V. BAU
— Encycl. Philos. L'expérience de la mort a, do bonni houro, amené les hommes â distinguer l'nme du corps. Cotto distinction a paru de telle nature aux peuples primitilsindo-ouroijoons, qu'ils ont tous admis uuo certaine survivance do râmo. Mais, pour les premiers penseurs grecs, dont l'esprit tâtonnait encore, comme pour les noncivilisés actuels, l'âme n'était qu'un souffle, un air subtil ot vivifiant, qui s'échappait du cadavre par la bouche ou par les blessures ouvertes. Avec le pytliayorisme surgit une idée plus abstraite : l'individu résulte de l'union tomporairo d éléments corporels; l'âme est un nombre déterminé, principe do cette combinaison harmonieuse. 1 oiir Empédocio, comme pour Heraclite, elle est une étincelle du feu divin qui pénètre tout. Anaxagore voit dans 1 âme un esprit j;n(]. Uémocrite professe franchement le nialérialismo : l'ùmo se compose des atomes les plus déliés, les plus polis et les plus mobiles; associés dans un certain ordre, ils acquièrent la faculté do sentir. Platon est nettement spiritualisto. Pour lui, l'âmo a trois puissances ; la sensibilité, la volonté et la raison. Ces trois puissances no s'agencent pas « comme les pièces des chevaux de bois " , eUes ne forment qu'un seul ot môme être, lequel est immortel. Aristoto voit dans l'âme la forme du corps, c ost-â-dire, comme il l'entend, la force immanente qui donne à l'organisme humain sa vie organique, sensitivo et intellectuelle, et qui n'a elle-même d'existence qu en lui. L épicurisme revient au matérialisme do Démocrite, ot le stoïcisme au panthéisme d'Heraclite en faisant de 1 âme un souffle chaud, émané de l'âme du monde. Mais, tout à coup, le spiritualisme rcnait, plus vivacc que jamais : le christianisme prêche do toute part l'immaterialuo de l'âme et sa survivance sans fin dans un moiido supérieur à celui-ci, plus durable ot plus juste
1 Do cette nouvelle l'humaniffi nllnit. vivvA „ inn„'t,'n„r
Do cette nouvelle l'humanité allait vivre. »'(Boutroux.;
Au moyen âge, la pensée oscille sans cesse entre Platon ot Anstote, dont on concilie, en les modifiant, les théories ■ le 1 âme avec les données chrétiennes. A la Renaissance "11 ressuscite 1 une ou l'autre de ces théories, ot on les interprète avec une indépendance sans réserve.
Pendant que Hobbes adopte un matérialisme absolu Dnscartes, analysant les deux idées de l'âme et du corps' mot l'essence de l'une dans la pensée, et celle de l'autre dans l'étendue, et ces deux essences sont irréductibles 1 une à l'autre. Par le mot de « pensée », il entend non pas la seule intelligence, mais tous les phénomènes psychologiques. Spinoza repousse le dualisme cartésien. Le corps a pour cause immédiate Dieu, en tant que son essence se manifeste par l'étendue et comporte une détermination qui constitue un mode de l'étendue: l'attribut de la pensée étant en Dieu rigoureusement parallèle â celui de l'étendue, I idée de cette détermination est donnée en Dieu, en tant que son essence se manifeste par la pensée; elle' est donc 1 idée d un corps.
Hume soutient que ce que nous appelons le moi un et u entiquo ne nous est révélé par aucune impression simple et constante et mie le prétendu objet du sens interne se résout, comme l'objet des sens, en une série mouvante de phénomènes. Stuart Mill ne fera que reprendre cette doctrine. "^
Kant attaque, de son côté, la métaphysique de l'Ecole sur 1 ame. Il me que la méthode syllogistique puisse conduire à la connaissance de la nature de l'âme, mais il arrive, par la morale, à la croyance en son immortalité.
Le spiritualisme et le matérialisme ont trouvé au xtx" siècle des défenseurs déterminés.
Quant à la doctrine kantienne do l'âme, elle se présente taiitot relativement pure, tantôt sous la forme néo-criticiste. Rejetant toute spéculation sur l'âme substance Ronouvier n'admet que des phénomènes reliés par la loi de personnalité.
— Ame des bêtes. Les anciens, d'après Aristote, accordaient aux animaux une dme sensitive. Desoartes en ht de pures machines, de véritables automates. La sensibilité et les instincts des animaux ne s'accordent pas avec son dualisme absolu, pensée et étendue : l'âme des bêtes fut sacrifiée aux exigences du système. Mécanistes à outrance, les cartésiens s'attachèrent à cette opinion du maître. On sait qu'un jour, où Fontenelle était venu le voir, Malebranche, importuné par les mouvements de .sa chienne, qui coupait la conversation et l'empêchait do suivre quelque raisonnement, donna à cette pauvre bête, qui était pleine, un grand coup de pied (Uns le vcnire, en disant : . Ne savez-vous pas bien que cola ne sent pas? » Condillac et les philosophes du xvm» siècle soutinrent, contre le cartésianisme, que les animaux sont, dans une certaine mesure, doués de sentiment, d'intellisence et de volonté. Ces attributs de l'animalité ont cessé d'être mis en doute, quelque distance qui les sépare des facultés humaines.
— Ame Dtj MONDE. Les anciens désignaient sous le nom de âme du monde une force infuse dans toutes les molécules de l'univers, laquelle, selon eux, servait à la matière de principe moteur et do principe plastique, c'està-dire qui donnait la forme et le mouvement â tous les ntrcs. Pythagore, Platon, les alexandrins, faisaient de I aine du monde uno substance intermédiaire entre le Dieu suprême et l'univers. Les stoïciens mettaient ce principe à la place de Dieu lui-même.
Âme (REPRÉSENTATIONS DE l'). Les représentations de 1 âme ont varie aux difl'érentes époques et chez les peuples, selon l'idéti que chaque civilisation s'est faite do la vie posthume. Le double est, chez les Egyptiens, un second exemplaire du corps : â ce double correspond limage des poètes grecs et ïombre des Latins. L'imagination dos Grecs prêtait une forme sensible â l'âme. Les peintures do vases montrent limage ou tïiu).ov figurée tantôt comme un oiseau âtêto humaine, tantôt comme une petite figure reproduisant les traits du mort, avec des proportions très réduites ; quelquefois, comme dans les bas-reliefs du monument de Xanthos, l'âme est enlevée par des génies ailés ou hai-pies. Ce n'est que plus tard que l'eîSuîiov parait sous la forme d'uno petite figure nue et ailée n'ofl"rant plus de ressemblance avec le corps. Lorsque les Romains imaginèrent do frapper des médailles et de sculpter des basreliefs, pour célébrer l'apothéose et la consécration de
leurs sooTorains, ils rcprésenièr<ti oiseaux consacrés â Jupiter et a i l'âmo do l'enipereur ou do l'iiniiératrico figurée en bu.sïe. C'est au même titre symbolique que l'image du phénix apparaît accomjiagnéo dos mots xlcmitas, consecratio.
Cet oiseau merveilleux, qui, " " d'après la croyance popu- \luiro, avait lo don de rcnal- I tre de ses cendres, fut adopté par les premiers chrétiens comme un emblème de la résurrection et de l'immortalité de l'âme. Les premiers chrétiens ont aussi donné a l'àme l'apparence d'un navire touchant au port, d'un cheval se hâtant do fournir sa course et. plus souvent encore, celle d'uno colombe. A partirdu xiii' siècle, l'âme est ordinairement représentée , „, , sous les traits d'un petit être "Viu l'"»' humain nu et sans sexe.Tantôt elle entre dans la gloire éternelle, tantôt elle s'élève dans lo ciel portée par dos anges. Bientôt, l'idée de représenter dos anges et des démons se disputant les âmes vint inspirer les primitifs italiens
La pesée d. s àme..
(Bas-relier de la catliédraie de Bourges.)
âmes
ji I u s rien des anciens caractères symboliques : elles
sont tantôt vêtues, tantôt nues, et, dans ce dernier cas, les sexes sont parfaitement indiqués. La représentation de l'âme sous la figure d'une jeune fille se retrouve dans les livres de piété, depuis le xvi« jusqu'au xviii' siècle. Lorsque les productions de l'idéalisme chrétien eurent cessé d'être comprises et goûtées, les artistes renoncèrent aux représentations symboliques de l'âme. La fable de Psyché continua seule â être interprétée dans des compositions faites pour charmer les sens plutôt que l'esprit. Do nos jours, l'Ecole allemande, entraînée par se? tendances mystiques, s'est efl"orcée de rajeunir les anciens symboles et a remis en scène les personnifications allégoriques du moyen âge. En France, la récente évolution symboliste n'a pas permis de constater des représentations inédites ou originales de l'âme; une association s'est bien qualifiée de Peintres de l'dme (1S9J), mais, par ce titre, elle entendait seulement indiquer la communauté des tendances moralistes.
Âmes mortes (les), roman de Nicola-s Gogol (1834). Avant l'abolition du servage, tout propriétaire russe payait la capitation d'après le nombre d'âmes, c'csi-à-dire d» paysans, qui peuplaient ses domaines. Comme les recensements n'étaient ni fréquents ni exacts, il se trouvait payer pour dos âmes qui étaient mortes depuis longtemps. En revanche, il empruntait sur les âmes tout aussi bien que sur la terre même, sans que la Banque d'Etat, qui prêtait jusqu'à deux cents roubles par âme. se préoccupât de savoir si l'âme était vivante ou morte. Le héros du roman de Gogol, un certain Tcbitchikov, va chez les grands propriétaires, dont la famine ou le choléra viennent do dépeupler les domaines, et leur achète leurs âmes mortes, achat qui ne peut lui coûter bien cher, puis il se fait prêter sur elles une somme ronde. Quand la Banque, faute de payement, voudra réaliser le gage, elle s'en trouvera bien empêchée, mais le débiteur sera loin alors. Celte curieuse donnée est pour l'auteur lo prétexte d'une sf'rie d'études sur la vie provinciale on Russie, et ses tableaux de mœurs sont toujours très vivants.
AMÉ, ÉE adj. Terme de chancellerie employé autref. pour aimé, dans les lettres et les ordonnances des rois de France : A nos amés et féaux conseillers. — Substantiv. et ironiq. Serviteur fidèle, ami dévoué.
AMÉ-no-mi-naka-noushi-no-kami (• lo Dieu
maitre du centre auguste du ciel = ). C'est nominalement la divinité suprême du Shtnlô, ou religion nationale du Japon. Bien qu'on le dise tout-puissant et souverain maitro du monde, il ne lait pas œuvro do croauuu. i-i-s i,,is Dieux sont, outre Amé-no-mi-naka-noushino-kami, Takami-mousoubi-no-kami ^- le grand et auguste Dieu merveilleux producteur ■) et Kami-mousnubi-no-kami |, le Dieu merveilleux producteur .). Celui dont il s'agit fait donc partie d'une Trinité ayant une origine commune inexpliquée. Cependant, les Japonais actuels admettent la priorité et la supériorité d .\mé-no-mi-naka-noushi-no-kami sur les autres dieux. La religion shïntôiste-interdisant de représenter les dieux sous des formes corporelles. U n'existe pas d'images d'Amé-no-mi-naka-nousni-no-kami.
AMÉBÉE (du gr. amoibaios. alternatif) adj. Se dit d'un chant en dialogue où deux interlocuteurs se répondent par des couplets ordinairement de même longueur : La troisième éqloijue de Virgile offre un modèle d'une petite pièce A.MËBÊE. Il Vers amèbées. Vers employés dans ce genre de poésie.
Ameca, Tille du Mexique (Etat de Jalisco), sur le fl. cd-
AMECER - AMENDE
tior Ameca; 10.000 liab. Elle est située au milieu dune conirée extrcmement fertile.
AMÉCER (le c du rad. améc prend la cédille toutes les foii que la terminaison commence par un a ou tin o : Nous amh^Z II arnica. - Vé fermé du radical se change en e ouvert devant une voyelle muette ;/ «mece. excepte au futur et au conditionn., où Vé fermé est conservé) v. a. T do vitic. Aux environs de Pans, les vignerons disent qu'ils . amècent » leur vigne quand ils enlèvent avec le sécateur, après la vendange et lorstiue les pousses de l'année sont aoùtées, les sarments malingres ou inutiles, de sorte qu'il ne reste sur les ceps que les sarments vicoureux sur lesquels sera assise la taille de 1 année suivante, faite en vue de la production du fruit.
Amecha-çpenta ou Amescha-çpenta. Myth.
pers. "V. Amschaspands.
AMED n. m. Droit que payent, en Turquie, les marchandises indigènes exportées.
AméDÉE, nom commun à plusieurs comtes et ducs de Savoie. V. Savoie.
AméDÉE (Ferdinand-Mariel, duc d'Aoste, ex-roi d'Espatne.sous le nom de Amedéel':, "éàTurin en 1845 mort âans cette ville en 1890. Second hls du roi d Italie, Victor- Emmanuel, il fut nommé lieutenant général et vice-amiral (1869). Après l'avortement de la candidature Hohenzollern au trône d'Espagne, les Cortés espagnoles, réunies le 16 novembre 1870, décernèrent la couronne au prince Amédée, qui fut proclamé roi sous le nom de " Amédée 1" • et arriva àMadridle2janvi6rl811.
Il manifesta la ferme volonté de gouverner constitutionnellement et se fit le représentant des idées libérales; mais, souverain d'origine étrangère, il n'inspira qu'une sympathie médiocre aux Es- .
paenols Peu après éclatait dans les provinces basques f Insurrection carliste, qui devait durer cinq ans. Comprenant son impuissance à rétablir 1 ordre, Amédée I" abdiqua le pouvoir le 10 février 1873, et les Certes proclamèrent la république. Amédée retourna en Italie, reprit son titre de « duc d'Aoste . et reçut son ancienne dotation. — Sa femme, la princesse Marie del Pozzo della Ois- TiîRNA née en 1847, morte à San-Remo en 1876, lui laissait trois fils : le prince Emmanuel, duc de PouiUes le prince Victor, comte de Turin, et le prince Louis. En 1888, u avait épousé en secondes noces sa nièc^, nlle du prince Napoléon Bonaparte, la princesse Létitia, dont il eut un fils, le prince Humbert.
Ameilhon (l'abbé Hubert-Pascal), érudit, né à Paris en 1730, mort dans cette ville en 1811. Membre del Académie des inscriptions, il se livra à de profondes recherches sur diverses parties de l'histoire ancienne, continua 1 /histoire du Bas-Empire, de Le Beau, et devint conservateur de la bibliothèque de l'Arsenal. On estime surtout son Histoire du commerce et de la navigation des Egyptiens sous les Ptolémées (nes).
Ameipsias, poète comique grec, du V siècle av. J.-C. Il ne nous reste que quelques fragments de ses comédies, dont les deux principales, le Connos et les \Ulageois, avaient remporté le prix, bien qu'Aristophane eut concouru en présentant les Nuées et les Guêpes.
AMÉIVA ou AMÉrvE (mot brésilien) n. m. Genre de reptiles sauriens, famille des améividés, caractérises par leurs "randes plaques ventrales et leurs dents tricuspides :
5 de lo
(ameiva murinus [Guyane]), etc.
AMÉIVI- DÉS n.m. pi.
Famille de reptiles sauriens fissilingues, renfermant do grands lézards qui
remplacent . , i, i ■» »
dans l'Amérique les varans de 1 ancien monde. Habitent les rcsions cliaudos et vivent à terre ou au bord des eaux ; très carnassiers. — Un améividé.
AMÉLANCHE n. f. Fruit de l'amélancliier. AMÉLANCHIER iclii-é) n. m. Genre de rosacées, série des pir.rv vuisiii (li's alisiers, il Arbres ou arbrisseaux do l'Amérique l.oirair. lUi Jupou, do l'Asie Mineure, et qu'on rencontre quclquelois aux environs de Paris.
AmeIAND, ile de Hollande (prov. de Frise), dans lam.T du Nord, il 8 kilom. de la cote ; 2.280 hab. ; ancien bailliage. AmÉLÉS, nom d'un des fleuves de l'Enfer, selon Platon. Plntar(|U0 prétend qu'il était impossible d'en retenu l'eau dans un vase.
AMÉLÉTIE (du gr. amélctos, négligé) n plantes de la famille des lythracées ou lyth naire des Indes orientales.
ÂMELETTE n. f. Petite âme. V. âmette.
Amelia (lat. Ameria), ville d'Italie (prov. de Pérouso) ; 6.100 hab. Evéché; raisins excellents. Patrie de l'acteur Roscius, client et ami de Cicéron.
Amelia, ile de l'Atlantique, sur la côte orient, de la Floride (Eiats-Unis) ; cap. Ferdinandina, excellent port. AmÉUE (Anne), sœur do Frédéric le Grand, née en 1723, morte en 1787. Elle cultiva la musique avec passion et composa sur la mort de Jésus, de Ramber, un oratorio cité comme un morceau extrêmement remarquable.
Amélie, duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach,^ nièce du roi de Prusse Frédéric II, et veuve du duc Ernest-
Genre de
Aueuste-Constantin, née en Italie en 1739, morte en 1807. Veuve deux ans après son mariage (1756), elle tut régente iusqu'en 1775, encouragea le commerce et 1 industrie, les lettres et les arts, s'entoura d'hommes de génie tels que Gœthe Schiller etc., et créa une foule d'établissements utiles La cour de Weimar fut un centre de culture intellectuelle qui valut à la petite capitale le nom de . Athènes de l'Allemagne ». En 1788, elle fit avec Gœthe le voyage d'Italie.
Amélie (Marie-Frédérique-Augusta), sœur du roi de Saxe Frédéric-Auguste II, née à Dresde en 1791 morte à Pilnitz en 1870. Sous le pseudonyme de Amélie Heiter, elle fit représenter avec succès des œuvres dramatiques (Dresde 1W7-IS42), qui ont été en partie traduites en français par Pitre-Chevalier ; VOncle;tBàte;laF,ancée du Château- une Femme charmante; la Demoiselle de mllaqe, et l'Héritier du majorât. Elle a laissé aussi des compositions musicales.
Amélie, ex-reine de Grèce, née en 1818 dans le grandduché d'Oldenbourg, morte à Bamberg en 1876. bile épousa en 1836 Othon I", roi de Grèce, se rendit d abord populaire par sa beauté et son énergie, et fut à diverses Reprises chargée de la régence. En 1861, tin étudiant tira sur elle sans l'atteindre, et, en 1862, une insurrection la renversa du trône avec son mari.
Amélie, reine de France. V. Mabie-Amélie. Amélie, roman anglais, de Fielding (1751); ce fut le dernier ouvrage important de l'auteur de Tom Jones. Au lieu de chercher dans l'amour, comme la plupart des romanciers, l'action et les péripéties de son ouvrage, Fieldine les a cherchées dans le mariage même et la teiicite domestique. Son récit est l'histoire d'un ménage, toujours uni et, en somme assez heureux, malgré les torts du mari, qui est loueur, imprévoyant et, par surcroît, infidèle. Le caractère de la femme, Amélie, est très intéressant et finement tracé. Sa patience angélique, son indulgence pour les torts de Booth, son mari, sa résignation dans les iours de détresse, offrent un parfait modèle des vertus conjugales. Il règne dans Amélie une certaine monotonie, due à°C6 que les situations sont toujours à peu près les mêmes; niais ce défaut est racheté par 1 exactitude et la fidélité des peintures morales.
AméUe de Mansfield, par M»' Cottin (1803). L'auteur a voulu, daus cet ouvrage, montrer à quel excès de malheurs peut conduire l'amour, même le moins coupable, et à quel point l'orgueil peut endurcir le cœur. . H y a oueldue exagération et des invraisemblances ; mais c est une production d'un style brillant. Amélie est un roman par lettres, ce qui lui donne une grande variété.
AmÉLIE-LES-BAINS, comm. des Pyrénées-Orientales, arroud. et à 10 kilom. de Céret, à l'embouchure du Mondony dans le Tech; 1.381 hab. Eaux sulfurées sodiques, de -36° à 61» C, pour les maladies des voies respiratoires, la tuberculose, connues dès l'époque romaine, émergeant par dix-sept sources principales de roches feldspathiques; hôpital militaire. Le bourg se nommait autrefois i^ams d'Arles. Il a pris, en 1S40, le nom de Améhe-les-Bams, ea souvenir du séjour qu'y fit la reine INlarie- Amélie. AMÉUORABLE adj. Qui peut être amélioré : Terrain
AMELIORABLE.
AMÉLIORANT, ANTE adj. Qui est propre à améliorer, à accroitre la fécondité du sol : En agriculture, il y a des plantes améliorantes et des plantes épuisantes.
AMÉLIORATEUR, TRICE, ou AMÉLIORATIF, IVE adj. Qui peut, qui est de nature à améliorer.
AMÉLIORATION (si —rad. améliorer) n. f. Changement en mieux ■ progrès dans le bien : amélioration dans l état d'un malade, la croissance intellectuelle n'est pas moins indispensable que /'amélioration matérielle. (V. Hugo.) ^
— Particulièrem. Réparations, embellissements, quon fait dans un fonds de terre ou dans une maison, pour en aii-menter la valeur : On est obliqé de payer les amelio- H.\TioNS a un possesseur de bonne foi que l on dépossède.
'— En T de dr. Améliorations nécessaires. Celles qui sont indispensables pour ne pas laisser dépérir le bien.
Il Améliorations utiles, Celles qui donnent au bien une plus-value, et sans lesquelles cependant il no dépérirait ]ya.s.u Améliorations ou Impenses voluptuaires, Amelioralions de luxe, d'agrément, de fantaisie.
— Anton Adultération, corrupUon, degénéraUon, dégénérescence, dégradation, détérioraUon, empirement, endomœagement, pervertissement.
AMÉUORER (du lat. mehor. meilleur) v. a. Rendre meilleur ; Le bœuf améliore le fonds sur lequel il vit et eiinraisse son pâturage. (Butîon).
— Par anal. : Instruire le peuple, c est l améliorer. (V .
!!f Particulièrem. Faire dans un fonds de terre ou dans une maison des travaux qui en augmentent la valeur : On améliore considérablement un terrain par le drainage.
— Ane. chini. Améliorer un métal. L'épurer.
S'améliorer, v. pr. Devenir meilleur.
Anton. Abâtardir, adultérer, avarier, corrompre, dégrader, dépraver, détériorer, empirer, endommager, gâter, pervertir, vicier.
AMÉLIORISSEMENT n. m. Terme particulier à l'ordre de Malte, et qui se disait pour Amélioration.
AMELLE (lat. amellm, plante chantée par Virgile) n. f. Genre de plantes appartenant à la famille des composées, tribu des astérées, qui vit dans les prés secs des montagnes calcaires et élevées de l'Europe.
AMELLÉES n. f. pi. Division de la sous-tribu des astérinées, famille des composées. — i'ne amellee.
Amelot de LaHouSSAYE (Abraham-Nicolas )publiciste né à Orléans en 1634, mort à Pans en 1706. 11 est l'auteur d'une Histoire du gouvernement de Venise (1676), remplie de traits satiriques qui le firent jeter à la Bastille ainsi que de Mémoires historiques très piquants (Paris, 1722), et le traducteur de \ Histoire du Conseil des Trente, do Paolo Sarpi.
AMEN (mot hébr. qui signif. ainsi soit-il), terme par loiiuol se terminent beaucoup de prières catholiques, Israélites, mahomotanes. , . . i i „„„
— Par ext. et familièrem., S'emploie dans le langage ordinaire pour exprimer que l'on approuve une chose, qu'on V consent : Dire amen « toutes les propositions, ii Se |
dit ironiquem. dans lo même sens que ainsi soit-il, 4 un interlocuteur qui vient de finir un long discours: \v,,^ ([!)« /i'ii .' Amen ! . „„„,„,,
— Prov. Depuis Pater jusqu'à amen, Depuis le comnu n cornent jusqu'à la fin. Il II est toujours là pour dire amen. Se dit do quelqu'un qui trouve toujours quelque chose a ajouter à ce qd'on vient de dire, ou qui approuve tout.
— Substantiv. : Dire un amen, il PI. Des amen.
— Encycl Au commencement d une phrase {,Amen, dico vobis), le mot amen marque l'affirmation et signiho en vérité, certainement. Répète deux fois de suite, il a la force du superlatif. Les Abyssins appellent .amen » le sacrement de l'eucharistie.
Lo mot amen a fréquemment servi de sujet aux compositeurs de musique religieuse. (V. fugue.) On doit de très beaux Amen à Palestrina, à Hœndel, à Caffaro, etc Un amen est écrit en canon, à l'abbaye de -Westminster (Londres), sur le tombeau d'un des rares bons musiciens que compte l'Angleterre : Benjamin Cook.
AMENAGE n. m. La peine et les frais pour amener, pour voiturer quelque chose : Frais d'AMENAGE.
AMÉNAGEMENT n. m. Eaux et for. Action d'aménager un bois une forêt ; résultat de cette action.
— Mar Dans les bâtiments servant à transporter des voyageurs, Distribution de l'intérieur de ces Tjâtiments en elles, entreponts, batteries, dunettes, saUes salons, cabines, infirmeries, cambuses, magasins, etc. : i aménagement actuel des- steamers est luxueux. (On dit plutôt emménuqement.) 11 Au pi. L'ensemble de ces différentes choses.
— Par ext., aménagement s'emploie quelquefois dans la laneue courante en parlant d'une maison, d un appartement, etc. : Les Anglais excellent aux aménagements confortables. . . 1, e ',
— Enctcl. Eaux et for. Vamenagement d une foret consiste à régler son exploitation, c'est-à-dire à choisir le récime forestier auquel elle sera soumise, de façon qu elle donne à son propriétaire un rendement annuel et soutenu le plus avantageux possible.
En principe, tout régime forestier divise le domaine boisé en parcelles exploitées successivement à une année de distance. S'il y a trente parcelles, chacune d entre elles sera exploitée une fois tous les trente ans. On dit alors que la révolution du régime d'exploitation adopte est de trente ans. On pratique actuellement trois espèces de régimes forestiers : l'aménagement en taillis, en futaie et en taillis sous-futaie. , , ,.
Dans l'aménagement en taillis, la régénération repose sur les rejets que fournissent les souches et les racines des arbres qui ont été abattus. Elle est prompte, aussi elle permet d'appliquer une révolution de courte durée (trente années par exemple). C'est avec le taillis que la forêt, considérée comme représentant un certain capital areent, fournit la rente la plus élevée. Aussi 1 aménagement en taillis est celui que préfèrent les particuliers.
„r:.. .,., ..A»;.v,/, 1., fnrAt HA nroduit OUO dOS DOIS UO
ment en laïuis est ceiui quo ^,,^i^,^^« — ^T . ■ a Mais, sous ce régime, la forêt ne produit nue des bois de chauffage et elle tend à se peupler de bois blancs au détriment des essences dures plus précieuses. En définitive, le taillis diminue insensiblement la valeur du domaine boise. Dans l'aménagement en futaie, la réqénération repose sur les jeunes plants venus de graines ou brins de semence. Les arbres sont exploités à un âge avancé (cent ans par exemple). La forêt est alors divisée en cent parcelles, on laisse sur la coupe exploitée un certain nombre d arbres vorte-qraines, choisis convenablement, capables de fournir en abondance des semences vigoureuses et d assurer l'ombrage nécessaire aux jeunes plams. On ectoirora ensuite progressivement par de nouveUes coupes jusiiu à ce que les jeunes arbres aient acquis tout leur développement, et, par la suite, on prati(|uera en outre des coupes d'amélioration pour favoriser les essences précieuses, par l'abatage des bois blancs toujours envahissants, ou des produits malingres, et pour retrancher les végétaux nui- ; sibles ; épines, ronces, morts-bois. (La futaie n est pas ton- , jours traitée comme on vient de le dire. [V. jardinage]). ]
L'aménagement en futaie, surtout avec des révolutions à longue période, assure la parfaite conservation de la | forêt et même permet son amélioration. On obtient par ce | régime les produits les plus utiles dans les bois de marine. C'est la méthode d'exploitation que la logique impose dans les forêts domaniales de l'Etat. L'Etat doit se préoccuper , dos intérêts des générations futures, de la défense du territoire contre les nations rivales, et de la défense du sol contre les ravages des eaux torrentielles ton sait que la forêt a une grande inHuence sur le régime des eaux).
Le taillis sous-futaie, régime intermédiaire entre le taillis et la futaie, jouit d'une façon incomplète des avantages de l'un et de l'autre (rente plus élevée qu avec la futaie, conservation mieux assurée qu'avec le taillis). A chaque révolution, on laisse sur la parcelle exploitée un certain nombre d'arbres porte-graines dits .baliveaux . . 11 peut ainsi rester debout des baliveaux âgés de plusieurs révolutions dits baliveaux modernes, anciens, bisanciens, etc. Les conifères ne rejetant pas de souche ne peuvent être exploités qu'en futaie.
Dr. Aménagement des bois compris dans un usufruit. V USUFRUIT. Il Aménagement des bois et forêts de Ihtat, des communes, des établissements publics. V. forets.
AMÉNAGER (rad. ménaqe. — Il prend un e muet entre le radical aménag et la terminaison, toutes les lois que celle-ci commence par un a ou un o : i\ous aménageons. Il aménagea, etc.) v. a. Diviser une forêt en coupes successives, et réglementer l'étendue des coupes annuelles . Aménager un tois. il Débiter du bois de charpente ou de chauffage : Aménager des chênes, des hêtres, etc.
— Par ext. Disposer, distribuer avec ordre : L irrigation qui AMÉNAGE le mieux les eaux est celle qui conserve te mieux la fécondité du sol. (De Villeneuve.)
— Régler la disposition intérieure d un navire, a une maison, etc.
S'aménager, v. pr. Etre aménagé.
AMENDABLE adj. Que l'on peut amender, que l'on peut améliurer : l'nc lt:rre amendable.
— Ane dr Susceptible d'amende : Cas amenpable. Il Crimes 'niiieiidables. Crimes dont on évitait le châtiment en payant une certaine somme.
AMENDAGE n. m. Action d'amender.
AMENDE n. f. Peine pécuniaire infligée pour une infraction aux lois, aux règlements : Etre coiukunue a /'amende.
- Encycl. Ane ' on usaf^o (l(>s ics n^'ino do ranuMnl<?
iii|i(»siiions (v. co \
iMfis lolanpaffo ordinaire ot paroxt., Petite punition ilivi < |..jur uno légère infraction, dans une circonstance irl |in' : LcprcmU'T qui rirn. itéra rnia à /'amiîndk.
— iMtiiv. ot vUf. Les battus payent l'amende. Se dit d'un
- Amende hnnumhlr, Piniiti.in iiir;iiiiaiito, sorte do réii-ation publique, inlli^'oo par l'atirtoniio iôpislation franiiso à certains criminels : Autrefois, le blasphémateur •lit contlamnti à faire ambnde honokadlu au pied de M,^f;.(Lamonn.)
— Fig. et fani. Faire amende honorable, S'excuser, tioiidor pardon d'un lort, ([iii-lcniimio.
■ i-a [..iiin Jn l'amende paraît avoir riii|is l-'s plus reculés. Kn Franco, si'iiililo romontor au système des iiot) usité cliez les Francs et les le roi préleva une certaine sur la composition payée à la victime ou à - I 1 iMiMi>- : '■ <-f .-.■iif portion attribuée à l'autorité publi- 1 I I ' ' ! l'ininl'- Avant 1789, on distinguait doux L I I I 'I ! ([11. ml. 'S : los unes fixées par les ordon-
II 1! - h , iKM , ail. maires. Aujourd'hui, il n'y a plus A :iiii.iMlr , :irlitir;in-os ; un maximum ot un minimum sont ii\r. riiir.' Ics.im-is doit s'enfermer la décision du juge. |)i [.'iiiiiriidi- est une peine commune aux matières I I imiipll.-s, (•(.rrpftionnellos ot do simple police (C. pén., art. y, il et Kîl). Kilo consiste dans l'obligation de payer uiio somme d'argent.
L'amende est une peine tantôt principale et tantôt aii'cssoire en matière do simple police ot en matière ' orroctionnolle, toujours accessoire on matière crimiiM'llo. Los amendes pour contraventions de police peuvent s l'Iovor de 1 à 15 fr. inclusivement (C. pén., art. 46G), mais los jugements sont susceptibles d'appel, dans les • \\K jours do la signification, lorsque l'amende prononcée <'\<('de 5 fr., outre les dépens (C. instr. orim., art. 172). les délits dont la peine excède 15 fr. d'amende sont de la i iiinpôtonce des tribunaux correctionnels (C. instr. crini., an. 179). Dans tous les cas où l'amende est substituée à r.'inprisonnoment, aux termes du décret du 27 nov. 1870, M la peine de l'emprisonnement est seule prononcée par [ n-ticle dont il est fait application, le maximum de cette aiii.Mide est de 3.000 fr. (C. pén., art. 463).
L'amende est une peine essentioUoment personnelle. Aussi ne pout-ello être prononcée contre les personnes i|Ui ne sont que civilement responsables, et celles-ci, le ras échéant, ne peuvent-elles être soumises à la coniraînto ] :ir corps, maintenue, en matière d'amende, par la loi du ■:■: juillet 1867.