‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 305 sur 828 · ANNE DE BOLEYN — ANNEAU · texte numérisé non relu

ANNE DE BOLEYN — ANNEAU

(Problèmes hisforiques, Paris, 1867); Freove, Rerjency of Anna of Âustrta (Londres, 1866).

Anne de Boleyn (ou de BouLEN), reine d'Angleterre, néo en 1507, morte en 1536. Demoiselle d'honneur de Catherine d'Aragon, épouse de Henri VIII, elle inspira une violente passion à ce prince cruel, qui divorça pour l'épouser. Mais, un an après, elle fut supplantée par une de ses demoiselles d'honneur, Jane Seymour, qui la fit accuser de trahison et d'adultère. Anne fut condamnée à mort, et décapitée dans la tour de Londres, le 18 mai 1536. Elle avait eu de Henri VIII une fille, qui devint la célèbre reine Elisabeth, l'ennemie de Marie Stuart. Pendant son court séjour sur le trône, elle protégea le protestantisme.

Anne de Bretagne, fille aînée et héritière du duc François II do Bretagne et de Marguerite de Foix, née â Nantes en 1477, morte à Blois en 1514. Elle succéda à son père dès 1488 et eut fort à faire pour défendre l'indépendance de son duché contre l'ambition des prétendants à sa main, et entre autres d'Alam, sire d'Albret. Selon le désir des états de Vannes, elle épousa Charles VIII. La cérémonie eut lieu au château de Langeais. Quatre enfants naquirent de cette union, mais tous moururent très jeunes. Anne gouverna l'Etat pendant l'expédition du roi en Italie, et, à la mort de ce dernier, elle s'unit à Louis XII. sur lequel elle exerça la plus grande influence. Elle eut de lui deux filles : Claude de France, qui fut mariée au duc d'Angoulème (depuis François I''), lequel réunit définitivement la Bretagne à la couronne, et Renée de France, qui épousa Hercule d'Esté, duc de Ferrare. Le nom de " Anne n est demeuré populaire en Bretagne, oii l'on entend encore de nos jours les chansons en l'honneur de la bonne duehesse Anne, «duchesse en sabots de bois ».

— BiBLioGR. : Le Roux de Lincy, Vie de la reine Amie de Bretagne (1806); Dupuy, Histoire de la réunion de la Bretagne à la France (1884).

Anne de GlÈVES. princesse allemande, fille du duc Jean III doClèves, morte en 1557. Henri VIII, roi d'Angleterre, prince schismatique. désirait des amitiés parmi les protestants d'Allemagne. Après la mort de Jane t^eymour, sa troisième femme, il demanda la main de la princesse Anne, qu'il connaissait par un portrait de Holbcin. Il l'épousa en 1539, bien qu'à sa vue il eût déclaré le portrait trop flatté; mais, quelques mois après, il divorça. Anne de Clèves fut déclarée sœur adoptive du roi, et reçut une pension do 3.000 livres.

Anne de France (ou de Beaujeu), fille aînée de

Louis XI et de Charlotte de Savoie, née en 1460, morte au château de Chantelle (Allier) en 1522. Mariée par son père au sire de Beaujeu, en 1474, elle fut régente du royaume pendant la minorité de son frère Charles VIII (1483-1491), gouverna avec fermeté, s'appuya sur les états, résista à la faction des grands et termina la guerre folle par la défaite, à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier (1488), du duc d'Orléans (depuis Louis XII), qu'elle garda deux ans prisonnier dans la tour de Bourges. Elle fit épouser Anne de Bretagne par son frère et vécut depuis lors dans la retraite. Elle donna en mariage sa fille, Suzanne de Beaujeu, au connétable de Bourbon.

— BiBLiOGR. : Pélicier, Essai sur le gouvernement de la dame de Beaujeu (Paris, 1883).

Anne de Hongrie, née en ISOS, morte à Prague en 1547. Cette fille de Ladislas VI épousa l'empereur Ferdinand d'Autriche en 1527, et lui apporta les couronnes de Hongrie et do Bohème. Pendant le siège de Vienne par Szapolyai, voyvode de Transylvanie, et par le sultan Soliman , Anne se défendit comme le guerrier le plus intrépide.

Anne de Lusignan, duchesse de Savoie, née vers 1415, morte en 1462. Fille de Janus ou Jean II, roi de Chypre et d'Arménie, elle épousa en 1431 Louis, duc de Savoie, qui lui abandonna toute l'administration de son duché. Il On l'appelle souvent Anne de Chypre.

Anne de Savoie, fille du duc Amédéo V, née en 1320, morte en 1359. Elle devint impératrice d'Orient par son mariage avec Andronic III le Jeune (1337). Après la mort de ce prince, elle eut la douleur de voir ses fils dépouillés par Jean Cantacuzène. Vers la fin de sa vie, elle so mêla à ces disputes théologiques qui tiennent une si grande place dans l'histoire de la société byzantine.

Anne JagELLON, reine de Pologne, née à Varsovie en 1522, morte en 1596, fille de Sigismond I". Henri de Valois, plus tard Henri III, roi de France, avait promis de l'épouser, mais il no tint pas parole, et, après le départ de ce prince pour la France, Anne fut élue reine de Pologne, à la condition de partager le trône avec Etienne Batorv, voyvode de Transylvanie.

Anne Stuart, reine d'Angleterre, fille de Jacques II et de Anne Hyde, fille de lord Clarendon, née en 1665, morte en 1714.

Mariée en 1683 au prince Georges de Dane'mark, fils puîné du roi Frédéric III, elle résida surtout en Angleterre , où la retenait l'affection de son père. Elle épousa cependant la cause de Guillaume d'Orange en 1688, ce qui atterra son père, et fut, après le traité de Ryswich, reconnue héritière présomptive du trô- Anne Stuart.

ne en 1702, après

la mort (18 mars) de Guillaume III, époux de sa sœur Marie. Les victoires du duc de Marlborough, dans la guerre de la succession d'Espagne, illustrèrent son règne. Elle tenta vainement de rouvrir aux Stuarts le chemin du trône, et ne put laisser sa succession à son frère Jacques III fie chevalier de Saint-Georges). Elle succomba à une attaque de goutte. Les deux plus grands actes politiques de son gouvernement sont la conquête de Gibraltar et la réunion définitive de l'Ecosse à l'Angleterre.

— BiBLioGR. : Eryon, ffistory of Grent Britain, during the reign of quccn Anne (Londres, 1875); Burton, ffistory of the reign of queen Anne (Edimbourg, 128oj.

ANNEAU (lat. aJinellus) n. m. Cercle, le plus souvent d'une matière dure, qui sert à retenir quelque chose :Les anneaux d'une chaîne, d'un rideau. Il y a des anneaux de cuir, de corde, etc.

— Sorte de petite baçue : Les chevaliers romains portaient au doigt, connue marque de leur dignité, un anneau d'or uni.

— Par anal. Boucle de cheveux roulés en spirale, li Ondulations que les reptiles forment en rampant.

— Fig. Enchaînement moral, force reliant entre elles plusieurs choses : Les vices fot^nent une chaîne dont le premier anneau est l'égoisme. (DeSég

— Anneau conjugal ou de mariage. Chez les anciens, dans la cérémonie des fiançailles, l'homme donnait à sa future un anneau, usage qui s'est perpétué jusqu'à nos jours. Nous donnons encore aujourd'hui le nom de alliance â cet anneau do mariage, qui ordinairement s'ouvre et ^^ "tlv" — '"^^ji se dédouble en deux '^ "^ ^ parties, sur lesquelles on grave le nom des époux et la date deleurunion.

— Anneau épiscopal QM pastoral. Anneau d'or orné d'une pierre précieuse non gravée, que les prélats catholiques portent au doigt, et qu'ils donnent à baiser aux fidèles. (C'est l'emblème de leur alliance avec l'Eglise.) n Anneau du pêcheur. Anneau qui porte l'image de saint Pierre, péchant dans une barque, et dont se sert la chancellerie romaine pour sceller les brefs du pape et les bulles apostoliques.

— Anneau de virginité, de chasteté, de fidélité, appelé aussi Anneau de Venise, parce que c'est dans cette ville qu'on en faisait principsuement usage, ou enfin Anneau d'infibulation {y. ce dernier mot), Nom donné à un anneau dont on faisait usage pour empêcher le rapprochement des sexes. De tout temps on s'est servi de cet appareil avec les animaux dans les pays d'élève, où les pouliches vont au pâturage avec les mâles. V. boucler, et bouclement.

— Proverbialem. :

Ne mets h ton doigt Anneau trop étroit,

c'est-à-dire Ne fais pas d'alliance trop inégale, ou, Ne t'impose point d'assujettissement trop dur.

— Anat. Ouverture à peu près circulaire, que présentent les muscles ou les aponévroses, pour le passage de quelque vaisseau : Anneau ombilical, inguinal, etc.

— Astron. Anneau de Saturne, Bande opaque formée d'une infinité de corpuscules indépendants circulant autour de Saturne suivant des orbites concentriques. (V.Saturne.) n Anneau solaire ou horaire. Espèce de cadran portatif. Il Anneau astronomique. Instrument employé autrefois par les marins pour mesurer la hauteur du soleil et de la lune.

— Blas. Cercle tantôt uni, tantôt garni de pierres précieuses, dont on meuble les écus.

— Bot. Rebord plus ou moins saillant qui garnit l'orifice de l'urne dans les mousses, les capsules de plusieurs fougères et le pédoncule d'un grand nombre d'agarics.

— Gymn. Les anneaux, Agrès de gymnastique composé de deux anneaux mé'talliques terminant deux cordes suspendues au portique.

— Hortic. Greffe en anneau. Application, sur un sujet en pleine sève, d'une portion d'écorce plus ou moins grande, de longueur différente, garnie d'un œil ou gemme.

— Mar. Cercle en bois ou fer placé à terre ou à bord et destiné à l'amarrage de chaînes ou de cordages. (V. boucle, organeau.' — Suivant son usage, s'appelle aussi bague,

et cosse, ii Anneau de brague, Ouverture ci . ^

quée entre le bouton et la culasse, et destinée à recevoir la brague ou corde de manœuvre, dans les pièces de bord.

Il Anneau de calage. Sorte de frette employée dans la construction des machines à vapeur et autres.

— Mus. Expression employée par les luthiers pour désigner des clefs spéciales destinées à faciliter le doigté de certains instruments à vent.

— 'P\iys\i{. Anneaux colorés, ^om donné à des colorations, généralement très vives, que présentent tous les corps diaphanes, solides, liquides ou gazeux, lorsqu'ils sont réduits en lames suffisamment mmcas. \\ Anneaux de Priestleg, de Nobili, Anneaux qui se produisent sur les surfaces métalliques à l'aide de fortes décharges électriques, et remarqués pour la première fois par Priestley et Nobili.

Il Anneau oculaire. C'est, dans une lunette astronomique, l'image réelle de l'objectif fournie par l'oculaire; elle marque la place que doit occuper l'œil pour embrasser la plus grande partie du champ. V. lunette.

— Anneau de garde. Anneau métallique plan qui encadre, aussi exactement que possible, sans toutefois le toucher, le disque mobile de l'électromètre absolu de Thomson, afin qu'il n'y ait pas accumulation d'électricité sur les bords de ce disque et qu'on puisse y considérer la distribution électrique comme rigoureusement uniforme.

— Anneau de Pacinofti ou de Gramme, Noyau annulaire de fer doux, autour auquel sont enroulées les bobines induites dans certaines machines d'induction.

— Technol. Anneau nasal, Sorte de pince nommée communément mouchettes, dont les doux branches sont recourbées en demi-cercle à leur extrémité libre, et forment en so rapprochant un cercle complet.

{On se sert de cet instrument pour maintenir les bœufs et les chevaux. A cet effet, on serre avec la pince, à laquelle est fixée une corde, la cloison du nez de l'animal.)

— Portion de métal fusible à un degré de température que l'on ne doit pas dépasser, et qui se place ordinairement sous la soupape de sûreté d'une machine à vapeur.

Il Cercle en fer dont on faisait autrefois usage pour lo

culaire prati-

mesurago des bois sciés, ii Partie de la clef que l'on tient dans la main pour ouvrir une serrure.

— Zool. Pièces qui forment, par leur réunion, la partie extérieure du corps de certains animaux tels que les vers, les arthropodes, etc. Au lieu de anneau, on dit actuellement ; zonite, segment, méride.

— Encycl. Hist. L'usage des anneaux portés aux doigts comme ornements remonte â la plus haute antiquité. La

Bible permet d'en constater l'existence chez les Hébreux; les Egyptiens nous en ont laissé un grand nombre. Il en est de même des Grecs et des Romains. Mais c'étaient de véritables sceaux qui servaient à sceller les contrats, les écrits et tous les objets qui devaient échappera la curiosité. Ils constituaient une marque de personnalité, d'autorité, de propriété. Le prêt de l'anneau était une délégation de pouvoir. Alexandre remet en mourant son anneau à Perdiccas, pour l'investir de son autorité.

Dans la Rome primitive, l'anneau servit à distinguer les classes de citoyens. La nobilitas,c'esX-k-à\ve les familles dont les membresavaient exercé des charges curules, reçut l'anneau d'or; les chevaliers {équités), l'anneau de fer. Mais, avec le temps, cette distinction disparut, et, sous Auguste, sénateurs et chevaliers j)ortaient l'anneau d'or. Dès lors, malgré les édits impériaux, l'abus se répandit de plus en plus : tous les soldats d'abord, les affranchis ensuite, furent autorisés à porter l'anneau d'or; son port, sous Justinien, était une des conséquences de l'affranchissement; à cette époque, il n'établissait plus do distinction qu'entre l'esclave et l'homme libre.

Pendant lamême période, le luxe multipliait les anneaux d argent, d'ambre, d'ivoire ; on en portait à tous les doigts, même aux pieds.

— Anneaux jymgiques. Chez beaucoup de peuples, certains anneaux ont été des objets de su[)erstition. Ils jouent un rôle important dans l'histoire fabuleuse et primitive des peuples sémitiques; toutes ces histoires de bagues merveilleuses que nous ont transmises les Grecs et les Romains ont été empruntées par eux aux peuples orientaux, et appliquées à des faits qui leur étaient propres. Quelquefois même, comme dans l'histoire de l'a/ïnean rie Gygés, la légende grecque a respecté la nationalité du héros asiatique. Le talisman au moyen duquel le grand Salomon accomplissait les prodigieux miracles que lui attribuent les musulmans était un anneau, un cachet, un khatim, comme disent les Arabes. Ce khatim, sur lequel était gravé le grand nom de Dieu, était composé moitié de fer, moitié de cuivre. C'est avec la partie en fer que Salomon scellait les ordres qu'il donnait aux génies rebelles, et avec la partie en cuivre qu'il scellait les ordres donnés aux bons génies. Les anneauxmagiques et constellés jouent un grand rôle au moyen âge. Les grimoires et les livres cabalistiques en mentionnaient un grand nombre que les esprits crédules s'acharnaient en vain à trouver. On distinguait en ce genre l'anneau du voyageur, avec lequel on pouvait parcourir de grandes distances sans en éprouver aucune fatigue. Aujourd'hui encore, la contcction des anneaux magiques tient une place importante dans les pratiques superstitieuses des Arabes, et il y a une science tout entière (ilm e//fAaK)a/im) qui est basée sur l'usage des anneauxmagiques. Il existe même un traité complet sur cette science, intitulé : Kitab Assahathat.

— Physiq. Anneaux colorés. Quand la lumière tombe sur une lame assez mince dont l'épaisseur croît lentement et dune façon régulière autour d'un centre (lames de mica, de verre, d'acier, lames cristallines clivées en feuillets ténus, ailes diaphanes d'insectes, minces couches de

vernis, d'huile, d'éther, bulles de savon, etc.), on obsen-n par réflexion et par transmission deux séries d'anneaux concentriques; ce phénomène a été étudié pour la première fois par Newton. Pour le rendre évident, on applique la face convexe d'une lentille plan convexe sur unelamede verre bien plane, et l'on reçoit normalement aux faces planes un filet do lumière. La lame mince, nécessaire à la production du phénomène, est ici le fluide interposé entre la glace et le miroir, ou même le vide. Si la lumière est simple (rouge par exemple), on a des anneaux successivement obscurs et brillants ; si l'on opère avec la lumière blanche, les anneaux sont irisés, prenant les couleurs do l'arc-en-ciel. Il Les diamètres des anneaux et la couleur de la tache centrale dépendent de la distance des deux verres superposés. » On appelle anneau de premier ordre celui qui entoure la tache centrale quand elle est noire, et que les verres se touchent; anneau de deuxième ordre, celui qui entoure le premier, etc. Voici les lois de Newton relatives aux anneaux colorés par réflexion : l" Dans chaque substance, les couleurs changent avec l'épaisseur de la lame et avec l'obliquité sous laquelle on la regarde. Elles disparaissent quand la lame est trop mince ou trop épaisse, et quand l'obliquité est trop grande; 2" Dans les différentes couleurs simples, les anneaux du même ordre ont des diamètres d'axitant plus grands que les couleurs qui les forment sont moins réfrangibles; 3° Dans deux lames de substances diff'érentes, les épaisseurs qui correspondent aux anneaux du même ordre, produits avec la même lumière^ sont cuire elles en raison inverse des indices de réfraction de ces substances; A" Les carrés des diamètres des anneaux

brillarits sont entre eux comme la série des nombres impairs 1, 3, 5, 7... tandis que les carrés des diamètres des anneaux obscurs sont entre eux comme la série des nombres pairs 0, Sf 4, 6. Los anneaux transmis suivont los mOmes lois quo les anneaux réfléchis ; mais, cii cliaquo point d'une lame mince, la teinte transmise est complémontairo do la teinte réfléchie. Newton expliquait los phénomùnos dos anneaux colorés à l'aido do la théorie des accès, aujourd'hui complùtomont abandonnée.

Young a, lo promier, fait voir quo la formation dos anneaux réfléchis est due aux interférences des rayons réfléchis à la premiùre ot ù la seconde surfaco do la lame mince; ot que la formation dos anneaux transmis résulte de l'interférence dos rayons transmis directement avec ceux qui ne l'ont été qu'après doux réflexions consécutives dans la lamo mince. (V. interférences). Si l'on fait tomber normalement un rayon do soleil sur un miroir sphérique concave on verre étamé, dont la surface antérieure a été dépolio ou ternie, on obtient. réfléchis sur un écran, une série d'anneaux irisés, qui présentent, quant à leurs diamètres, la loi suivante formulée par Newton et conlîrméo par Biot et Pouillct : Les carrés des diamètres suivent, pour les anneaux brillants, la série paire 0, 3, 4, 6..., et, pour les anneaux obscurs, la série impaire f, 3, 5, 7... Ces anneaux, qui cette fois paraissent sur des lames rnaissi-'i, sont produits par la combinaison des rayons rénéi-bis à la scrniiih* surtace du miroir avec les rayons dilfus renvoyés par la première surfaco dont on a terni l'éclat. Les lames yniuces cristallisées observées à travers deux cristaux, dont l'un sert de polarisatcur ot l'autre do polariscope ou d'analy.sour, doimctit aussi lieu à des anneaux colorés qui présentent dos particularités singulières, mais fort diverses, selon le nombre d'axes optiques do la lame.

La théorie des anneaux colorés, clairement développée par Young et Fresncl, confirme de tout point l'bypothôse dos ondulations lumineuses. Lo phénomène des anneaux do Newton est un cas particulier des phénomènes de coloration des lames îninces. Les anneaux de Newton fournissent la méthode la plus sensible que l'on connaisse pour évaluer de très petites différences d'épaisseur. L'approximation est do l'ordre de grandeur des longueurs d onde, et par conséquent des millièmes de millimètres. Fizeau a fondé sur ce principe une élégante niéthodo pour la mesure des dilatations des cristaux.

— Aiineaux produits par l'électricité. Priestley, en faisant passer des décharges électriques dans une plaque métallique, vit se produire sur cette plaque des anneaux concentriques colorés, que l'on appelle anneaux de Priestley. Ces anneaux s'expliquent par l'action calorifique de l'électricité. Les métaux les plus fusibles donnent généralement le plus grand nombre d'anneaux avec la même décharge.

Les anneaux de Nobili, décrits pour la première fois par Nobili sous le nom do apparences électiochimiques et étudiés depuis par Becouerel, se forment quand on prend une lame métallique poue comme électrode poui 1 electrolyse et qu'on promène 1 autre électrode de\ ant nette lame Ils sont dus à 1 action chimique de la pile sur telle ou telle dissolution sa line dont est recou verte la lamo. Dans tous les cas, elles sont produites pai la formation d une couche très minco d'un composé trans parent à la suriaco au métal. Les colorations varient suivant la forme et la position des» électrodes. Quand on emploie une dib^ulutiun JauLtaLc do plomb, et que 1 électrode negatno a la torme dune pomte et se trouve très rapprochée de la plaque positive, on obtient des anneaux qui présentent les couleurs de l'arcen-ciel. Les substances organiques donnent généralement les plus belles couleurs.

Guébhard a remarqué qu'on obtient des colorations de même nature quand la plaque, au lieu de former une dos électrodes, est isolée dans l'électrolyte. Il a montré qu'il existait la plus complète identité entre ces lignes ot les anneaux de Nobili et quo ces anneaux dessinent les lignes équipotentielles dans tous les cas; c'est là une méthode expérimentale de recherche de ces lignes.

— Anneaux phonéidoscoçiques. On appelle ainsi les anneaux colorés qui se produisent sur une surface polie, telle qu'un bain de mercure, quand on émet un son do voix en plaçant la bouche à une petite distance de la surface. Ce sont des anneaux de Newton dus à la condensation do la vapeur d'eau à la surfaco du mercure en couches d'une

Anneaux phonéidoscopiques.

épaisseur très petite et variable suivant l'intensité du courant d'air dans chaque direction. Il faut que la surface du mercure soit bien nette ; mais il est avantageux quo le mercure soit impur. Guébhard a étudié les courbes données par les voyelles. Dans les figures indiquées, les lignes pointillées marquent la position des bandes obscures.

— Allus. littkr. Anneau de Dldon. La légende prête à Didon un anneau qu'elle conserva comme le symbole de la fidélité jurée à la mémoire do son époux Sichée... jusqu'au jour oil elle aima Enée. Dans l'application, Vanneau de Didon désigne un afl'aiblissement dans lo culte du souvenir, au profit d'une passion nouvelle.

— Anneau de Gygès. Gygès était un simple berger do Lydie devenu roi, selon la légende. Un jour, ayant vu la terre s'entrouvrir, il descendit dans cette cavité et aperçut un cheval de bronze entièrement creux, qui avait

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