‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 213 sur 828 · ALPESTRE · texte numérisé non relu

ALPESTRE

— Chasseurs alpins, ou simplement Alpins, Bataillons de chasseurs à pied, destinés à la défense des montagnes, et particulièrement dos Alpes. V. chasseurs, armée, infan TERiE. Il Club alpin. V. club.

Alploie — a. fleur.

Alpina, ville des Etats-Unis (Michigau), sur le Thunder, affluent du lac Huron ; 12.400 hab. Fonderies, soieries. — Pop. du comté : 15.600 hab.

Alpines ou Alpilles, petit massif montagneux du dép. des Bouches-du-Rliône, compris entre le Khône, la Durance et le chemin de fer P.-L.-M., au N. de la plaine de la Crau. C'est un prolongement géologique de la chaîne du Lubéron. Au cœur des Alpines est le curieux village des Baux.

Alpines (canal des), canal d'irrigation du dép. des Bouches-du-Rliune, qui passe au pied septentrional des Alpines ; il a sa prise d eau dans la Durance, rive gauche, à Mallemort [canton d'Eyguières), et, se divisant bientôt en plusieurs branches, il va féconder diverses parties du dédart., puis retombe dans la Durance au-dessous des Cabanes (canton d Orgon). La construction de ce canal, qui s'appela d'abord ca?inl de Boisqelin, du nom de l'archevêque d'Aix, alors administrateur do la Provence, fut ordonnée en 1772. Eu 1791, il prit le nom qu'il porte encore de nos jours.

Alpini (Prosper), botaniste, né en 1553 à Marostica (Vicentin), mort à Padouo en 1617. II fit un vovage scientifique en Egypte, donna une des premières aescripiions du caféier, composa divers ouvrages pleins d'observations curieuses, et résumait les doctrines médicales des méthodistes.

ALPINIE (rad. Alpini, nom prop.) n. f. Genre de plantes de la famille des zingibéracées, appartenant à 1 Asie tropicale. Les alpiniés sont recherchées à cause de la beauté de leurs fleurs et de leur port. Leurs rhizomes sont doués de propriétés aromatiques stimulantes.

ALPINISME {Jiiss — dérivé de Alpes, ponr moyitagnes en général] n. m. Passion pour la montagne, goût des excursions dans la montagne, et, d'une façon générale, tout ce qui se rapporte à ce genre de sport : Â'alpinisme a développé en France le goût des études géograqhiques, géologiques et météorologiques. Z'alpiNiSME vivifie.

— Encycl. La montagne fut longtemps délaissée ; elle cacha durant des siècles , dans le silence de ses solitudes, ses immenses névés, sa géologie tourmentée, ses jardins glaciaires. Deux Anglais, Windham et Pococko, s'étant aventurés en 1741 avec une troupe bien armée jusque dans la vallée de Chamonix, commencèrent à la rendre célèbre en Europe ; mais c'est en 1786 seulement que Jacques Balmat çravit le sommet du mont Blanc. L'ascension de ce « roi des Alpes » tenta la curiosité d'un grand nombre de touristes lorsque de Saussure, conduit par Balmat, l'eut gravi à son tour et eut appris au monde savant quel spectacle on pouvait contempler de cette hauteur. Deux causes ont changé l'ancienne disposition des esprits et porté la foule vers ces régions : les chemins de fer et la passion, toujours grandissante, de la montagne. Mais ï'alpinisjne ne réserve ses plus grandes jouissances qu'aux touristes, relativement peu nombreux, qui fréquentent les régions perdues des grandes altitudes, car la difricultô des passages dangereux, les escalades périlleuses, ne constituent pas le moindre charme des grandes ascensions. L'alpinisme a eu deux résultats importants : l'un, de contribuer à accroître la richesse de beaucoup de pays montagneux en y attirant une foule de voyageurs . l'autre, d'amener une notable augmentation de leurs moyens de défense.

ALPINISTE [niss] n. m. Touriste qui aime les excursions, les ascensions dans les montagnes ; Les alpinistes dojvent être robustes, et non sujets au vertige.

ALPIOU (de l'ital. al pix'i, au plus) d. m. Se dit, au jeu de la bassette, de la maniue qu'on fait à sa carte pour indiquer (|ue ion double sa mise après avoir gagné.

— En T. d'argot. Tricheur qui biseaute les cartes. ALPIQUE adj. Qui appartient, qui a rapport aux Alpes:

Chaîne ALPiyUE.

ALPISTE I piss — rad. Alpes) n. m. Plante do la famille des graminées et du genre phalans, appelée aussi millet long. Elle produit un fourrage d'assez bonne qualité, et ses graines servent parfois à l'alimentation.

Alpnach ou Alpnacht, petite ville de Suisse (canton dUnterwalden). au pied du mont Pilate ; 1.900 hab. Alpnach a donné son nom au golfe du lac de Lucerne, non loin duquel il est situé.

Alpon, petite riv. d'Italie, sur laquelle est jeté le pont d'Arcole. V. Arcole [Bataille ri*).

ALPOElAMA (de Alpes, et du gr. orama, spectacle) n. m. Vues des Alpes, en relief et en perspective.

AlpsTEIN, extrémité N. de la ramification des Alpes qui. dei>uis lo lac de Wallenstadt, se dirige au Ps. entre le Toggenburg, Sargans et Sax, et termine à i'E., par le Kamor, la chaîne suisse. Sa plus haute montagne, placée au point do jonction de ses dilférentes chaînes, est le Sxnlts (2.504 m.). ^ ■^'^u'fct

AlptÉGHYN, fondateur de la dynastie des Ga^névides. mort en 975. C'était un esclave afl'ranchi des princes samanides de Samarcand, qui conquit pour leur compte Gliazua et le pays circonvoisin.

Alpujarras (du maure al-bujerab, gazon), partie montatrneuse de l'Espagne, comprise entre la sierra Nevada au N., les sierras Contraviesa et de Gador au S. Ce pays, très riche en minéraux, mais d'accès difficile, fut le dernier refuge des Maures en Espagne.

ALQUE II. f. pour ALCA, qui ost le nom latin sniontitV|U<< du gonro pingouin, V. pingouin.

ALQUEIRE ou ALQUEIRA n. f.

Mosuroilocupucitù pourios lii|uiilos ot los matiùros sùcIkîs, autrofois usitùo en Portugal ot au Brésil. A Lisbonno, elto vaut environ 13 lit. 52 comme mosuropourmatiôrossùches et 8 lit. 27 commo mesure pour liijuiilos. Au Brésil, i'alt/utera vaut ae lit. 33 pour matières sôclios.

AlquiÉ fAioxis}, médecin français, né à Perpignan on 1812, mort en 180*. Prolossour do clinique chirurgicale à la faculté de médecine de Montpellier, et chirurgien en chef de hiùiel-Dieu do cotte ville, il a piil)lié plusieurs ouvrages, entre autres : Pn-cis de la doctrine mMicale de l't'co/i- de MontfteUier (1847); Chirurt/ic con.svrva(nce et Moi/en de resfyehidre l'utilité des

opt'-ralions (1850) ; Etude vukiicalc et expérimentale de l'homicide réel ou simuU^ par straiir/ulation, relativement . attentats dont Maurice Roux a été l'objet (1864), etc.

ALQUIER(Ch.-J. -Marie), homme politique ot diplomate, né à Talniont (Vendée) on I7.'')9, mort à Paris en 1826. Avocat à \jS. Rochelle, député aux états généraux, puis, en 1792, mombro do la Convention ou il voia la mort de Louis XVI, en cas d'invasion étrangère, et se prononça pour In sursis à l'exécution. Il siégea ensuite au conseil acsiiii.| l'ni- jusqu'en 1798, et occupa succossivomtMit divri ,;,, I I irs. Rappelé par Louis XVIII en isii,

pru M . i:i : .uicidoen 1816, il vécut à Vilvorde (Bclgiqiir jii.ii[.n I MS, époque oû cessa son exil.

ALQUIFOUX (/<:') n. m. Nom donné aux variétés de galène ou sulfure de plomb employées dans l'art du potier pour recouvrir les vases de terre de l'enduit vitreux appelé couverte, qui les rend imperméables aux liquides, n Mine de

Flomb dont se servent los femmes turques et arabes, après avoir broyée et mélangée avec du noir de fumée, pour se teindre diverses parties du visage, ii En minéralogie,

Syn. do GALKNIÎ.

AlQUIZAR, village de Cuba (Antilles espagn.), prov. de La Havane; 8.300 hab.

Alruccabah, nom arabe de l'étoile polaire.

ALRUNES n. f. pi. Antiq. V. allkcnes.

Alsace. L'ancienne province d'Alsace, comprenant les départements du Haut et du Bas-Hhin, était bornée ix TE. parle Rhin, au S. par la Suisse et la Franco, par les Vosges à rO. jusqu'au N. où elle avoisinait la Bavière rliénane. Pop. : 1.120. ooo hab. en 1870. sur environ 8.675 kil. Carr. Le pays est d'une grande richesse agricole ; il était au premier rang parmi les contrées industrielles do l'ancienne France. L'Alsace fait partie maintenant du gouvernement d'Alsace-Lorraine, depuis le traité de Francfort (1871), qui l'a enlevée à la France pour la livrer à l'empiro aliemaud.

La population alsacienne est formée par le mélange des races gauloise et germanique, qui se sont succédé depuis la conquête romaine et ont constitué une race énergique, active et réunissant à la fois les caractères particuliers dos diverses nationalités auxquelles elle doit son origine. Les villes principales de l'Alsace sont : Strasbourg, la cauitale, Colmar, chef-lieu judiciaire de l'Alsace, Savornc, Sclilestadt, Mulhouse, Thann, Guebwdier ot Haguenau.

— Histoire. LAlsace {Elsass. pays de l'El ou III), dont le nom ne parait dans les documents qu'au vu" siècle, est mentionnée l'our la première fois dans l'histoire au temps •ie Jules César. Elle est déjà un pays d'invasion, et le demeure sous lempiro romain et jusqu'au temps de Clovis. Ensuite, et jusqu'à la tin du ix" siècle, c'est dans l'horizun de la Gaulo franciue, commo celle de l'Alémannie, que se meut la vie de l Alsace. Tombée dans le lot du roi do Germanie Arnould après 888. l'Alsace voit se développer, au temps de la dynastie saxonne, la puissance ecclésiasti(|ue des év6{iucs de Strasbourg. Ces prélats, créateurs des empereurs des diverses familles impériales, mêlés à toutes les péripéties de la guerre entre le sacerdoce et l'empire : ils sont tantôt du côté du pape, tantôt du côté des empereurs. De Grégoire VII à Innocent IV. et do Henri IV à Frédéric II, pendant les xr et xii' siècles, jusqu'à la nurt de Conradin (1268), l'Alsace suit los destinées de la maison de Hohenstautfen.à laquelle Henri IV l'avait donnée pour tenir tête à l'épiscopat et à la papauté. La bourgeoisie alsacienne forma alors une classe puissante et put résister au clergé, qui la comliattit de toutes ses forces. Frédéric II. comme ses prédécesseurs, soutint la bourgeoisie contre les évoques de Strasbourg; la chute de sa dynastie entraîna pour l'Alsace une série de guerres civiles, dans lesquelles princes et évéques se disputèrent l'autorité, Enfin, 1 "évoque Walter de GeroMseck dut signer la paix : son successeur Henri de Geroldseck reconnut la puissance municipale de Strasbourg.

Le duché d'Alsace avait disparu, ainsi que la puissance militaire des évoques; sauf Strasbourg, devenue ville libre, l'Alsace était outrée dans l'apanage d'Albert d'Autriche, lils de Rodolphe de Habsbourg. Jusqu'à la tin du xv« siècle, dans Thistoire do l'Alsace ce ne sont que massacres clos juifs, ligues dos princes pour opprimer nUuôt que pour défendre Itîs populations, associations

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les coteries et li-s h^^u.^s dos princes se disputent la prédominance fut une suite ininterrompue de dévastations et do méfaits do toute sorte, jusqu'à la reprise du sceptre impérial par la maison d'Autriche, en 1438, sous Albert IL Sous Frédéric III, le comte d'.\lsace,Sigismond, ayant vendu à Charles leTémérairede Bourgognelout cequi lui appartenait dan> la province, ce prince en confia l'administration à Pierre de Hagonbach, (jui fut le tyran de l'Alsace, dëtermin;' une révolte des principales villes et fut décapité en 1474

Charles le Téméraire ne put lo venger; rAUaco rappela Sigismond, ot la maison a'Autricho on domoura maltresHc incontestée jusqu'au début do la guerre do Trente ans, en loiy. L'autorité dos princes autrichiens n'était cependant pas assez puissante pour empêcher les querelles intestines suscitéos par la jalousie dos soigneurs ; mais ces luttes, restreintes à certaines localités, no pouvaient influer sur les intérêts généraux do la province.

Pendant ces longues péripéties, l'Alsace avait vu se produire une magnifique offloresconce artistique ot littéraire : Gutenberg invente limprimerio à Strasbourg: la cathédrale s'achève; Martin Schoen fonde une véritable écolo alsacienne do peinture; une écolo d'humanistes se forme à Schlestadt et produit une série d'hommes distingués, dont le nom brillera au momoni do laR(

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