‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 299 sur 828 · VOLAILLE, VENTE, LOI GRAMMONT · texte numérisé non relu

VOLAILLE, VENTE, LOI GRAMMONT

•— Procrs faits à des animaux. Il semble qu'au moyen âge, et même plus tard, on n'ait pas fait de la culpabilité morale une condition indispensable de la responsabiliio pénale : entraîné par cette pensée, vraie en elle-même, quo toute violence mérite un châtiment; convaincu, en outre, que souvent le diable s'introduisait dans lo corps de certaines bêtes pour les exciter au mal, on est allé jusqu'à excommunier ou jusqu'à prononcer et à faire exécuter d-^ sentences de mort contre des animaux, et le plus souvom contre des porcs, convaincus d'avoir donné la mort à d. ■enfants. Berriat Saint-Prix a relevé plus de soixante cun damnations de ce genre, du xii" au xvii* siècle. {Thém > .-< , t. LXXXIV, p. 8.) En l283,Beaumanoir, bailli de Clci mont, protesta énergiquement contre cet usage, d;Mi son ouvrage sur la coutume de Beauvoisis, mais le Ihmi sens et l'appréciation plus éclairée du droit de punir n'eurent raison qu'avec le temps d'une jurisprudence aussi bizarre.

— Sociétés protectrices des animaux. Ces société-^ ont pour but de répandre les idées d'humanité envers les animaux. L'Angleterre eut l'honneur de l'initiativo dans une voie où la plupart des nations européennes l'oni suivie. En France, après plusieurs essais, une société do ce genre fut fondée eu 1845 et reconnue ^'utilité publique en 1860.

Placée sous le patronage du ministre de l'agriculture. la société protectrice décerne, chaque année, des médailles et autres récompenses : l" aux auteurs de publications utiles à la propagation de ses principes ; 2* aux inventeurs d'appareils propres à diminuer la souifrance des animaux dans leur travail ; 3° aux serviteurs et servantes de ferme, bergers, cochers, charretiers, palefreniers ayant fait preuve à un haut degré de bienveillance, de bons traîtrments et de soins assidus envers les animaux. Les membres de la société sont munis d'une carte qui leur donii' le droit de requérir des agents de la police municipale l,i constatation des contraventions à la loi du 2 juillet is^M'. dite loi Grammont, relative aux mauvais traitemenl^ exercés envers les animaux domestiques. V. vivisection.

— Hist. rel. Sacrifices d'animaux. V. sacrifice.

— Philos, mer. Devoirs de l'homme envers les animaux. L'idée que l'homme se fait de ses devoirs envers les animaux dépend des facultés qu'il leur reconnaît, de la distance qu'il met entre eux et lui, des rapports qu'il croît voir entre leur origine et la sienne, entre leur destinée et la sienne. V. homme, instinct, etc.

Les littératures primitives sont pleines de la sympathie des hommes anciens pour les animaux. L'Inde panthéiste fonda cette sympathie sur le dogme de la métempsycose, et ût de l'inviolabilité de la vie des animaux une loi religieuse. Quelque chose de cet esprit passa en Grèce avec Pythagore, dont la doctrine interdisait la nourriture animale et les sacritices sanglants .

Nous trouvons des sentiments semblables dans le judaïsme. Le Pentateuque, en imposant à l'homme le repos du septième jour, entend que son bœuf et son âne se reposent. Les mauvais traitements envers les animaux étaient, d'après Josèphe, punis do peines correctionnelles.

Dans la doctrine des Pères de l'Eglise, Dieu, après le déluge, ne lit pas alliance seulement avec l'homme, mais avec les animaux; cette alliance est leur titre à notre respect et à nos égards. Mais, dans notre Occident, îa dureté barbare unie à la dureté romaine ne devait pas tarder à étouffer, au sein du christianisme, cette sympathie pour la création animale. Le moven âge fut l'âge de fer pour les animaiLx. comme pour les hommes. Au xvi* siècle, Montaigne, en même temps quil accorde aux bêtes des facultés semblables aux nôtres, proclame qu'un certain respect, un devoir général d'humanité nous attache atout ce qui a vie ; mais cette voix reste sans écho. Au xvii' siècle, la question des devoirs de l'homme envers les animaux est, en quelque sorte, supprimée en Europe par la philosophie. Quant à l'Orient, il est resté la terre classique de la charité pour l'animal.

La négation do l'automatisme des bêtes a fait poser de nouveau cette question devant la conscience européenne.

La commune faculté de sentir ot de souffrir, voilà ce qui établit entre l'homme et l'auimal dos rapports d'uiio naturo spéciale. L'idée du devoir a jjIus d'extension que lidéo <lu aroit; lu. mt^me où l'on ne dit plus : C'est injuste, on puut encore dire : C'est mal; « progrès moral ■ no si^MuIir pas seulement « accroissement de justice entre les honnncs >■, mais « accroissement de bonté ot do pitié, dimnmtiun do la souffrance sur lo fçlobe » .

— LiTTi^:ii. Les Aiiimtitu' mahulcs do la />rstt; fahU- do La Fontaino, un do s.-s rUr\\-d\rnM-v. On ^ Hui 'U- liv,|m-nt.-s allusions pour nomiror <\nr lo l,.m ,|n.,l ,..■ Mon anomiro

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force. Qui^iquos vois oi ,i.i.I,iion li.-iniMirlu-s suiii .h-v.nus proverbes, ou ont passé dans la langue courante ; nous ne citerons quo les principaux :

...Voua leur fitcs, seigneur,

Eii loa croquant, beaucoup d'honneur.

Vers d'une application toujours ironique, pour faire comprendre nue lo petit doit se trouver très honoré des libertés, dos licences que le grand se permet à son égard.

La faim, l'oci'.nsioii, l'herbe tendre, et, je pense,

Quelque dial)lc aussi me poussuat...

Vers qui se rappellent pour expliquer une faute dont on cherche l'excuse dans dos circonstances alléchantes, irrésistibles.

Haro sur le baudet!...

Faisons rotombor sur le plus faible, même avec injustice, toute la rosponsabilité d'une faute généralo.

Co pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal. Vers qui résume avec énergie la réprobation généralo dont une personne ou une chose est injustement l'objet.

Selon que vous serez puissant ou misL-rable,

Les jugeiueiila de cour vous rendront blanc ou noir.

Ces deux vers résument la moralité de toute la fablo.

— AlLUS. LITTÉR. :

Cet animal est très méchant :

Quand on l'attaque, il se défend.

Vers d'une ancienne chanson burlesque, intitulée la Ménagerie. On les dit par ironie de quelqu'un qui riposte à une attaque ot qui a mille fois raison de lo faire.

— Syn. Animal, bête, brute. Animal est l'expression générique employée pour désigner tous les êtres animés,

Far opposition aux végétaux et aux minéraux, et comprend hommo par conséquent. La béte est l'animal considéré comme complètement dénué d'intelligence. Animal ne se dit que des êtres d'une certaine grandeur; béte se dit des grands comme des petits. B/'ute est un terme do mépris, qui no s'emploie quen mauvaise part.

I Animaux (Discours sur la nature des animaux), par S Butfoii. Co discours, publié en 1753, contient une étude i générale de l'organisation et des facultés des animaux. L'auteur s'y montre le précurseur de Bichat dans la distinction physiologique de la vie animale et de la vie organique; il s"etforce, en outre, d'établir d'une façon précise et rigoureuse la distinction psychologique de la vie animale ot de la vie humaine.

L'œuvre se termine par la comparaison de l'homme en société avec l'animal en troupe. Ici, BulTon, faisant allusion à Réaumur, à Lyonnet. àLesser, s'élève contre l'admiration qu'il voit accorder par les naturalistes à l'intelligence et aux talents des insectes.

Animaux (Traité des), par Condillac. Cet ouvrage, publié en 17.">:>, se divise en deux parties. La première s'ouvre par uni- n-futation du système cartésien de l'automatisme dos hôtes. Dans la seconde, Condillac s"efforco de montrer quo, dans les animaux, les habitudes supposées naturelles sont dues à l'expérience, sont acquises ; en d'autres termes, quo l'instinct peut se ramener à l'intelligence.

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