‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 365 sur 828 · V. APPRESSE · texte numérisé non relu

V. APPRESSE

APPRTVOISABLE adj. Que l'on peut appnvoisiM'.

— Anton. Inapprivoisable

APPRIVOISEMENT n. m Action d'apprivoiser; résul tat de cette action. Apprêtoir.

— Encycl. Il y a trois

degrés de possessîon des animaux par l'homme : la captivité, y apprivoisement et la domestication. La captivité est le degré inférieur, la domestication le degré supérieur, l'apprivoisement tient le milieu. La captivité et l'apprivoisement n'ont lieu que par rapport à des individus isolés. L'apprivo'isement et la domestication ont cela de commun que, dans l'un et l'autre état, l'animal s'est pour ainsi dire donné lui-même, a volontairement accepté le joug. La possession de l'animal captif est purement négative; car il faut sans cesse tenir à la chaîne ce prisonnier arraché violemment à ses habitudes, et prêt à reprendre sa liberté à la première occasion favorable. L'animal apprivoisé vit sans espoir et même sans désir de liberté, sous un joug que l'habitude lui a rendu lé^cr. La domestication n'est plus seulement la possession de l'individu, c'est la possession de la race. L'œuvre de l'apprivoisement est fatalement détruite par la mort de l'individu apprivoisé ; elle est sans cesse à recommencer. La domestication, au contraire, une fois obtenue, l'est pour toujours.

APPRIVOISER (du lat. ad, à, et privus. privé) v. a. Rendre traitable, moins farouche, rendre privé : On dompte la panthère plutôt qu'on ne /'apprivoise. (Buff.)

— Par anal. Rendre plus traitable, plus sociable, plus doux dans les relations, en parlant des personnes; moins tyrannlque en parlant des passions, des vices, etc. : L'orgueil se laisse apprivoi.ser parla docilité. (J. de Maistre.)

— Sy'N. Apprivoisé, domestique, privé. Los trois mots s'emploient par opposit. k farouche, sauvage. L'anmia! est (ippnvoisé, prive, lorsqu'il s'attache à l'homme et subit docilement sa domination ; il est domestique lorsqu'il se reproduit, se multiplie, fait race à l'état privé. Entre apprivoisé et privé la différence est légère ; cependant, privé, marque un état ancien et devenu si naturel à l'animal qu'on oublie l'action dont il est le résultat; apprivoisé éveille toujours l'idée du temps où l'animal était sauvage et de l'action qui l'a conduit à se plier à des habitudes de soumission. En outre, privé dit plus que apprivoisé ; on dira d'un animal qu'il est privé, lorsqu'il est devenu familier et même affectueux, qu'il est apprivoisé lorsqu'il a cessé d'être dangereux.

— Anton. Effarouché, farouche, inapprivoisé, sauvage.

S'apprivoiser, v. pr. Devenir moins taroucho : L'ours finit par s apprivoisiir. La culere s"aj>privûise par la douceur. (A. Karr.)

— Fig. S'accoutumer, se familiariser : S'apprivoiser avec le monde, avec le danger. (Lamart.)

— Anton. Eifaroucher.

APPROBANT, ANTE (du lat. opproirtre. approuver) adj. Qui aDpruuve. apprubatcur : Un homme immobile près t^e 710US. les bras cruht's. le regard approsant, semblait bénévolement prêter l'oreHle. (X. Saintine.)

APPROBATEUR, TRICE (lat. approbator, trix) n. et adj. Qui approuve. (S'emploie surtout au masc.) : Z,' approbateur d'an médisant devient son complice. \Fléch.)

— Autref. Censeur qui avait officiellement donné son approbation à un ouvrage, avant qu'il fût publié.

— Se dit adjectiv. des chuses : Sourire approbateur.

— Anton. Critique, dénigreur, déprédateur, désapprobateur, détracteur, improbateur, réprobateur.

APPROBATIF, IVE adj. Qui man:|ue, qui exprime l'approbatiun : Silence, geste approbatif.

— Anton. Critique, improbatif, réprébensif, satirique. APPROBATION {si — lat. approbatio) n. f. Agrément,

consentement que Ion donne à quelque chose : Z'approba- TiON des père et mère est indispensable aux époux . [Duverg .)

— Jugement favorable qu'on porte sur quelqu'un, sur quelque chose : C'est un noble lien social que le besoin 7nutuel de rAPPROBATioN. {M""" Guizot.)

-— En T. de théol. Acte par lequel l'évêque donne à un prêtre le pouvoir de prêcher et de confesser dans son diocèse.

— Approbation d'écriture. V. acte sous-seing privé.

— Encycl. Théol. Approbation pour absoudre. C'est le concile de Trente qui paraît avoir, le premier, interdit expressément aux prêtres d'absoudre sans approbation ad hoc. Voici en quels termes est formulé le décret disciplinaire qui contient cette interdiction : « Quoique les prêtres reçoivent dans leur ordination le pouvoir d'absoudre les péchés, cependant le saint-synode décrète qu'aucun, même régulier, ne peut entendre la confession des séculiers et même des prêtres, ni être réputé idoine à cette fonction, à moins qu'il n'ait un bénéfice paroissial, ou qu'il ne soit jugé idoine après examen, et qu'il ae reçoive l'approbation, qui se donne gratis: et cela nonobstant privilège et coutume quelconque, même immémoriale. "

Le but de ce décret était de rendre plus facile la surveillance épiscopale, de maintenir h's prêtres dans les limites de leur juridiction et de marquer formellement leur dépendance à l'égard de l'évêque en qui réside la plénitude de la puissance ecclésiastique, et de qui dépendent, dans chaque diocèse, les soins et le gouvernement des âmes.

— Admin. Approbation des livres. En France, avant la Révolution, aucun ouvrage ne pouvait être imprimé sans que le manuscrit eût été soumis à lauiorité civile, qui en permettait ou en défendait l'impression. Il existait un comité de censure, placé dans les attributions du chancelier de France. Le censeur examinait le manuscrit, et, s'il n'y avait rien trouvé qui fût de nature à en empêcher l'impression, il délivrait une approbation. Toute modification nécessitait une approbation nouvelle. Les écrivains les plus célèbres furent aux prises avec l'approbation : Descartes, Arnaud, Charron, Montesquieu, Buffon luimême, et surtout les auteurs de V Encyclopédie. Un grand nombre d'ouvrages, qui savaient d'avance le sort que leur réservait la censure, s'en allaient à l'étranger, principalement en Hollande, et rentraient en France imprimés. Le pouvoir fermait souvent les yeux, pourvu que la couverture portât le titre fictif d'une ville étrangère. V. censure. — Pour rapprot)ation des livres classiques, v. attorisation.

— Stn. ApprobatioD, acquiescement, adhésion, etc.

"V, ACQUIESCEMKNT.

— Anton. Blâme, condjunnation, dénigrement, dépréciation, désapprobation, improbation, répréhensioo.

APPROBATIVEMENT adv. D'une manière apprubative. APPROBATIVITÉ n. f. Désir de plaire, d'être louange, :n des modes de l'instinct

APPROCHABLE adj. Qu'on peut approcher, accessible. (Ne -^ 'iiiplui.' ijiicre qu'avec la négation) ; Les ge7is irascibles /n: \o/il /.os APPROCHABLES.

APPROCHANT prép. Environ, à peu près. (Ne doit pas se construire avec de) : Je t'ai vu, il y a approchant un j7iois.

APPROCHANT, ANTE adj. Qui approche, qui a de la ressemblance, du rapport : Le singe a des traits approchants de ceux de L'homme. (Buff.)

— Approximatif : Les calculs astronomiques ne sont presque Jamais qu'approchants.

APPROCHE n. f. Action d'approcher, de s'approcher : S'enfuir aux approches de l'ennemi. Le chien frémit d /'approche de la bête féroce. (F. Soulié.)

— Accès, abord : Un prince, un ministre doit toujours être d'une approche facile. (Peu usité.)

— Par ext. Se dit de ce qui parait s'approcher, s'avancer ; /^'approche dit danger. Z'approche de l'hiver.

— Proximité, voisinage : Aux approches des régions boréales, il vous semble gravir un plateau de glaces. (De Custine.)

— En parlant dos animaux, Accouplement : Chez les poissons, la femelle est féconde sans /'approche du mâle. (G. Cuv.)

— Art. milit. Abord, accès d'une place, d'un camp, d'un poste : Ville, citadelle de difficile approche, ii Combats d'approche. Travaux d'approche. Combats, Travaux de terrassement, tels que cheminements, parallèles, logements, galeries, etc., au moyen desquels l'assiégeant s'avance sur les ouvrages de la place qu'il attaque, ii Lignes d'approches, Nom sous lequel on désigne quelquefois les tranchées, ii Contenir les approches, Retarder les efforts des assiégeants, ii Nettoyer les approches, Repousser les assiégeants et détruire leurs travaux.

— Hortic. Greffe par le contact forcé de deux branches

— Mar. Approches de la terre. Voisinage de la terre.

— Opt. Lunette d'approche, Lunette grossissante, donnant une image plus proche de l'œil de l'observateur que

l'objet. V. LUNETTE ASTB0NOMI*iUE.

— Typogr. Distance naturollo qui oxisto entre les lettres ot lo lilauc nécossairo que purto cliacuno d'cllos ■ Dam tes fundmes de caraclrres d'imprimerie, on proci'dc à /api'ROuhe des lettres nouvellement fondues en les comparant en tous sens avec d'autres lettres qui servent d'étalons, afin de s'assurer de l'exactitude des dimensions.

Il Séparadon vicieuse de deux lettres cunsécuiivos.

Il Siyuo typograpliiquo, 4., servant à indiquer lo rapprocliomont do mots ou do lettres trop éloignés les uns dos autres.

— Encycl. Géom. Courbe aux approches égales. Ligne célèbre dans Ihisioiro des joutes mathémati(|uos du XVII' siéclo. Elle fut décrite ot analysée complijtomont par Maupertuis.

C'est une courbe piano, telle que si l'on mono dans son plan disposé vorticaloment des droites horizontales ot cquidistantos, cellos-ci détermineront sur cotte courbe des segnionts qui seront parcourus en temps égaux par un point matoriol posant assujetti & rester sur la courbe. Cette courbe a la forme d'une parabole à branches très ouvertes.

APPROCHEMENT n. m. Action d'approcher; état de ce qui est approché. (Peu usité.)

APPROCHER V. a. Mettre proche, avancer auprès : Ap- PROCHKR une chaise d'une autre. 11 Au tig. : La charité APPROCHE l'homme de la perfection.

— Aborder, se tenir auprès d'une personne; être admis dans sa familiarité : Louis .\7 V ne voulait rien nue de subalterne dans ce qui rAPPROcHAiT, même dans ses fils. (Lamart.)

Il Peut s'employer à l'égard dos animaux : Appkocheb le gibier. Approcher une bête féroce.

— Approcher quelqu'un de soi. Se dit d'un prince, d'un haut dignitaire, qui donne à quelqu'un un emploi près do sa personne.

— Homme difficile A approcher. Homme raide, hautain, qu'on n'aborde pas aisément.

— En parlant des animaux, se dit du mâle qui s'accouple avec la femelle.

— Approcher les talons, tes éperons. Manèg. Les appliquer légèrement sur les flancs du cheval, atin do l'avertir.

— Approcher un drop. Techn. Le tondre fort ras.

— V. n. Se mettre près de, être voisin do : Approcher de quelqu'un. Lu couleur des nègres devient plus foncée a mesure qu'ils approchent de l'équateur. (Raynal.)

— Avoir du rapport, do la ressemblance : Le chacal est de tous les animaux celui dont l'espèce nous parait le plus APPROCHER de l'espèce du chien. (Buff.)

— Etre iiroche, imminent : Le monde s'enfuit et l'éternité APPROCHE. (Mass.)

— Approcher du but. Mettre près du but visé. 11 Fie, Etre sur le point d'atteindre à un résultat. 11 Approcher des sacrements, Se confesser et communier.

— Mar. Se dit du vent, lorsqu'il devient moins favorable, lorsqu il n'adonne pas.

,. ~ Sculpi. Amener peu à peu un ouvrage à fin, après 1 avoir dégrossi : Approcher à la pointe, au ciseau. Approché, ée part. pass. du v. Approcher.

— Approximatif: Lhomme n'a encore de bien des choses que des connaissances, des idées approchées

— Bot. Se dit des feuilles qui suivent la direction do la tige dans leur longueur, et s en approchent.

— Manuf. Drap approché. Drap tondu fort ras.

— Math. V. approximation.

S'approcher, v, pr. S'avancer, se mettre auprès de quelqu un ou de quelque chose. — Par ext. : La nuit, t heure, la vieillesse, s'approche. 11 Avoir du rapport, de la parité : L'intérêt du roman ne se soutient qu'aulrmt qu'il s approche de la réalité, il S'entendre, se mettre d accord. (Vieux en ce sens.)

— Syn. Approcher, aborder, avoir accès. V. aborder.

— A.NTON. Ecarter, éloigner.

APPROCHEUR (rad. proche) n. m. Techn. Ouvrier qui amène lo bois à l'endroit où l'on construit un train do bois flotté.

APPROFONDIR v. a. Rendre plus profond, creuser plus avant : Approfondir un canal.

— Fig. Pénétrer autant que possible dans la connaissance d une chose : Approfondir une science.

Jain.iis les jeunes gens n'approfondissent rien.

Collé.

— Poétiquem. : Approfondir un abime de maux. (Corneille.) *

S'approfondir, v. pr. Etre approfondi, creusé plus avant : Le lit des cours d'eau s'approfondit ou s'exhausse

— Fig. S'examiner à fond : Les hommes n'aiment pas à s'approfondir, ils vivent au jour la journée avec leur conscience. (Rivarol.) 11 Etre scruté, examiné à fond, on parlant dos choses : Il y a des problèmes qui ne s'approfondissent Ja^iais.

— SïN. Approfondir, creuser. Creuser, c'est faire un trou. Approfondir, c'est creuser de nouveau et plus avant. S emploient dans le même sons au fig. : Pour trouver ta vérité, il ne faut pas creuser dans les abîmes. (Mass ) Corneille avaii approfondi tous les secrets de son an. (Volt.)

APPROFONDISSEMENT n. m. Action de rendre plus prolond, résultat de cette action : ^'approkondisseivient a un bassin, d un chenal.

— Fig. Etat de ce qui est étudié à fond, mieux connu ■ La femme veut l approfondissement de l'amour. (Michelet.)

APPROFONDISSEUR n. m. Celui qui a la prétention, la "ifs"«-i'j' '''"' '""' approfondir : Appeofondisseue de

ri^.bT"'''"*^'"'^'^ "■ ^' '^"'^"^ ^'' "^ 1'" •=** ''PP'"°- APPHOPRIABLE adj. Qu'on peut s'approprier : Z'ea»

(air, ta lumi.n-e, ne sont pas appropriables. (Proudh ) APPROPRIATION isi - rad. approprier) n. f. Action de

nettoyer ; Appropriation d'une chambre. (Peu usité.)

— Action do rendre propre à : Appropriation d'un local a un senuce a ambulance.

— Action d'attribuer à quelqu'un la propriété d'une chose : Le gibier tombe frappé par le plomb Su chasseur ■ l APPROPRUTION en est sur-le-champ consommée. (Troplong 1

— Ane. chim. Action par laquelle deux corps qui par eux-mêmes, no peuvent se comliiner, sont rendus propres a la combinaison par un troisième. 1- r "^

— Méd. Action naturelle par laquelle les sucs nutritifs se transforment et passent dans l'économie animale.

— Anton. Désappropriatioa.

APPROCIIEMEiNT

APPROPRIEHENT (prl) n. m. ou APPROPRIANCE n. f.

Ane. dr. Se disuil de certains moyens pratiqués pour s'assurer la projiriéto d'un bien.

APPROPRIER (lat. appropriare ; do ad, k, et propriu», propre, convonablo. — Prend deux 1 do suite à la 1" et à la 2' pors du plur. do l'imparf. de l'indic. ot du prés, du subj. : iSoua appropriions, vous appropriiez. Que nous appropriions, que vous appropriiez) v. a. Mettre en état do propreté : Approprier une maison.

— Adapter, rendre propre a une destination, au prop. et au lig. : Approprier les remèdes à la constitution des malades. Il faut apphoprier les toit aux mœurs, aux opinions, aux temps, au climat, {hoirie.)

Approprié, ée part, passé du v. Approprier, n Bénéfice approprié. Dr. can. Revenu attaché à quelque dignité ou a uno communauté religieuse desservie par un vicaire.

S approprier, v. pr. Paire d'une chose sa propriété : Le penchant de l'homme le porte à s'approprier le poisson qu il a péché, l'oiseau qu'il a abattu, ou le fruit qu'à a fait naître. (Thiors.)

— Fig. S'assimiler : /; est un art de s'approprier les pensées d'autrui par la manière dont on les exploite.

— Se conformer à, so mettre à la portée de : S'approprier à ses auditeurs. S'approprier aux circonstances. Il S adapter, convenir : Ce discours s'approprie exactement

a ta situation. (Guéroult.)

APPROPRIEUR (rad. approprier) n. m. Ouvrier qui met les cliapeaux en forme chez les chapeliers.

Approuague, fl. côtier de la Guyane française, long d environ 300 l<ilom. — Quartier de la Guyane française arrosé parle fleuve du mémo nom; 1.860 hab. Atelier dis-^ ciplinaire. Gisements aurifères.

APPROUVABLE adj. Qui peut, qui doit être approuvé ; Plan APPROUVABLE. Conduite approovable.

APPROUVÉ adj. Se dit d'un étalon appartenant à un particulier, ot qui, par un certificat ofticiol d'approbation, est reconnu propre à l'amélioration do la race chevaline.

— Prêtre approuvé. Prêtre qui a reçu l'approbation.

APPROUVER (lat. approhare; de ad, à, etprobare, prouver) V. a. Agréer une chose, y consentir : Approuver un engagement, un mariage.

— Juger bon, louable, en parlant des choses ou des personnes : Les vices que la société hpfrovve s'ennoblissent par le nombre et l'autorité des coupables. (Giraud.) Pour la plupart des gens, j'aime mieux les approuvkr que de les écouter. (Montesq.)

— Autoriser par acte authentique : Oiivraqe approuvé par l'autorité.

— Approuver un prêtre. Lui donner l'approbation. Approuvé, ée part. pass. du v. Approuver.

— Elliptimiem. et invar. Approuvé, Formule que l'on emploie au bas d'un acte, d'un compte : Approuvé l'écriture ci-dessus. Il Substantiv. La formule même d'approbation : L'acte est dressé, mais il y manque /'approuvé.

S'approuver, v. pr. Etre approuvé : Beaucoup de choses s approuvent tout bas, mais ne se défendent pas au grand jour. Il Se trouver réciproquement louables, dignes d'estime : Les hommes n'ont qu'une faible pente à s'approuver réciproquement. (La Bruv.)

— Syn. Approuver, applaudir, goûter. V. applaudir,

— Anton. Blâmer, condauiner, critiquer, dénigrer, déprécier, désapprouver, diacréditer, réprouver.

APPROVISIONNEMENT (rad. a/i/ii;,risionner) n. m Action de munir de provisions une ville, une armée,' une flotte, etc. : Tous les pays servent à Tapprovisionnement de Paris. (Barthél.) » Provisions, choses rassemblées : Aiioir un approvisionnement suffisant pour six mois.

— Encycl L— Approvisionnements publics de grains oc de farines. La rareté ou l'abondance des produits agricoles dépend non seulement des forces productives employées, mais d'éventualités qui varient d'une année à l'autre. En agriculture, le travail est dans une certaine mesure subordonné à des forces dont il ne peut prévoir les efi'ets ; de là, la nécessité de faire des réserves dans les années d'abondance, ou de tirer de l'extérieur, lorsqu'il y a insuffisance dans la production du pays, le complément nécessaire. On a cru longtemps que, po'ur les grandes villes, l'approvisionnement par l'Etat offrait des garanties que ne présentait pas l'approvisionnement par le commerce, par la liberté : do là le soin qui incombait aux gouvernements ou aux administrations locales d'entretenir des réserves permanentes, des greniers d'abondance, ou de former ces réserves chaque fois que l'état des récoltes leur faisait prévoir une époque de disette ou de cherté excessive.

Les économistes ont très bien montré les inconvénients qui résultent de ces opérations. D'une part, les informations d'après lesquelles l'administration se détermine à faire procéder à des achats pour former des réserves ne sauraient jamais avoir un degré suffisant de certitude. D'autre part, le public, qui ne sait pas combien ces renseignements ont peu de valeur, croit qu'il y a certitude acquise sur l'insuffisance de la récolte, lorsqu'il voit l'administration se préoccuper de réserves à faire; les meuniers et tous les détenteurs de grains, craignant de se trouver au dépourvu pour les fournitures auxquelles ils se trouvent toujours plus ou moins engagés d'avance envers les marchands, les boulangers, eic, ralentissent leur vente le plus possible, en sorte que l'ofl're se restreint en même temps que la demande s'étend, d'oi résulte nécessairement la rapide élévation des prix. Enfin, l'intervention de l'administration publique dans les achats de grains a pour efl"et inévitable d'arrêter les opérations du commerce libre.

En 17S9, Necker, jugeant la récolte insuffisante, fit acheter à l'étranger 1.400.000 quintaux de blé; puis il annonça à l'Assemblée nationale que 800.000 quintaux étaient déjà arrivés, comptant sans doute que cette déclaration ferait baisser le prix du blé; elle le fit au contraire monter aussitôt, dans tous les marchés. En 1811, l'administration crut qu'il y avait dans la récolte un déficit de 30 millions d'hectolitres : dès le mois d'août, elle créa un conseil des subsistances, et accapara une grande qnantito de grains ; l'effet de ces mesures fut de répandre l'alarme dans toute la France, et de faire hausser partout le prix du blé. Lors de la disette de 1S46 et 18-17, l'intervention administrative eut une influence en sens contraire de celle qu'elle avait exercée en isil et 1812. Vers les derniers mois de 1846, le ministre, fort de ses tableaux officiels, crut devoir annoncer que les inquiétudes qui commençaient à

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