ANNALES — ANNAM
méessoniceUe de Durau de La Malle {Paris, 1790), et celle de Burnouf (Paris, 1828-1833 et 1895).
Annales. Sous ce nom ont paru, à diverses époques, des recueils périodiques importants, dont nous citerons les principaux : Annales archeologiqdes (1844-1872), fondées pai- Didron aîné, et consacrées surtout au moyen âge chrétien ; — Annales catholiques, fondées par Chantrel en 1871,' et qui soutiennent les doctrines catholiques au point de vue historique et scientifique ; — Annales de chimie et DE PHYSIQUE, datant de 1789 (on compte parmi leurs rédacteurs : Chevreul, Regnault et Berthelot) ; — Annales DE l'école libre DES SCIENCES POLITIQUES, fondées en 1886 pour faire connaître les travaux des maîtres et des élèves de cette école ; — Annales de gynécologie et d'obstétrique, fondées en 1874 par Pajot; — Annales d'hygiène publique et de médecine légale, datant de 1829 (elles ont aujourd'hui pour directeur le D'' P. Brouar- (jel) ; — Annales maritimes, créées en 1816, supprimées en 1848 (elles furent remplacées par le Bulletin officiel de la marine et la Hevue maritime et coloniale) ; — Annales MÉDICO-PSYCHOLOGIQUES, fondécs en 1843 par les D" Baillarger et Lunier, destinées à recueillir particulièrement les documents relatifs à l'aliénation mentale, aux névroses et à la médecine légale des aliénés ; — Annales DES mines (1832), recueil de mémoires sur l'exploitation des mines et les sciences qui s'y rattachent ; — Annales DU musée Guimet(v. Guimet) ; — Annales patriotiques ET littéraires, journal publié par Mercier et Carra (17S9 à 1796), et qui fit une guerre très vive à la royauté; — Annales politiques et littéraires, fondées en 1883 par Jules Brisson et Adolphe Brisson, revue populaire comprenant surtout des reproductions ; — Annales des ponts et chaussées, publiant des mémoires et documents relatifs à l'art de la construction et au service de l'ingénieur (paraissant depuis 1831); — Annales de la science agronomique, paraissant depuis 1884 sous les auspices du Ministôreet ladirectioa deLouisGrandeau ; — Annales des sciences naturelles, fondées en 1824 par V. Audouin, Ad. Brongniart et J.-B. Dumas, et comprenaut, en 1897, un ensemble de 290 volumes ; — Annales de la société entomologique DR FRANCE, paraissant depuis 1832.
Annales du théâtre et de la musique (les), par Edouard Noél et Edmond vStoullig, avec préfaces par divers. Cette publication, très documentée, paraît chaque année en l volume, depuis 1875.
ANNALISTE {liss) n. Celui qui écrit des annales.
ANNALITÉ n. f. Etat de ce qui dure un an : Z-'annalité d'une charge, d'une possession.
Annam, empire de l'Indo-Chine orientale, sous le protectorat de la France; borné au N. par le Tonkin, à l'E. par la mer de Chine, au S. par la Cochinchine, à l'O. par le Cambodge et le Laos. C'est une bande de terre allongée, d'une superficie de 230.680 kilom. carr., et peuplée de 6 millions d'habitants. V. la carte de TIndo-Chine.
— Géographie phijsique. D'une façon générale, les hautes terres de l'Annam sont constituées par des terrains anciens, où le quartz domine. Ces terrains sont enfermés dans une gaine calcaire au N. de la latitude de Hué; argilo-gréseuse au S. Sur la frontière du Laos moyen, le plateau des Boloven est d'origine volcanique.
L'Annam est un pays très montagneux. Le plateau du Tran-Ninh a une hauteur moyenne de 1.200 m., avec deux pics de 2.000 m. Au S. du 18" lat. N., le relief alTecte la forme d'une dorsale ; la règle. Cette longue arête présente, à la hauteur de Hué, entre le Sé-Bang-Hien, affluent du Mékong, et la rivière de Quang-Tri, une cassure : à Ailao, la porte, le seuil n'est que de 330 m. Au S. de cette première dépression, la dorsale annamite s'épanouit des rives du Mékong au rivage. Après une nouvelle dépression {500 m.), le sol se relève et atteint, au massif du Lang- Biang, entre le Sé-Bang-Khan et le Donai, près de 2.000 m. Puis il s'abaisse de nouveau jusqu'à la Cochinchine.
L'Annam est un pays de moussons. En hiver, d'octobre à mars ou avril, la mousson du N.-E., venue de la mer de Chine et du golfe du Tonkin, amène des pluies; en été, la mousson du S.-O. est chaude, mais sèche. Le développement en longitude de l'Annam et les différences d'altitude introduisent d'ailleurs dans le climat de ce pays une assez grande diversité. Les plateaux, grâce à une température relativement douce et à un facile écoulement des eaux, sont bien plus hospitaliers à l'Européen que les basses terres, surchauffées et humides, de la côte.
La proximité do la montagne et de la mer ne permet pas à l'Annam d'avoir d'importants cours d'eau. Du Song-Ca à la frontière cochinchinoise, les fleuves sont fort courts, ont des crues violentes et se jettent pour la plupart dans des lagunes. Ils ne sont d'aucun secours au commerce. Les plus importants sont le Song-Biang, la rivière de Quang- Tri, celle de Hué, celle de Qui-Nhon.
Les côtes, dans l'Annam septentrional, sont basses et rectilignes. Les promontoires, comme le cap Lay, sont rares et peu accentués. Il n'y a point de bon port. Un peu au S. de Hué, le caractère des c6tes change; comme le plateau se prolonge jusqu'à la mer, elles sont souvent élevées et découpées. Les caps de Tourane, Varéla, Padaran, forment des rades spacieuses; Tourane, Qui-Nhon, Quang-Ngai sont des ports bien abrités et sûrs.
— Géographie économique. Les plateaux et l'étroite côte de l'Annam sont moins féconds que les deltas du Mékong et du fleuve Rouge. Toutefois, les parties basses, où l'eau
fteut aisément séjourner, donnent suffisamment de riz pour a population, et les régions plus élevées ont d'excellents bois de construction, des essences précieuses pour l'ébénisterie et la teinturerie, des pâturages. Le pays, de plus, produit le maïs et les autres céréales, le manioc, la canne à sucre, le tabac, le bétel, la cannelle, la noix d'arec, des plantes médicinales, le caoutchouc.
L Annam se place parmi les pays de l'Indo-Chine dont l'industrie est, relativement, déjà avancée. Il fournit de la soie grège, du crêpe grossier, fabrique des objets de céramique, tuiles, briques, poteries, et aes meubles incrustés. Son sous-sol renferme du fer, du cuivre, de l'argent, et, notamment à Toiu-ane, des dépôts considérables de houille . La côte a quelques marais salants.
Le commerce intérieur est peu important. Le commerce extérieur se fait presque tout entier par mer. Les principaux ports marchands sont Tourane, Qui-Nhon, Quang- Ngai, par où entrent dans le "pays les cotonnades, les cotons, le thé, le pétrole, les papiers, le tabac, et par où sortent le sucre et la cannelle.
— Ethnographie, mœurs et coutumes. Le nom de Annam (Midi pacifique) a été appliqué pour la première fois, en 679, aux provinces du Quang-tong, du Quang-si et du Tonkin. Les traditions des Annamites font remonter leurs origines à bien des siècles avant notre ère. Après s'être établis au Tonkin, ils se sont emparés, par la colonisation agricole autant que par la conquête violente, de l'Annam proprement dit d'abord, puis de la Cochinchine, sur l'ancien royaume des Tsiams, qu'ils ont fini par détruire (399-1650). Us se sont donc mêlés surtout à cet ancien peuple encore en masse importante dans le Tsiampa, mais dont les débris ont aussi été refoulés avec d'autres éléments dans la région montagneuse et boisée qui sépare l'Annam du Mékong. A ces tribus anciennes vivant dispersées et misérables, les Annamites ont appliqué le nom méprisant de Moi (sauvages), qui est devenu un nom ethnique, notamment pour celles des frontières de la Cochinchine.
L'élément dominant, de la Cochinchine au Tonkin, forme toutefois une race distincte. C'est à cette race que l'usage réserve le nom de « Annamites ». Les Annamites sont plus petits (!■", 59 hommes, l ■", 52 femmes) que les Chinois. Ils ont le même cheveu noir et rude des Mongoliens ; la même peau glabre jaune mat dont la tonalité varie beaucoup suivant le genre do vie ; le nez écrasé à la racine, à narines larges et aplaties : les yeux petits, écartés, un peu obliques, avec des paupières lourdes et bridées ; les pommettes très saillantes ; le front bombé ; le buste assez fort; le bassin large, la démarche tortillante ; les mains maigres et sèches, les doigts longs. Les riches laissent quelquefois pousser certains de leurs ongles. Ceux-ci forment alors de minces lames qui s'enroulent et qu'on protège à l'aide de grands dés en matière précieuse. Certains d'entre eux présentent un grand écartement du 2:ros orteil, bien apparent, parce qu'ils marchent souvent pieds nus. Le riz et le poisson forment la base de leur alimentation.
Les Annamites ont des mœurs et une culture entièrement chinoises. Leur laiiç;ue n'est qu'un dialecte dérivé du chinois. Les lettrés obtiennent leurs grades par l'étude de l'écriture et des livres chinois. Ils sont confucianistes.
Âunam
Le bouddhisme est la religion la plus répandue. Mais, comme en Chine, le culte des esprits ne l'est pas moins, et c'est celui des ancêtres qui est à la base de l'organisation de la famille, de la commune et de l'Etat.
L'Annamite ne peut prendre qu'une femme de premier rang, mais il en peut prendre plusieurs de second rang. Son autorité est absolue, comme dépositaire des tablettes des ancêtres. Il appelle ses enfants par le numéro d'ordre de leur naissance, le n" 1 étant réservé pour la femme en titre, et une hiérarchie absolue est maintenue entre tous les membres de la famille. Les droits des enfants, qu'ils soient de la première ou de la seconde femme, sont égaux quant aux biens. Mais, à la mort du père, l'aîné mâle hérite seul de son autorité; il représente la famille immortelle, la lignée des ancêtres. Il doit présider au culte de ceux-ci et aux cérémonies de la famille. Et. pour cela, il prélève sur l'héritage une part en plus, le Huong-hoa (Encens-Feu), qu'il administre sans contrôle.
La commune est administrée par un conseil de notables se recrutant eux-mêmes qui ont le titre de dignitaires de l'autel domestique, et qui ont sur toutes les affaires de la commune l'autorité du père dans la famille.
Léger et insouciant, l'Annamite est moqueur et assez dévergondé dans son langage. Très attaché à son village et à ses usages, il est bon cultivateur, travailleur patient et assez habile. Il s'est montré fort entreprenant et tenace vis-à-vis de ses voisins, mais abandonne volontiers chez lui-même les opérations commerciales aux Chinois.
— Langue et littérature. L'annamite est une langue monosyllabique, comme le chinois, dont elle se distingue par sa phonétique et par sou vocabulaire, mais non par sa construction. Elle a d'ailleurs emprunté au chinois un grand nombre de mots, de même que l'écriture annamite fut anciennement empruntée à la Chine.
I,e monument principal de la littérature annamite, le Luc Yan Tien, est un vaste poème, où un homme du peuple parvient à la couronne royale, au « mandat du ciel ", par la seule force de sa volonté et à travers toutes les épreuves. On peut citer, dans la prose, une oraison funèbre prononcée sous Gia-Long à la mémoire des braves morts au champ d'honneur, par le général Nguyen-Phuoc ; puis, si l'on passe au folk-lore, des sortes de chants populaires, des contes, des proverbes. Voici, à titre d'exemple, la traduction d'une strophe populaire, lamentations d'une femme abandonnée de son mari :
O mon mari, comment pouvez-vous me délaisser ! Les poissons nagent dans l'étang, les oiseaux gazouillent dans les
[arbres.
Profondément affligée, les larmes coulent à flots de mes yeux; Elles pénètrent le ciel, elles pénètrent la terre- Fénétreront-elles votre creur ?
— Histoire. De bonne heure, l'Annam excita les convoitises des Chinois, qui le réduisirent au i" siècle av. J.-C.; au x« siècle, une insurrection générale, couronnant plusieurs révoltes partielles, éclata au Tonkin, et le chef indigène
Dinh-bô-linh jeta les bases d'une dynastie nationale annamite. Vingt-nuit rois, appartenant à quatre dynasties, occupèrent successivement le trône; les deux premières ne tirent que passer; la troisième, celle des Ly, régna de 1010 à 1225 et transmit le pouvoir à la famille Kan, qui le garda jusqu'en 1402. Indépendants en fait, les monarques annamites continuèrent d'abord à recevoir des fi.ls du Ciel l'investiture et le sceau, et à leur envoyer des tributs ; mais ils finirent par se dispenser de cette formalité. En 1408, la dynastie chinoise des Mings reconquit le pays jusqu'au fleuve Rouge. Mais les habitants du Tonkin, soumis à un régime inique et vexatoire, s'instu:gèrent à la voix du général Lê-Lo'i, qui chassa les garnisons chinoises et se fit proclamer roi (1427). La dynastie des Lé fit de Hanoï sa résidence et se soumit d'elle-même à la formalité de l'investiture impériale. Un des successeurs de L6-Lo'i s'empara de deux provinces du Ciampa, royaume dont le territoire embrassait à peu près la basse Cochinchine actuelle ; quelque trente ans plus tard, des colons annamites vinrent s'y établir. Au xvi' siècle, la puissante famille des Mac disputa la couronne à la dynastie des Le, qui l'emporta après une sanglante guerre civile (1529-1591). En 1600, le roi Lê-Duy-Dam divisa ses Etats en deux vice-royautés. C'était un véritable démembrement de la monarchie annamite, dont le résultat fut d'atfaiblir progressivement la vieille dynastie Le, jusqu'à ce qu'elle disparût renversée, à la fin du xviii* siècle, par une formidable insurrection, celle des Tay-Son (montagnes de l'Ouest), nom pris par les rebelles en souvenir des montagnes où ils avaient obtenu leurs premiers succès. La fortune favorisa les rebelles. Hué tomba en leur pouvoir, ainsi que la plus grande partie de la Cochinchine. Le prince Oià-Long en fut bientôt réduit à posséder la ville de Saigon et le territoire qui en dépendait. Les Tay-Son songèrent alors à envahir le Tonkin; en 1785, ils étaient maîtres du pays, et leur principal chef se fit reconnaître roi à Hanoï. Le roi légitime, Lê-Chien-Thong, prit la fuite et se cacha chez les paysans ; sa mère et son fils aîné, qui était l'héritier présomptif de la couronne, se réfugièrent en Chine et obtinrent même l'envoi d'une armée de secours qui pénétra jusqu'à Hanoï, mais fut battue par les Tay-Son.
La cour de Pékin donna l'investiture aux Tay-Son. Mais Giâ-Long, le descendant des vice-rois du Ciampa, avait chargé 1 évêque d'Adran, Pi^neau de Béhaine, de se rendre en France, et ce missionnaire était parti de Cochinchine en 1785 avec le fils de Giâ-Long, deux mandarins et trente Annamites, pour Versailles, où il avait décidé Louis XVI à signer avec le monarque détrôné le traité de Versailles (28 novembre 1787), aux termes duquel le roi do France promettait vingt bâtiments de guerre, sept régiments, de l'argent et des munitions au prétendant annamite, qui devait nous céder en échange la baie de Tourane et quelques îles, plus une armée de 40.000 hommes, au cas où nos possessions en Asie seraient menacées. Un malentendu avec le gouverneur de Pondicbéry, puis la Révolution, ne permirent pas de donner suite à cet accord ; mais l'évêque ramena en Cochinchine, avec lui, quelques officiers français, qui instruisirent les soldats indigènes, élevèrent des fortifications à l'européenne, livrèrent d'heureux combats aux usurpateurs, prirent le Ciampa (1789) et la Cochinchine centrale(l793-l80l),etaidèrentGiâ-Long, proclamé empereur, grâce à l'appui de leurs armes, à s'emparer du Tonkin. V. GiÂ-Long.
Il régna iusquen 1820. Ses successeurs, Minh-Mang (1820-1841), Tien-Tri (1841-1847), Tu-Duc (1847-1883), adoptèrent une politique toute différente de la sienne. Les étrangers furent tenus à l'écart et les missionnaires persécutés. A plusieurs reprises, des bâtiments de guerre français vinrent faire des démonstrations sur la côte. En 1847, le commandant Lapierre dut bombarder Tourane. Dix ans plus tard, à la suite d'insultes faites à de Montigny. envoyé en mission auprès de Tu-Duc par le gouvernement français, il fallut recommencer ces démonstrations hostiles. Le meurtre de Me^ Diaz, évêque espagnol, vint combler la mesure. Le gouvernement impérial se décida à agir vigoureusement. Notre expédition fut renforcée d'un contingent fourni par l'Espagne, et l'amiral Rigault de Genouilly attaqua Tourane, ou'il détruisit. Il se porta ensuite sur Saigon, où il s'établit. La campagne de Chine l'obligea à suspendre les opérations, qui furent reprises plus tard et se terminèrent par la conquête de la Cochinchine. Un traité signé à Saigon le 5 juin 1862 assura à la France la possession des trois provinces méridionales de Già-Dinh, de Dinh-Tuoug, de Bien-Hoa et de l'île de Poulo-Condor. Libre de ce côté, Tu-Duc put tourner ses armes contre Lê- Phung, prétendant de la famille des Le, en faveur duquel le Tonkm s'étai* soulevé.
La fin du règne de Tu-Duc fut troublée, au Tonkin, par de graves désordres. Des bandes chinoises, composées d'anciens partisans des Taï-Pings, vaincus par les mandarins mandchoux, se réfugièrent, en 1865, dans les montagnes septentrionales du Tonkin, sous le commandement d'un certain Ouâ-Tsong. Elles furent bientôt grossies par l'adjonction de malfaiteurs annamites qui, profitant de l'effroi produit par l'invasion, se donnèrent, eux aussi, pour des rebelles chinois. Tu-Duc fit appel au vice-roi des deux Kouang. Une armée de Chinois s abattit alors sur le Tonkin : loin de combattre les pillards, elle fit cause commune avec eux, et Tu-Duc dut prier le vice-roi de rappeler les périlleux auxiliaires qu'il lui avait envoyés. Mais, peu de temps après, revenant à sa première idée et trouvant sans doute avantageuse à sa dynastie la ruine des Tonkinois, il demanda une seconde fois des secours à la Chine. Les rebelles, devant cette nouvelle intervention du gouvernement chinois, ne purent s'entendre sur les mesures à prendre pour y résister, et ils se scindèrent en deux groupes, les Pavillons-Noirs et les Pavillons-Jaunes. Les Pavillojis-Jaunes devinrent plus tard les auxiliaires âes Français au Tonkin. Mais les Pavillons-Noirs, plus nombreux, bien armés, furent de redoutables adversaires quand la France fut amenée à entreprendre la cooquête du Tonkin. C'est au mot Tonkin que sera retracée la suite des événements qui, depuis notre intervention en 1873 jusqu'en 1885, aboutirent à l'établissement du protectorat français sur l'empire d'Annam. Nous y renvoyons.
Après la signature de la paix avec la Chine, le g;énéral de Courcy fut désigné pour remplacer le général Brière de rislc. Ce déploiement de forces réveilla les méfiances de la cour de Hué. Dans la nuit du 4 au 5 juillet, les troupes françaises furent subitement attaquées par les soldats annamites que la cour avait rassemblés en grand nombre,
SOUS prôtoxto do rondro des honneurs oxtraordiuairos au cliof du corps oxpéditionnairo. Après uoo lutto acharnëo, qui so prolongea jusqu'à soot heures du matin, les Français restèrent vainqueurs. Lo rëgont Thuyot, l'âmo du complot, s'enfuit dans la fortorosso do Cam-Lô, enlevant avec lui lo jeune roi Ilam-NL'lii, qui fut remplacé par un oul'ant de sont ans, Donc-Khanli, un dos neveux do Tu-Du<-.
Pendant plu^ioursmois, la plus vive olî'orvosconco ri^gna dans le Binh-Dinh, lo Pliuven, lo Kouang-Uinh. Quand, au commencement de 1880, le gouvornoment français se décida à rappeler lo général de Courcy et nomma Paul Bert au poste do résident généra!, l'Annam entier était encore on proie à l'anarchie et à l'insurrection. Paul Bort succomba à Hanoï, le II nov. 1886. La politique qu'il avait iuaucuréo consistait à rondro confiance à la cour do Hué et à la partie paisible de la population indigène par l'ap-
Plication loyalo dos conventions passées entre la France et Annam, à, respoclor les mœurs ot l'organisation annamites, à éviter les expéditions militaires et lo cortège do vexations, de réquisitions et de corvées qui les accompagno trop souvent. Ce programme, tracé ^ar Paul Bert, l'ut celui (le Bihourt, Constans, Richaud, Piquot, do Lanossan, Rousseau, Paul Doumor, qui, dopuis 1887, se succédèrent à la tête, soit de la résidence générale, soit du gouvornoment général do l'Indo-Chino.
Le roi Dong-Klianh, mort subitement au commencement de 1889, fut remplacé par un jeune prince de la famille do Tu-Duc, Bun-Lan, proclamé lo 31 janvier de cette mémo année, sous le nom de Than-Tliaï.
Les Siamois s'élant avancés vors l'E., empiétant sur les territoires du Tonkin ot de l'Annam, malgré un accord intervenu en 1889 avec la France, une action énergique imposa au Siam le traité du l" octobre 1893 : lo Siani évacua alors la rivo gauche du Mékong. L'Annam s'étendit, de ce jour, jusquaux territoires laotiens du fleuve.
— BiBLioGR. : Carte de l'Indo-Ckinet dressée par les ca-
Îùtaines Cupet, Fri^uegnon, de Mal^laivo, au 1/2.000.000' Paris, 1895); Barbie du Bocage, Bibliographie annamite Paris, 1867), avec suite dans lo Bulletin du Comité a(jricole et industriel de la Cochinchine (1879); Dutreuil de Rhins, le Royaume d'Annam et les Annamites (Paris, 1879) ; Paris, Voyage d'exploration de Hué en Cochinchine (Paris, 1889) ; l'Empire d'Annam et le Peuple annamite, publié par l'administration des Colonies (Paris, 1889); Gouin, Tourane et le Centre de l'Annam (Bull. Soc. géogr., 1891); Situation de l'Indo-Chine française {Ha-noï, 1894); Dovéria, Histoire des relations de la Chine avec l'Annam du xvi" an xix.' siècle, d'après des documents chinois (Paris, 1880).
— Organisation et législation. Protectorat français. Lo
Srotectorat do la France surTAnnam-Toukin a son origine ans deux traités signés à Hué avec l'empereur d'Annam et négociés : lo premier par Harmand (23 août 1883), lo second par Patenotre (G juin 1884). D'après ce dernier traité, base actuelle de la domination française, il faut distinguer entre le Tonkin et l'Annam proprement dit. Dans l'Annam, un résident général, établi à Hué, préside aux relations extérieures du pays, mais, sauf en ce qui concerne les douanes et les travaux publics, il n'a pas à s'immiscer dans l'administration intérieure. Au Tonkm, au contraire, les fonctionnaires annamites de toutes catégories sont surveillés et dirigés par les résidents français, et notre protectorat s'exerce d une manière plus étroite. Dès l'origine de l'administration civile, lo protectorat du Tonkin et celui de l'Annam sont dirigés par un même résident général, représentant le gouvernement français auprès de la cour de Hué, et relevant du ministère des affaires étrangères.
A la date du 17 octobre 1887, deux décrets ont rattaché le protectorat de rAnnam-Toukin au ministère chargé des colonies et constitué l'union indo-chinoise. En conséquence, toutes les parties de l'Indo-Chine française (Cocninchine, Cambodge, Annam, Tonkin) ont été placées également sous l'autorité d'un mémo gouverneur général civil de rindo-Chine.
On trouvera à Indo- Chine la description des institutions communes à toute rindo- Chine française. Nous n'indiquons ici que celles qui sont particulières à l'Annam et au Tonkin.
Le gouverneur général a sous ses ordres deux résidents supérieurs, placés l'un à Hué, l'autre à Hanoï.
Le résident supérieur de l'Annam exerce auprès de l'empereur les attributions reconnues au représentant du gouvernement de la
République par le traité de 1884 : le résident , du Tonkin dirige l'administration de ce pays, et
ÀNNAMABOE — ANNE D'AUTRICHE
M;iias de grauds seigneurs annamites.
apeneur
lie
le Kin-luoc, sorta do surintendant général cîiargo par li couvernemont annamite do veiller aux affaires du Tonkin. m. 8 juin 1897.) Le Conseil du protectorat de l'Annam- Tonkm est à la fois une assemblée consultative ayant pour -nission de donner son avis principalement sur les questions de finances et de travaux publics, et un trilmnal chargé de juger le contentieux administratif.
Les deux résidents supérieurs ont sous leurs ordres un personnel français de résidents, de vice-résidents, de chanceliers, de commis de résidences, etc.
Au Tonkin, un régime spécial est appliqué aux villes d Hanoï et d Haïphong, qui sont traitées comme territoire français. En 1888, elles ont été érigées en communes françaises, et elles ont été dotées, en 1891, d'un véritable code municipal, analogue à notre loi de 1884. Elles sont administrées par nn maire et un conseil municipal. La ville do Tourane a de mémo été érigée en concession française en 1888.
L'Annam-Tonkin envoie un délégué au conseil supérieur des colonies élu par les colons français.
— Gouvernement indigène et divisions administratives. Ls, commune est chez les Annamites la base de tout l'ordre politique ot administratif. Elle jouit d'une autonomie presque complète. Les habitants se divisent en inscrits, qui doivent l'impôt personnel et la cor\'ée. et en non intcrits, ou prolétaires. Les autorités municipales, élues par
les incrits, sont chargées d'assurer la police du territoire, la rentrée des iuipùts, ot connaissent des contraventions courantes. Au-dessus do la commune est le canfon, dont lo chef et lo sous-chef, élus par les notables, sont chargés de défendre les intérêts de la nopulation devant les fonctionnaires du pouvoir central, lin outre, le chef et le souschef de canton sont dos agents responsables qui assurent la rentrée dos impôts, l'entretien des routes, lo recrntomcnt dos miliciens, dos courriers ofllcicls ot dos soldats, ot dos magistrats chargés do rendre les jugements et d'instruire les affaires criminelles. Au-dessus du canton est une autre circonscription désignée suivant son importance par le nom de Ituijen (arrondissement), ou do phu (département), à la tôte de laquelle se trouve un fonctionnaire nommé par lo pouvoir central et qui cumule les attributions administratives, militaires et judiciaires. Contrairement à ce qui a lieu on France, le hwjen (arrondissement) n'est pas nécessairement une division du phu (département) ; c'est simplement une circonscription moins importante.
Dans les iirovinces éloignées, cotte circonscription est (luelquefois appelée chau. Au-dessus so trouve la province. Les provincos sont d'importance très inégale. A la tête dos grandes provinces so trouvent un tong-doc (gouverneur), un quan-liâ (administrateur) et un quan-an ou nn-sal (chef du service judiciaire). Dans les provinces do second ordre, lo gouverneur porte le titre de thuan-phu. Dans les provincos de troisième ordre, les fonctions de gouverneur sont remplies par le quan-bo. Lo Tonkin comprend 21 provinces, et l'Annam 11. Les autorités provinciales correspondent directement avec le kinh-luoc au Tonkin, et avec le pouvoir contrai dans l'Annam proprement dit. Au sommet do l'édifice se trouve le monarque, entouré par tous du plus profond respect, sorte d'émanation et de symbole du peuple, responsable devant lo Ciel, puni de ses vices par le malheur de ses sujets, et récompensé de ses vertus par leur bonheur. Ce serait une grande erreur que de voir en lui un autocrate absolu. Son principal rôle est d'apparaître dans les cérémonies ; il a surtout un caractère religieux. C'est un monarque essentiellement rituel. La réalité du pouvoir appartient aux ministres et au conseil secret (comat-vien).
— Justice. La justice française est rendue au Tonkin par une cour d'appel siégeant à Hanoi', par deux tribunaux de première instance siégeant, I un à Hanoi. l'autre à Haïphong, et, en dehors de ces deux villes, par les résidents et vice-résidents qui cumulent avec leurs fonctions administratives, celles déjuges de paix. L'appel dos jugements rendus par les tribunaux do résidence est porté directement devant la cour. Cette organisation est complétée par deux cours criminelles siégeant ù Hanoï et à Haïphong et par des commissions criminelles. Les tribunaux français sont compétents en principe au 'Tonkin, quelle que soit la nationalité des parties en cause. Seules, les difficultés s'élevant entre Annamites en dehors des villes d'Hanoï et d'Haïphong sont soumises à la justice indigène. (D. du 15 septembre 1896.)
— Armée. Les troupes françaises en garnison dans l'Annam-Tonkin comprennent environ 22.000 hommes, dont 12.000 indigènes. 11 faut y ajouter la garde civile indigène, véritable armée de plusieurs milliers d'hommes entièrement dans la main de l'administration civile, qui en dispose à sa guise. Elle fournit des postes plus ou moins considérables dans les résidences et dans les centres importants ou troublés. Elle comprend un personnel européen et un Tirailleur annamite, personnel indigène. 11 ne faut pas confondre la garde civile indigène avec les linh-co, sorte de police fournie par les villages et commandé© uniquement par des mandarins annamites, et non par des Européens.
Un arrêté pris par de Lanessan a divisé les régions montagneuses de la frontière chinoise en quatre territoires militaires, numérotés de l'E. à l'O.
— BiBLioGB. : Ganter, Becueil de la législation en vigueur en Annam et au Tonkin (1895) ; A. Girault, Principes de colonisation et de législation coloniale (1895); Jobbo- Duval, la Commune annamite {\S96); de Lanessan, la Colonisation de l'Indo-Chine (1896); E. Petit, Organisation des colonies françaises (1895).
AnnaMABOE ou AnemABOU, ville et fort anglais do l'Afrique occid. (Guinée), sur la Côte d'Or, à 16 kil. E. du cap Corso ; 4.000 hab. Prise et pillée en 1808 par les Acliantis.
Annamite, habitant de l'Annam ; celui, celle qui est originaire de l'empire d'Annam. il On dit quelquefois Annamitain, aine.
— Adjectiv. : Qui appartient à l'empire d'.innam ou à ses habitants : Tirailleur annamite.
— n. m. L'idiome parlé par les Annamites. Annan, ville maritime d'Ecosse (comté de Dumfries),
près de l'embouchure du petit fleuve Antian (55 kil. do long), dans le golfe de Solway; 5.000 hab. Construction de navires, pêcheries desaumon, exportation de salaisons. Ane. résidence des ancêtres do Robert Bruce.
Annapes ou AnnAPPES, comm. du dép. du Nord, arrond. et à 6 kilom. de Lille, sur la Marcq, affluent de la Deùlè; 2.860 hab. Moulins.
AnnapouS, ville des Etats-Unis, ch.-lieu du Maryland, à l'embouchure de la Severn, sur la baie de Chesapeako ; 7.600 hab. — Ville et beau port de la Nouvelle-Ecosse (Amérique septentr.) ; 2.900 hab. C'est le plus ancien établissement européen de l'Amérique du Nord : fondé par les Français en 1604, ancien chef-lieu de la colonie française d'Acadie, cédée à l'Angleterre en 1713, elle est aujourd'hui le chef-lieu d'un comté peuplé de 19.950 hab.
AnnapouS, petit fleuve de la Nouvelle-Ecosse, long d'envir. 120 kil., qui passe à. 4 n»rtpo/i5 et se jette dans la baie de Fuudy, après avoir traversé le grand bassin d'Annapoiis.
Annarr, époux de Nàtt ou Nott (^a ÀViiit) dans la mythologie Scandinave. On la disait fille d'un des géants de la gelée dont elle eut une fille, Jœrd, la Terre. Elle épousa finalement Delling (point du jour), de la race des Ases, et leur fils fut Dagr (le jour).
Annat (François), jésuite, confesseur do Louis XIV, né il Kodez on 1590, mort à Paris on 1670. Il s'appelait on réalité Canard, mais il substitua à ce nom celui de Annat, du latin anfu fcanard;. Adversaire véhément do Port-Koyal, il fit condamner par la Sorbonoo les deux propositions qui provoquèrent l'expulsion du grand Arnaud. Pascal lui adressa les 17» et 18' Procinciatct. Lo plus singulier des écrits do controverse qu'on lui attribue est le fameux llahat-joie des Jaméniilei.
ANNATE (bas lat. ttnnata;ào anmu, année) n. f. Redevance que payaioDt au saint-siège, à l'occasion do leur noniiiiution, ceux qui étaient pourvus d'un bénéAco. La vahmr de cette redevance devait représenter le revcou d une année du bénéfice, d'où son nom.
— Encycl. L'origine des annales et l'époque où elles furent établies sont incertaines. On en constate l'existence sous le pontificat d'Alexandre IV (1251-1201). Jean XXII (1320) so substitua aux autorités locales ecclésiastiques qui, pour les bénéfices inférieurs, avaient depuis longtemps recueilli dos annates. Sous Bonifaco IX, les annales devinrent un impôt régulier et général. En France, pendant le schisme d'Avignon, Charles VI défendit fl385j de payer les annates au saint-siège ; une nouvelle résistance partit du concile de Pise (1409); enfin, la célèbre Pragmatique do 1438, publiée par lo clergé de France réuni à Bourges, les repoussa énergiquemcnt. Le concordat de François I" avec Léon X rétarjlit le droit d'annate au profit du pape, en 1510. Malgré les attaques dont elles furent l'objet, les annates subsistèrent jusqu'au décret du 4 août et celui du 2-4 novembre par lesquels l'Assemblée constituante les abolit définitivement.
— BiDLiOGR. : Esmoin, Cours d'histoire du droit français. Anne, nom porté par plusieurs saintes femmes de
I Ecriture : Mère du prophète Samuel, qu'elle mit au monde après une longue stérilité (xii' siècle av. J.-C). — Femme du vieux Tobie. — Anne (sainte), épouse de saint Joachim et mère de la sainte Vierge. (Ce fut Grégoire XIII qui, par une bulle du l" mai 1584, institua et fixa au 26 juillet la fête de sainte Anne.) — Anne la prophétessc, qui s'était consacrée dans son veuvage au service do Dieu, et salua l'enfant Jésus quand il fut présenté au temple.
Anne (oedre de Sainte-]. V. Saiste-Anne.
Anne, épouse de Ilumbert 1" de La Tour-du-Pin, dernier rejeton de la seconde race des dauphins de Viennois et de la maison de Bourgogne en 1299. Elle était fille de Guigues VII, dauphin de Viennois, et de Béatrix do Savoie, et elle resta seule héritière des biens de sa famille, par la mort de ses deux frères et de sa sœur (1282). Elle venait de prendre possession de ses Etats, lorsqu'elle faillit en être dépossédée par Robert, duc de Bourgogne, qui prétendait que le Dauphiné était un fief masculin. Un accord intervint moyennant la cession à Robert des terres de Coligni et de Revermont. Anne s'occupa de l'administration de ses Etats avec le plus grand zèle. A sa mort, son époux se retira à la chartreuse du Val-Sainte-Marie (dioc. de Valonce), où il mourut.
Anne, reine d'Angleterre, morte en 1394. Fille de Charles IV de Luxembourg, roi do Bohême et empereur d'Allemagne, elle épousa le roi Richard ïl d'Angleterre et mérita, par sa douceur, d'être appelée » la bonne reine Anne ».
Anne (sœcr). V. Bakbe-Blece.
Anne, Agnès ou Gertrude de Russie, fille do Jaroslaf Vladimirovitch, grand-duc de Russie, reine de France, femme, en 1051, de Henri 1" et mère de Philippe 1". Veuve en 1060, elle épousa, deux ans après, Raoul de Péronne, comte de Crépy et de Valois. Celui-ci était déjà marié ; les sentences de l'Eglise le forcèrent à répudier Anne. Elle mourut après 1075. Il y a quelque incertitude sur son origine et sur l'endroit où elle mourut; l'anoalisto russe Nestor ne fait pas mention d'elle.
— BiBLiooR. : de Caix de Saint-Aymour, Anne de Russie, reine de France et comtesse de Valois au xi« siècle (Paris, 1896); Labanotf. Recueil de pièces historiques sur la reine Anne ou Agnès (Paris, 1825).
Anne Comnëne, fille de l'empereur d'Orient Alexis I", née en 1083, morte en 1148. Elle étudia l'éloquence, la poésie, les mathématiques, la physique, la philosophie, mais n'y puisa point le mépris de la grandeur et du pouvoir, car elle conspira, en 1118, pour arracher la couronne à son frère Jean , et la placer sur la tête de son époux, Nicéphore Bryenne. Anne, pardonnée par son frère, vécut depuis dans la retraite, et y composa une Vie de l'empereur Alexis Comnène, son père ; l'.\ Icviade, qui est inspirée par la piété filiale plutôt que parlavérité historique.
— BiBLiOGR. : Oster, .\nna Komnena (Rastadt- Tubingue, 1868-1871).
Anne d'Autriche,
reine de France, fille de Philippe m , roi d'Espagne et de Marguerite d'.iutriche, née on 1601, morte à Paris en 1666. Elle épousa Louis XIII en 1615.
Tant que vécut Richelieu, ello fut humiliée par lo dédain, irritée par les soupçons dont elle était l'objet, jetée dans des intrigues par la surveillance qui pesait sur elle, et reléguée le plus souvent dans sa retraite du Val-de-Grâce. I^ naissance de Louis XIV (5 sept. 1638) la rapprocha un moment de son époux, qui, cependant, ne lui laissa la régence qu'en limitant son pouvoir par celui d'un conseil sans lequel elle ne pouvait agir. Mais le parlement cassa cette disposition, et donna à la régente tous les droits de la souveraineté (1643). Elle accolvla dès lors un empire absolu à Mazarin, avec lequel, a-t-on dit, elle aurait contracté un mariage secret. Depuis la majorité du roi, ello ne prit aucune part aux affaires, et passa ses dernières années dans la pratique d'une dévotion minutieuse. C'est elle qui fit bâtir l'église du Val-de-Gràce.
— BiBLiOGR. : Baschet, le Boi chez ta Heine fParis. 1864) ; J. Loiseleur, Mazarin a-t-il épousé Anne d'Autriche ?