‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 244 sur 828 · V. Hugo · texte numérisé non relu

V. Hugo

— Substantiv. h'Amiral, Vieux ponton portant autrefois lo pavillon du préfet maritime dans les ports de guerre, corps de garde pour la police de l'arsenal, lieu de séance dos conseils de guerre, prison militaire pour les officiers. C'était co bâtiment qui lirait le coup de canon de fermeture du port et annonçait le commencement du service de nuit, bo dit, en langage courant, du bâtiment ajniral: Z'amiral hisse les couleurs. X'AMiRALprenrf les dispositions d'appareillage.

AMIRAL n. m. Mollusque gastéropode, de la famille des conidx, qu'on trouve sur les côtes de la mer des Indes, et qui est très recherché des amateurs, à cause do sa beauté et du grand nombre de ses variétés.

AMIRALAT [la] n. m. Autref., Dignité, privilèges et attributions de grand amiral.

AMIRALE n. f. La femme d'un amiral : Madame l'K'sn- BALE. Il Galère que montait l'amiral des galères.

AMIRANTE n. m. Grand officier de la couronne d'Espagne, dont les fonctions correspondent à celle de nos anciens grands amiraux.

AMIRANTES(fLEs),en portugais Ilhas do Almirante, ou îles de l'Amiral, groupe d'îles anglaises, pour la plupart inhabitées, dans le S.-O. des îles Seychelles (océan Indie[i\ à 750 kilom. N. de Madagascar. Découvertes on ir.o2 par Vasco de Gama, les Amirautés furent occupées par K-^ Anglais on 1814.

AMIRAUTÉ n. f. Ancionncm., Charge, dignité de grand amiral : Pan'euir à Z'amiraoté. V. amiral.

— Encycl. Richelieu créa en 1624 le conseil de marine. K'.organisé en 1715 et 1788, il fut supprimé on 1791, à Il Révolution. Napoléon I" le rétablit en 1810. Supprimé 'Il 1814 par la Restauration, on le voit renaître le il août 1 ^2 1 , sous le nom do « Conseil d'amirauté n . Composé d'ofil. iors généraux do la marine, il délibérait sur toutes • hoses ayant trait à la marino et aux colonies. Les lois ■ oiiraises" au Parlement portaient : « le Conseil d'amirauté 'iiiondu. Il — Il drossait les états de proposition des offiiHTs jugés aptes à passer au choix. Réorganisé en 1871, il fut composé de 8 membres, 2 adjoints et 1 secrétaire ; puis il fut définitivement remplacé, le 5 décembre 1889, jiar lo Conseil supérieur de la marine, composé du ministre, de 3 vice-amiraux inspecteurs généraux, 2 prélets maiii.iines, 2 inspecteurs généraux de l'artillerie et du génie maritime, et du chef d'état-major général. Co conseil est 'liargé de toutes les questions intéressant la préparation a !a guerre navale.

L'amirauté existe encore on Angleterre sous le nom do lioard of admiralty » ; elle a été créée par Guillaume III <^n remplacement dii grand amiralat, et se compose de six i membres appelés « lords de l'amirauté ». Ce sont : le lordministre do la marine, presque toujours un civil ; puis lo Sremier lord naval, vice-amiral, correspondant à chef 'état-major général en France; le deuxième lord naval, contre-amiral, directeur du personnel; le troisième lord naval, directeur du matériel et des réservés; le quatrième lord naval, directeur des services administratifs; le civil lord, membre de la Chambre dos communes; enfin, un secrétaire permanent. Ce personnel, à l'exception du secrétaire permanent, change avec chaque nouveau ministère. Le secrétaire permanent, membre do la Chambre des communes, est un officier de marine. Elle s'occupe de toutes les questions intéressant la marine ot la défense extérieure.

Amirauté, arcliipel allemand, dan» la MélaDésio, Îl '.'1)0 kiloin. environ au N.-E. do la NouvoIIe-Guinéo (Terre do rEmporour-GuilIaumo). Visitées, pour la première fois on 1610, par Le Maire et Schoutcn, qui los nommèrent u les Vingt-Cinq îles p, les lies do l'Amirauté furent baptisées on 1707, par Carterot, du nom qu'elles portent encore aujourd'hui. Les Allemands los ont occupées on 1885.

Amirauté (Ilr dr l'), dans le grand Océan, entre la côio américaine et l'archipel du Roi George, découverte par Vancouver on 1704. Elio appartient aux Anglais.

AMIRÉ n. m. Qualification de doux sortes do poires: Vnmirr roux ou poire archiduc d'été, petit fruit savoureux rultivé on Tonraine, et Vamiré johaJinet, petit fruit jaune clair et ruse à. points roux, cultivé aux environs do Paris.

Amis (archipel ou îles des), aussi nommé Archipel de Tunr/a, archipel fertile do Polynésie ; environ 20.000 h. Cook, bien accueilli par los indigènes de race malai.so, donna à cet arcliipel lo nom do Ues rft'îAmi«; mais il fut en réalité liabité par une race cruelle, sacrifiant des victimes hu-

mteurs se sont adoucies

AMISALLE n. m. Genre d'insectes coléoptères curculionides, famille dos myllocéridés, renfermant des charaneons do Tasmanio et de Nouvollo-llollande. Citons l'amisallus Whitei (Australie).

AMISSIRIUTÉ n. f. En T.

de dr. et do théol. Qualité de co qui ost amissiblo.

AMISSIBLE adj. En T. de dr.

et de théol. Qui peut être perdu.

AMISSION n. f. En T. de

'\i: et (1.- tlu-ol. Perte.

Amisus, anc. ville du royaume do Pont, sur lo golfe AmisuSf dans lo Pont-Euxin. Colonie de Milet, puis d'Athènes, cette ville fut plus lard l'une des capitales de Mithridato. Saccagée par Lucullus ot par Pharnace, elle se releva sous Auguste. Il Auj. Samsoun.

AMIT {mi — bas latin aînitum) n. m. Etoffe de soie cuite, jadis en usage et qui, dit-on, était plus forte que le cendal et moins forte que le samit. C'est aux xii" et xin* siècles que l'on fabriquait ces amits, notamment en Italie et en Sicile. Ceux de Palermc étaient fameux. La vieille forme française du mot est amitan.

AmitÂBHA(« Lumière infinie ").I1 faitpartiedu groupe des cinq Dhj/dni, ou Bouddhas de contemplation, imaginés par l'école Mahâyâna du bouddhisme indien, après sa rupture avec l'école orthodoxe. Son nom, le teint rouge qu'on lui prête et le fait qu'il préside un paradis situé à l'occident, font supposer qu'on se trouve en présence d'un mythe solaire.

Araitâbha est presque toujours représenté assis sur un lotus, ses deux mains superposées, appuyées sur ses genoux, et soutenant quelquefois un pâtra ou bol à aumônes; sa tête, ou son corps, sont entourés d'une gloire qui affecte tantôt la forme d'un disque lumineux, tantôt celle d'une feuille de figuier. V. Amida.

isalle (grand.

Amitâbba.

AMITAYUS ou APARIMI-

TÂYUS (' Possesseur de la vie éternelle»), nom et forme quo l'on donne au Bouddha Amitàbha, considéré conmic dispensateur d'une longue vie. Son culte est surtout en faveur au Tibet, en Mongolie ot en Chine.

AMITE u. f. Miner. V. ammite,

Amiterne, très anc. ville de l'Italie, dans les montagnes do la Sabine. Patrie de l'historien Salluste. ii Auj. Amatrica.

AMITEUX (eu), EUSE adj. Argot. Aimable, caressant.

AMITIÉ {ti-é — lat. arnici(ia) n. f. Affection pure de tout attrait sexuel et mêlée d'estime qui unit une personne à une autre : Il ne faut donjier son amitié qu'avec une extrême précautioti. (Louis XVI.)

— Au pi., Liaison, union intime entre des personnes : Former de nouvelles amitiés. De vieilles amitiés, ii Caresses, paroles affectueuses : Faire mille amitiés à qu€Uju'u7}.

— Prendre en amitié. Se dit généralement de l'affection qu'un supérieur peut éprouver pour un inférieur.

Il Etre en amitié avec quelqu'un, Etre en rapports d'amitié avec lui.

— Accord, alliance entre deux souverains, doux pays.

— Fam. Bon office, complaisance : Faites-moi /'amitié de venir jne voir, de m'écrire.

— Attachement, affection de certains animaux pour l'homme : Le chien a de Tamitié pour son maître.

— En parlant des choses. Attraction : Il y a de l'\>ifîVi entre le fer et l'aimant. (Acad.) [Fort peu usité en ce sons]. Il S'applique à certaines couleurs dont les nuances s'unissent harmonieusement : Le jaune a de /'amitié ;iour le bleu.

— En T. do comm. Sorte do velouté au toucher, grâce auquel les marchands de blé reconnaissent la bonne qualité du froment. On dit do préférence que le blé « a do la main », au lieu de : « a de l'amitié u. n Drap, étoffe qui a de l'amitié, qui n'a point d'amitié, Qui est ou qui n est pas doux au toucher.

— PROV. Les petits cadeaux entretiennent l'amitié, Les attentions servent à ontreteiilr les bons rapports, n II faut découdre et non déchirer l'amitié, Lorsqu'on a sujet de so plaindre d'un ami, il faut s'en détacher i^l^onsiIllement, sans éclat, et no pas remplacer laminé par la haine.

Il Ne laissez pas croître l'herbe sur le chemin de l'amitié, Ne négligez pas vos amis, ti L'amitié rompue n'est jamais bien soudée, Il n'y a guère de réconciliation bien sincère; la défiance s'y mole presque toujours.

— E.NcvtL. Deux caractères principaux distinguent

AMIRAL — AMlTilE

Vamîlié des autres affections : c'est un scotimcot paisible, et c\;>ii un sentiment égalitaire.

I/analyse de l'amitié nous uionire que l'égalité en est le caractère essentiel. Qui oit « amis • , <Ji! • égaux • : amicitin parcs invenit, vct facit. Quelles quo soient les inégalités cxiéricuros, l'amitié bupposo eotro deux amis mémos droits ot mômes devoirs.

L'amitié est, comme l'amour, un lion entre deux. C'est ce caractère duaiisto qui lui donne .son énergie. On sait à quelles hideuses aberrations elle s'est laissée aller en Grèce. Chez nous, La Boétic, dont l'amitié avec Montaigne est si célèbre, a écrit : • L'amitié est un nom sacré, c'est une chose sainte... Il ne peut y avoir amitié làeiïost la cruauté, ouest la déloyauté, où est l'injustice... Les méchants no sont pas amis, 'ils sont complices ».

Le développement de l'amitié et celui de ïamour sont dans Ihistoiro on raison inverse l'un de l'autre. L'antiquité offre à ce point de vue un contralto remarquable avec le moyen âge et les temps modernes. L'amitié fleurit dans la Grèce païenne ; depuis l'avènement du christianisme, quoique Vamitiô soit pratiquée, elle cède le pas à l'amour ot aux affections de famille, il faut chercher la raison de cette différence dans la condition différente faite aux femmes par les lois et les mœurs. Lo mépris dans lequel, en Grèce, l'organisation sociale maintenait les femmes, l'impossibilité préjugée d'éprouver pour elles une affection élevée, la honte dfo leur sembler soumis, éloignèrent de l'amour et tournèrent vers l'amitié toutes les forces vives des cœurs. Ajoutons que le développement excessif 'Je la vie publique, en absorbant l'homme dans le citoyen, comprimait l'amour et les affections de famille, et les su- Itoraonnait au patriotisme, tandis qu'il accordait un libre essor à l'amitié. Aussi la légende grecque n'est-ollo qu'un long poèmo à cette passion.

La psj^chologie grecfjue, qui a peine à distinguer l'existrnco spirituelle de l'existence matérielle, distingue encore m. lins les sentiments de l'âme. Socratc et Platon confonli.iit. 'Mieoro l'amitié et l'amour : l'amitié est un amour i1i;inW'. Aristote donne le nom de « amitié < aux rclationsdo famille, de cité. Epicuro seul entend l'amitié au sens étroit. Dans la Grèce héroïque et guerrière, l'amitié s'établit entre compagnons d'armes; dans la Grèce pacifique, entro les compagnons d'études et de loisirs. Vienne à disparaître la vie commune des camps et des écoles, l'amitié perd à la fois ses conditions d'existence et sa raison d'être.

Les Grecs et les Romains ont élevé des autels à l'amitié. Les Grecs la représentaient sous la figure d'une jeune fille vêtue d'une robe agrafée, la tète nue, une main posée sur le cœur, l'autre appuyée sur un ormeau frappé de la foudre, autour duquel s'enlaçait une vigne chargée do grappes. L'ormeau, c'est l'infortune : l'amitié n'en a pas peur; quant à la vigne, elle symbohse sans doute la douceur des consolations de l'amitié.

Chez les Romains, l'amitié était représentée sous l'emblème d'une jeune fille, simplement véme d'une robo blanche, la gorge à moitié nue, couronnée de myrte et de Jleurs do grenadier, tenant dans sa main deux cœurs enchainés; Ta frange de sa tunique portait ces mots : La mort et la vie. Sur son front, on hsait : f/iver et été. De la main droite, elle montrait son coté gauche ouvert jusqu'au eœur; on y lisait : De près et de loin.

- 8yn. Amitié, affection, amour, attachement, incUnation, passion, tendresse. V. affection.

— Syn. Amitié, bienfait, faveur, grâce, bon office, plaisir, service. Service exprime tout ce que l'on fait pour queliju'un, afin de le tirer d'affaire ou d'embarras Le bienfait suppose un acte de générosité d'un supérieur. Le bon office est une médiation. La^ grâce ne désigne que la puissance de celui qui l'accorde. La faveur témoigne le sentiment avec lequel on donne. Le plaisir désigne quelque chose qui coûte peu et qui n'est pas d'un grand prix. L'amitié exprime quelque chose que l'on accorde à une personne avec laquelle on est lié.

— Anton. Aigreur, amertume, animad version, animosité, antipathie, aversion, désaffection, désunion, discorde, division, éloignement, haine, hostilité, inimitié, malveillance, mésintelligence, rancune, ressentiment, ulcération.

— pRov. littér. :

L'atnitié d'uo grand homme est un bionfait d^s dieux. Vers do Voltaire dans sa tragédie d'Œdipe, acto I'% scène V. C'est Philoctète qui le dit en parlant do son attachement pour Hercule. On fait do fréquentes applications de ce vers devenu proverbe, mais presque toujours d'une façon plaisante.

— BiBMOGR. : L. Dugas, l'Amitié antique d'après les mœurs populaires et les théories des philosophes (Pans, 1895).

Amitié {traité de l'), intitulé Lœlius, sive de Amicitia, dialogue philosophique de Cicéron. Le principal interlocuteur est C. Lselius, l'ami du second .Vfricain; il cède à l'empressement de ses gendres C. Fannius et Q. Mucius Scévola, qui veulent l'entendre parler sur l'amitié. Dans cette dissertation, que l'auteur suppose avoir eu lieu peu de jours après la mort do Scipion, Leelius définit d'abord l'amitié rerum humanarum divînarumque consensus, c'està-dire l'accord des choses divines et humaines; il examine ensuite par quels motifs on cherche à se faire des amis, quelle est l'origine de l'amitié, entre quelles personnes elle peut s'établir, quels en sont les lois et les devoirs, et par quels moyens on doit la conserver.

Amitié à l'épreuve (l'), opéra-comique en deux actes, paroles de Favart, musique de Grctrv, représenté à la Comédie-Italienne le 17 janvier 1771. Il fut accueilli avec une extrême froideur, par la faute du livret que Favart, plus heureux à l'ordinaire, avait tiré d'un conte de Marmontel. Et c'était dommage, car la musique do Grétry était charmante et de tout point digne de lui. Les auteurs remanièrent doux fois leur ouvrage"^ et l'Amitié à l'épreuve reparut eu 17S6, considérablomcnt augmentée et mise en trois actes, avec plusieurs rôles nouveaux. Le succès fut alors complet.

Amitié au village (l'), opéra-comique en trois actes,

f tardes de Desforges, musique de Philidor, représenté à a Comédie-Italienne le 31 octobre 17S5. Un seigneur do Clemencey a fondé un prix de vertu. Celui qui l'aura mérité pourra choisir une épouse à son gré parmi les jeunes filles au canton. Prosper et Vincent sont rivaux en vertu et en amour. Lo premier s'éloigne pour laisser lo champ libre à son ami, qui, par délicatesse, refuse lo prix. A la fin, tout s'arrange. C'est Oreste et Pylade travestis en paysans.

AMITHB (du gr. amitros, sans^ bandeau) n. m. Genre d'insectes coléoptères curculi* ' " '"" ^'~ * '"'

, famille des brachy-

AMIXIE — AMMON

déridés, renfermant des charançons péruviens do taille moyenuo. Doux ou trois espèces.

AMIXIE (du gr. a priv-, et miœis, mélangé) n. f. Impossibilité du croisement entre l'espèce type et une variété.

— Encycl. Le mot amixie est employé parWeismann pour désigner l'inaptitude, contractée par une variété issue d'individus isolés, à se croiser avec l'espèce primitive. Ainsi, le cochon d'Inde domestiqué en Europe n'est plus susceptible de se croiser avec le cobaye sauvage, dont il n'est probablement qu'une variété. On a signalé également des cas d'amixie chez la lymnée commune. On conçoit l'importance de l'amixie au point de vue du transformisme et l'influence qu'elle peut avoir sur la différenciation des types, en empêchant le retour au type primitif.

Amleth ou HamlET. V. ce dernier nom.

AmlinG ou Ambing (Karl Gustav), graveur en tailledouce allemand, né à Nuremberg en 1651, mort à Munich en 1703. Il vint étudier son art à Paris sous F. de Poilly, et fut nommé à son retour graveur à la cour de Municn. On lui doit, outre des portraits, une suite d'estampes d'après des dessins de P. de "Witte, pour des tentures et des tapis.

AMMA n. m. Mesure de longueur valant chez les Egyptiens SI"", 6 et chez les Grecs 18 m. Les Hébreux donnaient aussi lo nom d'amma à la coudée royale des Egyptiens. Il Poids de l'Inde et de la Chine équivalant à 38^,78. On le nomme aussi ammas {mdss) ou mas {mAx).

AMMAN n. m. Titre donné à certains magistrats braliaiiriMis, flamands, etc., et en Suisse aux chefs de villages dans ([iielqucs cantons.

Amman {Jodokus ou Jost), peintre, graveur et modeleur, né en 1539 à Zurich, mort à Nuremberg en 1591. Il a laissé des eaux-fortes, parmi lesç]ueUes les portraits de l'amiral Coligny, de Luther, la suite des rois de France en 63 pièces, quatre-vingts portraits des princes de Bavière, etc. Mais, ce qui a surtout contribué à sa réputation, ce sont ses gravures sur bois, où il a représenté, dans leurs costumes, leurs occupations, les petites gens et les artisans de son époque; très exactement observés, ces bois sont du plus grand intérêt documentaire. On lui doit encore plusieurs illustrations pour les Bibles de 1564 à 1571, pour des éditions de César, de Josêphe, de Tite- Live, pour le Boman de Renart allemand, etc. Il a aussi écrit un livre sur VArt du poêle, du peintre et du sculpteur. Ses dessins se voient surtout au musée de Berlin.

Amman (Joannes Conrad), médecin et botaniste, né à Schatfouse en 1707, mort en 1740. 11 professa à Saint- Pétersbourg la médecine et la botanique, et fit connaître, dans un travail accompagné de 35 planches, un certain nombre de plantes de la Russie d'Asie. 11 mourut avant d'avoir achevé ce travail.

Ammanati (Bartolorameo), sculpteur et architecte italien, né le 18 juin 1511 à Settignano, mort le 12 avril 1592. Elève de Bandinelli et de Jacopo San.sovino, comme lo premier, il poussa à l'outrance l'imitation des fortes musculatures et du mouvement de Michel-Ange. Ce sont, entre autres, le pompeux tombeau du juriste Banavidès à l'église do Eremitani, à Padoue; le Neptune, qui se dresse au milieu d'une fontaine monumentale sur la place de la Seigneurie, à Florence, et l'Hercule du palais Arenberg, à Padoue. Comme architecte, il prête moins à la critique : il construisit à Rome le palais Ruccellai, aujourd hui Ruspoli, la façade et la cour du collège Romain ; à Florence, la façade postérieure du palais Pitti, le pont de la Trinité, le second cloître de San-Spirito. Devenu vieux, Ammanati construisit l'église et le couvent de San-Giovanino, à Florence. C'est là qu'il repose, ainsi que sa femme taure, célèbre en son temps par rélcgaoce do ses poésies sacrées et par sa correspondance avec d'illustres littérateurs contemporains.

AMMANIE n. f. District administré par un amman.

AMMANIE [Hq Amman, auteur d'un traité sur les plantes do la Russie d'Asie) n. f. Genre de lythrariacécs, renfermant des espèces aquatiques des régirons chaudes du globe, et surtout de l'ancien continent. Les feuilles de Vammanie vesicante [ammania vesicatoria), qu'on trouve dans l'Inde, appliquées sur la peau, agissent comme la poudro de cantharides en soulevant l'épiderme.

Ammann (Paul), botaniste allemand, né à Breslau en \ç>i\, mort en 1691. Il l'ut successivement professeur de botanique, puis de physiologie, à Leipzig.

AmmaB-IBN-YASIR, compagnon de Mahomet, surnommé Aboul-Yok.hdan, mort à la bataille de Sofayn, à l'âge de quatre-vingt-dix ans, en commandant la cavalerie d'Ali, dont il était partisan. Fait prisonnier par les idolâtres de La Mecque, il fut condamné au bûcher ; mais, raconte la légende, il fut miraculeusement préservé du contact du feu par Mahomet, qui lo sauva encore d'une manière miraculeuse à la bataille du Chameau

(657 ou 658).

Ammarides, dynastie de princes musulmans, qui réçna à Tripoli de Syrie pendant près d'un siècle et prit tin lors de la prise *do Tripoli par les Francs, en 1109. — Un AmmaridI':.

AMMEISTREfm('.î,v1 n. m. Titre donné aux échevins de plusieurs villes d'Allemagne.

AMMÉLIDE (rad. mélam) n. m. Première amide ou imide de l'acide cyanurique, qui s'obtient lorsqu'on dissout dans l'acide sulfuriquo le mélam, la mélamine, l'ammélino. L'ammélide est précipitée par l'alcool en flocons blancs; traitée par la potasse à chaud, elle se convertit en cyanate do potassium et en ammoniaque.

AMMÉLINE [V2ià. mélam) n. f. Deuxième amido ou iniido de l'acido cyanurique, qui s'obtient en chaulTant. le mélam au bain-marie avec de la potasse. C'est une substance blanche, insoluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'étlier, soluble dans les alcalis caustiques. L'ammélino donne avec les acides des sels cristalUsables.

Ammerschwihr, ancienne ville de France (Haut- Rhin), à 9 kilom. de Colmar; 1.680 hab. Cédée à l'Allemagne par le traité de Francfort du 10 mai 1871, elle fait partie de l'Alsace-Lorraine (arrond. de Ribeauvillé). Culture de la vigne, construction d'orgues. L'origine d'Ammerschwihr est antérieure au vu* siècle.

AM-MÈlUB D. m. Abréviation du mot Ampères-mètre,

nom donné par Woodhousô et Rawson et divers autres physiciens à un appareil destiné à indiouer l'intensité d'un courant, et cela au point de vue industriel. La partie fixe est formée de deux électro-aimants, munis do pièces polaires pouvant se déplacer à volonté. La partie mobile est une armature en fer doux, aimantée par influence, lorsque la bobine des électro-aimants est traversée par un courant. L'armature de fer doux est dirigée par un ressort à boudin. On mesure l'angle de torsion de ce ressort au moyen d'une aiguille fixée à la tige qui le commande.

AMMI (du gr. ammi, probablem. le cumin) n. m. Genre do plantes ombcUifères, tribu des amminces, qui ont beaucoup de rapport avec les carottes. On en connaît cinq ou six espèces, originaires de la région méditerranéenne, des îles Canaries, des Açores.

Ammien MarceLLIN, historien latin, né à Antioche vers 330, mort à une date inconnue. Il servit sous l'empereur Constance en Italie, en Gaule, en Orient (353-361), et il accompagna Julien dans sou expédition contre la Perse. C'est à Rome qu'il écrivit son ouvrage historique {it-rum gestarum libri A'A'A7), où il s'est proposé de continuer "Tacite. Il y racontait toute l'histoire de Rome, depuis l'avènement de Nerva jusqu'à la mort de "Valons. Les treize premiers livres sont perdus. Le quatorzième commence au milieu du règne de Constance, en 353. Ammien Marcellin est un historien bien informé, consciencieux, et si impartial qu'on ne peut dire s'il était païen ou chrétien. Son style, souvent obscur et ditfus, ne manque ni de vigueur "ni de pittoresque. Ses longs voyages, la connaissance qu'il avait d'auteurs grecs aujourd'hui presque entièrement perdus, donnent beaucoup de valeur à ses digressions géographiques ou ethnographiques sur l'Orient, la Gaule et la vallée du Danube.

Ammi-MOUSA, comm. mixte d'Algérie (prov. dOran), cercle de la subdivision de Mostaganem ; 25.500 hab. C'est le Khramis des Beni-Ourar',

AMMINÉES n. f. pi. Tribu de la famille des ombcUifères, dont lo type est le genre ammi. — Une am.minee.

AMMIOLITE (du gr. ammion, vermillon, et lithos, pierre. — Lorlbogr. rationn. serait ammiolithe) n. f. Minéral d'un rouge tantôt vif, tantôt foncé, constitué par de l'antimouiate hydraté de mercure et de cuivre.

AmmiratO (Scipion), historien, né à Lecce dans le royaume de Naples en 1531, mort à Florence en 1601. Auteur d'une remarquable Histoire de Florence, qui va jusqu'en 1574, dont la première partie parut à Florence en 1600, et la fin en 1641.

AMMITE ou AMITE (du gr. ammos, sable) n. f. Terme g<-néral qui s'applique à toutes les roches à grains arrondis, tels que la pisolite, VooUte, etc.

AMMOBATE {du gr. ammos, sahlc, et hatèa, qui marche) n. m. Genre d'insectes hyménoptères, porte-aiguillons, famille des mellifères, renfermant des abeilles solitaires de petite taille, faisant leur nid dans les endroits sablonneux. Peu d'espèces; habitent l'Europe.

Citons Vammoàates bicolor (France).

AMMOBIE n. f. ou AM- Ammobate (grossi 3 fois).

MOBION n. m. (du gr.

ammoSy sable, et bios, vie), genre de plantes de la famille des composées inuloïdées, qui croissent dans quelques parties arides et sablonneuses de la Nouvelle-Hollande. L'f/^'i- 7nobiu}n alatum est parfois cultivé pour ses fleurs blanches, qui se conservent longtemps.

AMMOBROME (du gr. ammos, sable, et brama, nourriture) n. m. Plante du Mexique, poussant dans les terrains sablonneux et servant de nourriture aux indigènes.

— Encycl. Les ammobromes forment un genre de la i'amille des lennoacées, parasites sans chlorophylle. L'amnrobroma Sonorse , herbe dont la tige rappelle celle do l'orobranche, et le port celui des monotropa, pousse sur les racines d'autres plantes; son réceptacle porte des fleurs dont le calice a de six à dix sépales plumeux; la corolle est gamopétale, et les étamines ont les anthères sossile's; fruit en capsule à nombreuses loges.

AMMOCÈTE (du gr. ammos, sable, et koitê, gîte, demeure) n. m. Larve des lamproies, souvent désignée par les pécheurs sons le nom de lamprillon.

— Encycl. La lamproie à l'état larvaire, ou ammocète, diffère beaucoup de l'état adulte. So bouche est disposée en fer à cheval et est dépourvue de dents.

Les yeux sont peu distincts

et comme voilés. L'ammocète passe au moins deux ans à l'état de larve, et ce n'est qu'à la fin do la quatrième année que sa métamorphose est complète. Son corps est allongé, verraiforme; sa tête est petite, et ses orifices branchiaux sont placés dans un profond sillon longitudinal. L'ammocète habite les fonds sableux ou vaseux et so cache dans les endroits obscurs et sous les pierres.

"V. LAMPROIli et CYCLOSTOMES.

AMMOCHARIS [ka-riss — du gr. ammos, sable, et kha~ ris, onienicnt) n. m. Section du genre brunswigia.

AMMOCHOSIE {ko — du gr. ammos, sable, et khôsis, amas) n. f. Bain do sable.

AMMOCHRYSE [kri — du gr. ammos, sable, et khrusos, or) n. m. Sorte do mica réduit en poudre, de couleur d'or, qui sort à sécher l'écriture.

AMMODENDRON (din — du gr. ammos, sablo, et dendroii. arbre) n. m. Plantes de la lamille des légumineuses ();i|iilioiiai L'cs-sopliorées, (jui habitent les steppes de la Siliene méridionale.

AMMODISQÙE [diss — du gr. ammos^ sable de la mer, et

• - Ofl

Ammocètfi (de 10 à 20 c

diskos, disque) n. m. Genre de foraminifêres imperforés, famille des lituolidés, vivants et fossiles, dont le test arénaco est une spirale aplatie en disque. Ils ont fait leur apparition dans le lias.

AMMODROME (du gr. ammos, sable, et dromos, course) n. m. Genre de passereaux coni rostres, lamille des fringillidés, reiifermant quelques espèces

roussàtres. Citons Vammodromus maritimtis (Etats-Unis), etc.

AMMODYTE (gr. ammodalés, qui se tient dans lo sable) adj. Qui vit, qui croît, qui s'enfonce dans le sable.

— n. m. Genre de poissons anacanthines, famille des ophididos, renfermant do petites espèces allongées sans nageoires ni vessie natatoire. Vivent enfoncés dans le sable sur les côtes de odj/tcs lanceolalus, vulgaire

dijtes (o6ian.us, vulgairement ^îuiiZe, à bouche non protracti'le et peau écailleuse (Manche) ; i'ammodytes cicerellus, vulgairement cicerelle, à peau nue (Océan). On recherche ces poissons comme amorce pour la pêche, et on les mange frits. ;i Vipère ammudijte. V. vipijRE.

AMMOGÉTON (du gr. ammos, sable, et geilôn, voisin) n. m. Genre de plantes composées, tribu des chicoracées, ù fleurs jaunes et à feuilles radicales.

AMMOLINE (de ammonium, et du lat. oleum, Uuilel n. f. Base extraite de l'huile animale de Dippel.

AMMOLIQUE adj. Se dit des sels formés par l'action des acides sur l'ammoline.

AMMOMANE (du gr. ammos, sable, et manès, esclave, qui porte la livrée de l'esclavage) n. f. Genre de passereaux conirostres, voisms des alouettes et caractérisé par la forme courte et robuste du bec, terminé en pointe aiguë.

— Encycl. Les ammomanes sont des alouettes à queue échancrée, à livrée roussâtre; l'ongle du dernier doigt est très développé. Ces oiseaux habitent les régions chaudes de l'ancien monde; une seule espèce se rencontre en Europe : c'est Yammomanes lusilanica. Vivent solitaires ou en petits groupes et fréquentent de préférence les endroits découverts et arides.

AMMON n. m. Zool. Nom donné à une espèce de mouflon.

— Conchj'l. Coi-ne d'Ammon, Nom vulgaire de l' ammonite. AmmON, anc. capiiale des Ammonites, à l'E. du

Jourdain. Détruite pendant les guerres des successeurs d'Alexandre, elle fut relevée par Ptolémée PUiladolphe, qui lui donna son nom, Philadelphia.

AmmON, anc. ville et fertile oasis de la Libye extérieure, célèbre par son temple et son oracle do Jupiter Ammon. L'armée de Cambyse, envoyée pour le détruire, fut ensevelie dans les sables; Alexandre s'y ht proclamer fils de Jupiter. Près du temple était la Fontaine du Soleil, dont les eaux changeaient périodiquement de température.

— BiBLiOGR. : Parthay, das Orakel und die Oasc des Ammon (Berlin, 1862).

Ammon, père des Ammonites, né, comme son frère Moab, du commerce incestueux de Loth avec ses deux hlles.

Ammon ou AmOUN, dieu égyptien, nommé le plus souvent Ammon-Iià, c'est-à-dire Ammon-Soleil. .Srlon toute apparence, son culte a pris naissance à Thèbes. Sous la XII' dynastie, on lui construisit, dans cette' ville, un temple qui, agrandi par les souverains des dynasties suivantes, est devenu l'ensemble dont on voit les ruines colossales à KarnaU.

On arrivait à ce temple par une immense avenue bordée de deux longues files de béliers. Le bélier, comme on sait, était consacré à Ammon, et même, à Thèbes, on en nourrissait un qui était censé la représentation vivante du dieu. Les attributs d'Ammon sont le disque, image du soleil, les cornes et le Beau; il est figuré sur les monuments égyptiens tantôt avec une tète de bélier, tantôt avec un visage humain, portant des cornes de bélier qui naissent au-dessus des oreilles, ou la tête surmontée d'un disque et de deux longues plumes : d'une main il tient un sceptre, de l'autre une croix ansée, symbole de l'âme universelle.

Les rois de la XVIII» dynastie construisirent des temples à Ammon à Napata, capitale do l'Ethiopie, puis, dans une oasis du désert de Libye qui prit le nom du dieu. Un jour vint où les prêtres thébains d'Ammon, devenus rois d'Egypte , furent détrônés. Réfugiés en Ethiopie, ils y fortihèrent leur culte, qui rentra avec eux plus tard à Thèbes, et y fut florissant jusqu'au triomphe du christianisme. — Les Grecs identifièrent Ammon à Jupiter et on firent leur Jupiter Ammon, en le rattachant à leur mythologie par des fables en nombre infini.

Ammon, fils de Cinyre, roi de Chypre, et époux d9 Myrrha, dont il eut Adonis, selon le mythographe Pliurnutus. Myrrha s'étant un jour moquée do son beau-père qui s'était endormi en état d'ivresse, celui-ci, à son réveil, en fut averti par Ammon, et, dans son indignation, il chassa de sa présence Myrrha et son fils, qui se retirèrent en Arabie. Ammon travailla plus tard, avec Adonis, i civiliser les Egyptiens.

Ammon (Clément), graveur allemand, né à Francfort dans le xvii* siècle. U travailla à la collection de portraits connue sous le nom de BiVtlotheca chako'^aphKa, et u y ajoiita les volumes VU et VIII.

Âmmoa-Rà.

AmmON (Fr(!cl(Sric-Aupusto d'), mddocm allemand, ni &

Gcottinguo on 1790, mort à Urcs.lc médocino A Dri'sdo et devint m(^d'-i lu Sos meilleurs ouvraces sont: /(■■. /' mère et l'Education au premier "v tomix, ouvrage qui a étt^ traduit m maladies et des anomalies de l'irit tim dies chirurgicales natives de l'ht

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que, on société avec lo V Baumgarton, etc AMMONACÉ, ÉE adj. Qui ressemble à l'ammonito.

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