‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 353 sur 828 · APPAREILLEUSE — APPARITION · texte numérisé non relu

APPAREILLEUSE — APPARITION

— Techn. Ouvrier qui fait le mélange des laines, pour fabriquer le chapeau; qui, dans les manufactures de soie, prépare les soies, dispose le métier, etc. il Appareilleur à gaz. Nom donné aux ouvriers ou patrons chargés de l'installatiou des appareils de distribution du gaz.

APPAREILLEUSE [Il mil.— rad. appareiller) n. f. Argot. Kntremetteuse, proxénète.

APPAREMMENT {ra-7nan — rad. apparent) adv. Manifestement. Ce psaume est apparemment de Salomon. (Boss.) II En apparence : En public, elle me persécute apparemment avec plus d'animosité que les autres. (Scarr. ) [Dans ces deux sens, il a vieilli.]

— Sans doute, vraisemblablement; Les princes trouvent vn charme particulier dans la naîue/^; apparemment j3û/'ce que rien n'est plus rare à la cour. (M"" de Genlis.)

APPARENCE (du lat. apparere. apparaître) n. f. Ce qui parait extérieurement, ce qui frappe la vue ou l'esprit. (Se dit, par conséquent, au physique et au moral) : L*'s jugejnents sur les apparences sont si souvent renvej'sés que je m'étonne qu'on ne s'en désaccoutume point. {M""* de Sév.)

Par la moindre apparence on se laisse séduire ;

Ou croit tout ce qu'on craint, ou tout ce qu'on désire.

MORBL-VINDÉ.

— Probabilité, vraisemblance -. 21 y a apparence que. Il est probable que. il Elliptiq. : Quelle apparence de pouvoir remplir tous les goûts ? {La Bruy.)

— Marque, vestige, au phy'sique ou au moral : // jtc reste à cette femme aucune apparence de beauté. (Acad.)

— Forme, figure : Sous une apparence mortelle.

— Faux semblant : /.'apparence rfe la vertu, de la bonté.

— Beaux dehors, extérieur agréable : Le monde n'admire que ce qui a de l'éclat et de Tapparence. (Frayssinous.)

— Sauver les apparences, Ne rien laisser paraître qui puisse blesser les bienséances ou déceler un mal.

— En appareDce. loc. adv. Extérieurement, à en juger d'après ce que l'on vuit.

^ Jurispr. Au pi. Présomptions, conjectures qui chargent ou favorisent l'accusé : Toutes les apparences sont contre luif sont pour lui.

— Encyol. Philos. Il faut distinguer avec Cournot deux espèces d'apparences : i" la fausse apparence ou illusion, c'est-à-dire celle qui est dénaturée en raison do conditions inhéreiites au sujet percevant, à ce point que,

far elle-même, elle ne fournit qu'tme idée fausse de objet perçu; 2" Vappnrence vraie ou phénomène, c'està-dire celle qui a toute la réalité externe que nous lui attribuons naturellement. Faire justice des fausses apparences est le point de départ nécessaire de la science; c'est à cette condition qu'elle parvient à saisir l'ordre et l'enchaînement des phéyiomènes.

La philosophie oppose quelquefois à l'apparence vraie, au phénomène, la chose en soi, la substance. Dans tous les temps, depuis Pyrrhon jusqu'à Montaigne, depuis Berkeley jusqu'à Fichte, le scepticisme et l'idéalisme sont sortis de cette opposition de la chose en soi au phénomène, et de la confusion du phénomène avec la fausse apparence. Voyonsnous les choses telles qu'elles sont? se demande Montaigne. Un sens de moins, et voilà un autre univers. Qui peut dire qu'un sens de plus ne bouleverserait pas toutes nos connaissances ? La vérité de nos cinq sens serait-elle la vérité de six sens ou de huit? Cette question de l'apparence est, au fond, la première de la philosophie; elle porte sur la valeur même de nos connaissances. — Syn. Apparence, dehors, extérieur. L'extérieur est la partie visible d'une chose. Le dehors est ce qui environne là chose, h'apparence est lelfet que la vue d'une chose produit sur nous. Il Au fig., extérieur se dit de l'air et de la physionomie des personnes ; dehors s'entend des manières ; apparence s'applique à la conduite.

— Syn. Probabilité, vraisemblance. Apparence indique la plus faible crédibilité. La V7'aisemblance est la qualité de ce qui est conforme à la marche ordinaire des choses. La probabilité approche de la certitude : Au défaut de l'évidence, nous devons appuyer nos opiniojis sur des probabilités ; il serait mal de se contenter de vraisemblances, et encore plus mal de jur/er sur Tapparence. (Cond.)

— Anton. Vérité, réalité.

APPARENT, ENTE i\ai. apparens ; de apparere, apparaître) adj. Qui est visible aux yeux : Toute plaine apparente sur la terre est une surface courbe. (M.-Brun.) ii Evident, manifeste : Le succès est souvent la seule différence apparente entre le génie et la folie.

— Remarquable, considérable : Lapersonne laplus apparente de la société.

— Qui n'est pas tel qu'il paraît être : Bjmtus cachait sa sagesse sous une apparente imbécillité. (Michelet.)

— Astron. et optiq. Lieu apparent d'un objet, Lieu oii nous

Îtaraît situé un objet vu à travers un milieu qui fait dévier es rayons lumineux, ii Se dit par opposition à lieu vrai.

— Hauteur apparente d'un astre. Angle que fait avec l'horizon le rayon visuel partant de l'œil de 1 observateur, et aboutissant à cet astre, n Se dit par opposition à la hauteur vraie obtenue en tenant compte de la réfraction atmosphérique et de la parallaxe.

— Grayideur apparente, dimensions apparentes d'un objet. Grandeur, dimensions de cet objet, telles qu'elles résultent de l'angle visuel sous lequel il nous apparaît. Elles varient avec la distance, il Se dit par opposition à grandeur réelle, diynensions réelles.

— Diamètre apparent d'un astre. Angle sous lequel nous voyons le diamètre de cet astre, ii Le diamètre réel est la véritable grandeur du diamètre d'un astre, telle quelle résulte du calcul. Le diamètre vrai est l'angle sous lequel le diamètre d'un astre serait vu par un observateur placé au centre de la terre, n Mouvement apparent. Mouvement dont paraît animé un corps en repos par rapport à un autre corps qui serait lui-même en mouvement : Le soleil a un mouvement annuel apparent. — Mouvement qui présente à l'œil des caractères qu'il n'a pas réellement, n Forme apparente, Forme sous lacmelle nou^ voyons un objet situé à une certaine distance. (Tous les objets ont une tendance à s'arrondir par l'éloignement, parce que les aspérités cessentd'être visibles dès que leurs grandeurs apparentes font des angles de moins d'une minute.) il Horizon apparent. Grand cercle qui limite notre vue et qui est formé par l'intersection d'un plan tangent à la surface de la terre avec la voûte céleste. — Se dit par opposition à horizon rationnel. (Celui-ci est un plan passant par le centre de la terre et perpendiculaire au rayon mené vers le spec-

— Dr. Servitude apparente. Celle qui s'annonce par des ouvrages extérieurs, comme une porte, une fenêtre, un puisard. ii Sei^itude non apparente. Celle dunt l'existence n'a pas de signe extérieur, comme la prohibition de bâtir au delà d'une certaine hauteur, etc.

— Mécan. S'emploie souvent pour relatif. V. ce mot.

— Substantiv. Ce qui est apparent : L apparent nous tient presque toujours lieu du vrai. (St-Evrem.) L'expérience n'atteint que /"apparent. (C. Renouvier.) [Peu usité.]

— Enctcl. Théorie des mouvements apparents. Le mouvement ne nous est révélé que par la variation des anqles sous lesquels nous apercevons un objet ou une distance. Pour être défini, il exige deux termes ; un mobile et un point fixe ou jugé tel. C'est d'après les impressions que lui apporte le déplacement de l'image d'un corps sur le fond de sou œil qu'un obsei-vateur conclut au mouvement de ce corps. Mais ce déplacement peut résulter aussi bien des mouvements de l'œil que de ceux du corps, et le spectateur n'a aucun moyen de décider quel est le mobile, de lui-même ou du corps étranger, à moins d'y être aidé par la vue d'un ou plusieurs autres points fixes, auxquels il rapportera constamment ses propres positions.

Les mouvements apparents des corps sont donc ceux que nous leur attribuons, par l'effet des déplacements réels que nous éprouvons nous-mêmes, sans en avoir conscience. Proposons-nous, connaissant un mouvement réel, de déterminer le mouvement apparent qui en résulte.

Principe général. A un mouvement réel de figure donnée correspond un mouvement apparent de même figure, mais de sens opposé.

Trois cas peuvent généralement se présenter :

I. L'observateur se meut en ligne droite. Soit O l'œil de l'observateur {fiq. l), et A l'objet fixe. Dans cette position, l'objet A se peint sur la

rétine en un point M. a ., \

L'observateur marche en O' ; l'objet se peint alors en N', point difl'érent do M. Mais il est évident que le point N de la rétine aurait été également impressionné si, l'œil restant immobile, l'objet A s'était déplacé d'une quantité AA' égale et parallèle à 00'. Si l'observateiu" n'est pas averti

de son propre mouve- Fig. 1.

ment, il l'attribuera à

l'objet observé, mais en sens opposé. Si l'objet est situé à une distance infinie, les points impressionnés de la rétine se confondent, et l'objet est cru immobile : c'est le cas des étoiles dites fixes.

IL L'observateur touriie sur lui-même. L'œil est alors en quelque sorte placé sur une circonférence tournante, qui lo présente successivement à toutes les régions de l'espace. Tous les points de la rétine sont, l'un après l'autre, impressionnés par le même objet A ; mais les mêmes impressions seraient produites si, l'œil étant immobile, l'objet se déplaçait en sens inverse.

Les projections des images produites sur la rétine forment une circonférence qui paraît tourner à l'opposite de l'œil. C est le cas du mouvement de rotation diurne de la terre. Un astre paraîtra immobile s'il est situé à une distance infinie sur une direction parallèle à l'axe de rotation :

toile est Vétoile polaire.

m. L'observateur se meut suivant Fig. 2.

une circonférence. L'objet observé est situé à l'intérieur ou à l'extérieur de la circonférence décrite par l'observateur.

l*" S il est situé à l'intérieur (fig. 2), il paraît avoir un mouvement circulaire inverse de celui de l'œil. Ainsi, le mouvement de translation de la terre se traduit par un déplacement de la position X'"/"'^^ ^T^\ A'

apparente du soleil sur un grand cercle ^ ^'^

de la sphère céleste, mais en sens inverse de la marche de la terre.

2° Prenons pour exemple du deuxième cas le mouvement réel d un astre sur une orbite circulaire, et supposons le spectateur (.mmobile en T {fig. 3). Le trajet de l'astre de A en A' paraîtra rectiligne ; de A' en A", l'astre paraîtra arrêté ; de A' ' en A'" , il paraîtra rétrograder comme s'il revenait de A' en A. Enfin, il semblera encore suspendu pendant le trajet

Fig. 3.

de A"' en A. Ainsi, un mouvement do translation circulaire se traduira, dans les apparences, par des mouvements rectilignes, tantôt directs, tantôt rétrogrades, alternativement coupés par des intervalles de repos. Si l'astre est situé à l'infini, il paraît immobile. C'est le cas des étoiles fixes. La théorie des mouvements apparents a fourni à l'astronomie sa langue usuelle ; ainsi, on dit le lever et le coucher des étoiles, etc.

— Anton. Caché, dérobé, inaperce vable, inaperçu, invisible, latent, occulte, secret.

APPARENTAGE n. m. Le fait d'être apparenté.

APPARENTER v. a. Donner à quelqu'un une parenté, des parents par alliance : Bien apparenter son fils, sa fille. Il est honorablement apparenté.

S'apparenter, v. pr. Entrer dans une famille, s'allier à quelqu'un : S'appakenter à la noblesse, à la bourgeoisie.

APPARESSER (rad. paresseux) v. a. Rendre paresseux : L'oisiveté, les plaisirs apparessent l'homme, (\ieux.) APPARIABIjE adj. Qui peut, qui doit être apparié.

APPARIADE (rad. apparier) n. f. Se dit quelquefois, dans le langage populaire, pour désigner l'action d'unir, d'assortir, et du résultat de cette action.

— En T. de châss., Formation des couples de perdrix pour la reproduction, n On dit aussi appariage, et pariade.

APPARIATION (si) n. f. Action d'apparier, de mettre en comparaison. (Vieux.)

APPARIEMENT ou APPARÎMENT n. m. Action d'apparier, d'unir par couples ou par paires.

— Encycl. Zootechn. L.'appariement est l'ensemble des règles relatives à toute alliance des sexes, règles dont on ne saurait se départir sous peine de n'obtenir que de mauvais résultats. L'appariement est un accouplement rationnel, une alliance heureuse et judicieuse sous les rapports d'analogie de formes, d'égalité de taille, de corpulence, etc.

L'appariement n'est pas un mode do reproduction spécial, mais une condition de bonne alUance. Les règles qui assurent l'action de Tappareillement, du croisement ou du métissage, sont rendues plus certaines par l'appariement.

APPARIER (rad. pair. — Prend deux i de suite à la 1'^ et à la 2" pers. du pi. de l'imparf. de l'ind. et du prés, du subjonct. : Aous appariions, vous appariiez. Que nous appariions, que vous appariiez) v. a. Joindre ensemble, unir par paires, par couples, des animaux de même espèce, des choses de même nature : Apparii^r des chevaux de carrosse, des bœufs de labour. Apparier des gants, des bas, etc.

— Par anal. Apparier des combattants. Mettre en présence des combattants de même force, d'égal courage, pareillement armés.

— En parlant des oiseaux, Mettre ensemble le mâle et la femelle : Apparier des pigeons, des serins.

— S'est aussi appliqué aux personnes, mais par ironie ou par plaisanterie :

Si le diable vous tente et veut vous marier. Qu'il cherche un autre objet pour vous apparier.

S'apparier, v. pr. En parlant des oiseaux, Se mettre par

couple pour la reproduction i Les pigeons s'apparient en

toute saison. Les perdrix ne s'apparient qu'au printemps.

— Par plaisanterie, en parlant des personnes :

Quand les gens du bel air veulent se marier.

Il leur faut même espèce à qui s'apparier.

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