‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 308 sur 828 · ANNELÉ · texte numérisé non relu

ANNELÉ

ANNELET {lé — .dimin. du vieux fr. antiel, anneau) n. m. Petit anneau.

— Archéol. Petit anneau en métal qui, cousu à l'un des bords des vêtements, servait à retenir l'agrafe ; c'est ce qu'on appelle aujourd'hui une poi'te (on disait au xvi" siècle ancynet). Il Chacun des anneaux ou vervelles passés aux pattes des faucons et où s'attachait la longe. (V. vervelle.)

Il Annelet branlant ou volant, Anneau ou rosette de métal, de deux pièces, montées sur charnière et battant l'une contre l'autre, dont on garnissait au moyen âge les housses et les harnais des chevaux. Ces annelets, très multipliés sur la courroie du poitrail et sur les pièces fixes ou flottantes de l'avaloire, faisaient l'office Annelet (archit ). de cliquettes et avaient sur les grelots lavantage de fournir à la noblesse une occasion de faire montre de ses armoiries.

— Archit. Petits filets ou listels qui ornent, en nombre variable, certains chapiteaux.

— Blas. Figure héraldique qui est un petit anneau: Les annelets sont toujours posés en no

— Manuf. Petits anneaux en matière dure, dpstinés à préserver les fils contre les effets du frottement.

ANNÉLIDES (du lat. annellus, anneau) n.

m. pi. Classe de vers renfermant ceux dont le corps est segmente extérieurement et intérieurement, dont le système nerveux con- Tbias"). siste en un cerveau relié à une chaîne ganglionnaire ventrale par un collier œsophagien, et qui sont pourvus de vaisseaux sanguins. — Un annélide.

— Encycl. Chez les annélides, l'appareil excréteur so compose d© tubes ouverts dans la cavité générale et à l'extérieur (néphridies); chaque segment du corps est pourvu typiquement d'une paire de ces tubes; mais ce nombre peut s'augmenter, ou, plus fréquemment, se ré-

ANNELER(rad. atmeau. — Double la consonne /devant un e muet : J'annelle, nous annelons) v. a. En parlant dos cheveux. Disposer, tourner en anneaux, en boucles : Femme qui ANNELLE élégamment ses cheveux.

— Art. vétér. Auneler une jument. Lui passer un anneau dans la vulve, pour l'empôcher d'être saUlie. il Anneler un porc. Lui passer im anneau dans le groin, pour qu'il ne puisse fouir.

Annelé, ée part. pass. du v. Anneler.

— Archéol. Cotte annelée, 'Vêtement de guerre analogue à la broigne et qui est une longue robe do forte étoffe ou

duire. Ces animaux vivent tantôt enfoncés dans la terre humide, comme les lombrics: tantôt dans les eaux douces, comme les sangsues, ou les eaux salées, comme les néréides ou les amphitrites. Plusieurs espèces sont sédentaires, et se logent dans les cavités des pierres, des madrépores ou des coquilles, qu'elles perforent, ou dans des tuyaux formés do molécules calcaires ou siliceuses. D'autres sont errantes et vagabondes, nagent très bien et se défendent contre leurs "ennemis au moyen do poils acérés qui couvrent leur corps.

Les anuélidos sont divisés en deux sous-classes : celle

dos Inrii.linôos, comprenant les sangsues, et celle dos chétupo>l.'s :oli^'ocli6tes et polychôtes). V. ces mots. ANNÉLIDIEN [m) II. m. GÔol. V. GÉORGIKN.

ANNELURC n. f. Disposition do la chovcluro on an-

ANNEMAS3E, oli.-l. do cantoii (Hauto-Savoio), arrond. otàloKilom.do Saint-Julion, au-dossus do l'Arvc. Cli. do f. P.-L.-M., cl bifurcation sur Gonèvo, Samoiins et Annecy; 2.-»eoliab. — ho canton a H comm. et 11.223 hah.

Annenkov (l'aiil), écrivain russe, no à Moscou on 18i;î, iiinri cil 1HS7. 11 voyagea dans la région du Volga,

fiuis (Ml KnuHf, <•( il écrivit sur les pays qu'il visitait dfs oltrcstrùs^piritin-llos. Apartirdo 18*8, Annonkov s'adonna à la critiquo artistique et Uttôrairo. Il a publié, on outre, une édition des Œijyrest/e/'oHc/iA'i»*?, avec uno biographie et des notes, et un ouvrage très ostimô : Alexandre 6'ergeiévitch Pouchkine au temps d'Alexandre /".

Annenkov {Nicolas-Ivanovitch), botaniste et agronome russe, néon 1819. Il devint professeur à Moscou, où il fut nommé, en 1853, directeur de l'école d'agriculture. Parmi ses ouvrages, nous citerons : J'^lora mos^uensis exsiccita; Cours d'économie forestière; Dictionnaire botanique des plantes russes et étrangères, rédigé en latin, eu russe, en allemand ot en français, etc.

Annenkov (Micliol Nioolaïevitcb), général russo, né et mort à Saint-Péterst)Ourg (1838-1899). Colonel en 186G, général major en 1869, lieutenant général en 1878, il ;. pris part à la répression de l'insurrection polonaise, ot fait, en 1880, la campagne contre les Turcomans. Ingénieur habile, il a créé, avec des troupes, do grandes voiei: ferrées, notamment lo Transcaspien, inauguré en 1887, qui va dfi la mer Caspienne à Samarkand, et il a préparc le Transsibérien» qui doit aboutir à Vladivostock.

ANNÉRÔDITE n. f. Niobate naturel d'uranium,'yttrium, cérium, thorium, etc.

AnnÈSE (Gennaro), ouvrier armurier ot chef populaire, un des successeurs de Masaniello dans le commandement du peuple napolitain révolté contre la domination espagnole (1647). Il fit proclamer larépublique, négocia habilement la protection do la France et reconnut le duc Henri de Guise comme chef militaire. Bientôt, cependant, jaloux de l'autorité que s'arrogeait le prince lorrain, il rouvrit aux Espagnols les portes de Naples {G avril 1648) et n'en fut pas moins envoyé à l'échafaud par eux, au mépris do l'amnistie proclamée.

ANNESLÉE {nèss — do lord Annesb/) n. f. Genre de plantes de la famille des ternstrœmiacées, renfermant des espèces originaires du Martaban et de la Malaisie.

Annesley (Arthur), comte d'Inglesey, écrivain anglais, né à Dublin en 1614, mort en 1686. Il changea plusieurs fois de parti pendant la guerre civile, et devint, sous la Restauration, lord du sceau privé (1673). Ses Mémoires ont été publiés à Londres en 1693.

Annet-SUR-MARNE, comm. de Seine-et-Marne, arr, et à 12 kilom. de Meaux, sur la Marne; 989 hab.

Annette et Lubin, opéra-comique en un acte, paroles attribuées à M^^Favart, musique de Benjamin de La Borde (Comédie-Italienne, 15 févr. 1762). Le livret, naïf et touchant, emprunté à un conte de Marmontel, obtint un très grand succès. Martini (Schwarzendorf) s'avisa, longtemps après, d'écrire une nouvelle musique sur ce poème gracieux, et sa partition charmante fait oublier la première. Cette nouvelle édition de Annette et Lubin se produisit à la cour le I6 février 1789, et au théâtre Favart lo 18 avril 1800, où elle fut accueillie avec la faveur qu'elle méritait. Les noms de Annette et de Lubin sont restés deux types dans les amours champêtres.

ANNEXE {nè-ks' — lat. annexas, attaché à) n. f. Ce qui dépend d'un objet principal, sans en faire partie essentielle : Les ANNEXES d'un Etat, d'un bâtiment, il Chapelle, église détachée d'une paroisse pour la commodité d'un certain nombre d'habitants, et dont le desservant dépend du curé, comme un vicaire ordinaire, ti Hameau dépendant d'une commune.

— Anat. Organes accessoires dépendant d'un organe principal : Les paupières, les cils sont les annexes de l'œil.

— Dr. Pièces jointes à l'appui d'un ouvrage, d'un rap-

gort, d'un procès-verbal, etc. n Ane. dr. Droit d'annexé, roit qui consistait dans l'enregistrement des brefs, bulles, dispenses, jubilés, indulgences et autres rescrits venant de Rome ou d'Avignon. Le parlement d'Aix était lo seul en France qui jouît de ce droit.

— Mar. Navire de petit tonnage attaché à une écolo, à un autre navire : Le « Calédonien » est /'annexe du vaisseau-école des canonniers « la Couronne ».

— S'empl. adj. : Etablissement annexe.

ANNEXER {nè-ksé — du lat. annexas, part. pass. do annectere, attacher à) v. a. Réunir à un objet principal : Charles F/// annexa la Provence à la couronne.

Annexé, ée, part, passé du v. Annexer,

— Gramm. Précédé dJ ci et placé au commencement d'une phrase, annexé est invariable. Au milieu d'une phrase, il est invariable devant un substantif employé sans article et sans adjectif déterminatif; il varie quandlo substantif est indéterminé, ou placé avant. V. inclus.

— Prosod. Rime annexée. Rime répétée au commencement du vers suivant :

S'annexer, v. p. Etre annexé à un objet principal.

ANNEXION [nè-ksi) n. f. Action d'annexer; résultat do •cette action : /-'annexion rf'im Etat faible à xin Etat puissant.

— Absorption, par un Etat, de tout ou partie de territoire appartenant à un autre Etat.

^ — Encycl. Les causes d'annexion sont : l» l'occupation de territoires sans maîtres (v. occupation) ; 2" la cession volontaire ou forcée de territoires ; 3" la prescription (au cas où la cession ne se serait pas produite ; mais il n'y a naturellement aucune règle relative à la prescription). La cession ou transmission de souveraineté est le cas le plus fréquent; on a soutenu qu'un Etat ne saurait avoir la faculté de disposer do ses ressortissants comme d'êtres dénués do raison: qu'il pourrait seulement abdiquer ses droits de souveraineté à l'égard des

ANNÉLIDIEN — ANMIHILATIONNISTE

habitants qui , en droit pur, pourraient constituer un Etat indépendant ou so rattacher à uno nation do leur choix; la seule obligation do soi-disant cédant consisterait à ne pas favoriser cette résistance. Dans la pratique, les populations cédées so laissent annexer par l'Etat avec lequel a traité leur souverain de la veille, quitte à protester contre l'annexion. En plusieurs circonstances, les populations cédées ont été invitées à donner leur adhésion à l'annexion projetée par voie do plébiscite (réunion à la Franco do la Belgique et do la république do Mulhouse [1795]; des divers Etats et provinces d'Itafioù la Sardaigno 1860]; de la Vénétio ù l'Italie [18fiû]; des Etats romains à

1 Italie [1870]; de Nice ot do la Savoie ù la France [^1860]: des îles Ioniennes il la Grèce [1865]; de Saint-Barthélémy à la Franco). L'art. 5 du traité do Prague (28 août isgoj avait stipulé que les populations du Slesvig septentrional pourraient être rétrocédées au Danemark, si elles en exprimaient lo désir ; uno convention austro-allemande a aboli (1878) cotte clause inappliquée.

La cession suit généralement une guerre ; mais il y a eu dos cas do ventes do territoires (Louisiane [1803]; Alaska [1867]; Saint-Barthélomy [1877], etc.), d'échanges et do dons.

Les constitutions ot lois nationales déterminent quelle autorité a le pouvoir do consentir les annexions et démembrements de territoire. D'après la constitution de 1875, Cl nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire ne peut avoir avoir lieu qu en vertu d une loi (art. 8) » . Des dispositions analogues existent dans la plupart des constitutions étrangères.

Il y a controverse, en France, sur la nécessité constitutionnelle de soumettre à l'approbation des Chambres les traités de protectorat (v. ce mot), qui, en fait, leur ont été soumis dans les circonstances les plus importantes. Quant aux conventions de délimitation, on considère qu'elles ont le caractère déclaratif et ne font que constater un droit préexistant et n'opèrent pas une cession proprement dite ; néanmoins, plusieurs traités de délimitation ont été présentés aux Chambres.

L'annexion a pour etfet de faire passer lo territoire annexé à l'Etat annexant avec ses avantages et charges propres, pourvu que leur maintien ne soit pas contraire au nouvel ordre de choses : il y a, à ce sujet, des distinctions à faire. Les biens du domaine public situé en territoire annexé, les impôts arriérés dus par les habitants, les dettes spéciales au territoire annexé, passent au cessionnaire. En ce qui concerne les dettes générales de l'Etat démembré (au cas où 4'annexion ne porte que sur une province) on soutient généralement qu'une quote-part en doit passer à l'Etat annexant (ex. : traités de 1839 entre la Belgique et les Pays-Bas; de 1860 entre la France et la Sardaigno; de 1866, entre le Danemark et la Prusse; traité de Berlin, 1878); le gouvernement allemand a fait prévaloir une stipulation contraire dans le traité de Francfort.

Lorsqu'un Etat est annexé intégralement par un autre Etat, on admet généralement que les traités politiques et les traités de commerce passés par lui sont annules ipso facto. En cas de démcraDrement, on étend aux pays annexés les traités de l'Etat annexant. Dans le cas où un Etat se forme (comme l'Italie en 1860) de la réunion de plusieurs Etats, on peut se demander quel sera le sort réservé aux traités passés par les puissances disparues; en ce qui concerne l'Italie, on a admis que les traités

f)assés avec la Sardaigne s'étendaient â l'Italie, et que es traités conclus entre les autres Etats italiens étaient annulés. Pour les changements que l'annexion produit sur la nationalité des habitants du territoire annexé, v. nationalité.

Les instances pendantes devant les tribunaux du pavs annexé continuent; en matière d'appel, on reconnaît ordinairement compétence aux cours de l'Etat annexant, à moins que celles de l'Etat démembré ne soient déjà saisies.

La législation ancienne subsiste sur le territoire annexé (ex. : AIsace-Lor raine j, ou est remplacée par la législation de l'Etat annexant (ex. : Savoie et Nice); mais, dans le premier cas, il y a naturellement une modification progressive de la législation ; dans le second, il y a lieu à une promulgation (en bloc, au besoin) de la législation nouvelle, et souvent, à des dispositons transitoires.

ANNEXIONNISME OU ANNEXIONI5ME [nè-ksi-o-niss) n. m. Théorie en vertu de laquelle on prétend réunir les lictits Etats aux plus grands, leurs voisins, sous préte.tte d'afliiiité de langage, d'intérêts, etc.

ANNEXIONNISTE ou ANNEXIONISTE (nè-ksi-o-nJss) n. m. Partisan de l'annexion, de l'annexionnisme.

— adj. Qui regarde les annexionnistes, ou l'annexion; qui veut l'annexion ; Le parti, les idées annexionnistes

(OU ANNEXlONISTES).

Anneyron, comm. de la Drôme, arrond. et à 45 kilom. de Valence, sur le ruisseau de l'Argentelle; 2.660 hab. Près de là, ruines du château do Mantaille, où se tint, en 879, le concile qui dépouilla les enfants de Louis le Bègue de la couronne de Bourgogne et la donna à Boson.

Annezin, comm. du Pas-de-Calais, arrond. et à

2 kilom. de Béthune, près de la Lawe, affluent de la Lys ; 1.715 hab. Briqueterie, tannerie, société d'exploitation des mines de Vendm-lez-Béthune.

AnnibaL ou Hannibal, fils de Giscon, général carthaginois. En 409 av. J.-C. il conduisit une expédition contre la Sicile, détruisit Sélinonte et Himera. Trois ans plus tard, il retourna en Sicile, et mourut de la peste eu assiégeant Agrigente (406).

Annibal ou Hannibal, dit 1* Ancien, amiral carthaginois du temps de la première guerre punique. Il fut vaincu par lo consul Duilius, en 260^ près des côtes de Sicile, et perdit presque tou e sa flotte. Battu une seconde fois près de la Sardaigne, il fut mis à mort par ses propres soldats (258).

Annibal ou Hannibal, surnommé Barca {VEclair), général carthaginois et l'un des plus grands capitaines de l'antiquité, né à Carthage lan 247 av. J.-C, mort en 183. A neuf ans, il jura une haine éternelle aux Romains. Il accompagna en Espagne son père Amilcar, et lo suivit dans toutes ses campagnes, de 238 à 229. Après la mort d'Amilcar, il revint pour quelque temps en Afrique; mais il retourna bientôt en Espîigne, où il servit sous les ordres de son beau-frère Asdrubal. Après l'assassinat d'Asdrubal, l'armée carthaginoise élut pour chef le jexme Annibal,

Anoibal.

Use

qui avait alors vingt-six ans, et Carthage ratifia l'élection (221). Annibal ne songea drs lors qu'à réaliser la pcns';© de son père, qui fut aussi la pensée et l'œuvre do toute fia vie : la destruction de la puissance romaine. Son plan, simple et grandiose, consistait à menacer et à frapper Rome en Italie. No voulant rien laisser d'hostile derrière lui, il comnicnco par écraser les peuplades espagnoles. Puis il engai^o la seconde guerre punique on assiégeant et brûlant Sagonto, ville alliée des Romains f 210^. Il part de Cartliîtgôno à la této d'une armée do 100.000 hommes, franchit les Pyrénées, lo Rhône, les Alpes, malgré dc« obstacles do tout genre. Il descend en Italie cinq mois après son départ do Carthagène. Son armée est réduito alors à 26.000 hommes ; mais il supplée au nombre par l'habileté et l'audace. Il entraîne avec lui contre Rome les Gaulois cisalpins. Il bat le consul Scipion sur le Tc»sin, lo consul Sempronius sur la Trébie (2)8). Il franchie l'Apennin en plein nivcr, puis les marais d'Ktrurie, où il perd un œil. Il attire le consul Flaminius dans les défilés du lac Trasimène,et l'y bat complètement (217). Il gagne ensuite lo Picenum et l'Apulio, où il est quelque temps arrêté dans ses succès par la prudente tactique do Fabius Maximus. Enfin, il anéantit à Cannes l'armée des consuls Terentius Varron et Paul Emile (210). N'osant assiéger Rome avec une armée trop peu nombreuse, il s'empare du moins do Capouo, où il passe l'hiver. Pendant les années suivantes, la guerre se réduit à des sièges et à des escarmouches, Annibal ne recevant de Carthage que des renforts insignifiants, et les généraux romains n'osant plus tenir devant lui en rase campagne.

Cependant, Annibal reculait : il perdit Capoue, toute la Campanie et Tarente. En 207, il cherchait à opérer sa jonction avec son frère Asdrubal, qui lui amenait d'Espagne un secours considérable, lorsque le consul Néron fit jeter dans ses retranchements la tôte d'Asdrubal, vaincu à la bataille du Métaure. q Je reconnais là, dit Annibal, la fortune de Carthage. retira alors dans le Brutium, à l'extrémité do 1 Italie, s'y défendit encore pendant plusieurs années avec avantage, et n'en fut arraché que par la diversion que tenta Scipion en allant menacer Carthage en Afrique. Rappelé au secours de sa patrie, Annibal quitta en pleurant do rage cette terre où il luttait depuis seize ans. Il fut vaincu à Zama; et sa défaite termina la deuxième guerre punique, en préparant la ruine de Carthage (202).

Nommé suffète dans sa patrie, Annibal réforma l'administration, punit les concussions, occupa ses vieux compagnons de guerre à planter des oliviers sur la terre d'Afrique, entama de tous côtés des négociations secrètes pour nouer une ligue formidable de l'Orient et de l'Occident contre Rome, qui commençait la conquête du monde. Poursuivi à Carthage même par une faction puissante vendue aux Romains, 3 s'exila volontairement, et se retira d'abord auprès d'Antiochus, roi de Syrie, puis auprès de Prusias, roi de Bithynie, qu'il excita à la guerre. Rome, qui ne se croyait pas assurée de vivre tant que respirerait ce redoutable exilé, envoya demander sa tête à Prusias, qui se montra disposé à obéir. Annibal lui épargna cette lâcheté en s empoisonnant n pour délivrer, dit-il, les Romains de la terreur que leur inspire un vieillard dont ils n'osent pas même attendre la mort ». Il avait alors soixante-quatre ans (183 av. J.-C).

— BiBLioGR. : Hennebert, Histoire d'ffannibal (Paris, 1870-1892); Dodge, Hannibal (Boston, 1891).

Annibal AD portas, mots lat. qui signifient Annibal à nos portes! Cri d'alarme des Romains après la bataille de Cannes. Le souvenir de la terreur Qu'ils avaient éprouvée se perpétua dans cette phrase qui devint proverbiale. On la cite quelquefois pour indiquer un péril imminent.

Annibauen (Flavius Claudius), neveu et gendre de Constantin le Grand, qui le fit roi de Pont, de Cappadoce et d'Arménie. Il fut massacré après la mort de ce prince à l'instigation de l'empereur Constance II (338 ap. J.-C).

AnnicÉRIS, philosophe grec, de Cyrène, vivait vers l'an 330 av. J.-C II fut disciple d'Aristippe (fondateur de l'école cyrénaïque), et lui succéda. Il faisait du plaisir le souverain bien, mais en lui assignant comme éléments l'amitié, la reconnaissance, l'amour paternel et filial et l'amour de la patrie. Il créa lui-même une secte, qui prit le nom d'annicériennet et qui se fondit de bonne heure dans celle d'Epicure. — Un autre Annicébis. antérieur à celui-ci et contemporain de Platon, acheta l'illustre philosophe au moment où Denis le Jeune le faisait vendre comme esclave à Egine, et lui rendit la liberté.

ANNIH1LABILITÉ n. f- Qualité de ce qui est annihilable ; Prouver /"anniuilabilitê d'un acte.

ANNIHILABLE adj. Qui peut s'annihiler : La plupart des actes des mineurs sont anniuil.^bles.

ANNIHILANT, ANTE adj. Qui annihile, réduit à rien: Action, itifluefice annihilante.

ANNIHILATEUR (rad. annihiler) n. m. Appareil destiné à l'extinction du fou par la vapeur d'eau, produite par des agents chimiques d'une combustion rapide.

ANNIHILATION {si) n. f. Action d'annihiler ; résultat de cette action : anéantissement : L'a-NNIHIlation d'un acte, d'un testainent.

ANNIHILATIONNISME OU ANNIHILATIONISBfE {ti-Ontss — rad. anniftiler'' n. m. Doctrine qui admet l'anéantissement définitif de l'âme du pécheur.

ANNIHILATIONNISTE OU ANNIHILATIONISTE {si-Oniss) n. m. Qui professe l'annihilationnisme.

— adj. Qui concerne cet anécmtissement, qui s'y rapporte.

— Enctcl. Théol. Au point de vue théologique, tous les problèmes relatifs au sort du méchant, après la mort, peuvent être rangés sons trois rubriques, ou ramenés à trois théories : i" châtiment éternel; 2» retour final à la sainteté et à la félicite; 3* annihilation ou destruction

ANNIHILER - ANNONGIADE

éternelle. Chaque rubrique admet une série de nuances.

Dans les livres de l'Ancien Testament, écrits depuis la captivité de Babylone, la doctrine dune vie future, avec des récompenses et des peines, n'est pas douteuse. Dans les livres antérieurs, cette doctrine n'est jamais niée sans doute, mais elle n'est pas exposée non plus, d'une manière formelle, principalement dans le Pentateuque, qui est avant tout un code civil et criminel. Ce vague a permis aux annihilationnistes d'avancer que leur système s'appuyait sur l'Ancien Testament. Le .luif Philon, qui peut représenter la synagogue, inclinait d'ailleurs, disentils, vers cotte théorie, qui fut peut-être celle de quelqiies Pères de l'Eglise, quoique, à vrai dire, les passages qu on peut citer d'eux en ce sens soient peu aflirmatifs.

La nouvelle école d'annihilationnistes ne remonte guère au delà de 1842, lorsque deux célèbres théologiens américains, Henry Grew et Charles-F. Hudson, se furent déclarés partisans de la doctrine. Ils enseignaient que l'immortalité est toute conditionnelle : elle n'appartient qu'à ceux qui croient en Jésus-Christ, tandis que la « deuxième mort » dont parle l'Ecriture est réservée aux infidèles et aux pécheurs impénitents; et ils ajoutent que cette deuxième mort signifie extinction absolue. Un certain nombre do sectes protestantes se rallièrent à la doctrine annihilationniste : les unes n'admettant aucune résurrection du pécheur mort impénitent, les autres admettant qu'il ressuscite pour subir la« deuxième' mort". D'autres communautés religieuses adoptèrent successivement la doctrine des annihilationnistes. La plupart y ajoutèrent leurs vues particulières ; par exemple, les « cnristadelphes » , qui font au baptême par immersion la condition du salut.

Le nombre des annihilationnistes réunis en églises ou congrégations, aux Etats-Unis, est évalué à 100.000 environ. Bien que peu nombreuse, cette secte est animée d'un grand zèle de propagande ; elle a ses journaux, ses revues et ses écoles publiques. Parmi ses pasteurs et ses évoques, elle compte des théologiens d'une science incontestable. 'Tel a été, par exemple, Charles Hudson, dont l'ouvrage, Christ, notre vie, expose la doctrine annihilationniste avec une remarquable habileté. Plus considérables au point de vue de l'exégèse biblique, et plus curieux au point de vue psychologique sont le livre du révérend J.-H. Pittingell, la Vie étemelle (1882), et surtout le grand ouvrage de 'William-R. Hart, intitulé le But suprême liii3, 2» édit.). En Angleterre, l'évéque Hampden, d'Hereford, mort en 1878, a été un des plus zélés partisans de la doctrine ; le dogme du châtiment éternel n'est pas imposé aux ministres de l'Eglise anglicane. L'œuvre de propagande de l'évênue Hampden a été continuée par le révérend Edward White. Son livre, la Vie par le Christ, est, pour ainsi dire, la clef de voiîte de l'Eglise annihilationniste d'Angleterre. Un grand nombre de ministres anflicans et de ministres non conformistes se rallièrent à la octrine, et 'White forma, en 1876, une société ou congrégation religieuse sous le nom de « Association de l'immortalité conditionnelle u [Conditional immbrtality Association). Cette société, qui compte environ 1.500 membres, a publié de nombreux ouvrages en vue de répandre la doctrine de l'immortalité conditionnelle. Dans les pays do langue française, Pétavel-OUif, auteur du Problème de l'immortalité (Paris, 1891), est l'apôtre de l'immortalité conditionnelle.

ANNIHILER (du lat. ad, à, et nihil, rien) v. a. Réduire à rien; anéantir : Annihilée un privilège. Dieu n'a placé nulle part une force pour qu'elle se laisse annihiler par l'inaction, fj. Simon.)

S'ann//7//e/\ v. pr. Etre réduit à rien ; être anéanti.

— Fig. S'effacer : L'homme d'esprit sait que, pour se faire valoir, il convient de s'annihiler quelquefois.

— Anton. Confirmer, consacrer, conserver, consolider, maintenir, sceller, valider.

ANNION (du lat. annus, année) n. m. Dans l'anc. dr.. Espace d'un an, délai d'un an. il Bénéfice d'annion. Délai d'un an qui était accordé au débiteur, par lettre de chancellerie, pour empêcher la vente de ses meubles à vil prix.

Anniston, ville des États-Unis (Alabama), à la base du Blue-Kidgo; 10.920 hab. Mines de fer; marché de coton.

ANNITE n. f. "Variété de lépidomélane, mica noir appartenant au genre biotite.

Annius de "Viterbe (Jean Nanni, dit), maître du sacré palais sous le pape Alexandre "VI, né à Viterbe en 1432, mort à Rome en 1502. Il est surtout connu par un recueil d'Antiquités (Rome, 1498), où il rassembla de prétendus fragments retrouvés d'auteurs anciens, tels que Manéthon, Bérose, Fabius, Pictor, Archiloque, etc. De lon-

fues polémiques eurent lieu à ce sujet parmi les érudits u XV!' et même du xvii' siècle. On croit qu'il avait été lui-même victime de faussaires restés

ANNIVERSAIRE (du lat. annus, et versus, tourné) adj. Qui rappelle le souvenir d'un événement arrivé à pareil jour une ou plusieurs années auparavant; qui est destiné à en conserver la mémoire ; Jour anniversaire. Félc

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