I.ÉNIQUE, AMYLÈNE-GI.YCOL
— Enctcl. Vamylglycol C»ir"(01I)' s'obtient eo trai-
tant le bromure d'amylène successivement par l'acétate d'argent et la potasse (rnéthode générale). C'est un liquide incolore, sirupeux, amer et aromatique, insoluble ; on peut le solidifier à l'aide d'un mélange d'acide carbonique solide et d'éther; il bout à 177". Il s'oxyde à l'air et devient acide. Il forme des éthers : le diacétate, le dibenzoate, l'oxyde d'amylène, etc.
La théorie prévoit quatorze amylglycols isomériques.
AMYLIAQUE n. f. Chim. V. amylamine.
AMYLIDES (rad. amyle) n. m. pi. Famille de composés ternaires organiques, ayant pour type l'amidon. —
Un AM\LIDE.
AMYLIODHYDRIQUE adj. Se dit d'un éther appelé encore iodure d'amyle, produit par la réaction de l'alcool amyliqup et de l'acide iodhydrique naissant. V. amyle.
AMYLIQUE (du gr.aniH/on, fécule) adj. Se dit d'un alcool que l'on retire surtout en distillant les produits de la fermentation alcoolique de la fécule de pomme de terre, mais qui se produit aussi dans la fermentation alcoolique des céréales et du raisin. Syn. huile de pommes de terre. Il Se dit d'un éther qui s obtient par l'action de l'acide sulfurique sur l'alcool amylique. (V. oxyde d'amyle.) n On donne quelquefois le nom de acide amyligue à l'acide valérique. {V. v,\LÉRiyuE.) Il Se dit de tous les composés qui dérivent de l'alcool amylique : Composés amyliques. Série amylique. Il Se dit des caractères que présentent les composés amyliques : Odeur amylique.
— Encycl. Alcool amylique. Dans la plupart des fermentations alcooliTiues, il se produit de l'alcool amylique. On en rencontre notamment dans les eaux-de-vie de marc, d'orge, de seigle, de pommes de terre et de betteraves. Scheele a le premier signalé cet alcool. Pour obtenir ce produit, on distille l'huile de pommes de terre, on recueille les portions qui passent entre 128" et 132». L'alcool amylicjue commercial est un mélange d'alcools primaires et d'alcools secondaires ayant pour formule C*H"0.
C'est un liquide incolore, d'une odeur forte : il cristallise à — 20" ; il bout à 132". L'éther et l'alcool le dissolvent, mais il surnage quand on le mélange avec l'eau. Sa densité à •}- 15" est de 0,8184. L'alcool amylique dévie vers la gauche la lumière polarisée. Il brûle difficilement et donne une flamme bleue peu éclairante: au contact de lair, il s'acidifie, lentement sous l'influence de l'oxygène, rapidement en présence du noir de platine, et donne de l'acide valérique.
La chaleur le décompose. Par oxydation, il donne l'aldéhyde, puis l'acide valérique.
Les acides sulfurique, phosphorique, oxalique, tartrique et citrique peuvent donner, avec l'alcool amylique, de Iacide amylsulfurique, amylphosphorique, amylùxahque, amyltartrique et amylcitrique.
L'alcool amyliuue est utilisé dans l'industrie pour la faljrication des chlorures, des iodures et des bromuns d'amyle, dont les teinturiers se servent assez fréquemment On s'en sert également pour retirer des goudrons de houille la paraffine qu'ils contiennent.
— Alcools amyliques primaires. La théorie en pr.^voit quatre, trois ont été préparés :
l" Alcool amyligue noi^al CH={CH')'CH-OH, prépaf l'aide du cyanure de butyle normal ou encore en hydr^ gênant l'aldéhyde valérique; il bout à 137".
2" et 3» Alcools amy ligues de fermentation. lisse trouvent dans les produits de la fermentation alcoolique générabment mélangés et semblent être surtout abondants dan-; les fermentations tumultueuses. Pour les séparer l'un >!*! l'autre, on les transforme en sulfamylates de baryum, qui sont inégalement solubles (Pasièur). L'un dévie a gauche le plan de polarisation; l'autre est inactif. L'alcool inaclif a été obtenu en partant du cyanure de l'alcool butiliquo de fermentation, ce qui lui assigne la formule
(CH»)':iCH-CH'-CH'OH (alcool isopropyléthylique); l'alcool actif éthylméthvlëthylique a pour forrnule CH'C'H" = CH-CH'OH.
La présence de l'alcool amylamique dans l'eau-de-vie la rend désagréable et dangereuse.
4" Le quatrième alcool primaire, qui serait l'alcool triméthyléthyligue (CH')' EC-CH-OH, n'a pas été préparé, mais on connaît l'acide valérianici^ue qui eu dérive, ainsi que l'aldéhyde et le carbure sature.
— Alcools secondaires. On connaît trois alcools amyliques secondaires ; c'est exactement le nombre indiqué par la théorie :
Le diéthylcarbinol, C»H'-CH OH-C»H», s'obtient en faisant agir le zinc-éthyle sur le formiate d'éthvle.
Le méthylpropylcarbinol, C»H"-CH OH-CH'," obtenu par hydrogénation dii méthylbutyry le, acétone correspondante. 'Le mêthylisopropylcarbinol (CH')'CH-CH OH-CH», dérivé par hydrogénation de l'acétone isobutyrique
— Alcools tertiaires. On en connaît un seul, l'éthyldiméthylcarbinol, qu'on a appelé d'abord hydrate d'amylène ou alcool pseudo-amyligue ; la théorie n'en prévoit pas d'autres. La synthèse en a été faite avec du zinc-méthyle et du chlorure de propionyle.
—Aldéhydes amyliques. La théorie en prévoit trois, qui ont été préparées.
AMYLMALATE n. m. Sel formé par la réaction de l'acide amylnialique sur une base.
AMYLMALIQUE adj. Se dit d'un acide produit par la réaction do l'acide maliquc et de l'alcool amylioue. L'acide amylnialique est soluble dans l'eau, l'alcool et 1 éther.
AMYLNICOTINE
réaction de la nicotine et do l'éther
AMYLNITREUX adj. V. aMYLE.
AMYLNITRIQUE adj.V. AMYI.E.
AMYLOBAGTER ( ^V■' — du ^T. amulon , amidon , et baktêrion, bâton) n. m. Algue microscopique affectant ht forme d'un bâtonnet (bacille), et jouant le rôle de ferment.
Syn. FERMENT BUTYRIQUE.
"— Encycl. Lo bacille amylobacter est une algue ferment de la famille des bactériacées. Il se présente non seulement sous la forme de bacille, mais sous la forme de cellules arrondies (micrococcus), de filaments longs et immobiles (crenothrix), de baguettes enroulées en hélice (vibrio, spirillum), selon les conditions de milieu. Son développement so fait au moyen de spores. Ce bacille, extrêmement répandu, est anaérobio : l'air le tue sous toutes ses formes, sauf celle de spore ; il joue ud rôle
f. Alcali que l'on obtient par la yliodhydriquo.
important dans boaiicoiip do phénomènes naturels : il dûtruit, on Jour empruntant do l'ox^çôno, les sucres, la doxtrino, l'amidon solublo, la glycérine, la mannito, les acides tartrioue, citriiiue, etc., avec décagoment d'acide carbonique, d'hydrogôno et formation (Tacido butyrique, d'oi\ lo nom do ferment butyrique qu'on lui a donné. Il pullule dans l'estomac dos mammifères.
AMYLOOEXTRINE (du gr. amulon, amidon, et do dextrine) n. f. Cliini. Syn. de amidon soluble. V. amidon.
— Bot. Hydrate de carbone qui se colore par l'iode en jaune rougoMro ou on rougo brun dans lo protoplasma do la cellule végétale. Cette substance imprègne le protoplasnia à l'état amorphe, ou y est disséminée on grains très ïins (champignons) ou on grains volumineux à couches concentriques, à structure analogue i collo des grains d'amidon {algues rouges ou tloridoos).
AMYLOÏDE (du gr. amulon, amidon, et eidos, forme) n. f. Substance voisine de ramidon,quo l'on extrait des semences do rAj/Tne?ira courbaril et do quelques autres plantes.
AMYLOÏDE (du gr. amulon, amidon, et eidos, forme) n. m. et adj. Chim. et Méd. Se dit d'une substance dont l'apparence rappelle les substances amylacées, mais qui, par sa composition et ses propriétés chimiques, se rapproche des albuminoïdos et qui infiltre divers organes, le foie, la rate, le rein, à la suite de certaines maladies cachectisantes : Matière amyloïuk. Maladie amyloïde. ii Maladie dans laquelle les organes sont intiltrés do substance amyloïde. ii Syn. amylose, leucomatose, dégénê-
RKSCENCB LARDACÉE, DÉûÉNÉRESCENCE CIREUSE, DÉOèNË- RESCENCE CHOLKSTÉARIQUE.
— Encycl. Chim. La matière amyloide, ou simplement Vamyîoide, est une matière amorphe, translucide, do consistance ferme et élastique, insoluble dans les acides et les alcalis étendus, qui se colore en rouge rubis par le violet d'aniline, dit « violet de Paris » ou n violet de gentiane w. Sa composition est voisine de celle de l'albumine. Le nom impropre de matière amyloïde, consacré par l'usage, a été donné à cette substance par Virchow, parce qu'elle se colore en bleu, à peu prés comme les matières amylacées par l'action de la solution iodo-iodurée suivie d'une "immersion dans l'acide sulfurique étendu.
— Méd. La maladie amyloide ou amylose paraît avoir été entrevue de longue date, mais c'est seulement en 1842 que Rokitansky en ht la première monographie complète, sous le nom de dégénérescence lardacée. Cette maladie consiste dans le dépôt de substance amyloïde, soit au sein même des cellules, soit en infiltrations interstitielles dans tous les organes, avec prédominance habituelUe dans le foie, la rate, les reins. Certaines parties d'organes peuvent être transformées en véritables blocs d amyloïde.
La maladie amyloïde n'est pas une maladie primitive; elle se produit au cours de diverses maladies cachectisantes : suppurations osseuses, phtisie pulmonaire, syphilis, paludisme, néphrite chronique, cancer, rachitisme, etc.
Incurable à la période d'état, la maladie amyloïde ne comporte, comme traitement préventif, que le traitement mémo de la maladie qui l'engendre.
— Amyloses locales. On a signalé des dépôts purement locaux de matière amyloïde dans les cicatrices, les tumeurs et dans la conjonctive.
— BiBLioGR. : Rokitansky, Manuel d'anatomie pathologique (en allemand), t. III (1842) ; Lancereaux, Traité d'anatomie pathologique, t. I"(1875); G. Wichmann, la Maladie ami/loide (en allemand), dans « Ziegler's Beitrage zur paih. Ànat. und zur allg. Path. » (1893).
AMYLOSE n. f. Syn. de maladie amyloïde. "V. ce mot.
AMYLOLEU CITES n. m. pi. Grains disséminés dans la masse protoplasmique des cellules végétales, plus petits que les noyaux et de forme déterminée, sphérique ou ovoïde ; ils sont doués d'une activité propre, demeurent incolores et produisent l'amidon. — Lti amyloleucite.
AMYLOMYCINE (du gr. ainulon . amidon,, et mukês, champignon) n. f. Substance analogue à l'amidon, trouvée aans les asques d'un champignon pyrénomycète ; elle s'accroît par intussusception comme les grains d'amidon, mais se distingue par deux caractères : elle se forme aux dépens d'un protoplasma sans chlorophylle et dans l'obscurité; elle est insoluble dans le liquide des cellules.
AHYLON (du gr. amulon, amidon) n. f. Substance non azotée qui existerait dans le jus de raisin à l'état de combinaison avec la zymoprotéine (substance azotée) et qui s'en séparerait au contact de l'air en déterminant la formation du ferment.
AMYLONINE frad. amyle) n. f. Substance particulière produite par l'action simultanée des acides sulfurique et nitrique de l'amidon.
AMYLOXAU\.TE n. m. Sel produit par l'action de l'acide amyloxaliquo sur une base. Les amyloxalntes sont des sels fort peu stables ; leur solution donne à l'ébuUition de l'alcool amylique.
AMYLOXAUQUE adj. Se dit d'un acïde qu'on obtient en traitant l'alcool amylique par un assez grand excès d'acide oxalique cristallisé, et en faisant chaufter lo mélange. L'acide ajnyloxalique est une liqueur huileuse, à. odeur de punaise, n Se dit aussi d'un éther que produit l'acide amyJtjsaUijue souvent mis à la distillation, ii L'éther amyloxalique s ny\)t'\[.y aussi oxal-ATE d'amyle.
AMYLOXAMIQUE adj. Se dit d'un acide amidé cristallisé, qu'un ubiiL'iii (11 faisant passer dans l'éther amyloxaliquo en solution alcoolique un courant de gaz ammoniac.
AIttYLPHOSPHINE n. f. Base phosnhoréo qui résulte de la substitution d un radical amyle à l'un des trois atomes d'hydrogène de l'hydrogène phosphore, et que l'on peut regarder comme de l'amylamine dont l'azote est remplacé par du phosphore. V. phosphine.
AMYLPHOSPHINIQUE adj. Se dit d'un acide diatomique etbibasique,qui résulte de l'oxydation de l'amylphosphine.
AMYLPHOSPHITE n. m. Combinaison d'une base avec un acide amylphosphoreux.
AMYLPHOSPHOREUX {eu), EUSE adj. V. AMYLE.
AMYLPIPÊRIDINE n. f. Alcali qui s'obtient par la réaction do la pipiTidine et de l'éther amyliodhydrique.
AMYLSILICIQUE adj. Se dit du silicate d'amyle, qu'on appelle encore ether amylsilicique. V. amyle.
AMYLSULTATE n. m. Sel formé par l'action de l'acide
AMYLODEXTRINE — AMYRINE
amylsulfuriquo sur une basa. Les amylsulfales sont en L'éiîéral crintallisables ; ils sont tous solublcs dans l'eau, la plupart dans l'alcool, quelques-uns dans l'éthor. Syn.
SULKAMYLATK.
AMYLSULFHYDRIQUE. adj. Se dit d'un acide produit
fiar la réaction dos amyisulfates et dos sulfhydrates alcains, ou par celle du chlorure d'amyle et dos mémos sulfhydrates. il Se dit aussi d'un éther produit par la réaction (lu chlorure d'amyle ou éther amylchlorhydriquo et du monosulfuro do potassium, il Syn. sui.fhydrate d'amyle,
MEIÎCAPTAN AMYLIQUE.
AMYLSULFITE n. m. Sel formé par l'action do l'acido amyisulfureux sur uno base.
AMYL8ULFOTHYMOUQUE adj. So dit d'un acido 9ui
dérive de lamylthyniol par la substitution d'un résidu monoatomiquo d'acide sulfurique (SO'H) à un atome d'hydrogène du radical thymyle.
AMYLSULFURE n. m. Sol formé par la réaction do l'acide aniylsulfhydriquo sur un métal.
AMYLSULFUREUX {pu), EUSE adj. Se dit d'un acido produit par l'action de l'acide nitrique sur l'acide amylsuifiiydnque, ou par la décomposition de l'amylsulfite'de l)lamD, à l'aide do l'acido sulfhydrique. ii L'acide amyisulfureux s'appelle encore acide sulforulfamylique, acide
AMY'LDITHIONIQUE, ACIDE HYI'OSDLFAMYLIQtîE.
AMYLSULFURIQUE adj. Se dit d'un éther acide formé par la réaction de l'acide sulfurique et de l'alcool amylique. II a pour formule S'H"SO'H. C'est un sirop incolore, très soluble dans l'eau et dans l'alcool, d'une saveur à la fois acido et amèro. Il attaque le fer et le plomb, ii Syn.
ACIDE SDLFAMYLiyUE, SULFATE d' AMYLE.
AMYLTAPTRATE n. m. Sel formé par la réaction de l'acide aniyltartrique sur uno base.
AMYLTARTRIQUE adj. Se dit d'un acide produit par la réaction do l'alcool amylique et de l'acide tartrique. Syn.
ACIDE TARTRAMYLIQUK.
AMYLTHIOSINAMINE n. f. Base incristalUsable. que l'on obtient par la réaction de l'essence de moutarde et de l'amylamine.
AMYLTHYMOL n. m. Composé qui résulte du remplarcNi'Mii i|<- 1 aiume d'hydrogène typique du thymol par le
AMYLURE n. m. Nom donné à la combinaison d'un métal avec lamyle.
AMYLURÉE n. f. Substance produite par la réaction do l'ammoniaque et de l'éther amylcyanhydrique.
AMYLURÉTHANE (de amyle, et uréthane) n. m. Corps que l'on prépare en traitant par de l'ammoniaque liquide
I alcool amylique saturé de gaz chlorocarbonique.ouen faisant réagir l'aicool amylique et le chlorure de cyanogène. h'nmyluréthane cristallise dans l'eau bouillante en belles aiguilles soyeuses, solubles dans l'alcool et dans l'éther.
ASdCYMONE (du gr. amumôn, complet) n. m. Nom donné par Millier à l'état larvaire des crustacés du genre cyclope. {y. ce mot) ; ces larves ressemblent si peu à leurs parents, que cet auteur en avait formé un genre distinct.
AmymonÉ, une des cinquante fijles de Danaiis. dont les aventures so retrouvent souvent sur les monuments tigurés. Elle est la mère de NaupHus. La légende raconte que, endormie un jour, elle fut réveillée par les caresses d'un satyre qui essayait de lui faire violence. A ses cris, Neptune accourut et changea le satyre en rocher. Amymoné, dans sa reconnaissance, ne sut rien refuser à son libérateur, dont elle eut un fils : Nauplius. — Les amours d'Amymoné et de Neptune ont inspiré à J.-B. Rousseau une de ses plus jolies cantates.
Amyn (Mohammed), sixième calife abbassido, fils et successeur d'Harouu-al-Raschid, né en 787, mort en 813, monta sur le trône en 809. Prince faible et incapable, il se livra à toutes ses passions, fut dépossédé par son frère Mamoun, et massacré par les soldats de celui-ci, que luimême avait voulu priver de sa part de l'héritage paternel.
AMYNODON (du gr. amuna, défense, et odous, odontos. dent) n. m. Genre de rhinocérotidés fossiles, de l'éocène supérieur de l'Amérique du Nord. L'amynodon était dépourvu de corne.
AmYNTAS {iàss), nom de plusieurs rois de Macédoine. Le plus connu est Amyntas II, qui régna do 39G à 370 av. J.-C, et fut protégé par les Spartiates contre Olynthc.
II fut le père de Philippe. — Amyiitas lU, son petitfils, fut dépossédé par son ondo Philippe, dont il épousa une fille, et fut tué par Alexandre le Grand, qui voyait en lui un compétiteur.
Amyntas {tàss), aventurier macédonien, mort vers 3:10 av. J.-C, qui passa au service de Darius, et combattit du côté des Perses à la bataille d'Issus ; puis il voulut conquérir l'Egypte, où il fut vaincu et tué.
Amyntas {tâss), général d'Alexandre le Grand. II so distingua au siège de Tyr, et périt glorieusement au siège d'une ville d'Asie.
Amyntas (tàss), dernier roi de Galatie. En l'année 36 av. J.-C, il reçut d'Antoine la Galatie et plusieurs districts limitrophes. Puis il se rallia au parti d'Auguste, 3ui lui laissa son royaume. A sa mort, la Galatie fut réuito en province romaine (25 av. J.-C).
AMYNTIQUE (gr. amuntikos, défensif, fortifiant) n. m. et adj. Qui préserve, fortifie: Emplâtre amyntiquk. L'n
AMYNTIQUE.
AmyntOR, fils d'Orménus et époux de Cléobule ou Hippodamie, dont il eut Phénix. Cranter et .Astydamie. Il régnait à Orménium. dans la Slagnésie thessàlienne. suivant Apollodore, et fut tué par Hercule, à qui il avait refusé le passage dans ses Etats, d'après les uns, sa fille ,\stydamie, d'après les autres.
AmyON (Jean-Claude), conventionnel, nô à Poligny on 1735, mort en 1803. Il vota la mort du roi, signa la protestation des 73 contre la proscription des girondins, et fut emprisonné avec ses collègues jusqu'après le 9 thermidor. Rappelé dans le sein de la Convention, il siégea ensuite aux Anciens jusqu'en 1797.
AMYOSTBÉNIE [sté — du gr. a priv. : rnuôn, muscle, et sihéjws, force) n. f. Défaut de force atfectant un muscle ou un système musculaire.
I Amyot.
AbiyOT (mi-oi Marqiip-»;, traduot/'ur de Plntarquo, évé que d'Auxcrro, grand aumônier do France, né a Mclun en i.'jl3, mort à Auxorre en 1593. D'une famille pauvre, il se rrridit ùk Paris, pour suivre les cours publics du Collège do I-'ranco, que François 1" venait do fonder. .Sa mère lui envoyait chaque semaine un pain par Ich bateliers qui de»cendai<;nt la Seine. A force de privations, do persévérance et d'énergie, il apprit lo latin, lo grec, la philoso* phio, les mathématiques, se fit recevoir mattro es arts, et, grâce à quelques protections, finit par obtenir une chaire do grec et de latin à l'université de Bourges. Pondant len dix ou douze années qu'il occupa cotte chaire, il traduisit lo roman grec do Théa/jAne et Chariclée et quelques-unes dos Vie* de Plutarque.
François I". à qui il avait dédié ces essais, lui donna la riche abbaye do iJellozane, afin de lui créer les loisirs nécessaires à ses travaux. Il ne songea plus dès lors qu'à l'achèvement et au perfectionnement de sa traduction de Plutarque, suivit l'amba-ssadour de Franco à Venise, puis le cardinal de Tournon à Rome, dans le but d'étudier les meilleurs textes de son auteur ; fut envoyé par le prélat pour porter au concile de Trente quelques réclamations du roi de France, et s'acquitta de cette mission délicate avec une fermeté si habile, que le cardinal, charmé, le fit agréera Henri II comme précepteur de ses fils. C'est pendant le cours de cette éducation qu'il acheva sa traduction des Vies de Plutarque, dont il otfrit la dédicace à Henri II, et qu'il commença celle des œuvres morales de cet écrivain. A son avènement, Charles IX nomma grand aumônier celui qu'il appelait son maître (1560), et plus tard il le fit agréer du pape comme é%'éque d'Auxerre. Amyot remplit ces hautes fonctions avec beaucoup de zèle et de régularité. On a remarqué comme uno des singularités de ce grand esprit qu'il avait coutume de composer ses discours en latin, quoiqu'il les prononçât en français. Henri III, qui avait été aussi son élève, lui conserva la grande aumônerie. et y ajouta le litre do «commandeur de l'ordre du Saint-Esprit», bien qu'Amyol ne fût pas noble. Parvenu au faîte des honneurs et de la fortune, il n'en continua pas moins, et jusqu'à la fin de sa vie, de s'occuper de littérature et d'art, sans négliger l'administration de son église.
Ses dernières années furent attristées par les revers les plus cruels. II se trouvait à Blois lors du meurtre des Guises. Accusé très faussement par les ligueurs d'avoir conseillé ce crime, il dut quitter la ville fl589), et ne rentra dans son diocèse, dévoué au parti de la Ligne, que pour y subir toutes les amertumes; on attenta même à sa vie. Cependant, il ne mourut que de vieillesse, à l'âge do quatre-vingts ans. Grand thésauriseur, il laissait une fortune de 200.000 écus, somme énorme pour le temps. Il sollicitait un jour une nouvelle abbaye de Charles IX, qui l'avait déjà comblé de biens : ■ Ne m'aviez-vous pas assuré autrefois, lui dit le roi, que vous borneriez votre ambition à 1.000 écus de rente? — Oui, sire, répondit spirituellement l'àpre solliciteur ; mais l'appétit vient en mangeant. •
Amyot a traduit en français toutes les œuvres de Plutarque ; mais la partie la plus estimée de ce vaste travail est la collection des Vies des hommes illustres. Amyot fut un des créateurs de cette belle langue du xvi* siècle, originale et naïve, souple, abondante, colorée, naturelle, pittoresque et harmonieuse, et sa traduction, malgré quelques infidélités, n'a pas été elfacée depuis et est restée comme un des plus beaux monuments de notre vieille littérature. Amyot a encore traduit la pastorale de Longus, Daphnis et Chloéf et sept livres de Diodore de Sicile. Les \ ies et les Œuvres morales de Plutarque ont été souvent réimprimées : on estime surtout les éditions de Vascosan (Paris, 1565-1575); de Brotier et Vauvilliers (1783-1887) réimprimées (1801-1806), avec quelques additions, par Cussac et Clavier.
AMYOTROPHIE du gr. a priv. ; muion, muscle, et trophê, nourritun^i n. f. Atrophie des muscles. Ses causes sont variées. Elle est physiologique si elle dépend de l'abolition . de la fonction du muscle ; repos forcé, sénilité, inanition. Elle est pathologique quand elle relève des affections aigués ou chroniques : ûèvres, rhumatismes, intoxications, syphilis, maladies du système nerveux.
AMYOTROPHIQUE adj. Qui a rapport à l'amyotrophio.
Amyraut Moïse), théologien protestant, né en 1596 à B'juri:u.'it A!iiou\ mort à Sàumur en 1664. Il fut pasteur à Saumur et professeur à l'université de cette ville. Députe par sa province au synode de Charenton (1631), il lut chargé de réclamer auprès de la cour contre les infractions faites aux édits de pacification, et obtint la suppression de l'obligation où étaient les députés protestants de ne parler au roi qu'à genoux. Il a préparé l'élargissement du calvinisme en tempérant le prédcsiinalisrae. Sa Morale chrétienne (Saumur, 1652-1660) est un des premiers essais de systématisation des idées morales suivant un plan historique qui aient été faits en notre langue.
AMYRIDACÉES n. f. pi. Groupe de plantes ayant pour tvpe le genre aini/ride. Il doit être réuni, comme simple triou, sous le nom de amyridées, à la famille des ruiacées-
— Une AMYRIDACËE.
AMYRIDE ou AHYRIS {riss — du gT. amuros, non parfumé) n. f. Genre de plantes do la famille des rutacées, tvpe de la tribu des a^tyridées.
' — Encycl. Les atm/rides sont des arbrisseaux résinifùres, à fleurs blanches, de l'Amérique intertropicale. Toutes leurs parties sont chargées de ponctuations glanduleuses, sécrétant un liquide résineux.
AMYRIDÉES n. f. pl. Bot. V. amyridacÉes.
AMTRINEn. f. Substance cristallisable, insoluble dans l'eau, soluble dans l'éther et, à chaud, dans l'alcool absolu. On l'eitrait du suc résineux de Vamyride.
AMYRIS — ANACANTHIN
AmyRIS, Sybarite qui, avant prévu les désastres do sa patrie, se retira dans le Péloponèse. Ses compatriotes lo regardèrent comme atteint de démence ; mais les nfaux nui vinrent fondre sur les Sybarites prouvèrent que, seul, il était sage. De là le proverbe des Grecs : « Amyris devient fou, » pour désigner une personne qui, sous l'apparence de la lolie, cache la prudence et la sagesse.
Amy Kobsart, opéra français, musique de Isidore de Lara, écrite sur un livret anglais de Augustus Harris traduit par Paul Milliet, représenté en juillet 1893 à Londres, sur le théâtre de Covent-Garden. Comme l'indique le nom du personnage qui lui a donné son titre, lo iujet de cet opéra était tiré d'un des plus célèbres romans de Walter Scott, le Château de Kemlworlh. La musique, quoique manquant de personnalité, est fort agréable.
AmtrTÉE, nom grec d'un roi d'Egypte, dont le nom égyptien n'est pas connu dune manière certaine. Il serait l'unique souverain de la xxviii' dynastie et vivait au v« siècle av. J.-C. Il secoua le joug des Perses vers 404, et sut conserver son indépendance sous Darius II.
AmythAON, fils de Créthée et de Tyro. Il épousa Idoménée, et eut d'elle deux fils, Bias et Mélam|)e, et une fille, Eolie. Il fut un des principaux rénovateurs des jeux Olympiques.
mucus) n. f. Absence
AN, modification du préfixe a priv., d'origine grecque, qui a lieu devant un radical commençant par une voyello ou A .■ anarchie (sans chef; du gr. on priv., et archos, chef) ; aahi/dre (sans eau ; du gr. an priv., et hudài; eau). Il Modification du préfixe ad qui a lieu, par assimilation des consonnes, quand le mot auquel il est adjoint commence par n .- an«u/er, etc.
AN (lat. annus) n. m. Le temps que met la terre à faire sa révolution autour du soleil, ou que le soleil parait mettre à parcourir le zodiaque, ii Espace de douze mois, à partir du 1" janvier jusqu'au 31 décembre : i'AN pass,\
— Par compar. Période de douze mois, quelle que soit l'époque à partir de laquelle on compte ;
C'ét.lit iir
vieux ser
gent des guerr
PS dMtali
Un de ce
IX que la
non pendaut
'oublie.
A- DELPir.
Il Dans ce sens, se dit particulièrement en parlant de l'âge des personnes : Celui qui est déjà un petit homme à quinze ANS ne sera de sa vie un grand homme. (Beauchéne.)
— Se dit particulièrement de certaines grandes époques historiques : L'an S50, de Rome, L'année 250 depuis la fondation de Rome, il L'an 13 de l'Iiégyre. 18 années depuis la fuite de Mahomet. (V. hégyre.) ii L'an 111. l'an 1 V de la République, La 3', la 4' année depuis la fondation do la République française, en septembre 1792. ii L'an du monde. Tant d'années depuis 1 époque supposée de la création du monde : Jérusalem fut fondée l'an du Mosnii SOIS, par le grand prêtre Melchisédech. (Chateaub.) ii L'an de grâce, l'an de Notre-Seigneur, l'an de la Natii-ité, l'an de l'Incarnation, L'année tant depuis la naissance de Jésus- Christ. On dit plus souvent l'an, tout court ; Z'an IS37, la France fut désolée par une horrible famine.
— Par exag. Il y a cent ans qu'on ne vous a vu, Il y a très longtemps.
— Au pi. et absol. La vieillesse, la décrépitude amenée par une vie déjà longue : Subir l'injure des .\ns. n Certains âges, certaines périodes do la vie ; Les vieux ans. Mourir dans la fleur de ses ans.
— Une paix, une guerre de dix ans, de vingt ans. Qui dure dix ans, vingt ans : La guerre de Trente ans raina l'Europe, il Un ami de dix ans, de quinze ans. Que l'on connaît depuis dix ans, depuis quinze ans. n Aller sur vingt, sur quarante ans. Etre dans sa dix-neuvième, sa trenteneuvième année, il Le jour de l'an, le premier de l'an, Lo 1" janvier, le premier jour de l'année, ii Bonjour et bon an, Salutation familière par laquelle on s'aborde aux premiers jours de l'année, n Bon an, mal an. Une année dans l'autre ; on moyenne, n Par an. Chaque année, il Une fois l'an, trois fois l'an. Une fois, trois fois dans le courant de l'année.
Il Sennce du bout de l'an, ou simplement Bout de l'an. Service funèbre célébré un an après la mort d'une personne.
— L'an et jour. En droit. Une année révolue, et un jour de pins.
— Je m'en soucie, je m'en moque comme de l'an quarante. Se dit familièrem. d'une chose à laquelle on n'attache pas la moindre importance, d'une personne à laquelle on no tient nullement. (On suppose que cette expression vient des craintes superstitieuses généralement répandues dans le commencement du xi' siècle. On prétendait que Jésus- Christ n'avait assigné à son Eglise et au monde qu'une durée de mille ans et plus. Une opinion accréditée voulait ((ue ce terme e.xpirât en l'an 40 du xi= siècle. Mais, lorsque 1 époque redoutable fut passée, on ne fit plus que rire do ces craintes puériles. De là l'expression : Je m'en moque comme de l'an quarante.)
— FiG. et PROV. : Vivre le grand an, Vivre très longtemps, vivre toujours.
— Syn. An, année. .4n n'est guère en usage que pour les dates, et admet rarement des épithètes. Année marque la durée et la série des événements, et peut recevoir une qualification servant à faire connaître les résultats bons ou mauvais qu'elle a produits : Une année heureuse. Des ANNEES perdues dans de vains plaisirs.
ANA propos, grecque qui signifie En remontant, dans, parmi, à travers, etc., et qui entre dans la composition d'un grand nombre de mots français empruntés du grec, tels que anachronisme, anachorète, onalyse.anatomie, etc.
ANA. Méd. V. AA.
ANA, terminaison latine et invariable que l'on ajoute au nom d'un personnage pour, indiquer un recueil de ses pensées détachées, des anecdotes qui lui sont attribuées. — - Les principaux recueils de ce genre sont : le .^'caligériana, le Ca/wniana, le Ménagiana., le Santoliana, lo Sejraisiana, le Pironiaaa., !o Voltairiaaa, lo Bic'vria.na, le Chamfortiaos.. le Bonapartiaua, etc., ou recueils d'anecdotes sur Scaliger, Calvin, Ménage, Santeuil, Segrais Piron, 'Voltaire, de Bièvre, Chamfort, Bonaparte, etcl Les anciens avaient des recueils analogues, et les dialogues de Platon sont de véritables 5ocra(iana. Les Vies de Diogène Laërce sont des œuvres du même genre.
— n. m. En général, tout recueil d'anecdotes, do dits
plaisants, d'historiettes, etc. : ûéfiez-rous des faiseurs d'uTiA.
ANABOLISME {liss — du gr. ana, en haut, et bolos, jet) n. ni. Accroissement de l'individu vivant. V. catabolisme.
ANABa:NA ou ANABÈNE (du gr. anabainein. circuler) n. f. Genre d algues, famille des nostocacées, tribu des nostocées. vivant sur la terre humide, dans les marécages, au bord de la mer, ou parasites dans l'intérieur d'autres plantes, telles que les azolla.
— Encycl. Les anabsena sont caractérisées par un tricbome moniliforme, simple, nettement articulé, autour duquel se trouve une masse gélatineuse; l'hermogonic, ou portion comprise entre deux hétérocystes consécutifs, se replie sur elle-même plusieurs fois à mesure que sa longueur augmente, de telle sorte qu'elle est plus courte comme ensemble; les hétérocystes qui apparaissent en divers points la séparent en plusieurs cellules filles reproductrices, se montrant dans leurs cavités.
ANAB/GNA ou ANABÈNE (même étymol. qu'à l'article precéd.) n. m. Genre de plantes de la famille des ouphor-
ANABAINE ou ANABAINELLE (bè — même étym. qu'aa.\ieux articles précéd.) n. f. Genre do plantes cryptogames lu groupe des confcrvcs. consistant en filaments libres, rampants, simples, à articles ovales et égaux en diamètre. \..'anabaine thermalis vit dans l'eau thermale à plus de 50* Je température. D'autres sont des espèces terrestres.
ANABAPTISME (bn-tiss — du gr. ana, de nouveau, et baptiziui. |il.iii:ji 1- dans l'eau) n. m. Doctrine religieuse do certains ri-lurnii-s qui soutenaient que, la foi devant précéilcr If liainriiif, ceux qui ont été baptisés enfants, doivent l'otro do nouveau à Vàge où ils sont capables do croire, ii Parti des anabaptistes qui rêvaient une réforme sociale, en même temps qu'une réforme religieuse.
ANABAPTISTE :ba-tiss) n. et adj. Qui professe l'anabaptisme: i|iu s v ra|i]iorte : Zes anabaptistes de Munster voulaieul h' ini-t'IlruirHl lies classes, sous la royauté du Christ. ^ — Encv( L. llist. Les anabaptistes ont été, comme on l'a dit. les radicaux de la Réforme. C'est avec la guerre des paysans qu'on les voit surgir en Allemagne. A vrai dire, cette guerre n'a point été provoquée seulement par la Réforme : bien avant la prédication de Luther, dès le milieu du xv* siècle, les populations des campagnes se soulèvent fréquemment contre les abus du régime impérial et féodal. Mais ce feu de révolte, qui couvait sans cesse, fut rallumé au temps de la Réforme, par suite des conséquences extrêmes que certains tiraient des principes contenus dans la doctrine do Luther. Lo réformateur dut se prononcer en 1521 contre les « Prophètes de Zwickau ». Le plus ardent de ceu.x-ci était 'Thomas Munzer, pasteur destitué de Zwickau, qui répandait en Thuringe des doctrines d'un mysticisme exalté ; obligé de quitter la Thuringe, il agita les populations de la frontière sui.sse. En 1525, une insurrection formidable éclata en Bavière, à Kempten, et gagna rapidement la Souabe, la Franconie et l'Alsace. La répression fut atroce. Les paysans furent écrasés à la bataille de Frankenhausen. Miinzer, qui avait fait de Miilhausen, en Thuringe, le centre de sa propagande, fut pris et décapité.
Exterminés et proscrits par milliers, les sectaires se dispersèrent de tous,côtés, répandant leurs doctrines le long du Rhin et dans les Pays-Bas, et se multipliant malgré les supplices et les persécutions. En 1534, la ville de Munster, en Westpbalie, devint leur centre d'action. Ils en chassèrent l'évcque, s'y fortifièrent, établirent la communauté des biens, la polygamie, et se livrèrent à mille extravagances d'extases, de prophéties et de visions, moins communes chez les premiers anabaptistes. Leur chef était alors le fameux Jean de Leyde, prophète et roi do la Jérusalem nouvelle, qui périt dans les supplices avec la plupart de ses partisans, après que l'évêque eut repris la ville. Ainsi moururent presque tous les apôtres que ceux de Munster avaient envoyés de tous côtés, en Allemagne, et en Hollande. Au reste, ces fanatiques avaient fait un grand nombre de prosélytes, surtout dans les classes populaires. A Amsterdam, ils excitèrent un soulèvement formidable, qui fut réprimé par les'plus épouvantables tortures. Ces échecs successifs ruinèrent entièrement l'importance politique du parti, mais non la secte, qui se propagea encore en Moravie, en ■Westplialie, en Souabe, en Hollande, en Suisse, etc., également odieuse aux catholiques et aux luthériens, mais défiant les bourreaux par l'énergie de sa persévérance et de son fanatisme.
L'histoire de l'anabapMsme finit avec ces convulsions violentes. Le bap'' ' '
la continuation : i
ANABAS [bâss d'acanthoptères de la famille des labyrinthiformes, renfermant do petits poissons indo-chinois qui, au moyen do leurs nageoires épineuses, grimpent sur les buissons et les arbres qui bordent les cours d'eau.
Quelques espèces sont réparties dans les Indes orientales, la Malaisie. Citons Vanabas scandens (Bengale).
ANABASE (du gr. anabasis, action de monter) n. f. Bot. Genre do salsolacées, renfermant de petits arbrisseaux des régions froides et tempérées et dont une espèce, l'anabase aphylla, est employée en Perse pour blanchir le linge.
— Mus. Terme de la musique des anciens Grecs, qui indiquait une mélodie ascendante.
— Pathpl. Période d'accroissement d'une maladie. Anabase (l), c'est-à-dire l'Expédition, ouvrage de
Xénophon. C'est le récit de l'expédition de Cvrus le Jeune dans la haute Asie, et de la retraite des Dix-Mille (ou dos mercenaires grecs). L'auteur avait fait lui-même partie de cette expédition, qui eut lieu en 401-400 av. J.-C, et il fut l'un des chefs qui dirigèrent la retraite.
Anabase (i.'), ouvrage d'Arrien , en sept livres, sur l'expédition d'Alexandre. Récit fort estimé, composé d'après les relations, perdues aujourd'hui, il'.iristobule, de Ptolémée et d'autres compagnons du héros macédonien.
ANABASITTE , ANABASITTINE oïl ANABAZENOPS
{opss — du gr. anabasis, action de monter) n. m. Genre d'oiseaux grimpeurs, voisin des sittelles, habitant l'Amérique méridionale.
ANABASSE n. f. Sorte de couvertures de coton à raies bleues et blanches, qui se fabriquaient en Normandie et se font encore en Hollande.
ANABATE (du gr. anabatês, étalon) n. m. Hïst. anc. Ecuyer qui disputait avec deux chevaux le prix de la course à Olympie.
ANABATE n. m. Genre d'oiseaux passereaux ténuirostres, famille des dendrocolaptidés, renfermant des formes américaines répandues surtout dans le Brésil.
ANABATHRUM [trom' — gr. anahathron) n. m. Système de sièges disposés en gradins et placés au-dessus les uns des autres, dans les amphithéâtres romains et autres lieux publics. Il PI. Des a>'abathea.
ANABATIQUE (rad. anabase) adj. Qui augmente, qui s'accroît toujours, en parlant des maladies : Fièvre ânaba-
TIQUE. Il Syn. PARACMASTIQUE.
ANABÉNIQUE adj. Chim. V. OXALURIQUE.
abainein, grimper, et dak-
imaux dont les doigts sont la queue du Dragon, ou
ANABENODAGTYLE (du gr.
tulos, doigt) adj. Se dit des ai conformés pour grimper.
Anabibazon, nom donné au nœud méridional de la lune
ANABICE (du gr. anabiâ, je revis) n. m. Partie des cryptogames qui se trouve hors de terre, la fructification exceptée. (Peu usité.)
ANABIOSE (gr. anabiôsis, résurrection) n. f. Retour à la vie. après une interruption des fonctions vitales ayant plus ou moins les caractères de la mort: /,'anabiose est très comi7iune dans le règne végétal. V. reviviscencb.
ANABLEPS {lèpss — du gr. anablépein, lever les yeux) n. m. Genre de poissons physostomes, renfermant des malacoptérygiens abdominaux de la famille des cvprinodontidés; voisins des loches, à corps allongé, yeux très saillants, partagés en deux parties, l'une supérieure, Tautre
Anabk'ps (lûiig. 0'°,20 à Om.aS).
inférieure. Ils nagent dans les bancs vaseux des fleuves, ayant une partie de la tête hors de l'eau, et peuvent voir sans doute à la fois dans l'air et dans l'eau. Ils peuvent même sortir de l'eau. Sont vivipares. Habitent l'Amérique tropicale.
ANABOLEou ANABOUE (du gr. ana, en haut, et bolos, jet) n. f. Evacuation de matières par la bouche.
ANABOLIE (du gr. anabolê, terre rejetée) n. f. Genre d'insectes névroptères, trichoptères, famille des phryganidés, renfermant des formes européennes très voisines des phryganes. V. ce mot.
ANABROCHISME [kiss — du gr. ana, à travers, eibrokhos, nœud, lacet) n. m. Opération, aujourd'hui abandonnée, qui avait pour but de remédier au renversement des cils contre le globe de l'œil, en les saisissant au moyen d'un lil, ce qui permettait de les fi.xer au dehors.
ANABROSE (du gr. ana, à travers, et brôsis, action de ronger) n. f. Ulcération superlîcielle.
ANABROTIQUE (rad. anabrose) n. m. et adj. Se disait jadis des substances qui corrodent les surfaces avec lesquelles on les met en contact : Composition anabrotique. Un puissant anabkotique.
ANACALYPTÉRIE (gr. anakaluptéria, action de dévoiler) n. f. Fête qui se célébrait le troisième jour des noces, alors que la nouvelle épouse se montrait sans voile.
ANAGAMPSÈRE ou ANACAMPSÉROS {ross — du gr. tniakampst'ros, qui ramène l'amour) n. m. Genre de portulacées renfermant des plantes herbacées à feuilles épaisses, charnues, et originaires de l'Afrique australe.
ANAGAMPSIDE (du gr. anakampsîs, idos, action do recourber) n. f. Genre d'insectes microlépidoptères, famille des tinéidés, renfermant des teignes de nos pays, dont l'espèce type est Variacampsidia populuîla, vivant sur les peupliers.
ANACAMPTIDE (même étymol. qu'à l'article précéd.) n. f. Genre de la famille des' orchidées, tribu des ophrydées, qui renferme trois espèces, originaires d'Europe. La plus connue est Vanacamptîde pyramidale, qui croît dans les forets.
ANACAMPTïQUE (du gr. anakamptein, réfléchir) adj. Physiq, Qui réfléchit la lumière ou le son.
— Géom. Courbe anacamptique. Courbe produite par la réflexion de la lumière sur une surface, la position de l'œil étant déterminée.
— n. f. Nom donné quelquefois à la partie de l'optique qui traite de la réflexion de la lumière en général. Il II est syn. de catoptriqui:.
ANAGAMPTIQUEMENT adv. Par réflexion ; d'une manière anacamptifiue.
ANAGAMPTODON (du gr. anakamptein, recourber, et odous, odontos, deut) n. m. Genre de mousses, famille des fabroniacées, à. fleurs monoïques, renfermant une espèce fort rare, observée dans les Vosges, en Suisse, en Silésie et dans l'Amérique du Nord. Elles forment des toufl'es d'un beau vert et poussent sur les cicatrices laissées sur le tronc des hêtres par la chute des branches.
ANACAMPYLE (du gr. ana. sur. et kampuîos, courbé) n. m. Ecaille étalée et recourbée au sommet qui se voit sur quelques végétaux, tels que Vagaric safrané.
ANAGANTHE (du gr. an priv., et akantha, épine) n. m. Genre de poissons sclérodermes, famille des balistidés, renfermant des balistes des mers chaudes du globe.
ANAGANTHINS (rad. anacanthe) u. ra. pi. Ordre do poissons téléostéens, renfermant les malacoptérygiens à nageoires ventrales placées sous les ouies, et n'ayant pas
do canal a<5ricn  leur vessie natatoire. So divisent en nombreuses familles : ophidiidéx, ffadidt's, pleuronectidvs, scomàrcsocidt's. — Un anacantuin.
AnACAPRI, bourg do l'île de Capri (Italie), sur lo Hanc du mont Solaro ; 1.500 liab.
ANACARDE nu ANACARDIER {tf — clu gr. arirt, fjui maniuo rcsscmlilaiir.-, ni, knrdia, cœur) n. m. Genre de t<^r<.Miintli:iri'os, i|tii ci>miiri-nd dos arbres ou dos arbrisseaux do rAitiiTiiiiio iroitiraiL'.
- Kncycl. Ij'niiacardf a des fouilles alternes, pétioléos, simples et entières, des tlcurs en çrappos, composées, terminales. Son fruit est un achaino rénilbrme, dont lo pédoncule, hypertrophié et charnu, se mange au Brésil, sous lo nom do pomme d'acajou ou do salsepareille des pauvres. Lo fruit, appelé noix d'acajoUf contient dans ses vacuoles une substance caustique employée
Eour détruire les verrues, les dartres, l'écorce est un bon astringent, qui laisse écouler ce qu'on nomme gomme d'acajou.
ANAUARDIACÉES n. f. pi. Trii)U ou famille do tércbinthacées, dont lo type est Vanacorde. — Lfne anacah-
n'iACÉE.
ANACARDIQUE adj. Se dit d'un acide contenu dans le péricarpe des noix d'acajou {fruits de l'anacardier).
L'acide anucardiquo est une substance blanche, cristallii
ANACARDIUM {om') n. m. Bot. V, anacarde. , ANACATHARSIE {du gr. anacathnrsis, déblaien n. f. Expectoration d'une matière quelconque.
ANACATHARSIQUE OU ANACATHARTIQUE (rad.
(nthai-sie) n. et adj. Qui excite l'expectoratioD : fJn a>
^:ie
.Qui TUARsiyrE. Hcmèdc anacathabsique (ou anacathautkjul:
ANACÉNOSE (du gr. anakoinâsis, communication) n. ï. Espèce de synecdoque par laquelle on se compte nouimoitié dans les actions ou les paroles d'un autre. C'est par anacénose que l'Intimé, dans les Plaideurs, défendant le chien Citron, s'exprime ainsi :
Quand avons-nous manqué d'aboyer au Inrron ? Témoin trois procureurs, dont iceUiî Citron A déchiré la robe : on en verra les pièces Pour nous justifier. Voulez-vous d'autres pièces 7 Il est évident que l'avocat n'était pour rien dans l'abuicment du chien, et ([ue ce n'était pas sa justification à. lui qu'il demandait. Nous avons est mis ici pour il a.
ANACÉPHALÉOSE (du gr. ana, de nouveau, et képhali; point capital) n. f. Récapitulation sommaire des principaux points d'un écrit, d'un discours : Cicéron excellait dans
les A.NACfc-pHALKuSKS.
ANACES ou ANAGTES n. m. pi. Myth. V. anakÉION. —
Un ANACE (ou ANACTE).
ANACHARIS (ka-riss ~ du gr. ana, angraent., et kharis,
frâce) n. m. Genre de plantes aquatiques, de la famille dos ydrocharidées, comprenant un petit nombre d'espèces, qui liabitent l'Amérique du Sud. Syn. de elodea.
Anacharsis {A:ar-Sî>s), philosophe scythe, tils d'uiif' femme grecque et de Gnurus, roi des tribus nomades des bords du Pont-Euxin. Il parut à Athènes vers l'an 589 av. J.-C, devint l'ami et le disciple de Selon, et se rendit célèbre en Grèce par son désintéressement, l'étendue de ses connaissances et l'austérité de ses mœurs. De retour dans sa patrie, il voulut y introduire, entre autres coutumes, la religion de Déméter, et fut tué pour cette impiété par son frère Saulius, devenu roi des Scythes. Les Grecs l'ont compté quelquefois parmi les sept sages. On lui prête un grand nombre de sentences, qui ne sont pas plus authentiques que les lettres qui lui ont été attribuées. Ce fut lui qui compara les lois aux toiles d'araignées, qui ne prennent quo les petites mouches et laissent passer les grosses.
AnacharsIS {kar-siss), surnom pris, pendant la Révolution, par Clootz, qui était né Prussien, et qui se donnait ainsi comme un émule du philosophe scythe, cherchant la sagesse dans une nouvelle Athènes.
Anacharsis en Grèce (Voyage du jeune), par Barthélémy. Cet ouvrage plein d'érudition pour son temps, et auquel l'auteur travailla trente ans, parut en 1779 [1 vol. avec atlas). Il a joui longtemps d'une grande renommée, mais le progrès des sciences historiques et archéologiques l'a démodé. L'auteur suppose qu'un Scythe, nomme Anacharsis, voyage en Grèce quelques années avant la mort d'Alexandre, et observe partout les mœurs et les usages des peuples, assistant à leurs fêtes, étudiant la nature de leurs gouvernements, quelquefois consacrant ses loisirs à des recherches sur l'esprit humain, d'autres fois conversant avec les grands hommes qui florissaient alors, tels que Phocion, Xénophon, Platon, Aristote. Démosthène, etc. Le Voi/age est précédé d'une introduction ofi l'on trouve ce qu'il est utile do savoir sur la Grèce, sur ses guerres, sur ses mœurs, sur ses arts, depuis les premiers temps jusqu'à l'époque où elle fut asservie par Philippe do Macédoine, père d' Alexandre le Grand.
ANACHORETE (ko — du gr. ana, à l'écart, et khôrein. se retirer) n. Personne qui se retire dans la solitude, pour se livrer à la vie contemplative : La politique fait des solitaires, comme la religion fait des anachorètes. (Chatcaub.)
— Par ext.. Personne qui mène une vie très retirée.
— RepCLs d'anachorète, Repas très frugal, comme en faisaient les anachorètes.
— S'empL adjectiv. dans le sens de Solitaire : Un écrivain, un artiste anachorète.
— Encycl. La vie solitaire a son origine en Orient. Nous voyons dans l'Evangile saint Jean-Baptiste se i-etirer dans le désert, et y vivre en attendant la venue du Messie. On a attribué la naissance de l'anachorétisme
. chez les chrétiens aux persécutions qui auraient poussé les persécutés au désert. Il faut l'attribuer surtout au désir do fuir le monde et ses scandales, particulièrement le spectacle détesté du paganisme, et, en méditant à l'abri de
■ toute diversion les cnoses divines, de satisfaire un besoin
d'idéal religieux quo l'Evangile avait répandu sur la torrc, | Lo premier anachorôto chrétien fut saint Paul, surnommé l'Ermite ou le Thébain, qui so rôtira, l'an 250 apr, J.-C, dans lo désort do laThébaïdo, en Egypte. II fut imité par saint Antoine, saint Pacéme, etc., autour desquels so groupèrent des chrétiens fuyant lo monde pour consacrer leur existence ù. Dieu. Dès lors, la vie cénobitiquo dut so substituer à la vie solitaire, et l'on vit natlro les ordres monastiques. Parmi los premiers anachorètes, quelques-uns so condamnèrent aux privations los plus dures. Siraéon dit k Sttfliic, par exemple passa son existence au haut d'une colonne {stuloa), et eut des imitateurs.
ANACHORÉTIQUE (ko) adj. Qui a rapport aux anachorètes.
ANACHORÉTISME (tiss) n. m. Vie, existence d'anachorète ; amour pour la vie d'anachorôto.
ANACHRONIQUE (kro — du gr. ana, à rebours, et kkrnnns, temps) adj. Contraire à la chronologie, n Qui n'est j'Ius conlornie aux mœurs d'une époque.
ANACHRONISME {kro-niss - rad. anachronique) n. m. Faute contre la chronologie ; erreur dans la date des événements : Virgile s'est permis un anachronisme en supposant Enèe contemporain de Didon.
— Par ext. Erreur qui consiste à prêter à une époque, à un personnage historique, des idées, des sentiments qui sont d'une autre éponue, et à attribuer, dans les œuvres d'art, les costumes et les meubles d'une époque à une autre époque : Dans plusieurs scènes empruntées à l'Evangilej les peintres flamands, par un singulier anachronisme, placent des lunettes sur le nez de certains personnages.
— So dit encore des institutions, coutumes, mœurs, etc., quo l'on transporte ou conserve à une époque où elles
— Syn. Anachronisme, métachronisme, parachronisme, prochronisme. On peut se tromper dans la date d'un événement en lo plaçant soit au delà, soit en deçà du temps où il est arrivé. Deux mots ont été créés pour désigner ces deux espèces d'anachronismes : prochronisme et parachronisme. IjG prochronisme {pro, avant) place un fait avant sa date; le parachronisme {para, après) le place après sa date. Mais ces deux mots sont peu usités; on néglige le
Fins souvent de faire la distinction qu'ils établissent, et on emploie anachronisme pour exprimer généralement toute erreur dans la supputation des temps. Métachronisme a le même sens général (\u' anachronisme [meta marquant simplement l'idée de changement, de déplacement). Anachronismes en littérature. Les anachronismes sont très fréquents chez les écrivains et les auteurs dramatiques du xvi" et du xvii* siècle. Il ne s'agit pas seulement de cette sorte d'anachronisme qui consiste à prêter aux Grecs, aux Romains, aux Orientaux, des mœurs, des idées, des costumes autres que les leurs et qui abonde, par exemple, dans le théâtre de Racine. En s'en tenant aux erreurs ou aux fautes contre la chronologie, on en trouverait encore beaucoup d'exemples. Ainsi t>hakspeare, dans son Jules César, faitregarderl'heureàune horloge et tirer le canon. Le théâtre de Calderon et de Lope do Vega fourmille de ces sortes d'inadvertances. Parmi les écrivains contemporains, Hugo, malgré sa maîtrise, n'en est pas exempt :
Tu rêves, dit le roi, comme un i:lerc en Sorbonne, fait^il dire à Charlemagne dans >lî/men7^o^, avançant ainsi de plusieurs siècles la célèbre fondation de Robert Sorbon. Dans un autre poème de la Légende des siècles, on lit ;
Or, de Jérusalem, où Satojnon mil l'arche. Pour gagner Béthanie. il faut trois jours de marche ; c'est David, et non pas Salomon, qui mit l'arche â Jérusalem.
Dans un des romans de Ponson du Terrail, la Jeunesse de Henri 1 V, est raconté le massacre de la Saint-Barthclomy; une des victimes, se relevant d'un long évanouissement, reconnaît l'endroit où elle se trouve en apercevant la colonnade du Louvre — qui ne fut bâtie que sous Louis XIV. Emile Zola a commis un anachronisme du même genre dans la Curée, en faisant se dessiner devant les yeux d'un entrepreneur la silhouette de l'Opéra de Garnier, qui, à l'époque où se passe la scène, n'existait pas encore.
Anachronismes dans les œuvres d'art. Les peintres ot les sculpteurs les jplus célèbres de toutes les époques ont commis des anachronismes, que l'on peut grouper sous trois chefs distincts. Les uns ont trait aux types conventionnels adoptés pour la représentation de personnages bibliques, évangéliques ou historiques. Les plus grands maîtres ont fait choix de personnes do leur temps lorsqu'ils avaient l'intention de peindre ou de sculpter une image du Christ ou de la Vierge, et leurs ouvrages sont des portraits, alors quo nous serions en droit d'y chercher des types. Ce genre d'anachronisme est de tous les temps. Une seconde catégorie a pour caractéristique la présence, dans une même composition, de personnages connus ayant vécu à des époques différentes. Mais le droit de l'artiste est do grouper autour d'une scène fictive, toile que lo Couronnement de la Vierge, des saints et saintes se rattachant à plusieurs siècles, attendu quo le sujet choisi n'a rien d'exact, rien de réel, et qu'il est permis de le ranger au nombre dos créations du peintre ou du statuaire. Les anaclironismes les plus étranges sont ceux qui consistent dans une absolue contradiction avec co qu'on est convenu d'appeler la couleur locale. Les Vénitiens de la Renaissance ont usé do co genre do licence avec un talent et un ciiarmo tout particuliers. C'est ainsi quo Véronèse, pour ne citer qu'un maître, représente la Cène ou le licpns chez le Pharisien dans des édifices de son époque et avec dos personnages vêtus comme l'étaient ses contemporains. .Vu moyen âge, do pareilles audaces étaient mises sur le compte'de l'ignorance; au xvi« siècle, les artistes étaient instruits des usages et des costumes du passé. Ce n'est donc pas par ignoraace ou'ils se sont dispensés do toute exactitude ; mais telle est la grâce dont ils ont su revêtir leurs compositions, quo notre goût ne se sent pas offensé par le caprice de maîtres élégants et bien noués. 11 est juste d'ajouter, cependant, que. de nos jours on prend plus do souci de la vérité historique, et nos artistes doivent être loués du soin qu'ils apportent actuellement à placer les scènes dont ils s'occupent dans lo cadre qui leur convient.
ANACINÈME -du ^r. ana, on haut, et kinêma, mouvement' n. f. Commotion produite dans tontes les parties du corps, â la suite de certains exercices gymnastiques.
ANACAPRI — ANACRÉON
ANACLA8E ^^'r. anaclasi», action de briser) o. f. Pbyâiq. Uéfraclion, déviation.
— ProHod. anc. Particularité métrique du vers iooiqno mineur dans la prosodie grecque, oonsistant daoït la substitution du diïambo au dichoréc,
ANACLASTIQUE (rad. annclase) ^\\. Qui tonceroo la réfraction do la lumière, u Table» anac tas tique». Tables do réfraction, il Point anacùutique. Point où un rayon lumineux réfracté rencontre la surface qui lo réfracio. li Courbes anaclasiiqurs. Courbes apparentes qu'on aperçoit par réfraction au fond d'un vase plein d'eau.
— n. f. Partie de l'optique qui a pour objet les réfractions do la lumière. Syn. ao dioptei^ue.
Anaclet ou GlET Tsaint}, pape et martyr, régna probablement de la à 'Jl. II est donné |)0ur lo deuxièiQO successeur de saint Pierre, dont il aurait été lo di&ciplo. Fôto lo 26 avril.
Anaclet (Pierre de Léon), antipape, fut élu on 1130 par uno partie des cardinaux, et disputa la chaire de saint Pierre à Innocent II. Il so soutint quelque temps, gr&ce à l'appui do Roger, roi de Sicile, mais fut excommunié en 1131 par lo concile de Pise. Il mourut en 1138.
ANACLÉTÉRIEN (ri-in) n. m. Celui qui présidait aux anacléléries.
ANACLÉTÉRIES (gr. anaArW/^Wa, proclamation) n. f. pi. Fi>tcs cf-hrbrées chez les anciens à fa majorité des rois.
ANACLÈTHRE n. f. Nom donné, à Mégarc, à une pierre qui se voyait près du Prytanée, et sur laquelle les Grecs croyaient que Cérès s'était reposée quand clic était à la recncrche do sa fille.
ANACLÉTICUM [koni ~ gr. anaklétikon) n. m. Dans les armées grecques. Signal de la retraite ou de la cessation du combat donné par les trompettes.
en arrière, et klineîn,
ANACUNTHÈRE (du gr. aJta
être couché) n. f. Chez les Grecs, Lit de repos garni de manière que la personne couchée sur ce ht eiit la tête relevée.
ANACUSXE [zi — même étymol. qu'à l'article précéd.) n.'f.
Position couchée, situation ho- '
rizontale du malade dans son lit ou sur une chaise inclinée. ~ ■ ,
ANACOLLÈME (du gr. ana-' '-^^ -^
A-fj//êHifl, remède pour empêcher 1
de tomber) n. m. Remède pro- L.S'
pro à arrêter une hémorragie \' j
ou à comprimer une fluxion, il \ \
On dit aussi anacoli.émate. ;
ANACOLUPPE n. m. Nom / \
d'une plante rampante du Ma- /
labar, qui parait être une es- '•■*■
pèce de ver\'eine [zapania nodi- Anaclinthèrc.
flora), et dont le suc, mêlé avec
du poivre, guérit, dit-on, de l'épilepsie et de la morsure du cobra capel.
ANACOLUTHE fdu gr. an priv., et acolouthos, covapargnon) n. f. Sorte d'ellipse par laquelle on omet dans uno phrase le corrélatif grammatical d'un mot exprimé.
Dans ce vers de Voltaire :
Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aïeux, l'omission du mot celui devant le relatif qui constitue une anacoluthe. — Le mot anacoluthe s'applique aussi à un tour de phrase qui, au lieu d'être suivi régulièrement j usqu'au bout, change d'une façon brusque et inattendue :
Et pleuriîs du vieillard. It grava sur leur marbre. La FoNTArNE.
C'est également faire uno anacoluthe que de donner au môme verbe des compléments de différente nature ; par exemple, un infinitif et une proposition complétive, un substantif et un infinitif, comme lorsque Racine dit:
Vous voulez que ce Dieu vous comble de bicofaits, El ae l'aiHier jamais.
ANACOMPTIS ' ptiss) n. m. Arbre indéterminé de Madagascar, dont le fruit sert, comme la présure, à faire caulor le lait.
ANACONCHYLISME (kî-liss — du gr. anakonchuliazô, je me gargariscj n. m. Syn. de gargarisme.
ANACONDA n. m. Nom vulgaire du plus grand serpent connu [eunectes murinus). V. eunecte.
ANAGOSTE (koss) n. m. Etoffe dont la chaîne ot la trame sont en laine, et à double croisurc. Fabriquée aux environs d'Amiens.
AnagHÉON, poète lyrique grec, né à Téos, en Lydie, vers l'an 560 av. J.-C. , mort à .\bdèro vers 478. Il vécut tour à tour à la cour de Polycrate, tyran do Samos. à .(thènes, àTéos, sa patrie, d'où il s'éloigna do nouveau lorsque la révolio de rionie contre Darius vint troubler son repos, pour se retirer définitivement à Abdèro. 11 avait composé cinq livres d'hymnes, d'élégies, d'ïambes, de chants erotiques :
il n'en reste que des fragments, dont lo plus étendu n'a pas plus de six ou huit vers. Le recueil connu sous 1^ nom deOdesd'Anacréon n'est pas d'Anacréon de Téos. Henri Éstienne qui, le premier, l'édita en 1554, entoura sa dérouverte de tant de mystère, qu'il fut soupçonné de supercherie. Il ne voulut ja- ; Anacréon.
mais montrera personne,
pas même à son gendre, l'helléniste Casanhon, le manuscrit unique qu'il prétendait avoir trouvé. Il est probable qjuil avait mis sous le nom du poète de Téos un recueil