitation romaines. Le développement de la vie monastique rendit nécessaire la construction de bâtiments spéciaux. La forme la plus généralement adoptée est le carré ou le parallélogramme. C'est celle qu'offre déjà le fameux plan de Saint-Gall, dressé au ix* siècle pour l'abbé Gozbert et généralement attribué à Eginhard. La partie qu'on orne le plus richement est l'église. Enfi rmée dans le cloître par les monastères d'Orient qui veulent en interdire l'accès aux femmes, elle est, en Oci.ident, ouverte à tous; son entrée est généralement prérédée d'un parvis. A l'intérieur, le chœur, réservé aux moines, tient une place si considérable que, parfois, l'esjiace laissé libre pour les étrangers se trouve fort restreint. Tantôt en avant, tantôt en arrière de l'autel, séparé du peuple par une barrière, le chœur se trouve parfois rejeté dans le transept. Les monastères de femmes, qui adoptent souvent cette dernière disposition, ferment, ce chœur par un grillage en treillis qui permet aux religieuses do voir l'autel, mais qui les rend presque invisibles à la foule.

A l'extérieur de l'église s'étend le cloître, lieu habituel do promenade pour les moines. U est formé parunevashcourgazonnée, qu'entoure une galerie couverte. Quelques abbayes ont deux cloîtres, dans l'un desquels, appelé 1' petit' cloilre, les conversations sont autorisées. C'est sur le cloître que s'ouvrent la salle capitulaire, où les religieux s'assemblent pour discuter des intérêts du monastère, et In réfectoire, ordinairement en opposition ave. l'église. Ce dernier a une tribune pour la lecture, obli* gatoiro pendant les repas. Il existe parfois un secun<i réfectoire, appelé la miséricorde, et ou l'on ne se rciiu qu'aux jours où le gras est autorisé. La bibliothèque esi généralement au premier étage, pour éviter aux livres l'humidité. Les moines couchent dans un dortoir, et li chanoines aussi ; mais ces derniers ont quelquefois -ir cellules. L'abbé, qui primitivement couchait dans le dni toir, a un logement particulier.

Les autres bâtiments sont : la cuisine, la boulangcri lo cellier, les bains, l'infirmerie avec la pharmacie, ! maisons des domestiques et des hôtes, celles-ci natui' i lement plus voisines do la loge du portier. Un parloir r-i réservé aux moines; parfois, notamment dans les abba\ r de femmes, il y a un parloir spécial pour la confession Près des bâtiments se trouvent le verger et les jardins dont un pour la culture des herbes médicinales. Quan 1 l'abbaye eut pris place dans la hiérarchie féodale, on lui adjoignit des bâtiments pour la justice, des prisons, ci ■. D'autre part, l'état de trouble et de désordre ou se trouvait la société aj'ant mis l'abbaye dans la nécessité d'' se pourvoir do moyens de défense, ses bâtiments furenf généralement gara'ntis par un mur fortifié, avec ou sans fossé. Quelques abbayes sont de véritables forteresses , telle est celle du Mont-Saint-Michel.

Les architectes des monastères ont suivi le goût '\r leur époque et de leur pays. Il est aujourd'hui reconnu que l'école même de Cluny, à laquelle on avait voulu attribuer une importance considérable, a ou tout au plus une influence purement locale.

— S Y N . Abbaye, couvent, monastère. Lo terme 1 < ■ plus général est couvent, qui désigne au sens propre touir communauté religieuse. Abbaye ne s'applique qu'à un monastère dirigé par un abbé. Alonastère, à moins d'abus, ne désigne qu'un couvent de vioines, au lieu que convcu' .s'applique à des maisons de tout ordre : on dit un « couvent de franciscains», et non un « monastère», um- " abbaye de franciscains ».

— BiBLioGR. : Montrond, Dictionn. des abbayes [Nour. Encyclop. théol. [Paris, Migne, 1856]); Lenoir, l'Architecture monastique {Collection de documents inédits'sur l'Histoire de France [Paris, 1852]).

Abbaye (prison de l ) On ignore la date exacte de sa nnstruetion première on sait seulement que la prison, 1 venue olèlre au temps de la Révolution, fut bâtie I arl architecte Ga Miart entre U U et 1635 Cette construction tarreo I n'îsi\ e pt 1 asse

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détenus politiques, tels que M*"

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militaire qu'elle conserva jusqu'à ;

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Roland et Charlotte i destination de prison L démolition, en 1854.

Abbaye -au -Bois {l'), communauté religieuse de femmes, située à Paris, rue de Sèvres. C'est en 1G67 que le couvent des Dix-Vertus, fondé en 1640, fut appelé VAbhnye-nii-Bois. Il servit de maison d'arrêt pendant la Révolution. Rendu plus tard à sa destination première, il offrit, en dehors du cloitre réservé aux religieuses, un asile paisible à des dames du grand monde, qui se retiraient là pour goûter les douceurs de la solitude, sans renoncer toutefois à celles de la société. M"" Récamier vint s'y établir en 1811, et toutes les illustrations de l'époque briguèrent la faveur d'être reçues dans ses salons. Lamartine V lut SCS premières Afi'dilalions ; Victor Hugo, à peine sorti des bancs de l'école, y fut sacré poète de génie par Chateaubriand; enfin, toutes les grandes renommées nais- .santes y reçurent leur baptême et leur consécration.

Abbazia, station climatérique de l'Istrie (Austro-Hongrie), au fond du golfe de Fiurae, une des plages les plus fréquentées de l'Adriatique pour l'extrême douceur et la régularité de son climat; 1.200 hab.

ABBÉ (lat. abbtts, dérivé du syriaq. abba, père) n. m. Chef d'un monastère d'hommes qui a le titre d'abbaye : Un ABBÉ de l'ordre de Saint-Beno'U.

— Paroxt. Tout hommo qui porto l'habit opcldsiastiquo.

-- Alilii' fi't/ulifr. SiHH'i'ii'ur do rclifficux, qui était ré-

(,-, r( |M,|,,ii, riialiil, ,[r xnn ..r.lr.-. (l MiM

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Il Ahh,' truit 01 milri'. l ot qui, cross.' Coluni l'ai.l. r

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l lo inunastùro avait ét(5 dés intidôios. Il /I66t^ crosse et iiritd nloinomcnt ùpiscopalo,

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los orilrivs iiiiiH'tirs. ii A/i/ji' i/i'iimiL Co titro a otti purtt^ par lo supérieur des méciiitaristos (égiiso armôniouno} et par coux do Citeaux ot do CIuui,'.

C'ost aussi lo nom quo l'on donnait, on Anglotorro, aux abbés mitres ot crosses.

-^ Abbé (lu peuple, Magistrat po-

pulairo uni tut (Cctti! di; reniidai-i'i ^ 1 /,/„

:\ GAnos on 1870.

iiil abolie ou 1339, ot I,. ,l,„,„i.)

Abbi" de

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— ri<..\. .u 1... . N«ju» I .iltuniàions comme les moines tout l'abbé, .s il n'arrive pas à riii-iiro dv diii.r, nous nous mettrons à tabh^ s.iiis lui. ii Le moine répond comme l'abbé "chante, Los inférieurs ont i liahiliid.' de piendre le ton et les liabiliides do leur supérieur, li Être comme l'abbé Ro- .-•■•- ».=w,,. gnonet, qui de sa soutane ne put faire un bonnet. Ne savoir lirer aueun parli d'une position avantageuse, ot gtiter la meillrure all'aiie par sa maladresse, ii ii n'y a point de plus sage abbé que celui qui a été moine, L'bommo qui a obéi est celui qui sait le mieux commander.

— Encycl. A/M a désigné à l'origine des personnages vénérables par leurs vertus ot leur science. Quand saint Antoine, au tv siècle, eut donné l'impulsion à l'ordre monastique, on appliqua lo nom d'abbé aux solitaires quo la foulo respectait pour leur austérité. Mais on ne tarda pas à l'attribuer spécialement au supérieur des

'S M'i'oii riiipelail epiroro /ii'ffouméne et archiman- ')ii, iif ii'.i -a;,],' ,|uo ces deux derniers termes ; 11' I' - •■> n |.ir^ ]u,iir s'attacher à celui d'alibé. -, -oaN I, , i.riM'dtrtins et les chanoines réguliers

\| ' '111 appelé leurs supérieurs de co nom :

l'IiL-'ieux ont eu recours aux expressions . ' '' . j'ruvincial, etc.

I ! I II lienoit attribue à l'abbé (soumis priiii, .i\'' tout son monastère, à l'ordinaire) les ^ 1'^ l'iiis otendus : il consulte ses moines, sans ^' 'II' Muvre leur avis; il a la direction spiri- . I adiuuusiration temporelle de son abbaye, guide ses moines dans la voie de la piété, règle leur travail, pourvoit à leurs besoins ; il est 1 intermédiaire du couvent avec l'extérieur ; il se fait aider dans ses fonctions par dos dignitaires à sa nomination (prieur, hospitalier).

Los abbés tendirent de bonne heure à s'exempter do l'obédience épiscopale ; les uns obtinrent Vexemptwn passive leur conférant simplement la juridiction sur leurs religieux; d'autres Vexempliun active leur attribuant la juridiction sur toute la population laïque ou monacale dépondante do l'abbaye. La distinction entre exempts et non exempts n'existe plus. L'exemption ne saurait aller contre les droits de l'évêque, qui seul peut autoriser l'établissement d'un monastère dans son diocèse et permettre aux relij^ieux d'y prêcher et d'y confesser.

L'abbo est élu par les moines de son abbaye. L'élection se fait par inspiration, quand les moines acclament d'une seule voix celui qu'ils choisissent pour supérieur. L'élection a lieu par compromis, si les moines désignent des délégués chargés de choisir l'abbé. Enfin, il y a l'élection nu scrutin secret. L'abbé doit se faire conhrmer dans les trois mois par son propre évéque ou, s'il est exempt, par son supérieur général ou par le pape.

La société laïque ne tarda pas à faire tous ses efforts pour s'arroger le droit do nommer lo supérieur du monastère. En l''rance, le concordat do 1510 entre Léon X ot François I" attribua ce droit au roi d'une manière générale, à la simple condition pour lui de faire son choix parmi les religieux du même ordre. Pour les abbés à la nomination du roi, la confirmation était remplacée par les lotdon que leur octroyait le pape. Pour les rdre, le droit d'élection fut iro autrement, le pouvoir de delà des limites du royaume, lent maintenu pour les abbés dent été institués dans lo but • considérable des abbés ; car, élus à II iiiiis, iU l'uiivaient moins abuser de leur autorité. Parf'jis 1 a.lnuiuîiration du monastère était confiée à un abbé cummendataire. Celui-ci avait la jouissance dos droits temporels attaches au titre d'abbé, administrait le temporel et était tenu, en principe, à la visite de son abbaye ; mais lo plus souvent il se faisait remplacer par des custodinos. On sait à quels noms on vit plus tard l'accolement singulier du titro d'abbé . Chaulieu, Prévost, Vuisenon, de Bernis, DeliUe, etc.

Primitivement, l'abbé pouvait n'être pas prêtre, parce que d'abord c'était l'évêque seul qui conférait aux religieux du monastère los ordres sacrés ; mais, dès la fin du v" siècle, les abbés furent munis du pouvoir do conférer à leurs moines la tonsure et les ordres mineurs, parfois même lo sous-diaconat, et dans ces conditions, il eût été inconvenant que l'abbé no fiit pas prêtre. En pratique, il le fut ordinairement dès lo iv" siècle ; au ix% le concile de Rome de 82(3 en fit une loi.

De bonne heure, les abbés jouent un rûle considérable dans la vie de l'Eglise. Au vi' siècle, plusieurs apparaissent dans les conciles comme représentants de leurs évéques. C'est au huitième concile de Tolède (C3'3) qu'ils signent en leurs noms propres ; de là cet usage se

très de pro\ abbés l'.'iu'I

ision

ces alili.'- -, - Le droii il l'I tempui<u.-,^ de resii'i-,,1'

Abb^ de Saint Germain

des Pr»:s. (Pierre tomijale

du XI" siècle.)

r45pand on Franco ot dans la chrétienté. — L*abb6 prend placo dans la hiérarchie ccclésiastiquo immédiatomcnt après rùv(>auo. Lo conciio do Tronto limita lo privilège do voix dolibèrativo aux généraux d'ordre ot ù, certains abbés exempts.

Il y a, on otTot, une hiérarchie parmi les abbés : les exempts sont au-dessus des non exempts, et, parmi les exempts, quelques-uns ont uiio importance particulière: tels les chefs d!^ordro, les abbés do Citoaux, do Cluny, du Mont-Cassin. Los doux derniers disputèrent i celui do Marmoutior lo titre d' « abbé des abbés »; lo conciio de Homo, en 1120, lo réserva au supérieur du Mont-Cassin; lo pénéral des clunisiens so fit appeler archiabbé; l'abbé iIm Saint- Martin on Ilongrio eut lo même titro; celui do l'ulda st! qiialiJiait " primat des abbés do l'Jimpiro ".

Tar lo loinporol do son abbaye, l'abbé tient dans la .société léudale un rang des plus élevés. Sans parler do la situation personnelle do certains abbés, Sugor, Mathieu do Vondùmo, rappelons que l'abbé do Saint-Denis siégoaii au parlement de Paris, celui do Cluny au parlement de Dijon ; on Allomagno, avant la sécularisation, onze abbés l»''ifai(Mit lo titro do H princes », et dix d'ontro eux sié- L-'iMM-iit aux diètes d'Empire.

l'ans lo haut moyen âge, plusieurs seigneurs laïques ^^■u^si^i'nt à se faire élire abbés; quelques-uns mèmeadniiiiisiri'rent à la fois plusieurs abbayes, c'est-à dire s'en ;i|ipi-i>priôrent les revenus la di- ^^__^^ i.iip.n spirituelle du monastt ro i-L-siaii. t'onliéo au prieur Losiois d«^ Kiantîn s'intitulaient « abbt do Saint-Martin de leurs >

L'abbé obtient parfois lepnvi lège dus insif^nes pontificaux ilservés aux évoques L usage du bâton pastoral remonte aux origines presque de l'ordre monastique; ce n'est que dans le cours des siècles qu'il devint un insigne distinctif des évéques les aboés se virent obligés d'y renoncer i moins d'obtenir un privik^,' du saint-siège. L'anneau n est ^in ro concédé aux al)bés avant lo \iii° siècle. La mitre, d'u^agt- auciun chez los abbés anglais fviii" siè de), so répand au \i" siècle mais Clément IV régla en 12C6 que les abbés exempts ne pourraient porter quo la mitre aun phrygiée, sans perles m pierres, par respect pour les évoques auv quels est réservée la mitre piccieuse ; les abbés non exempts so contentaient delà mitre blanche La sandale liturgique se rencontre dès le vil* siècle aux pieds des abbés; au x", ils no peu\ent la porter que s'ils en ont obtenu la concession du souverain pontife.

L'usage des insignes pontificaux est parfois limité à des cas spéciaux. L'abbé a droit au titro de « Très-Révérend Père «• ; l'abbé général à celui de "Révérendissime ». L'abbé a son propre sceau, indépendant de celui do l'abbaye. Los abbés coramendatairos avaient usurpé le droit de porter le rochet.

~ A l'époque carolingienne, on appela abùas curix (abbé do la cour) le chapelain du souverain, et abhas caslrensis (abbé de camp) le chapelain militaire. Plusieurs chapitres donnaient le nom d'août? des fous à un chanoine chargé de signaler certaines inadvertances. Les jeux de la Fête-Dieu, à Aix (Provence), avaient leur abbé de la jeunesse; la confrérie des Cornards ou Conards, à Rouon, était gouvernée par un abbé; à Arras, les magistrats municipaux, les juges et le peuple nommaient, chaque année, un abbé de liesse; les étudiants novices choisissaient, chaque année, à Paris, un abbé décoré du titre d'abbé des bêjaunes. L'Ecosse eut son abbé ,de la déraison.

En France, l'habitude de donner lo nom d'" abbé » à des séculiers qui n'en avaient ni l'habit, ni la résidence, fit bientôt étendre ce titre à tout ecclésiastique qui n'en avait point d'autre. On lo donne aujourd'hui même aux ecclésiastiques titrés, comme un cure ou un chanoine; on pousse l'abus jusqu'à l'attribuer à dos réguliers, tels que les franciscains.

— BiBLioGR. : Dom F. Chamard, les Abbés au moyen âge {Itev. des quest. historiq.[\%^o\).

Abbé *", pseudonyme de l'abbo Michou, auteur du Maudit, de la Religieuse, etc.

Abbé (l'), romaii de Walter Scott (1830), dont le sujet est l'évasion do Marie Stuart du château de Lochloven. L'abbé Ambroise, qui donne son nom au roman, u'y joue qu'un rôle secondaire ; le véritable héros est Roland Grœme, orphelin recueilli et élevé par la reine d'Ecosse. L'auteur revient ici à l'histoire do ce pays vers la fin du XVI" siècle. Il représente non plus la lutte politique do deux races rivales, mais le clioc do doux croyances religieuses. Il a merveilleusement décrit la réaction presbytérienne contre lo catholicisme, sous la minorité orageuse do Jacques pf. Il a surtout su reproduire avec beaucoup d'haniloté le mélange de courage et do faiblesse, do fierté ot do coquetterie, qui forme un des traits saillants du caractère do Marie Stuart. Lo dénouement est imparfait, ou plutôt, il n'y a point de dénouement. La fuite do Marie Stuart en Angleterre, après la déroute do son armée et la ruine de .son parti, ne termine rien, et laisse lo lecteur dans la môme perplexité sur 1© sort dos autres personnages.

Abbé Constantin (l'), par Ludovic Halévv (1SS2), Lo succès de co roman a tenu surtout à co qu''il parut lorsque lo naturalisme était à son apogée, et quo los exagérations de l'ôcolo commençaient à provoquer la lassitude. Un vieux curé qui est la providence do ses pauvres; une châtelaine, venue d'Amérique, qui fréquente le presbytère ot dont lo bon curé devient le commensal habituel; un lieutenant qui épouse la sœur do la châtelaine, cela reposait des mœurs brutales de Y Assommoir et do Nana. Tout le monde est vertueux dans co roman, mémo les personnages épisodiques : un bon notaire, la bonne vieille servante Paulino ot un jeune viveur pas méchant du tout. Ij'historiographe de la famille Cardinal est devenu ici i'éniule do Bcrquin. — De ce roman une comédie

ABBK — ABBESSE

OQ trois aclos, on prose, a été tirée par Crémicux ot DocourcoMo (Gymna.se, I nov. 1887). Le» adaptateurs out dé%'i!loppé quelques rôles épisodiques. Cotlo pîèco a obtenu un grand succès, grâce â son charme exquis et aussi grâce au talent de l'acteur Lafontaino.

Abbé Tigrrane (l'), par Fordinaûd Fabro(l873). L'auteur, dans ses ouvrages, s'est surtout adonné â l'élude des mccurs ecclésiastiques. Dans co volume, il nous montre, en l'abbé Rulin Capdepout — Tigraue n'est qu'un surnom dérivé de tigre — un hommo farouche et ambitieux.

Co Ticrane, ancien porcher, est hanté par lo souvenir do Sixte -Quiol. Devenu supérieur du grand séminaire do Lormière, il rt'-vo d'ètro évèone. I-'erd. Fabro peint magistralement l'humeur sombre du co dominateur, ses rages, ses désespoirs, lorsqu'il guette do l'œil la crosse, la mitre ot l'anneau que l'Eglise est trop lento à lui jeter. Il va sans dire que l'abbé Tigranc renverse tous les ol>stacles qui se rencontrent sur son passafje. 11 remplace d'abord son évéquo, mort d'apoplexie ; puis il devient archevêque. Lo roman lo quitte au moment où, devenu cardinal, il lève Icsyeux encore plus haut : c'est la tiare quo désire Tigrane. Cette œuvre est remarquable par la profondeur oc la conception et par la vigueur des peintures.

Abbecourt. hameau du dép. de Soinc-et-Oisc, con^m. do Poissy. Eau minérale froide, laxativc, bicarbonatée calciquo et ferrugineuse.

Abbema (Louise), femme peintre française, née à Etampcs en 1855. Elle descend do Louise Contât, la célèbre actrice de la Comédie-Française, et du comte Louis de Narbonnc, ministre do la guerre en iTOl, M"« Abbema débuta au Salon do 1871 et ne tarda pas â attirer sur cllo l'attention par la franchise et la souplesse de son talent. On a d'elle des portraits, parmi lesquels il faut cilor celui do Paul Mantz, des peintures décoratives, des fleurs, do fraîches aquarelles, des médaillons et des eaux-fortes.

ABBÉOKOUTAûuABÉOKOUTA.villed'Afrique (Guinée orient., côte des Esclaves), dans l'Etat d'Yorouba, sur la rive g. de la rivière d'Ogoun ; 120.000 hab. Fondée en 1825, dans une contrée salubre, sur un plateau do 107 m. d'alt., war des esclaves fugitifs, que vinrent rejoindre des hommes libres, principalement de la nation des Egbas, cette villo a perdu eu partie son caractère do république indépendante et est aujourd'hui comprise dans les pays do protectorat britannique dépendant de la colonie de Lagos. Les habitants so livrent surtout à la culture ; mais les fabriques d'étoffes, les teintureries y sont déjà nombreuses.

ABBESSE n. f. Supérieure d'un monastère de religieuses ayant litre d'abbaye : Le corps d'Abailard fut porté au l'araclet, dont Héloise était abbesse. (Hénault.)

— Abbesse triennale, Celle qui n'exerçait les fonctions supérieures que pendant trois ans. :i Abbesse perpétuelle, C'elle ^ui était nommée à vie. ii Abbesse générale, Abbesse dont 1 autorité s'étendait sur plusieurs abbayes.

— Lo nom d'abbesse so donnait aussi à la supérieure d'un chapitre de dames, et lui conférait, à défaut d'une autorité réelle, une haute considération dans le monde.

— Encycl. L'institution des abbesses est postérieure à celle des abbés. Les abbesses étaient autrefois élues par leurs communautés, au scrutin secret et à la majorité absolue; on les choisissait parmi les plus anciennes et les plus capables de gouverner. Grégoire le Grand exigeait que l'abbesse eût 60 ans; la limite d'âge, abaissée à 30 ans par Innocent IV, a été fixée â -10 par le concile do Trente. Les abbayes de filles conservèrent longtemps, en France, ce droit d'élection, parce qu'elles n'avaient pas été comprises dans le concordat entre Léon X et François I". Lorsque ce roi .so fut attribué la nomination aux abbayes de filles, seules les clarisses, les religieuses de l'Annonciade et celles de Sainte-Elisabeth conservèrent le droitd'élection. Les abbesses avaient l'administration du temporel, la direction générale du couvent et l'exercice des droits civils et féodaux ; mais elles ne possédaient pas de juridiction spirituelle. Lors- ((u'ellos ont eu lo pouvoir d'entendre la confession de leurs religieuses, il nés agissait pas d'une confession sacramentolle. Pour le spirituel, elles relevaient do l'évêque diocésain. Celles même qui étaient exemptes de l'ordinaire — ce qui n'a plus lieu aujourd'hui — ne pouvaient cependant choisir le confesseur de leur maison sans l'assentiment do l'évêque. Elles no

Sûuvaient faire elles-mêmes la visite des maisons dépenantes de la leur; elles nommaient à cet otToi un vicaire. Comme les abbés, les abbesses perpétuelles ou élues à vie devaient être bénies par l'évêque ; celles qui n'étaient élues qu'à titro temporaire no recevaient pas la bénédiction.

Leur position et leurs immenses revenus donnaient aux abbesses un rang très élevé dans le monde; des familles puissantes, et même souveraines, se montrèrent souvent );ilouses d'obtenir co titre pour une fille de leur maison. I<cs insignes do l'abbesse sont : la croix abbatiale, l'anneau ot la crosse. — A Fontcvrault, l'abbesse était la supérieure non seulement dos religieuses, mais des moines. Sainte Brigitte eut le même pnvilège.

Abbesse de Jouarre (l'), drame en cinq actes, par Ernest Renan (1886). Sous la Terreur et dans !e vieux collège du Plessis, transformé en prison, un chevaleresqiie gentilhomme, le marquis d'Arcy, qui doit mourir lejende rencontre Tabbesse

viiic siècle.} Biblioih. aalioD.

qu il ait véritablon

Jouarre, la seule femme avant qu'elle renonçât au

Armes d Abbevill

ABBEVILLE — ABDALI

monde et quand elle s'appelait Julie, marquise de Saint- Florent. Le geôlier les laisse seuls. L'abbesse, qui résistait par vertu et par orgueil, se laisse amollir, et finit par s'abandonner. Bientôt on frappe à la porte, l'échafaud réclame ses victimes. « Ah! s'écrie Julie, la mort va m'ôîre douce ; une heure avant de mourir, tu m'as révélé la vie. Los hommes no sauront rien de notre amour, et la nature, qui i'a voulu, nous absout! » Mais le comte d'Arcy meurt seul ; Julie est sauvée par un noble, La Fresnais, qui s'est enrôlé dans les armées de la République, a obtenu do faire rayer le nom do la marquise sur la liste funèbre, et, plus tard, l'épouse.

Dans cette simple suite do scènes dialoguées, l'auteur n'a pas seulement exalté l'amour, tout en examinant un curieux cas de conscience. Mettant en présence l'ancien régime et la Révolution, il fait saluer à d'Arcy l'aurore de ces temps nouveaux dont il est la victime, et absoudre la Terreur, si elle a pour résultat la victoire. Ces entreliens ont un grand souffle patriotique ; los scènes familières de la prison du Plessis et du jardin du Luxembourg, où, La Fresnais retrouve l'abbesse, sont traitées avec un enjouement délicat.

AbbevillE, chef-liou d'arrond. (Somme), à 45 kilom. N.-O. d'Amiens; 19.850 bab. (A66ei'i7/oï5). Cette ville, arrosée par la Somme et contournée au S. et à l'O. par un canal, a cessé d'être une place do gu(?rre. Elle a conservé au centre quelques vieilles maisons des x\*' et xvi" siècles. Sa plus boUo église et>t celle do SaintA'uIfran (stylo gothi que). Bibliotli. commun., musées, tri bunaux civils et de commerce Le port forme la tête du cariai d'Abbeiillf à. la mer. Manufactures de draps, moquettes et tapis. Commerce considérable de céréales, de graines oléagineuses, d'ardoises, de bois de con struction, etc. Source d'eau acidulée

L'emplacement d'Abbevillo a été habité dès les temps quaternaires, puis à l'époque romaine. Au is" siècle, Abbeville (Abbatis villa) est une bourgade dépendant de l'abbaye de Saint- Uiquier : puis elle devient une forteresse défendant lembonchure de la Somme, et la capitale du Ponthieu. — Sa cbarte communale date dn U84. Ni la guerre de Cent ans, pendant laquelle elle changea souvent de domination, ni la Ligne no diminuèrent sou importance industrielle et commerciale; mais la révocation de l'édit de Nantes lui porta un coup dont elle ne s'est pas relevée. Abbeville est la patrie des poètes Millevoye et Pongerville, du géographe Sanson, de l'amiral Courbet. On a faussement dooné le nom de traité d'Abbeville au traité de Paris conclu lo 4 décembre 1259, entre Louis IX do Franco j3t Henri III d'Angleterre.

— L'fljTonrf. d'Abbeville compte il cantons subdivisés en 172 communes; superficie 1.560 kilom. carr.; 132.530 hab.

— BiBLiOGR. :F.-C. Louandre, Histoire d'Abbeville et du comté de Ponthieii jusqu'en i789 (Abbeville, 1844-45); Tohographie historique et archéologique d'Abbeville (Abbeville, 18-1-841

— Il e.xiste aux Etats-Unis plusieurs localités du nom d'Abbeville, dont la plus importante est une division (county) de l'Etat de la Caroline du Sud ; 47.000 hab.

Abbey, localité d'Ecosse (Renfrewshirej ; 34.400 hab. Miiios de houille et de fer. — Il existe d'autres localités du mémo nom en Angleterre, en Ecosse et en Irlande.

Abbiategrasso, ville d'Italie, prov. de Milan, sur le bord dr. du Naviglio Grande, canal qui relie le Tessin à Milan ; 7.000 hab. Elle fut prise par les empereurs Frédéric I" on 1167, et Frédéric II en 1245. Défaite dos Guelfes nar Visconti en 1313. Bayard fut tué tout près de là en luttant contre los Impériaux (1524).

Abbitibi ou Abittibi, lacs du Dominion canadien se déversant au fond do la baie d'Hudson par la rivière d'Abbitibi. Les deux lacs sont reliés par le chenal appelé 0 détroit de Saint-Germain n. Sur le bord du lac Supérieur se trouve le poste d'Abbitibi : Abbitibi Lake Éouse.

Abbitibi, rivière du Canada, territoire du Nord- Ouest. Elle prend sos sources sur les pentes septontr. de la '1 Ilautour des Terres ", traverse les lacs Abbitibi et se jolto dans l'estuaire du Uouvo Moose, qui débouche dans la naio do James, partie S.-E. de la grande baio d'Hudson.

Abbon, surnommé le Courbe, moine do Saint-Germaindes-Prés, né vers 850, mort vers 023. Il assista au siège de Paris par les Normands (885-887), et on écrivit la relation on un poème latin très obscur : de Bello Parisiacr. xirbis. Ce document historique do la plus haute imiiortanco a été traduit par Guizot, dans sa collection dos AUmoires sur l'histoire de France.

Abbon, savant religieux et abbé do Floury-snr-Lniro. né dans l'Orléanais vers 945, tué à La K/mI. ^ i, .;|. - mt une émeute, en 1004. Il fut cliargé par !•■ i : I, ' mission diplomatique auprès du pape fii i i' m

ses ouvrages, citons : Abrégé delà vie des y,//,, . \i m . n^ 1602); lettî-e apologétique aux rois f/nques rf Hnhrrt, i-i,„trv Arnoul, évêque d'Orléans (Paris, 1G97). — Il a été vénéré comme un saint dans plusieurs églises.

AbboT (Robert), théologien anglais, né à Gnildford en ir,GO, mort on 1617. Il fut cliapelain du roi Jacques P^ et devint, en 1615, évèquo do Salisbury. Son meilleur ouvrage est : De la suprême jmissance fîes rois.

Abbot (George), frère cadet du précédent, archovôquo d<' CanlorlH-ry, théologien anglican (1502-1033). Il prit une part active à la révision do la traduction do la Bible. Il fut diiiHî part très tolérant envers les puritains ot, d'autre part, très opposé aux idées absolutistes do Laud ; il fut, pour ce motrf, déposé sans jugement par Charles I"'. Ses écrits les plus iniportants sont'une Description de l'univers ot une Histoire des massac7'es de la Valteline (1631).

Abbot (Charles, lord TrntfrdenI, jurisconsulte anglais (17C2-1832). Il a publié un remarquable IVaité sur les lois relatives à la marine marchande (I..ondres, 1802).

Abbotsford, magnifique manoir, construit et décoré par Waltcr Scott, à qui il a servi do résidence depuis 1811, v\. qu'il a rendu célèbre. Il est situé en Ecosse, près desabbayos de Melrose otde Jedbnrgb, sur la rivemérid. "" - « " d'Edimbourg. •

AbBOTSHALL, bourg d'Ecosse, comté de Fifo, sur lo golfe do Forth; 5.600 hab.

Fabriques de toile ; pêcheries.

Abbott {John Stephens Cabot), écrivain américain n»

à Hallowell (Maine) en \mort en 1877. Il fonda i son frère Jacob, a Bo'^ l'école de Mount-Vernon devint fameuse par son n ment fait par les clè\es .

mêmes, chargés d on sur% 1er Texécution, il prit pan i la fondation, à New-York, du Spingler Institute, destine à l'enseignement secondaire des femmes. Outre des ouvrages en collaboration a\ec Jacob, on lui doit Rois et Reines, série de biographies; Histoire de la Révolution française; Histoire de Napoléon '/" (1855), etc , qui ont été traduits en français.

Abbott (Ed\vin),écrh'ain et érudit anglais, né à Lonhes en 1838. Il devint successivement professeur à Birmmgham, directeur de Técolo do la Cité à Londres, prolesseur à l'université de Cambridge et prédicateur à lunnersité d'Oxford (1877). Parmi los ouvrages qui ont tait sa réputation, nous citerons : la Grammaire shakspealunnp (1870); Bacon et Essex (1877); Sur la nature du ( hmf (1877), etc. On lui doit aussi deux romans anoii\mes : Philochrist (1878), et OnesiWHS (1882).

AbbOVILLE. Géogr. V. Bois-Sacré.

Abbt (Thomas), littérateur allemand, né à Ulm (1738l"! bj II contribua à la renaissance de la littérature allemande On cire surtout son traité Du mérite, traduit en français par Dubois (1767). Par son ouvrage De la mort pour la patrie (1761), il releva le courage de ses concitoyens pendant la guerre de Sept ans. Il s'inspira surtout de' Lessing, et, en philosophie, il fut rationaliste.

ABC (mot formé des trois premières lettres de l'alphabet) n. m. Livre dans lequel les enfants apprennent les lettres et les premiers éléments de la lecture, ii Alphabet.

~ Fig. Les principes, los éléments d'un art, d'une scicnce'quelconquo : X'abc du dessin, de la géométrie.

— Par ext. Nom donné à quelques ouvrages élémentaires : Abc 7nn$ical. Abc du style.

— N'en être qu'à l'abc d'une science, d'un art, d'un métier. N'en avoir que les premières notions, n Renvoyer quelqu'un à l'abc. Le traiter d'ignorant, il II l'a maudit par abc, Il lui a donné toutes les malédictions possibles.

ABCÉDER v. n. (lat. abscedere. s'écarter ; 1'^ fermé du radical se change en è ouvert devant une syllabe muette : il abcède; excepté au futur et au conditionnel : il abcédera, il abcéderait). Dégénérer en abcès, se transformer en abcès : Cette tumeur abcédeba bientôt.

S'abcédePf v. pr. Se terminer en abcès : La tumeur s'abcédera.

ABCÈS {sr — du lat. abcessus, action de se retirer, de s'en aller) n. m. Amas de pus, et par extension, de matière stercoralc, d'urine, dans une cavité accidentelle ou naturelle du corps : Abcès stercoral. Abcès urineux. Racine

— Encycl. Méd. h abcès purulent est dit idiopathique quand on ne peut en trouver la cause; symptomatique, iiuand il est lié à la présence d'une affection morbide dont il est une manifestation (tels sont les abcès métastatiques (jui surviennent dans l'infection purulente [v. pyohèmie] loin do la plaie accidentelle ou opératoire qui a servi do porte d'entrée à l'infection); critique, s'il survient dans la convalescence d'une maladie.

On a donné le nom à.'abcès de fixation à des abcès provoqués dans un but curatif contre l'infection puerpérale, la pneumonie, etc.

On distinguo deux sortes d'abcès purulents, savoir : les abcès chauds, les abcès froids.

~ I. Abcès chauds, aigus, inflammatoires oiiphlegmoneux. Ils sont produits par les contusions violentes, par la pénétration, dans les chairs ou dans les organes, de corps ("■trangers entraînant avec eux des éléments microbiens. Quelquefois, ils so développent sans cause connue. Quelle qu'on soiMa ciiisn, ils sont toujours précédés d'une inflamiiiatiuii, -iiiii iilil.L'inon, et leur marche est aiguë, rapide. H rs[ inij^ni t.iiii iii- savoir quand l'abcès est mûr, c'est-à- ■ iirr .iiir.ir Sii est superficiol, la chose est simple : on ■-'• (i..t;\r . ■! I i. i-ticp li'niic tiimr-nr rouge, lancinante, ' I '' ' M r ,1 l;i I ir. niiti riiM'e et molle au centre,

^i i -il" '-Il |.[i.i"niHl. le iii;p Miosiic est parfois à peu pn-s iiii|Hjssil.|(', ii laut avoir roi-ùurs à une ;>ûhc/ioïi exploratrice faite avec uno seringue de Pravaz dont l'aiguille est aseptique.

Los abcès superficiels ou de petites dimensions sont bénins. Au contraire, les abcès profonds, siégeant au voisinage d'un organe important, sont extrêmement dangereux : abcès do la gorge qui empêchent la déglutition et la respiration et exposent à l'asphyxie ; abcès du bassin qui s'opposent à la défécation ; abcès voisins d'une cavité splanchnique (thoracique ou abdominale) ou articulaire, qui peuvent s'ouvrir dans ces cavités et causer une pleurésie, une péritonite ou une arthrite purulentes mortelles.

Le traitement peut 6tre abortif on curatif.

Le traitement abortif, qm s'adresse au phlegmon non encore abcôdé, consiste à employer les sangsues, les cataplasmes, les onctions résolutives, les vésicatoires, les applications do teinture d'iode. Le traitement curatif consiste à ouvrir, si oUo ne s'est pas encore ouverte snontanément, et à déterger la poche où le pus s'est abcédé. On ouvre l'abcès au bistouri ou au thermocautère ; on le draine avec un tube de caoutchouc rouge aseptique, ou une mèche de gaze iodoforméo ; parfois il faut Iiratiquor une contre-ouverture pour faciliter l'écoulement du pus; elle est également drainée. On panse avec des

Château d'Abbotaford

compresses trempées dans de l'eau pbéniquée ou du sublimé corrosif au l/iooû". On place sur ces compresses une toile imperméable quo l'on recouvre de ouate ; le tout est maintenu en ylace par plusieurs tours de bande. Quand la suppuration est presque terminée, le pansement se fait avec de la gaze iodoformée recouverte de ouate hydrophile. Ce traitement, applicable aux abcès peu proKinds, ne l'est pas toujours aux abcès viscéraux.

— II. Abcès froids. Ces abcès s'observent fréquemment chez les enfants, les femmes, les individus doués d'un tempérament lymphatique ou scrofuleux. Ils ont pour point do départ une lésion due au bacille de Koch, que le bacille ait infecté un os{abcès ossifluent), une articulation ou un ganglion. On los dit sessiles s'ils restent au lieu d'origine, migrateurs ou par congestion s'ils apparaissent dans une région qui en est plus ou moins éloignée.

Leur début est marqué par une tumeur indolente, sans chaleur, ni changement de couleur à la peau. Cela dure un temps variable, jusqu'à l'apparition d'un commencement de fluctuation au point central. Dès lors, la tumeur se ramollit, la peau devient violacée, uno légère douleur se fait sentir et l'ouverture du foyer s'opère seule, si elle n'a pas été faite chirurgicalement.

Le traitement local consiste surtout : en injections modificatrices (glycérine ou éther iodoformés), en aspiration du pus et lavage de la cavité, grattage de l'os, ouverture et nettoyage de l'articulation, en injections antiseptiques ot cicatrisantes (chlorure de zinc au l/io*^) dans le trajet des fistules.

Le traitement général, le plus important, consiste à assurer au malade uno nourriture très abondante et riche en matières grasses (huile de foie de morue à haute dose, beurre, etc.), des tonitjues (quinquina), uno bonne hygiène, l'exercice au grand air, lo séjour au bord de la mer.

Tous les os du squelette humain, mais surtout les vertèbres, les côtes, l'omoplate, l'os coxal, le fémur, le tibia, peuvent donner des abcès de cette nature.

— Art. vétér. Comme chez l'homme, les abcès observés chez les animaux so divisent en deux groupes : abcès chauds et abcès froids, dont les caractères et les causes sont les mêmes que chez l'homme. Los abcès symptomatiques so rattachent surtout à la morve, à la tuTJerculose, au rhumatisme, à la gourme et à quelques maladies locales (javart, mal de la nuque).

Les microbes ne triomphent pas avec la même facilité dans tontes les espèces animales ; la faculté pyogénique (l'aptitude à faire le pus) varie on effet :très accusée chez le cheval, elle va diminuant chez le lapin, le mouton, le porc, lo chien, le bœuf, les oiseaux. Bien plus, la raco elle-même semble exercer une influence, car le cheval commun suppure beaucoup plus que lo pur sang.

Lo traitement des abcès chauds, chez les animaux, est, comme chez l'homme, abortif ou curatif, suivant la phase d'évulution où on les trouve. A la première période (phlegmon, tumeur dure, chaude et sensible), diminuer la douleur jiar une médication calmante : compresses tièdes antiseptiques ; bains au sublimé, phéniqués, crêsylés ; pommades émollientes (vaseline belladonée, boriquée, camphrée, onguent populéum).

À la deuxième période (pus en voie do formation), hâter la maturation de l'abcès en attisant l'inflammation par une friction irritante (onguent vésicatoire).

A la troisième période (abcès mûr), donner issue au pus \^av \a. ponction de la poche abcédiale, suivie d'injcclions antiseptiques souvent répétées jusqu'à guérison. Le traitement des abcès froids est identique dans ses grandes lignes. La friction do vésicatoire est nécessaire ; souvent môme il f;iiit ]n iv-pr-tor. La ponction est difficile en raison do la j^nti se -lu !\tyer purulent, ot de l'épaisseur do la pO( h.' ilKnii ., .lin l'entoure; si la première est manquéo {hhihrhr . il ii<' i;iiiT pas craindre de donner un

EnlM

■^, chaud ou froid, est sous la déic générale (rhumatisme, tubercu- • d instituer en plus un traitement l'autre de ces diathèses.

, V. ABSCISSE.

pendaiirr^ .1 ni;il;ii;

appro,,rié A Inné uu à

ABCISSE n. f. Géom

ABD, mot arabe qui enlro dans un grand nombre de noms propres orientaux, et qui signifie seitiiteur : Ahd- Allah, serviteur de Dieu ; Abd-el-Kader, serviteur du Dieu puissant, etc.

Abda, idole des Madianitos.

ABDAH (do l'arabe abd, serviteur, et Allah, Dieu) n. m. Religieux solitaire des premiers temps, chez les Persans et les Turcs, connu ])lus tard, en Turquie, sous le nom de derviche. \\ On dit aussi abd-allah.

Abd-AL-AZYZ, second vice-roi arabe d'Espagne. En 713, il s'empara des provinces de Jaën, de Murcie et de Grenade, puis il délit Théodomir, prince goth, près do Carthagène, et prit Tarragonc. Il voulut alors se rendre indépendant du calife Soliman, qui le fit assassiner (lio).

Abdali on AvDALI, la plus forte des tribus du Kandahar cl iln Khoraçàn oriental (Afghanistan). C'est d'elle

,|n .'sr sorti Alimod-KIian, fondateur do la monarcliio do

. ,■ pays (1747). Dopuis cctto (époque, los Abdali s'ai>polIont li,uii;irii, do Dourr-ud-Doin-û,n {Perle du siècle), surnom i. I iii- priiH'o. — Uîi Ardali ou Avdali.

Abd ALLAH, pôro do Mahomet, né ù. LaMocquo vers r.ir., III II l'ii r.70. Il ^tait liis d'Abd-ol-Mottalib, gardien do la K,,,il.;i.

Abd ALLAH, oncio d'Aboul-Ahbas, lo premier ralifo aliliassiiic. Capilaiiio habile, mais cruol, il contribua à

I fiiv.iiion d(> son neveu j)ar le massacre dos princes Miiiiiiij^ii'^. vaincus à Zab. Gouvornour do Syrio ù fa mort .1 \iiMiii Al'bas, il revendiqua lo califat, ot fut t\iù dans

. Abd-ALLAH, dorniorchérif dos wahabites, fils aîné do Scboiid, qui, on 1805, le déclara son successeur. Il lutta coutru Towsoun, lils du vice-roi d'Egypto Moliammod-Ali, dut, apri's dos altornativos do succès ot do revers, so livrer à Ibrahim-pacha, chef do l'armôo du vico-roi (1818) ot fut envoyé à Constantinoplo, où lo sultan Mahmoud lo tit iiérir.

Abd-ALLAH, tribus algériennes appartenant A l'élément berbôro, répandues dans la Grande Kabylio, au S. do la provinre d'Alg'cr (Ilodna) ot dans la province d'Oran.

Abd-ALLAH-IBN-DALKIN, quatrième et dernier souvoraiii di> (in-naiic, i\v 1073 à loyo.

Abd-allah-IBN-ISMAÏL, empereur du Maroc, do 172^^ ù I7S7. il abattit roi-L^iu'il et la puissanre do la f/ardc noire on la faisant hittiT mnlrc les tribus montagnardes berbères. Ce fut un prin-r cvtu-\. iitais intrlIi^M-nt.

AbD-ALLAH-IBN-MOUHAMMED-ACH-CHAÏKH, empereur du Maroc, de 1557 à 157-1, qui mit d'abord à conquérir son irôno sur lo pacha d'Alger pal•^i^al^ di-s Mérinides, ot réprima ensuite une fornijtialde insuriN-ction dans SCS Klats. II ne put pas reprendre aux Portugais Mazam-.-m, ni Mclilhi n !.■ rrrion-ile-Velcz aux Espagnols.

II tit ex.'viirrr de i.Tan.ls rravaux ù Fez.

Abd-ALLAH-ibn-YÂSIN, rniulateur de la puissance des Alnmravldrs. 11 iiKninii m iiiri8, après avoir fait la conquête lirs pruNiMr.'s iiifiiilioiialcs du Maroc.

Abd-ALLAH-IBN-ZOBAÏR, calife do La Mecque, de 680 à 11'.»:?. 11 périt en défendant sa capitale contre les armées d'Atui-rl-Mélck, califo do Syrie, qui l'assiégeaient.

Abd-AL-LATIF (.Vc'ïTîVcm* du Dieu bienveillant), savant arabe, né ù Hagdad en 1161, mort en 1231. Après avoir étudié -L Bagdad, il visita Mossoul, Damas, Jérusalem et gagna l'Egypte, puis la côte syrienne, où il se tit bien venir de Saladin, qui devint son protecteur. De retour au Caire, Abd-al-Latif fut témoin do la peste et do la famine qui désolèrent l'Egypte de 1200 à 1201, et sur lesnuoUcs il donne d'émouvants détails dans sa Relation d'Egypte. C'est alors qu'il so mit à étudier la médecine; il la professa à Damas et devint bientôt célèbre. Puis il continua à Alep l'enseignement de la médecine et de diverses autres sciences.

On connaît les titres de 136 écrits d'Abd-al-Latif, dont un quart environ consacré à la médecine. Mais ce savant est surtout célèbre par sa grande Description de l'/Cgt/pte, dont un abrégé seul a été conservé. Il a été traduit en français parSilvestro de Sacy (Paris, 1810).

ABDALLITE (do l'arabe aftrf, serviteur, et Allah^Dien) n. m. Membre d'un ordre hindou de derviches voyageurs.

Abd-al-malik-ibn-mouhammad-ach-chaÏkh,

empereur du Mar.ir .Ir [:.ii. :i r.Ts, cuHiint smi ro\aume sur son neveu M.Mili;ii,niiad, i|ui sr r<'tu-ia ainrs en Portugal et entraîna h- roi Sebastien II à .-iiibrassiT sa cause. Tous deux furent vaincus près d'Aloazar-el-Kébir par lo souverain marocain, qui périt lui-même dans l'action (4 août 1578).

Abd-AL-MOUMEN-IBN-ALI, premier califo do la dynastie des Almohados, né en 1100, mort on 1163. Il fut le premier disciple de Mohammed-ibn-Abd-AUah, qui ku délégua tous ses pouvoirs temporels ; il lui succéda en 1130 et conquit lo Maroc sur les Almoravides (1146), une partie do l'Espagne, l'Algérie et la Tunisie. Il favorisa les poètes ot les savants (Aviconne, Averroôs).

Abd-AR-RHAMAN. Hist. V. Abd-ur-Rahman.

ABDELAVI n. m. Espèce de melon ou de concombre du genre cuciimis, qui croît en Egypte et en Arabie. Son suc, mélangé à du sucre, sert à faire une boisson agréable.

Abd-el-halim. Ilist. V. IIaxim-pacha.

Abd-EL-KADER :K1-Hadj), célèbre chef arabe, fils du maral)out Malii-oJ-Din, né vers 1807 aux environs de Mascara, mort ù. Damas en 1883. En 1832, il commença à prêcher la guerre sainte, et, à la tète de 10.000 cavaliers, il vint assiéger Oran ; mais le général Royer le força à battre on retraite. Kn is:u, Abdel Kadcr ennebit avec le général DesniirlirK nn iraïf-- -jin lut la \< rit.itil,' origine do sa puissaiu'- '-i .|iii Im ■^■■r\ii a n.iMir s,, souveraineté sur un -jr-aii'l numl:!-,' .!,■ miImi-,. 1,m|- .|Hi> le

AUD-ALLAII

ai;dkst

dohiMacta. A Tvr/r] . ,

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cen ; mais, pendant un \ ■ , i

chai à Paris, In géii.i ' \i

près de Sidi-Yacoub. ) i

veau venu on Afrique, : i: ,,

dolaTafna, plus désa-i. i; . -

chels. La Franco ne se \

et d'Oran, abandonnai'!

par ses fautes répétées, . ,' ,

obscur un sultan et uiiemii \,

Il organisa tout le pays arabe su

lifalilcs ou gouvernemeuts : 11

lïamza, Medjana, Zâb, etc. Cb

afjhttliks, et les aghaliks coni]

do tribus commandées par d.

ordres des chci/cs jjour les re|

tiens de tribus. En outre des

créa une armée régulière de lo

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