‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 236 sur 828 · AMÉRIQUE — AMEUBLEMENT · texte numérisé non relu

AMÉRIQUE — AMEUBLEMENT

lëtudo (aux points de vue géologique, géographique et de la colonisation) de ses immenses territoires, glacés dans la partie septentrionale. Aucune exploration no mérite liôtro signalée, ni au Labrador, ni dans les Barren Lirounds, ni dans les montagnes Rocheuses, comme particulièrement importante: mais il convient d'insister ici sur les grands voyages dirigés vers les abords des terres arctiques qui ont, au début du siècle, achevé de déterminer vers le N. les limites du continent américain. Les expéditions de Franklin, de Back et de Richardson {1819- 1S22 1825-1827), de Back (reconnaissance de la Great Fish' River, 1833); de Dease et Simpson (1838-1839); de Rae (1846-1854), entreprises par terre et continuées avec les expéditions maritimes que reprirent, deuxsièclesaprès, Baflin et Hudson, ont amené non seulement la découverte du passage nord-ouest, mais le relevé du tracé du littoral septentrional de l'Amérique. Ainsi a été achevée, dès le milieu du XIX* siècle, la détermination de tous les grands traits physiques du Nouveau Monde; il n'y reste plus à faire que des études de détail, mais celles-là occuperont nombre d'années, car l'Amérique est peut-être, à l'heure actuelle, abstraction faite du Canada et des Etats-Unis, le continent le plus mal connu, et c'est en tout cas le continent le moins étudié du globe.

BiBLioGR. : Humboldt, Examen critique de l'histoire de la géographie du Nouveau Monde (Paris, 1836-1839) ; iMacgryot, Ihe Proqress of America from the discovery of Columbus to Ihe year IS40 (Londres, 1847); Winsor, Narraliie and critical Hisloni of America (Londres, 1886-1888) ; Cobo, Hisloriu ,lel Sinro ilundo (Séville, 1890).

Amérique centrale. On donne ce nom à la partie de l'Amérique commençant à l'isthme de Tehuantepec et finissant aux isthmes de Panama et de Darion. C'est la réqion des isthmes, appartenant en partie au Mexique et à la Colombie, et comprenant les cinq républiques de Guatemala, Salvador, Nicaragua. Honduras et Costa-Rica, le Honduras anglais et les côtes des Mosquitos. Sa superficie est de 465.485 kilom. carrés, et sa population do 3.300.000 hab. environ.

Le système orographique de l'Amérique centrale part de l'isthme de Tehuantepec. sous le nom de sierra Madré, et longe le littoral de la mer du Sud ; il n'approche de la mer dos Antilles que vers l'embouchure du rio San-Juandol-Norte. On y compte 75 volcans atteignant près de 5.000 m. d'altit. et pour la plupart voisins du Pacifique, dont 18 en activité (l'Amilpas, le Tajamulco, l'Atitlan, les volcans du Fou et de l'Eau, le San-Salvador, etc.). Le reste de la superficie de rAméri(|ue centrale est occupé principalement par des plateaux et des terrasses accidentées. Sont l'altitude varie beaucoup, et qui sont parfois (dans le Costa-Rical hérissés de volcans.

Con inueiles dans le voisinage de la côte, les pluies arrivent en fort grains à l'intérieur, de juin à novembre, poussées par des vents qui soufflent du N.-E. au S.-E. Ce sont alors de vraies tornades, accompagnées de tonnerre et d'éclairs. Parfois les ouragans venus du Pacifique continuent leur route vers l'océan Atlantique sans s'arrêter sur l'Amérique centrale, qui jouit, de décembre à avril, d'une sécheresse relative et où dominent alors les vents du N. et du N.-O.

Les cours d'eau de l'Amérique centrale sont nombreux et abondants, mais de peu d'étendue. Les plus importants sont ; le Polochic, qui se jette dans le golfe Dulce, le rio Grande, le San-Juan, déversoir des lacs Managua et Nicaragua, réunis par le Tipitapa (Nicaragua), tributaires de l'Atlantique; le rio Grande et le Tempisque, tributaires du grand Océan. Les côtes présentent quelques larges baies (baies d'Amatique, de Honduras, de Chiriqui, sur l'Atlantique ; sur le Pacifique, baies de Fonseca, de Papaye, de Dulce) ; elles sont bordées de plaines marécageuses, larges parfois de 40 kilom., remplies de lagunes.

Par suite de l'insalubrité du climat humide de l'Amérique centrale, la population européenne n'y est guère considérable ; quant à la population indigène, elle résulte de croisements à tous les degrés entre blancs, nègres et Indiens. Les diverses races y sont parfois si intimement mêlées qu'aucune classification n'est possible.

Sans insister ici sur son importance économique, rappelons qu'au point de vue commercial elle présente un très vif intérêt, étant située entre les deux Océans au point le plus étroit, au seul point où le percement d'un isthme puisse les mettre en communication complète et éviter les frais et les pertes de temps de transbordements par l'intermédiaire d'un chemin de fer.

Découverte par Colomb, dans son quatrième voyage, en 1502, l'Amérique centrale a eu ses rives occidentales visitées par Ponce de Léon en 1516. Pedro Alvarado soumit, en 1524, les Indiens et fonda San-Iago-de-los-Caballeros de Guatemala. En 1527, l'Espagne institua une capitainerie de Guatemala, comprenant presque toute l'Amérique centrale avec l'Etat de Chiapas. Elle garda la suzeraineté du pays jusqu'au 15 septembre 1821, date à laquelle l'Amérique centrale se déclara indépendante de l'Espagne. Après la Révolution, le gouvernement hésita un instant à s'annexer à la Colombie, au Mexique ou aux Etats-Unis de l'Amérique du Nord, puis proclama, le l«r juillet 1823, la confédération de l'Amérique centrale, qui comprenait alors, outre les cinq Etats actuels, celui de Quezaltemango (la partie S.-O. do Guatemala) et Chiapas (l'Etat qui fut incorporé depuis au Mexiuue) ; irtais, en 1840, le pacte fédéral fut rompu. A partir de ce moment, le territoire a été divisé en cinq républiques ; Guatemala, San-Salvador, Honduras, Nicaragua, Costa- Rica, et les tentatives faites à diverses reprises pour reconstituer les Etats-Unis de l'Amérique centrale ont abouti à la constitution d'une République fédérale pour les relations avec les puissa.nces étrangères, mais laissant à chacune des cinq républiques de l À'mérique centrale son indépendance pour la gestion do ses affaires intérieures.

— BiBLiOGK. : E. Reclus, Nouv. Géor/r. imiv., t. XVII, Indes occidentales (Paris, 1890); Child, les Républiques ispano-américaines (Paris, 1892).

Amérique espagnole, dénomination donnée aux colonies espagnoles de l'Amérique jusqu'au moment où, au début du XIX' siècle, les guerres de ITIndépendanco les détachèrent successivement de la mère patrie. Ces colonies formaient neuf grands gouvernements ; les quatre vice-royautés du Mexique, de la Nouvelle-Grenade, du Pérou et de Buenos-Ayres, et les cinq capitaineries générales de Guatemala, du Chili, de Caracas, de Porto-Rico et de La Havane. Les deux îles de Cuba et de Porto-Rico,

dans les grandes Antilles, restent seules aujourd'hui colonies espagnoles. Le Mexique, le Guatemala, le Honduras, le San-Salvador, le Nicaragua, le Costa-Rica, la Colombie ou la Nouvelle-Grenade, le 'Venezuela, l'Equateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili, la république Argentine ou de la Plata, le Paraguay et l'Uruguay forment autant de républiques indépendantes. D'après Humboldt, la population de l'Amérique espagnole, à la fin du xvii» siècle, était de 16.785.000 âmes ; aujourd'hui, ces mêmes contrées comptent plus de 35 millions d'habitants.

Amerling (Friedrich von), peintre autrichien, né à ■Vienne en 1803, mort dans la mémo ville en 1887. Après avoir étudié à Vienne, à Londres sous Lawrence, à Paris et en Italie, il aborda le genre historique. Moïse dans le désert (1829); puis son Portrait de l'empereur François 1" (1832) lui valut de devenir le peintre préféré de la cour et de l'aristocratie. Il exécuta de nombreux et brillants portraits.

AMERS (de à, et mer) n. m. pi. Tout olijet fixe et remarquable, tel que tour, moulin , balise, etc., situé sur la côte ou en mer, et dont on se sert pour prendre des relèvements ou pour donner la route à suivre près de terre, ou dans les passes des rades et des ports. V. balisage.

Amers (la.cs), en

lut. Amari fontes ou Amari tacus. Lacs situés dans la basse Egypte, à l'E. du delta du Nil, et traversés par le canal de Suez au S. d'Isma'ilia. On distingue le Grarid et le Petit lac Amer. '"*" '

AmerSFOORT, ville de la Hollande (prov. d'Utrecht), sur rK.ui, iriliMtairo du Ziiyderzée ; 15.400 hab. Centre de clu-iiiiiis ■\c irr. Fabriques* renommées de damas. Commerce et transit très actits; culture de tabac. Cette ville, patrie de Jean Barneveldt, fut prise par les Français, en 1072 et en 1795.

amertume n. f. Propriété, saveur des amers : L'amkr- ; TUME de la quinine. i'AMERTUMii des eaux de la mer diminue en raison de leur profondeur. \

— Fig. Ce qu'une chose a de dur, de pénible, de douloureux : La providence de Dieu veut que l'homme ressente /'amertumk des maladies et de la mort. (Mass.) ii Dégoût, chagrin ; Alors même que l'homme est heureux, il y a dans ses plaisirs un fond ^'amertume. (Chateaub.) il L'amertume de l'âme, du cœur, L'amertume qui remplit l'âme, le cœur. Il Ce qu'il y a d'offensant, de mordant dans des discours, dos écrits; ce qui indique l'animosité : Parler de quelqu'un avec amertume.

— Métaphoriquem. , et surtout dans lo langage rny stique. Calice d'amertume, l'amertume du calice, Les humiliations, les souflfrances qu'on est forcé de subir.

— En T. de pathol. Sensation d'amertume dans la bouche, qu'éprouvcni les malades dans un grand nombre d'affections, et qui trouble leur appétit.

— ûVN. Amertume, afflictioa, désolation, douleur, mal, peine, soufirance. tourment. V. affliction.

— Anton. Aménité, douceur, suavité.

Ames (Fisher), jurisconsulte et orateur américain, né en 1758, mort en 1808. Il entra en 17S8 dans la convention du Massachusetts, puis au congres dos Etats-Unis, où il se montra un des plus fermes appuis de la politique do Washington. On a publié : the 'V.orks of Fisher Ames.

Ames (Joseph Alexander), peintre, né en 1816 à Ros- Ijury (New-Hampshiro), mort en 1872 à New-York. Il fut élève de 'Wash. Allston à Boston, passa quelques années à Rome et vint ensuite à New- York. Il peignit des scènes de genre et surtout des portraits remarqués, parmi lesquels ceux de Prescott, d'Emerson, du général Benj. Franklin Butler, de Daniel Webster, do l'actrice Rachel-Félix, etc.

AmesbuRY ou AmbresburT, village d'Angleterre, à 12 kilom. de Salisbury, sur l'Avon ; 950 hab. Beau châtonu ; ruines d'une abbaye de bénédictines, fondée en 980 par la veuve d'Edgar. Aux environs, lecirque druidique de Stonehonge. Près do là, à Milston, naquit Addison.

AMÉSITE (du gr. amétos, sans intermédiairo)n. f. Variété de corundophvllfte, voisine du clinochlore, et appartenant au genre des" chlorites. Silico-aluminate hydraté do fer et de magnésie en masses cristallines vert clair, d'éclat nacré, où l'on distingue des lames hexagonales. On trouve l'amésite à Chostcr (Massachussets).

AMESTREMENT n. m. Action d'amostrer.

AMESTRER v. a. Mêler le carthame, ou safran bâtard, préalablement lavé, avec do la lie de vin brûlée et pulvérisée, en les piétinant par petites parties.

AMÉTABOLE (du gr . amétabolos, sans changement) n. m. et adj. Se dit des insectes qui ne subissent pas de métamorphose complète, comme les hémiptères, les orthoptrres, etc. ; Un AMÉTABOLE. Les sauterelles sont amêta-

AMÉTAMORPHOSE (du gr. a priv., et ie métamorphose) n. f. Phénomène présenté par certains animaiLX qui ne subissent pas de métamorphose complète.

AMÉTHYSE (rad. améthyste, par allusion à la couleur de l'insecte) n. f. Geure d'insectes brachycères, famille des muscides, renfermant des mouches africaines voisines des ortalidos, dont l'espèce type est l'améthyse du Cap (amethysa capensis).

AMÉTHYSTE {tiss — du gr. améthustos, qui n'est pas ivre) n. f. Variété violette de quartz, ainsi nommée parce que les anciens lui attribuaient la propriété de préserver de l'ivresse.

— Erpét. Serpent du genre python.

— Hist. relig. Une des douze pierres dont était orné le pectoral du grand prêtre, sur lequel elle occupait le neuvième rang.

— Ornith. Espèce d'oiseau-moucho qui habite la Guyane.

— Encycl. Miner. L'améthyste est un quartz, p'robablement coloré par de l'oxyde de manganèse. Sa couleur offre toutes les nuances du violet. Cette pierro est très

recherchée en bijouterie, quand elle est d'un beau violet velouté. Elle est employée pour colliers, bagues, boucles d'oreilles, camées, anneau pastoral (pierre d'évêque), etc. Les plus belles améthystes viennent du Brésil, de l'Espagne, de Hongrie, de Sibérie et de l'Inde.

L'amétlnjsle orientale n'est pas une améthyste, mais une variété violette de corindon.

L'améthyste basaltine est une variété violacée d'apatite.

AMÉTHYSTÉES {tiss) n. f. pi. Plante de la famille des labiées, qui croit dans toute l'Asie centrale, et dont une variété, Vaméihyste bleue, est cultivée dans nos parterres.

AMÉTHYSTIN, INE [^i5s)adj. Qui est de couleur violette.

AMÉTHYSTINE (liss) n. f. Corps d'un violet améthyste, qu'on obtient en traitant par un réducteur la cocothéline, produit jaune de la réaction de l'acide azotique sur la brucino. L'améthystine vire au vert par les alcalis.

AMÉTRIE (du gr. a priv., et métron, mesure) n. f. Défaut de mesure, irrégularité.

AMÉTRIE (du gr. a priv., et métra, matrice) n. f. Absence

AMÉTROPE (du gr. a priv. ; métron, mesure, et âps, âpos, œil) adj. Se dit de ceux dont la vue n'a pas la limite ordinaire de la vision distincte.

AMÉTROPIE (rad. amétrope) n. f. Ensemble des imperfections de l'œil considéré comme système dioptrique, et comprenant : l'hypermétropie, la myopie, l'astigmatisme.

— Anton. Emmétropie.

ÂMETTE (diminut. de Ame) n. f. Petite âme. Syn. de âmelette. Il On écrivait aussi ÀMi-;TE.

AMEUBLEMENT n. m. Ensemble des meubles qui garnissent ou qui ornent une maison, un appartement.

— Encycl. Les origines de notre ameublement sont obscures. Les Gaulois fiches pouvaient posséder quelques beaux meubles ; mais le commun des hommes se contentait de sièges rudimentaircs, faits de grosses billes de bois ou de crânes d'aurochs; la literie était surtout de peaux de bêtes. Dans les régions où pénétraient les Phéniciens, les meubles orientaux ont dû se répandre ; puis, lors de la conquête romaine, les formes de l'Italie et de la Grèce durent prédominer. On ne sait rien sur le mobilier primitif des Francs ; ces migrateurs, quand ils se fixèrent eu Gaule, empruntèrent tout à la civilisation romaine et à la byzantine. Leur amour pour l'orfèvrerie, commun d'ailleurs" à tous les barbares, les poussa vers les somptueux meubles de métal : ils recherchaient plus la richesse que le confort. L'ameublement suivit les progrès de la civilisation générale, en même temps que la maison se substituait partout à la hutte ou à la tente. Il reproduit toujours le caractère de l'architecture qu'il vient compléter; mais, comme les premiers éléments appartiennent è des races migratrices, le coffre de voyage et lo lit en constituent les principaux, et même les uniques éléments. La mariée apporte avec elle son coffre de mariage qui, suivant la condition de son époux, servira de huche à pain, d'arche pour renfermer les vêtements, do bahut, etc. Toujours il sert de siège, et telle est l'origine du banc, dont certaine forme plus compliquée arrive au bahut à deux corps, où un coffre à battants sert de dossier et où un coffre à couvercle sert de siège. Mais les sièges à pieds détachés qui sont les escabelles représentent une autre famille dans laquelle il faut ranger les faudesteuils, ancêtres de nos fauteuils modernes. Si l'on veut se faire du développement du mobilier une notion pour ainsi dire philosophique, il faut considérer que son perfectionnement s'est opéré lentement par une différenciation en séries des formes primitives qui sont le coffre, l'escabelle, le lit et l'armoire. (V. ces mots.) Au moyen âge, l'armoire représente le premier et le principal meuble : c'est un monument en bois fortement charpenté et soutenu par des pièces de for. Ses grands battants comportent un appareil de serrurerie massive. Il ne faut pas oublier qu'à cette époque les résidences des gens de quelque importance n'avaient pas, en dehors do ces armoires, de mobilier leur appartenant. Les meubles voyageaient avec leur propriétaire, selon qu'il changeait de châteaux dont les vastes salles restaient vides pendant son absence. Quand elles étaient habitées, on garnissait leurs murs de tentures, et, comme la plupart du temps elles servaient à loger un certain nombre de personnes, on formait des compartiments au moyen d'autres tentures que l'on suspendait à de grandes tringles de fer.

Certains meubles du xiV siècle sont de véritables merveilles, et ceux du xv« comptent parmi les plus beaux travaux d'ébénisterie qu'on ait jamais exécutés. C'est qu'alors l'art de sculpter le bois atteignait sa perfection, et les principes de la saine décoration n'avaient pas encore été enfreints qui commandent de ne jamais chercher en dehors de la matière elle-même, sauf de rares exceptions, les éléments de sa parure. V. décoration.

L'ameublement du xvi" siècle rentre déjà dans la tradition moderne : les meubles joignent le confort à la beauté, les formes se multiplient, les tapisseries n'ont jamais été plus belles, et l'art du tapissier se combine avec celui du brodeur pour rehausser les tentures des fenêtres, des portes, des murailles. Mais celles-ci sont aussi très fréquemment habillées de cuir gaufré suivant la mode espagnole, ou bien elles disparaissent sous des lambris de bois sculpté. Comme l'art de la verrerie fait de grands progrès, les fenêtres deviennent do plus en plus grandes, et les vitratLx, enchâssés de plomb, deviennent moins une nécessité qu'un ornement; on commence à garnir les baies de rideaux artistement ajustés.

L'époque de Louis XIII représente une sorte de réaction contre les formes riches et moelleuses de la Renaissance : l'ameublement prend un caractère de sévérité qui ne l'empêche pas cependant de gagner beaucoup, surtout vers la fin, en confortable. Ces sièges, notamment, sont spacieux et commodes ; c'est le véritable début du moderne fauteuil. C'est aussi l'époque de ces belles tapisseries d'ameublement, de ces verdures flamandes dont les tableaux des vieux maîtres nous montrent l'emploi.

L'ameublement du règne de Louis XIV brille plutôt par le faste que par le bon goût Car c'est à cette époque que disparaissent les bons principes de décoration : on commence à dorer lourdement les meubles de bois, à en contourner les profils et les appuis, à en dénaturer les lignes ; le parti architectural cesse de présider à la construction des meubles.

Il on est de même pour le règne de Louis XV, et c est

AMFX'BLEMENT

. - S3. Commode Louis XV. i». Peoiiule Tni'.i» YV lK„„ioiô.Kl.,r,i" " oi"T"ST'"5"';~.';''7 ---—:-■• • ■■ .... ■ . .,- \\ . ■ .i mbleaul. — ST. fauteuil "aadple 1" Empira (MobiUer nitioaai;. — 88 Commode en irenùa

Louis XV (toulaiaobleau). - 39. Table de (oUelte !•> Empire >.\lj...ic; uaii.ua;;. - „J. L.i J. .\l.uie-AntoUiette (Fontainebleau). - 31. Fauteuil Louit XVI (Mobilier national).

Voir : ^^obilier, Lit Armoire, Coffre, Crédence, Table, Siège, etc.

ÂMEUBLER — AMI

pour réaair contre cet abandon de la ligne, que le style Louis XVI se produisit avec ses pauvretés froides et mièvres, et ses timides essais de retour vers l'antique qui s'accélérèrent pendant toute la Révolution pour nous précipiter dans lo genre Empire.

Au point do vue général, on peut dire que la décadence do l'ameublement français, et même européen, fut amenée par Louis XI'V, qui n'admettait pas que tout ce qui existait avant lui fût autre chose que de la barbarie. Notre époque, éminemment éclectique, cherche actuellement une formule de mobilier tout à la fois originale et pratique, où le confortable soit assuré, tout en respectant les lois de la décoration et de l'architecture. D'intéressants essais ont été faits ces dernières années : les Anglais ont fait un grand pas dans cette voie, leur ameublement est assurément le mieux compris. Voir ébênisterie, ébkniste,

DÉCORATION, MEUBLES, TAPISSIER, TAPISSERIE, GLACE, HABI- TATION, TENTURES, LAMBRIS.

AMEUBLER V. a. Garnir de meubles. Syn. abusif de

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