‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 307 sur 828 · ANNÉE — ANNÉLIDES · texte numérisé non relu

ANNÉE — ANNÉLIDES

énuinoxiale. En vertu du mouvement do nutation des points équinoxiaux, leur rétrogradation est tantôt accélérée, tantôt retardée, ce qui fait varier la longueur de l'année tropique. On évalue donc seulement sa durée moyenne ; elle est de 365 jours 5 heures 48 m. 47 s., B.

Il importe que les différentes phases de 1 année civile concordent avec les variations climatériques produites par le mouvement du soleil. Or, comme l'année tropique est celle qui marque naturellement l'époque de chaque saison, c'est avec elle que l'année civile doit, autant que possible, se mettre d'accord.

Les Egyptiens firent leur année civile de 365 jours exacts, la terminant ainsi 6 heures avant que le soleil eiit achevé sa révolution. Ce n'est qu'après 1.461 années vagues (période sothmque), que la concordance revenait entre i année civile et l'année astronomique.

L'année civile des Romains, établie par Romulus, perfectionnée par Numa et bouleversée par les pontifes chargés de la maintenir en concordance avec le soleil, fut enfin réformée par Jules César. Il fut établi que, sur quatre années consécutives, les trois premières seraient de 365 jours exacts, et la quatrième de 366, ce qui revenait à faire des années moyennes de 365 jours 6 heures. Le jour complémentaire introduit dans la quatrième année par la réforme julienne fut intercalé entre le 23" et le 24" jour de février ; et, comme le 24' jour s'appelait sexto-calendas, le jour intercalaire fut désigné sous le nom de bis sextocalendas, d'où le nom A'nnnée bissextile est resté à celles âui comptent 366 jours. Pour ramener le commencement u printemps au moment de l'équinoxe. César dut augmenter l'année courante (45- av. J.-C.) de 85 jours, ce qui fit donner à cette année le nom de année de confusion.

L'Eglise adopta l'année julienne pour les besoins civils, mais en la compliquant d'une année lunaire pour la détermination des fètès religieuses. Il y eut discordance entro ces deux années, et Grégoire XIII, en 1582, résolut de faire une nouvelle réforme du calendrier. A cette époque, par suite de l'excès de l'année julienne sur l'année tropique, les équinoxes arrivaient 10 jours plus tôt que le calendrier ne les attendait. Grégoire XIII commença par abréger l'année 1582 de 10 jours, qu'il supprima au mois d'octobre, en sautant du 4 octobre au 15. Puis il décida que les années bissextiles tomberaient tous les quatre ans comme dans le calendrier julieu ; mais que, sur quatre années séculaires consécutives, il y en aurait trois communes et seulement une bissextile. Les années séculaires bissextiles sont celles dont les centaines sont divisibles par 4. La valeur moyenne de l'année civile se trouve par là ramenée à 365 jours 5 heures 49 m. 12 s., valeur tellement peu difl'érente de l'année tropique, qu'il faudra plus de 4.000 ans pour produire une discordance d'un jour. Les Russes ont conservé l'année julienne ; elle est aujourd'hui de 12 jours en retard sur la nôtre.

L'année des Grecs était fort compliquée, parce qu'elle était à la fois lunaire et solaire. En négligeant les fractions d'heure, les Grecs établirent une série de 12 mois ayant alternativement 29 et 30 jours, ce qui fit une année de 354 jours. Mais, pour ramener l'accord entre le mouvement du soleil et celui de la lune, chaque période do 19 ans comprenait 7 années dites embolismiqaes, qui avaient 13 mois. De cette façon, chaque 20" année commençait à la néoménie qui suit le solstice d'été.

L'année civile des musulmans est purement lunaire, c'est-à-dire composée de 12 mois ayant alternativement 29 et 30 jours. Mais, chaque fois que l'année doit finir un jour avant la nouvelle lune, on lui donne 355 jours, ce qui fait que sur 30 ans il y en a 1 1 qui comptent 1 jour de plus que les autres. Aussi 30 années musulmanes valent, à très peu près, 30 fois 12 lunaisons.

Quel que soit le jour adopté pour l'ouverture de l'année, U importe qu'entre le 1" de l'an et l'époque équinoxiale suivante le nombre do jours écoulés soit constant. Romulus avait fait commencer l'année au 1"' mars ; Numa et César au 1" janvier. En France, le 1"' de l'an était, sous Charlemagne, fixé au 1"^ mars. Dès le xii" siècle ; il fut, grâce à l'induence do l'Eglise, transporté au samedi saint, ce qui amenait des variations dans le nombre de jours compris entre deux pâques consécutives. C'est Charles IX qui a, en 1564, reporté le commencement de l'année au !•' janvier. Le gouvernement républicain de 1792 résolut la question de la façon la çlus rationnelle : il décréta que l'année commencerait le jour oii le soleil franchit le point équinoxial d'automne, et ce jour, qui se trouvait être le 22 septembre 1792, fut appelé ; /"^ vendémiaire de l'an l de la Bépubligue. L'année grégorienne commençant le 1" janvier fut rétablie en 1806. Les Juifs commencent encore l'année à Pâques, pourvu que ce ne soit ni un dimanche, ni un mercredi, ni un vendredi. "V. calendrier. — Syn. Année, an. V. an.

Année. Sous ce titre, beaucoup d'auteurs font paraître une revue annuelle des faits se rapportant à un même ordre d'idées, à une science ou à un art. Nous citerons les titres des principales et l'année de leur apparition : l'Année ÉLECTRIQUE (1884), fondée par Delahaye; — l'Année ÉPIGBAPHIQUE, par Cagnat, donnant les inscriptions grecques et romaines découvertes dans l'année ; — l'Année INDUSTRIELLE, de Nansouty, qui date de 1886 ; — l'Année financière, de Louis Reynaud, de 1882 ; — l'Année GÉOGRAPHIQUE, dirigée d'abord par "Vivien de St-Martin, ensuite par Maunoir et Duveyrier (parut de 1861 à 1880;; — l'Année médicale, sous la direction du docteur Bourneville (fut publiée de 1885 à 1889); — l'Année musicale, de Bellaigue (paraît depuis 1886) ; — en 1868, François Pillon inaugura l'Année philosophique, qui fut interrompue en 1870 et reprise en 1891, avec la collaboration de Renouvier et Dauriac. — L'Année psychologique, de Beaunis et Binet, organe de la psychologie expérimentale, paraît depuis 1891. — L'Année politique fut fondée en 1874, dans le but de résumer périodiquement les événements accomplis en France et à l'étranger. (L'auteur se cache sous le pseudonyme de André Daniel.) — L'Année scientifique et industrielle, fondée en 1856 par Louis Figuier, et reprise depuis 1894 par E. Gautier, est aujourd'hui la doyenne de toutes les publications de ce genre ; — L'Année littéraire et dramatique, par G. Vapcreau (1859-1869).

Année littéraire (l'), feuille de critique fondée par Fréron, et qui est restée célèbre par son hostilité contre les philosopnes du XMii" siècle. Celte feuille commença à paraître en 1749 sous le titre de Lettres sur quelques écrits de ce temps. En 1754, Fréron l'intitula {'Année littéraire,

et la rédigea jusqu'à sa mort fl776), Fréron fils el ses collaborateurs, parmi lesquels il faut surtout compter Geoffroy, la continuèrent jusquen 1790.

Année terrible (l'), recueil de poèmes, par Victor Hugo (1872.)

Le volume s'ouvre par un prologue destiné à l'expliquer. Le poète sait qu'en relatant les événements graves de l'année 1870-1871, il aura à chanter bien des héroïsmes, mais aussi à déplorer bien des hontes et bien des crimes. Il va au-devant du reproche qu'on pourrait lui faire d'amnistier trop facilement ceux-ci, et distingue entre la foule et le peuple. Y a-t-il des crimes commis, c'est la foule, la foule inconsciente et irresponsable; des traits d'héroisme apparaissent-ils, c'est le peuple.

Voici le peuple • il i

Vorci le peuple ■ il prend la Baïitille, il déplai Toute l'ombre en marchant; voici la populaci Elle attend au passage Aristide, Jésus, Z^non. Brutus, Colomb. Jeanne, et crache de Voici le peuple avec son épouse, l'idée ; Voici la populace avec son accordée.

La guillotine.

De la sorte, tout s'explique aisément. Ce que la révolution du 18 mars, à laquelle le poète est, en somme, favorable, avait d'équitable et de modéré, la revendication des liberlés communales, l'anxiété patriotique en faveur de la République menacée, c'est le peuple qui l'a fait ; les assassinats, les pillages, les incendies, c'est la foule.

On voit se dérouler dans ce volume tous les événements qui se sont accomplis depuis Sedan jusqu'aux journées do mai 1871. Chaque morceau, superbe d'ampleur et de violence tragique, a été écrit dans la fièvre du moment, inspiré par l'espérance ou l'anxiété de l'heure présente.

Anneessens (François), né à Bruxelles en 1660, décapité en 1719. D'abord ardoisier dans le métier des Quatre- Couronnés (maçons, tailleurs de pierre, sculpteurs et couvreurs en ardoises), il en devint l'un des doyens. « Quoiqu'il ne fût qu'un artisan et de médiocre extraction, dit la Gazette de Hotterdam du 25 septembre 1719, il avait une éloquence naturelle, beaucoup de lecture et une parfaite connaissance des lois et des privilèges des pays qu'il avait soutenus, mais avec trop d'ardeur. " Anneessens est célèbre par son supplice, qu'il supporta avec autant de fermeté que de simplicité. En 1700, des règlements nouveaux, édictés par le gouverneur représentant de la couronne d'Autriche, avaient considérablement réduit les droits et prérogatives des « nations et métiers de Bruxelles ". Do là des mécontentements qui, après avoir couvé quelques années, éclatèrent en troubles violents en 1717. Malgré la modération de son attitude, Anneessens y fut impliqué par le gouverneur des Pays-Bas autrichiens, le marquis de Prié. Condamné à mort par sentence du 9 septemore 1719, Anneessens fut exécuté le 19. Dans la séance des représentants provisoires de Bruxelles, du 20 décembre 1792, l'avocat d'Outrepont, aux acclamations de l'assemblée, proposa de réhabiliter la mémoire d' Anneessens. Les événements si agités qui suivirent firent oublier la motion, mais les honneurs dont a été couverte la mémoire d'Anneessens valent toutes les réhabilitations judiciaires.

Anneessens (Jean-André), fils du précédent et do sa deuxième femme, Florence Gilson, architecte de grand mérite, né à Bruxelles en 1687, mort en 1769.

— BiBLioGR. : On trouvera la bibliographie des ouvrages relatifs aux Anneessens dans la Biographie nationale publiée par l'Académie royale de Belgique, 1. 1", p. 317-18.

de cuir renforcée de séries d'anneaux de fer

à côte. C'est une des défenses de corps les plus en usage

du IX* au XII* siècle. "V. adoubement, et broigne.

— Archit. Colonne annelée, Colonne qui est coupée par des espèces d'anneaux.

— Hist. nat. Se dit des parties de plantes qui ont un anneau au collet; de certains reptiles et de certains^ insectes, dont le corps présente des raies circulaires d'une couleur dilférente de celle des parties voisines.

S'anneler, v. pr. Etre annelé; être disposé en anneaux.

ANNELÉS ou ANNULATA n. m. pi. Sous-ordre de reptiles sauriens, à corps serpentiforme et dont la peau dure, non écaïUeuse, est divisée par des sillons transversaux quo croisent des sillons longitudinaux.

— Encycl. Chez les annelés, le sternum manque. La ceinture scapulaire reste rudimentaire, sauf dans le genre cliirote, où il y a même des petits membres antérieurs. La ceinture pelvienne existe toujours. Ces animaux vivent généralement sous terre, se nourrissant d'insectes et do vers. On les a divisés en quatre familles : amphisbénidés (v. amphisbêne), trogonophidés, lépidostermidés et chxrotid'.'s. On en rencontre en Espagne, en Algérie, au Mexique, à la Guyane, au Brésil, etc.

ANNELÉS n. m. pi. H. Milne-Edwards avait, en 1855, divisé le règne animal en quatre embranchements, dont les cntomozoaires ou annelés formaient le second, comprenant les arthropodes (ou articulés) et les vers. — Un

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