II
ApOLLOS, Juif d"Alexaudno, qui vivait dans la seconde moitié du 1" siùclo de notre ôro. Il se lit clircilcn vers 54 apr. J.-C, et se mit à prêchor la religion nouvelle à Corinliie et ù Ephùso. Il acquit uno autorité telle quo, durant, quelques années, on l'opposa ù saint Pierre et à saint Paul.
APOLOGÉTE n. m. Syn. do apologistk. V. ce mot.
APOLOGÉTIQUE uîj. Qui contient uno apologie, qui tient di- la|)oiiim.-.
— n. I". \.\ij>ni,Hi' h'i'ic. Partie de la théologie qui a pour but de dt'li.ii'iir l.i i-liL^ion chrétionno contre Jos attaques: Le (jénic d'iiiir ihroinf/ir se reflète toujours dans Tapolo- GÉTiQuK à l'K/n.'lh' fl/<: domie 7taissaîice. (Ed. Scherer.)
— Pariicuh.T.'iii. n. m. Titre d'un livre composé par Tcrtullieu pour la Ji-lVnso du christianisme.
— Enxycl. Comme il n'y a pas de religion qui n'ait ses détracteurs, il n'y en a pas non plus qui n ait son apolo- (jètiquc; c'est l'arsenal tnéologiquo oii ses défenseurs vort pni 'T les prouves et los arguments dont ils ont besoin
I r.-[iousser les attaques dont cUo est l'objet. Tout ou-
luut traité, quels qu'en soient d'ailleurs 1: titro Dt il I '. hii\ écrit pour la glorification d'un systcmo l'idées reliLîieitsrs. ;iiPiMit irut à l'apologétîquo. 'Mais ce sont surtout Ir. ,i|...ln i .i.s du christianisme qui ont fait l'éclat et la (.-eli'l'iii'' ili- ■iiii' science.
Au ni"\<'ii ;u ■. Il- riiristiaaisrae n*a à se défendre quo contre les liêrésies. L'apologétique devient la polémique. Elle n'est vraiment elle-même que dans guciqucs ouvraï;es peu nombreux : la Summa calholica fiaei contra gcntile , de saint Thomas d'Aquin; le Pugio fiaei adversics Mauros et Judxos, de Raymond Martini '^1278). A la Renaissance, Marsilo Ficin cherche à concilier le Christ et Platon; Savonarole relève surtout les etfets moraux du christianisme; Vives maintient l'accord des recherches spéculatives et de la foi sincère.
Après la Réformation, la polémique entre prolestants et catholiques passe au premier plan. On trouve pourtant, au xvii" siècle, quelques ouvrages d'apologétique générale : Pascal, Bossuet, Huet, y ont attaché leurs noms chez les catholiques; Hugo Grotius, J. Abbadie chez les pi'itiostants. Au xviii"* siècle, l'apologétiquo compte Loeke
II Iiikil.v ]tarmi ses représentants; avec Butler, cUo .1 I M l'-> <l'i!itos. En France, elle ne compte à co moii iiiiiiir nom un peu marquant, quo celui de l'abbé
'" A tiiiicve, elle est renouvelée par J. Vernet,
TtiiTctin, iji, Koiimi: on Allemagne, par von Hailcr, Less, Ni.-..,lr K^mlianl, etc. Au xix" siècle, elle produit en Frai Kl.' !<■ 'm " ■in ( In-istianisme de Chateaubriand ; les Conférences du Fra\ siinous et celles du P. Lacordaire ; le premier volume "do l'jEssai sur l'indifférence en matière de religion, de Lamennais; les Etudes philosophiques sur le christianisme (1842-1845) de Aug. Nicolas, et, plus récemment, les ouvrages distingués des abbés Bougaud, de Broglie, d'Hulst, etc. Chez les protestants français, ello compte les noms de Samuel Vincent, Vinet, Ernest ÎNaville. Ch. Socrétan. Ch. Bois. E. de Pressensé, etc.
— Anton. Critique, dépréciateur, épigrammatique, improbateur, improbatif, mordant, réprobateur, satirique, virulent.
Apologétiç^ue do Tcrtullien. Cet ouvrage, un des plus justement admirés des premiers siècles chrétiens, parut vers l'an 200 apr. J.-C. Comme on avait été aux chrétiens la liberté do so défendre devant los juges, Tertullien entreprend de prouver par écrit leur innocence. S'adressant aiLX magistrats de Cartbage, aux gouverneurs des provinces, à l'empereur lui-même, il montre les progrès croissants do la religion nouvelle. On connaît ces nêres paroles, si souvent citées : n Nous no sommes que d'hier, et nous remplissons vos cités, vos colonies, l'armée, le palais, lo sénat, ie forum; nous ne vous laissons que vos temples. » Cette religion qui pénètre partout, on la condamne sans la connaître; ces chrétiens si nombreux, on los envoie au supplice sans los entendre; on ne s'informe pas do ro qu'ils ont fait : le nom seul de n chrétien » est un crime di-ne de mort, Jns,,u"alors, les apologistes, tous gr.'> . ■ n, h! , ,\ - ,i ;irt,Mimcnts philosophiques et ç.rir :; ,,;,,,■ ;, i,.i>on, lo bon sens, l'humanité: ils ^ ,. ,. . ,, :i ., l ;,.,inn,.', a-t-on dit, plus qu'au Romain, f . .^i 1. i;.>jii.iiii .nie Tertullien veut persuader, et il argumente en juriste et en politique.
APOLOGIE (gr. apologia; do apn, indiquant écartoment, et logos, discours) n. f. Justilication. défense d'une personne ou d'une chose : L'écrivain qui fait Z'àpologie du critne en est le complice. (J. Simon.)
— Discours, ouvrage qui contient une apologie : Platon a écrit /'apologie de Socmte.
— Par ext. Tout ce qui tend à justifier quelqu'un : La conduite du sage fait son apologie.
— Anton. Att.iquo, blâme, condamnation, cennure, critique, décrl, dâni(|romcnt, déprtïclatlon, déBapprobaUon, détraction, diatribe. llétrlH8urG, Improbatlon, objurgatlOD, phllipplque. ravalement, réprébenulon, Hatlre.
— .SVN. Apologie, délense, juBtlhcation. L'apologie est une répunso à <les reproches généraux, vaguos, comme ceux quo l'on adressait aux premiers chrétious, ot est ordinairement spontanéo. La défense a pour but de repousser uno attaque. La justification est la prouve ou la manifestation do l'ionoconco d'un accusé.
Apologie de Socrate, ouvrage do Platon, quo co philosophe composa plusiours années après la mort do son maître. C'est un discours par lequel Socralo so défond, on présence dos héliasios, contre los imputations do Mélétos, qui l'accusait do corrompre la jeunesse et d'introduire des divinités étrangères, — ot on général contre la méflanco ot la haine quo lui attiraient ses rochorches philosophiques ot sa réputation de sagesse. Suivant la remarque de Denys d'Halicarnasso, ce discours se divise en trois parties : dans la première, Socrato r»''fute ses accusateurs; dans la socondo, reconnu coupable, il iliiriiiiiiie la peine qu'il croit avoir méritée; dans la II 'iMcriir, < Miiil.HuiM- à mort, il abandonne ses juges au jii riiiciii 'l<- la jMisdriié, ot console ses amis par ses esiirr, s ■\ iniitH.nalii'i. Dans ce livre, l'ironio quo Platon Immim- ■] iinliiiaire ;i Socrato, tout on restant mesurée, se r.iif vi\r ri :iiiiérc, ot en même temps, uno haute di- ^'iiiic tii.il air irp.uid dans tout l'ouvrage uno éloquence dfdai-iirii^c, mais entraînante.
Apologie da Socrate, attribuée à Xcnopbon. Cet ouvrage, considéré comme authentique par Diogèno do I.aerte. Arhrn.'c et STobëe. a paru apoervpho aux critiques mndn- M \v.,\. 1 ru,,, [■, Hm h, 1, ,'Zoller. Si on lo
compare ri ,, ,. : , ,|. i,;,, ,1 offre un stylo
soc, une r, I, ., I, ,H, ,1, ,. , MH-diocre. Il fait
doubht riu|ii , . I II, I i,r. pi,,,, , . -los Méinorahlcs. M;ii> ' '■'' 1 ' "I 11" ■.riiiLlr-iit ])as a^sr/ décisives pour en '■'il'''i II 1 i'r:n,[,- ;i Xëuophon; il donne dos détails INI' I' ,; <i iriMtii il repose sur une idée nouvelle et i"i'i'' 1' ii^'ii \aiiL nueux désormais pour Socrato quo la vie. ' *
Apologie pour Hérodote, ouvrage célèbre do Henri Estienne, publié à Genève en lôGG. L'auteur venait d'imprimer à grands frais les Histoires d'Hérodote, quo beaucoup do gens décriaient en répétant qu'elles étaient remplies do fables et de contes à dormir debout. Henri Estionno entreprit de justifier Hérodote. Mais cette Apologie n'est pas seulement une œuvre de critique historique; c'est encore un très liardi pamphlet. Sous prétexte de défendre la véracité d'Hérodote, l'auteur fait le procès aux dérèglements, aux superslitions et aux préjugés de son siècle, surtout au clergé catholique et à la cour de Rome. L'ouvrage fit grand bruit et eut douze éditions. Il effraya jusqu'au Consistoire de Genève, qui imposa à l'auteur, des l'ûpparitinn du livre, beaucoup de modifications et de sup-
f rossions. C'est do nos jours seulement que l'on a publié Apologie sous sa forme primitive.
Cf. l'édition de Ristelnuber, précédée d'une introduction qui contient l'interrogatoire do Henri Estienne, d'après les pièces d'archives do Genève (1879).
Apologie pour les chrétiens, par Aristide (ii* siècle). Cette œuvre d'un philosophe grec converti au christianisme n'a été retrouvée qu'en 1878 chez les Pères mékhitaristes, qui en publièrent deux textes arméniens. Un texte grec fut découvert l'année suivante. Le caractère particulier de cette apologie est quo l'auteur y défend lo christianisme comme une philosophie supérieure, en faisant abstraction de son origine surnaturelle. Il donne pour rûlo essentiel à Jésus d'avoir tiré les hommes de leurs erreurs. H insiste surtout sur le monothéisme et met en rapport la vraie doctrine sur Dieu avec les bonnes mœurs des chrétiens, dont il fait un tableau intéressant. On trouvera la traduction du texte grec, ainsi qu'une bibliographie complète et dos détails sur tous les problèmes soulevés par cet ouvrage, dans le livre de Maurice Picard, l'Apologie d'Aristide.
Apologies de saint Justin. On range parmi les œuvres de co Père de l'Eglise : une Première Apologie adressée à l'empereur Antonin le Pieux, au sénat et au ueuple romain, dans le but d'établir la divinité de la religion chrétienne ; et une \ ■,-■■', 1,, '.^lie, où il s'attache à prouver que la per^r i ii\redes démons,
et que les chrétiens, loin i, .à l'empire, lui
servent au contraire de sau\ ■ "'
APOLOGIQUE adj. Qui Cu
Di( uno apologie. (Peu
APOLOGISER V. a. Faire l'apologie.
APOLOGISTE (j(«*l n. Celui, celle qui fait l'apologie d'une personne ou d'une chose : Il était juste que Marh/<irel. rAPOLOC.iSTK de César Borgia, fût le détracteur de Louis XII. (Andrlcux.) n Syn. apologète.
— Particulîèrcm., Nom do'nnc aux docteurs chrétiens des premiers siècles qui présentèrent aux empereurs des apologies de la foi nouvelle. Les plus célèbres furent : saint Justin: Quadi-at, chef de rF-l-r ■ A^'n,..^ ; Aristide d'Athènes, Ariston, saint Mélr r ^ , , , Sardes; saint Apollinaire, gouverneur de 11. il : 'iLdis en Pbrygio ; Taticn ; Athénagore ; saih I .,,; ;: i, , ôvêquo d'Antioche ; Hermius, etcT, parmi les C.re. .s ; —Tertullien, Minutius Félix et Arnobe, parmi les Latins.
— Anton. Censeur, critique, critiqueur. dénigreur, dépréciateur, désapprobateur, détracteur, trondeur, improbateur, objurgateur, réprobateur.
APOLOGUE (du gr. apo, sur, et logos, discours) n. m, Kécit dont on tire une instruction morale : Les apologci:.s d'Esope. Chez La Fontaine, Tapologue n'est plus qu'un ornement de l'entretien. (Ste-Beuve.)
— Par ext. Enseignement, leçon : Les révolutions sont les APOLOGUKs des nations. (Proudh.)
— Encycl. Doux autres genres de fictions se rapprochent de Vapologue, au noint qn'il est parfois très dimcilo do distinguer les unes des auiios : co sont la fable ot la parabole. On peut dire toutefois d'une manière générale : 1<* que la fable forme par elle-même un tout liTtéraire et détaché, tandis aue l'apologue et la parabole font le plus souvent partie d'un ensemble où ils ne figurent quo par accident (c'est ainsi quo la Bible contient nombre d'apologues, ot l'Evangilo nombre de paraboles) ; 2** que la fable peut n'être qu'une scèno décrite par un peintre et I APOSfÉE n. f. Syn. de ipouéb.
no comporte pas forcément uno moralité. L'apologue, au contraire, est uno comédie on abrégé, une ftaiirc en action, mai» sans violence, on un mot une œuvre dramatique en raccourci. On en pourrait diro autant do la parabole. Apologue ot parabole ont, en outre, un but commun, toujours le mémo : rondro l'homme meilleur. Los fables do La Fonlaiiic sont souvent dc« apologues.
L'origmc de l'apologuo so perd dans Ui nuit des t«mp« ; il parait an.ssi ancien que lo monde. Quelles circonstances le tirent pour la première fois moiiro en pratique 7 où, et quand, le fait eut-il lieu pour la première fois? Nul oe lo sait; mais il est raisonnable do conjecturer : 1" quo le premier auteur dapologuos fut ou un esclave qui voulut, sans irriter son maître, faire entendre uno plainte, un conseil, uno remontrance, ou un sage désireux d'instruire un prince sans froisser son amour-propro ; 2* quo l'apologue naquit en Orient, pays do rcsclavagc et do l'imagination, c'cst-à-diro do la métaphore dans la parole, do l'hiéroglyphe dans l'écriture, des allégories qui ne sont (pic des métaphores continuées, des mythologies qui ne sont quo do grands systèmes d'allégories plus ou moins conscientes. Que l'on joigne à cela l'influenco considérable que la doctrine de la métempsycose dut avoir dans l'Inde pantltéisto sur le dévetoppcmcnt de l'apologue. Celte croyance que les àmos acs morts passaient dans le corps dos animaux, quo ceux-ci étaient des frères malheureux co vertu d'une loi do justice, dut faire donner la plus grande attention â. leur vie, à leurs actions et mémo ;\ leurs moimires mouvements. Pour les Indiens, l'apologue n'a pas lo caractère do fable ; c'est l'expression do la réalité.
C'est dans l'Inde qu'a été composé le plus ancien recueil do fables connu dans l'Orient; il est intitulé Calila et Uimna, et attribué à un brame nommé Bidpai ou Pilpai. De rindc, l'apologue so répandit dans le Thibet et la Clune, en Perse, en Arabie, et enfin passa en Occident. L'antiquité grecque nous offre quelques fables éparses dans Hésiode, Archiloque, Stésichorc, etc., et un recueil, dont la date est à peu près incertaine, sous le nom d'» Esopo », esclave phrygien, que la tradition classique a longtemps considéré comme lo père de Vapologue; enfin, les fables de Babrius(ii' ou iri» siècle av. J.-C), celles d'Aphthonius (II" ou 111' siècle apr. J.-C).
Chez les Latins, on cite l'apologue les Membres et l'Estomac, employé en 493 av. J.-C. par Ménénius Agrippa, pour ramener à Homo le peuple retiré sur le mont Sacré. Nous trouvons dans Cicéron k Vieillard et les Trois Jeunes Hommes ; dans Horace, le Hat de ville et le Rat des champs, le chef-d'œuvre de l'apoioguo dans l'antiquité. Enfin, nous avons le recueil de Phèdre et celui d'Avianus (v* siècle). A noter qu'Esope et Phèdre étaient des esclaves.
La France du moyen âge montre pour l'apologue un goût dont témoigne le Roman de Renart fxiii' siècle). Rutebcuf nous donne la fable l'Ane et le Chien; la fable le Renard et le Corbeau est racontée avec naïveté et finesse dans la farce de l'Avocat Palhelin (xv* siècle). Au x\i* siècle, Guillaume Haudcnt et Guillaume Gueroult écrivent des fables qui ne sont pas sans mérite, mais dont le grand tort est de précéder de trop près celles de La Fontaine. Enfin, nous arrivons au xvu* siècle et au poète inimitable qui sut s'approprier tout ce qu'il imita, et confisquer, pour ainsi dire, le genre à son profit. Phèdre, Esope, Pilpai, avaient fait des fables ; il vient, et les prend toutes, et ces fables ne sont plus celles de Pilpai, d'Esope, de Phèdre : ce sont les fables de La Fontaine. Tout se trouve dans la « comédie à cent actes divers ■ du • bonhomme » : l'observation profonde et fine, la sensibilité, la malice, la grandeur, 1 énergie, l'élégance, la délicatesse, l'ingénuité, la beauté noble et décente. Et la grâce plus belle encor que la Wauté.
Dans le siècle suivant et dans le nôtre, La Fontaine a eu des successeurs, dont plusieurs, tout en restant très loin du maître, ne manquent pas d'originalité. Nous citerons particulièrement Lamotto, Florlan, A'iennet, Lacbambaudie, L. Ratisbonne.
Les littératures étrangères nous offrent les noms de Passeroui, Pignotti et Bertola. en Italie ; de Gellert, Lcssing, Hagedorn, Lichtwer, Gleim et Pfeffel, en Allemagne ; de Gay et Dodsley, en Angleterre ; de Thomas de Yriarte. en Espacne, et de Kriloff, en Russie.
En tous pays, Tart du fabuliste consiste à bien choisir ses acteurs, c'est-à-dire à saisir d'instinct l'harmonie du rôle qu'il fait jouer, du langage qu'il fait tenir à tel ou lel animal, à telle ou telle plante, avec le caractère que semblent trahir en cet animal, en cette plante, les h^itudes, les formes, et iiour ainsi dire la physionomie.
— SvN. Apologue, allégorie, parabole. V. allégorie. APOLTRONIR irad.; poltron) v. a. Rendre poltron, paresseux. 11 On dit aussi apoltronner.
— Fauconn. Couper l'extréniité des serres à un oiseau de proie, pour l'empêcher de donner la chasse au gibier.
S'apoltroniPf v. pr. Devenir poltron, paresseux.
APOLYSE ou APOLYSIE (du gr. apo, loin de, ot luein, lier) n. f. Ane. cbir. Résolution des membres. D Relâchement, séparation.
— Liturg. Dans l'Eglise grecque, Partie de la messe qui répond à Vile missa est do l'Eglise latine.
APOLYTIQUE n. m. Dans l'Eglise grecque. Oraison récitée par le prêtre à l'apolyse, c'est-à-dire à l'acte qui renvoie les fidèles à la fin do la messe, n Nom donné à des versets qui terminent les principales parties de l'office divin, et qui varient selon l'époque.
APOMATHÉSIE idu gr. apo. loin de, et manthanein, apprendre^ n. f. Oubli de ce qu'on avait appris, phénomène qui est souvent le précurseur d'une msdadie.
APOMATOSTOMES {toss — du gr. a priv. : pâma, atos, couvercle, et stoma, bouche) n. m. pi. Mollusques gastropodes, renfermant les genres dont la coquille est dépourvue d'opercule. — L'n apomatostome. ;i On dit aussi apo-
MASTOMliS.
APOMÉCOMÈTRE (du gr. apo, loin do ; mêkos, longueur, et niétron, mesure n. m. Instrument qui sert à mesurer la distance des objets éloignés.
APOMÉCOMÊTRIE i rad. anomccomètre) n. f. Géom. Art de mesurer la distance des objets éloignés.
— Art miiit. Art de mesurer une distance par les pas des hommes, du cheval ou lo mouvement des troupes.
APOMORPIIINE — APOPNIXIE
APOMORPHINE (rad. apo, indiquant retranchement, et morphine) n. f. Corps blauc, de saveur amère, amorphe, qui dérive de la morpliine par perte d'eau.
— Enxycl. Chim. h' aponwrphine C"H"AzO' se forme (Mathiessen) cjuaud on chautfe en tube scellé de la morphine avec un excès d'acide chlorhydrique ou de chlorure de zinc, on traite le contenu des tubes par le bicarbonate de sodium, puis le précipité obtenu par l'éther qui dissout lapomorphine. C'est un corps blanc, iacristallisable, qui, à l'air, se colore en vert. La masse verte ainsi formée se dissout en vert dans l'eau, l'alcool ; en pourpre dans l'éther.
Le chlorhydrate d'apomorphine cristallisé est anhydre ; à l'air, il s'oxyde en se colorant en vert.
— Pharm. L'apomorphine, priseàrintérteur{l5milligr.), ou on injection sous-cutanée (5 à 10 milligr.), ou eu lavements (18 à 36 centigr.), est énergiquement vomitive et purgative. Elle est surtout employée à l'état de chlorhydrate; les solutions doivent toujours être récentes. Contrairement à l'éraétine, l'apomorphine agit aussi bien sur le système nerveux central que sur la muqueuse gastrique. En injections sous-cutanées à doses élevées (8 à 3G centigr.) elle produit des effets narcotiques au lieu de vomissements.
APOMORPHOSE {du gr. apo, de, et morphôsiSf formation] n. ï. Sorte de métamorphose organique.
APOMYTTOSE (du gr. apo, loin, et muzein, ronfler) n. f. Spasme avec tremblement de la tête, accompagné de ronflement, de gêne respiratoire, d'agitation du tronc pour expulser le mucus nasal, il On dit'aussi apomystose, et
APOMYCHTHOSE.
APONE(du gr. a priv.,ot ponos, douleur) n. et adj. Méd. Se dit des remèdes propres à calmer les douleurs.
— n. f. Bot. Genre d'algues, de la tribu dos batrachospermées.
Apone [Aguse Apont), fontaine d'Italie, dans le territoire de Padoue, à laquelle on attribuait la vertu de guérir toutes sortes de maladies, et même de servir à la prédiction de l'avenir.
APONÉVROSE (gr. aponeurôsis ; de apo, indïq. changement, et veuron, nerf, parce qu'on a longtemps considéré comme nerveuses les parties tendineuses) n. f. Membrane blanche, luisante, résistante, qui enveloppe les muscles et se termine aux deux extrémités sur les tendons: Aponévrose brachiale. Aponkvrosk fémorale.
— Par ext., Tendon d'insertion aplati, ou partie tendineuse dans la continuité d'un rajscle.
— Encycl. IS aponévrose propre d'un muscle se superpose à la couche musculaire la plus externe, et forme ainsi une gaine spéciale, absolument semblable aux capsules fibreuses des divers viscères : foie, rate, etc. Elle isole lo muscle de ceux qui l'environnent. Les aponévroses d'enveloppe, dont le feuillet superficiel se dédouble quelquefois en deux couches, forment une gaine complète au membre auquel elles appartiennent. De leur face profonde partent des prolongements qui pénètrent entre les muscles, forment des cloisons et déterminent ainsi plusieurs loges musculaires dans le membre considéré. Les aponévroses d'insertion ne sont autre chose que les tendons aplatis de certains muscles. (V. tendon.) Enfin, certains muscles ont leur continuité interrompue par des intersections aponévrotiques aplaties, que l'on désigne sous le nom de aponévroses d'intersection. Les aponévroses sont ordinairement formées de plusieurs ordres de fibres qui s'entrecroisent, obliques, longitudinales et transversales. Ces fibres, qui appartiennent au tissu fibreux, donnent à l'aponévrose un aspect brillant blanc nacré. L'aponévrose est parfois colorée en jaune par uno petite "quantité de tissu élastique surajouté.
Les principales aponévroses d'enveloppe sont: Vaponévrose abdominale, qui, sur la ligne médiane, porte le nom de lifine blanche; Vaponévrose cervicale, qui se décompose en trois feuilles : uno superficielle, une moyenne et uno profonde; Vaponévrose orbitaire on orbito-ocidaire ou capsule de Tenon, lame cellulo-iibreuse qui tapisse les parois de l'orbite et se réfléchit à la partie antérieure, de manière à former une cupule qui reçoit le globe de l'œil; l'aponévrose brachiale [y. ce mot), qui enveloppe tous les muscles du bras; Vaponévrose antibrachiale ou antébrachialCy qui se contiime avec la précédente ; Vaponévrose dorsale du métacarpe, qui continue le ligament annulaire postérieur du carpe; l'aponévrose palmaire, superficielle et profonde; Vaponévrose pelvienne; les aponévroses périnéales, qui font partie do la constitution du plancher du périnée; Vaponévrose crurale ou fémorale, qui enveloppe les muscles de la cuisse; Y apojiévrose jambière, qui constitue pour les muscles de la jambe une' enveloppe générale et très résistante; Vaponévrose dorsale du pied, qui ne difl'ère de l'aponévrose dorsale du métacarpe, dont elle est l'analogue, que parce qu'elle est plus résistante ; 1 aponévrose plantaire.
— Syn. Fascia.
APONÉVROTIQUE adj. Q est relatif aux aponévroses :7^ïbrc, membrane apont;vrotique.
APONÉVROTOME (rad. a/)onévrotomie) n. m. Ane. chir.
Instrument servant à di l'aponévrose abdominale dans l'opérât ion de la taille au-dessus du pubis.
APONÉVROTOMIE (du gr.
apotiem^dsis , aponévrose , et tome, section) n. f. Dissection dos parties aponévrotiques.
APONÉVROTOMIQUE adj.
Qui concerne l'aponévrotomie.
APONITROSE (du gr. apO, sur, et nitron, nitre) n. f. Ane.
chir. Action de saupoudrer de nitre uno plaie, un ulcère.
APONOGÉTON (du f;r. aponos, facile, et ijeitôn, voisin)
n. m. Genre d'aponor/étacées, plantes renfermant cinq ou six espèces, toutes vivaces et aquatitjues. Une espèce, Vaponogéton distachyon, est cultivée soit dans les serres, soit dans les pièces d'eau exposées en plein air. C'est une
charmante plante d'ornement à gracieux épis blancs, d'une odeur agréable.
APOPEMPTIQUES (du gr. apo, loin de, et pempein, envoyer), n. f. pi. Fêtes dans lesquelles on célébrait, dans l'ancienne Grèce, le départ présumé des dieux, lesquels étaient censés retourner dans leur pays.
— Adjectiv. : Fêtes apopemptiques. On chantait les hymnes apopemptiques au départ des dieux, et les ulêti- QUKS à leur retour.
APOPHANE (du gr. apo, loin, et phainô, je fais briller) adj. .Se dit des cristaux dans lestjuels on peut, par les facettes, reconnaître la position du noyau, la direction ou la mesure des décroissements.
Apophane, hérésiarque du m* siècle et disciple de Maiiès. Ses sectateurs étaient appelés apophanites.
APOPHASE (du gr. apo, loin, et phasis, affirmation) n. f. Dénégation : réfutation que l'on fait soi-même de ce qu'on vient de dire. (Peu usité.)
APOPHLEGMATIQUE ( du gr. apo, loin, et phlegma, pituite) adj. Qui fait saliver, cracher.
APOPHONIE (du gr. apo, de, et phônè,^o\x) n. f. Changement de la voyelle du radical d'un verbe, à certains temps.
APOPHRADE (du gr. apophras. ados, malheureux) adj. Antiq. gr. Se disait de certains jours que Ion regardait comme funestes, et pendant lesquels il était interdit au peuple de se réunir, et aux tribunaux de juger.
APOPHTEGMATIQUE adj. Qui appartient à l'apophtegme, qui ressemble à l'apophtegme.
APOPHTEGME fgr. apophthet/nia, sentence; de apo, sur, et phthef/f/omai, je parle) n. m. Sentence, dit mémorable d'un personnage illustre : Les apophtegmes des sept sages de la Grèce.
— Par ext. Pensée, vérité exprimée d'une façon concise et claire : Sancho Pança est fécond en apophtegmes.
— Ironiquem. Cracher des apophtegmes. S'exprimer d'une manière sentencieuse et mêmn un jiou pédantesque.
— Sy'N. Apophtegme, adage, aphorisme, etc. V. adage.
Apophtegmes des rois et capitaines célèbres,
sorte d'histoire anecdotique de l'antiquité, par Plutarque. L'ouvrage se divise en cinq parties : la première contient les paroles mémorables des rois de Perse et d'autres nations étrangères; la seconde, celles des rois et des tyrans de Sicile ; la troisième, celles des rois de Macédoine et des successeurs d'Alexandre ; la quatrième, celles des capitaines grecs, athéniens, lacédémoniens et thébains ; la cinquième, celles des généraux et consuls romains, de César et d'Auguste. Le livre est dédié à l'empereur Trajan. — A sa suite figurent, dans les œuvres morales de Plutarque, deux autres petits recueils d'apophtegmes, dont l'authenticité paraît douteuse, et qui contiennent seulement : le premier, les paroles mémorables des rois et des citoyens de Sparte; le second, celles des femmes lacédémoni'ennes.
APOPHYLLÉNIQUE (du gr. apo, hors de, et phullon, feuille) adj. Se dit d'un acide C'H'AzO*, queWœhler a obtenu par l'oxydation de la cotarnine, alcaloïde dérivé de la narcotine.
APOPHYLLTTE (du gr. apo, liors de ; phullon, feuille, et lithos, pierre. — L'orthogr. rationn. serait apophyllithk) n. f. Substance appartenant au groupe des zéolithes calcico-potassiques et se présentant en cristaux ou en plaques lumellaires qui affectent des nuances variées.
— Encycl. ISapophyllite a été ainsi nommée par Haiiy, à cause de sa tendance à se diviser en petites lames, à s'exfolier. C'est un minéral entièrement diaphane et incolore dans son état lo plus parfait, souvent opaque et de couleur blanche, avec un bel éclat nacré ; quelquefois coloré et affectant alors assez communément la couleur, rose de chair. L'apophyllite se compose de silice, de chaux, de potasse et d'eau ; elle se trouve dans certains dépôts métallifères, et dans les roches amygdaloïdes et basaltiques.
APOPHTSAIRE adj. Qui se rapporte aux apophyses.
— Points apophysaires. Douleurs spontanées, ressenties au niveau des apophyses épineuses de la colonne vertébrale ; elles sont avivées par la pression ou l'application d'un corps chaud.
APOPHIfSE (du gr. apo, hors de, et phusis, croissance) n. f. Eminence qui s'élève à la surface d'un os et fait corps avec lui : Apophyse coracoide, mastoide, etc.
— Apophyse épineuse. Prolongement postérieur de chaque vertèbfe en s'effilant en forme d'épine, n Apophyses transverses. Saillies des vertèbres, au nombre de deux, qui se portent transversalement en dehors, il Apophyses articulaires, Eminences oui servent à l'articulation des vertèbres entre elles, n Apophyse odon-
toide, Eminence de la seconde â
vertèbre cervicale ou axis, il Apophyse basilaire, Angle inférieur de l'os occipital, ii Apophyses d'Ingrassias, Deux eminences triangulairespointues, symétriques de l'os sphénoïde. Il Apophyses clinoîdes, Eminences que présente la Aponhyses-fï face supérieure du corps du ticulairesutîeru'urt;; c.aïucusphénoïde , au nombre de laire inférieure ; d, épineuse, quatre, deux antérieures et
deux postérieures, n Apophyses ptén/goides , Eminences verticales, irrégulières, bifurquées, cle la face inférieure du sphénoïde, u Apophyse crista-galU, Eminence triangulaire de l'os ethmoïde. n Apophyses orbitaires. Saillies que présente l'arcado orbitaire du frontal, n Apophyse zygomatique. Longue apophyse qui, de la cavité glénoïdo de l'os temporal, se dirigé transversalement en avant pour s'articuler avec l'os malaire, n Apophyse mastoide, Eminence arrondie que présente l'os temporal à sa partie postérieure et inférieure, n Apophyse styloide. Se trouve à la face inférieure du rocher; eminence arrondie que l'on observe à l'extrémité carpicnne du radius et du cubitus. Il Apophyse vayinale. Saillie qui engaino à sa base raj)ophyse styloïde du rocher, il Apophyse palatine. Se trouve à la face interne de l'os maxillaire supérieur. Il Apophyse montante. Lame quadrilatère verticale, appartenant également au maxillaire supérieur, il Apophyse malaire. Autre apophyse du maxillaire supérieur, qui s'ar-
ticule avec l'os malaire, il Apophyse ptérygoïdienne. Apophyse de l'os palatin, enclavée dans la bifurcation de l'apophyse ptéry^oïde. ii Apophyse sphénotdale. Apophyse de l'os palatin qui s'articule par une facette avec le sphénoïde. Il Apophyse géni ou génienne (de géneion, menton). Petite apophyse située à la face linguale du corps do l'os maxillaire inférieur. Il Apophyse coronolde, Eminence triangulaire que présente le bord supérieur ou dentaire du maxillaire inférieur; apophyse située à l'extrémité supérieure du cubitus. Il Apophyse coracoide (en forme de bec de corbeau), Apophyse située à l'extrémité externe du bord supérieur de V omoplate, w Apophyse acromiale ou Acromion, Apophyse volumineuse qui se trouve à la partie externe de 1 épine de l'omoplate.
APOPHYSE, ÉE adj. Qui est muni d'une apophyse.
APOPHYSIFORME (de apophyse, et forme) adj. Qui a la
furnie d'une apophyse.
APOPLANÉSIE (du gr. apoplanêsis, action de tromper) n. f. Genre de légumineuses-papilionacécs, tribu des galégées, renfermant un arbrisseau du Mexique à feuilles composées de folioles nombreuses et entières.
APOPLECTIFORME (de apoplectique, et /"oraie) adj. Se dit des accidents morbides qui ont pour siège l'encéphale et qui simulent lapoplexio : Congestion apoplectiforme. Syn. hybride de apopi.ectoïde (mot mieux fait).
APOPLECTIQUE adj. Qui appartient, qui a rapport ou qui est destiné à,rapoplexie : Cou apoplectique. Hymptàmes apoplectiques, n Vieillard apoplectique. || Caillot apoplectique. Celui qui résulte de la coagulation du sang épanché dans l'apoplexie.
— Substantiv. Personne sujette à l'apoplexie : Les apoplectiques ne sauraient être trop sobi'es. \\ On le dit aussii mais rarement, des remèdes propres à prévenir, à combattre l'apoplexie : Un excellent apoplectique.
APOPLEGTOÏDE (de apoplectique, et du gr. eidos, apparence adj. Se dit des symptômes qui rappellent ceux de l'apoidexic : La congestion apoplectoÏde descentresn
APOPLEXIE (du gr. apo, indiquant augmentât., et plèssein, frapper) n. f. Affection cérébrale consistant en uno hémorragie mterstitielle et caractérisée par l'abolition subite et plus ou moins complète du mouvement, de la sensibilité, sans que la respiration et la circulation soient suspendues : Etre frappé (/'apoplexie. Rarement une attaque ^'apoplexie est unique. (Ratier.)
— Apoplexie foudroyante. Celle qui frappe subitement de mort. —Par ext. Toute cause de mort, n Apoplexie nerveuse^ Perte subite de connaissance sans lésion cérébrale, il Apoplexie des nouveau-nés, Syn. de asphyxie des nouveau-nés.
— Apoplexie séreuse. Cette forme est caractérisée par l'épanchement de sérosité au cerveau. Elle se distingue par la coexistence d'autres hydropisies dans d'autres organes, par la pâleur de la face et les antécédents du malade. Les purgatifs drastiques, les diurétiques, l'évacuation des épanchements concomitants si elle est possible, sont seuls utiles.
— Par anal. Hémorragie capillaire brusque et spontanée dans un organe quelconque, ii Apoplexie rénale; apoplexie pulmonaire. V. hémorragie.
— Fig. Suspension momentanée d'action, d'énergii' il s'était approprié mille petites recettes contre les soudnuir.s apoplexies de son esprit et de son cœur. (Balz.)
— Encycl. Apoplexie sanguine cérébrale. L'hémorrag;i0 interstitielle est la lésion essentielle de l'apoplexie proprement dite : elle siège, suivant les cas, dans le cerveau même, dans les ventricules, les méninges, le cervelet. Exceptionnelle chez les enfants, l'apoplexie cérébrale se montre chez les sujets qui ont dépassé l'âge de trente ans ; assez commune de cinquante à soixante ans, elle est plus fréquente de soixante a soixante-dix. Elle se montre plus souvent chez les hommes que chez les femmes. Elle reconnaît pour cause l'hérédité, l' hypertrophie cardiaque, l'action brusque du froid chez les individus prédisposés par leur constitution, par des excès alcooliques, la syphilis et surtout l'altération des vaisseaux du système vasculaire . cérébral (endartérite, périartérite).
L'apoplexie est assez souvent précédée d'étourdissements, de vertiges, de la pesanteur de tête, une lenteur particulière dans l'action de l'intelligence et des sens. Lo jilus souvent, elle survient lentement, graduellement, mettant jusqu'à une demi-heure pour se développer; elle peut être brusque, et la victime tombe frappée d'apoplexie foudroyante. Ordinairement, le malade est dans une résolution musculaire complète, sa face est congestionnée, rouge ou violacée; elle peut être d'une pâleur livide. La respiration est bru^^ante, entrecoupée, ralentie, puis accé- ' lérée. Dans la période initiale, la température s'abaisse au-dessous de la moyenne, pour monter plus tard jusqu'à 42'*.
Les traits du malade sont déviés vers le côté sain, tandis que les lèvres et la joue du côté paralysé sont fiasques et soulevées par l'air expiré à chaque expiration : le malade fume la pipe. La miction et la défécation sont troublées, il peut y avoir incontinence ou rétention. Dès la période du début ou dans le cours même de l'apoplexie, on a observé des convulsions.
L'apoplexie peut guérir, mais elle laisse souvent après elle des infirmités incurables, l'hémiplégie qui peut l'accompagner, des troubles de nutrition, atropliie musculaire, etc., affaiblissement de l'intelligence, de la mémoire. ! Après guérison, elle peut récidiver une, deux, trois fois. Elle se complique fréquemment de congestion pulmonaire, d'albuminurie, d'escarres, surtout d'une escarre fessière, qui siège à la région de mémo nom et du côté paralysé, et se termine par^la mort.
L'apoplexie sanguine se reconnaît à son début par la persistance de la respiration et de la circulation ; il n'y a ni syncope, ni asphyxie, ni symptômes urémiques, hys'tériques ou alcooliques. Dans ce cas, on applique des sangsues au fondement, derrière les oreilles, des sinapismes aux jambes; il est bon de placer des compre^--' s deau froide sur la tête, parfois un vésicatoire à la nui|i on peut administrer des lavements purgatifs. La saiL:ii' ■, si usitée autrefois, est aujourd'hui délaissée.
APOPTOSE filu ffi*. apo, do, olpiiitdin, tomber) n. f. Holâ.(.'l]i.MiR<iit, cliiilo d'un Ijuiidugo. Il Uolàcliemoiit dos ligamoiiis d'un organe, d'uQO articulation.
APORE (du gr. a priv., et poros, passage) n. m. Matli. Problème dont la solution est regardée comme impossible : Art tiu(iffratu7'c du cercle est un apobk. Il On l'appelait
aussi APORISME.
— Bot. Scclion du genre dondrobium.
— Polyp. Se dit adjoctiv. des madrépores où l'on trouve toujours réunis une muraillo bion complète et un appareil cloisonuairo très développé.
APORÉTIQUE (du gr. aporcin, douter) n. et adj. Nom pris par los pjrrhonions pour exprimer l'état d'incertitude où les jetait la découverte do raisons égales pour et contre cliaquo doctrine.
APORÉTIQUE n. f. Bot. Syn. de sciimidélie.
APORIE idu trr. a priv., et poros, passage) n. f. Figure do rlit-tinu|uo plus connue sous le nom do uubitation.
APORISME [riss] n. m. Math. V. apore.
APOROBRANCHE fdu gr. nporos, cliôtif, et bragchia, branchies) adj. Se dit dos poissons dont les branchies sont peu dnvoloppéos.
APOROCÉPHALE (du gr. aporos, chétif, indécis, et /c*'phtilî; trt<') adj. 80 dit des animaux dont la l6te est pou distincte du corps.
APOROSE (gr. aporos, difficile) n. f. Genre d'euphorbiacéos-phyllanthées, comprenant des arbustes à fouilles alternes, qu'on trouve dans l'Inde et dans TOccanio tropicale. 8yn. APOROSA.
APORRHAXIS iksisa — du gr. npo, loin, et arnsscin, heurter) n. 1'. Terme du jeu de paume.
APORRHÉE (du gr. apo, de, etrfiein, couler) n. f. Pliys. Exhalaison gazeuse par les poros de la terre.
— Ane. méii. Chute des cheveux.
APORRHÉTINE fJu gr. apo. de, et rhétinê. résine) n. f.
TîrMiic nuire et brillante, que l'on extrait de la racine de rlmharhe.
APORRHINOSE (du gr. upo, hors, et rhis, rkinos, nez) n. f. Ecoulement par les narines.
APOSGHASIE {s/ca — du gr. apo, loin, et schazem, abattre) n. f. Incision, scarification.
APOSEPSIE (du gr. apo, de, et sêpein, putréfier) n. f. Ferniciitatiun putride.
APOSÉRIDE (du gr. apo, loin de, et séris, laitue) n. f. Bot. Syii. de hyosbride.
APOSIE (du gr. a priv., et posis, action de boire) n. f. Absoiico ou diminution de la soif. Syn. adipsik.
APOSIOPÈSE (dugr. apo, de, et sîôpaô, je me tais)n. f. Figure do rhéturique nommée plus ordinairement réticence.
APOSORBIQUE (du gr. apo, hors de, et de sorbine] adj. Se dit d'un acide C^H"0', obtenu en oxydant la sorbmoso au moyen do l'acide azotique.
APOSPASME(.ç/)rt5s — dugr. apo, de, etspaô,}e tire) n. f. Déchirure, solution de continuité dans les ligaments.
APOSPASTIQUE {spass — du gr. apo, hors, et spaâ, je tire) adj. So dit des remèdes révulsifs ou dérivatifs.
APOSPHAGÉLÉSIS {poss, ziss— du gr. apo, de, et sphnkélos, drssr'li.ijirm) n. f. Gangrène qui survient dans les plaies et li-s lia-tiires par l'action d'un bandage trop serré.
APOSTALAGME j-o-^s — du gr. apo, de, et stnUtfpnn, goutte) n. m. Liqueur douce et sucrée que rend le raisin non encore pressé. Syn., dans ce sens, de mère-goutte.
— Mcd. Amas do pus loin du point primitif d'inflammation, et formant un abcès dangereux.
APOSTASE [po-ts — du gr. apo, hors, et stasis, action de se tenir) n. f. Formation d'un aDccs (mot employé par .quelques auteurs comme syn. de apostème).
APOSTASIAGÉES {poss — rad. apostasie) n. f. pi. Famille de plantes monocotylédones, formée aux dépens des orchidées. — L'ne apostasiacêe.
— Kncvcl. Les apostasiacécs sont des plantes herbacées, vivaces', qui so reconnaissent aux caractères suivants : tige simple ou rameuse ; inflorescence en grappe simple ou composée; calice et corolle composés l'un et l'autre de trois pièces semblables. Le principal genre de cette petite famille est le genre apostasie.
APOSTASIE {poss — gr. apostasia, abandon, défection ; de apo, loin de, et stasis. action de se tenir) n. f. Renonciation solennelle à une confession : Les plus célèbres apostasies sont celles de l'empereur Julien et dfi Henri VIII.
— En parlant d'un religieux, d'un ecclésiastique. Action de renoncer ù ses vœux, à son habit, d'abandonner l'état ecclésiastique.
— Par ext. Action d'abandonner une doctrine, un parti, par intérêt ou ambition : /,'apostasie est fréquente en iwliiigue.
— Encycl. On appelle proprement apostat celui qui. par dos motifs d'intérêt personnel, par faiblesse de caraetôre ou par calcul, renie une religion qu'il n'a pas cessé de croire vraie, pour on embrasser une autre.
Les canonistes ont considéré trois sortes d'apostasies : l" a stipererogatione, colle du clerc ou du religieux (on distinguo celle a clericatu, et colle a monachati?/, dite de surérogation, parce qu'elle ajoute, selon l'Eglise, le sacrilège à l'autro crime ; 2" a mandatis Dei, l'apostasie de quiconque, tout en conservant sa croyance, la répudie extérieurcmont : 3» enfin, a fide, celle qui indique une défection totale, un abandon volontaire et complet de la foi, de la part de ceux qui ont reçu le baptême. Les hérétiques no doivent pas ôtro confondus avec les apostats» puisqu'ils n'ont abandonné qu'une partie de l'orthodoxie ; et les lapsi doivent également en ôtro distingués, puisqu'ils n'ont ronié la foi que sous l'empire de la contrainte. La disci-
fdine relative aux lapsi et aux apostats a été l'objet de ongues discussions dans les premiers siècles de l'Eglise. Leur réintégration était subordonnée aux pénitences les plus sévères. A certaines époques, l'apostasie fut aussi sujette à la vindicte des lois civiles : la privation du droit de cité, la porto de toute juridiction, étaient les châtiments ordinaires. Louis XIV publia des édits très rigoureux
AiM)I>SYCIIIK
Al'OSTOLIUS
contre les catholiques qui embraseraient la Réforme ; il ordonna qu'ils fussent condamnés ù l'umonde honorable, au banuissomcut perpétuel et à la confiscation do tous
— Amox. Conversion.
APOSTASIE (poss) n. f. Genre type do la faraillo dos apustusiacées, renfermant des plantes herbacées à fleurs penchées disposées en grappes terminales, originaires dos forêts montagneuses do Java et do l'Ilo do Pinong.
APOSTASIER {poss — rad. apostasie) v. u. Renoncer à sa foi, surtout en parlant de la religion chrétienne.
— Par ext. Abandonner une doctrine, un parti, dans un but d'ambition, do fortune, etc. : L'argent, les Itonncurs déterminent beaucoup d'hommes politiques à apcstasier.
— S'emploie aussi activom. : Julien fut justement nommé l'Apostat parce qu'il avait apostasie l'avenir, après l'avoir compris. (Ballanche.)
S'àpOStâSier, v. pr. Renoncer publiquement aux principes que soi-même on avait prolessés : Le christianisme ne peut devenir esthétique qu'en s'apostasiant. (Proudh.J
— Anton. Se convertir.
APOSTAT '■■•/"':, ATE j.;r. apostates, déserteur; do a/m, h'iii ili\ r[ ./M/-,,. .|Ni sr iKMit) n. m. et adj. So dit do ceux <[iii nul a|Hi ,ia ir, ,|iii i,m abandonné publiquement leur reiiyiuM, parii.iiJMi-cirient la religion chrétienne, OU renoncé à leurs vihux monastiques. 11 Le féminin n'a guère été employé qu'on parlant de la Pucellc -.Jeanne d'Arc fut condamnée comme hérétique, relapse, apostate et idolâtre.
— Par oxt. Celui, celle qui, on vue d'un intérêt, abandonne une doctrine, une opinion, un parti.
— Syn. Apostat, renégat, hérétique. Apostat so dit plus particulièrcm. de celui oui renonce au christianisme ou au catholicisme pour embrasser une autre religion, et renégat, d'un chrétien qui se l'ait mahométan. Il y a cette différence, entre l'hérétique et l'apostat, que rnérétique n'abandonne qu'une partie de la foi, et que l'apostat n en conserve plus rien.
APOSTÈME {poss — du gr. apo, indiq. écartement, et istâmi. je posej n. m. Syn. peu usité de abcès. (V. apos- TUMR.) Il Nom donné autrefois à toute espèce de tumeur humorale.
APOSTER {poss— rad. poster) v. a. Placer quelqu'un dans un poste, dans un endroit, afin qu'il observe, qu'il guette, qu'il exécute quelque chose, souvent quelque chose do mal : Aposter des espions, des assassijis,
A POSTERIORI (poss-i^) mots lat. qui signit. postérieurement à l'expérience. Raisonner a posteriori, c'est argumenter en s'appuyant sur les faits : Dans tout gouvernement, les lois ont été faites a posteriori, c'(?s(-à-rfi>e qu'elles résultent des besoins de la société. V. posteriori (à).
APOSTILLE poss, et H mil. — du bas lat. apostilla, note, evjdiratiiui II. I. Annotation ajoutée en bas ou en marge d'uiir Iriiii-, iliiii écrit : On mande par apostille ce qu'on a oublié d inscrvr dans le corps de la lettre.
— Plus géaéralem., Courte recommandation ajoutée à une lettre, surtout à une pétition : // n'est pas de député qui n'accorde par jour plusieu7's apostilles.
— Dr. Annotation, addition faite à la marge d'un acte : Les apostilles doivent être parafées par tous les sit/nataii'es du corps de l'acte. 11 A la cour des comptes, Visa apposé par le président de chambre en marge des rapports des conseillers référendaires et qui indique, en vue de l'arrêt à intervenir, la décision de la chamore sur chaque observation ou proposition du rapport.
— Littér. Petite note marginale ajoutée à un écrit pour l'éclairer, le critiquer ou le rectifier. 11 On ditordinairement annotation.
APOSTILLER {poss, et U mil.) v. a. Mettre une apostille à la marge ouen basd'un écrit, d'une lettre, d'une pétition, etc. : Apostiller une demande.
APOSTILLCUR {poss, et II mil.) n. m. Celui qui donne une aposùlle. Syn. apostillateur.
APOSTIS {stiss) n. m. Partie de la galère des xvi" et xvii" siècles qui supporte l'appareil des rames et où sont pivots ou tolets de celles-ci : A'apostis, plua
i de long en long sur les deux côtés
une galère du xvi" siècle. — A , A, apostis ; L, L, jougs.
s'endcîiter sur l'extrémité des deux jougs. (.lurien de La Gravière.) L'apostis a pour supports cinquante-sept courbes à deux branches quo l'on nomme les bacalas ; à la base de chacun des tolets ou escaumes est une petite plaque do chêne vert nommée auterelle, qui empêche l'apostis do s'user sons le frottement de la rame.
APOSTOLAT /io.is-to-la~~\3.t.apostolatus;dugr.apostolâ. dcparii n. m. .Ministère des apôtres, de leurs successeurs.
— Par ext., Action de propager des idées nouvelles, uno doctrine : /,'apostolat du ci'ime.
— Hist. Ancien titre honorifique du pape. On disait : Votre Apostolat, comme on dit aujourd'hui Votre Sainteté.
APOSTOLE {poss — du gr. apostellein, envoyer au loin) n. m. Magistrat athénien qui surveillait l'équipement des flottes, et on hâtait le départ.
— Nom donné anciennement au pape, comme successeur des apôtres.
APOSTOLE {poss — gr. apostolé, départ) n. m. En T. de pharm.. Nom générique donné aux extraits.
Apostoles, îles au nombre de douze, d'où leur nom, situ.-r-, ;i l'.-vîriiuité méridionale de l'Amérique du Sud, à Penir/i- .tu .l/>n-,Ht de Magellan.
APOSTOLICITÉ(/)0ss)n. f. Qualité do ce qui est apostolique.iiUn dos caractères essentiels de l'Eglise catholique.
— Encycl. On distinguo Yapostolicité de la doctrine, et celle du ministère. Elles consistent: celle-là en ce que la doctrine professée par l'Eglise est conforme à celle que les apôtres ont enseignée celle-ci en ce que les pasteurs de l'Eglise remontent, par une suite ininterrompue, jusqu'aux apôtres, dont ils sont ainsi les successeurs légitimes. La première seule est jugée essentielle à l'Eglise parles protestants. Les catholiques proclament déplus
la nécessité do la secondo, qui oHt d'ailleurs, & Icors yeux, la garantie indÎKpensablo do l'autre. .Jésus-Christ, disent^ ils, voulant quo fia doctrine parvint intacto à toales les itmes, créa un ministère impuristiable, qui, so renouvelant sans changer jamais, pût la traosmotlro fldÈlemooc de '"'■"■'■■*'" en génération.
APOSTOLIN (poss) n. m. Nom donné à des rcfigioux qui faisaient profession d'imiter la vie des anotres et des premiers fidèles. Ils s'appelaient aussi - Frères do St-Barnabé », parce ou'ils avaient cet ap6tro pour patron; ils prétondaient même remonter jusqu'à lui. Leurs origines sont obscures ; ils commencèrent au xv* siècle, soit à Milan, soit plutôt dans l'Etat do Gênes. Le pape lonocont X les supprima en 1050.
APOSTOUQUE {poss — du gr. apoatolos, apôtre) adj. Qui vient, qui procède directement aes apôtres : Doctrine, tradition apostoli^lk. h Qui rappelle les apôtres. leur» traditions, etc.: Travaux APOSTouf^uKS. ;| Qui concerne lo saint-siège, qui en émane: Dref avostoliui^e.
— Entre dans un grand nombre do locutions en quelque sorte consacrées : Cfiaire apostolique, I*a cjiairo do nos églises, il Mission apostolique, Mission des apôtres et, par ext., do tous ceux qui travaillent à propager la religion chrétienne, il Siècle apostolique, temps apostolique. Le I" siècle de l'Eglise, temps où vivaient les apôtres.
H Eglise apostolique. Eglise fondée par l'un des apôires.
Il Nonce apostolique. Ambassadeur chargé d'affaires du saint-siège, qui a mi.ssion de représenter le pape auprès des diverses puissances. 11 Majesté apostolique, Titro d'honneur que l'on donnait au pape pendant le moyen âge : il a été remplacé par celui de -Sa Sainteté. 11 Clercs apostoliques. Nom par lequel on a désigne les jésuites, tout dévoués au sauit-siège. n Notaires apostoliques, Notaires autorisés, dans chaque diocèse, à rédiger des actes en matière ecclésiastique, il Couronne a/)o*/o»V/ii«, Insigne d'honneur donné dans les premiers siècles aux évêques.
Il Sièqe apostolique. Dans les premiers siècles de l'Eglise, tout évêché; aujourd'hui et depuis longtemps, l'évécUéde Rome. II Chambre apostolique. Tribunal où l'on traite les afl*aires qui concernent les finances et le domaine de l'Eglise ou du souverain pontife, n lioyaume apostolique. Autrefois le royaume de Hongrie. 11 Préceptes apostoliques. Qualification donnée, au vu* siècle, par les rois d'Espagne, à leurs ordonnances, quand elles avaient été sanctionnées par un concile ou par une réunion d'évêques.
— Pères apostoliques. On nomme pères apostoliques ceux des successeurs immédiats des apôtres qui ont laissé des écrits. Ce sont saint Barnabe, saint Clément de Rome, saint Ignace d'Antioche et saint Polycarpe de Smvme. Quant à Papias d'Hiérapolis, et à l'auteur du Pasteur, Hcrmas, il n'est pas bien prouvé qu'ils aient été disciples des apôtres.
— Constitutions apostoliques. On donne ce nom à un recueil touchant la discipline et les cérémonies de l'Eglise, qu'on a supposé dater du temps des apôtres et avoir été rédigé par le pape saint Clément. La plupart des écrivains ecclésiastiques regardent ces constitutions comme plus récentes, et ne leur accordent qu'une médiocre autorité. Le te.xte a probablement subi des altérations ou interpolations successives, et dans sa forme actuelle on ne peut le faire remonter plus haut que le iv» ou v siècle.
Les constitutions apostoliques nous offrent cependant un curieux monument des coutumesde l'Eglise au tempsde Constantin. On les trouve dans les principales collections des conciles et dans le recueil des Pères apostoliques de Cotelier.
— Canons apostoliques. On appelle ainsi un recueil de décrets faits d'après l'esprit des temps apostoliques, ou même les instructions des apôtres. Les canons apostoliques paraissent être de la même époque que les constitutions apostoliques; on lésa également attribués au pape saint Clément. Les Grecs en comptent quatrc-vingt-cmq : les Latins cinquante-cinq, seulement; ils rejettent les autres.
— Conciles apostoliques. Nom donné quelquefois aux quatre réunions générales que tinrent les apôtres. Mais c'est la troisième seulement qui, en considération du caractère régulier do l'assemblée et do l'Imporiance des questions décidées, est regardée ordinairement comme un concile, le premier, et, ainsi que l'a remar(|ué Fleury, le type de tous les conciles généraux. Une division s'étabt élevée parmi les fidèles sur'^la nécessité d'observer la loi de Moïse, on envoie consulter l'Eglise de Jérusalem oil saint Pierre se trouvait alors. Les apôtres ei les prêtres s'assemblent (an 49 ou 50). On délibère, chacun exprime son opinion. Pierre préside rassemblée; il en fait l'ouverture, il propose la question et dit le premier son avis. Après lui, Jacques prend la parole. La décision, rendue en faveur de l'observation de la loi mosaïque, est formulée d'un commun consentement ; on la rédige par écrit, non comme un jugement humain, mais comme un oracle de Dieu, car on la fait précéder de ces mots : il a semblé bon auSaint-Espi-it et à nous. Puiselle est envoyée aux diverses Eglises, qui doivent la recevoir avec soumission.
— Lettres apostoliques. Documents émanés de l'autorité des papes. On en distingue quatre classes: les bulles, les brefs, les motu proprio, et les signatures de la cour do Rome. V. ces mots.
Apostolique (parti), formé en Espagne après la révolution de 1819, et composé d'ultra-caiholiques et d'absolutistes. Les chefs en furent successivement Quesada, qui, battu, se réfugia en France; Elio, exécuté en 1822; Bessières, exécuté en 1825; Mata Florida; le baron d'Eroles, etc. Après avoir, plusieurs fois, troublé l'Espagne do ses complots et de ses prises d'armes, cette faction finit, en 1830. par se confondre avec le parti carliste, la naissance d'une enfant (plus tard la reine Isabelle) ayant transformé la question politique en question d'hérédité.
APOSTOLIQUES [poss) n. m. pi. Hérétiques du iii* siècle, qui renonçaient au mariage, à l'usage de la viande et du vin, à toute propriété, et enseignaient que tout chrétien devait faire de même. Leur nom venait de ce qu'ils prétendaient imiter la vie des apôtres. — L'n apostolique, il On les appelle encore cathares ou ptjRS, et apotactïques ou
RENONÇANTS.
— Noms que prirent aussi d'autres sectaires, au xui* siècle. V. ap-ti-ks {Ordre des).
APOSTOLiQtJEMENT adv. A la manière des apôtres. APOSTOLISER po.is ~- du gr. apostolos, apôtre) v. a. Prêcher l'évangile cumme les apôtres.
ApOSTOLIUS (Michel), rhéteur grec, né à Constanti-