ALPHONSE I^-- — ALPUJARRAS
Alphonse l", Le Batailleur, roi d'Aragon et de Navarre (1104) : roi de Castille et de Léon (lllu-1134) sous lo nom d'u Alphonse VII u, tils et successeur de Sanche P»" Ramirez. Séparé de sa femme Urraca, ûllé d'Alphonse VI de Castille, il rencontra de sa part une insurmontable opposition quand il voulut prendre possession de ce royaume à la mort de son beau-père. Plus heureux dans sa lutte contre les Maures, tl leur enleva Tudela (UIO) et entraîna contre les Almoravides l'émir de Saragosse, Abdel-Mélik, contre lequel il se tourna après la victoire. Il s'empara de Saragosse (IU8), prit ensuite Terrazona, Calatayud, Daroca, et remporta l'éclatante victoire de Cutanda (1120). En 1125, appelé par les Mozarabes chrétiens d'Andalousie, il ravag;ea les royaumes de Valence, deMurcie et de Grenade, prit en 1133 Mequinenza, et mourut de sa défaite devant Fraga. N'ayant pas d'enfants, il laissa par testament son royaume aux ordres de Saint- Jean-de-Jérusalem et du Saint-Sépulcre.
Alphonse II, roi d'Aragon (1162-1196), fils de Raimon Bérangcr. Il conquit le Roussillon et le Béarn, et fit la giiorre aux comtes de Toulouse pour la possession de la Provence. Ce prince cultiva la poésie romane, et on le compte parmi les troubadours.
Alphonse m, roi d'Aragon (1285-91), fils de Pierre III, dépouilla son oncle du royaume do Majorque (1285). II accorda, en 1285, aux Aragonais des privilèges qui les rendaient presque indépendants de l'autorité royale et qui subsistèrent jusqu'en 1338. En 1291, il tenta, mais en vain, de placer son frère don Jayme sur le trône de Sicile, et se laissa imposer par Philippe le Bel et Charles II, roi de Naples, le traité de Tarascon, qui attribuait la Sicile à ce dernier. En mourant, il laissa ses Etats à son frère.
Alphonse IV, le Dchnnyiaire, roi d'Aragon, fils de Jayme H (U27-1336), soutint contre Gènes une guerre ruineuse pour la possession de la Sardaigne. En constituant un apanage à Ferdinand, né de son second mariage avec Léonor de Castille, il viola le serment qu'il avait fait aux Certes de n'aliéner aucune portion du domaine de la couronne, et par là provoqua la révolte dos grands du royaume et de son fils aîné, don Pèdre.
Alphonse V, le Maqnanime, roi d'Aragon, de Naples et de Sicile 11416-1458), succéda à son père FL*rdmand le Juste en 1416. Al Sicile, déjà comprises dans l'héritage ternel, ilai las
de Naples dont la reine Jeanne II lui promettait la succession en faisant lever à Louis III d'An- Médaille d'Alphonse V.
jou le siège de
cette ville (1420); mais les versatilités de Jeanne lui firent ensuite subir des alternatives de revers et de succès jusqu'à la mort de celle-ci (1435). Alphonse vint alors bloquer Gaète, et sa flotte ayant été détruite devant l'île de Ponza par l'amiral génois" Biaggio Assereto, envoyé par Philippe-Marie Visconti, il fut fait prisonnier; mais le roi d'Aragon sut faire entrer dans ses intérêts V^isconti, qui lui rendit la liberté sans rançon et fit alliance avec lui. Après plusieurs tentatives (1436-1438), Alphonse entra définitivement dans Naples, en 1442, et en reçut l'investiture du samt-siège. en 1443. Généreux, éclairé, bienfaisant, Alphonse justifia par des qualités étrangères à la guerre et à la politique lo surnom de Mafinaiiime. Sa cour était le rendez-vous des plus illustres savants do l'époque. Alphonse I" (Henriquezl, comte, puis roi de Portugal (1139-1185;, né en 1109, fils de Henri de Bourgogne, auquel il succéda en 1112 comme comte de Portugal, sous la tutelle d'une mère incapable, qu'il expulsa en 1128. En 1139, après avoir vaincu cmq rois maures à la bataille d'Ourique, il fut proclamé roi par ses soldats sur le champ de bataille. Les Cortès et le pape lui confirmèrent cette dignité. Il continua ses conquêtes sur les Maures, s'empara de Lisbonne en 1117, d'Evora en 1166, et organisa la monarchie qu'il avait fondée. Avec l'alliance du roi de Navarre, il envahit aussi le royaume de Léon et s'avança onnier devant cette ville.
il remporta sur les Almo- I dernier triomphe.
jusqu'à Bailajûz; mais, fait pi il dut restituer à Ferdinand abandonner la Galice. En ll8 ravides la victoire do Santarem,
Alphonse II, le Gros, roi de Portugal (I2U à 1223), fils de Sanche I", contribua à la victoire d'Alcacer do Sal, réprima les révoltes de ses deux frères. Les premières lois civiles et pénales du Portugal furent promulguées sous ce règne, qui fut troublé dans les dernières années par la lutte du clergé et du roi. Celui-ci mourut excommunié.
Alphonse m, roi de Portugal (1248-1279). fils du précédent. Il conquit les Algarves sur les Maures et continua les luttes de son père contre l'Eglise; son mariage avec Béatnx do Guzman, fille du roi de Castille (1254), contracté du vivant de sa première femme, Mathildo do Bourgogne, le fit excommunier.
Alphonse IV, le Brave ou te Fier, roi de Portugal M325-1357). Il se révolta plusieurs fois contre son père Denis le Libéral. Il persécuta l'infant don Sanche et fit à son gendre, Alphonse XII, roi de Castille, une guerre opiniâtre. Ligués contre les Maures, ces deux princes remportèrent la victoire de Tarifa (1340). Lo meurtre do la malheureuse Inès de Castro, qu'Alphonse laissa poignarder par ses favoris, déchaîna la guerre civile. Don pèdre, fils du roi, qui avait épousé Inès en secret, fou de douleur, mit lo rovaumo à feu et à sancr- L'archevêque de Braga s'interposa'entre le père et le îils, mais Alphonse survécut peu à cette réconciliation.
Alphonse v, l'Africain, roi de Portugal et des Algarves (1438-1481), succéda à son père Edouard en 1438, à l'âge de six ans, sous la tutelle de don Pèdre, son oncle, qu'il poussa plus tard à la rébellion par ses injustices, et qui fut tué à la bataille d'Alfarrobeira (1449). En 1458, il passa en Afrique avec une flotte considérable, et prit Alcazar (1458), Arzille et Tanger (1471), après une suite de campagnes meurtrières. 11 fut moins heureux en Cas-
tille. où Ferdinand le Catholique le vainquit à la bataille de Toro (1476). Après avoir imploré en vain l'appui du Louis XI, il signa avec la Castille le traité d'Alcantarail47y).
Ce prince aimait les lettres, et fonda, à Coimbre, la première bibliothèque qu'ait eue le Portugal.
Alphonse VI, roi de Portugal (1656-1683), fils de Jean le Fortuné, âgé de treize ans lorsqu'il monta sur le trône. Infirme et incapable, il abandonna le pouvoir à sa mère et se livra à la débauche. Il épousa Marie-Elisabeth de .Savoie ; mais, au bout d'un an de mariage, celle-ci s'entendit avec don Pèdre, frère d'Alphonse, pour contraindre le roi à abdiquer. On le relégua dans l'ile de Terceira, et Pedro, devenu l'époux de Marie-Elisabeth dont le mariage avait été annulé, gouverna le Portugal avec le titre de «régent ". Sous le règne d'Alphonse VI furent remportées les victoires d'Ameixial (1663) et de Villaviciosa (1665), qui forcèrent l'Espagne à reconnaître l'indépendance du Portugal.
Alphonse I", roi de Naples, le même que Alphonse v, le .Uaynantme, roi d'Aragon. V. ce nom.
Alphonse II, roi de Naples (1494-1495), fils de Ferdinand i". 11 fut dépossédé de son trône par le roi de France Charles VIU, et se retira en Sicile, oà il mourut quelques mois après.
AlpHONSE-MARIE de LIGUORI (saint). V. LlGUORI.
Alphonse de Bourbon (don Charles-Ferdinand- Joseph-Jean-Pic itiii.jl- espagnol, né à Londres en 1849. Frère cadet du preU'iniaut don Carlos, il prit pari à l'insurrection carliste de 1874 ; mais bientôt Don Carlos lui retira son commandement. Don Alphonse a épousé, en 1871, l'infante Blanca Maria das Neves, fille de don Miguel, exrégent de Portugal.
Alphonse. Biogr. v. Este.
Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse, fils de Louis VIII, roi de France, né en 1220, mort en 1271 en Italie, au retour de la huitième croisade. 11 eut en apanage le Poitou et l'Auvergne; son mariage avec Jeanne, fille do Raimond, comte de Toulouse, ajouta ce fief important à ses Etats. En 1242, il étouffa la révolte du comte de La Marche et dépouilla de leurs domaines les seigneurs qui s'étaient ligués contre lui. Il prit part à la huitième croisade et fut fait prisonnier à Mansourah (1250), avec son frère Louis IX. A son retour de captivité, il s'occupa do réparer, par une sage administration, les maux causés par la guerre des Albigeois et fit faire à la France méridionale le premier pas vers la centralisation. Il respecta 1 autonomie des peuples dont il était le souverain et ne viola aucune liberté communale, mais il encouragea la formation de nouvelles communes auxquelles il imposa dos institutions rédigées sur un plan uniforme. On vit alors des populations abandonner leurs anciennes résidences et se porter dans les villes neuves plus justement administrées. Il octrova à la ville de Riom la charte dite aujourd'hui Charte AÎphonsine, qui servit de code do droit public à l'Auvergne pendant tout le moyen âge. Il protégea
10 peuple, réorganisa les tribunaux et s'y montra plein de sévérité pour les grands. En 1270, déférant aux vœux des habitants du midi do la France, il fit tenir un parlement à Toulouse et fonda ainsi en quelque sorte le parlement de Languedoc. On doit à ce prince d'avoir fait apprécier l'administration française dans ses vastes Etais, dont il prépara la réunion au domaine de la couronne.
— BiBLiOGR. : Boutaric (E.), Saint Louis et Alfonse de Poitiers (Paris, 187o) ; Aug. Molinier, Etude sur l'adjui/nstration de saint Louis et a'Alfonse de Poitiers (Toulouse. 1880): du même, Correspondance administrative d' Alfonse de Poitiers, dans la Collection de doc. inéd. (1S94 et 1895).
ALPHONSE n. m. Homme qui vit aux dépens des femmes : L'appellation de a alphonsb " est usitée depuis la pièce d'Alex. Dumas fils. V. Monsieur Alphonse.
ALPHONSIN n. m. Dilatateur chirurgical, (jue l'on a pris longtemps pour un tire-balles, et qui fut inventé au xvi* siècle par le chirurgien italien Alfunso Ferri.
Alphonsine (AIphonsine Flkury, dite M"*), actrice française, née à Paris en 1829, morte dans la même ville en 1883. Elle débuta dès l'âge de dix ans. Au Gymnase, elle créa M"'' Guichard dans Monsieur Alphonse. Cette comédienne, pleine de verve et d'originalité, avait un jeu très vif et très franc, une gaieté irrésistible.
Alphonsiae (cuARth:). V. Alphonse, comte de Poitiers.
Alplionsines ou Alonsines (tables), tables astronomiques dressées en 1252 par ordre du roi de Castille AIi)honse X, le Saf/e, c'est-à-dire te Savant. Ce prince était médiocrement satisfait de l'ordre des phénomènes célestes tel que rexpli(|uait alors le système de Ptolèmée.
11 réunit donc, dès 1248, les plus célèbres astronomes chrétiens, juifs, arabes, ([Ui dressèrent des tables destinées à remplacer celles do Ptolèmée. dont elles diffèrent en deux Ijoints principaux : la longueur de l'année est supposée être de 365 jours, 5 heures 49 minutes et 16 secondes, évaluation plus correcte que les estimations antérieures, et qui ne dépasse que de 26 secondes les meilleures déterminations modernes. La précession moyenne des équinoxcs est ûxée à un chifi're qui est la moitié de la quantiiô réelle, puisqu'il faudrait 49.000 ans pour que les points équinoxiaux pussent décrire la circonférence du globe. Cependant, une inégalité est supposée, et se présenterait périodiquement tous les 7.000 ans. Ces tables furent calculées sur le méridien de Tolède pour Tannée 1256.
ALPHONSISME {siss) n. m. Métier de celui qui fait l'alphonse : jL'alphonsisme est une plaie de tous les temps.
ALPHOS {foss — du gr. alp/ios, blanc) n. m. Maladie cutanée. Les diverses parties du corps qui en sont afi'ectées se couvrent de taches blanches, h'alphos proprement dit se borne à lépiderme, qui devient par places blanc et écailleux. (Vieux.)
ALPIGOLE (de Alpes, et du lat. colère, habiter) adj. Qui croit dans les Alpes ; Plante alpicole.
ALPIN, INE adj. Qui habite, qui croît, qui se trouve sur les Alpes, et par ext., sur les hautes montagnes : La rose alpine ries Andes, le magnifique befarin, forme une ceinture pourpre autour des pins élancés. (Humboldt.) il Syn.