‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 233 sur 828 · AMENHOTPOU — AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

AMENHOTPOU — AMÉRIQUE

Aménophis H, arrière-petit-fils du précédent, débuta par lutter contre les Asiatiques, ses sujets, qui s'étaient révoltés jusqu'à la Mésopotamie, puis consacra le reste de son règne à des travaux de construction. — Le petit-fils de ce roi. AmenophiS m, après avoir dompté des révoltes, passa tout son règne (plus de 36 ans) à bâtir. — Son fils aine, Amenopliis IV, lui succéda et tenta d'accomplir un immense bouleversement dans les habitudes égyptiennes. Son règne fut d'ailleurs paisible.

Amenhotpou ou Aménothês. Hist. V. Meneptah.

AMÉNIE (du gr. a priv., et mèn, mois) d. m. Syn. aujourd hui inusité de aménorrhée.

AMÉNITÉ (lat. amœnitaSy même sens) n. f. Agrément, charme, douceur; ce qui fait qu'une chose est agréable : /,'aménitê d'un lieu. Z'amrnité du climat. (Ce sens, qui est le primitif, a complètement vieilli.)

— Politesse, affabilité : Z'aménité devrait être la base du commerce des hommes. (A. Guyard.)

— Par anal. Charme, douceur, en parlant du style : Un modèle ri'AMKNiTt: chez les anciens, ce sont les Dialogues de Cicéron sur l'Orateur. (Marmontel.)

— Ironiq., au pi. Invectives.

— Stn. Aménité, agrément, grâce. V. agri':;mbnt.

— Anton. Acariâtreté, acerbité, acrimonie, aigreur, amertume, maussaderie, dureté, humeur, brutalité.

AMÉNOMANIE (du lat. ams-nus, agréable, et du gr. 7110nia, manie) n. f. Nom donné par Rush au délire gai et à lu monoinanio joyeuse, par opposition à tristimanie.

Aménophis. Hist. v. Amenhotep.

AmÉNOPHIUM (om'). Les archéologues donnent ce nom à un imniciiso temple funéraire qu'Aménophis ÏII s'était fait bâtir sur la rive gauche du Nil, à Thèbes, et dont faisaient partie les colosses de Memnon. Ces gigantesques statues sont à peu près tout ce qui reste intact de l'édifice, renversé au commencement de l'ère chrétienne par un tremblement de terre.

AMÉNORRHÉE (du gr. a priv.; 77ièn, mois, et rhei», couler) n. f. Absence, suppression, ou diminution du flux menstruel chez les femmes. Syn. vieilli : aménib.

— Encycl. Il y a deux espèces à'aménorrhée : l'une est caractérisée par l'absence de sécrétion du fluide menstruel, et l'autre par le défaut d'excrétion ou par rétention.

I. — h" aménorrhée par défaut de sécrétion peut être duo à un retard dans la puberté. Les autres causes sont : lanémie, la chlorose, la tuberculisatlon pulmonaire, l'Inanition, les hémorragies supplémentaires, l'immersion d'une partie du corps dans l'eau froide, les émotions vives, les chagrins profonds. Le traitement de l'aménorrhée par défaut de sécrétion doit varier suivant la cause. Dans les maladies graves, telles que la tuberculose, le cancer, la chlorose, d faut s'abstenir de tout traitement actif et viser surtout l'état général. Dans les cas de suppression accidentelle et quand il n'existe aucun signe ou aucune présomption do grossesse, on peut essayer des bains de pieds chauds, sinapisés. Les préparations d'armoise, de rue, de sabine rendent de réels services.

II. — h'aménon^hée par défaut d'excrétion ou par rétention est liée à la grossesse ou à un arrêt de développement de l'utérus ou à une grave maladie des ovaires et de l'utérus. Les causes mécaniques, telles que l'occlusion du col utérin, l'occlusion du vagin, soit par 1 imperforation de l'hymen, soit par l'agglutination des parois du vagin entre elles, nécessitent un traitement chirurgical.

AMENTAGËES (min — du lat. a^yientum, chaton) n. f. pi. Famille de plantes dicotylédones apétales, dont le nom vient des inflorescences en chaton de la plupart des genres qui la composent. On y avait groupé des plantes très différentes les unes des autres, telles que les ormes, les saules, les peupliers, les bouleaux, les cliênes, les hêtres, les noisetiers, les platanes, les casuarinées, etc. Cela formait une réunion très hétérogène, et maintenant, d'après Bâillon, on comprend sous le nom de amentacées les trilms des bétuHnées, des cupulifères et des myricées. —

Une AMENTACÉE.

Amenti ( /a région cachée)^ nom que les Egyptiens donnaient au lieu où les âmes se rendaient après ia mort et où elles étaient jugées par Osiris.

AMENTIFÈRE (mj'n — du lat. a7nentum, attache, et ferre, porter) adj. Qui porte des espèces de chatons.

AMENTIFORME [min — du lat. amentitm, attache, et furma, forme) n. f. Qui a la forme d'un chaton.

AMENTUM {min-fom' — mot lat.) n. m. Courroie ou mieux long Mon fixé à un javelot et qui servait à le lancer. On voit souvent, sur les vases peints étrusques,

des figurations de javelots munis de leur amentum, qui forme quelquefois une grande boucle à un pied ou deux de leur talon. Les sauvages de la Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles- Hébrides emploient aujourd'hui dans le même but une cordelette en poil de roussette.

AMENUISER (rad. menu) v. a. Rendre plus mince, plus menu : Amenuiskr une planche, ime cheville.

S'a.menuiser, v. pr. Etre amenuisé, rendu plus mince : Le bois de co7'nouilter s'amenuise difficilement.

— Syn. Amenuiser, aiguiser, allégir. V. aiguiser. AMER {l'-r), ÈRE (lat. amai'us) adj. Qui a une saveur

désagréable, l'opposé de la saveur sucrée, telle que celle do laloès, du quinquina: Herbes amères. Goût amer.

— Fig. Triste, pénible, douloureux : Souvenirs amers.

S'il est des jours amers, il en est de si doux !

11 En parlant des choses de l'esprit, Dur, offensant, mordant : Iroyiie amére. Critique amère. Rep7^oches amers.

— Poétiq. L'onde amère, les flots amei-s, La mer.

— patn amer. Celui que l'on gagne avec peine, et que I on mange dans le chagrin : le pain de l'exil est un pain amer. 11 La7'mcs amè7'es. Celles qu'une profonde douleur fait verser. 11 Avoir la bouche umn-r. Sentir dans la bouche un goût d'amertume.

— Amer comme chicotin. S© dit de ce qui est d'une excessive amertume, parce que chicotin est un vieux mot qui désignait l'aloès ou socotrin.

— Fam. et par exagér. Etre d'une bêtise atnère. Etre d'une bêtise qui fait peine.

— pROV. Ce qui est amer à la bouche est doux au cœur, Des choses désagréables peuvent être salutaires. 11 On ne peut mâcher amer et cracher doux, Les mauvais traitements aigrissent le caractère. (Fam.)

— n. m. Substance amère; qualité d'une substance amôre : Manger, boire des amers. L'aloès est un amer.

Il Fiel du bœuf et des poissons : Z'amer de bœuf a la p7'opriété d'ôter les taches faites sur les vêtements.

— Amer d'absinthe ou Absinthine, Matière résiûoïde extraite par distillation de l'absinthe.

— Amer des Allemands, ratafia ou bitter des Hollandais. Syn. de bitter. V. ce mot.

' — Amer d'érythrine. V. amarythrine.

— A7ner de Walter, L'acide picrique.

— Amer de Chinova , Acide quinovique provenant du portlanda grandiflora (Linné).

— Amer de rhubarbe. Jaune de rhubarbe.

— Encycl. En thérapeutique, le nom à'ajtiers s'applique spécialement à certains produits du règne végétal caractérisés par leur amertume, et qui sont rangés parmi les médicaments toniques. Ils provoquent l'appétit, activent la digestion. Aux n7)}crs ^oni^tfes appartiennent la petite centaurée, la gentiane, le trèfle d'eau, le houblon, le houx, btc. ; aux amers excitants, la sauge, le romarin, la lavande, la menthe, le petit chêne, la camomille, l'armoise, la tanaisie, etc. ; aux a7ners sédatifs, les papavéracées, les cliicoracées, etc. ; aux amers cathartiques, la rhubarbe, la bryone, l'élatérium, l'aloès, la coloquinte, etc.; aux amers acres, la strychnine, etc.

— Anton. Doux, suave.

AmÈR fBENi-], tribu arabe qui occupait, avant 1848, dans

la prov. d'Oran, la plaine de la Mekerra, où se trouve maintenant Sidi-boi-Abbès. Après la soumission d'Abd-el- Kader, cette tribu, forte d'environ 25.000 âmes, émigra tout entière au Maroc.

AmÈR (Béni-), grande tribu pastorale de la Nubie, irtie sur la frontière d'Abyssinie et en partie dans ivs littoral, entre Massouali et Souakim.

Amerbach (Jean), imprimeur de Bâle, né à Reutlingen en 1444, mort à Bâle en 1514, célèbre surtout par son édition de saint Augustin (1506), pour laquelle il employa pour la première fois un caractère que les typographes nomment encore saint augustin. —Son fils aîné, Bonikace Amerbach, fut un jurisconsulte distingué, né et mort à Bâle (1495-1562).

Amer-BIAKHAM-ALXxAH f Abou-ali-al-Mansour), septième calife fatimite de l'Egvpte, né vers 1095, mort vers 1130, succéda à son père à l'âge de cinq ans. Las de la tutelle du vizir Afdal, qui gouvernait en son nom avec sagesse et douceur, il le fit assassiner en 1125, et fut tué par les parents de sa victime. Ce prince était instruit et cultivait les lettres ; mais l'histoire lui reproche sa cruauté, ses débauches et son ingratitude.

AMÈREMENT ad v. Avec chagrin, douloureusement ; ne s'empl. qu'au figuré : Pleurer amèrement. 11 Avec amertume, sans pitié : Critiquer amèrement.

AMÉRHIN ou AMERHINUS {nuss — du gr. amé, faucille, et rhin, nez) n. m. Genre d'insectes coléoptères, famille des curculionidés, renfermant des charançons de taille moyenne, dont les dix ou douze espèces connues sont propres à la Guyane et au Brésil.

AmÉRIG Vespuce (Amerigo Vbspucci), navigateur florentin, né à Florence en 1451, mort très probablement à Séville en 1512, se rendit en Espagne pour tenter la fortune et entra au service d'un riche armateur et ban{iuier de Séville. Il fit, en qualité de pilote et do géographe, tantôt pour le compte de l'Espagne, tantôt pour celui du Portugal, plusieurs voyages vers les terres nouvellement découvertes par Christophe Colomb (voyages dont l'authenticité a été plus d'une fois contestée), et prétendit avoir reconnu le continent dès 1497, c'est-à-dire une année avaut Colomb, ne laissant à celui-ci que l'honneur d'avoir découvert les îles; mais, ni pour ce voyage, ni pour les trois autres, la question chronologique n'est encore pleinement résolue. Du muins semble-t-il bien qu'Améric Vespuce

forma, dès 1504, le projet Améi-ic Vespuce.

que Magellan exécuta un

peu plus tard. Devenu en 1508 pilota mayor, il exerça, en cette qualité, une vraie surveillance des services maritimes sur les côtes d'Espagne. Dès l'année 1507, le cosmographe allemand Martin Waldeseemuller (Hylacomylus) publia une partie de la relation de Vespuce, éditée la même année àVicence,et donnal'undes premiers le nom du navigateur florentin au nouveau monde. Cette appellation se généralisa rapidement à l'insu d'Améric Vespuce, ne tarda pas à être employée sur les cartes, et a été consacrée par l'usage. On a prétendu, de nos jours, que le continent américain avait été ainsi appelé de la dénomination indienne des plus hautes terres du Nicaragua : mais cette explication ingénieuse et séduisante ne semble pas devoir résister à une étude critique des faits.

— BiBLioGR. : Santarem, jfîec^ercAes historiques sur la découverte du Nouveau Monde (Paris, 1842).

Américain, aine {in, èTi'), celui, celle qui habite l'Amérique.

— ad|. Qui appartient à l'Amérique ou à ses habitants : Mceu7's ambricainks.

— n. m. Un américain. V. grog américain.

— Pop. Œil ai7iéricain. Œil scrutateur, auquel rien n'échappe. 11 A7mr l'œil américain. Ne passe tromper, n'être pas farilo à duper. (Ces mots s emploient sans douie par allusion à diflérents personnages [Œil-de-Fau-

l'un comportant un

con, etc.], auxquels F. Cooper prête une vue perçante.)

— Œillade améincaine, CEillaae amoureuse.

— A l'américaine, loc. adv. Selon la coutume et les mœurs américaines, c'est-à-dire le plus souvent, avec um; grande liberté : En Finance, on com7nence à voir beaucvnji de jeunes filles élevées À l'américaine.

— Vol à l'américaine, Argot. Vol doublé d'une mystification. L'un et l'autre sont susceptibles de modifications nombreuses; mais, au fond, il s'agit toujours d'amener la dupe à se dessaisir de son portefeuille, de sa bourse, etc., en échange d'un autre objet identique, et paraissant encore mieux garni, qu'on lui remet. Le voleur principal so donne le plus souvent les allures d'un Anglais ou d'un Américain {d'où le nom de l'opération), et se fait assister d'un complice; en argot, le jardinier. Il raconte à la victime choisie qu'il vient d'arriver, qu'il ne saurait se diriger seul, la prie de lui servir de guide, lui confie ses richesses — faux billets ou faux louis, bien entendu — et demande seulement, comme ga7'antie, qu'on veuille bien remettre entre ses mains un portefeuille ou un portomonnaie qui, eux, contiennent de vraies valeurs. Neuf fois sur dix, la dupe est elle-même poussée, aveuglée par un secret désir de lucre : elle accepte, et le tour est joué.

américaine n. f. Espèce de phaéton ou char-à-ban<s à quatre roues, dont les deux s" capote, sont interchangeables.

L'a7néricaine,i{m tend à disparaître, fut en grande vogue de isio â 1860.

AMÉRICANI- SER v. a. Donner les mœurs des Américains ;

AMERICANISER des Français.

S'américaniser, v. pr. Prendre les mœurs américaines:

L'art épistolaire n'a chance de revivre que si la vie 7noderne s'américanise à l'excès. (Caro.) AMÉRICANISME [niss] n. m. Etude de l'ethnographie, de l'archéologie et de la linguistique de l'Amérique ancienne. 11 Admiration outrée du gouvernement, des lois, des usages des Américains, et principalement des habitants des Etats-Unis. Il Terme dont on se sert en Angleterre, et môme en France, pour exprimer certaines particularités de style ou de prononciation qu'on rencontre assez fréquemment dans la conversation ou les écrits des habitants des Etats-Unis.

— Enctcl. 1° On désigne aujourd'hui, sous le nom de américanisme, l'étude de tout ce qui a rapport au continent américain, qu'il s'agisse de l'Amérique moderne ou même contemporaine, ou bien encore des vieilles nécropoles du Mexique, du Yucatan et du Pérou. — 2° Tous les a7nrricanismes ne sont pas ce que le grammairien appelle des bai'barismes : il en est qui sont parfaitement classic|ucs, en ce sens que ces locutions ou expressions, négligées dans la mère patrie, se retrouvent néanmoins dans les vieux auteurs anglais. D'autres fois, les américanismes ne sont autre chose que des mots anglais détournés de leur sens primitif, ou des mots empruntés aune langue quelconque et qui se sont altérés en passant dans la bouche des habitants du nouveau monde.

s) n. Partisan des Américains. 11 Ceatfecte leurs mœurs. 11 Savant qui s'occupe d^amcricanisme : Les américanistés se réutiissenf dans des co7igrès internationaux, dont le premier s'est tenu à Nancy en i$75.

AmeriCO (Don Pedro de Figuiredo), peintre et écrivain brésilien, né en 1843. Il s'est formé à l'Académie de Rio-Janeiro, puis à Paris. D a exécuté plusieurs vastes tableaux représentant des batailles ou des scènes tirées de l'histoire moderne du Brésil. Il a été nommé professeur à l'université de Rio-Janeiro.

AMÉRICOMANIE (de Amérique, et manie) n. f. Admiration atfcctée, ridicule, pour tout ce qui appartient a l'Amérique.

AmericuS, ville des Etats-Unis (Géorgie}, sur le chemin de fer de Mâcon à Thomasville ; G. 400 hab. District riche en cotons.

AmERIGOT -MARCHÉS ou AlMERIGOT, célèbre brigand ou chef de compagnie qui, au xiv* siècle, s'établit au château d'Alleuze (Cantal). De là il rançonnait le pays, dépouillant les voyageurs, guettant les convois de mules chargées de draps, de pelleteries ou d'épices, obligeant les paysans à lui apporter farine, vin, volaille, etc. Après (Hielfpies années de ce fructueux métier, Amerigot vendit le château au comte d'Armagnac.

Amerighi (Michel Angiolo). Biogr. V. Caravage.

AMÉRIMNE (du gr. amérimnos, exempt de souci) n. m. Genre de plantes de la famille des légumineuses, tribu des dalbergiées, de l'Amérique équatoriale.

Amérique, l'une des cinq parties du monde.

— Encycl. L'Amérique, ou Nouveau Monde, constitue un ensemble de terres nettement séparées de celles dont la réunion forme l'Ancien Monde. Elle en est isolée par deux grandes étendues de mer : l'océan Pacifique à l'O.. et l'océan Atlantique à l'E. Avec sa superficie de 38.344.000 kilom. carr. (non compris les terres arctiques), elle équivaut presque à quatre fois l'Europe et embrasse près du tiers de la surface émergée du globe. Elle est étendue dans le sens de la longitude, et pour ainsi dire d'un pôle à l'autre ; son point septentrional, le cap Barrow. est au delà du cercle polaire arctique par 72° de latitude N., et son extrémité méridionale atteint avec le cap Horn SG" do latitude S. La distance entre ces deux promontoires extrêmes n'est pas moindre de 18.000 kilom. Son extension en latitude est beaucoup moins considérable.

Le Nouveau Monde se compose de deux continents, distingués par les qualifications de Amérique du Nord et Amérique du Sud, et que rattache l'un à l'autre un isthme montueux dont la plus faible largeur, par le travers de Panama, est do 56 kilomètres (c'est rAménqu9

AMERICANISTE (

celle qui aime,

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