‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 344 sur 828 · APOLLONIA - APOLLONIUS · texte numérisé non relu

APOLLONIA - APOLLONIUS

Apollon, Etre remarquable par rexpression, par la pureté desonihant.lliim.«-, /■an-e des vers en dépU d ApMou, Faire des vers sans avoir aucun talent, il Jinfanls, lus, favoris d'Apollon, Les poètes, il Par antonomase, C est un Amllon, se disait d'un excellent poète, et ironiquem., d'un mauvais versificateur. « On le disait aussi d un homme remarquable par sa beauté et 1 élégance de sa taille. » Ce nom se prenait encore comme syn. de génie inspirateur : La colère suffit et vaut un AjioUon.

— Myth. On n'est point d'accord sur l'origine du culte d'Apollon. Les uns le font venir d'Orient ; et, do fait, il apparaît très anciennement sur la-c6te d'Asie ou dans les îles voisines, en Lycie, en Troade, en Crète. Suivant d'autres, ce culte est purement grec : il se développe d'abord à Tempe, d'où il se répand dans toute la Grèce, avec les Doriens. Ce qui complique la question, c'est que

cl3-os. Délias, etc. La liste de ces surnoms serait interminable, car Apollon avait des fidèles et des temples dans toute la Grèce. Beaucoup de ses temples renfermaient des oracles célèbrcjs : par exemple, ceux de Delphes, d'Abiè en Phocide, d'Acrajphia, de Thèbes, des Branchides à Milet, de Claros près de Colophon. Depuis le vr siècle, surtout sous l'influence de l'oracle des Delphes, Apollon était devenu peu à peu le dieu favori de l'imagination grecque, le type idéal de l'Hellène. A !'« époque hellénistique», il fut supplanté par les divinités mystiques de l'Orient, et on le confondit de plus en plus avec ïléiios et Hypérion. Mais, du vi" au iv" siècle avant notre ère, il tint une place prépondérante dans le calendrier religieux. Le premier et le septième Jour de chaque mois lui étaient consacrés, et l'on célébrait en son honneur une foule Je l'êtes ; les daphnéphories, les tliéophanies, les tharijélies, les lujacinlliies, les pythiijues, les fêtes de Délos, etc.

Statues antiques d'Apollon.

les anciens eux-mêmes distinguaient plusieurs ApoUons. Aujourd'hui, l'on tond à admettre l'existence d'un Apollon dorien, dont le culte s'est propagé par les migrations doriennes, et d'un .Apollon ionien, dont lo culte s est répandu surtout par mer. Mais ces deux ApoUons se sont souvent confondus, et leurs légendes se sont mêlées.

Suivant la tradition la plus accréditée, Apollon est fils de Zens et de Lèto. Il naît à Délos, où sa mère avait trouvé un refuge. A Delphes, il tue le serpent Python. Il doit s'exiler après ce meurtre, va se purifier à Tempe, puis revient à Delphes. La route qu'il suit alors deviendra la " "Voie sacrée « , où chemineront les processions à la fête des Septeria, instituée en souvenir de son premier exploit, et célébrée tous les neuf ans. Chaque automne, Apollon se retire chez les Hyperboréens, dans l'extrême nord, et il revient au printemps. D'après d'autres légendes, il tue les cyclopes, pour venger son fils Asclépios, foudroyé par Zeus, et il est condamné pour ce meurtre à servir Actmète. Avec Poséidon, il est encore esclave du roi Laomédon, et travaille à la construction des murs de Troie. Il a de nombreuses aventures galantes ; par exemple, il poursuit la nymphe Daphné, qui est changée en laurier. Pendant un séjour en Laconie, il tue Hyacinthe, en jouant au disque. Il lutte contre Tityos, contre les géants Alo'ides, contre Eurytos. Il frappe de ses flèches les Niobides, et fait ôcorclier Marsyas, qui lui dispute le prix do la musique.

Ses fonctions sont innombrables et très variées. Il est le dieu do la lumière, et conduit le char du soleil. C'est aussi un dieu agricole : i>a. ' mm,!;.', -mi Laconie, à Amy-

clées, sous lo nom d'Aptill i n Arcadie, sous le

nom d'Apollon Nomios. Il i : Mitributions morales. C'est lo dieu des puniii j i^. \,- dieu vengeur qui

déchaîne les épidémies et préside aux morts subites, lo dieu protecteur, le dieu médecin, le dieu des arts, surtout do la poésie et de la musique. Enfin, c'est par excellence lo dieu de la divination.

Par ces attributions si diverses, ou par la vie légendaire du dieu, s'expliquent la plupart des surnoms ou des épithètes d'Aiiollon : Phoibos (le brillant), Pythios ou Pijihoktonos (lo vainqueur du dragon), Hékatébolos (qui frappe de loini, Arqurotoxos {k l'arc d'argent), SùterlXa sauveur), Alexilsnkos (le secourable), latromantis (le médecin devin), Musaqèle (le chef des Muses), Apollon SauTOCtone (tueur de lézards), Apollon Citharéde (tenant une cithare), etc. D'autres épiibètes ont un caractère géographique ; elles se rapportent aux pays où Apollon ■ était spécialement honoré : Clarios, Lykios, Isménios, Amy-

Le culte d'Apollon fut importé à Rome sous les Tarquius, avec les livres sibyllins. On lui bâtit un teiiiplo vers 432 av. notre ère, pendant une épidémie. Les jeux apollinaires furent célébrés pour la première fois en 212, pendant la seconde guerre punique. Auguste bâtit un temple d'Apollon sur le Pa'atin, et lui attribua la place d'honneur dans les jeux séculaires. Mais Apollon n on resta pas moins pour les Romains un dieu étranger.

— Iconogr. Les représentations figurées d'Apollon ont beaucoup varié suivant les époques. A l'origine, on lui donnait la forme d'un simple pilier conique, et les statues d'Apollon Agyieus, qu'on plaçait devant les maisons, ont toujours conservé cette forme. L'Apollon d'Amyclée était un pilier conique, surmonté d'une tète casquée, avec des pieds, des bras, une lance et un arc. Plus tard, ce furent de grossières idoles de bois, des xoana. Au vi" siècle, apparaissent les grandes statues de pierre, raides et lourdes, dont nous possédons une riche série (ApoUons d'Orohoraène et d'Acrœphia au musée d'Athènes; Apollon de Ténéaà Munich: Apollon d'.ictium au Louvre, etc.'). Dès cette époque, le dieu est représenté sur une foule de figurines et de vases. Un peu plus tard, Kanakhos crée le type de l'Apollon Didyméen, et Kalamis, le type de l'Apollon Alexikakos. Pui's Phidias sculpte l'Apollon Parnopios, placé sur l'Acropole. Au iv* siècle, Scopas fixe le type do l'Apollon Citharéde, et Praxitèle, le type de l'Apollon Sauroctone. Enfin, vers le temps de Lysippc, apparaît le type d'Apollon vainqueur, dont nous avons une belle réplique dans le célèbre Apollon du Belvédère. Les Romains n ont fait que copier ces divers types. Ajoutons qu'Apollon figure sur une foule de bas-reliefs et ilc vases peints, où sont représentées ses luttes contre Python, Tityos, Marsyas ou Héraklès, le massacre des Niobides, la" purification d'OresIe, etc. Les principaux attributs d'ApoUon sont le griffon, le cygne, le coq, l'arc et le carquois, le trépied, la lyre, le laurier et le palmier.

ApoLLONIA, cap de la Guinée (Afrique occidentalcl, sur la Côte d'Ivoire, près duquel se dressent un fort et un établissement anglais du même nom. — Plusieurs villes dans l'antiquité portèrent le nom do ApoUcnia. La plus connue est 1 Apollonia d'Illyrie.à l'embouchure de l'Aous, célèbre par un oracle; en 214 av. J.-C, le propréteur Nœvlus y défit Philippe III, roi de Macédoine.

Apollonia ou ApOLLONIS, femme d'Attale, roi de Pergame. Elle eut quatre fils, parmi lesquels Euniène et Attale II, qui furent remarquables par leur union frater-

nelle. Us gardèrent pour leur mère un attachement exemplaire et lui érigèrent, à Cyzique, un temple dont les magnifiques bas-reliefs ont été en partie conservés.

APOLLONIAS((is5— du gr.apoWoHias, consacré à Apollon) n. f. Genre de làuracées, série des cinnaraomées, renfermant une espèce indienne et une espèce des îles Canaries, cultivée dans nos jardins sous le nom de « laurier de Ténérilfo ». Syn. apolloniadiî.

ApOLLONIATE, celui, celle qui habitait une des villes anciennes nommées Apollonia : Un, une Apolloniate.

— Adjectiv. Qui appartientà l'une de ces villes : Statues .vpolloniatks.

Apolloniatis [tiss] [lacus], anc. nom d'un lac très ]m.i^m.ij:u-u\ de l'Anatolie (Turquie d'Asie), situé au S.-O. .Ir l;iMU-sr. La plus grande de ses îles passe pour l'ancRiiii'-- Ajn>/lnjiia ad Hhyndacum.

APOLLONICON (de Apollon, a. myth.) n. m. Grand orgue à c} lindre et à cinq claviers, qui a été inventé par les Anglais Flight et Robson, en 1817. Cet orgue peut être joué à volonté par un organiste, ou par un mécanisme, au moyen de cylindres notés. Cet instrument contenait 45 jeu.x et 1 .800 "tuyaux.

ApOLLONIDES de Nicée, grammairien grec, dédia à Tibère un commentaire sur les silles de Timon, dont il reste des fragments. — Il y eut encore plusieurs Apollo- NlDKS dans l'antiquité j notamment, un historien et géographe qui avait écrit une relation de VAmbas.^ade de Démosthène (que d'autres attribuent au précédent).

APOLLONIEN, EHNE [in, én')adj. Qui approche de la beauté idéale d'Apollon, ou qui se rapporte à lui. Il Qui appartient au géomètre Apollonius. Il Hyperboles apolloniennes, courbes apolloniennes. Hyperboles, courbes ordinaires du deuxième degré.

ApoLLONIO (Giacomo), peintre d'histoire et de paysages, né et mort à Bassano (1584-1654). Elève de ses oncles, Girolamo et Giambattista Bassano. On voit de ses œuvres à Bassano, et dans la galerie Doria, à Rome.

APOLLONION (de Apollon, n. myth.) n. m. Instrument à clavier inventé par Jean Vœlle"r, à Cassel, vers la fin du xvui" siècle. Cet instrument était un piano à deux claviers avec plusieurs jeux d'orgues, surmonté d'un automate jouant de la flûte.

Apollonios de Perga, géomètre et astronome grec, florissait à Alexandrie vers 205 av. J.-C. Originaire de Perga, en Pamphylio. Disciple d'Archimède, et l'un des créateurs des sciences mathématiques, il a laissé un traité des Sections coniques, dont nous n'avons que les quatre premiers livres dans le texte original. Le reste nous est parvenu par une traduction arabe. Cet ouvrage a été publié à Oxford(niO), parGrégory etHalley. La plupart des propriétés des coniques devaient être connues par Apollonios, mais sous une forme plus compliquée.

Apollonios de Rhodes , poète et grammairien grec, né à Naucratis vers le milieu du m' siècle av. J.-C, vint à Alexandrie sous le règne de Ptolémée Evergète, vers 220, et devint élève de Cailimaque. Il célébra en vers des fondations de villes, puis choisit comme sujet d'un poème épique la légende des Argonautes. Cailimaque, ennemi des longues épopées et partisan des petits poèmes, l'obligea, par ses critiques et ses menées, à se retirer à Rhodes. Là, tout en faisant à son adversaire une guerre d'épigrammes, Apollonios enseigna la grammaire, et fit bien accueillir ses Argonautiques des Rhodiens, qui le comblèrent d'honneurs. Revenu à Alexandrie après la mort do Cailimaque, il fut bibliothécaire avec Eratosthène et mourut dans un âge avancé (vers 186). U avait écrit des commentaires grammaticaux sur les anciens poètes. Mais il est surtout connu par son épopée sur l'expédition des Argonautes. CV. Argonadtiqces.) n n'a su donner à son œuvre ni l'unité épique, ni un intérêt national : il y fait un trop grand étalage d'érudition ; mais il se montre tout à fait graiid poète dans l'analyse psychologique de l'amour de Médée (chant III), beauté toute" nouvelle dans la littérature grecque. Virgile lui a beaucoup emprunté pour le caractère de sa Didon. Sa langue, toute savante, est surtout tirée d'Homère.

— BiBLioGR. : Edition de Merkel (Leipzig, 1854 [trad. de La Ville do Mirmont]) ; Couat, la Poésie alexandrine (Paris, 1882).

Apollonios de Tralles, en Carie, sculptetu- grec , vivait vers 200 av. J.-C. Il exécuta, avec Tauriscus de Tralles, son frère, le fameux groupe connu sous le nom de Taureau lùirnésc, un des chefs-d'œuvre de l'école rhodienne. V. taureau Farnése.

Apollonios, surnommé Molon, rhéteur grec et stoïcien, qui, originaire d'Alabanda, établi à Rhodes, vivait vers 40 av. J.-C, fut lo chef d'une écolo florissante et compta parmi ses disciples Cicéron et Jules César. Il cultivait l'éloquence tempérée.

Apollonios le Sophiste, lexicographe grec, qui vivait à Alexandrie, où il était né, au temps d'Auguste. 11 composa un Lexique des mots dont Homère s'est servi, ouvrage cjui a été fort altéré, mais qui n'en est pas moins d'une grande utilité.

Apollonios de Tyane. célèbre philosophe néopythagoricicn, né dans le bourg de Tyane, en Cappadoce, vers le commencement de l'ère chrétienne, mort àEphèse sous le règne de Nerva. Il embrassa de bonne heure les doctrines de Pythagore, voyagea en Asie Mineure, à Babylone, puis dans les lnd"es, où il étudia les dogmes des brahmanes. Partout il prêchait la réforme des mœurs et les dogmes pythagoriciens. A l'exemple de son maître, il ne se nourrissait que de légumes, s'abstenait du vin et des femmes, donnait son bien aux pauvres, vivait dans les temples, apaisait les séditions et instruisait les hommes, marchant pieds nus et laissant croître ses cheveux. Bientôt il se mit à faire des miracles, ou du moins on lui en attribua. Domition lui fit subir une persécution qu'il supporta avec beaucoup de courage. Apollonios mourut à Ephèse, où il avait établi une écolo pythagoricienne. On lui érigea des statues et des temples, et les païens essayèrent d'opposer ses miracles à ceux de Jésus-Christ. L'éclatante célébrité de ce philosophe indique assez qu'il fut un dos hommes les plus extraordinaires de son temps, pour lo savoir, la vertu et l'éloquence; cependant, ou n'a sur lui que des notions incertaines. Le récit

do sa vio par Philostrato, qui écrivait prôs do douxsiècloR plus tard, est dûligurô par tant do fal)los, qu'il ost presque inipossiblo d'y discoruor la vérité. Il no rosto d'Apollonius do Tyano quo quatro-vingt-quatro lotlros ot son Apologie à Doîniiiou, ouvrages d"uno authiîndcité doutouso.

— lîiuLioQB. : Chassang, le Merveilleux dans l'antiquité; Apollonius (le Tyane (1882).

ApOLLONIOS d^ Athènes, statuaire grec, florissait, à co qu'on rroti. au \" sic'fio do l'ôro chrétionno. Il est l'autour do ladniiraljlo fra;<m<Mit connu sous lo nom do Torse du Dchi-dvrc. V. TOKSt: J)U BELVUoklŒ.

Apollonios Dyscole {Qui a ma/ rfr^'/v; ainsi sur- Domniô à cause do r:\preto do sa critique ot do son caractoro ciiajfrinj, granimairion d'Aloxaitdrio, qui vivait au II" siÔcio. On a conservé do lui un Traité sur la syntaxe, qui témoigne d'une profonde connaissanco do la langue grecque et do ses dialectes, ot quatre autres traités.

— BiBLioCiK. : Eggor, lassai sur l'histoire des théories grammaticales dans l antiquité (,1851).

Apollonios. Co nom est commun :ï un grand nombre de méilorins -j^rery ■ Ai'ou.oNios, surnommé l l/érophilicn,

S arec .]ii it - iii! i; i|.!('d'Hérophilo. (II florîssaitàAIoxanriedaiis \'' li 11 I ■ .IV. .I.-C.); — Apollonios VEmpiriqur, qui viv.iu ;i A liximlrie dans le ïi" siècle av. J.-C. et I II*; I I 1 lu ii^'iieuHHit do Sérapion. (11 appartenait ù. lu I i'iriquGs)\ — Apollonios «e /'eïv/w/nc', qui vi-

\ Il . I '^ siôclo av. l'éro chrétionno. (Il reste dans

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