Castor. - — 18. Punl.l 30- Péruvien
W, Cabiai. -
-iilralo). Il comprend aussi \' archipel des Tndca occiden-
"/■'s (ou Antilles), duni k-s îlus los plus grandes Bont : iilia, Haïti, la Jamaii|iii- i-i, l'nrio-Iiico.
• BiuLiOGR. : S;il /!'h/in'/i, .Il americana (^QVf-York,
-72-181)1); Andror, .\>n, ■>',/.■> linmswick, 1851); E. Reclus, K'Hivelle fféof/ra/thir unn < r.srii.', I XV-XIX (Paris, 1889-9;m. - Gkograpihk l'iiYsiyi k. Céiduijie. Au Canada ot aux Mis-Unis, surdos miliiors do kilomètres carrés, existe ic série très complète do roches druptives appelées latiiiicnneu, par suite do leur étendue dans le bassin du iiMt-Lauront. Dans l'Amérique du Sud, les roches primi- ^ .'S s'étendent au Brésil, À la Guyane, au Venezuela ot nis los Andes du Chili.
Ln système huronicn, dont los dépôts sont très dévelop- 's autour du lac Huron, s'ost formé aux dupons d'uu iiritinont primordial.
I,(> sihirion sn roncoi.tro ;ui Caïuida, aux Etats-Unis, à
'■l'i''' "^'''iiN I', '-Hmi']!!.' !■■ i..i l'iH.'iii ■!'■ l;i, cataracte du
'■■I ■■'!■. I il .■ .! Ml. -i .1. -. . ■■ ■! , , . \f,i,-i-i(iiie <iu Sud. ■' I .Il ■ i ' ''!■■■ ■ . ■ ■ ■■■iir, existe dans
AMÉRIQUE
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"ti \oit lies [rares .1(1 vii'u\ gri-s roiigo. Les terrains carl"iiiif6rcs ont uno gramlo pnissanco au Canada ot aux iMais-Unis; on y trouve aussi lo j>ermiou ot le trias ' inisistant on ^rôs rouge, bruns, avec dos conglomérats.
Karos dans 1 Ami^rimio du Sud, les terrains socondairos, itirassifiues et crétacés, occupent uno large place dans ÎAniérique du Nord.
Los terrains tertiaires s'ôtondont depuis Rhode-Island jiisiiu'à l'istlimo do Tohuantopec, puis couvrent le Veno- /iiefa, une partie de la Colomuie, de l'Equateur, do l'Uruf^Miav ot dn Paraguay-
l,;'s len-aiii^ cl'alliu'i.iii rvi.Ifnl .lins l'Aiii/r;. lu Nord
la---, ri Ir ,i7-|,,, ,|;| \|, ,,; ..;| , |,,,|, . , \. .. , : ; .|.. Sud, \r .liluMiini I.HM,. |„', •.,,.;,. I I,. .„,] .,.., j .,:,,,„■,•, ,.t IcS
■ Hu.il:
I i !■ . alliiviiins oxistoiit smaoat dans
i |iir \r-eMtino ot le nord do la Guyane. iii .1 [-rouvor qu'à un point de vue
an Mm. le mériterait bien mieux (jue le
Il 'If « ancien continent ».
Miller, North American Geoloqy and Pa-
I ''".,/ 1111 iiiiiati, 1889); Fotterle, die Géologie von
- 0( .-(//, I, .'/,,. Lo continent américain est dans son .■Il .'lui,!.- ,1 un,, ir. s grande simplicité de structure: des |ii,tiii.s s y su. 1 ri. 'Ut au Centre, tandis que dos groupes .1.' niissiis an. lins se déroulent à l'E. et qu'une zone moniii-ii. Ils,' iniiii. ris.inpue borde à l'O. la côte du Pacili.|U0.
' r' I.. ili 1 ,. , i,n..\ qui commence au N. sous lo cercle
l'rliii'.'. s, ..Il 1 -m- toute la longueur du continent jus-
'l'i au il.ir Ir M au'idian, en se modifiant successivement
.1,111 . s. s as|ir. (., sa nature et sa hauteur. Tantôt les plis s.. |..-s>..ii-..iii .111 jHjint do ne plus former quelquefois
||'t II .ni. .1. .11110. comme aux sources de l'Amazone
■ ■■<'■•' 1 l'i t en arrière de Valparaiso, tantôt ils
s. ... 1 . . mi. r.issent entre eux des plateaux élevés .11' in .lessine en bassins fermés comme le
j. I 111 . i 11 i.iiis l'Amérique du Nord et le plateau I. il 1.11 11 1 \mériquo du Sud. Un trait commun à
'rn 11. i '1 11., bande de terrains plissés et l'un de
sr . ...II. 1.1. s i niinants, c'est la présence, tout le long 'i.' 'i . "I.' I . 1 1(110, de pics volcaniques dont un bon
iriiii. . i.' en activité.
^ ' .... I ' inx Etats-Unis, la partie la plus élevée '1 ■ > I ni.' 11. iiiiagnoux porte lo nom de montagnes Il . 11.11 .■> . I ins I.M.'vi.|iie, on la nomme sierra Madré; . nnn, .1,111s 1 Ain. 11 |.i, .i.i ,sud, le nom de Cordillère des
\'|i'^ ''^1 ''lin .(11 niploio partout, de l'isthmo do
r.ii,,inia au .l.Mr.iii .!.■ Mareiian. C'est dans les Andes du I iiili que se ilrosso le plus haut sommet du continent iiarricain, l'Aconcagua (S.834 m.); le Chimborazo, qui ne
I 'i est inférieur quo de quelques centaines do mètres r 110 m.), et uno quinzaine de montagnes au moins dont i iliitudo dépasse 5.000 métros, lui font dans l'Amérique .In .Sud un imposant cortège. Dans l'Amérique du Nord, 1. iliitudo d'aucun sommet n'est comparable à. celle des in aiits des Andes; lo plus haut pic, le mont Saint-Elic, .|iii s'élève dans le territoire d'Alaska et domine l'Océan,
II a que 5.977 mètres ; quelques-uns des volcans mexicains .1. passent également 5.000 mètres (Popocatepelt et Ori- >' il.a) ; quant aux montagnes Rocheuses proprement dites, ill.-s n'atteignent nulle part cette hauteur et culminent à -isTi mètres avec lo mont Brown.
Au delà dos plaiii.-s 'rintiales et les bordant à l'E. .■rnime le système 1;.. '. 1 . \ in.s los borde à l'O., s.-levent des mass.s . . .lont l'altitude parait
laible on comparais.. Il .ulèvement occidental,
mais (jui ont ceponlaiii m., rim I.- miportance : ce sont, .ians 1 Amérique du N.n-.l, les monts Alléghanys, dont un s..inmet, lo Black Dôme, atteint 2.044 m. et, dans l'Ame- 1 pie du Sud, le massif du Brésil et celui des Guyancs,
iip.-rtance et la hauteur des iii.iiiragnes qui couM-ent pliisn-ni-^ parties du continent ain.Ticain, les plain. s ,.,. . iip.ai l.s trois quarts do l'Améiii|ue septentrionale, et .lavantajje encore dans l'Amériquo inrri.iianale. Elles s'étendent sans interruption sensible il.' la baie d'Hudson au golfe du Mexique, et de la mer .l'S Antilles au détroit de Magellan.
— Climat. En Amérique on trouve, au N. ot au S. de '.-.piatour, toute la série dos zones climatériques, depuis .1 /une glaciale jusqu'à la zone torriiio. La zone tempérée. Il plus favorable pour le peuplement du sol, embrasse une iiiipiirtanto partie de l'Amérique du Nord et seulement 11 n.' étroite bande de l'Amériquo du Sud. Mais, en revan- ' I '■, los régions froides et inhabitables sont beaucoup l'i'is étendues dans le continent septentrional que dans "Mil du S. Quant à la zono tropicale, elle ne comprend .pi nue très faible partie do rAmérique du Nord, mais olle Sri. -lui sur toute 1 Amérique centrale, les Antilles ot plus .1 uno moitié du continent méridional. Toutefois, parmi 1. s pays de cette zone à fortes chaleurs, il on est beau- ' . np qui, grâce à leur altitude, jouissent d'uu climat i. nipere (plateaux du Mexique et du Pérou). I I-a laible hauteur des montagnes de la partie orientale de 1 Amérique laisse ce double continent presque entièrement ouvert aux vapeurs de l'Atlantique qui. poussées Sar les vents, vont se condenser sur la barrière élevée u littoral occidental. Le Nouveau Monde est dans son ensemble richement arrosé; les pluies sont loin toutefois aa se répartir également sur toutes ses régions : elles
vont 00 diminuant do part ot d'autre do la région dquatoriale qui est abondamment arronéo. Il est mémo de« pays qui, abrités complètement dos vonts pluvieux par uno ceinture montagneuse, no reçoivent que dos précipitations insigniliantes et sont transformés on véritabloâ déserts ; toi est lo cas do l'Utah et des partios los pluA oncaisséos dos plateaux Mexicain et Bolivien.
— Hydioi/Taphie. Do ces indications sur lo relief ot .lur los pluies, il résulte quo tous les grands fleuves américains doivent être nécessairement tributaires do l'Atlantique. La longue bande monlagnouso qui borde do très près lo Pacillque ne permet pas l'établissement do grands bassins pluviaux sur son versant O. iiui est d'ailleurs, on général, moins arrosé quo l'autre. Et, on effet, en dehors du Fraser, do la Coinmbia et du Colorado nui se déversent dans lo grand Océan après avoir péniblement traversé en dos gorges étroites les plateaux do r.-\mériquodu Nord ot leur bordure, tous los autres fleuves imporlants (sauf le .Maclienzio, tributaire de l'océan Glacial jdéliouchent dans l'océan Ai lanliquo. C'est, dans l'Améri.pie du Nord, le Saint-Lauront, déversoir des grands lacs canadiens, lo Mississipi-Missouri, qui pont être rangé parmi les plus grands lleuvos du globe, ot lo rio Grande del Norto. Ce sont, dans l'Amérique du Sud, l'Orénoque, l'Amazone, un des pins abondants, sinon le plus abondant des fleuves terrestres, et lo Parana-Paraguay.
Et, ici, il est curieux de constater qu'au point de vue hydrographique, il y a symétrie parfaite entre les deux partios du Nouveau Monde : au Saint-Laurent, orienté d'une façon générale E.-O., dans la partie septentrionale do l'Amériquo du Nord , correspond l'Amazone, dont l'orientation, ainsi quo la situation, est la mémo dans r.\méri(mo du Sud; au Mississipi nord-américain correspond le Parana-Paraguay, tons deux ayant uno direction approximative N.-S. Un autre fait intéressant fut signalé pour la première fois par Humboldt : « Les bassins respectifs des fleuves no sont nulle part moins distincts ; ils ne sont séparés que par de faibles crêtes ; souvent mémo, ils ne le sont pas du tout. » L'Orénoque et le rio Negro, affluent de l'Amazone, communiquent par le Casiquiare, et il paraît que. dans la saison pluvieuse, on passe en bateau dos affluents du Parana dans ceux de rAinazono. La séparation entre lo Mississipi et le domaine du Saint-Laurent est également à peine indiquée.
L'Amérique, exception faite pour le lac Salé des Mormons (6.400 kilom. carr.), ne présente pas de grands lacs salés comme on en trouve en Asie ; mais elle possède dans les lacs canadiens lo plus vaste réservoir d'eau douce du globe. En dehors de cette région si favorisée à co point de vue, les lacs sont fort rares; on ne peut guère citer que les lacs Titicaca ot Managua de l'Amérique méridionale et le lac de Nicaragua dans l'Amérique centrale.
— Câtes. Cet ensemble de fleuves et de lacs forme un magnifique réseau hydrographique, qui rachète en partie les inconvénients que présente au commerce la forme massive du Nouveau Monde ; la mer no l'entaille presque pas, sauf dans la partie centrale. Les côtes, généralement basses et sablonneuses dans la partie tropicSe, se prêtent diflicilomont à l'établissement de bons ports; elles ne sont rocheuses et découpées que dans la région tempérée, ou à ses approches. Là, sur de magnifiques écbancrures du littoral, se sont établis les grands ports do New- York, de Rio-Janeiro et de San-Francisco.
— Flore. L'Amérique comprend un si grand espace, des régions si différentes, qu'il est impossible, sans entrer dans quelques détails, de donner une idée générale de la flore et de la faune, qui varient suivant la latitude et l'altitude.
Dans l'Amérique du Nord existent les flores des régions arctiques, tem|iérées, des forêts, des prairies, du littoral californien et la flore néotropicale qui commence au Mexique et se poursuit dans l'Amérique du Sud.
La flore arctique s'étend environ jusqu'au 65» degré de latitndo N., depuis le détroit de Bering jusqu'à l'océan Atlantique. Les cryptogames, lichens et mousses, couvrent souvent presque exclusivement lo sol, mais on trouve également des phanérogames (graminées, cypéracées, carvophyllées, rosacées, crucifères, papavéracées), des saules, des bouleaux, des aunes. Sur sept cent cinquante espèces do plantes vasculaires, vingt sont endémiques.
Los forêts, qui caractérisent les régions tempérées, arrivent à l'embouchuro de l'Orégon et gagnent l'embouchuro du Mississipi. On y rencontre des essences forestières qui représentent celles d'Europe : le larix americana, analogue au mélèze ; des bouleaux, des épicéas, des pins, des chênes, des hêtres, lo cyprès chauve; puis le tulipier, le platane, le liqiiidambar ; un magnolia, lo catalpa, un yucca, des palmiers nains du genre sabal, etc.
La zono des prairies correspond à celle dos steppes de l'Europe orientale et de l'Asie centrale : elle s'étend au S. de la zone des forêts ; là, l'hiver est rigoureux, lo printemps est court avec peu de pluies, et l'été est sec ; la végétation dure de mai à juillet et consiste en graminées courtes et sèches, au milieu desquelles vivent des plantes grasses, des cactées {opuntia missouriensis) ; des cierges (cereus giganleiis) qui atteignent 16 mètres de haut; des armoises, des chénopodés, des miraosées, des composées et des onagrariées. Sur lo littoral californien, il y a une alternance régulière do sécheresse et de pluîe, et nn hiver doux et court, conditions favorables à la végétation. On trouve de nombreux arbres à feuillage toujours vert ; des lauriers, chênes, tilleuls, frênes, arbousiers: puis des conifères de taillogigantesque, des séquoias, dont qnelques-unsf.wouoio gif/anlea ou wellinglonia, ou arbre mammouth de la sierra Noyada) peuvent dépasser 100 mètres de haut et vivre trois mille ans. On en a abattu qui avaient environ 30 mètres do eirconférenco et 130 mètres de haut.
La zone de la flore néotropicale comprend presque tout le Mexique, la Floride, les Antilles, l'Amérique centrale et la plus grande partie do l'Amérique du Sud jusqu'aux sources do l'Uruguay.
La flore du iftxique et de l'Amérique centrale varie suivant l'altitude et l'exposition. On y distinguo les lerres chaudes à végétation tropicale, los teiTes (emp.irécî, où des chênes verts sont mêlés à des plantes tropicales, ot les tecrea froides (de S.800 m. à 3.000 m.), où vivent des chênes à fouilles caduques ot des conifères.
Dans les terres cnaudes se trouvent des palmiers du genre sabal. des cactées, des broméliacées dont l'ananas est le type, des lauriers, des térébinthes, des cycadées, plus de cinq cents espèces d'orchidées, parmi lesquelles il faut citer la vanille, des lianes, des fougères, des salsepareilles, du bois de campêche, etc.
L'AmériquocontralootlegAatillesont une flore Iropicalo d'une extrême richosse, qui a beaucoup do rapport avec collo du Mexique. On culiivo aux Antillca dos végétaux fort utiles : lo caféier, la canne à sucre, je tabac, le coujn. L'Amériquo du Sud, où »o succèdent les trois zones à aspect* si tranché» des Hanoi, do» êelran cl des pam/iaj, pos.sèdo les flore» néotropicale et australe. Du 2- degré do laiit. N. au 33" degré de laiit. S. existe la flore tropicale la plus riche qu'on puisse imaginer. Il y a d'immonse» forêts arrosées par de» pluies torrentielle», qui cntroticonont uno végétation des plu» active» ot do» plu» puissante». Dans les Andes, suivant l'altitude, 00 observe de» zone» do végétation, et il existe une flore aodine, analogno & la flore alpine d'Europe. .Iu,siiu'à 1.300 mètres d'altitude, on trouve uno flore tropicale Iden caractérisée par de» fougères, des orchidées, des palmier», des liane» ; do 1.300 à l.eoo mètres, les fougère» arborescente» et de hauts palmiers dominent, puis on voit dos forêt» do bambous ; do 1.000 à 2.000 ou 2.500 mètres, on trouve des forêts do quinquinas, des broméliacées, des orchidée» épiphytcs, lo cocaier; jusqu'à 2.500 mètres vit le palmier à cire; do 2.800 à 3.400 mètres, on rencontre beaucoup de buissons do buddieja, do bardanesia, etc., et la flore andine existe jusqu'à la limite des neiges, de 4.000 à 5.200 mètres.
Dans les immenses forêts du Brésil poussent lo cacao, le caoutchouc fourni par l'Aei-ca brastlientit, la noix do Para, l'ipecacuanha, le manioc, l'ananas, et, dans les lagunes, cotte splendide plante aquatique [Victoria rer/ia) dont les feuilles peuvent atteindre 2 mètres de diamètre. Dans l'intérieur du pays existent des savanes ou dos forêts que les Brésiliens appellent . catingas ., et dont les arbres perdent leurs feuilles durant la saison sècho. Los pampas sont presque couvertes de graminées.
Le Chifi septentrional forme une région transitoire entre la flore néotropicaie et la flore australe. Pendant la saison des pluies (juin à novembre), la végétation est abondante; puis, pendant les sécheresses, des plantes épineuses telles quo des cactées, des broméliacées, des acacias, ot aussi des bambous ot des palmiers seuls persistent.
Au 40» degré de latit. S., les flores australe et antarctique commencent; lo climat est très humide, la température douce sans être élevée ; aussi la côte est-elle revêtue d'épaisses forêts. On y voit des hêtres verts, d s laurinécs, des conifères tels que les araucaria, des bambous. C'est do la région de Valdivia qu'est originaire la pomme de terre. Depuis la mission du cap Horn (1883), on connaît bien la flore do la Terre do Feu. La végétation est assez riche jusqu'à 550 m. d'alt.; mais, à partir de cette altitude, il n'y a plus d'arbres, ou du moins ceux qui existent sont réduits à des dimensions minuscules : ainsi les hêtres IJagut antarctica) n'ont que 0»,10 ou 0",15 de haut. Les sommets, enfin, ne sont couverts que de mousses etde lichens. — Fahniî. La faune de l'Amérique comprend deux grandes régions : l'une occupe l'Amérique du Nord, de la zone polaire arctique au Mexique (réçion néarclique), l'autre commence au Mexique et s'étend ju.squ'au cap Horn.
La faune do la région néarctiquo ressemble beaucoup à celle do l'Euroiie. On y trouve, parmi les mammifères, des ours, blaireaux, martres, putois, loups, Ivni, cerfs, etc. Cependant, certains types ne se rencontrent nulle part ailleurs; co sont, au 'N., les bœufs musqués; plus au S., les bisons ; puis des carnivores des genres mouffette et raton, des rongeurs tels que les rats mus- (jués ou ondatras, les écureuils terrestres ou lamias, 1 urson ou porc-épic grimpeur, le chien des prairies ; enlio, un marsupial du groupe des sarigues.
Parmi les oiseaux : aigles, buses, corbeaux, merles, lagopèdes, tétras, pies-grièches, moineaux et pinsons do nos pays sont remplacés par des genres voisins. (Cependant, le dindon, originaire de ces régions, existe à I état sauvage dans les forets ; en outre, on y rencontre un oiseaumouche {trochilus coiubris) et la perruche verte {conurus carolinensis), qui sont des types tropicaux.
Il y a do nombreux reptiles, dont quelques-uns sont caractéristiques, tels que le crotale ou serpent à sonnette ; le lézard à cornes ou phrynosome; des iguaniens, et enfin l'alligator ou caïman du Mississipi. et de nombreuses tortues. Parmi les batraciens, très abondants, il faut citer la sirène lacertine, l'amphiume, le ménobranche.
Les poissons abondent dans les fleuves et les lacs; certains percidés (paralabrax), des salmonidés, des sturionions, des gano'ides (amiadés et lépidostéidés) sont caractéristiques. La faune entomologique est des plus riches et, à coté d'espèces représentatives d'Europe, beaucoup de types sont néotropicaux.
La faune de la région néotropicale est beaucoup plus importante, plus spéciale et diffère même de celle des régions analogues de l'ancien monde. Elle existe au Mexique, aux Antilles, dans l'Amérique centrale et dans l'Amérique du Sud.
Les types américains analogues à ceux do l'ancien monde sont plus faibles.
Il n'y a pas de singes anthropomorphes ; les singes sont des platyrrhiniens, c'est-à-dire que leurs narines sont écartées et aplaties; ils ont trente-six dents au lieu de trente-deux ; leur queuij est lonn^no et souvent prenante. Ce sont les sajous, les atèlos, les hurleurs, les nvctipithèques et les ouistitis (ces derniers ont trente-deux dents). Il n'y a pas d'insectivores, mais les marsupiaux possèdent quelques représentants du groupe des sarigues. Les grands carna-ssiers sont : le jaguar, le cougouar ou puma, l'ocelot, le loup à crinière et le renard d'.-Vzara. Les ours sont représentés par une peiite espèce conrînèo dans les Andes du Pérou et de la Bolivie; enfin, il existe d'autres carnassiers tels quo les ratons, les coatis et le kinkajou, qui est grimpeur.
Les rongeurs sont nombreux : lo cabiai, qui est le plus ÎJrand do tous les rongeurs ; le myopotamc, lo paca, ragouli, le cobaye aperça, qui est considéré comme la souche du cochon d'Inde : le ctiinchilla, les viscaches. etc.; parmi les ongulés, le tapir, le pécari qui représente nos sangliers. Les ruminants sont moins nombreux que dans l'ancien monde ; il y a de petits cerfs et des lamas, alpacas, vigognes, guanacos, qui représentent les chameaux ot qui vivont'sur los hauts plateaux des .\ndes.
Les édentés. de si grande taille en Amérique à l'époque quaternaire (mégathérium, glyptodon, etc.), sont plus petits, mais nom)ïreux. Co sont les paresseux, les tatous, les fourmiliers, comme le tamandua qui grimpe aux arbres et le tamanoir qui est de la taille d'un cnien de Terre-Neuve. Les cétacés ont deux espèces particulières à l'Amérique : un dauphin a long bec qui vit dans l'Orèaoque et
AMÉRIQUE
l'Amazone, et un Sirénien du genre lamantin qui remoDle les fleuves de la Guyane et du Brésil.
La faune ornithologique est des plus remarquables; parmi les rapaces, nous citerons les condors qui planent à plus de 7.000 mètres d'altitude. Parmi les grimpeurs, il y a des perroquets, des aras, des perruches et des toucans, puis des oiseaux-mouches ou colibris. Les gallinacés les plus connus sont les hoccos, les pénélopes. Les agamis, les savacous, les kamichis, sont les échassiers caractéristiques. Dans les Pampas, les nandous représentent les autruches d'Afrique. Sur les côtes de Patagonie, abondent les manchots, ces grands palmipèdes dont les ailes sont transformées en rames.
Les reptiles sont variés. Ce sont d'abord des crocodiliens (alligators et crocodiles vrais), de nombreuses tortues dont quelques-unes do grande taille (podocnémys). Les lacertidés, les varanidés manquent, mais il y a des iguanes, des geckos et certains sauriens, les hélodermes, dont la morsure est venimeuse.
Les crotales, les bothrops, les élaps, tous serpents venimeux et les boas, les euoectes qui peuvent atteindre 10 mètres de long, abondent dans l'Amérique du Sud.
Il existe d'énormes grenouilles, les crapauds pipas, des salamandres et des batraciens aveugles, les cécilies. Les poissons ne sont pas moins remarquables; tels les trigonidés ou raies d'eau douce, les gymnotes ou anguilles électriques, les pirarucu [arapaima gigas) qui peuvent atteindre 3 m. de long et peser plus de 100 kilogr. ; cntin, des poissons dipnoïques, les lépidosirènes.
Les mollusques, les insectes surtout sont d'une extrême abondance, et ces derniers d'une beauté souvent admirable ; ce sont les morpho, papillons aux ailes d'un bleu d'azur, les fulgores porte-lanternes, des curculionides, des longicornes, des scarabéides, etc.
On trouve enfin dans ces régions d'énormes araignées, les mygales, qui peuvent atteindre 001,08 de largo.
— Ethnol. Haces Immarnes. Le îNouvcau ivioude a été habité par l'homme, à une époque aussi reculée que l'ancien continent. Certains auteurs prétendent même, avec quelque exagération, que l'existence d'un être humain en Californie et à la Plata, pendant l'époque tertiaire, est actuellement démontrée; il est loin d'en être ainsi.
Par contre, l'existence de l'homme quaternaire est certaine. Dans l'Amérique du Nord comme dans l'Amérique du Sud, dans la région des grands lacs comme dans le reste des Etats-Unis, au Mexique comme au Brésil ou dans la Pampa argentine, une foule de découvertes démontrent que l'humanité, pendant les temps quaternaires, comptait des représentants dans les régions comprises entre l'Atlantique et l'océan Pacifique. Ces vieux habitants du Nouveau Monde semblent avoir appartenu déjà à plusieurs races. Ceux de la sierra Nevada avaient la tête courte ; ceux du S., au contraire, possédaient un crâne à la fois très long, très haut et très étroit. Tous vivaient de chasse et fabriquaient avec la pierre quelques grossiers instruments ou, avec l'os, quelques poinçons. Mais, tandis que les hommes quaternaires du Brésil, comme leurs contemporains d'Europe, se réfugiaient dans des cavernes, ceux de la Pampa, ne trouvant pas do grottes naturelles dans leur pays, posaient sur le sol une carapace de tatou géant sous laquelle ils se creusaient un abri. Partout ils savaient se procurer du feu pour cuire leurs aliments.
Les renseignements sur la période qui a succédé aux temps quaternaires sont fort clairsemés. On connaît des kjœkkenmœddinqs, c'est-à-dire des amas de débris de cuisme contenant des cendres, des charbons et des instruments en pierre ou en os, sur les côtes de Vancouver, du Mexique, du Brésil et de Patagonie. Au milieu de ceux du Brésil {appelés sambaquis), on a rencontré des sépultures.
Dans l'immense bassin du Mississipi et dans fa région dos grands lacs, il existe un nombre considérable de rnounds, immenses monticules de terre affectant parfois la forme d'un homme, d'un mammifère, d'un oiseau, d'un reptile ou d'un objet quelconque (exemples : les mounds situés dans la vallée de l'Ohio et connus sous les noms de Grand-Serpent et à.Q Alligator , à cause de la forme qu'ils affectent). Ces ouvrages gigantesques, dus à la population peu connue àQsMoundBu\lders,Qi\i pu constituer, dans certains cas, des ouvrages de défense, mais ils paraissent avoir eu surtout une destination religieuse ou funéraire.
A ro., dans la haute vallée du Colorado, les falaises coupées à pic, qui bordent les ravins ou caiions, cachent des villages entiers, jadis habités par des troglodytes qu'on désigne sous le nom de Cliff Dwellers. Ailleurs, sur le bord des rivières, on rencontre de vieilles cités préhistoriques, solidement fortifiées, qui ont donné asile aux Pueblos. Mound Builders, Cliff Dwellers et Pueblos ont appartenu à une même race, brachycéphale, avec des mâchoires saillantes, de fortes pommettes, un nez mince et une taille peu élevée. Ces hommes à tète courte se retrouvent aussi dans les plus anciennes sépultures du Mexique et d'une partie de l'Amérique centrale; déjà ils savaient fabriquer de grossières poteries. Les Olmèques, les Otomites, les Zapotèques, les Mixtèques de l'ancien Mexique appartenaient à ce type.
Les Peaux-Rouges des Prairies, les Chichimôques et les Acolhuas, venus de quelque région du nord, les Tépanèques et les Aztèques qui, partis également d'une contrée septentrionale, arrivèrent dans la vallée de Mexico vers le xii' ou le xiii* siècle, avaient, au contraire, la tête fortement allongée. Ils se croisèrent avec les vieux habitants à tête courte et donnèrent naissance à de nombreuses populations mixtes.
Dans 1 Amérique du Sud, la vieille race â crâne allongé s'était répandue dans toutes les directions et avait atteint la Pampa, où les anciens Tehuelches reproduisaient ce type. Les Botocudos, une grande partie des Guaranis et lès Paraguayos se rattacnent à cette race primitive, dont il faut aussi rapprocher les habitants de l'extrême Sud, Les brachycéphales, venus on ne sait d'où, ne sont arrivés qu'à une époque récente et se sont avancés jusqu'à la Pampa et en Patagonie.
Bien avant le voyage de Christophe Colomb, certaines tribus américaines avaient l'habitude de se déformer la tête, soit au moyen de bandes qui comprimaient le crâne en haut du front'et en arrière des oreilles et lui lionnaient une forme longue, étroite et élevée, soit en l'aplatissant d'avant en arrière. La première de ces déformations, surtout fréquente au Pérou et en Bolivie, a été suivie jusqu'au Rio Negro et à l'e.xtrémité orientale du Brésil dune part, jusqu'au Mexique d'autre part. Il semble Qu'il faille en faire remonter l'origine à une vieille population qui
serait partie du Mexique et aurait gagné peu à peu la Bolivie, le Pérou, le Brésil et la république Argentine. La déformation couchée est sans douto de date plus récente. On la retrouve des embouchures de la Colombia aux extrêmes limites des territoires jadis soumis aux Incas péruviens. Les Mayas, les Toltèques, beaucoup d'habitants des îles du golfe du Mexique ou de la mer des Antilles se déformaient le crâne de cette manière. . Toutes les tribus qui se déformaient le crâne accomplirent des migrations; celles à tête aplatie gagnèrent la Nouvelle-Grenade et le Pérou. Hamy a montré que les unes s'étaient avancées par la route de l'Entre-Sierra, tandis que les autres ont suivi la côte ; sur certains points, les deux courants se sont mêlés. Sur le trajet suivi par ces deux migrations se trouvent les restes des grandes civilisations anciennes; à peine en rencontre-t-on quelques traces dans la région située sur le versant atlantique (Mexique, Yucatan, Manaos, Bas-Marajo, Tucuman). A l'heure actuelle, de nombreuses Têtes-Plates {Fiat Heads) vivent encore sur la côte N.-O. du Nouveau Monde, où les Chinoucks en représentent le type le plus parfait.
A l'extrémité septentrionale de l'Amérique, d'un océan à l'autre, habite une race d'un type particulier, à tète fortement allongée, qui n'est arrivée là qu'assez tard ; ses ancêtres vivaient sans doute dans l'O. : ce sont les Esquimaux. Ils se trouvèrent en contact et se croisèrent avec les Peaux-Rouges et avec des populations à crâne court, elles aussi d'origine asiatique. Les Asiatiques ont atteint la côte occidentale du Nouveau Monde à une époque relativement ancienne; leur influence s'est fait sentir non seulement dans l'Amérique du Nord, mais aussi dans l'Amérique méridionale. Les blancs sont venus à leur tour. Dès le viii* ou le ix* siècle, au plus tard, les Scandinaves atteignirent le Groenland et ils se répandirent bientôt sur la côte N.-E. du continent voisin. Tout le monde connaît Timportance des migrations espagnoles au temps de Colomb et dans les siècles qui ont suivi. Les Portugais ont colonisé de vastes contrées dans l'Amérique du Sud et, de nos jours, les Italiens envahirent la république Argentine. Les Anglais se sont établis aux Etats-Unis, dans la Colombie anglaise, au Canada, dans le Nouveau- Brunswick, la Nouvelle-Ecosse, et ils s'y sont fortement acclimatés en subissant quelques modifications qui ont donné naissance au type 3 ankee. Les Français ont surtout joué un rôle au Canada et dans les petites Antilles. Les nègres, introduits par les blancs dans la zone intertropicaîe, sont au nombre de 10 millions au moins. Avant leur arrivée, il existait déjà des populations à peau foncée, comme les Caraïbes noirs des Antilles et les Charmas noirs, à l'E. de l'Uruguay.
Des mélanges innombrables se sont accomplis entre toutes les races qui ont foulé le sol américain. Les anciens indigènes ne dépassent guère à l'heure actuelle le chiffre de 7 millions d'individus. Les cent quinze autres millions d'habitants comprennent les blancs, les jaunes et les nègres, et surtout une quantité considérable de métis à tous les degrés; le Mexique seul n'en compte pas moins de 5 millions. En laissant de côté les envahisseurs blancs, jaunes ou noirs, ou peut classer les races actuelles de l'Amérique en différents groupes que nous allons énumérer en suivant à peu près l'ordre géographique.
k.Améri(iue du Nord. Les Esquimaux ou Innuit, comme ils se désignent eux-mêmes, habitent le Groenland et toute l'extrémité septentrionale du continent américain, y compris le Labrador. De taille au-dessous de la moyenne, ils ont la peau assez claire, quoique la crasse ou la peinture dont ils s'enduisent la fassent paraître basanée. Leurs cheveux sont noirs et droits. Leur crâne est à la fois très long et très haut, avec une sorte de crête antéro-postérieure sur ïe milieu. La face est large, avec de petits yeux enfoncés et un peu obliques, un nez peu saillant, des pommettes proéminentes, de grosses lèvres et un menton fuyant. Us se vêtent de fourrures et vivent dans des tentes en peaux pendant l'hiver, dans des maisons enfouies sous terre ou sous la neige pendant l'été. Leur nourriture se compose presque exclusivement des produits de leur chasse et de leur pêche. Ils n'ont ni gouvernement ni chefs, mais possèdent des magiciens oui se prétendeni en rapport avec les esprits supérieurs Dons ou mauvais.
Les Peaux-Rouges peuvent être divisés en plusieurs groupes: ceux à tête courte, qui se rattachent aux vieilles populations préhistoriques, et ceux à crâne allongé. La plupart offrent des caractères crâniens intermédiaires. 11 n'est pas rare de trouver dans la même tribu des types fort différents : un individu présentant par exemple" une face développée en largeur, tandis que son voisin aura le visage très allongé. Les Apaches, les Chinouks et beaucoup d'Indiens de la côte N.-O. ont l'habitude de s'aplatir artificiellement le crâne. On rencontre souvent parmi les derniers des individus qui ont tout à fait le faciès mongolique. D'une façon générale, les Peaux-Rouges sont de grande taille ; ils ont la peau cuivrée, les cheveux noirs, longs et rudes, les yeux petits et noirs, les pommettes fortes, le nez- saillant et souvent aquilin. In menton bien accusé. Us se peignent le corps, se vêtent de robes de peau, se chaussent de mocassins et vivent en nomades, sous des tentes ou des huttes coniques. D'un caractère belliqueux et cruel, ils sont habiles chasseurs et excellents cavaliers. Divisés en tribus et en clans avec des chefs pris parmi les plus braves, ils croient à un grand Esprit et adorent les astres, le feu, les eaux. Leur nombre est maintenant fort réduit; traqués par les Yankees, ils sont confinés dans des territoires qui portent le nom de réservations.
B. Amérique centrale. Les Mexicains comptent des représentants de toutes les vieilles races énuméréesplus haut. Le type le plus commun est l'Aïrtèque à taille moyenne, à peau cuivrée, à cheveux noirs et gros, avec un 'crâne long, un front étroit, un nez camard, des yeux noirs, une bouche grande, des lèvres fortes et violacées. Aujourd'hui civilisés, les Aztèques occupent beaucoup de postes importants au Mexique. Les Otomis, les Mixtèques. les Zapotèques, etc., continuent à jouer un rôle dans la population mexicaine, mais ils ont complèiement renoncé aux mœurs de leurs ancêtres. Au Guatemala, on rencontre encore des Indiens de petite taille, souvent à tête courte et à front bas, dont la peau est bronzée et les cheveux ^oirs et lisses. Presque tous se livrent à l'agriculture et ont embrassé le catholicisme.
Au moment de la conquête, les Antilles étaient habitées par des hommes d'une stature au-dessous de la moyenne, au teint brun jaunâtre, à tête courte, avec une
face arrondie, de petits yeux, un nez droit et des lèvres fines ; c'étaient les Caraïbes, guerriers redoutables par leur courage et leur cruauté. Us s'étendaient aussi sur lo continent, dans les Guyanes, où leurs descendants portent les noms de Aracouyennes et de Galibis.
C. Amérique du Sud. Une grande famille, celle des Guaranis ou Tupis, s'étend de l'Atlantique aux Andes et du Paragua)' aux Guyanes. Us présentent à peu près les caractères physiques des Caraïbes. A peine vêtus d'une étroite bande d étoffe enroulée autour de la taille, ils se couvrent de parures. Leurs habitations sont de grandes cabanes en bois et en feuilles. Jadis, ils mangeaient leurs
firisonniers, et aujourd'hui encore, ils les torturent vountiers. Néanmoins, ils sont francs et assez hospitaliers. Parmi les tribus guaranies, il convient de citer les Jivaros, ces robustes Indiens du haut Amazone, qui ont la spécialité de préparer des trophées avec la peau desséchée de la tête de leurs ennemis : au moyen de pierres chauffées, ils réduisent ces têtes ou chanchas à la grosseur du poing.
Au milieu des Guaranis, on rencontre des débris des populations primitives, comme les Botocudos, les Goytaeazes, les Coropos, les Puris, etc. Us ont la tête allongée et une taille movenne. Les Botocudos ne portent aucun vêtement, mais ils s'introduisent d'énormes rondelles d'os ou de bois dans la lèvre inférieure et dans le lobule de l'oreille. Toujours errants, ils ne construisent que des huttes de branchages, hautes de 4 pieds environ.
Les Muizcas ou Cliibchas de la Nouvelle-Grenade appartiennent au type brachycéphale. Us ont adopté aujourd'hui les mœurs et le costume des Européens.
Au Pérou, les Qnicbuas et les Aymaras sont encore nombreux; les Changes ne dépassent guère le chiffre do 1.000. Leur conversion au christianisme ne les a pas empêchés de déchoir, et ils seraient incapables d'élever ces remarquables édifices que construisaient leurs ancêtres. Us sont pasteurs ou agriculteurs.
Dans le S. du continent américain, la taille s'élève, et les formes deviennent massives. Les A7'aucans ou Aucas ne dépassent encore guère 1"',62: mais les Chiquitus atteignent l^.ee; les Charruas arrivent à l'",68 environ; les Fiiégiens sont sensiblement plus grands et les Patagons ou Tehuelches mesurent en moyenne plus de 1"',75. Toutes ces populations ont la peau olivâtre ou d'un brun rougeâtre, les cheveux noirs et lisses, la face large, les pommettes saillantes, les yeux parfois légèrement obliques, le nez peu proéminent et les lèvres un peu épaisses. Les Fuégiens ont lo crâne à la fois long et haut, comme les Esquimaux do nord. Ces tribus, toutes nomades, misérables, peu industrieuses, vivent principalement de ta chasse et de la pêche; cependant, les Chiquitos font un peu de culture, et ont été réunis par les missionnaires en villages. La polygamie est très commune chez les peuplades du S. de l'Amérique ; en revanche, il n'existe guère de hiérarchie chez elles. Parfois, cependant, si des hostilités éclatent, des chefs sont élus, dont le pouvoir cesse avec la guerre.
Nous sommes loin d'avoir énuméré toutes les tribus des deux Amériques : elles sont si nombreuses qu'il est difficile d'en dresserune liste complète, qui n'offrirait d'ailleurs qu'un intérêt assez limité.
— BiBLiOGR. : Morton, American Ethnography (Philadelphie, 1839); A. d'Orbigny, l'Homme américain (Paris, 1840) ; Von Hallwald, die Amerikaniscke Wôlkerwanderung (Vienne, 1866) ; Von Martius, Bettràge sur Ethnography und Sprachenkunde Amerikas (Leipzig, 1867) ; de Nadaillac, l'Amérique préhistorique (Pans, 1882).
— Population, Le Nouveau Monde est peuplé d'environ 100.400.000 habitants, dont 70 à 80 millions pour l'Amérique du Nord. La population blanche venue d'Europe et les éléments mixtes auxquels elle a donné naissance entrent dans ce chiffre pour plus des deux tiers. Les Indiens aborigènes ne forment plus qu'une infime minorité, évaluée à 13 millions. Aujourd'hui, l'Amérique n'est en somme qu'une espèce de grande colonie européenne, où les peuples de l'ancien monde se sont groupés suivant un ordre analogue à celui qu'ils occupaient de l'autre côté de l'Atlantique : les Anglo-Saxons se sont établis surtout dans l'Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) ; les peuples d'origine latine (Espagnols ot Portugais) au Mexique et dans l'Amérique méridionale.
Depuis la fin du siècle dernier, presque toute l'Amériqno ayant conçiuis son indépendance, les colonies de l'Eumi'i^ dans le Nouveau Monde ont été considérablemenl rduites; elles n'embrassent plus qu'une superficie '!'■ 9.097.644 kilomètres carr., et ne comptent plus que 8.878.086 hab. Tous les Etats libres, au nombre de dix, sont constitués en républiques fédératives ou militaires. Us sont d'étendue et d'importance très inégales : tandis que l'Amérique du Nord est partagée entre trois puissances (Canada, Etats-Unis, Mexique), le continent méridional est beaucoup plus morcelé et est divisé en dix Etats distincts (Colombie. Venezuela, Equateur, Pérou, Bolivie, Chili, Brésil, Paraguay, Uruguay et république Argentine). Quant à la région des isthmes, elle comprend cinq petites républiques de très faible étendue (Guatemala, Honduras, San-Salvador, Nicaragua et Costa-Rica) qui semblent devoir bientôt, pour les relations extérieures, ne plus constituer qu'une grande république fédérale ; dans les Antilles, Haïti seule est indépendante ; les autres îles sont encore au pouvoir des Européens.
— Productions minérales et agricoles. Le Nouveau Monde produit en abondance la plupart des denrées recherchées par le commerce et l'industrie. Les minéraux abondent dans les deux continents : l'or et l'argent se trouvent au Pérou, en Bolivie, au Mexique, en Californie, dans l'Alaska et le Canada (région du Klondike). De très importants gisements de fer et de houille existent aux Etats-Unis, tandis qu'au Chili on extrait le cuivre en grande quantité.
Même abondance, même variété pour la végétation. Les céréales, en particulier le blé et le maïs, sont cultivées avec un très grand succès dans la vallée du Mississipi, et les Etats-Unis en envoient d'énormes chargements en Europe; on les retrouve aussi au Chili, au Mexique et dans les hautes vallées des Andes, où la pomme de terre est dans son pays d'origine. Les produits de la végétation tropicale, la canne à sucre, le café, le cacao. la vanille, le coton sont fournis en grande abondance par les provinces méridionales des Etat-Unis, par le Mexique, la Colombie et le Brésil. Enfin, la végétation arborescente, très développée, fournit d'excellents bois de construction (surtout le Canada), des bois d'ébénisterie très recher-
cli(5s, comme l'ébôno, l'acajou, lo palissandre (surtout lo Brùsil), ot dos bois do toinluro dont uno ospèco a donna son nom au Brésil {brasit).
L'ôlovago a pris uno tr^s grande extension dans les plaines tomporiios des doux continents, et les animaux iniportiis il'Eiu-opo, le cheval, lo bœuf, le mouton, s'y trouviMii "Il trou|M-;iiix innombrables.
\,,fr-. ,/, rnmmunication et commerce. Grice à toutes l'"i n h.'M' -loiit nous venons do parler, le commerce (Ifi l'Amrih|ur pst des plus prospères. Lo commerce intérieur do l'Amorique méridionale a relativement peu d'importance, les moyens de communication entre les ditTérenles régions faisant défaut ; mais, dans l'Amérique septentrionale, il est considérable, la multiplication des voies ferrées (quatrelignes transcontinentales), ainsi que la création de nombreux canaux, ayant développé les ressources du pays. Les Etats-Unis, le Canada et le Mexique possèdent aujourd'hui 310.053 kilomètres do chemins do for, tandis que l'Amérique du Sud n'en a que 31.000.
Le commerce extérieur du Nouveau Monde s'effectue par Ir-s deux Océans avec tous les pays du monde, et son
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— La DEconvKRTE. L'Amérique a-t-elle été connue de l'Ancien Monde avant sa découverte par Christophe Colomb ? Des Phéniciens, des Grecs, des Romains ont-ils visité l'Amérique ? La chose est possible, et même semblable, mais rien ne permet de l'affirmer avec certi tude ; et, si des marins anciens ont été entraînés pai les tempêtes sur les rivages du Nouveau Monde, ils ne semblent point en être revenus pour faire connaitie leur découverte à leurs contemporains. On ne peut dont sur les relations de l'Amérique avec l'Ancien Monde pendant l'antiquité, se livrer qu'à des conjectures
On a, au contraire, la certitude que les Scandina\es ont, au moyen âge (xi" siècle), découvert et colonise h s côtes orientales de l'Amérique (Groenland, Labrador Etats Unis), et que leur Markland et leur Vinland correspon dent à dos pays aujourd'hui bien déterminés. On trouve aussi dos Bretons et des Dieppois dans les parages di Terre-Neuve dès le début du xvf siècle. Mais cttti découverte et cette colonisation n'ont été connues qui dans le nord de l'Europe ; et, si Christophe Colomb a nu y puiser des indications précieuses, ce n'en est pas moins à lui que revient le mérite d'avoir fait déhnitne ment entrer le Nouveau Monde dans les limites du mon h connu. Avant lui, en effet, les peuples méditerranéens 1 ignoraient, car les îles dont les cartographes du w sie cle peuplaient l'océan Atlantique (Antiiia, Saint-Biandan no correspondent qu'à des traditions vagues ou fabuleuses. A partir du 18 octobre 1492, tout change 1 Anu rique est découverte ; et, si Colomb la croit jusqu à la hii de sa vie une partie du continent asiatique, ses contemporains et ses compagnons commencent, de son vivant même, à entrevoir la vérité et à considérer l'Amérique comme un continent indépendant de l'ancien. Aucune de ces deux conceptions n'entrave d'ailleurs la découverte • et, tandis que Christophe Colomb cherche le Cathay, ses compagnons cherchent, à travers le continent nouveau un passage vers les riches pays de l'extrême Orient décrits par Marco Polo. A Colomb lui-même, au cours de ses quatre voyages, on doit la reconnaissance des Antilles et du littoral oriental de la terre ferme, entre la presqu'île du Yucatan et le delta de l'Orénoque ; ses compagnons Hojeda, Juan de La Cosa, Améric 'Vespuce, etc., en ont complété la découverte ; et ce dernier (un de ceux qui semblent avoir eu le moins de part à l'exploration, mais dont les récits ont eu une certaine vogue) a même ravi inconsciemment à Colomb l'honneur de dénommer le Nouveau Monde. En mémo temps, le champ de la découverte s'étend au nord, où le 'Vénitien Jean Cabot (au service do l'Angleterre) et le Portugais Gaspard Cortereal visitent Terre-Neuve, la cote du Labrador et celle dos Etats-Unis ; au sud, où Pedro Alvarez Cabrai touche au Brésil dès 1500, où Vospuce reconnaît le littoral jusqu'au delà de Rio-Janeiro, et où Dias de Solis arrive en 1516 au rie de laPlata. Avant cette époque déjà. Ponce do Léon a découvert la Floride et déterminé la limite occidentale du golfe du Mexique (1512) et Nuiîoz do Balboa a franchi l'isthme de Darien, vu le grand Océan et constaté que les terres nouvelles constituent bien un continent indépendant de l'Ancien Monde (septembre 1513). Fort peu de temps après (1520), Magellan en trouve la terminaison méridionale et découvre un passage conduisant de l'océan Atlantique dans le Pacifique, où il pénètre le 27 novembre 1520. Ainsi a été déroulée de très bonne heure par les aventuriers espagnols une grande partie du peloton de fil dont parle Las Casas, que Christophe Colomb avait commencé a dévider; la découverte se poursuivit encore avec une grande activité pendant tout le second quart du xvi' siècle, ayant pour conséquences l'exploration de la côte américaine baignée par le Pacifique et la première reconnaissance de l'intérieur de l'Amérique centrale et méridionale. Cest l'époque des grands conquistadores, de Fernand Cortez qui, dès 1519, débarque au Mexique et commence la conquête do l'empire aztèque; il la termine en deux ans, et mène ensuite à bien l'exploration de la côte californienne jusqu'au delà du 40» do latit. N. Pizarre ne tarde pas à marcher sur ses traces ; il soumet un peu plus tard (1533) l'empire le plus riche de l'Amérique du Sud, celui des Incas, ouvrant la route à Almagro, qui pousse au Chili jusqu'à la latitude de Valparaiso (1536-I541i et à Orellana, qui traverse le premier l'Amérique du Sud d'O. en E. en descendant l'Amazone depuis les Andes jusqu'à la mer (1541). Cependant, Soto parcourt en vainqueur la
AMERIQUE
vallée du Mississipi inférieur, ot dos aventuriers ospa^ gnols parcourent 1 Amériiiue centrale ot méridionale, tandis que les Portugais préludent à l'exploration du Brésil, et que Jacques Cartier remonte lo Saint-Laurent jusque sur l'emplacement de la ville actuelle do Montréal (1535). Ainsi se trouve délimité do tous les côtés, sauf au N., lo continent américain dos les environs do 1550 ; ot quolrjues-uns des grands traits do son hydrographie apparaissent déjà sur les cartes. C'est ensuite, pendant un certain temps, la colonisation ou plutôt l'exploitation sans réserve des richesses du sous-sol (or, argent) qui succède à l'exploration; les populations indiennes disparaissent sous 1 oppression des Espagnols ot dos Portugais, qui veillent avec un soin jaloux à écarter du continent nouveau les Anglais et les Français, mais ne peuvent les empêcher do s'établir au Canada et aux Etats-Unis et de chercher à travers ces pays, et, plus au N. encore, un passage par le septentrion vers le Cathay ou Cipangu. Du moins, les Français sont-ils successivement écartés du Brésil par les Portugais, do la Floride par les Espagnols ; et ces deux peuples se partagent seuls toute r.\mérinue méridionale et toute lAn ■ ' ■ ■ ■ •
nalo. Dans l'Amériimc centrale, les connaissances se précisèrent un pou, ot les Antilles furent bien connues dès lo xviir siècle. Il n'en fut pas de mémo dans lo sud ; certaines explorations fructueuses du Pérou, du fleuve dos Amazones (lo P. Fritz, La Condamino et ses compagnons) furent exécutées au xviii" siècle, mais c'est lillustre et «avant Humboldt qui a ou l'honneur, au seuil du xix" siècle, do déterminer avec précision les traits géographiques do tout lo nord do l'Amériquo du Sud (n99-i804).
Au cours du XIX' siècle, des expéditions scientifiques surtout dans la première moitié du siècle, ont sillonné 1 Amérique du Sud et ont commencé à préparer rétablissement de cartes exactes pour cclto partie du monde. Spii et Martms inaugurent, do 1817 à 1820, par leurs explorations dans l'intérieur du Brésil et sur l'Amazone, une série do voyages nue continuent après eux : Alcido d'Orbigny dans la république Argentine, le Chili ot la Bolivie (1826- 1833); Pentland dans les Andes (1826-1828); lo comte de Casteinau aux sources du Paraguay, au Pérou et sur l'Amazone (1843-1847). Les voyages scientifiques ont été beaucoup plus rares dans la seconde partie du siècle ; Crevaux, qui a successivement visité les pays arrosés par
les récits ("abuleux de Walter Raleigh viennent encore, à la fin du xvi« siècle, jeter un nouveau prestige.
Dans les deux siècles suivants, le gain des explorations a été beaucoup plus mince, et c'est surtout la côte pacifique de l'Amérique septentrionale et les abords inconnus des régions arctiques boréales qui ont profité des reconnaissances des voyageurs. Certains navigateurs anglais (Baffin, Hudson) ont clos de bonne heure la série de ceux qui tentèrent la découverte du passage nord-ouest (car ensuite, pendant deux cents ans, on supposa fermées les mers qui portent leurs noms); d'autres ont continué jusqu'à la fin du xvm' siècle la reconnaissance des côtes occidentales. Quadra et Vancouver, puis Cook, ont rectifié les données des navigateurs espagnols, complété les renseignements fournis par Bering, enfin prouvé la séparation complète de l'ancien et du nouveau continent, en même temps que leur singulier rapprochement au N. du Pacifique. A l'intérieur du continent, bien des traits se sont précisés : les chasseurs et les missionnaires français du xvii" siècle, reprenant l'œuvre de Cartier et de Champlain, pénètrent jusqu'aux grands lacs canadiens et descendent le Mississipi jusqu'à son embouchure (Joliet, le P. Marquette, Cavelier de la Salle) ; au cœur du x\-iii« siècle, les Vareune de La Verandrye poussent plus à l'O. et découvrent les montagnes Rocheuses. Enfin, plus tard encore, des employés des compagnies de pelleteries explorent les territoires glacés du nord-ouest canadien (Hearne et Mackenzie) déjà visités par des coureurs français des bois, et « relèvent aux embouchures du Coppermine et du Mackenzie les premières amorces du continent glacial américain ». Voilà pour l'Amérique septontrio-
l'Amazone, l'Orénequo et la Plata, et qui a trouvé la mort dans le Grand Cliaco, est surtout un explorateur (1877-1SS2 ; mais le savant argentin Moreno mérite d'être considéré comme ayant poursuivi, en Patagonie, l'œuvre scientifique exécutée au xix' siècle dans l'Amérique du Sud.
Dans l'Amérique du Nord, les progrès réalisés sont beaucoup plus considérables encore. Au début duxix« siècle, l'exploration des pays occidentaux du continent était à peine commencée ; ces pays sont aujourd'hui parfaitement connus et étudiés. La raison en est que cette reconnaissance a été pour la grande république américaine un objet d'utilité et d'intérêt national. Commencée dès lo début du siècle par Lewis et Clark qui, dès 1803 (l'année de la cession do la Louisiane par la France), ont exploré lo bassin du Missouri et (par la Columbia River) ont atteint le Pacifique ; continuée par Pike. qui a visité le pays com-
Fris entre les sources du Mississipi et la rivière 'Platte, Arkhansas et la rivière Rouge (1805-1807), la reconnaissance du Far-West s'est faite avec une grande rapidité, en même temps que les colons s'y avançaient. Les cartes se sont précisées peu à peu et ont réalisé de grands progrès au milieu du siècle, quand fut entreprise la grande enquête instituée pour la construction du Transcontinental Railway (1850). Alors on a commencé à bien connaître les montagnes Rocheuses que le Geological Sarvey a ensuite étudiées au double point de vue de leurs formes actuelles et de leurs transformations successives dans le passé géologioue. D'admirables cartes topographiques existent aujourd'liui du territoire des Etats-Unis, qui est mieux étudié que plusieurs pays de l'Europe.
Le Canada suit l'exemple du pays voisin ; il pourstiit