‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 357 sur 828 · APPEL · texte numérisé non relu

APPEL

— Oiseau privé, dont on se sert pour attirer à bonne portée ceux de son espèce. Syn. chanteeellk, appelant.

— Fig. Tout ce qui est propre à attirer en leurrant : Mainte promesse n'est qu'un appeau.

— Se prendre, se faire prendre à l'appeau, Donner dans le panneau, se laisser duper.

— Techn. Petit timbre qui sert à sonner les demi-heures, les quarts et les demi-quarts.

— Encycl. Certains chasseurs savent imiter les cris de beaucoup d'oiseaux sans autre recours que la bouche et les doigts; mais ces moyens naturels ne sufdsent pas toujours : de là l'invention des appeaux. Le son qu'on eu tire doit ressembler à la voix de la femelle quand on fait la guerre aux oiseaux monogames, et à celle du mâle quand on a affaire aux polygames.

On distingue trois espèces d"appeaux : les appeaux à siff/et, les appeaux à languette, et les appeaux à frouer. — Les appeaux à sifflet servent à appeler les alouettes, les perdrix, les cailles, etc. Un simple noyau d'abricot, percé des deux côtés et vidé, forme un excellent appeau à sifflet pour la chasse aux alouettes, becfigues, etc. Les appeaux do métal ne sont qu'une imitation de ce noyau. Pour les oiseaux plus forts, perdrix, pluvier, vanneau^ caille, grive, on fabrique des appeaux à sifflet avec les os de l'aile de l'oie ou du héron, ou avec ceux des cuisses du mouton, du lièvre ou du chat, ou encore en métal; ces derniers sont en nombre considérable. — Les appeaux à languette, appelés aussi pipeaux, sont destinés à la. pipée, c'est-àdire à contrefaire le cri de la chouette, si détestée des autres oiseaux. Ils accourent pleins de fureur contre l'ennemi qu'ils croient entendre, et viennent s'abattre sur les gluaux disposés sur les arbres et les buissons avoisinants. — Les appeaux à frouer servent à imiter le cri ou le bruissement du vol des divers oiseaux.

On fait aussi jouer le rôle d'appeaux à des oiseaux qu'on élève en cage et qu'on porte à la chasse pour appeler les autres. C'est ainsi que, dans la chasse à la perdrix, on se sert d'une perdrix femelle apprivoisée ou prisonnière, appelée chanterelle. Les oiseaux qui conviennent le mieux pour ce métier sont : les bruants, les pinsons, les chardonnerets, les linottes, les verdiers, les cabarets, les tarins, les friquets et les moineaux. Lorsqu'ils n'ont d'autre objet que d'attirer par leurs mouvements, on les nomme moquettes ou i7wuvants. Enfin, pour les oiseaux pouvant être attirés par la simple vue de leurs pareils, on peut se servir comme appeaux d'oiseaux empaillés qui portent le nom de balvanes. Dans la chasse à la hutte, qui se fait de

Préférence la nuit et en hiver, les chasseurs font usage e femelles de canards qui, par leurs cris, attirent jusqu'à portée du fusil les bandes de canards sauvages. Ces canes sont, la plupart du temps, désignées sous le nom de appelants.

La chasse aux appeaux est défendue par la loi. Il faut, pour la faire, une autorisation spéciale.

APPEL n. m. Action d'appeler, d'attirer l'attention au moyen de la voix, d'un signe, etc. : Cri ^'appel. Sonnette (/■ai^pel.

— Par anal. Faire un appel à la charité, à la générosité, Eu solliciter des secours, n Faire appel à la bonne foi, à la justice de quelqu'un, etc.. Invoquer sa bonne foi, sa justice, etc.

— Par ext. Demande, expression d'un désir, excitation : De toutes les fautes, /'appel à l'intervention étrangère est la plus funeste, la plus criminelle, {h. Blanc.)

— Action d'appeler sous les drapeaux les jeunes gens désignés pour le service militaire.

— Par anal. Dénomination à haute voix des personnes qui doivent se trouver présentes : Répondre à Tappel. Manquer à Tappel. (Cette dernière locution prend figurément plusieurs autres sens : être mort, s'être égaré, ne pas tenir une promesse, etc.) ii Appel nominal. Dans les assemblées délibérantes, Action d'appeler par son nom chacun dos membres, pour qu'il dépose son vote dans l'urne, ou simplement pour s'assurer de sa présence.

— Fig. et fam. Battre l'appel, Attirer l'attention publique sur une chose.

~ Chass. Ton que les piqueurs sonnent sur la trompe pour faire avancer les chiens, n Appel simple, Celui qui est sonné sur le gros ton, c'est-à-dire avec des notes basses. Il Appel forcé. Celui qui est sonné sur le ton grêle, c'està-dire sur le cinquième ton, notes aiguës, n Ce chien n'a point d'appel, Il est inattentif, indocile, quand son maître l'appelle.

— Comm. et Fin. Appel de fonds, Demande du versement de nouveaux fonds à des actionnaires, à des associés, à des souscripteurs.

— Dr. Voie de recours qui a pour objet de faire réformer j)ar une juridiction supérieure un jugement rendu eu premier ressort : Se pourvoir en appel; interjeter appel; moyens d'appel, il Cour d'appel, Juridiction qui juge une cause déjà jugée par un tribunal de première instance : Jl y a en France vingt-six cours d'APPEL ; leur décision est dite « an-êt » .

Voici les vingt-six cours d'appel et l'indication des départements qui ressortissent à chacune d'elles :

Agen ...... Gers, Lot. Lot-et-Garonne.

Aix Alpes- Maritimes, Basses- Alpes, Bouches -du -

Rhône, Var.

Amiens Aisoe, Oise, Somme,

Angers Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe,

Bastia Corse.

Besançon . . . Doubs, Jura, Haute-Saône. Territoire de Belfort

Bordeaux . . . Cliarente. Dordogne, Gironde.

Bourges .... Clier. Indre. Nièvre.

Caen ..... Calvados, Manche, Orne.

Chambt^rv . . . Savoie, Haute-Savoie- Dijon ...... Côte-d'Or, Haule-Marne, Saône-et-Loire.

Douai. ..... Nord, Pas-de-Calais.

Grenoble. . . . Drôme, Isère, Hautes-Alpes.

Limoges .... Corrèze, Creuse. Haute- Vienne.

Lvon Ain, Loire, Rhône,

filontpellier. . Aude, Aveyron, Hérault, Pyrénées-Orientales.

Nancy Ardennes, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Vosyes.

Nimes Ardèche, Gard, Lozère, Vauchise.

Orléans Indre-et-Loire, Loiret, Loir-et-Cher.

Paris Aube, Eure-et-Loir, Marne, Seine, Seine-et-Marne,

Seine-et-Oise, Yonne.

Pau Landes. Basses-Pyrénées, Hautes-Pyrénées.

Poitiers .... Charente-Inférieure. Deux-Sèvres, Vendée. Vienne.

Rennes Côles-du-Nord, Finistère, lUe-et-Vilaioe, Loire- Inférieure, Morbihan.

Riom Allier. Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme.

Rouen ..... Eure, Seino-Inférieure.

Toulouse. . . . Ariège, Haute-Garonne. Tarn, Tarn-et-Garonne.

— Acte d'appel. Acte par lequel l'appelant fait connaître à son adversaire qu'il attaque, auprès d'une juridiction supérieure, la décision rendue entre eux. ii Appel principal, Première déclaration d'appel au tribunal supérieur.

Il Appel incident, Appel interjeté durant le cours d'un procès contre un jugement préjudiciable à l'une des parties, et dont l'autre pourrait se prévaloir, ii Appel aune taxe de dépens, Pourvoi formé pour obtenir réduction des dépens hxés par un juge, n Appel a minima. Appel interjeté par le ministère public, lorsqu'il croit que le coupable a été condamné à une peine trop faible. — Au Palais, Appeler les parties pour que la cause soitplaidée à sou tour.

— Escr. Battement du pied droit, sans marcher, ii Provocation en duel : Faire, recevoir un appll. (Peu usité, i

— Manèg. Action d'exciter les chevaux, en faisant entendre un claquement de la langue contre les dents ou contre le palais.

— Mar. L'appel d'un cordage est la direction suivant laquelle il agit, c'est-à-dire transmet l'effort qu'on lui applique. Pour réduire les frottements l-i donner un bun appel, on fait passer les manœuvres dans il. s iiuiiln-s ii.iivenablemont disposées, il Un navire >-i. ni -/ l'tii.j^rl Jr ■.., chaîne d'ancre quand il la raidit et êvHr, 'li- utaiiini' a --r trouver dans son prolongement, ii Appel au quart. AppLl fait la nuit à haute voix dans les batteries pour réveiller les hommes qui doivent prendre le quart, il Mettre l'équipage à l'appel, S'assurer que l'équipage est réuni.

— Techn. Appel d'air. Introduction, dans un foyer, de l'air nécessaire à la combustion. Le tirage d'un foyer a lieu par voie d'appel, quand il est excité par aspiration, comme cela arrive dans les cheminées ordinaires.

— Typngr. Appel de note. Signe placé dans le texte pour iiidiquer qu'il se trouve une note, soit au bas de la page, soit en marge, soit à la fin du chapitre ou mcmc duVolume.

— Encycl. Armée. "L'appel du contingent ou de la classe comprend l'ensemble des opérations ayant pour but de faire arriver chaque année sous les drapeaux les jeunes gens qui ont atteint l'âge du service militaire ; recensement et confection des listes par commune, tirage au sort par canton, revision, puis répartition ou affectation des recrues et incorporation. Ces opérations occupent la plus grande partie de l'année, la dernière n'ayant lieu que vers^la minovembre, tandis que le recensement commence dès les premiers jours de janvier. Il s'applique aux jeunes gens ayant atteint l'âge de vingt ans révolus dans le cours de Tannée précédente, dont le millésime sert à désigner la classe.

Le derajïcejnent d'appel, avec faculté de choisir le corps où l'on veut servir, est considéré comme enqagemeut volontaire et soumis aux mêmes règles et conditions que ledit engagement. En tout cas, la faculté dont il s'apit cesse entièrement le jour où l'intéressé a passé devant le conseil de revision. Car il no peut plus dès lors être autorisé <in'â rejoindre le corps auquel il a été affecté par son bureau de recrutement. Par contre, des sursis d'arrivée., de 30 jours au maximum, peuvent être accordes, par les gc'ôéraux commandant les subdivisions militaires, aux jeunes gens qui font valoir des motifs sérieux.

En temps de guerre, sur l'ordre du ministre, peut avoir lieu, à une époque quelconque de l'année, l'appel par anticipation de la classe qui ne serait normalement appelée que le 1" novembre suivant.

Des appels pour les réservistes, les territoriaux, les hommes des services auxiliaires, ont lieu pour les périodes d'instruction ou convocations au.xquelles ils sont assujettis.

L'appel nominal est aussi un acte du service journalier destiné à constater la présence des militaires au réveil, le soir, ou lors d'un rassemblement pour un exercice quelconque.

Entîn, on désigne encore sous le nom d'appel la batterie do tambour ou la sonnerie de clairon ou de trompette qui donne le signal de son exécution. (L'appel fait par le tambour consiste en trois roulements successifs, le troisième un peu plus long que les dexLX autres.)

L'appel dans la cavalerie et dans l'arlillerie (trompette). Pour le rassemblement du régiment k pied, on sonne V fois cet appel. La 1": mesure et le 1"' soi delà deuxième constituent le demi-apjiel-

— Dr. rom. h'appel proprement dit en matière civile n'existait pas à Rome sous la république, parce qu'il n'y avait pas de hiérarchie entre les divers magistrats; il v avait seulement certaines institutions offrant avec l'appel quelque analogie, le droit de veto et l'intercessio.{V. ces mots.) En matière criminelle, il y avait la provocatio ad populum, sorte de recours en grâce adressé devant le peuple assemblé en comices. A partir d'Auguste, on put appeler des magistrats inférieurs aux magistrats supérieurs, et de ceux-ci à l'empereur : néanmoins, le recours à ce dernier ne fut admis que dans les affairés qui excédaient un chiffre suffisamment élevé.

— Ane. dr. franc. Pendant la période franque, la justice fut d'abord rendue dans des assises appelées mais: ceux qui avaient succombé dans leurs prétentions pouvaient s'inscrire en faux {blasphemare) contre la sentence, ou porter appel devant le roi. Plus tard, les missi dominici eurent mission de juger les appels portés contre les décisions des juges locaux. A partir du x« siècle, on voit s'introduire l'\xs3i§Q Ae fausser la cour, permis seulement aux nobles. Le vassal jugé pouvait exiger que les juges opinassent à haute voix, et si, dès les premiers suffrages exprimés, il supposait que la décision lui serait contraire, il déclarait fausser la cour, c'est-à-dire appeler en combat

tous ceux dont l'opinion lui était défavorable. S'il sortait victorieux, il portait appel devant le suzerain ; s'il succombait, il encourait certaines peines. Lorsque le duel judiciaire fut supprime, on put fausser jugement sans combattre, c'est-à-dire porter l'affaire à la cour du roi. On reconnaissait à cette cour le droit de juger les vassaux des grands fiefs, c'est-à-dire du pays de non-obéissance le roi, surtout en cas de defauUe de droit, c'est-à-dire de refus de juger des seigneurs. L'usage de l'appel se généralisa peu à peu : l'établissement des bailliages et des grands bailliages créa par la force des choses plusieurs degrés de juridiction dans les pays soumis directement à l'autorité royale, et lit de la cour du roi un tribunal d'appel pour mal jugé, même pour les sentences rendues par les cours des grands vassaux. Ce furent les efforts des légistes et des conseillers royaux {j,ui firent triompher l'autorité souveraine du roi; celui-ci devint le juge en dernier ressort des litiges élevés dans le royaume. Cette haute juridiction s'exerça par les parlements et par les cours spéciales.

— Dr. interméd. La loi des 16-24 août 1790 réduisit à •i.ii\ j.s degrés de juridiction, et maintint ainsi le droit

lai'iMl r-n lui imposant de justes limites. Elle ci'éa des jiisin ,s de paix et des triijunaux de district : ceux-ci lurent juges d'appel des sentences des juges de paix et des jugements rendus par les autres tribunaux de district, et réciproquement. L'appel ne put être porté que dans les affaires de première instance qui excédaient, en matière personnelle et mobilière, 1.000 livres de principal, et, en matière immobilière, 50 livres de revenu. La loi du 27 ventôse an VIII organisa les tribunaux d'appel qui devinrent, en 1810,- les cours impériales. Toutefois, certains tribunaux de première instance restèrent juges d'appel à l'égard de certains autres en matière correctionnelle.

— Dr. actuel. L'appel est une voie de recours contre un jugement; il a pour objet de faire réformer ce jugement par une juridiction supérieure. Les tribunaux de première instance sont juges d'appel des sentences des juges de paix; les tribunaux de commerce sont juges d'appel des décisions des conseils de prud'hommes. L'appel des jugements rendus parles tribunaux de première instance et de commerce est porté devant les cours d'appel.

— De l'appel en matière civile. Toute personne peut interjeter appel qui a été, à un degré et sous une forme quelconque, partie à une instance, y compris le ministère public, et les tiers indirectement lésés peuvent former tierce opposition. V. opposition.

1" Justice de paix. Les juges de paix, d'une manière générale, connaissent de toutes les actions purement personnelles ou mobilières, en de/vi/e?' ressoW, jusqu'à la valeur de 100 francs, et à charge d'appel jusqu'à la valeur do 200 francs. Mais diverses lois et le Code lui-même ont, dans des cas fort nombreux, étendu bien au delà cette compétence des iuges de paix à charge d'appel. (V. juge DE PAIX, j L'appel n'est recevable ni avant les trois jours qui suivent la prononciation du jugement, ni après les trente jours qui suivent la signification du jugement, saut la prolongation accordée en raison des distances.

2° Tribunaux de première instance. Ils jugent en premier et dernier ressort les affaires mobilières et personnelles jusqu'à 1.500 francs en principal et les affaires imniobilicres dont l'objet ne dépasse pas 60 francs de revenu; au delà de ces chiffres, leurs décisions sont jugées en premier ressort et susceptibles d'appel.

Le délai pour interjeter appel des jugements des tribunaux de première instance est de deux mois et court : pour les jugements contradictoires, du jour de la signification à personne et à domicile; pour les jugements par défaut, du jour où l'opposition n'est plus recevable. Ces délais emportent déchéance, mais ils sont augmentés suivant les distances, et ils sont suspendus par la mort de la partie condamnée, sauf à reprendre leur cours après la signification du jugement faite aux héritiers.

L'appel d'un jugement préparatoire ne peut être interjeté qu'après le jugement définitif et conjointement avec l'appel de ce dernier; l'appel d'un jugement interlocutoire (v. JUGEMENT} pcut être interjeté avant le jugement définitif (C. proc. civ., art. 443-473). L'appelant qui succombe est condamné aune amende de 10 francs (id., art. 471).

Pour les jugements de justice de paix, aussi bien que pour ceux des tribunaux de première instance, l'appel est suspensif, à moins que le jugement n'ait été déclaré exécutoire par provision. Pour les jugements de première instance, l'appel n'est pas recevable dans la huitaine à dater du jour du jugement, et l'exécution est suspendue pendant ladite huitaine.

Les appels des jugements des tribunaux de commerce sont portés devant les cours d'appel, selon les mômes règles de procédure que lorsqu'il s'agit de l'appel des jugements des tribunaux d'arrondissement. Ils jugent vn dernier ressort toutes les demandes dont le pricipal n'(.*\cède pas 1.500 francs, et les demandes reconventionnell. ■ou en compensation, lors même que, réunies à la deman'l-principale, elles excéderaient 1.500 francs. Mais, comin-les jugements en matière commerciale sont de plein drun exécutoires par provision, l'appel peut être interjeté 1<jour même du jugement.

— De l'appel en matière criminelle. Le ministère publia peut, dans tous les cas, en appeler, devant la chambra des mises en accusation de la cour d'appel, des ordonnances du juge d'instruction. Le même droit est reconnu à la partie civile, si ses intérêts particuliers sont lésés (par exemple si l'inculpé est mis en liberté), et même au prévenu, si on lui refuse sa mise en liberté provisoire ou s'il e.xcipe de l'incompétence du tribunal ou du jugid'instruction. Le délai est de vingt-quatre heures (C. insi r. crim., art. 114, 128, 129, 131, 135 et 539).

Les jugements rendus par le juge de paix en matièi'de simple police sont susceptibles d'appel, lorsqu'ils prononcent un emprisonnement ou lorsque les amendes, rt-^titutions et autres réparations civiles, excèdent la somnir de 5 francs, outre les dépens. Le délai est de dix jours, ti l'appel est porté devant le tribunal de police correctionnelle (id., art. 172-178).

Le droit d'appeler devant la cour d'appel des jugemenis rendus par un tribunal de police correct i07w elle est robj.-t des articles 199 à 216 du C. d'instr. crim. L'appel doit éiri' fait au greffe dans les dix jours de la prononciation du jugement; si celui-ci est par défaut, dans les dix jours do la signification, outre les délais de distance. En matière criminelle, l'appel est toujours suspensif.

Il n'y a jamais Hou & appol, mais souioment à. pourvoi en cassation, conlro les arrôts do la cour d'assisos.

— Appel comme d'abus. V. adus.

— Appel nominal. — Appel au peuple. Dans les assomblôos politiques, si lo vote par assis ot lové no jn-oduit qu'un résultat douteux, ot si on no peut recourir au scrutin sccrot, chaque membre est appelé par son nom pour dunnor son sulfrago : c'est Vappel nominal. L'appel nominal lo plus côlôhre de notre histoire est celui do la Convention naiio- Dalo, dans lo procès do Louis XVI, qui permit, en intimidant les doputôs, do faire voter la mort du roi sous la pression dos tribunes.

Les appels au peuple n'étaient pas inconnus do l'antiquité. Dans l'histoiro contemporaine, los décrets soumettant à la nation française les pouvoirs décennaux, le consulat à vie et l'empire héréditaire on faveur do Napoléon I", ont été de véritables appels au peuple. En décembre I85i, Louis-Napoléon Bonaparte, alors président de la Képubli«iuo, a, par un appel au peuple, demandé 1er pouvoirs décennaux ot lo droit d'établir une constitution sur les bases indiquées dans la Proclamation aux Français. L'appel au peuple a même été consacré formoUo'mont par larticlo 5 do la Constitution du 14 janvier 1852.

Appel au peuple (comité kt parti de l'}. Le Comité de CAppcl au peuple est un comité impénaliste organisé aux débuts de la troisième l<épul>lh|iH>, sons la présidence do Rouhor, chef du parti do rA]ii"-l au iionplc, et étendant son action sur lo pays toui cm ht. Des la lin de l'année 1871, il entreprit une propagande liouapartisto qui se développa beaucoup, eut bientôt une presse spéciale et dos agents on grand nombre, intervint dans les élections, prit rïuitiativo et la direction de divers moyens d'agitation. Lo but poursuivi n'était rien moins quo le rétablissement de l'Empire.

Une note laissée dans un wagon mit sur la voie do la découvcrto do l'organisation du parti et du comité de l'Appel au peuple; une déposition, faite par Léon Renault devant la commission d'enquête parlementaire, en ianvier 1875, en fit connaître les différents rouages; le résultat le plus clair fut l'entente des membres modérés du parti monarchique avec les républicains. De là sortit la constitution du 25 février 1875.

Lo parti de l'Appel au peuple, défait aux élections de 187G. ne se décourageapas cependant ; il prit même, un peu plus tard, un rôlo prépondérant au coup d'Etat du 16 mai. Après la mort du prince impérial (20 juin 1879), il se divisa; tandis que les uns, avec Rouher, reconnaissaient le prince Jérôme Napoléon pour l'héritier de Napoléon IV, d'autres, un peu plus tard, proclamaient le fils de Jérôme, Victor Napoléon, comme chef du parti. Ces derniers finirent par amener une rupture entre le prince Victor et son pèro, ù, la mort do qui l'unité so retit dans le parti impérialiste. Mais ce parti compte à peine quelques représentants dans le Parlement.

Appel des dernières victimes de la Terreur (l'), tableau de Ch.-L. Miillor iMusro de Versailles.). Cette vaste toile reiirts.Mito la prison do Saint-Lazare, où sont

à intimé f intimée [ou u d6fondour»t « dôfendorosso i» on appe!].)

— Désignait autrof., au masc, celui qui provoquait on duel : Louis XII publia une ordonnance trè$ sévère contre

les Al'I'KLANTS.

— En T. do chass., Oiseau dressé à attirer les autres. APPELANTS n. m. pi. Ilist. ccclés. Nom donné, au com-

moncemont du xvm" siècle, aux évoques et aux prôtros nui avaient interjeté appel, au futur concile, do la bulle Unifjcnitus. — Un api'Blanï.

— Ilist. Nom sous lequel on désigna, en 1793, les conventionnels qui, dans lo procès du roi, avaient volé pour Vappi'l an peuple. C'étaient des députés do la plaine et de la tiironde, quo les révolutionnaires ardents accusaient, non sans raison, d'avoir voulu, par cotte proposition, ménager à Louis XVI des chances de salut.

APPELER (lat. appdlare ; do ad, à, etpellarc, v. inusit. signif. parler. — Double la consonne l devant un c muet : J'appelle. J'appellerai. Nous appellerions. Ne prend nu'un l dans tous les autres cas : Nous appelons. Ils appelèrent) V. a. Dire lo nom d'une personne ou d'une chose, lui donner un nom. ii Qualifier los personnes ou les choses par des termes particuliers : Combien de ma7-(5 appellent leur ami l'amant de leur femme! (Do Ségur.)

— So servir de la voix ou d'un signe pour faire venir quelqu'un, pour attirer son attention : Appelkr de la main, du {/este.

— So dit aussi on parlant do l'action do faire venir à. soi un animal domestique : Appklkr son chien, un cheval.

Il S'applique également au cri dont so servent les animaux pour faire venir à eux ceux de leur espèce ou leur maître : La poule appellb ses poussins, n So dit encore do certaines choses destinées à donner un signal : La trompette appelle au combat. Le sifflet appelle les matelots. Il Attirer des animaux au moyen d'un appeau : Appeler des perdrix, des cailles.

— Faire l'appel des personnes qui doivent se trouver à une assemblée, à uno revue, ii Mander, faire venir : Appeler le confesseur, le médecin.

— Désigner pour une dignité, pour une fonction : Louis A'/K appela Colbert dans ses conseils, il Destiner ; Il y a dans le cœur de la femme quelque chose de républicain qui /'appelle à l'héroïsme. \k. Martin.)

— Inviter, exciter : Affrontez courageusement le péril, dès que le devoir vous y appelle. (Mass.)

— Fasciner, attirer: Femme çu/ appelle le regard par sa beauté, il Attirer ; avoir pour conséquence : Un malheur en appelle un autre.

— Dieu l'appelle à lui, ou simplem. Dieu l'appelle. Il est près de mourir, il Dieu l'a appelé à lui. Se dit d'une personne qui est morte.

— Appeler au secours, à l'aide, appeler à son secours. Crier pour invoquer du secours, de l'aide, n Signif. aussi S'adresser à telle personne, recourir à tel moyen, pour venir à bout d'une chose : Appelkr tout son courage À SON aide.

— Appeler sous les drapeaux, ou absol. Appeler, Convoquer au service militaire.

— rV.v/ '.-r <in'n>i appvUr. rnlJà CC '/"-vu npprJh:, er qu'on

Apijcl il'

ii:ionocmcnt do thermidor 1794. VAppeldes Condamnés, I iH Mil lo nomme ordinairement, est une véritable ga- !■ l'.atraits historiques, parmi lesquels on remarque Il \ Cliénier, composant les derniers « Ïambes », et -rto Kuuoher, disant adieu à son fils. Malgré ladispon un peu affectée des attitudes et des ajustements, forte impression d'horreur se dégage du coloris triste I i-nsemble et du sentiment d'épouvante qui se peint sur uaits dos personnages.

Appel des Girondins (l'), tableau de Franeois F!anuMig (Salon do 1S79), qui commença la réputation de l'aulenr^ Les girondins, réunis autour des restes d'un festin, écoutent l'appel : au centre, lo cadavre de Valazé est étendu sur une civière. Ce tableau, d'un dessin correct et dune expression sobre, présente, dans les couleurs et les attitudes, dos contrastes saisissants.

Appel, peintre hollandais, né en IGSO à Amsterdam, mort dans celte ville en 1751. 11 a peint des paysages, des portraits et des sujets d'histoire.

APPELABLE adj. Susceptible d'appel, dont on peut appeler.

APPELANT, ANTE adj. So disent de celui, de celle qui appelle d'un jugement: ia ;)aW)V appelante.

— n. : AppÊlamt, APPELANTE. (Se disent par opposition

d'aprt'':

peut appeler. (V. s'appeler.) n .\ppelcr en duel, appeler au combat, ou absol. Appeler, Provoquer à un duel, à un combat singulier, n Appeler l'attention de quelqu'un sur une chose. L'engager à y réfléchir, n Appeler la mort sur quelqu'un, Souhaiter que quelqu'un périsse.

— Argot de théât. Appeler Azor, appeler Tarquin, Siffler.

— Chass. Donner do la voix, en parlant du chien :

Quelque t-rrier, dit-il. .i sauvé mon galant. Mes chiens n'rt/i/>ef/cnf pas au dclîi des colonnes.

— Jeu de whist. Obliger son adversaire à jouer uno carte qu'il a montrée volontairement ou par inadvertance.

il Au wliist en dix points, quand un des partners a huit Ijoints et qu'un autre a deux honneurs dans la main, se dit alors du droit quo possède ce dernier de lo faire connaître. Si lo premier joueur peut montrer un autre honneur, la partie est gagnée pour lui, sans qu'il soit nécessaire do jouer lo coup.

— Prat. Citer quelqu'un, le faire comparaître devant un juge: Appeler e«;H5/fce. Appei.er en «/amn^te.— Fig. Appeler en iémoifpiaqe, à témoin. (Se dit en parlant de ce qu'on allègue à l'appui d'une assertion.) n Au Palais, .-i/ipe- 1er une cause. Nommer à haute voix les parties pour qu'elles se présentent à la barre, et faire connaitre ainsi que la cause va être jugée.

— v. n. Dr. Recourirà uno juridiction supérieure, pour

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