ANILINE
Anich 1'
'l'vrni, astronome et g(^o- I I l-ruck, on 1723, mort ù ..; . lutricoMario-ThtTL'so I "iiiplit co travail, nia!unu exactitude remarqua-
do (lr.-.s,-i- Va r;,n.. .1,, I cré d éiioriiH'S dilluuilK^s oie pour le temps (l77-t).
AnicheS, comm. du dcp. du Nord.arrond. et à M kil. de Douai; 6.924 hab. Impurtaute exploitation de houille depuis 1850. Cette localité est reliôo â Somaui par un chemin do fer industriel do 4 kil., appartenant à, la compagnie des mines d'Anzin.
Anichini (Ludovico), graveur italien, né à Ferraro. travailla ù. Venise vers le milieu du xvi« siècle. Il est réputé pour la finesse de son travail et son habileté à roproduire des objets microscopi((uos. On rapporte que Michol-Ango exprima son admiration en prèsenco de planches d'Anichini, exécutées d'après des camées antiques.
Anichini (Pietro), graveur au burin, vivait à Florence en 1715. Il est surtout connu par ses gravures do portraits.
ANICILLO (mot esp.) n. m. Poivrier de l'Amérique du Sud. C'est \e piper amsatum, ou poivre à odeur d'anis.
AnICIT ou AnNAIRIZI (Aboul Abbas-al-Fadhl-ibn-Hatim), astronomo arabe du ix" sioolo. Il vivait au tomps du calife Al-Mathadhed. Il a composé des Tables astronomiques qui eurent longtemps do la réputation.
ANICROCHE (nom d'une ancienne arme en formn dn croc\ n. f. Difficulté, obstacle, embarras : il n'est pas si facile amour gui n'ait parfois son anicroche. (St-Héal.)
ANIDE (du gr. an priv., et eidos, espèce) n. m. Genre do monstres unitaires, type de la famille des anidiens.
~ Encycl. Ce genre, créé par Gurlt (1832) sous le nom de amorphe, a servi à Isidore Geoff'roy Saint-Hilaire pour établir sa famiUe des anidiens. L'organisation dos anides, eu eff'et, est tellement rudimontaire. que leur inspection ne sufJît presque jamais pour faire reconnaître l'espèce à laquelle ils appartiennent. Ils se réduisent en un sac de forme irrégulièrement ovoide ou globulaire, no contenant aucune trace de viscère quelconque, mais seulement une masse de tissu cellulaire entrecoupée d'osselets de forme indéterminée et de branches vasculaires incomplètes. Le seul caractère spécifique qu'on distingue d'abord, c'est la présence de poils chez les espèces qui en sont normalement pourvues et leur absence chez les autres.
ANIDIENS(rfi-(H— rad.aH)rfe)n.m. pi. Famille de monstres qui se présentent sous l'aspect d'une masse informe.
— Un ANIDIEN.
ANIDION n. m. Genre d'ombellifères. Syn. de bikora.
ANIOROSE ^du gr. an priv., et idrôs, sueur) n. f. Absence de sueur.
ANIE (du gr. ania, chagrin) n. f. Genre d'orchidées. Syn. de eria.
Anie (pic d"), en basque Ahunemendi (montagne du Chevreau), pic des Pyrénées, dép. des Basses-Pyrénées (2.504 m. d'alt-). Les Basques en avaient fait une sorte de mont sacré, habité par la fée Maithagarri, et dont, naguère encore, ils interdisaient l'accès aux voyageurs. Borda, qui voulut on tenter l'ascension, courui'de véritables dangers de la part des habitants do Lescun.
ANIÉCER (le c du radical prend une cédille devant A ou 0 : // aniéça. Nous aniéçons) v. a. Adopter pour nièce : Chaque chanoinesse avait le droit d' x^iechr une je U7ïe novice.
AniELLO (Thomas). Biogr. V. Masaniello.
ÂNIER [ê], 1ÈRE n. Celui celle qui Conduit ua ou plusieurs ânes : Un ânier. Une ânièue.
Pour Dieu qui nous voit tuua est auiaut qu'un ânier.
A. DE Musset.
ÂNIER (t"), 1ÈRE adi. Qui tient do l'âne, qui ressemble à làne par la bêtise, l'entêtement, etc. (Vieux.)
ANIG0SANTHE3 OU ANIGOSANTHUS {tuss — du gr. anoit^ô, je développe, et anthos, fieur) n. m. Genre d'hémodoracées, renfermant un petit nombre d'herbes vivaces, originaires de la partie méridionale de l'Australie, et doni plusieurs sont cultivées dans nos serres, pour la beautiet surtout la singularité de leurs Ûeurs, comme, par exemple, Va7iigosanthus coccineus.
AnigroS. Géogr. anc. Petit fleuve du Péloponôse, en Triphylie, au S. de l'Alphée.
ANIL ou ANIR n. m. Nom donné, aux Antilles, à Vindigofera ttnctoria.
ANILE n.f. Soditdesa»i7/rfes correspondant auxamidos.
AnilÉB et ASINÉE, sectaires juifs du l" Siècle do l'ère moderne. Ces deux frères, tisserands à Néerda. près de Babylone, excitèrent à la révolte quelques-uns de leurs concitoyens, captifs comme eux, s'emparèrent d'un fort sur l'Euphrate, luttèrent heureusement contre les Parthes, qui traitèrent avec eux. Ils périrent un peu plus tard assassinés.
ANILÉINE n. f. Violet obtenu en oxydant l'aniline en solution dans l'acide sulfuriquo étendu par le bichromate do potassium. Syn. mauvéine, rosal.vne, insiuine.
ANILIDEii.f. Nom donné auxamides qu'on produit avec ranilihf. Ia^s aiiihdos sont quelquefois désignées sous !o nom dL- phrui/laiiiides. On obtient les anilidès par l'action do la chaleur sur certains sels d'aniline, ou par celle des acides anhydres sur l'aniline. V. aniline.
ANILIDÉ frad. aniline) adj. m. Joint au mot acide, se dit des amilides qui correspondent aux acides amidés.
ANILINE (de anil, mot portug., qui veut dire indigo) n. f. Composé organique de la série aromatique ayant pour formule CH'Az, ce qu'on peut écrire : AzH'(C'H») ; d'où le nom de phénytamine. ou encore C'H (AzH»), d'od le nom de amidobenzot, sous lequel on désigne scientifiquement co corps, quoique la dénomination aniline soit presque seule employée.
Découverte pour la première fois en 1S2G par T-nv-^rdo-
bon, dans les produits do distillation do l'ind'go, ot décrite sous lo nom do cristalline, l'aoïlioe le fut ù nouveau trois fois dans l'espace do quinze ans : par Rungo(cyanol i»3i,i ; par Zinin (ben/idam, 1841) ot enfin par Fritsche (1841) qui, l'ayant extraite do l'indigo, lui donna son nom actuel. A.-W. Hofmann montra que la cristalline, lo cyanol, le benzidam ot l'aniline do Fritsche, ne sont qu'une seule ot même substance, à laquelle il conserva ce dornior nom.
L'aniiino est un liquide d'une odeur particulière, incolore ou légèrement brun. SolidiJioo par un refroidissement énergique, l'aniline fond à —S"; elle bouta Isa*" sans se décomposer. Kilo est très peu soluble dans l'eau ; sa densité est 1,036 à 0". Base faible ne réagissant pas sur le tournesol, elle agit néanmoins sur les acides pour donner des sols bien cristallisés. Exemples :
C^H'AzH'HCI (C*H'AzII»)'SO'M' (CUI'AzH'jfCH'-CO'H). chlorhydrate. sulfate neutre- aoélaie.
On reconnaît l'aniline à la coloration violette qu'elle prend au contact du chlorure de chaux, ou à la coloration rouge, puis blcuo que lui communiquent l'acide sulfurique et quelques gouttes de bichromate de potassium dissous.
— Produits de substitution :
Les sept atomes d'hydrogène de l'aniline sont séparément ou simullanémoiit remplaçables par des groupes monovalents; il en résulte un nombre considérable de dérivés de substitution très importants ; c'est ù. eux, en ett'et, que l'aniline doit sa valeur commerciale. Sauf un petit nombre d'exceptions, elle n'intervient pas elle-même dans sos applications tinctoriales, mais bien sous forme de dérivés substitués.
On peut envisager l'aniline comme une ammoniaque substituée ou phénylamine, ou bien comme une benzine substituée ou amidobenzol. Si l'on a recours à la représentation de Kékulé, on voit également qu'il y a deux sortes d'atomes d'H : 1° ceux qui appartiennent à la chaine latérale ; ce sont les deux qui restent de l'ammoniac (AxH*) primitif: type phénylamine; 2" ceux qui appartiennent au noyau hexagonal benzénique : type amidobenzol. D'où deux sortes de dérivés très différents, pour un même radical substitué.
Aux H de sa chaîne latérale l'aniline doit ses propriétés d'aminé et son analogie avec l'ammoniaque ; nous avons signalé ses propriétés basiques; de plus, les deux atomes d'H peuvent être remplacés par un reste monovalent d'alcool ou d'acide.
Exemples :
a) dérivés alcooliques tels que
C^H'AzH (CH») C"H»Az (CH'j'
monométhylaniline diraéthylaDiline
qui correspondent à l'alcool méthylique CH'(OH). Ces aminés secondaires ou tertiaires phénylées ont reçu un nombre considérable d'applications dans la fabrication des couleurs artificielles.
C'H'AzH(COCH').
anilide acétique ou acétanilide.
Co corps est le type d'un grand nombre d'autres, ou l'acide acétique est rempla'cé par un autre acide ; il a été employé sous le nom de antifébrine, pour combattre la fièvre. Quoique très efficace, ce remède présente de graves inconvénients ; car, en raison de sa toxicité, il est difficile à manier; il est aujourd'hui presque complètement délaissé. V.antipvbine.
De ce qui précède il résulte que chaque radical monovalent peut donner avec la, phénylamine deux dérivés substitués et deux seulement:
C'H'AzH-R et C'H^AziR)'.
Les dérivés de l'am/rfoôe/i^o^ sont, au contraire, incomparablement plus nombreux, on raison des cas d'isomérie ; examinons quelques-uns d entre eux, choisis parmi les plus importants au point de vue industriel, en particulier ceux où les substitués sont l'un des radicaux CH'; AzO'; AzW ; SO^H.
Dans le premier cas, on a les toluidines (v. ce mot): il y eu a trois différentes, qui accompagnent toujours l'aniline commerciale et qui ont la même formule brute C'H'Az que la monométhylaniline ; au point de vue de la couleur tîes produits obtenus, l'influence de la position respective des groupes substitués dans le noyau est considérable; les formules suivantes, dites n de constitution », sont un moyen commode de manifester ces différences et d'aider la mémoire à lixor les cas d'isomérlo :
ru* A,U(Pw<\r'H'/ (AzH»).p,„,/{AzH*),p,u»^(AzH'), C H'-AzH(CH )C H ., ^çj^,j^ C H ^ (CH'j, *^ " v\cH')/
monométhyl-
paratoluidii
Los toluidines peuvent fixer un deuxième groupe CH*. en donnant les xylidines (v. ce mot) de même formule que la diméthylaniline; il y a six xylidines connues accompagnant l'aniline commerciale, et utilisées comme elle.
Citons aussi les nitranilines C'H* (AzO*) (AzH'), obtenues par l'action de l'acide azotique (nitration); elles sont au nombre de trois, très miportantes par elles-mêmes, et parce qu'elles forment le passage entre l'aniline et les phénylènediamines, qui ont pour formule C'H'(AzH*j'; les dérivés para et meta sont très importants.
Les anilines sulfonées sont aussi d'un emploi continuel; ce sont celles où un ou plusieurs H du noyau sont remplacés par le groupe suite ; SO'H ; on les obtient par l'action de l'acide sulfurique (sulfonation); ces corps, qui sont de véritables acides, sont très maniables à cause de leur solubilité à l'état de sels alcalins; on les désigne sous lo nom de acides sulfaniliques (il y en a trois), rappelant que ces corps sont aussi des anilines.
— Industrie de l'aniline. Couleurs d'aniline. Va7iiline est la matière première principale d'une industrie des plus florissantes : celle des matières colorantes artificielles. Cette industrie, qui ne date que de 1856, a pris un développement colossal; elle est remarquable par la multiplicité et l'éc'it incomparable des produits qu'elle engendre, autant que par la rigueur scientifique des procédés qu' elle met en œuvre, et auxquels elle doit ses merveilleux progrès. Elle a mis à la disposition du teinturier une gamme extrêmement riche, où toutes les teintes sont amplement représentées, avec des différences imperceptibles, permettant de passer insensiblement d'une couleur aux voisines, et de satisfaire les désirs des clients et les caprices de la
modo. Quelques chiffres ot quelques dates mettront en lumière les progrès réalisé», La première couleur d'aniline, duo à un chimi.ste anglais, Perkiti, date do l»56; douze ans après, on 18(I«, la production annuelle en Europe représentait une valeur do 60 millions do francs. En 1878, elle atteignait 00 millions; ot actuellement, elle s'élève à 125 millions, dont « à 10 seulement pour la France; encore faut-il tenir compte do l'abaissement des prix de vente ■ au taux de 1878, la production actuelle se chiffrerait par 270 millions, au lieu de liO; j»rcu%'o de l'énorme activité déployée dans cette industrie, et de l'âpre concurrence que se font entre eux les fabricants, puisque en 20 ans. les produits fabriqués ont perdu 55 •/., de leur valeur iniiiale. La valeur marchande de l'aniline s'est abaissée égalomont dans des proportions surprenantes : en 1854, l'aniline était une curiosité de laboratoire, hors de prix; en 1860, elle valait 30 fr. le kilogr; eu 1878, son prix était tombé à :t fr. ; depuis quelques années, il se maintient entre 1 fr. 10 et 1 fr. 50; on s'étonne moins alors que telle couleur d'aniline, qui valait en 1860jusque 1.200 fr. le kilogr., en vaille aujourd'hui seulement 7.
Lo procédé do fabrication de l'aniline, qui a permis de tels progrès date de 1852; il est dû à A. Béchamp. Il no donna pas. dès le début, tous les avantages qu il com« portait. Pendant quelque temps on retira l'aniline du goudron de houille; c est là que Runge l'avait découverte, et Hofmann avait donné un procédé pratique pour l'extraction ; mais lo goudron ne contient que peu d aniline, et le procédé ne jjouvait être que transitoire. Néanmoins, uuand, vers 18G0, le besoin d aniline se fit sentir après la découverte de Perkin et les innombrables qui l'ont suivie, co corps était déjà un produit industriel; cette heureuse coïncidence permit à l'industrie naissante de prendre rapidement un vigoureux essor.
Actue!lement,on prépare l'aniline par la réduction de la nitrobenzine(procédéBéchampj;lanitrobenzine.C'H'(AzO'}, s'obtient par l'action d'un mélange d'acide nitrique et dacide sulfurique (qui s"empare de l'eau formée) sur la benzine :
C'H- -I- AzO' II = H*0 -f C*H • (AzC).
Quant a la benzine, elle se retire en abondance et à bon compte du goudron de houille : la locution courante de couleurs dérivées du goudron est donc parfaitement justifiée pour les couleurs d'aniline. La nitrobenzino, purifiée par lavages à l'eau, est soumise à l'action du fer (fonto pulvérisée) et d'un acide; on a longtemps employé l'acide acétique ; on se sert maintenant dacide chlorhydriquc, qu: est beaucoup moins cher :
C«H*(AzO') H- 6H = 2H'0 + C'H»{AzH').
L'H est emprunté directement à l'eau dont on étend l'HCl. L'appareil dont on se sert se compose d'une grande cuve cylmdrique en fonte munie d'un agitateur. Le couvercle supérieur porte une ouverture pour la charge: à la partie inférieure, se trouve une autre ouverture pour l'extraction
^ 4^jr.MrT,'^r/^i
A, cylindre dt fonto B ouverture pour 1 introduction d«s matières C tube a m naiil la \aptur E tube 6 dégagemeDl ; O. ouverture pour la %idau..e
des produits formés et des résidus. On introduit dans cet appareil 150kilogr.de nitrobenzine, puis l'HCl étendu, puis le fer par petites portions, afin d'éviter une réaction trop vive qui détruirait l'aniline en donnant C'H' et AzH* : parfois, même, la nitrobenzine n'est introduite que peu à peu sur le mélange de fer et d'acide.
On sépare, par distillations ou filtrations, l'aniline de l'hydrate ferrique formé et du fer restant. L'aniline commerciale contient quelques imp uretés : eau, benzine, ammoniaque, nitrobenzine formant en tout 1,5 à 2 0/0: le reste est constitué par des aminés aromatiques : toluidines, xylidines, provenant du toluène et des xylènes qui accompagnent la benzine et participent aux 'mêmes réactions qu'elle. En général, on transforme l'aniline en produits substitués qu'on sépare s'il y a lieu ; cependant, l'industrie livre pour certaines applications de l'aniline chimiquement pure.
Indiquons en terminant q^uelques exemples de matières colorantes dérivées de l'aniline: les produits n;ot9i/eî(v. ce mot); la fuchsine (v. ce mot), une des plus anciennes et des plus belles couleurs d'aniline, qu'on outient en oxydant un mélange convenable d'aniline et de toluidines ortho et para.
— Physiologie. Médecine légale. L'anitine est une sul)stance très toxique, pouvant amener la mort; le froid aux extrémités, la coloration violette des gencives, des lèvres et des ongles sont les signes caractéristiques de l'empoisonnement de l'homme par l'aniline, qu'elle ait pénétre dans l'organisme par les voies respiratoires ou par la peau. Pendant longtemps, on a cru que l'aniline emportait avec elle cetto fatale propriété dans les colorants et surtout dans la fuchsine. Il n'en est rien ; s'il est arrivé
rïlques cas d'intoxication, ils étaient dus à la présence l'acide arsénieux, dont les propriétés toxiques sont bien connues et qui provenait de l'acide arsénique employé pour effectuer certaines oxydations. Mais, depuis 1866, ôc a pu éviter l'arsenic ; le procédé indiqué par Coupierà cotte énoque a souvent remplacé l'ancienne méthode j
ANILIQUE — ANIMAL
dans les cas assez rares où elle est encore employée, elle est étroitement surveillée au point (le vue do l'hygiene et de réconomio ; on peut donc oire assuré de 1 innocuité parfaite des couleurs d'aniline. .
Des expériences très sérieuses de Cazeneuve et Lepine ont montré que les matières colorantes à léiat de pureté sont absolument sans danger; ((uelques-unes, légèrement toxiques, doivent cette propriété à des matières étrangères : sels de cuivre ou de mercure ; mais, en tout cas, leur maniement ne menace nullement la santé des ouvriers qui en sont chargés, comme le prouve la longue expérience faite dans les nombreuses usines de matières colorantes.
ANILIQUE (du portug. anil, indigo) adj. Nom donné à l'acide indigotique. Se dit de la dioxyquinoue, que l'on appelle souvent improprement ac/de onifijue. On appelle aussi acides aniliques les dérivés substitués des dioxjquinones.
ANILISME {liss) n. m. Empoisonnement par l'aniline et les couleurs qui en dérivent. .
— Encycl. On observe surtout landisme dans les fabriques d'aniline où les chaudières sont mal fermées, l'air peu renouvelé. Dans les cas les plus légers, on observe une cyanose caractéristique des lèvres, accompagnée parfois de faiblesse, de lassitude, de lourdeur de tète, avec tendance au vertige et parole un peu embarrassée. Dans les cas graves, les étourdissomeuts, les maux de tête sont violents ; la couleur bleue des lèvres gagne le nez et les oreilles, contrastant avec le visage, qui reste blafard ; 1 anesthésie cutanée est absolue, les pupilles sont retrécics; le malade tombe, a des convulsions et des pertes de connaissance de dix minutes à une demi-heure. La respiration est très gênée, les mictions très fréquentes et douloureuses. Jamais on n'a vu d'accidents mortels foudroyants. Il faut supprimer la cause d'intoxication.
ANILLEf/; mil.— bas lat. anilla; de anicida, petite vieille, et par cxù, béquille) n. f. Archéol. Anneau des anciens mors du moyen ii^i-, fixé au pas d'une : Un fmn a anili.k.
— Blas. fV^i.i. '^, i.ii.li- 'or
mée de di-u , i i i mr 'i
CadoSSésrI i i':irilll
ou deux tra^ n-. ! ' :< jiara avoir pour ongino l'ancre o agrafe en for qui sert à souten les murs, ii Lemotanï//e signiJiait très anciennement le et ' fer qui soutenait les des roues, et aussi une béquille.
— Bot. Se dit des petits filets des plantes sarmenteuses qui ceignent de plusieurs tours les branches qu'elles embrassent.
— Hydraul. Anneau de fer qui sert à retenir les poteaux de garde posés sur les faces de l'avant-bec des piles.
Tecbn. Pièce en fer scellée dans l'œillard de la meule courante d'un moulin à farine, et qui sert à suspendre l'arbre vertical ou fer de meule.
ANILLÉ, ÉE (// mil.) adj. Bot. Qui est pourvu d'aniUes, qui est disposé en anille : Tige anillée.
— Blas. Se dit des croix et des sautoirs façonnés en anilles à leurs e.xtrémités. Certains héraldistes prétendent que les pièces, pour être aniUées, doivent avoir leur mdieu percé en carré ; c'est une erreur.
ANILLEROS (U-Toss — mot espagn.) n. m. pi. Nom donné en Espagne, pendant la révolution de 1820-23, aux modérés. — Un ANILLEKO.
ANILOCRE n. m. Genre de crustacés isopodes, famille des cymothoidés, sous-famiUe des cymothoinés, renfermant do petites formes marines à abdomen élargi en arrière : anilocra méditerranea (Méditerranée), etc.
ANILOCYANIQUE (do nnilme, et ci/anigiie) adj. Se dit d'un acide que l'on obtient en soumettant à la distillation la milanoxymide. Syn. PHÉNiLCARKiMiDii.
'V. ce mot.
ANILURÉE (de anite, et urée) n. f.
Substance produite par l'action du chlorure de cyanogène gazeux et de l'eau sur l'aniline.
ANIMADVERSION (lat. animadversio ; de animus, esprit, et adverlere, tourner) n. f. Réprimande, objurgation ; Celte démarche lui attira l'\!ii}tM>VERStoti de ses supérieurs.
— Plus ordinairem.. Censure sévère, haine persévérante : Encourir /'animadversion de quelqunn.
— En T. de philol. S'est dit autrefois des notes faites sur le texte d'un autour : Oes animauveesions sur Homère.
— Anton. Bienveillance, sympathie.
ANIMAL (lat. animât; de anima, souffle, principe do vie) n. m. Tout être vivant, doué de la faculté de sentir et de se mouvoir, c'est-à-dire la brute aussi bien que l'homme : L'homme est le seul animal qui soit obligé de se vêtir L'homme est, je vous l'avoue, un méchant animal.
Auille. ^i^
grossi).
Le plus sot animal, à i
:'est l'homn
Boil;
— Dans un sens plus restreint et pourtant plus généralement employé. Etre animé, mais privé do raison : /^'animal est l'ouvrage le plus complet de la nature, et l'homme en est le chef-d'œuvre. (Buffon.)
Je me sers d'animaujr pour instruire les hnmmes.
La Fontaine.
— Animal domestique, animal sauvage, Expressions corrélatives qui s'appliquent, la première aux animaux soumis à la domination de l'homme, la seconde à ceux qui échappent à cette domination.
— Fam. Personne grossière, brutale : Quel animal ! Il Expression triviale d'amitié ou de contentement. C'est ainsi que Molière dit en parlant des femmes : (*ii 'on est aisément amadoué par ces diantres d'ANlMAUX-/(i .'
— Entre dans quelques périphrases qui appartiennent au style badin ou même au style burlesque, et se dit des animaux et des hommes : h'ànimal porte-jupe, la femme ; Va7iimal à tête frivole, le peuple ; l'animal à longue échine, la belette, etc.
— Hist. nat. S'associe à certains mots avec lesquels il forme des e-xpressions qui se trouvent souvent non seulement dans le langage scientilifiue, mais encore dans le langage ordinaire : Animaux supérieurs, animaux infé-
rieurs, Expressions corrélatives qui s'appliquent généralement : la première, aux vertébrés, la seconde aux invertébrés. Il Animaux à sang rouge, animaux à sang blanc. Expressions corrélatives employées autrefois pour desi-
fner : la première, les vertébrés, la seconde, les invertérés. Il Animaux à sang chaud, animaux à sang froid. Expressions corrélatives employées pour désigner ; la première, les animaux qui jouissent d'une température constante (mammifères et oiseaux), la seconde, les animaux dont la température dépend de celle du milieu dans lequel ils vivent fpuissoiis, reptiles, invertébrés). Il Animaux terreslri--. ." ' " <i'/ii-i tiques. Il Animaux parasites. (V . PARAsiTEs ' '"ruants. Animaux qui passent l'hiver
engoinii , , ! i;, un sommeil plus ou moins profond. (■V. Hiui HNA IN I li Animaux fossiles, perdus ou antédiluviens. V. FOSSILES.
— Encycl. Zool. — I. Analogie et différences entre LES ANIMAUX ET LES vÉc.ÊTAUX. Qu'ést-co qu'un animal '? — Au premier abord, il semble très facile do répondre à cette question. Mais, si nous nous adressons à des êtres simples en organisation, comme certains champignons, certaines algues d'une part et des protozoaires d'autre part, on pourra se trouver plus embarrassé. « Pendant bien des siècles, aux yeux du savant, le règne animal et le règne végétal ont été séparés par des limites absolues. Aujourd'hui, il n'eu est plus ainsi. A l'extrémité des deux séries existent des familles entières que les botanistes et les zoologistes se disputent sans que leurs ciforts combinés aient pu déterminer encore leur nature ambiguë. I. (De Qualrcfatcv)
Les deux r.-iH-, nul ui iji rirnniiini^, et la ma-
tière VlV mal se r il chercl plante e:
animaux, le manteau substance comparable à la
, ! . , , I, . -.1 une douleur, , r.ii [! |M.-~..i.' UN N\ -i*ni'' ucrveux; — la au sul, aux rochers, iiicmo (juciquefois aux s, et, si vous la touchez, si vous la coupez, elle ne manifestera aucune sensation, car il ne faut pas considérer les mouvements des feuilles de la sensitive, des étamines de l'épine-vinette, ou bien encore d'une tige qui se penche du côté du jour, comme volontaires : ils sont déterminés par des causes purement extérieures ; — la plante n'a pas de système nerveux. Les organes de nutrition, de respiration, de reproduction d'un arbre sont extérieurs, ceux d'un mammilère, d'un oiseau, par exemple, sont réunis dans l'intérieur du corps. — Les organes, les tissus de la plante sont moins nombreux, moins variés que ceux de l'animal.
— Si dans les deux rognes nous trouvons le même élément fondamental, la cellule, nous voyons que chez les végétaux elle est le plus souvent limitée par une loppe de cellulose. Seul, chez L ' des tuniciers contient ^"■' cellulose.
— La composition chimique diffère généralement beaucoup dans les deux règnes; les végétaux étant formés surtout de corps ternaires, les animaux de corps azotés ou quaternaires. Cependant on trouve chez les animaux des substances ternaires (graisses, hydrates do carbone), et des corps azotés chez les végétaux.
— Les fonctions de nutrition semblent différer davantage entre animaux et végétaux. Ces derniers absorbent de l'eau ; ils effectuent leur nutrition au moyen de matières minérales qu'ils puisent dans le sol, et avec ces matériaux, ils faurifiuent leurs réserves (glucose, amidon, etc.), sous l'influence des rayons solaires et de la chlorophylle. — Les animaux ont besoin non seulement d'eau et de sels, mais en outre de substances organiques (graisses, substances albumino'ides). — La respiration, cliez les plantes et les animaux, est la même ; cependant, chez les végétaux, la véritable respiration est masquée pendant le jour par la fonction chlorophyllienne, car la chlorophylle, cette matière verte, sous f'influence de la lumière du soleil, décompose l'acide carbonique et l'eau, fixe du carbone dans les tissus de la plante et abandonne l'oxygène qui sert à la respiration des animaux. Nous résumerons les caractères de l'animalité en disant :
h'ànimal est libre ; il peut se mouvoir volontairement, et il est doué do sensibilité ; ses organes essentiels sont développés à l'intérieur du corps ; il respire de l'oxygène, se nourrit de matières minérales et de substances organiques ; sous l'influence des phénomènes d'o.xydation, il transforme en forces vives ses forces latentes ; il excrète de l'acide-carbonique et des produits de décomposition azotés.
La science qui s'occupe des animaux est la zoologie.
— II. Classification des animaux. 'V. zoologie.
— III. Tendances de la nature dans la constitution
DU RÉGNE ANIMAL. V. ANALOGUES, ARRÊTS DE DÉVELOPPE- MENT, BALANCEMENT ORGANIQUE, CONNEXIONS, DIVISION DU TRAVAIL PHYSIOLOGIQUE, ORGANES RUDIMENTAIRES, SÉRIE ANIMALE, UNITÉ DE COMPOSITION, ZOOLOGIE.
— IV. Distribution géographique des animaux. 'V. zoologie.
— V. Succession chronologique des animaux. V. fossile, paléontologie, et zoologie.
— VI. Origine des animaux. V. espèces, génération spontanée, origine des espèces et zoologie.
— VII. Instinct et intelligence des animaux. V. homme, INSTINCT et zoologie.
— VIII. Domestication des animaux. V. domestication.
— Hist. Culte des animaux. Le symbolisme était l'essence même de l'esprit de la nation égyptienne et de son culte. Pour exprimer graphiquement les puissances des dieux et les attributs dont ils les avaient dotés, les prêtres égyptiens ne se servaient pas seulement de ligures d'animaux, sculptées ou peintes, soit au naturel, soit plus souvent combinées avec la forme humaine, mais encore des animaux eux-mêmes, vivants et agissants, dans lesquels il croyaient trouver une expression plus parfaite de leurs dogmes. L'animal, pour eux, était une sorte d'hiéroglyphe vivant d'un dieu. Mais le peuple, pou accessible aux idées abstraites et ayant conservé au foud de l'âme un vif souvenir du fétichisme primitif, commun à toutes les races humaines, vit dans ces symboles vivants, non l'expression des attributs des dieux, mais l'incarnation terrestre des dieux eux-mêmes, et il apporta à l'animal sacré les hommages de son adoration. Les prêtres couvrirent de leur autorité ces superstitions populaires. De là, le culte des animaux sacrés, qui paraissait si étrange et si ridicule aux Grecs et aux Romains.
Certains animaux étaient adorés dans l'Egypte entière, d'autres dans des provinces ou nomes particuliers; quelquefois le môme animal, qui j(
t des honneurs divins
dans un lieu, était exécré dans un autre. Quoi qu'il en soit, lo bœuf Apis avait son temple à Memphis, le taureau Mnèris à Héliopolis, le bouc à Mendès, le crocodile à Mœris, le lion à Léoutopolis, etc. ; tous recevaient de la main des prêtres une nourriture appropriée, et, à leur mort, ils étaient honorablement embaumés et inhumés. La vénération particulière à laDimal-dieu s'étendait parfois à tout.> son espèce, et ou a retrouvé des hypogées renfermant des milliers de momies de chats ou d"'ibis. Au milieu do ces pratiques superstitieuses, les prêtres lettrés de Sais et d'Héliûpolis proclamèrent que, dans toutes ces manil'estations, il était loisible de trouver un dieu unique " qui no se taille pas dans la pierre, qu'on ne voit pas, qui n'a ni serviteurs ni scribes, qu'on ne peut tirer du mystère où il so renferme, dont on ne sait où il est, qui n'est décrit dans aucun livre ».
— Dr. Au point de vue du droit, on distingue des animaux dits «sauvages» les animaux domestiques, les animaux oui ne sont pasabsolumentsauvages et qui ne sont pas complètement domestiqués. Les premiers, comme le gibier, deviennent la propriété de l'homme par droit d'occupation, et la tin de l'occupation metlinàcedroit. Les seconds sont l'objet d'un droit de propriété, au sens général et ordinaire du mot. Les troisièmes appartiennent, par droit d'accession, au
firopriétaire du fonds sur lequel ils so fixent. « Les pigeons, apins, poissons, qui passent dans un autre colombier, garenne ou étang, appartiennent au propriétaire de ces objets, pourvu qu'ils n'y aient point été attirés par fraude et artilice (C. civ., art. 564); ils sont rattachés à ce fonds tant <|u"ils y demeurent à titre d'immeubles par destination.
y. IMMEUBLE.
De leur nature, les animaux sont meubles^ mais le Code civil range certains d'entre eux parmi les immeubles par destination, et l'intérêt pratique de cette distinction apparaît en matière de saisie. Cv. les art. 592 et 593 du Code de proc. civ.)
L'art. 1385 du Code civil pose nettement le principe do la responsabilité civile contre tout propriétaire ou détenteur d'animaux, à raison de dommage causé par ceux-^ci aux personnes et aux propriétés. L'appHcaiion de ce principe, en ce qui concerne les animaux employés aux exploitations rurales, fait l'objet de la loi du 4 avril 1884.— Les art. 475 et 478 du Code pénal punissent le fait d'abandonner les animaux; les art. 452-455 et la loi Grammont (18r>" punissent le fait de les maltraiter. V. chèvres, croit,