‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 232 sur 828 · AMENDEMENT · texte numérisé non relu

AMENDEMENT

AMlvMlOiEl'

formules do prières usitées dans lo culte catholique pour la réparation dos imuros faites à Dieu par les impies, les blas|)hématours et les sacrilèges. Uno prière de co genre se dit habituollemont dans les exercices do l'atloration perpétuelle du saint sacrement ot aux offices des Quarante heures.

AMENDEMENT (rad. amender) n, m. Changement on mieux, amélioration : Amendkmiînt dans les symptômes dune maladie, dans les affaires d'un commerçant.

— Par ext. : Plus est louable bon amkndkmknt, que uicieuse faute n'est reprochable. {Alain Chartior.)

— Agric. Toute substance qui, incorporée au sol, améliore SOS propriétés physiques: Le sable est un ambndemknt pour les terres argileuses.

— Ane, dr. Correction d'un jugement : Demander ambn- DKMENT d'un Jtif/ement.

— Dr. parlem. Modification proposée â. un projet ou à une proposition do loi : Proposer, discuter, voter, rejeter

un AMIiNDKMlCNT.

— Encvcl. Agric. Puisque au sens étymologique amender c'est améliorer, on serait conduit à considérer comme amendement au sol toute opération modifiant d'uno façon heureuse, immédiatement ou à la longue, la puissance productive du sol, et, par extension, on pourrait aussi appeler amendement les substances qui, incorporées à la terre, tondent à faire croître sa fertilité. Dans cette dernière acception, les engrais seraient des amendements. Aujourd'hui, depuis qu'on connaît mieux la physiologie des végétaux, on attache d'habitudo au mot « amendement» un sons très précis, plus ou moins concordant avec les délinitions, d ailleurs assez différentes les unes dos autres, données par les anciens agronomes.

On ne saurait confondre la structure, la densité, la couleur, l'odeur, et les autres propriétés physiques d'uno substance avec les propriétés chimiques dérivant de la composition chimique de cette même substance. C'est ainsi que la craie et le marbre, si différents par l'aspect, par le poids, par la dureté, sont deux variétés d'une mémo espèce chimique, le carbonate de calcium.

Il importe également de ne pas confondre les propriétés physiques du sol avec ses propriétés chimiques dérivant do sa composition chimique. Ce sont, dans le premier cas, la couleur de la terre, la grossièreté ou la finesse de ses éléments ou son imperméabilité à l'oau et à l'air atmosphérique, la cohésion plus ou moins grande qu'elle acquiert par la sécheresse, etc. Dans le deuxième cas, ce sont les propriétés qui dérivent pour la terre de ce qu'elle renferme ou de ce qu'elle ne renferme pas certains éléments chimiques. Mais, si l'on se rappelle que les plantes se nourrissent précisément des éléments chimiques qu'elles puisent dans le sol, on en déduira que la propriété la plus essentielle dérivant, pour le sol, de sa composition chimique, co sera d'être très fertile ou peu fertile, suivant qu'il renfermera en abondance ou en faible quantité, parmi les éléments chimiques, ceux que les plantes recherchent avec avidité. En d'autres termes, les propriétés nutritives de la terre sont sous la dépendance de sa composition chimique.

Ceci posé, on appelle amendement toute substance qui, incorporée au sol, améliore ses propriétés physiques, et on appelle engrais toute substance qui, incorporée au sol, améliore sa composition chimique et, par conséquent, ses propriétés nutritives.

Sauf de rares e.xceplions, les substances incorporées au sol jouent lo double rôle d'amendement et d'engrais. Toutefois, elles peuvent être amendement plutôt qu'engrais, ou engrais plutôt qu'amendement.

Le sable, qui divise et rend plus perméable une terre argileuse, peut jouer vis-à-vis de cette terre le rôle d'amendement. L argile, qui donne à une terre sableuse plus do coiiésion et d'aptitude à retenir les eaux pluviales, peut jouer vis-à-vis de cette terre le rôle d'amendement. Mais, en outre, un sable en partie calcaire apporterait à la terre argileuse un élément chimique précieux: le calcium; et l'argile apporterait à la terre sableuse un élément chimique non moins précieux : le potassium. Ainsi, le sable et l'argile sont tout à la fois amendement et engrais.

La chaux, la marne, le plâtre jouent aussi dans le sol auquel on les incorpore le rôle double d'amendement ot d'engrais. L'action totale de ces substances est mémo plus complexe. V. chaulage, mabnage, plâtrage.

Les cendres lessivées sont essentiellement des engrais potassiques. V. cendre.

Toutes les matières organiques, dont le fumier de ferme, sont, en même temps que des engrais, des amendements puissants. Parleur décomposition, il se forme de Vhumus ou terreau qui, au point de vue physique, améliore tous les sols, quelle que soit leur nature. V. humus.

Quant aux engrais chimiques, sauf le phosphate de chaux, leur rôle en tant qu'amendement est nul. Et mémo, toujours au point de vue physique, le chlorure de potassium, par exemple, peut exercer une action nuisible.

En résumé, un seul type d'amendement véritable : le sable quartzeux pur; tjuelques types d'engrais véritables ; lo chlorure do potassium, le siilfate d'ammoniaque, etc. Quant aux autres substances qu'on incorpore au sol, ce sont à la fois des amendements et des engrais.

— Dr. parlem. Un amendement ne doit jamais avoir le caractère d'une proposition principale ou ne présenter aucune relation avec le texte en discussion ; sinon, il subit los formalités prescrites par le règlement sur les propositions d'initiative parlementaire. Il ne peut être tel oue le résultat de son adoption soit de remettre en question un vote de l'Assemblée. A la différence des propositions rejetées, il «eut être reproduit sans conditions de délai. et, en cas de rejet, rien n'empêche de le représenter, pourvu que sa rédaction soit modifiée. Le paragraphe d'un amendement rejeté dans son ensemble peut être reproduit comme amendement nouveau; mais on n'a pas le droit de dire que l'on a reprend une partie de l'amendement écarté par la Chambre ». Il est, enfin, interdit d'introduire dans un projet d'intérêt local des dispositions d'intérêt général.

Tout mmistre, sénateur ou député, peut soumettre au Sénat et à la Chambre des amendoments. non comme membre du gouvernement, mais comme membre du Sénat ou de la Chambre ; en tant que ministre, il ne saurait que déposer des dispositions additionnelles. Quand le gouvernement abandonne un projet, il peut être repris à titre d'amendement par un membre du Parlement. Si un amendement est en concurrence avec le texte de la commission et celui du gouvernement, et s'il a le caractère

d'un contre-projet, rvVssemblée est consultée sur la question do priorité.

— SvN. Amendement, correction, réforme. I>a correc' tion est l'a^nion par laquelle on s'atiacbo & redresser quoique chose do défectueux. L'amendement est un changement en bien, opéré dan» un ordre do choses vicieux. La réforme est létal d'uno chose rétablie dans l'ordre où elle doit être.

AMENDER (lat. emendare, corriger) v. a. Améliorer : La sobriété amenub ta santé. Amendkr les moeurs.

— Agric. Modifier les propriétés physiques du/BoI on les améliorant : L'humus ou terreau jouit de la remarn.tahle propriété rf'AMKNUKR les terres léifères et le» terres lourdes.

— Dr. parlem. Proposer un amendement à un projet ou à uno proposition do loi.

— v. n. l-airo des progrès en mieux : Les criminels m'amendent pas par la prison.

— Baisser de prix : Le blé amende quand l'argent n'est pas commun, (Ce sens a vieilli.)

— PROV. et FiG. :

Jamais cheval ni nx^rhant horome N'amenda pour aller à Rom^,

On no se corrige pas de ses vices on voyageant.

S'amender, v. pr. Devenir meilleur : // serait trop facile de s'amender *i le crime et le vice lâcliaient leur proie aussitôt que nous en éprouvons le désir. G. Sand.)

— Agric. Devenir plus fertile,

— Prov. Mal vit qui ne s'amende, C'est mal user de la vie que de ne pas se corriger.

— Anton. Corrompre, détériorer, gâter, vicier. AMENDEUR n. m. Autrefois, Celui qui amendait une

terre, ii Celui qui améliorait au moral. A toi, mon (J«îfcn<leur, Sauveur et amenileur De ma vie ma.ivaisc. Cl. Marot-

AMENDIER di-é) Q. m. Dans l'argot des théâtres, Régisseur qui distribue los amendes.

AMÈNE (lat. amêpnus, mémo sens) adj. Doux, agréable: Avoir des mœurs, des manières amènes.

AMENÉE n. f. Action d'amener ; état de ce qui est amené, ii Tuyaux d'amenée. En terme de drainage, les tuyaux d'amenée sont ceux qui, disposés à une certaine profondeur au-dessous de la surface d'une terre trop humide, et dirigés suivant la pente naturelle du sol, recueillent l'eau en excès pour la diriger vers des tuyaux collecteurs. Les tuyaux d'amenée sont de section plus étroite quelcstuyaiîx collecteurs. Ceux-ci débouchent dans le tuyau de décharge par où l'eau est expulsée dérinitivcnient. V. drainage.

AmenemhÂT, plus correctem. Amen-EM-hA, ou Amen-EM-HÂT, nom de quatre rois d'Kgvpte de la 12' dynastie, oui régnèrent à Thèbes. — Ameriemtlât P', fondateur de cette dynastie, réunit, après des luttes contre les petits princes locaux, tout l'empire é;.'yptien dans sa main, et en fixa la capitale à Thèhes. 11 combattit ensuite les ennemis extérieurs de l'Egypte : Asiatiques à l'E.. Ethiopiens au S., Libyens à l'O., jusqu'à samort. —Son petit-fils, Amenemllàt H, eut un règne très calme do trente-cinq ans ; il périt assassiné. — Amenemllàt HT, arrière-petit-rtls du précédent, le iMarris des écrivains classiques, n'eut pas de guerres importantes à faire contre les ennemis du dehors. Il fit exécuter dans son royaume de grands travaux, surtout dans le Fayoum, où il créa le lac Mœris et édifia le Labyrinthe. If mourut après un règne d'au moins quarante-quatre ans. — Amenemllàt I^V est le fils du précédent; son règne court et paisible fut la continuation do celui de sou père, le grand bâtisseur.

AMENER (de à, et mener. — L'e muet du radical amen se change en è ouvert devant une syllal^o muette : J'amène, tu amènes. J'amènerai, etc.) v. a. Mener, conduire vers une personne ou en quelque lieu : Amener un cheval.

— Faire venir, attirer : Quel bon vent vous amène?

— Tirer à soi : Les pêcheurs amènent leur barque sur le sable.

— Par anal. Introduire, faire adopter : Amener une mode.

— Fig. Causer, traîner à sa suite : On aveu en amène un autre. (De Sacy.) Les progrès amènknt d'autres progrès. (Turgot.) Il Faire condescendre, déterminer à : Il y a mille manières ^'amener les enfants à faire ce qu'on attend d'eux. (M™* Monmarson.) il Conduire de loin à une chose, insensiblement : Il me faut lui parler d'abord, amener cela de loin, avec précaution. (Andrieux.)

— Se dit par ext. dans le langage do la passion :

A quel excès d'amour m'tii-e:;-vous amenée!

Raci.nb.

— Amener un sujet de conversation, amener la conversation sur un sujet, Faire que l'entretien tombe sur ce sujet.

— Dr. Mandat d'amener. Ordre de faire comparaître (|uelqu'un devant le juge : Un mandat de comparution vous invite a passer dans le cabinet du juge d'instruction, un mandat d'amener vous y contraint. V. instruction crminelle.

— Jeu. Aux dés, se dit des points qui sont sur le jeu lorsqu'on a jeté les dés : Amener (rois et cinq. \\ A la loterie, à la conscription, etc., Tirer : Amener un bon numéro.

— Littér., Préparer, faire venir avec ou sans art : Amener bien, mal un dénouement, n Faire agir, introduire : Amener des brigands, un héros, etc.

— Mar. Abaisser : .amener les voiles. Amener les basses vergues, ii Amener son pavillon. Le baisser pour montrer que l'on se rend, n Aosol. : .4 Aboukir, /e Bollérophon, tun des principaux vaisseaux de ÎVelson, fut obligé a amener. Il .\mène en bande! Commandement pour amener tme voile ou une vergue aussi promptement que possible.

S'amener, v. pr. Argot. Venir, se rendre à.

— Syn. Amener, conduire, emmener, mener, ramener, remener, remmener. Amener se dit dune personne qui eu conduit une autre au lieu où l'on est: AMENEz-moi le prisonnier. — Remener, Conduire une seconde fois an même lieu : REMENEZ-moi à la fêle. — Emmener, Mener en quelque lieu en éloignant d'un autre lieu : EMMENE2-moi d'ici. — Hetnmener, Reconduire où on l'avait pris : Remmeniez cet enfant chez ses parents. — Conduire a à peu près lo même sens que mener : on conduit ou l'on mène quelq^u'tin dans une maison, en l'y faisant venir avec soi.

AmenhOTEP ou AmÉNOPHIS, nom do quatre souverains égyptiens do la 18* dynastie. — Amenopbis I". second roi do cette dynastie, reconquit l'Ethiopie et défendit son royaume contre les Libyens nomades; puis il releva partoiit les temples détruits par les Pasteurs- —

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