‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 191 sur 828 · ALLAITER — ALLART · texte numérisé non relu

ALLAITER — ALLART

la mère il écarte les accidents qui surviennent dans l'état puerpéral, tempère ou empêciie la fièvre de lait, diminue les chances do métrite, do péritonite, d'hémorragie utérine. Il évite surtout l'engorgement des seins, aide 1 utérus à revenir à son état normal, et empêche le retour trop rapide de l'ovulation avec ses résultats. Quand la mère est atteinte de maladies graves : faiblesse, anémie, lymphatisme, albuminurie, diabète, ou toute intoxication quelconque, elle doit s'abstenir. Les maladies nerveuses sont également incompatibles avec l'allaitement ; tous les incidents qui atteindraient la mère retentiraient sur la sécrétion lactée et, par contre-coup, sur l'enfant. L'enfant trouve dans le lait maternel l'aliment de choix. Dès le début de l'alimentation, le colostrum, par ses qualités purgatives, ne peut se remplacer. Les raisons d'ordre médical commandent parfois à la mère de s'abstenir d'allaiter elle-même son enfant ; mais elle obéit souvent à des considérations d'un ordre tout différent, qui tiennent uniquement au milieu social auquel elle appartient.

Pour faire teter l'enfant, on le place parallèlement au corps de la mère, qui se penche du coté du sein choisi. Il faut procéder au nettoyage préalable du mamelon avec de la ouate hy'drophile imbibée d'eau boriquée ou bomllie. On renouvelle ce nettoyage quand la tetée est finie. Cette façon de procéder permet d'éviter la formation des crevasses, inllamniations, abcès du sein. (V. sein.) Il faut veiller à ce que les narines de l'enfant no soient pas obstruées par les parties molles ; si cela se produit, on les déprime avec le doigt. L'enfant doit teter toutes les deux heures. Pour la nuit, il faut, autant que possible, que le nourrisson reste cinq heures sans être allaité, ce qui permet à la mère de se reposer. Il suffit d'avoir do la persévérance pour arriver à ce résultat. La durée dos tetees est variable, de quinze à vingt minutes environ.

La femme qui allaite doit s'abstenir de certaines plantes • ail oignon, asperges, dont les principes odorants passent dans le lait. Elle doitmanger de la viande, des œufs, des farineux en purée, etc. La bière, le vin coupé d eau, sont les meilleures boissons; le lait est trop diurétique, il doit être pris en très petites quantités, ainsi que 1 alcool, qui donne à l'enfant de l'agitation et de l'iosoninie.

— IL Allaitement étranger. Quand la mère ne peut nourrir son enfant, l'allaitement par la nourrice s impose comme une nécessité. Pour faire perdre le lait à la nouvelle accouchée, il faut l'alimenter pendant quelques jours avec des bouillons et des potages, la purger et lui faire la compression des seins au moyen d'une épaisse couche de ouate et d'un bandage de corps. On peut appliquer matin et soir des cataplasmes sur la région mammaire. Des diurétiques comme la pervenche, le chiendent, rendent parfois quelques réels services. 'V. nourrice. .

— m. Allaitement artificiel. Cet allaitement se fait avec du lait d'animal : vache, chèvre, ânesse.

Le lait d'ànesse est celui qui se rapproche le plus de celui de la femme. Il a l'inconvénient de coiiter cher, de mani|uer presque totalement vers les derniers mois de l'année et de ne pouvoir être transporté. A l'hospice des Enfants- Assistés, les enfants syphilitiques tettent directement des ânesses; ces animaux sont rétractaires à la syphilis.

Le lait de chèvre est moins rare que celui d'ànesse, mais on ne peut également s'en procurer toute l'année ; c'est le moins digestible des trois qui sont employés. Il conviendrait plutôt aux enfants déjà un peu avancés en âge. L'allaitement peut se faire directement.

Le lait de la vache est le plus employé. Dans les premiers mois, on doit l'étendre d'eau (environ un tiers), et le sucrer. La composition du lait d'une même vache varie d'un jour à l'autre, et il pourrait y avoir avantage à employer le mélange du lait des vaches de la même étable.

L'usage du laft stérilisé donne une sécurité plus grande. Il se trouve dans de petits flacons de la contenance d'une tetée; on le réchauffe au bain-marie, et on le donne soit au moyen d'une timbale très propre, soit en adaptant au petit flacon une teterelle en caoutchouc que l'on place dans de l'eau boriquée quand elle ne sert pas.

Le lait cru serait, dit-on, plus digestible que le lait stérilisé; mais, pour l'employer, il faudrait connaître sa production et l'utiliser quelques heures après la traite.

La cuisson du lait ne parait pas atteindre le but poursuivi : la prophylaxie de la tuberculose. La simple ébullition à l'air libre ne permet pas de dépasser 85 degré.s centigrades et, à cette température, les bacilles de Koch sont indemnes. On peut recommander ce procédé quand on ignore les sources de production du lait.

On fait boire le lait à l'enfant avec la cuiller, la timbale ou le verre, le biberon ou le petit pot. Les deux premiers instruments ont l'avantage de pouvoir se nettoyer avec la plus grande facilité ; le professeur Tarnier leur donne la préférence pour les enfants qui n'ont pas été nourris au sein ; pour les autres, il vaut mieux le biberon, à la condition, toutefois, qu'il soit tenu dans un état de propreté parfaite. V. biberon.

— IV. Allaitement mixte. L'allaitement mixte est la combinaison de l'allaitement par la mère ou la nourrice avec l'allaitement artificiel, qui vient comme appoint combler les insuffisances de l'allaitement naturel.

ALLAITER (lat. allaetare, donner son lait)v. a. Nourrir do son lait: // faut ai.l.utkr les enftoits le plus long- ,<^ temps jiossihle. (Maquel.) '-

— Fig. Se dit en parlant de la nourriture de lame, de l'esprit, etc.: ia femme doit allaiter idme aussi bien que te corps de son enfant. (Th.

Perrin.)

Allamand (Jean-Nicolas-Sébastien), savant botaniste et physicien, né à Lausanne en 1713, mort à Leyde en 1787. Il fut pasteur protestant, puis professeur d'histoire naturelle à l'Université de cette dernière ville. Il exier le p' bouteille

) n. f. Genre de plantes,

de la famille des apocynées, tribu des carissées. Il renferme des arbrisseaux ou des sous-arbrisseaux do l'Amérique tropicale à tiges dressées ou grimpantes, à feuilles verticillées et à belles fleurs jaunes.

ALLA BOLITARE (de l'italien alla, à la, et militare, militaire) loc. adv. Mots qui, placés au commencement d un morceau do musique, indiquent qu'il faut donner au morceau le caractère des marches militaires.

AlUIN (David), peintre écossais, né en 1744 à Alloa, près d'Edimbourg, mort en 1796, se forma à l' Académie de Glasgow, puis alla à Rome, où il reçut la médaille d'or de l'Académie de .Saint-Luc pour son tableau l'Origine de la peinture. Il revint se fixer à Edimbourg, et y peignit des portraits et des scènes de genre qui le firent surnommer le Hogarth écossais. Son talent consiste surtout dans l'expression, dans l'humour et la bouffonnerie.

Allan (sir William), peintre d'histoire, né en 1782 à Edimbourg, mort directeur de l'Académie de cette ville en 1850. Il fit do nombreux voyages en Russie, en Turquie, en Grèce, en Italie, en Esp'agne, et en rapporta quantité de tableaux de genre. Il peignit aussi en Angleterre des sujets tirés de l'histoire de sa patrie.

Allan (Louise Despeéaux, dame), actrice française, née àMonsen 181(1, morte en 185C. Elle débuta toute jeune au Théâtre-Français, puis joua au Gymnase et, après un séjour à Saint-Pétersbourg, fit sa rentrée à la Comédie- Française (1847), où elle se montra comédienne de premier ordre. Elle possédait l'esprit la finesse, le vrai ton du inonde. Ses principales créations sont : M"" de Léry, du Caprice ; la comtesse de Clairmont, de Ladu Tartuffe ; la mère, de la Joie fait peur; la mère, de Par droit de conquête.

AlLANCHE, ch.-lieu de cant. (Cantal), arrond. et à 25 kilom. de Murât, sur l'Allanclie. affluent de l'Alagnon, au pied du mont Cézallier; 1.890 hab. Ruines du château de Maillargues ; patrie de l'archevêque de Malines Duf'our de Pradt. — Le cant. a 12 comm. et 8.918 hab.

AllANOE, comm. d'Espagne, prov. d'Oviedo ( Asturies) ; 8.120 hab.

ALLANIE ou ALLANIA (de Allan Cunningham, botaniste angl.) n. f. Genre de plantes de la famille des légumineuses, comprenant quatre ou cinq espèces, originaires de la Guyane et du Brésil. Syn. du genre aldine.

ALLANIQUE (rad. allantoine) adj. Se dit d'un acide dérivé de l'allantolne.

— Enctcl. ISacide allaniqne C'H'Az'O' paraît être un dérivé nitré de l'allantoïne. On l'obtient en traitant l'allanto'ine à froid par de l'acide azotique très chargé de vapeurs nitreuses; il cristallise avec une molécule d'eau, qu il perd aisément, se décompose à 210» sans fondre et sans dégager de vapeurs nitreuses. Il forme des sels qui cristallisent très facilement.

ALLANITE n. f. 'Variété brun rouge d'orthite découverte au Groenland.

Allan-KARDEC. Biogr. 'V. Kardec.

ALLANT, ANTE (rad. aller) adj. Qui va, vient, aime la marche, le mouvement : Une femme fort allante, il Qui a la force, la vigueur nécessaire pour aller : Les vieillards ne sont plus guère allants.

— Substantiv. Celui qui va.

(N' est usité que dans cette locution: Allants et venants.)

ALLANTE (du gr. allas, allantos , saucisse) n. m. Genre d'insectes hyménoptères térébrants, famille des tenthrédinidés, renfermant de movennes tenthrèdes de nos pays, à antennes en massue : allnnlns .scropliularis', etc.

ALLANTINÉS n . m. pi. Tribu d'insectes hyménoptères, famille drs tenilir.ilinidés, dont le genre allante est le type.

ALLANTOATE n. m. Nom générique des sels formés par laihle allaniuique.

ALLANTODIE </i — du gr. allas, nntos, saucisse, etcidos, fornio) n. 1. Geuve de fougères de la Nouvelle-Hollande.

ALLANTOÏDE (môme étymol. qu'à l'article précéd.) n. f. Une des membranes qui appartiennent au fœtus des mammifères, chez les ruminants ; elle a la forme d'un long boyau, d'où le nom d'allantoide.

— Adjectiv. : La résicule allantoi'de.

— Encycl. La vésicule allantoide naît par un bourgeon creux de la partie inférieure du tube intestinal. Elle se développe au moment où le pédicule de la vésicule ombilicale est déjà enserré par la cavité amniotique. Ce bourgeon, en se développant, prend place dans le pédicule de la vésicule ombilicale et se trouve divisé en deux parties : la portion située dans l'abdomen formera la vessie du fœtus, la seconde partie s'étale sur l'enveloppe extérieure de l'embryon, et donne l'allantoïdo proprement dite. L'allantoide, de cette façon, double la face externe de Vamnios et la face interne du chorion qui est pénétré par les villosités allantoïdiennes. Ce sont ces villosités qui sont le lieu des échanges entre le fœtus et le milieu environnant; elles constituent le placenta. La portion intermédiaire forme Vouraque ; il s'oblitère vers le quarantième jour et se transforme en un cordon fibreux. Les vaisseaux allantoldiens qui sont supportés par l'allantoïdo deviennent par la suite les vaisseaux ombilicaux ou placenfaii-es.L'allantoïde a servi comme caractère pour classer les vertébrés : ceux qui ont une allantoide sont les allantoidiens (mammifères, oiseaux et reptiles); ceux qui en sont dépourvus, les anallantoïdiens (batraciens, poissons).

ALLANTOÎDIEN, lENNE {di-in, en') adj. Qui appartient à l'allantoide. ou qui s'y rapporte : Le liquide allantoidien. Vaisseaux allantoîdiens.

— n. m. Un ALLANT0Ï0IEN.

ALLANTO'lNE (rad. allantoide) n. f. Substance qui existe toute formée dans la liqueur amniotique des vaches, où elle a été découverte par Vauquelin et Bussière.

— Encycl. h'allanto'ine est insipide, inodore et sans action sur les couleurs végétales. Elle cristallise en prismes incolores, très brillants. Elle est peu soluble dans l'eau froide, assez soluble dans l'eau bouillante. Traitée par l'acide azotique ou l'acide chlorhydrique, elle se dédouble en acide allanturique et en urée. L'allantoïne C'H'Az'O' a été obtenue artificiellement par l'oxydation

do l'acide urique à l'aide du peroxyde de plomb ou du permanganate de potassium :

C'H'Az'O" -l- H'O -t O = CO' + C'H'Az'O' acide ui-ique. allantoliie

Grimaux a effectué la synthèse de l'allantoïne (1877) en chauffant l'acide glyoxylique (C'IPO') et l'urée (COAz'H') au bain-marie. Une molécule d'acide glyoxylique s'unit à deux molécules d'urée, avec perte de deux molécules d'eau.

ALLANTOÏQUE adj. Qui se rapporte à l'allanto'ide (syn. de allantoidien). Il S'applique à un acide dérivé de 1 allantoine. Syn. (ancien) HVDANTO'iciUB. (Schlieper.) [Nom d'abord donné à l'allantoïne.)

— Encycl. Le sel de potassium de l'acide allantolque C'H'KAz'O' a été obtenu en dissolvant^ l'allantoïne dans la potasse en excès et en additionnant d'acide acétique et d'alcool la liqueur abandonnée pendant quelques jours, puis évaporant dans l'air soc. On attribue cet acide à la formule C'H-Az'O' ou CH(AzH-CO-AzH')'-CO'H.

ALLANTOPHORE (du gr. allas, allantos, saucisse, et pliorus. qui portée adj. Qui est muni d'organes ou appendicrs nyain la luni,.- d'un boyau. (Peu usité.)

ALLANTOXANIQUE (de allantoine, et oxygène) adj. Sedit d'un .-icide dont .m no connaît que les sels. Son sel do potassium C'H'.Vz'O'K sobtienten oxydant laméthylallaiitoïne par le permanganate de potassium en solution alcaline. ALLANTOTOXICON (kon' — du gr. allas, allantos, saucisse, et toxilton, poisonj n. m. Poison qui se déveloiq^o dans les viandes de charcuterie et dont la nature chimique est fort peu connue : il peut déterminer des accidents graves et même mortels.

ALLANTOXOlDINE (rad. allanloxanique) n. f. Corps qui se produit avec dégagement d'acide carbonique par la décomposition de l'acide allanloxanique en présence de l'eau chaude. L'action prolongée de l'eau bouillante décompose ce corps en hiuret et acide formique. L'allantoxoidine , soluble dans l'eau bouillante , cristallise avec une molécule d'eau.

ALLANTURIQUE (de allantoine, et urique) adj. Se dit d'un acide qui se forme par l'action de l'acide chlorbydrique sur l'allantoïne. Il se forme aussi en même temps que l'acide allaniqne dans l'action de l'acide nitrique sur 1 allantoine. Il est blanc, légèrement acide, déliquescent, presque insoluble dans l'alcool.

ALLA 0'rrAVA(de l'ital. alla, à la, et ottam, octave) loc. adv. Terme de musique qui indique qu'un passage doit être exécuté à l'octave au-dessus ou au-dessous.

ALLA PALESTRINA (de l'ital. alla, à la, et Palestrina, n. pr.) loc. adv. Se dit d un style de musique d'église traiié avec tant de perfection par le compositeur Palestrina que ses ouvrages sont restés les modèles du genre.

ALLA POLACCA (de l'ital. alUi. à la, et polacca, polonaise) loc. adv. T. de musique. A la polonaise, c'est-àdire en mesure ternaire modérée.

ALLAR (André-Josephl, sculpteur français, né à Toulon en ISID. Elève de Dantan, Guillaume et Cavelier, il remporta, en 1869, le grand prix de Rome. Une statue rii bronze, l'Enfant des Abru=:es, et un bas-relief, Hécubc n Polydore, d'un sentiment élevé, lui valurent, en 1873, une première médaille. Il a exposé depuis, outre des bustes : le Béve d'un poète, la Danse {lil5) ; la Tentation, groufe{li',6j: les Adieux d'Alceste (1879), groupe qui obtint la médaille d'honneur ; Thètis portant les armes d'Achille{liiî) ; Jeanne d'Arc écoutant les voix, groupe pour l'église de Domreniy (1891); le monument commémoratif de Nice (1896): b-^ statues de Jean Goujon et de Jean Bullant, à l'Hôtel a.- Ville de Paris. Cet artiste est, depuis 1891, professeur de modelage à l'Ecole des beaux-arts.

Allard (Mil'), danseuse française, née en 1738, morte en 1802. Elle obtint un très grand succès à l'Académie rovale de musique à Paris, et se lia intimement avec Véstris, dont elle eut un fils, Auguste Vestris, qui acquit, comme danseur, autant de renommée que son père.

Allard (Jean-François), général français, né à Saint Tropez (Var) en 1785, mort à Lahore en 1839. Aide .Ir camp du général Brune, il quitta la France à la Resiaii ration, devint généralissime des troupes du roi de Lalioir, les disciplina à l'européenne et leur donna le drapeau tricolore. Louis-Philippo le nomma son chargé d'afl'ain-s auprès du rajah.

Allard (Paul), magistrat et auteur d'importants travaux sur l'histoire du christianisme, érudit français, né .'i Rouen en 1841. On lui doit : les Esclaves chrétiens de/^in^ les premiers temps de l'Eglise jusqu'à la fin de la domination romaine en Occident (1876); Histoire des Persnutions pendant les deux premiers siècles(ltii); la Perséculiun de DiocUtien (1890); le Paganisme au milieu du iv sur le (1894); iAristoc7-atie chrétienne sous Constantin {lS9h), clr. Allarde (Pierre-Gilbert Leroi, baron d'), constituai! i et économiste français, né à Montluçon en 1749, mort ca 1809. Il s'occupa dans l'Assemblée constituante presqui' exclusivement de finances, des banques, dos assignats, des patentes, dont il fit adopter l'institution. En 1803, il fut nommé régisseur de l'octroi municipal de Paris.

AlLARIZ, ville d'Espagne, province d'Orense (Galice), au pied des pentes sept, de la sierra de Penagachc ; 9.115 hab. — Le district est peuplé de 34.000 hab.

AllaRT (Mary Gay, dame), femme de lettres française, née à Lyon vers 1750, morte en 1821. On lui dnit des traductions estimées de romans anglais : Eléonorr <lf Bosalba, d'Anne Radcliffe (Paris, 1797); Secrets de fanullr. de miss Peatt (1799). Un roman de sa composition, Alljertine de Sainte-Albe (Paris, 1818), eut du succès. — Sa fille, Hortense Allart,danie de Méritens, également femme de lettres française, née à Milan en 1801, morte en 1879, débuta par un roman : la Conjuration d'Amboisc (1821), puis publia des Lettres sur M"' de Slafl ^1824) et se rendit en Italie, où Gino Capponi l'engagea à s occuper d'études historiques. Elle épousa, à quarante-deux ans, Louis DE MÉRITENS. Ses principaux ouvrages sont : Sextus ou leJiomnindesMaremmes{lS32); Settima l\i36); Histoire de la république de Florence (1837-1843) ; Essai sur l'histoire politique depuis l'invasion des barbares jusqu'en 1848 (1857); iVoiium Organum oa Sainteté philosophique [lies): Histoire de la république d'Athènes (1866), etc. Dans les dernières années de sa vie. M'"" Allart publia, sous le pseudonyme

,i„ Moo Prudence de Saman ou de Saman TEsbatz,

Mois volmnes (|ui oureiit un siiccùs «lo curiositô : les Enihxntements de Prudence (I87i^; les xVouvcauœ Enchanteun-i\t» (1873), et les Derniers Enchantements (187-0. Co sont ili's sortes do mémoires, où l'autour raconte en partie sa VI.' ; on y trouve de piquants détails sur ses relations avec l..iiii.'iiiiais, Bérangcr, Libri, Sainto-Bouvo, et surtout sur 1 aiii'jur nuolle inspira à Chateaubriand.

Allas, détroit du grand Archipel asiatique (Ilos do la s.fnilt-j, auoimé Gilleesee parles indigènes, compris entre la cùte O. de Sumbava et la côte L. do Lombok; il est l'>n^' do 83 kilom. et largo do 15 k 17 kilom. dans les parii<-^ les plus étroites. C'est un passage facile pour les u;n iios oniro l'océan Indien et la mor do Java.

AllassaC, comm. do Franco (Corrèzo), arrond. et ù. 1. Lilntii. lie Brivo; i.sio hab. Co fut au moyen âge une M i:^iiiuri<i possédée par les évoques do Limoges, puis par

Allassbur (Jean-Julos), sculpteur, né à Paris on 1818. i:ifvn •U- David d'Angers, il exposa un Moïse saui^é des r,n,j' (181IÎ, marbro 1859, réduction 1875); Hotroa (18Gi>), i:iiuo en bronze pour la ville de Dreux ; Saint Joseph (18G7), laïue on pierre pour l'ègliso Suint-ICtionne-du-Mont; II- biistn à'Edmnnd Aboiit (1877). On lui doit plusieurs staiii''^ '-i 'li-s ML-iiros allégoriques pour les monuments lMi),li,s : .\/;'f,.,-hr. la Sculpture, la Pêche fluviale (1857), siaiii^'s eu pirin-, la Pensf'e, Adonis (186»), statues en pu'iTo puur le Louvre; Saint Charles liorromèc, à Saint- Va lenne-du-Mont (1868) ; Hameau, à l'Opéra do Paris (1873); Ih.bert Estienne, à l'Hôtel do Ville do Paris (1881); des iiL,'iires allégoriques et les bustes do Molière, Corneille, ISnitddieu, Auher, au théâtre do Cherbourg, etc.

ALLA TURCA (de l'ital. alla, à la, et lurca, tunpie) loc. A'\\-. T. de mus. A la turque : Marche alla turca.

Allauch, comm. do Franco (Bouchos-du-Rliône), arloihl .T a y kilom. do Marseille; 3,220 hab. Les Grecs y l-Mi'Irrriii. croit-on, leur première colonie dans la Gaule. Aux in\iruiis, dans le bois de Pichaury, ruines do l'an- 11. -11 chàtt'au de Ners.

ALLA zqPPA (de l'ital. alla, à la, et zoppa, boiteuse)

>ique qui mdi- r-y i ^ i r ^ "^ ^

10 un mouve-

cnt syncopant

lire deux temps sans syncoper "^"'

■ litre deux mesures, co qui donne aux notes une marche iingale, comme boiteuse.

Allé, rivière d'Allemagne (Prusse orient.), affluent Lau'jhe du Pregel. Elle reçoit los émissaires d'un grand iioiulire do petits lacs du pays et passe à Friedland. i uiirs ; 200 kilom.

ALLEBOTE n. f. Grappillons de raisin que les vendanf.'iMirs laissent par mégardo dans les vignes. (Terme pol'iilairt-, duut dérivent alleboter. Cueillir des aJlebotos, et 'iltfbo/ear, euse. Celui, colle qui cueille des allebotes.)

ALLÉCHANT, ANTE adj. Attrayant, séduisant: Propos/don ALLÉCHANTE.

ALLÈCHEMENT n. m. Ce qui plaît, flatte (le goût surtmn) et attire : Etre sensible aux ALLkcHEMENTS des tons plal..

— Fig. Attrait, appât, amorce : Les alléchements de la l'fliipié. fjuel allèchemi;nt que de mettre d'accord la beauté murale et la beauté physique! (Baiz.)

— B.-arts. Se dit du travail fait en dernier lieu pour oîitenir la netteté, la beauté achevée d'une œuvre de gravure ou de sculpture : /^'allèchemivNT d'une statue.

ALLÉCHER v. a. (de o, et lécher; ou plutôt du lat. allecl'ijv. lïi'i|uontatif do allicere, attirer. — L'i! fermé du rad. sr I liaii:;o eue ouvert devant un e muet: J'allèche, tu aliê- » /;, s , ex, ,'pté au fut. et au condit-, où l'Acad. maintient I ■• iniiic : J'allécherai. Il allécherait). Attirer, séduire en il.iiiaat !e j^oùt, l'odorat, etc. : On allèche les souris avec dn lard et des noix.

— Fig. Attirer par l'espérance, par le plaisir :

! que je prêche

ue la Bourse allèche.

PO.NSARD.

— Syn. Allécher, attirer. Attirer s'emploie toutes les ('■is fju'il s'agit d'une action générale qui ne suppose pas un désir plus vif dans un individu que dans un autre, et allécher, quand il s'agit d'un individu auquel on suppose une grande ardeur vers l'objet.

Allectus, usurpateur qui prit la pourpre dans la l'i^thii' liii-tagne, après avoir assassiné Carausius (2y4 '!'■ ■' ' ' .\ttaquc par Constance Chlore, il fut vaincu et

ALLÉE {rad. aller) n. f. Trajet. Ne s'emploie guère i|uV'n opposition à l'eniic ou à re(our. Ou dit l'allée et le rrtuur, ou mieu.Y l'aller et le retour.

— Allées et venues, Action d'aller et de venir plusieurs i'H-i, et particul les pas et les démarches que l'on fait I ui une atiaire II Tig Tergiversations

ALLEE n f Pjssa,.e flus lon^ , I-ir r- friiique IL deu\ murs, et qui cou il ' ' llnti- .^^^

il Lin ("^^fr^g

Allées Nom donne a des rangeas de pierres on do hgures «rulptées sphinx ou autres, disposées eu allées et pre

cédant certains temples do l'Egypte antique ou do Modo. On donno lo nom d'allées couvertes & des dolmens do grande étendue, rangés pour former couloir.

ALLÉGATION {si — rad. aUéf/ucr) n. f. Passage d'un bon auttMir, fuit important, etc., que l'on invoque pour prouver quoiquo chose. (Vieux.) il Proposition qu'on met en avant, atllrmation : Le devoir du tribunal est de vérifier, avant tout, les allégations des requérants. (Balz.)

ALLÈGE (rad. alUgcr) n. f. Baloau plat servant, dans los rades ou les ports, à décharger en partie un bàtiraeni pour réduire son tirant d'eau ou ù amener ù. bord des marchandises ou dos objets d'armement.

— Archit. Mur d'appui d'iino fenêtre, moins épais que l'embrasure.

— Ch. do for. Chariot d'approvisionnement, directement attelé à la locomotive et (|ui porte l'eau et le charbon, il On dit plus généralement TEiNDER.

ALLÉGEABLE adj. Qui est susreptiblo d'être allégé, au prop.

et au lig. : Douleur allégeaule.

ALLÉGEAGE n. m. Action d'alléger : ^'allègeage d'un Jiavire.

ALLÉGEANCE (rad. n/%er) n.f.

Diminution du jioids d'un far- ■ lean. (Inusité au prop.) AUège (archit).

— Kig. Adoucissement, consolation, soulagement : Le temps il mes douleurs promet quelque allégeance.

Malueede.

— Syn. Allégeance, allégement. /IHiV/ennce indique l'aclion d'alli'<grr ; alléijenient, le résultat de cette action.

ALLÉGEANCE (même étymol. nu'à l'article précéd.)n.f. Obligations du sujet à l'égard du souverain, en Anglelerro.

— Encvi L. Au moyen âge, les sujets qui n'étaient pas liés au roi par la vassalité "étaient par {'allégeance. Le roi pouvant exiger un serment d'allégeance ; la prestation de ce serment devint obligatoire dès la fin du xii' siècle, et 5a formule devint de plus en plus rigoureuse et compliqué© sous le coup des événements politiques. Aujourd'hui encore, le serment d'allégeance est prêté par la magistrature et les membres des corps élus.

ALLÉGEAS ijâss) n. m. Etoffe de coton et do lin qui se fabrique aux Indes orientales.

ALLÉGEMENT (rad. alléger) n. m. Diminution d'un poids supporté : Donner de ('allégement o un plancher, à un bateau.

— Par ext. : /.'allégement des impôts.

— Fig. Soulagement, adoucissement, consolation.

— En T. do grav. Action de la main qui forme des tailles ou des hachures en appuyant moins avec le burin dans la confection des secondes.

— Syn. Allégement, allégeance. V. allégeance.

ALLÉGER V. a. (lat. allevare; formé de ad, à, et levis. léger. — Prend un e muet après le g devant les voyelles a et o ; // allégea. .Vous allégeons. Vous allégeâtes. Lé fermé qui précède le g se change en è ouvert quand le g est suivi d'une syllabe muette : J'allège, il atlér/e (sauf au futur et au conditiocjiel ; J'allégerai. Nous allégerions). Partout ailleurs, il conserve Ye fermé : Nous allégeons. Vous allégiez, etc.). Rendre plus léger : Alléger la charge d'un portefaix, d'une bête de somme.

, — Par ext. Rendre moins onéreux : Le contribuable s'attache aisément à qui promet ^'alléger ses charges, n On dit de mémo : Alléger les contribuables, Diminuer les impôts qui pèsent sur eux.

— Fig. Calmer l'inquiétude, adoucir l'ennui, le chagrin, etc. : La résignation allège l'infortune. (Bonnin.)

— Grav. Alléger la main. Conduire le burin légèrement avec la main, de façon à faire des traits de hachure moins prononcés que dans les tailles.

— Manèg. Alléger un cheval. Le rendre plus léger sur le devant ou sur lo derrière, en portant le poids du corps <Mi arrière ou en avant, n Dans ce sens, on dit aussi alle- GÉRIR, allégir.

— Mar. Diminuer la tension des cordages afin do faciliter leur glissement dans les poulies. (On dit aussi affaler.) Il Alléger un navire. Le rendre plus léger, en lo débarrassant d'une partie de son chargement.

— Techn. Rendre une pièce do bois ou do métal plus légère, plus mince, par le rabot, lo tour ou la lime.

S'alléger, v pr. Etre allégé, au prop. et au fig.

— Syn. Alléger, soulager. Alléger signifie Diminuer lo poids d'un fardeau, d'une souil'rance, en quantité pour ainsi dire déterminée et avec un effet localisé. .Soulager implique une action plus vague, dont l'effet peut s'étendre â toute la chose ou la personne allégée.

— Anton. Alourdir, appesantir, charger, grever, lester, surcharger.

ALLÉGÉRIR (rad. alléger) v. a. Syn. de alléger, en

AllÉGHANY, ville des Etats-Unis, sur la rive dr. de rohio, en face de Pittsburg, dans l'Etat do Pensylvanie ; 105.300 hab. Elle donno son nom à un comté peuplé do i52.000 hab.

— BiBLioGR. : Guyot, On the Appatachian mounlains sijslem (New- York, 1861); Credner, die Geognosic und der .Mineralrcichthum des Allegangsijstems (Pet. Mitt., 1S71, n" 2); Zoigler et Grosscup, the Heart of the Alleqanies

Ualeigh, 1883).

AllÉGHANYS (sionts), important système montagneux Je r.\mérique du Nord (longueur, 2.000 kilom. environ), appelés aussi monts Apalaches, parallèles à la cote orienlalo du continent, s étendant depuis l'embouchure du Saint-Laurent jusqu'à colle de l'Alabama et séparant les faux des tributaires de l'océan Atlantique do ceux du .Mississipi. Comme lo Jura, auquel ils ressemblent étonnamment, les AUéghanvs sont composés de plusieurs chaînes courant parallèîlement du S.-O. au N.-È., puis (au N. de Ne\v-\ork) du S. au N,, sur un plateau qui en forme le soubassement. La plus importante, la plus orientale, est celle des montagnes Bleues {Dlue Ridge) qui

ALLAS — ALLÉ(i(>|{IE

possède lo point lo plus élevé (Dtack Dôme, 2.044 mètres).

-- E.NCYCL. On donne plus particulièrement lo nom à'AU leghaniis à la partie méridionale du système, la plu» haute, entre les sources do l'Alabama et la Susquchannah. Plu» au N., on no remarque plus que des hauteurs .sans imnortanco jusqu'i l'Iludson. au delà duquel se développent les chaînes Acadiennes et des Adirondacks.

Le» différentes parties des AUéghanya laissent entra elles do riantes vallées plus ou moins profondes; on y trouve du for, du plomb, do l'or en assez grande quantité, du bitume, do I anthracite, des salines en abondance mais

r. ; m""?' '" '■"^hesso minérale la plu» importante.

Des Alleghanys proprement dits sort la rivière AIWgiiantj, la principale .source do lohio, qui arrose uo territoire contenant plus de 25.000 puits de pétrole.

Une peuidado indienne, aujourd'hui disparue, qui habita d.ibor<f la vallée supérieure do lOhio, nuis la bxsso vallée du Mississrpi, a porié le nom d'/l/fr«Ann«,. C'est la tribu américaine sur laquelle on ait les renseignements les plus anciens. V. Amérikue, Etats-Unis.

ALLÉGIR frad. léqer) V. a. Xlan. et techn. V. allégée.

— .Syn. Allégir, aiguiser, amenuiser. V. aiguiseb. ALLÉGISSEMENT n. m. Action d'alléger le train do

devant ou celui do derrière des animaux : Z,'allégisse- MKNT (fc lavant-mam du bœuf contriljuerail à le rendre plus fort.

ALLÉGORIE (du gr. altos, antre, et agorein, représenter) n. i;. l'iguro du discours qui présente à l'esprit un sens littoral, mais dans lo but do fixer l'attention sur un autre sons qui n est pas exprimé : Les épopées d'Uomère abondent

en ALLEGORIES.

— En poésie, on a personnifié l'allégorie :

VAlUnorie habite un palais diaphane.

LeuiEEeE.

— Petit poème dont le fond est une fiction allégorique : Les apologues et tes paraboles sont des allégories.

— Peint et sculpt. Composition d'un artiste représentant une idée abstraite au moyen de figures cho&ies et disposées pour faire comprendre cette idée : C'est une allégorie que ce fameux tableau de Prudhon, la Justice et la Vengeance poursuivant le crime.

— Encycl. De l'allégorie en général. L'allégorie est fréquente dans tous les genres de littérature.

En voici un bel exemple, tiré de Borne sauvée, tragédie de Voltaire. Catdina dit, en parlant de Cicéron, qui dirige les affaires de la République et qui soupçonne sa conspiration : '^ Sur le vaisseau nublic ce pilote éjraré Présente ù tous les «ents un Haoc mal assuré; Il s agite au hasard, a l'orage il s'apprête, Sans savoir seulement d'où viendra la tempête. Il n'y a pas, dans ces quatre vers, une seule expression qui ne soit employée dans un sens détourné. Le vaisseau, c'est la république ; le pilote, c'est Cicéron ; les vents sont les ennemis de l'Etat; la tempête, c'est la conjuration.

En poésie, le mot allégorie s'applique plus particulièrement aux fictions où des êtres moraux sont personnifiés, quelle que soit l'étendue de ces fictions. Ces allégories prennent ordinairement le nom d'allégories de composition; telles sont la Ceinture de Vénus et les Prières dans l'Iliade, la Renommée dans l'Enéide, Béatrix dans la Divine Comédie, la Mollesse dans le Lutrin, l'Envie dans la Henriade. La parabole et l'apologue ne sont autre chose que des allégories de composition.

Mais l'allégorie n'est pas uniquement une figure de rhétorique. Il faut la considérer aussi comme mode général d'expression. A ce titre, l'allégorie se rencontre surtout chez les peuples primitifs, pour lesquels les images remplacent les idées abstraites, et chez les Orientaux qui trouvent en ces fictions un moyen d'exprimer leurs pensées contrariées par le despotisme.

L'allégorie joue aussi un grand rôle dans les Ecritures et dans leur interprétation par les théologiens.

L'allégorie peut encore faire partie du langage d'action : c'est une allégorie que l'acte de Tarquin le Superbe, abattant en présence de son fils les têtes des pavots les plus élevés, pour lui indiquer qu'il faut frapper les principaux citoyens de Gabies.

On trouve enfin l'allégorie dans un grand nombre do proverbes populaires : Petite pluie abat grand vent; Mettre de l'eau dans son vin ; Pécher en eau trouble, etc.

— L'allégorie dans les œuvres d'art. Dans les beauiarts, comme dans la littérature, l'allégorio est une espèce do fiction dont l'artifice consiste à présenter un objet à l'esprit de manière à lui donner l'idée d'un autre. C'est dire tout ce que cette fiction a d'ingénieux et de dangereux à la fois : d'ingénieux, car l'art "se raffine ou s'élèvo au moyen des sous-cntendus; de dangerou.x, car il tombe vite par là dans le convenu et le compassé. — L'art antique, où l'allégorie se mêlait naturellement à la religion et à presque toute la Fable, n'a pas connu les dangers do l'allégorie, aux belles époques de l'art. Ceux-ci datent de sa décadence. Mais c'est sur cette décadence, par malheur, que l'art moderne, dès la Renaissance, s'est le plus souvent guidé. Par là, ce qui n'était que banal dans fantiquité est facilement devenu chez nous insupportable. Et pourtant, l'art ne saurait se passer do l'allégorie, il no s'en est jamais complètement passé. Certaines pensées, certaines louanges, certains faits historiques, certaines glorifications ont besoin du langage allégorique. De très grands artistes, un Rubens, un Durer, n'ont pu révéler toute leur puissance d'imagination que grâce à l'allégorie. Michel-Ange, Raphaël, Mantegna. Poussin, dans cette voie, sont les maîtres, mais des maîtres difficilement imitables, et plutôt faits pour décourager.

C'est l'art antique et l'art moderne qu'il faudrait en grande partie résumer, si l'on voulait énumérer les allégories communément employées par les artistes. Nous n'en citerons ici que quelques spécimens ; Psyché, le Pressoir divin (Catacombes), la Danse des morts, les Apothéoses do tout genre : les Victoires de Louis Xrv par Lebrun à Versailles, te Crime poursuivi par ta Justice et la Vengeance, de Prudhon ; le Chant du Départ, de Rude, etc. — Dans ces dernières années, l'allégorie s'est modernisée et s'est faite volontiers réaliste. Par là elle s'est momentanément rajeunie. Mais les modes vieillissent vite, et ]ieut-êire plus dans l'allégorie qu'ailleurs. C'est là son grand défaut, inhérent à sa nature même.

— Syn. Allégorie, apologue, parabole. L'allégorie est une fiction qui présente uno chose pour une autre. L'apo-

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