‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 193 sur 828 · ARMEE PRUSSIENNE · texte numérisé non relu

ARMEE PRUSSIENNE

. Armes de l'empin^ allemand. — 2. Armes impériales. — 3. Cocarde militaire. — l. Pavillo militaire. — 5. Pavillon impérial - 6. Pavillon du commerce. — ï, Pavilloo des pays de protectorat. — 8. Fa ' ■■■■-^-- ^ r.,.^..-- j . :

litaire — 9. Pavillon de la i

'^yei-j.f, , ^-e-x^einouf':

Tuutos cos rivières coramuni((Uont oiuro ollos par uno dépression naturelle ot liquide (|in unit la N»>izo à I'IOUjo par la basse Wartha, la Spréo et la Ihiv I i ■ i"- hsposi-

lion a facilité l'ôtablissomont do hmimIi. l v, (|ui

forment uno route ininterrompue do H i i ■ :: ■> l'uit/.i^'.

Quant au Danube, d'abord petit cour., l ( .m uu ni.inioiii do la jonction des doux ruisseaux la Uroyacli ot la lirf^go, il forme un système ou auclquo sorte extra-allemand. Ce flouvo, né dans la For6t Noire, entraîne vers la mor Noire de nomlii-euses rivières alpestres, à droite l'Iller, le I^ccb, risar ot 1 Iiiii .[111 ouvrent dos voies d'accès vers le S. ; à

Sauolio, lAIkiniilil, le Naab ot la Regen, qui conduisent erinif-riour do 1 Allemagne sur les bords du Danube. — Cotes. I/Alloniagno est baignée par doux mers : la mer du Nord (lui est une mer ouverte, ot la Baltique, mer formée. Los cotes de la première sont marécageuses ot si basses qu'il a fallu les défendre par dos diguos. Elles présentent lo mémo aspect que les polders do la Hollande ou les moôrs flamands. Co no sont que pâturages, moulins, et canaux d'irrigation. Toute celle cote a été constamment romaniéo par los oauv. ot los ilos (|ui la ialonnent sont los rosi.- .1 m. ;n„',n,, yi^r^.-^ ..u,H,r.l Ihm .-n^IouM. Profonilénioiii .Mii:ini-.' y.yv \r ■.-..l.' -l'i li.JhiM, .l'Hii l'origino est vraisr,iiKl;iM.'iiioiii 1,1 iM. iiK' .\u-- > <|lo .lu Zuyderzée, lacul.o. iioii'laiiL mmlquo^ kiluimuro.s rortili^'ue, se creuse de nouveau avec la baio do Jade et dans l'estuaire de la Woser avec los norts de Brème ot do Bromorhafon. L'estuaire do l'Kllio, jdus profond que celui do laWeser, ouvre uno largo route vers Hambourg, ot l'îlo d'IIéligoland, que la vague dévore lentement, a perdu son importance depuis que l'Allemagne l'a rachetée à l'Angleterre. Analogues, c'est-à-dire basses et marécageuses, péniblement défendues contre les invasions de la mer. battues 6ar los vents violents sont les cotes du Sloswi^-Holstein. 0 nombreuses ilos, <iont la i>rinoipalo est lile do Sylt, forment on avant comme une secundo ligne de cotes.

Les rivages qui longent la mer Baltique sont plus formes et plus résistants. Do nombreux fjords v créent des abris sûrs. Pendant que l'île d'Alsen porte la forteresse de Sondorburg, la rado de Kicl s'ouvre maintenant à l'entrée du canal au(|Uol elle a donné son nom et qui met on communication les deux mers à travers toute la péninsule du Jutland. Au fond de la baie de Noustadt s'abrite la villo de Lubeck, puis recommencent, avec le Mecklembourg et la Pomoranie, les côtes marécageuses et basson plates et sablonneuses. Ses trois golies ou Âa/'e» (Pommersches Haff, Frische HalT.et Kurisches HafiT) BODt sépares dy la mer i)ar d'étroites flèches de sable ou nehrungen. Au large, les îles de Rugen, d'Usedom et do "Wollin jalonnent la ligne de l'ancien continent.

— Flore. D'une manière générale, l'Allemagne fait partie de la région des forêts boréales de l'ancien continent; c'est-à-dire qu'elle contient des forêts formées par quel-

3ues espèces végétales représentées par de nomeroux inividus. Elle est subdivisée par Drvide en plusieurs zones distinctes. La zone baltiqne, comprenant la grande plaine de l'Allemagne du Nord (c'est-à-dire tout le littoral do la mer Baltique et de la mer du Nord, la Pologne, la Silésic et la Saxe, se relevant autour du Harz et contournant au N. le massif ardoisier rhénan) est la plus septentrionale. Ses types caractéristiques sont des arbres feuillus perdant pour la plupart leurs fouilles on hiver: hêtres, chênesrouvres, ormes, érables, frênes, tilleuls, auxquels se mélangent le sapin et quelques types végétaux {houx, buis, lierre), qui se retrouvent dans la flore méditerranéenne. Les bruyères, les callunos et les fougères sont encore des plantes caractéristiques de la zone baltique. Plus au S. s'étend la zone dos collines et des montagnes de l'Europe moyenne. On y distinguo deux zones secondaires : l'une comprenant les forêts où dominent los arbres feuillus et des arbustes comme la clématite des haies, le sureau yèble, etc.; l'autre possédant des conifères (pin sylvestre, picéa, sapins), avec quelques types feuillus; mais les altitudes n'y sont pas assez considérables pour qu'on y rencontre les types do la flore alpine et arcto-alpîne.

— Faune. La faune de l'Europe moyenne est très pauvre, et en grande partie l'œuvre de l'homme a substitué les animaux domestiques aux animaux sauvages. Le bison d'Europe, rantilope saïga n'y existent plus ; l'élan n'y subsiste que dans la Prusse orientale, près do Tilsitt, dans la forêt u'Ibenhorst, où il est protégé par des lois spéciales. Le sanglier, le cerf, le chevreuil, le loup, le renard, lo blaireau, la fouine, la loutre, le chat sauvage, l'écureuil, le hérisson, la taupe, des rongeurs tels que les hamsters, qui exécutent dos migrations, dos coqs do bruyère ou tétras, voilà, avec la couleuvre et la vipère, les animaux sauvages les plus communs de l'Allemagne. Quant aux animaux domestiques de races perfectionnées (bœufs, chevaux, moutons, porcs), ils y sont très nombreux.

— Ethnol. V. Allemand.

— BiuLioGR. : Richter, Bibliotheca geographica Germanise {Leipzig, 1896); Lepsius, Géologie von Deutschland (Stuttgard, 1889); Daniel, Deutschland nack seinen pfn/êischen und politischen Verhàllnissen geschildert (Leipzig, 1893-94); Penck, das Deutsche Heich (Leipzig, 1887); E. Reclus, l'Europe centrale (Paris, 1878); Niox, Allemagne, Hollande et Danemark (Paris, 1885); Bureaux topographiques de Prusse, Bavière, Saxe, etc., Karte des Deutschen lieichs; Vogcl, Karle des Dentschen ficic/ix (Gotha, 1891-1893); Pescliel et Andrée, Pfuisikalisch-statistiche*' Atlas des Deutschen livichs (Leipzig. 18781; Ravpnstein, Atlas des Deutschen Iteichs (Lei|)ziu, 1884).

— IL GÉOGRAPHIE POLITIQUE. L 'Allomaunô est un Etat fédératif constitutionnel depuis le is janvier 1S71. Lo souverain en est l'empereur allemand, titre qui appartient héréditairement au roi de Prusse.(Voir, plus lias, drùit public.) L'empire se compose de quatre royaumes : Prusse. Bavioi-o S:»vi'.>) Wiirioraberg; de six grands duchés: Bade,

HesM' MM, 1,1 ,'■, Mecklembourg-Schwcrin, Mecklem-

Doiii ^axe-Weimar; de cinq duchés : Bruns-

■"' ' Saxe-AItonbourg, Saxe-Cobourg-

-Sondersl>ranche aînée), [•\}Q et Lippe; lourg, et d'une réunis ont uno

et-Uuti,a, Aohalt . do sopt pr hauson,.Scliw.-Rudolstadt,\\ .1 Reuss (branche cadette), s, de trois villes libres: Lubeok.

terre d'Empire : Alsace-Lorra

population totale de 52.250.894 hab. {Allemands.)

Cette population au^rmente rapidement, bien que l'émigration soit considérable, surtout vers les Etats-Unis. Les trois cinquièmesdes populations allemandes appartiennent * '" religion protestante; lo tiers à la religion catholique, iltes ne comptent guôro que 750.000 adeptes,

Les autres <

pour la plupart juifs. Les catholiques sont surtout nomhroux dans les Etats do 1 Allemagne du Sud ot paniculioremont en Bavière, La capitale do l'empiro allemand est lierlin; les principales villes, d'anrès l'importance do leur population, sont : Hambourg, Munich, Leipzig, Breslau, Dresde ot Cologne. Le commerce et l'industrio de l'Allemagne ayant pris des développements considérables dcnuis 1870, il s'est produit uii déplacement do la population dos campagnes vers les villes. Aussi los villes, et c'est un phénomôno commun à tous les Etats européens, ont-elles rapidement accru leur population.

Lo budget do l'empire s'élève environ à la somme do 1.250.000.000 do marcs (le marc vaut l fr. 25 c), dont uno partie est consacrée au payement de la dette publique qui s'élève à plus de 2.231.000.000 do marcs. Sur lo reste est prélevé un fonds inaliénable do 120 millions de marcs destiné au trésor do gnorro. L'empereur gouverne, assisté <i iiii .1.11 . il 1, miiii Mrs i]i,rit, lo président ost le chan- ■ li'i i I, ; I ''■>ioral(Wi(n(/c5ï'a//i) composé

; . [I I I I la Chambre des députés ou

K'i. h II l'i If' ' . il [Mités élus pour cinq ans au

siilfraL''- uiM\. rsol. ( iia.|iio lùat a d'autre part conservé sa constitutiMu, son i:Muvoriioniont, son administration.

— Jjistrnrtiou iiiihliifii,-. L iii-.truction primaire ost depuis longteiii]!'^ <iblt'-';t'oin- ^.llls iM-ino d'amende ot de prison :

aussi n l'M ,!!■ i il | lu-' pas do conscrits illettrés.

L'Instrririioii |M ..ii I' I iMo très oncouragée.et l'en-

seignemi ni sr.ui, ,tii> . i .Immiiô dans los écoles réaies et les gyiniiaso,-,. vuaiu a I . u.soignemont supérieur, il ost professe dans los universités dont les plus célèbres sont celles do Halle, Leipzig, léna, Munich et Bonn. Les professeurs allemands ont plus fait pour l'unité nationale mio los armes et la diplomatie. Ce sont eux qui ont incarné 1 unité allemande dans la n Germania » et, suivant le mot du ministre Sharnhorst, " l'université do Berlin a été la garde d'honneur de la maison des Hohonzollcrn ».

— IILGeographie ÉCONOMIQUE. AçncK/Zure. L'Allemagne n'est pas, à vrai dire, un pays agricole, parce que le sol est pauvre et que la main-d œuvre agricole fait généralement défaut. Ce n'est qu'à force de patience, de volonté, grâce à des irrigations nombreuses, à des engrais chimiques, que les sables du Brandebourg ou les marais du Mecklembourg ont été transformés peu à peu en terres cultivables. Aujourd'hui, les 9/10 du sol sont utilisés. Mais les cultures sont celles des pays pauvres. Le blé est rare et n'estguère cultivé que dans la vallée du Rhin. Au contraire, l'avoine, le seigle et l'orgo sont des cultures très répandues ainsi que celle de la pomme de terre. Les pâturages sont très étendus ot nourrissent de nombreux troupeaux. Toutefois, les cultures empiètent chaque année sur l'espace autrofuis oousaoro aux pâturages. On remarquera d'aillem--- .|iir r;o- n-'uli iii'.\ m AH''ni:iL:iio. est surtout industriolh . ,, viute que la culture ou lélivi ' H,,;,, .: . I. : : : MIO. C'ost ainsi que l'orge osi m :!;^r.' |:m;;; 1 I I i! I i, i; :>.ii il- labièro, beaucoup plus que pour la cunsoninialii'n ; quo la betterave couvre plus de 500.000 hectares; que les moutons fournissent une laine dont la production annuelle s'élève à 400.000 quintaux métriques : que les jambons do Mayence sont connus do toute l'Europe, etc. En résumé, on évalue à 5 milliards de francs la valeur totale des chevaux, du bétail et des animaux domestiques do l'empire allemand, et à 7 milliards au moins la valeur des propriétés grandes ou petites.

— Industrie et Commerce. L'empire allemand est essentiellement un pays d'industrie, qui occupe en Europe le deuxième rang, immédiatement après l'Angleterre, pour l'exploitation et la transformation des richesses du soussol. U est, sans contredit, admirablement favorisé, puis-

3u'il possède en abondance la houille, » ce pain de l'inustrie moderne » et, à côté de ces gisements, les mines dont le fer ost ainsi transformé sans q^ue les frais de transport en augmentent le prix do revient. Autour de ces réservoirs se sont créés les foyers très importants de Barmen, d'Elberfeld, d'Essen, où l'acier, la fonte, le fer, sont travaillés par des milliers d'ouvriers. LaWestphalie, la Saxe et la Silésio constituent trois centres considérables pour les travaux métallurgiques. Les chantiers de constructions navales de Brème, de Stettin et de Dantzig luttent victorieusement contre ceux do Liverpool ot de la Méditerranée. Il en est de même pour l'industrie des machines. Les aciéries de Robe Erdo, près d'Aix-la-Chapelle, produisent la plus grande quantité d'acier du monde entier. L'organisation de l'enseignement technique a permis de même à l'Allemagne de prendre une place prépondérante dans les industries relevant de la chimie. La fabrication de la porcelaine est des plus prospères, et l'industrie des cotonnades se développe chaque année. Enfin, l'Allemagne semble vouloir monopoliser la filature du jute qui, pendant longtemps, avait été une industrie purement fran- (;aise. L'exportation allemande a dépassé l'exportation française.

— Voies de coynmunicalion. Cet immense mouveraont do marchandises est facilité par un superbe réseau de canaux et de voies ferrées. L'Allemagne possède 25.300 kilom. do voies navigables (rivières et canaux). Le canal Ludwig (175 kilom.) relie le Rhin au Danube; lo canal do Finow et celui de Frédéric-Guillaume unissent l'Elbe à l'Oder par la Havel et la Sprée ; lo canal do Bromberg, l'Oder à laVistule par laAVanha et la Netze. Le nouveau canal de Kiel permet aux navires de commerce et do guerre do passer de la mer du Nord à la Baltitiue. Les chemins do fer sont au moins aussi développés. U y a plus do 47.000 kilom. de voies en exploitation. Ces lignes conduisent directement aux ports marchands, que dessort uno flotte marchande de 3.700 navires. En résumé, l'Allemagne s'est développée dans de telles proportions depuis 1870. que son industrie et son commerce sont une menace permanente pour le reste de l'Europe.

— BiDMOGR. Outre un certain nombro des ouvrages déjà cités, v. A. Legoyt, Forces naturelles de l'empire d'Allemagne (Paris, 1878); Ch. Grad, le Peuple allemand, ses forces et 5e5 ressources (Paris, 1888); M. Schwob, le Péril allemand (Paris, 1896).

— Colonisation. La colonisation prussienne remonte au XVII» siècle. Dès cette époque, en effet, la Prusse a eu des princes qui se sont surtout occupés de la colonisation intérieure du pays, mais parfois aussi d'entreprises exotiques. Lo Grand' Electeur, puis les rois Frédéric l", Frédéric-Guillaume I", Frédéric II, pour peupler leurs domaines insuffisamment habités et exploités, ont donné asile à près de 400. ooo immigrants (huguenots français, sociniens, Salzbourgcois), quittant lo plus souvent leur

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pays natal pour fuir la persécution religieuse, cl en ont établi la plus grande partie dans les campagnes Icsmoini populeuses do la Prusso orientale. C'ciit une tcnlativo du mémo genre qu'on essaye do faire & notre époque en réduisant pou à peu la grande propriété, en établissant de petits propriétaires sur les terren disponible*, en ramenant une partie do la population des villes vers ta campagne, toutes mesures susceptlbloM do diminuer l'émigration des campagnards allemands vers les Etats-L'niSt et do protéger les petits propriétaires contre leur absorption par la grando propriété.

Quant & Ta colonisation extérieure, elle a été tentée sans succès en Afrique ot aux Antilles par le Grand Electeur, puis par les rois Frédéric I" et Frédéric-Guillaumo I" (1677-1725); mais il a fallu los victoires qui ont unidô l'empire d'Allemagne et le sentiment du préjudice causé au pays par l'émigration germanique en terres étrangères, pour quo le gouvernement entroprlt résolumont do constituer des colonies allemandes. Successivement, depuis 1883, lo drapeau do l'empire a éi6 arboré en Afri(iuo dans le S.-O. africain, au Cameroun et au Togoland, enfin dans IAfrir]uo orientale, dans l'océan Pacifique, sur la côte septentrionale do la Nouvelle-Guinée (lerre de rEmpereur-Guillaume). dans rarclilpci Bismarck, aux iles Salomon et Marshall. L'ensemble do ces possessions représente (d'après les données des géographes allemands, portes à. étendre parfois un peu trop loin leur sphère d'innuence) une superficie do 2.401.180 k. carr., peuplés de 6.603.000 hab. Il convient do noter que ces territoires, tropicaux pour la majeure partie, ne sont pas des colonies proprement dites, mais bien plutôt des protectorats, des sphères d'influence, où quelques factoreries, quelques stations, quelques plantations établies par les Allemands et par d'autres Européens constituent los seuls points colonisés effectivement par les blancs. ■ — BiBLiOGR. : Langhans,/>eu/«cAerA'otoHïa/-a//(w (Gotha, 1893 et années suiv.).

— IV. Droit pubmc. L'organisation politique de l'empiro allemand repose sur la constitution sanctionnée par la loi du 16 avril 1872. Cette constitution contient 78 articles.

L'empire se compose : l" do tous les Etats et pays do l'ancienne Confédération des Etats do l'Allemagne du Nord, c'est-à-dire de tous les Etats confédérés de l'Allemagne situés au N. du Mcin, à l'exception du Luxembourg et du Limbourg; plus des provinces prussiennes, Prusse de l'E., Prusse de 10., Poscn et SIesvig, qui n'appartenaient pas à la confédération de 1815; 2* des (|ualre Etats de l'Allemagne du S. : Bavière, Wurtemberg, Bade et Hesse; 3» de l'Alsace-Lorraino qui, sous le nom de Beichsland (ou Terre d'empire), a une organisation particulière et exceptionnelle.

Lo roi de Prusse, président de la Confédération, porte lo titre d' o empereur », en vertu de l'article u do la Constitution. Il fait préparer et promulguer les lois et pourvoit à leur exécution ; ses actes sont publiés au nom de l'empire et, pour être valables, doivent être contresignés par io chancelier de l'empire, qui, par ce fait, en prend la responsabilité. L'empereur nomme les fonctionnaires, leur tait prêter serment et, le cas échéant, les révoque.

Le pouvoir législatif de l'empire allemand appartient en commun au Conseil fédéral [Bundesrath] et au Parlement impérial {/ieichstag); chaque loi, y compris celle du budget, doit avoir été approuvée à la majorité des voix dans l'une et l'autre Assemblée. Les articles de la Constitution qui statuent sur des droits particuliers réservés aux différents Etats ne peuvent être modifiés qu'avec lo consentement do l'Etal atteint parées modifications.

Le Conseil fédéral se compose des représentants des Etats ou villes membres de la Confédération. Les voix sont réparties de la manière suivante : la Prusse en a 17, la Bavière 6, la Saxe 4, le Wurtemberg 4, Bade 3, la Hesse 3, leMecklembourg-Schwerin 2, et le Brunswick 2. Les autres petits Etats et les trois villes, Hambourg, Lubeck et Brème, ont chacun l voix. Chaque Etat ou villo membre de la Confédération a le droit de nommer autant do représentants qu'il a de voix; mais, à 1^ votation, les voix, quel qu'en soit le nombre, qui appartiennent à un Etat, ne comptent que pour une.

Nul ne peut être à la fois membre du Reichstag et du Conseil fédéral; mais tout membre du Conseil fédéral ;i le droit de paraître au Reichstag et d'y être entendu pour défendre les vues do son gouvernement. L'empereur est tenu d'assurer aux membres du Conseil fédéral la protection aecordéo aux membres du corps diplomatique étranger. La présidence du Conseil fédéral et la direction des affaires appartiennent de droit au chancelier de l'empire, nommé par l'empereur; le chancelier peut se faire remplacer par tout autre membre du Conseil fédéral. Los propositions approuvées par lo Conseil fédéral sont présentées au Reichstag au nom de l'empereur.

Le Reichstag, élu pour cinq ans au suffrage universel et direct, se compose de 397 membres, à raison d'un député par 100.000 hab. et fraction supérieure à 35.000 hab. Dans ce chiffre, la Prusse entre pour 236. Ses séances sont publiques. Pour lo dissoudre pendant la période législative, une décision du Conseil fédéral, prise avec le consentement de l'empereur, est nécessaire.

L'empiro allemand constitue ce quon appelle, en droit des gens, un Etat composé, c'est-à-dire formé do l'union plus ou moins complète do plusieurs Etats sous un gouvernement commun ; et, dans la catégorie des Etats com- Sosés, il forme un empire fédéral d'une nature particulière, lans i'ancionne Confédération germanique, lo corps fédéral constituait un Etat vivant do savio propre, mais chaque Etat confédéré conservait sa pleine souveraineté, ayant le droit d'accepter ou de rejeter les résolutions de la Diète fédérale. Au contraire, dans l'empire allemand, le pouvoir fédéral, loin d'être un fait spécial et distinct pour chaque Etat, appartient à l'un d'eux, la Prusse. Il n'v a donc rien de commun entre le régime fédéral allemand et celui de la Suisse ou des Etals-Unis de lAmériaue du Nord.

— V. Organisation militaire. L'armée allemande est commandée par le roi do Prusse, empereur allemand dont l'autorité s'exerce par rintermédiairo de son cabinet militaire, du ministère do la guerre, du grand éiat-mapor, des inspections générales d'ordre technique, pour lariillorie à pied, les ingénieurs, pionniers ot forteresses, la cavalerie, écoles militaires, etc., et des inspections d'armée qui sont des groupements do corps d'armée placés sous la haute surveillance des futurs « commandants darméo • du temps de guerre.

Lo service militaire ost obligatoire pour tout ÂUemaud,

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do dix-sept à quarante-cintj ans révolus. En principe, il n'v a pas d'oxemptioa complète, même pour les ecclesiastiùues L'appel a lieu pour chacun, dans le courant de l'année où .1 atteint vingt ans révolus. Le service compte du 1" octobre. Le service actif est de trois ans pour la cavalerie et l'artillerie à cheval ; de deux ans pour les autres armes. Dans le train, une grande parue des hommes ne font que six mois; dans les inlirmiers, entre un an et deux ans. Puis, passage dans la réserve pour cinq ans et demi, et dans la landwehr, 1" Ijan, pour cinq ans (trois ans seulement pour la cavalerie et 1 artillerie à cheval) ; ensuite, landieehr 2" ban, jusqu'à trente-neuf ans révolus, et entin liiiiilslurm, qui comprend également les jeunes gens de dix-sept à vingt ans non encore instruits. En résumé, ce système donne à l'Allemagne vingt-huit classes. ' Le territoire est divisé, au point de vue du recrutement, en vin"t-deux régions de corps d'armée, dont les chefslieux sont : 1" Kœnigsberg, 2" Stettin, 3« Berlin, 4' Magdeliourg, 5' Posen, 6» Breslau, 7» Munster, 8' Cologne, ■!• Altona, 10' Hanovre, 11" Cassel, 12' Dresde et 19" Leipzig (royaume de Saxe), 13' Stuttgard (Wurtemberg), ir Carlsruhe (grand-duché de Bade), 15' Strasbourg, Ic Metz, IT Dantzig, 18' Francfort, enlin i", 2' et 3' corjps bavarois (Munich, Wurtzbourg et Nuremberg). Un vingttroisième corps, qui ne porte pas de numéro, est formé par la garde royale prussienne, qui comprend 2 divisions d'infanterie et 4 brigades de cavalerie. Les autres corps sont à 2 divisions d'infantorio.

La hiérarchie des sous-officiers comprend cinq grades : untr.rofhier, l'analogue de nos caporaux, sergeanl, vicefeldwebel (ou vice-machtmeisler dans les troupes à cheval), fehlwebel (ou wachtmeisler) et porte-ipie-fûhuricli. Ce dernier grade n'est confié qu'aux candidats officiers. Les sousofflciers proviennent pour un quart, dans l'infanterie, des écoles de soiis-oflificrs ; les autres sont pris parmi les soldats, et suiii |,r, .|ii( l'.uiours des rengagés, hes gefreild correspon'lrii ., |.. u i i ;i nos «premiers soldats».

Lahiénii' , rs comporte dix grades : seconrf-

lieutenanl, /"■ '" • ^ i n.mi, liauptmann (ou ritlmeistei; troupes à cheval), notre capitaine, îHryoi- (commandant), o(>er.î(;ieu<fnaii< (lieutenant-colonel), oberst (colonel), genej-aZ-maior (général de brigade), general-lieulenant (^général de division), gênerai (de l'infanterie, de la cavalerie ou de l'artillerie) et genernl-feUlmarschall. Ce dernier correspond à peu près à notre titre de maréchal de France ; le précédent n a pas d'analogue dans notre armée.

Les candidats officiers doivent devenir d'abord /)oi-(e-('p^elahnrich. Pour cela il faut s'être engagé comme avaiitngeur ou sortir d'une école de cadets, passer un examen spécial, avoir servi au moins cinq mois dans un corps de troupes et avoir obtenu un certihcat d'aptitude du chef de corps. Après deux ou trois mois do service encore dans ce grade, on peut être admis dans une «école de guerre», où l'on passe neuf à dix mois. Puis nouvel examen à la sortie et retour au régiment. Avant d'être promus officiers, les candidats doivent être acceptés par un vote du corps d'officiers de leur régiment. Les officiers do l'artillerie à pied et du génie passent en outre par une école d^application, après avoir servi un an ou deux comme officiers. L'avancement a lieu à l'aucienneté, sauf élimination des officiers jugés incapables et avec certains avantages pour ceux qui ont pu se faire admettre dans le service d'état-major après un séjour de trois ans à 1' « Académie do guerre» de Berlin —ou à celle de Munich pour la Bavière. Le recrutement des officiers de réserve est soumis à des formalités très nombreuses. Quelques-uns proviennent des officiers quittant l'armée active par retraite proportionnelle, acquise à partir de dix ans de service. Mais le » volontariat d'un an » en fournit la plus grande partie.

Certains volontaires, refusés comme officiers, peuvent être classés comme suppléants-officiers et en exercer les fonctions sans faire partie du «corps d'officiers». De même dans la landwehr existe le grade de fçldtnebel-lienlenani, qui peut être conféré aux anciens sous-officiers de l'armée active, sans consultation du corps d'officiers. II leur donne droit aux fonctions et allocations d'officier, sans qu'ils fassent partie du corps. Quelques officiers retraités servent encore à compléter les cadres auxiliaires.

Les divers » services militaires » ont chacun leur personnel spécial : médecins, intendants, aumôniers, auditeurs (justice militaire), etc. Considérés comme non combattants, ils portent le titre de fonctionnaires (beattdc) ot non d'officiers, sauf les médecins, pour lesquels, cependant, l'assimilation n'est pas complète.

— Infanterie. Les 20 corps d'armée comprennent 43 divisions et 105 brigades renfermant au total 173 régiments à 3 bataillons, plus 40 régiments à 2 bataillons et 19 bataillons de chasseurs. Total : 624 bataillons à l'effectif de guerre do i.ooo hommes. En outre, les formations supplémentaires, la landwehr 1"" ban (réserve) et 2' ban, et le landsturm donnent encore un millier de bataillons au moins.

— Caimlerie. 93 régiments, en 46 brigades, dont 12 de grosse cavalerie (10 cuirassiers, 2 schirere relier), 27 do cavalerie de ligne (uhlans, reiter et carabiniers saxons) et 54 de cavalerie légère (dragons, hussards, chevau-légers). Tous à 5 escadrons, dont chacun représente, à l'effectif do guerre, 4 officiers et 150 sabres. A ces escadrons il faut ajouter ceux que fourniraient la landwehr et le landsturm, soit un total de 649 escadrons : puis, par corps d'armée, 1 escadron de cavaliers destinés au service d'estafettes, créés d'abord sous le nom de meldereiter, puis dénommés juger ;« pferde (chasseurs à cheval).

— Artillerie de campagne. Une brigade de 2 régiments par corps d'armée, formant 43 régiments comprenant 447 batteries montées et 47 à cheval. La landwehr donnerait 150 batteries, dont 20 à cheval, et le landsturm 150 aussi. Total : 794 batteries à 6 pièces sur le pied de guerre, soit : 4.674 canons de campagne.

— Artillerie âpie^/. Pour le siège et la défense des places : 149 compagnies, groupées en 37 bataillons et 17 régiments. T^a landwehr doit fournir 148 compagnies semblables.

— Génie. 23 bataillons de pionniers (97 compagnies [70 do campagne, 26 de forteresse, 1 de télégraphistes]). Chaque bataillon forme, à la mobilisation, 2 nouvelles compagnies de forteresse et 3 équipages de pont. En outre, nu corps d'ingénieurs.

— Troupes de chemins de fer. Une brigade de 7 bataillons comptant 27 compagnies, entièrement distinctes du génie et relevant du chef de l'état-major de l'armée. Une section d'aérostiers.

— Train. 21 bataillons comprenant 65 compagnies dont l'effectif de paix est do 101 à 112 hommes.

— Mobilisation. En temps de paix, l'armée active forme un efl'ectif de 18.750 officiers et près de 528.700 hommes de troupe, avec plus de 96.000 chevaux. Sur le pied complet de guerre, elle pourrait donner : 22 corps d'armée à 2 divisions d'infanterie de 14 ou 15 bataillons chacune, avec 19 ou 20 batteries et 8 escadrons de cavalerie ; 8 divisions de cavalerie indépendantes à 3 brigades, comptant 24 escadrons et 2 batteries à cheval ; 22 à 26 divisions d'infanterie de réserve, d'au moins 12 bataillons et 6 batteries chacune ; plus les nouvelles formations que permettraient d'organiser la landwehr du 2' ban, plus enfin le landsturm et les différents dépôts, ce qui porterait l'effectif de guerre à plus de 5 millions d'hommes.

— Armement. L'infanterie est armée du fusil Mannlichcr modifié, modèle 1888, à répétition et à chargeur mobile contenant cinq cartouches. Toute la cavalerie est armée de la lance à uampe tabulaire d'acier de 3", 20 de long, avec sabre et carabine. L'artillerie de campagne ades pièces du calibre do 9'" de divers modèles (système Krupp), en acier, en attendant le canon à tir rapide. Le matériel do l'artillerie à pied, pour la guerre de siège et certaines batteries mobiles, comprend différents calibres : 9'», 12'", 15"», 21"» dont quelques obusiers et mortiers, ainsi que des canons-revolvers et à tir rapide de 3'"" ,7 et de 5"».

— 'VL Marine militaire. Historique. L'Allemagne, avant la guerre franco-allemande, occupait parmi les puissances maritimes un rang tout à fait secondaire. Elle n'avait ni chantiers capables de construire les nouveaux engins de guerre qui entraient à ce moment en ligne, ni ingénieurs assez sûrs d'eux-mêmes pour dresser dos plans de navires, ni surtout la puissance financière. Son matériel naval, à l'exception des canons, lui arrivait tout fait <lo l'Angleterre. Les institutions elles-mêmes étaient encore à l'état rudimentaire. L'Allemagne résolut, après 1870, do sortir de cet état d'infériorité et d'avoir une marine capable d'égaler au moins les plus puissantes.

En 1873, fut dressé un vaste plan économique et militaire, permettant d'une part de créer l'outillage qui faisait défaut et, par là, de s'affranchir à tout jamais de l'étranger, et d'autre part de jeter les bases d'une forte organisation militaire. Ce plan, savamment conçu, où tout avait été étudié avec soin, fut exécuté jusqu'au bout avec la méthode et la persévérance qui caractérisent la race germanique. Aussi, en peu d'années, la marine allemande passa-t-elle, du 5' ou 6' rang qu'elle occupait, au 3".

Le développement suivi depuis 1873 est marqué par deux étapes successives, montrant bien l'idée maltresse qui a présidé à la préparation du plan adopté. La première (1873 à 1888) est caractérisée par l'organisation d'une marine défensive; la seconde (1889 à nos jours) par l'organisation d'une marine njfensire. En effet, on construit d abord des garde-côtes cuirassés, des canonnières cuirassées, des torpilleurs ; la défense des côtes est sérieusement organisée ; les chantiers et les arsenaux sont créés ou agrandis et mis en état de se suffire à eux-mêmes. A partir de 1889, nouvelle phase : on construit des cuirassés d'escadre, des croiseurs et des avisos rapides ; le thème des manœuvres navales est élargi, la cession de l'ile d'Héligoland, sentinelle avancée, est réclamée à l'Angleterre, le canal de la Baltique à la mer du Nord est creusé. Ainsi, en trente ans, l'Allemagne, grâce à une politique maritime bien arrêtée, à une ténacité qui ne s'est pas démentie un instant, et surtout à de puissants moyens financiers, a su créer une marine de guerre de premier ordre qui n'est pas aujourd'hui sans porter ombrage à la nation maritime la plus puissante du monde. — Commandement et administration. Deux services nettement séparés se partagent la direction de la marine : le commandement supérieur d'une part, et l'administration de l'autre. Celle-ci achète, construit et fournit tout ce qui est nécessaire, celui-là emploie, dirige et actionne les ressources mises à sa disposition. Le commandement est exercé par un amiral relevant directement de l'empereur. L'administration est placée sous la direction d'un soussecrétaire d'Etat. Ils résident tous deux à Berlin.

L'organisation maritime a été surtout préparée en vue d'une prompte mobilisation. L'indépendance du commandement supérieur en est le trait le plus saillant. Deux escadres, stationnées l'une à Kiel ot l'autre à WiUilemsliaven, sont prêtes à prendre la mer au premier signal. Le personnel disponible sait toujours d'avance sur quel point se rendre en cas d'appel immédiat.

Le littoral est divisé en deux stations maritimes : neWo de la Baltique avec Kiel pour chef-lieu, et celle do la mer du Nord avec 'Wilhelmshaven. Elles ont chacune à leur tête un chefde station (vice-amiral), qui exerce son autorité sur tout le personnel et sur tout le matériel.

Kiel, 'Wilhelmshaven et Dantzig représentent les trois arsenaux de l'empire ; le dernier n est à proprement parler qu'un chantier de construction. De nombreux établissements privés prêtent leur concours à l'Etat.

— Personnel. Le service est obligatoire dans la marine, comme dans l'armée. Il est dû de dix-sept à quarantecinq ans. On fait trois ans dans la marine active, quatre dans la réserve, le reste dans le seeivehr et le landsturm.

Les officiers do marine proviennent d'une école spéciale dite Ecole des cadets. La durée de l'instruction est de trois ans, après quoi les cadets subissent un examen et sont nommés sous-lieutenants de marine. Le corps des officiers est très distingué ; il aune forte et solide instruction professionnelle.

Les sous- officiers {deçlcoffîziere) ne sont nommés qu'après avoir passé un examen. Ils sont très instruits et d'un niveau supérieur à ceux de l'armée.

Les hommes, à leur arrivée, sont répartis et instruits dans des divisions [abtheilungen) comprenant deux sections, celle des matelots et celle des chantiers, où se trouvent réunies les différentes spécialités. Les navires, au moment do leur armement, puisent dans ces deux catégories.

Le personnel se compose de 863 officiers de marine, 815 officiers de pont [deckoffiiiere), et d'un personnel de idus do 24.000 hommes.

— Matériel. La fiotte allemande comprend environ 130 torpilleurs et 91 bâtiments : 23 vaisseaux cuirassés, 13 canonnières cuirassées, 18 croiseurs, 4 canonnières, 10 avi- S'is, 14 navires-écoles, 9 navires de destination diverse.

L'artillerie de bord et de côte est du système Krupp. Les pièces le plus couramment en service sur les navires sont de 28'°, 26"», 24'", 15"», 12'»,5 et 10'», 5 ; celles sur les côtes de 42'», 40«", 35'»,5, 28«», 26'» et 24"".

— Défense des côtes. La marine est seule chargée de la défense des côtes. Un vaste et formidable système do fortifications est établi sur tout le littoral. Les ouvrages sont

de construction récente et armés de pièces des derniers modèles. Un chemin de fer stratégique court sur toute la côte. Cette organisation est complétée par une défense fixe (engins sous-marins) et une défense mobile (navires garde-côtes et torpilleurs).

— VII. Histoire. Cliarlemagne, en incorporant le premier dans un seul organisme politique les tribus qui peuplaient l'ancienne Germanie, fut le fondateur de l'Allemagne. Après lui, les populations d'Allemagne eurent le sentiment d'une certaine communauté d'intérêts; elles se sentaient différentes par la langue, par le droit et par les mœurs des autres parties do l'Empire. A la mort de Louis le Débonnaire (840), toute la Germanie se déclara pour son fils Louis, dont il eût voulu réduire les possessions à la Bavière. S'alliant à Strasbourg, Louis et son frère Charles prêtèrent le fameux serment en deux langues, acte de naissance de deux nationalités (février 842). Le traité de "Verdun donna à Louis les pays situés à l'E. de l'Aar et du Rhin (à l'exception des pays ripuaire et frison, laissés â Lothaire jusqu'aux bouches de la'Weser). A la mort do Lothairo (855), Lothaire II, son fils, eut la « Lotharingie », entre l'Escaut et le Rhin, avec Aix-la-Chapelle pour capitale ; à sa mort, ses oncles Charles le Chauve et Louis se partagèrent le pays, la ligne frontière suivant à peu près la Moselle et le cours inférieur de la Meuse (ir.-nié do Merseri,870) et co'incidant avec la limite Hi' in' iim nrs. Louis, qui résida surtout à Ratisbonne, ^ i' ■ i Mimt sur les Bavarois; il mourut en 876; ses iils n.i. i. ' .uloman la Bavière et laCarinthie ; Louis le Jeum, Ij lluiiiuyo, la Saxo et la Lotharingie; Charles le Gros, le pays des Alanians. Louis recueillit l'héritage de Carloman en 879; à sa mort, en 882, Charles le Gros, qui avait déjà l'Italie et le titre d'empereur, eut toute la Germanie ; en 885, il y ajouta le pays des Francs occidentaux ; mais il fut déposé en 887' et Ariiulf, bâtard de Carloman, fut roi de Germanie. Celui-ci ne fut pas plus heureux que ses prédécesseurs contre le puissant royaume slave de Moravie.

Sous son fils Louis l'Enfant, âgé de six ans à son avènement (899), l'Allemagne s'abîma dans l'anarchie ; les Normands, les Danois, les 'Vendes, les Moraves, les HongroLs (qui pénétraient jusqu'en Bavière), ravagèrent le pays. La féodalité s'établit; c'étaient presque autant d'Etats autonomes que les duchés de Bavière, de Souabe, de Franconie, de Lorraine, de Saxe, habités par des races différentes et partagés en comtés (appelés, sur les frontières, margraviats ou marches). A la mort de Louis l'Enfant, Conrad, duc de Franconie, prit le titre de ■ roi . ; il fut reconnu, mais non obéi par les autres ducs. A sa mort, avec Henri l'Oiseleur (919-936), la maison de Saxe arriva au trône qu'elle devait garder de 919 à 1024 ; des marches furent constituées sur les frontières, avec mission de lutter contre les Slaves, en même temps que des évêchés nouveaux entreprenaient l'œuvre de conversion qui devait fortifier la conquête. Roi d'Italie en 951 et empereur en 902, Otto I" (936-973), par l'entreprise qui le conduisit au delà des monts, entraîna dans une voie fatale la royauté germanique, distraite de ses intérêts immédiats. La féodalité allemande et les Slaves en profitèrent. Henri II le Saint (1002) s'efforça de réorganiser l'Allemagne, de mettre fin aux guerres privées, de réformer l'Eglise : il refoula les Slaves au delà de l'Elbe et fit répandre parmi eux la culture allemande par des missionnaires. A sa mort, Conrad II, duc de Franconie, fut élu roi (1024); la maison de Franconie devait régner jusqu'en 1125.

Conrad II réunit le royaume d'Arles (1032) à l'Empire, qui s'étendit jusqu'à la Saône et au Rhône (avec Besançon, Lyon et Marseille). Son fils Henri III (1039) lui succéda. Profitant des luttes des candidats à la papauté, Henri III (empereur en 1046) domina le saint-siège; mais celui-ci, réformé et affranchi par Grégoire VII, prit sa revanche sous Henri IV (1056-1100). En 1075, éclata la querelle des Investitures (v. ce mot), et Grégoire VII infligea au roi la pénitence de Canossa (1077) ; mais la lutte reprend pres- (|ue aussitôt, et le pape fait élire roi Rodolphe de Souabe, ciui est tué (1080) et remplacé par Hermann de Lu.xembourg (1081). A partir de 1090, Henri IV n'éprouve que des échecs; il meurt abandonné; Henri V, son fils (1106), se retourne contre l'Eglise, qu'il avait entraînée dans la révolte contre son père. Empereur en 1111, il oblige le pape à accepter le concordat de 'Worms (1122). Au cours de ces querelles, les princes avaient pu grandir; des dynasties s'étaient fortifiées ; le pape avait att'ermi son autorité sur l'Eglise et sur les fidèles en Allemagne. A la mort de Henri V, Lothaire, duc de Saxe, fut élu roi (1125) et couronné empereur en 1133 ; son règne fut rempli par une lutte heureuse contre la maison de Hohenstaufen ou deWeiblingen, ot par les progrès de l'évangélisation dans les pays slaves {!'•)méranie. Brandebourg, Slesvig) où s'implanta, en m.iiir temps, le germanisme. L'élection de Conrad III de H" henstaufen (1138) engagea la lutte contre la maison cb - Guelfes, dont le chef, Henri le Superbe, était gendre 'I. Lothaire. Frédéric Barberousse, son neveu, éluroi(iir.,' , trouva le pouvoir royal sans force; il tenta de le resia'i rer aux dépens des Guelfes et de la papauté ; malgré ms talents, l'étendue de ses ambitions compromit son siircès, mais son règne fut une époque brillante pour l'Allemagne, au point de vue littéraire comme au point do vue économique. Henri VI (1190), Philippe (1197) coniinuèrent la lutte contrôles Guelfes; un do ceux-ci, prétendant à la couronne depuis 1197, fut seul roi en 1208, ma)s fut remplacé par un fils de Henri VI, Frédéric II (I2r.' , le terrible adversaire de la papauté, à laquelle il allai i chercher des adversaires jusque chez les musulmans ; la lutte atteignit sous son règne un caractère de fureur jus que-lâ inconnu. L'anarchie remplit, à sa mort, la période du grand interrègne (1250-1273); Guillaume de Hollande, Conrad IV de Hohenstaufen, Alphonse X de CastiUe, Richard de Cornouailles ne parvinrent jamais à être généralement reconnus. Toute la vie réelle de l'Allemagne se concentre alors dans les principautés et dans les villes ; c'est une époque de grande prospérité pour les républiques municipales, dont quelques-unes, formant la Hanse, dominaient dans la mer du Nord et la Baltique. Seigneurs et prélats rivalisaient de luxe. La colonisation des pays slaves fit, pendant la même période, de très grands progrès. L'élection de Rodolphe de Habsbourg (1273) marque la restauration du pouvoir royal et impérial, tel qu'il pouvait subsister au milieu de principautés puissantes : Rodolphe assura à sa maison, par la conquête de l'Autriche, de la Carinthie, de la Carniole et de la Styrie (1278), l'autorité d'une des premières puissances territoriales d'Allemagne. Après le court règne d'Adolphe de Nassau

(l!9S), Albert, (ils do Roilolpho, fut i^Iu (lîDS); la coiironno passa à Ilonri <lo Luxoniliourgfnos), <|ui donna la Uohômo à sa maison. Louis IV do Bavidro ot Krùdéric lo Bol, llls d'Albort, so disputeront la couronno (i;!i3-13!î); Louis, vainquour, comliattit à la fois lo papo oi lo roi do Franco ; il fut couronné omporour on nu», mais no put vaincro Charles do Luxembourg, roi do Boliimo, que lo papo lui opposait. Aprùs la mort do Louis (1317), Gautier di' Schwartzbourg fut élu (1318), puis Charles IV do Luxembourg reçut la couronne. Par la /liille dur, Charles IV do Luxembourg régla la procédure des élections à IKmpiro (1356); comme empereur, il laissa lo champ libro aux princes, mais il annexa à ses Etats particuliers la Moravie, la Lusaco et lo Brandebourg,

L'AUomagno n'avait plus do vie collectivo, point d'arméo, point de (inanccs, point de justice; la guerre était

Sartout. L'Allemagne grandissait cependant, toujours au étrimont des Slaves, par les progrès do la marche do Brandebourg, ot par les conquêtes de l'ordre Tcutoniquo entre la Vistulo ot le Niémen. C'est sur les frontières disputées do l'E. que se formaient les Etals nui devaient dominer l'Allemagne, l'Autricho ot la Prusse.

Le règne doWonceslas, rils de Charles IV (1378), marque les progrès de l'anarcliie; en i loo, on lui ojiposo Hobert, comto palatin, qui meurt on uio; puis Josso de Moravie. Sigismond, frère do Wencoslas, est élu (1110); son e.tpédition on Italie a eu moins d'importance cpie les nuerolles religieuses (guerre dos Hussites, concile de Constance, schisme d'Occident), qui ont rempli son règne. A sa mort s'éteignit la maison do Luxembourg. .Son gendre, Albert d'Autriche, fut élu ; et la maison d'Autriche garda, prcsiiuo sans interruption jusqu'en 1806, la couronne, encore élective on droit. C'est un des faits les plus considérables de l'histoire du monde; si faibles qu'aient pu être les Habsbourg en tant qu'empereurs, ils dominaient l'Allemagne, et d'heureuses circonstances allaient ajouter à leurs territoires une grande partie de l'Europe : la Hongrie, la Bohême, l'Espagne, les Pays-Bas, la Franche-Comté, puis une partie do l'Italie, et entin le nouveau monde.

Frédéric III (lUO) s'occupe surtout de ses Etats héréditaires; il réussit à faire élire do son vivant roi des Romains, c'est-à-dire héritier présomptif del'Einpire, son fils Maximilien. Celui-ci (1493) voit voter par les diètes de 'Worms (1495), d'Augsbourg (1500), de Cologne (1512), les actes constitutifs de l'organisation fédérative de l'Empire, consécration de la situation de fait ; la Chambre impériale, la régence d'Empire, la division en cercles. Ces institutions, qui eussent donné un centre à l'émiettement de l'Allemagne, demeureront vaines.

La Réforme troubla profondément l'Allemagne, au moment même où celle-ci avait à résister à l'invasion ottomane, déjà victorieuse en Hongrie (1526). Si puissant que fût Charles-Quint (1519), il ne pouvait soutenir à la fois toutes ses entreprises. La Réforme trouva dans l'Allemagne un terrain plus favorable à son expansion que tout autre, parce que Tautorité du souverain ne pouvait

.. qu'en Espagne et en

hrance. Charles-Qumt, après une longue lutte, dut, en

lui opposer la même* résistance France. Charles-Quint, après uni

1355, reconnaître la conversion de la majoritédes princes lai'tiues, et la sécularisation d'une partie des principautés ecclésiastiques au profit soit àif leurs prélats convertis, soit de leurs voisins ambitieux. En même temps, l'expansion germanique cessait vers le N. et vers l'E.; ce n'étaient pas seulement les Turcs qui menaçaient l'Autriche ; la Pologne prenait l'ofl'cnsive ; la formation des Etats Scandinaves refoulait les progrès des Allemands et leur marine supplantait celle de là Hanse, dont la découverte du nouveau monde acheva la ruine.

Le xvi> siècle, où la Maison d'Autriche paraissait pouvoir aspirer à la monarchie universelle, fut en réalité une époque de recul et d'anarchie pour l'Allemagne. Le partage des domaines de la maison de Habsbourg, après 1 abjuration de Charles-Quint (1556), laisse subsister entre les deux branches les liens d'une politique commune. Le> entreprises de la monarchie espagnole contribuèreni ainsi à attirer la guerre en Allemagne, aussi bien que la lutte entre le protestantisme envahissant et la réactioi, catholique. L'Allemagne, pendant deux siècles, fut, avet

I Italie, le champ clos des grandes guerres européennes

Ferdinand I" (1556), Maximilien II (1564), Rodolphe II (1576), Mathias (1612), n'ont guère marqué. Mais Ferdinand II (1619) avait de grands desseins : il poursuivait ù la fois la restauration de l'autorité impériale et celle du ca tholicisme. La guerre de Trente ans (1618; parut d'abord tourner au profit do l'empereur; l'éditdeRestitution (1629i consacrait le succès de la réaction catholique. L'intervention de la Suède, soutenue par les subsides de la ■ France, puis celle de la France môme, changèrent Ic cours des événements. Gustave-Adolphe fut tué à Lutzen (1632). Richelieu fit entrer en campagne les troupes françaises; après une série de victoires, il était réservé :1 Mazarin de diriger les négociations françaises au Conn-rès do \V estohalie (tenu simultanément à Munster et à Osna- •rurki. Les traités de Westphalie (1648) arrêtèrent les li"siilites, mais l'Allcinagne sortait de cette épreuve cou vni,' de ruines, après avoir soulîert tous les maux qu'une f-iii-rre peut entraîner.

'■'■' !™.\'^,^ ''" Westphalie consacraient l'anarchie poli-

II |iii' de 1 Allemagne. L'autorité de l'empereur était déiinitivement annulée; la souveraineté territoriale (landcr- Au/ifif) était reconnue aux princes, qui étaient, chez eux, maîtres absolus au point que le principe de la religion d Etat était posé : cujiis regio, ejus religio. L'équilibre était établi entre un . corps catholique • et un ■ corps évangélique ..Un grand nombre do seigneuries d'ordre inleneur étaient réunies aux domaines do princes plus puissants : ainsi se continuait lo travail de concentration qui devait amener l'Allemagne au point où elle en est et où quelques rares principautés représentent seules les milliers de principautés existant autrefois. Des sécularisations de territoires ecclésiastiques achevaient de donner â 1 œuvre du Congrès le caractère d'un partage entre les princes les plus importants et les plus avides"

L'anarchie ainsi constituée était garantie par les hautes puissances contractantes, - protectrices des libertés germaniques I. . Les princes étrangers avaient d'ailleurs place ofnciellement en Allemagne, ce qui leur assurait un droit permanent d intervention. Les rois de Danemark et de huède faisaient partie de la Diète, en qualité de seigneurs des principautés allemandes. Le roi de France no s'était pas lait donner ce droit en annexant l'Alsace, mais Mazarin organisa la Ligue du Rhin entre les princes qui désiraient

s'appuyer sur la France contre fa Maison dAuinciin; lo roi do Franco fut lo protociour do celte Ligue (161.8).

''""S cos conditions, l'Alleniagne devait rester lo Ihéatro des grandes guerres entre (es .Maisons do Franco ot d Autriche, pondant lo xvii> et lo xviii' siècle. Il n'y a Plus d histoire collective do l'Empire. Ferdinand 111(1637), l.éopold (1658), Joseph P'fnosj, Charles VI (1711-1740) furent lo,s chefs do la Maison d'Autriche, n'ayant on Allemagne d autre pouvoir, quoique empereurs, que celui que leur assuraient leurs possessions propres. La Diète, devenue perpétucllo en 1613, était un corps sans autorité, conduLsant avec une solonuello lenteur des délibérations sans résultat. L'" arméo des cercles . et les autres instituiions impériales sont annihilées, sinon ridicules. Pondant i)rès d un siècle, on no peut citer comme intéressant 1 Allemagne d une manière générale que la cession do .Strasbourg (1697) ot do la Lorraine (1766) à la France, ot la création d'un neuvième électorat au profit du duc de Hanovre (1708). L'accession de l'électeur do Saxo au irono de Pologne (1697) et de l'électeur do Hanovre au trône d Angleterre (1782) achèvent de donner une .sorte de caractère international à l'Allemagne, do plus en plus entraînée dans des alfaires qui lui sont étrangères.

Le fait capital de l'histoire de l'Allemagne, durant ce siècle (1648-1740), fut l'accroissement continu de l'électoral de Brandebourg, ou plutôt de la Prusse. L'électeur do Brandebourg deviut roi de Prusse en 1700; et la Prusse existait avec son organisme essentiel à l'avènement de Frédéric 1! Depuis lors, jusqu'en 1860, l'histoire de l'Allemagne pont se concentrer dans l'histoire de la rivalité de la Prusse el de 1 Autriche. La France joue son rôle, presque toujours maladroitement, dansles diverses phases de cette lutte ■ à chaque moment décisif, c'est elle qui hâte les progrès de la Prusse. Frédéric II fit de son royaume une des grandes puissances européennes; il laissa la couronne impérialc a a Maison d Autriche, ou plutôt à la Maison de Lorraine, à laquelle Marie-Thérèse, fille de Charles VI, et mariée à François de Lorraine, l'apporta après le règne éphémère de (..liarlos VII, électeur de Bavière ( 1740-1745 1, mais quand .Joseph 1"( 1765-1790) voulut annexer la Bavière, la Prusse l'en empêcha, à la tête d'une ligue de princes allemands(1785).Tout accroissement en Allemagne était donc interdit à l'Autriche; il lui restait la marche vers l'E., qu elle avait entreprise dès la fin du xvii' siècle en repoussant les Turcs arrivés devant Vienne et en leur reprenant la Hongrie, marche dont le traité de Passarovitz (1718) a marnué la pointe la plus avancée, et qu'avait arrêtée lo traité de Belgrade (1739), mais qui n'a cessé d'être un des objectifs de l'Autriche, hésitante entre deux destinées.

A la hn du xviii» siècle, l'Allemagne était une fédération de doux grands Etats, de deux Etats moyens (Bavière et Saxe), de grandes principautés, la'iques ou ecclésiastiques (ayant de 150.000 à 800.000 hab.), de petites principautés, de 51 villes libres et d'une multitude de seigneuries : en tout 1.800 Etats, dont 350 seulement avaient une étendue appréciable, et dont une centaine ont une histoire. La Révolution française transforma ce chaos. D'une part, elle éveilla en Allemagne les iilées nationales, et, d'autre part, par les nombreux remaniements territoriaux dont elle tut la cause, elle ramena à quelques unités le nombre des principautés.

La paix de Lunéville (isoi) céda la rive gauche du Rhin a la France; à titre do compensation, la Prusse et les autres Etats importants qui étaient dépossédés de leurs territoires de la rive gauche dépouillèrent les princes, seigneurs etvilles libres de la rive gaucho. La Bavière et le \V urtemberg reçurent le titre de « royaumes . (1805) ; Bade s agrandit: ces Etats et plusieurs autres s'unirent en une Confédération du Rhin, placée sous la protection de l'empereur des Français, et destinée à fournir à la France un point d'appui contre la Prusse et l'Autriche. François II qui avait pris en 1804 le titre d' • empereur d'Autriche . , renonça au Saint-Empire romain germanique, qui avait vécu mille ans. L'Autriche, toujours vaincue, ne disparut pas, et la Prusse, démembrée, se régénéra, tandis que la Pologne, ne ressuscita point, malgré la création du grandduché de Varsovie. Ainsi l'unité de l'Allemagne séiait développée sous l'influence des idées révolutionnaires et sous l'inspiration des penseurs allemands ; les invasions napoléoniennes en avaient hâté le progrès, et les réorganisateurs de la Prusse avaient paru incarner l'idée nationale victorieuse en 1S13-1814. La Confédération germanique, organisée par le Congrès de Vienne, ne comprenait que 39 membres, dont deux très grands (Autriche et Prusse) et 10 plus ou moins considérables ; elle n'avait pas de vie propre. La lutte était inévitable entre la Prusse et l'Autriclie, et les autres princes ne pouvaient former le noyau d'une troisième Allemagne. La Prusse, qui paraissait plus libérale ot plus allemande que sa rivale, était divisée en tronçons ; mais la séparation même do ces tronçons (on lui avait donné les provinces Rhénanes) était un stimulant pour des agrandissements qui la tranformeraient un jour en un tout compact.

L'Autriche devenait de moins en moins allemande, cherchant sa destinée en Italie ou en Orient, pendant que les nationalités soumises à l'empereur prenaient conscience de leurs diversités ethniques. Fi.ïons seulement quelques dates, à titre de points de repère : l'agitation libérale (1817-1819), la concession de constitutions à quelques Etats (1830), l'institution du Zollverein (1828), les menaces do guerre en 1840 qui e.xcitèrent profondément les esprits contre la Franco, les révolutions de 1848, le Parlement do Francfort qui vota une Constitution unitaire, mais no put aboutir à un résultat pratique, le triomphe de la réaction on Autriche et en Prusse, les timides tentatives de la Prusse pour créer une nouvelle organisation de l'Allemagne (parlement d'Erfurt, 1850), son humiliation devant I Autriche, la restauration de la Diète de Francfort ^lS5n ; puis, les années suivantes, les progrès do l'influence de la Prusse, l'arrivée de Bismarck au p'ôavoir (1802), la guerre des Duchés (1864), le débat qui s'en suivit entre la Prusse et l'Autriche, la guerre de 1866. L'Autriche fut exclue de la Confédération germanique, que la Prusse put réorganiser à sa guise; c'était un résultat dû à de longs etforts dont la politique audacieuse de Bismarck et les erreurs de iNapoléon III avaient hâté l'accomplissement.

Les circonstances ne permettaient cependant pas d'achever l'unité. La Prusse, après avoir annexé le Hanovre, la Hesse électorale, le Nassau. Francfort, le Slesvig- Holstcin, se contenta de réunir dans la Confédération do l'Allemagne du Nord les Etats situés au N. du Mein ; elle y fit entrerses territoires uou allemands. Lanouvello

ALLEMAGNE

Confédération était «ou» sa suzeraineté on fait, ot un Koichsiag commun, élu au suffrage universel, donnait à son autorité la «olido baso du sentiment national. Des conventions militaire» secrètes l'unirent aussitôt aux Etats du S., mais une union plus complète aurait rencontré do grands obstacles si l'affaire do Luxembourg (1807), puis la politique de Napoléon III, lors de la candidature du- Hobenzollcrn au irêno d'Espajfne (1870), n'avaient précipité lo mouvement national; les Etals du S. prirent part, sans hésiter, à la guerre franco-allemande ; les victoires de 1870-1871 achevèrent l'exaltation du sentiment patriotique ot unitaire, et l'empire fui proclamé à Versailles, lo ta janvier 1871. Le lo mai, la paix de Francfort cé'lait à l'Allemagne l' Alsace-Lorraine « terre d'Empire • .

L'unité était achevée, mais l'ère des difflcalté.s commençait. Bismarck, chancelier de l'empire, s'o.sa dans sa lutte contre l'Eglise catholique, qui a dans lo sein du Hoichstag un parti très puissant, lo Centre I KuUurkampr, 1872-1886), contre lo socialisme et contre lé parlementarisme. Sa politique extérieure eut pour fondement l'idée do conserver les connuêtcs acquises, par un systèmo d alliances exclusif de la France. Après avoir opéré, dès 1871, un rapprochement avec l'Autriche, il prit comme base de sa politique l'alliance des trois empereurs (1872); mais, après la crise orientale dans laquelle il avait contribué à réduire les avantages obtenus par la Russie (Congrès de Berlin, 1878), il dut renoncer â d'autres combinaisons. L alliance de 1879 avec l'Autriche eut comme suite la .triple alliance . (Allemagne, Autriche, Italie), le fait fondamental de la politique internationale depuis 1871. (V. ALLIANCK [triple].) Depuis lors, les relations de la Russie et de 1 Allemagne passèrent par des alternatives diverses, sans revenir jamais â l'intimité; l'entente franco-russe, depuis les fêtes de Cronstadt (1891), montra qu il existait en Europe un autre groupe de Puissances; chacun des deux groupes manifestant, d'ailleurs, la prétention de ne vouloir que la paix, mais la paix armée. Ce régime d'armement à outrance, résultat de la paix do Francfort, devait peser lourdement sur l'Europe.

Après le règne éphémère de Frédéric III (mars-juin 18881, qui avait éveillé des espérances libérales, l'avènement do Guillaume II donna tout d'abord des craintes qui ne .se sont pas réalisées. La politique extérieure de l'Allemagne no se modifia pas dans ses lignes générales ; elle prit plutôt, malgré quelques manifestations bruyantes, une allure plus pacifique et plus loyale.

La chute de Bismarcii (mars 1890) remit la réalité du pouvoir entre les mains de l'empereur lui-même, dont la personnalité ne cessa plus de se manifester fréquemment, reléguant au second plan celles des chanceliers : Caprivi (1890), Hohenlohe (1895).

— BiBLioGR. Le grand recueil de sources est le recueil de Pertz, Monumenta Germanix hislorka. — Pour la bibliographie, consulter Dahlmann-Waitz, (jueltenkunde der Deutschen Geschichte {Qœiùagae, 1883): pour la valeur critique des documents, Wattenbach, Deulschlanda GeschiektsmieHenimmillelnller{Berlia. 18931; Loreuz, Deutschlanth Geschkhtsquellen im Mitlelalter, seit dem ISJaJirhundert (Berlin, 1886).

Parmi les histoires générales, il faut citer celles de Pflster, Geschichle der Deutschen nach den Quellen (Hambourg, 1829-1835), et de Lampricht, Deutsche Geschichte (Berlin, 1891), ainsi que deZeller, Histoire d'Atlemagne (Paris, 1872) ; Himiy, Histoire de ia formation territoriale des Etats de l'Europe centralelParis, 1895). — Pour les institutions, v. G. ■«'aitz, Deutsche Yerfassungsgeschichte (Kiel, 1871-1874).

— VIII. Langue allemande. Le domaine géoeraphique do l'allemand, qui est parlé par environ soixante-dix millions d'hommes, comprend la presque totalité de l'Allemagne, une partie des provinces baltiques de la Russie, les pays allemands de l'Autriche, les deux tiers de la Suisse, d'importantes agglomérations en Amérique et les colonies allemandes.

L'allemand remonte au germanique primitif, qui appartient lui-même à la famille des langues indo-européennes. Le germanique primitif se divise en trois branches : le norrois (v. ce mot), d'où sont issues les langues Scandinaves, le gotique ou gothique (v. ce mol), langue morte aujourd'hui et en laquelle est écrite la Uîlile d'I'lfila (iv s.), et enfin le germanique occidental : celui-ci se subdivise en anglo-frison et en allemand, et lallemaud se scinde à son tour en bas allemand et en haut allemand. Suivant des divisions territoriales et ethnographiques, établies d'une façon assez arbitraire, le haut 'allemand, source de l'allemand moderne, se répartit en plusieurs dialectes, tels que le francique, le haut saxon, l'alémanique, etc. De ces dialectes, c'est le saxon qui a fini par exercer la plus puissante influence et est devenu prépondérant. Suivant son évolution historique, le haut allemand se divise, sans que cette division chronologique soit plus précise que la division géographique, en trois périodes : celle de l'ancien haut allemand, celle du moyen haut allemand, et celle du nouveau haut allemand ou (allemand moderne). La première (textes: Muspilli, Krist, etc.), va du viir siècle à la fin du XI* siècle ; la seconde (textes : les Xibelungen, les œuvres des Minnesinger^ etc.), va jusque vers 1500, et la troisième s'étend jusqu'à nos jours : on fait commencer celle-ci à la traduction de la Bible par Luther, dont le grand mérite a été de perfectionner la langue déjà presque généralisée dos chancelleries et des imprimeurs. Les chefsd'œuvre dos Lessing, Herder, Gœthe et Schiller ont achevé de constituer la langue littéraire allemande.

Par opposition au français et à l'anglais, qui sont des langues analytiques, l'allemand est une langue synthétique : elle l'est par sa facilité à former des diminiitifs et des mots composés en nombre indéfini ; elle l'est par sa déclinaison, qui permet, pour indiquer les rapports des mots entro eux, do remplacer certaines prépositions par les désinences de ses quatre cas ; elle l'est surtout par la construction de sa phrase, où de fréquents déplacements et rejets obligatoires du verbe et des particules font do cette phrase entière, on ne lui donnant un sens que quand elle est achevée, comme un immense mot composé. De là, un certain manque de clarté et parfois de précision, mais aussi, pour qui use de cette langue, un continuel effort d'attention, qui impose à l'esprit une singulière discipline. Elle est la traduction d'un mode spécial de penser et en est aussi, en quelque façon, la créatrice.

L'allemand est une langue fortement accentuée ; il est donc de la plus grande importance, en lisant ou en parlant, de bien marquer la syliable tonique.

ALLEMAGNE

On ne saurait donner ici un abrégé, même succint, de la grammaire allemamle, qui est fort compliquée. Qu'il nous suflis'3 de dire que l'alphabet est le même qu'en français, mais que plusieurs lettres se prononcent autrement (p. ex. u = ou, V = f , etc.), qu'il y a trois genres : le masculin, le féminin et le neutre, source continuelle d'erreurs pour les étrangers, et que les grammairiens ne sont guère d"accord sur la manière de classer les déclinaisons.

La versilication allemande est fondée sur le rythme, constitué par le retour régulier de syllabes accentuées. Les vers sont divisés en groupes de syUabes ou pieds, auxquels, en empruntant la terminologie classique, on a assez improprement donné les noms d" " ïambe « (svU. atone suivie d'une syll. accentuée), de « trochée » (syll. accentuée suivie d'une syll. atone), de " spondée » (deux syllabes accentuées), do « dactyle " (doux syll. atones suivies d'une syll. accentuée), etc. Les vers composés dïambes sont dits " ïambiques » (ou à rythme ascendant); de trochées : n trochaïques u (ou à rythme descendant). Les vers les plus usités sont, dans le drame, le pentamètre ïambique (5 ïambes) et, dans les poèmes, l'hexamètre dactyhque, calqué sur l'hexamètre latin. La rime existe on allemand, mais n'est obligatoire que dans certaines formes de poèmes.

Les caractères gothiques, qui ne sontqu'une modification des caractères latins, sont encore d'un usage général ; ils tendent cependant de plus en plus à être remplacés, surtout dans les ouvrages scienlihques, par les caractères latins. En voici le tableau :

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