ARCHAÏQUE
ARCHAIS [^': n. m. Etui dans lequel l'archer renfermait
son arc. Il ne faut pas confondre l'archais avec Varrh' qui est un petit arc. (L'archais était suspendu en ban<ii.i lière avec le couire ou carquois.)
ARCHAÏSME {ka-iss — du gr. a^-khaios, ancien) n. m. Expression, tournure de phrase qui a vieilli : Racine repousse tout archaïsme, et dans le style et dans la forme. (Th. Gautier. ) Il Affectation à se servir de mots anciens : Salluste parait avoir affecté Tarch.Visml; dans ses histoires. (Beauzée.)
— B.-arts. Imitation de la manière des anciens.
— Encycl. Jamais un idiome, à moins d'être passé à l'état de langue morte, purement littéraire, n'affecte une forme stable et déterminée; il est, au contraire, incessamment en travail et passe par une série d'évolutions successives, par des phases diverses, qui constituent son existence propre. On peut par- Archai^ faitement assimiler sous ce rapport l'idiome
à une plante, à un animal, car la langue nous prés»:, comme eux des phénomènes de nutrition, d'éliminatiou ■ de génération. Les mots nouveaux, les néologismes. i présentent la matière nutritive : les mots éliminés, les v i- i mots, représentent la matière usée, dont l'organisme -^ débarrasse. Lorsque ceux-ci, par un caprice de l'usage, nu, le plus souvent, par la fantaisie d'un bon écrivain, sont v mis en circulation, ils prennent le nom de archaïsmes, li'.'u cette conclusion générale que le néologisme et rarchaïsui' , étant considérés comme le résultat de deux fonctlull^ naturelles et opposées de la vie du langage, comme l'expression du doiïble mouvement qui caractérise cette vm , doivent se retrouver aussi bien lun que l'autre à touii ^ les époques de l'histoire d'une langue. On peut remarqm ; que les sciences d'autorité, qui s'appliquent à des cro\;iii ces, à des coutumes depuis longtemps fixées, et qui ù i i pas d'autre objet que deconserver ces croyances, ces « tûmes dans la mémoire en les interprétant (par exenu' la théologie et la jurisprudence), ont une langue immoV et faite, pour ainsi dire, tout entière d'archaïsmes: ., contraire, les sciences d'observation, d'expérience et raisonnement, sont pour la lang-ue générale une sou' incessamment féconde de néologismes.
Cette sorte de renaissance de mots qui, après avoir i: un long usage, tombent, on ne sait pourquoi, en désuéni ; puis sont remis en circulation et jouissent d'une nou\' i faveur, est un phénomène propre à toutes les langues i qui n'avait pas échappé à l'esprit observateur d'Horu' <■ U en parle dans son Art poétique:
Pf'edum serinoTium slet honos et gratia vivax. Milita Tenascentur gux jam ceci'aere, cadentque Quœ 7iunc sunt i7i fionoj-e vocabula, si volet usus...
" Les mots ne gardent point toujours leurs honneurs .r leur vivante grâce. Beaucoup renaîtront qui sont drja tombés, et beaucoup passeront qui sont maintenant î-u faveur, si l'usage le veut, u
Un certain nombre d'écrivains, et des meilleurs, ont eu un goût tout particulier pour les archaïsmes. Chez 1-^ latins, Plante, Lucrèce, Salluste, prenaient plaisir à imettre en lumière de vieux mots abandonnés depuis hui temps, ou à rendre leur orthographe ancienne à des nii> restés en usage. Chez nous, Rabelais, Montaigne. Mai"i, ont affectionné les archaïsmes; toutefois, plus on rcmoni. , plus l'archaïsme est difficile à distinguer, cartel vocal'h , qui nous semble archaïque dans Rabelais, pouvait (tir usité à cette époque de formation de la langue. Dans nn période littéraire plus rapprochée de nous, il nous est i cilede voir que Régnier, La Fontaine, Molière, La Bruy. : ont souvent rehaussé au moyen d'archaïsmes la sàvn,; de leur style, qu'on en trouve chez eux un grand nombi'd'exemples avérés ; d'autres, comme J.-B. Rousseau, dans ses pièces en style marotique ; G. Naudé, dans plusieui^ ouvrages écrits en style du xvi' siècle ; Vanderbourtr. dans ses Poésies de Clotilde de Surville ; Balzac, dans s*s Contes drolatiques; le bibliophile Jacob, dans la plupaii de ses ouvrages ; P.-L. Courier, dans sa traduction du pr.mier livre d'Hérodote et dans l'édition du roman grec dv Daphnis et Chloé, ont écrit des pages entières ou momc de petits ouvrages tout entiers en style archaïque.
Le comte Hamilton a accumulé les archaïsmes dans sa lettre à J.-B. Rousseau, et il faudrait un dictionnaire du vieux langage pour bien entendre toutes les expressions qu'il emploie dans son épitre, dont voici les premiers vers :
A gentil clerc qui se clame Roussel,
Ores chantant es marches de Solure,
Où. de cantons parpaillots n'ayant cure,
Prêtres de Dieu baisent encoi- missel,
De l'Evangile enparfinant lecture;
lUec qui va dans moult noble écriture,
(Digne trop plus de loz sempiternel)
Mettant planté de cet antique sel
Qu'en virelais mettoit parfois Voiture,
A cil Roussel ma rime, ainçois obscure,
Mande salut dans ce chétif charte!.
On peut distinguer trois sortes à'archam^ies : les archaïsmes de mots, les archaïsmes de forme ou de tournure, et les archaïsmes grammaticaux ou de syntaxe. S'il est piT mis d'user de l'archaïsme, ce n'est qu'avec beaucoup d'art; c'est un condiment qui ne convient pas à tous b'-^ genres de littérature ; la fable, l'épître badine, et même la, chanson, s'en accommodent volontiers, pourvu que l'archaïsme y ajoute une saveur particulière; le difficile est donc de Tenchàsser avec adresse et de faire que l'expression tirée du langage antique s'harmonise heureusement avec la langue moderne. Autrement, l'usage de l'archaïsme mène à l'aifectation.
La Bruyère regrettait l'abandon dans lequel étaient tombés, de son temps, nombre de vieux mots expressifs et harmonieux, comme moult (beaucoup), cil (celui), heur, qui se plaçait où bonheur ne pouvait entrer, gent et g€7ite, qui valent mieux que gentil et gentille; ouvrer (travailler . b7-uire (faire du bruit), poindre (piquer), se ramentevoir (se ressouvenir), penser, substant. (pensée), etc. Mais il faut remarquer que hure, ouvrer, b/'uire, poi'nrfre, ont été, depuis IjS Bruyère, remis en circulation; que depuis le vers de Chénier ;
Sur de$ peTîsers nouveaux faisons des vers antiques,
le subst. pe7iser n'est plus im archaïsme, et qu'il en est de même de oien d'autres mots : C07igrû7ne7xt , éduquer, etnpau- 7ïier, enclouure, e7igrosser, hideur, inglorieux, liesse, no7ipareil, orée (bord, lisière : à l'orée du bois), pécu/te, pleur (au sing.), prud'homie, quasi, sapie7ice, souvenance, la superbe (l'orgueil), titubant, vèp/-ée, verdoyer, vergogne, ves-
Oati
bon:
la laiik'i
ï pOfUqU
i ifiiîo, étaient des archaïsmes, et que Banville, Zola, et autres à. la langue usuelle, soit à
Anton. Ndologleme.
ARCHAÏ3TE {ka-iss) n. m. Celui (|ui affccto ilo se servir d'ar-lia^MiH's, do tours et d'expressions surannt^s.
ARCHAL (du lat. aurichahum, cuivre jaune, laiton) n. m. No tscinuluK^ «lu'avec le mot fi/ ; Z'// rfarc/ta/, Fil do laiton passé à la lilière, et par anal. : Treillis en fil d'archal.
ArCHANDRE, rtls do Phthius, époux do la Danaïdo Scéa ot lundatour do la ville d' Archandi-e , on Egypte.
ARCHANGE (Araa — gr. arkhaggelos; do arkhè, commandenioru, et (iijqâlos, ange) n. m. Ange d'un ordre supérieur, lavant-dernier dans la classification dos neuf chœurs des purs cs|iriis cliarpés d'annoncer les volontés do Dieu : L'/ù-riti'i'r tlif qud u a sept archanges, mais clic n'en nomme ({in' trois : Gabriel, Michel et HaphavL
ARCHANGÉLIQUE ikan) n. f. Plante do la famille des onib<-llii<-rr> ^'seliiu-os. V. ANOÉLiguii.
ARCHANGÉLIQUE lAvi») adj.Qui a rapport à l'archange. Il Par rx(. Vm aj-proi-hc ao la nature, de la pert'oction do rari:lian;^'0 ; Ame archangéuqde. (Balz.l
ARCHARIAS [ka-ri-âss) n. m. Syn. do balanink, ot do
lIOMAI.nNdTK.
ARCHE (rad. m■r^ n. f. Vnûln r\\ Tonne 'Yav, mipiH.rt.-e. par les piles mi les rulees .r,ni [.Mit /.- •■ MMH s s, ri..
bais.n'rs.stirrirrrrs. rl/^p/^furs. elr. Lrs AUnil-.s /.u/ /-*.,/. rn
ycnérnl, le Uihlu-r du pont.
— En arche, loc. adv. S'est dit pour : En arc.
— Arcliit. Arche elliptique. Celle dont lo trait forme une demi-ellipse, il Arche extradossée , Celle dont les pierres ont toutes la môme longueur, et no forment point liaison entre elles, ni avec celle des reins do la voûte. Il Maîtresse arche.
Dans les anciens ponts, Arche du
lesto
dinaircmcnt plus large et plus élevée que les autres. Il Arche tnarinicre. Arche sous laquelle passent do préférence les bateaux.
— Argot. Fendre l'arche. Ennuyer, tourmenter quelqu'un. Il Faire une levée, en jouant aux cartes.
— Charp. Arche d'assemblage. Pièces de charpente cintrées soutenant un tuit do forme bombée.
— Hist. Cour des arches. Ancien tribunal supérieur en Angleterre, ainsi appelé parce qu'il siégeait dans la tour voûtée de Tégliso Sainte-Marie.
— Mar. Sorte de boite en charpente qui, à bord des navires, couvre et protège la pompe.
— Techn. Nom générique donné, dans les verreries, à des fours accessoires qui entourent le four principal, avec lequel ils communiquent au moyen d'ouvertures appelées lunettes. Ces fourneaux secondaires, chauffés par la chaleur perdue du four de fusion, reçoivent des dénominations particulières, suivant l'emploi ((u'on en fait : arches à pofs, à jnatières, cendriéres, à fritter ou à calciner, à recuire ou de
ARCHE (du lat. arca, coffre) n. f. Sorte de grand bateau fermé que Noé, dit la Bible, construisit par l'ordre de Dieu. V. partie encycl.
— Dans un sens mystique, l'Eglise, la communion des fidèles ; Etre hors de "rARcuK.
— Par compar. Arche de Noé, ou absolum. Arche, Lieu de refuge, ii C'est l'arche de Noé. Se dit, par plaisanterie, d'une maison où logent toutes sortes de gens, it En T. d'argot. Arche de Nor, L'Académie.
— Ane. jirat. Arches d'aman, Nom que l'on donnait aux archives dos notaires.
— Archéol. Arche sépulcrale. Sorte de cercueil en forme do coffre quadrangulaire, ordinairement, en marbre ou en terro cuite, et à couvercle orné de sculptures, n Coffre en usage depuis le moyen âço jusqu'au xvni« siècle, et dont le couvercle était ordinairement bombé. L'arche de mariar/e était le coffre qui contenait la layette de la mariée. (V. AMEUBLEMENT.) — D'après Certains, comme on se servait jadis d'arches pour serrer ses papiers et ses lettres, le mot archives viendrait du mot arche.
— Hist. reli^. Arche d'alliance, arche du Seigneur, arche sainte, ou absol., A)'che. Sorte de coffre dans lequel les Israélites ronfei hmI. ni 1. . t iMes de la loi données àMoïso sur le mont Sml i ,1 ni placé dans le tabernacle.
Il Nom donné . i> f. i i i: iliui par les juifs à l'armoire '•, écrit sur le vélin, en mé-
iMie d'alli:
— Encycl. I. La Bible raconte que Noé mit cent ans à construire Varche. Ce vaisseau mesurait 300 coudées de lung. 50 do large, 30 de haut. Il renfermait, outre le patriarche et sa famille, un couple de tous les animaux impurs alors existants, et sept couples do tous les aniin;iux purs. De cotte colossale réunion viennent les différentes expressions qui ont passé dans la langue pour désigner un assoniblage d'objets nombreux et disparates, etc. Le déluge tini, l'arche s'arrêta sur le mont Ararat, en .\rménie. (In tait aussi parfois allusion à la colombe de l'archr. etc. V. hki.uge.
— B.-arts. l.'nrchc de Noé a servi de thème à la peinture religieuse, on do fréquentes occasions. Rappelons d'abord les miniatures et les gravures en bois des Bibles du moynn àiro. On riie la miniature d'un manuscrit grec du viir ou du xiv siècle, publiée par d'Agincourt et représentant la cnnsiruction de l'arche. Le ni^me sujet est représenté par Raphaël dans les Loges du Vatican et par Pietro di Puccio au Camno-Santo de Pise. Raphaël a également traité la " Sortie de l'arche - dans une fresque des Loges. Dans les nombreux bas-reliefs et vitraux des églises chrétiennes primitives, l'arche a le plus souvent la forme d'un navire, que surmonte une maison dont les fenêtres laissent apercevoir les personnages sauvés du déluge et à proximité de laquelle vole une colombe.
— IL Arc4ik ii'alliance (l'). Cclto archo, qui avait été faite sur les ordre» do Moïso, avait doux coudées ot demie do long sur une ot donuo do haut ot do largo. Les côtés étaient doublés do lames d'or en dehors et on dedans. La garde on était confiée aux lévites, qui, seuls, avaient le droit de la toucher, ot qui, pour la transporter, passaient doux bâtons dorés «fans les anneaux d'or (ixés aux extrémités. Le couvercle, appelé propitiatoire, formait tout alentour une espèce do couronne d'or pur. et supportait deux chérubins on or battu, qui le couvraient do leurs ailes. L'arche d'alliance était placée dans la partie la plus retirée du tabernacle. C'était du haut du propitiatoire que Dieu avait promis do se manifester ot de rendre ses oracles.
Les Hébreux avaient pour l'arche la plus grande vénération, et ils la portaient dans leurs expéditions militaires, comme gage de la protection divine. Sous le gouvernement du grand prêtre Héli, elle tomba entre les mains des Philistins, qui la placèrent dans le temple do Dagon. Rendue bientôt aux Israélites, ceux-ci la déposèrent à Cariathaïm, dans la maison du lévite Abinadab, où elle demeura soixante-dix ans ; après quoi David résolut do la transporter en grande pompe dans son palais. Elle fut placée plus tard dans lo temple bûti par Salomon. Klfe y resta jusqu'à la desfruefion du temple par les Chaldéens. D'après une fradiimu, !,• [u-nplieie .lérémio l'en retiraavant la prise de la ville ei la laejia ■lans une grotte. Depuis lors, on ne la revit plus. On a pr<-lendu, sans preuve, qu'elle auraii l'ié transportée par Nabiuthodonosor à Babylone, ei instituée plus tard aux Israélites par Cyrus. Quoi qu'il (Ml soii. dans le temple reconstruit après l'exil, lo sanc- Miaire itait absolument vide.
ARCHE n. f. Genre de mollusques lamellibranches, laniille dos arcades, à coquille équivalvc, oblonguo, subquadrangulaire.à bord ventral bâillant. Ces mollusques habileiil tonies les mers du globe. Le genre arche, exirèmemcM(. an^ K-ii, a lirbuii^ au cours do la période silurienne.
ARCHÉBULIQUE le Arché/mle, poète gr. du Ml" siècle av. .!.-('., auipiel ..n attribue l'invention de ce vers) n. m. et adj. .Sn dit dune sorte de vers anapestique, composé do quatre anapestes et d'un bacchius final. Ce rythme a été souvent employé par Simouide et par Pindare.
ARCHÉE du gr. arche, primauté) n. f. Ane. physiol. Pnih i[.c iiiiMi itériel, différent de l'intelligence, qui, (Tapirs ,jii.|i|ti.s anciens auteurs, déterminait l'organisation iiiaiénelle des corps et dirigeait les actes de l'organisme vivant.
— Alchim. Nom que les adeptes do la science hermétique donnaient à. la matière ignée, qu'ils plaçaient au contre de la terre.
ARCHÉE rad. arc) n. f. Portée d'un arc. (Vieux.)
ARCHÉEN /.'-/;()n. m. Nom par lequel on désigne souvent lins.inl'ledes formations azoïques ou terrain primitif.
ARCHEGAYE {;/hê) n. f. Anti-j. milit. Syn. de assagayh. V. SA'.iAVi;.
ARCHÉGONE {ké — du gr. arkhè, principe, et gonos, rejeton) n. m. Organe reproducteur femelle des hépatiques, des mousses et des cryptogames vasculaires, renfermant l'oosphère et correspondant au pistil des phanérogames.
— Encvcl. L'archégone renferme l'organe femelle, l'oosphère, qui , fécondée par l'anthérozoïde, reproduit, soit directement (cryptogames vasculaires), soit indirectement (mousses), la plante adulte.
Chez les mousses, l'archégone procède d'une cellule superficielle de la tige, et a la valeur morphologique d un poil. Cette cellule proémine au doliors, et se sépare bientôt par une cloison transverse. Des cloisonnements ultérieurs apparaissent ensuite, pour arriver à constituer l'archégone adulte. Celle-ci a la forme d'une bouteille pédicellée, dont lo col est mince, allongé et génériiîement tordu autour de son axe. L'oosphère, fécondée par les anthérozoïdes, devient l'œuf. Ce dernier se développe sur la plante mère et produit un sporogone, sur lequel apparaissent les spores. Ces spores germent et donnent naissance à la plante adulte.
L'archégone adulte dos fougères comprend : 1° une partie inférieure ou ventre, renfermant une masse protoplasmique, l'oosphère, et 2"» un col dans l'axe duquel s'insinue la cellule de canal. Mais cette dernière se d-'truit bientôt en gélifiant sa membrane, et la substance mucilagineuse provenant do sa destruction écarte les cellules terminales du col, et constitue, à l'orifice ainsi formé, une gouttelette do gelée, à laciuelle viennent se fixer les anthérozoïaes qui nagent dans le liquide imbibant le prothalle. L'un d'eux pénètre dans le col et va féconder l'oosphère, qui devient l'œuf et s'entoure aussitôt d'une membrane de cellulose. Formé comme il vient d'être dit, l'œuf des fougères se développe tout de suite sur le prothalle, et reproduit la plante adulte.
ARCHÉGOSAURE {ké — du gr. arkhri;<is. premier, et sauras, lézard) n. m. Amphibicn stégocophale, que l'on a trouvé dans les terrains houil- 1er ot pormien.
— En'cycl. Le premier connu de ces animaux fut découvert en 1844, dans la houillère do Munster-Appel (Bavière rhénane'). Ils présentent un crâne triangulaire, déprimé, orné de fossettes, et une ceinture capsulaire semblable à celle des sirènes. Les débris de ces amphibiens sont renfermés au centre de nodules de fer carbonate terreux, qui forment souvent des lits dans la houille, et qui sont si riches en débris fossiles.
ARCHÉION At' — du gr. arkkeion, sanctuaire) d. m. Terme général qui désignait, en Grèce ot dans les colo-
A, termii
montrant l'oosphC;]
AHCHAISTE — ARCIIELET
nies, le» éiiillccs alTeKlin au gouvoriiomont t:t ù l'adminislraiion; i|iioli|uof'oi!i , plus apécialciiiunl, lo hâtimont où étaient con-sorviics les archives.
ArcrÉLAÏS, ville de lanc. Asie Mineure, dans la parlio .S.-O. do la Cappadoco ; aui. Ak-Séral. Macrin y fut tué en 218 par ses propres soldats, d'après l'ordre d'Hëlio- ^abale. — Nom d'un bour(|,' do l'anc. Palestine, dans la inlm d'Kphrairn, i l'occident du Jourdain, ot qui avait été liâii par AvchHuûs, (ils d'Hérodo lo Grand.
ArchÉLAUs [ké], un des cinciuanto fils d'Egyptus, époux do la Oanaïdc Anaxibia.
ArcHÉLAÛS ikéj, fils do Téménus et descendant d'Hercule. Chassé par ses frères, il alla chercher un asile auprès du roi do Macédoine, qu'il (li périr pour se vencer du refus do la main do sa illlo, à laquelle il avait été fiancé, après une victoire remportée par lui sur les ennemis do ce roi.
AnCHÉLAtts iki), poète grec et alchimiste, qui parait avoir vécu au v« siècle do notre ère. 11 composa en vers ïamhiques un poème sur \ Art tncré.
ArchélaùS IM) de Uilet, philosophe de l'écolo ionienne, disciple d'Anaxagore et maitre de .Socrate, ûorissait à Athènes vers l'an 440 av. J.-C. U fut surnommé le nhijsicwn, parce qu'il s'occupa plus particulièrement do l'étude de fa nature. Il adopta l'air d'Anaxagore pour principe universel. Sa morale était fondée sur ce principe matérialiste que lo juste et l'injuste n'existent que par la loi.
ArchÉLAÙS Ikr), roi de Macédoine do 413 à 400av. J.-C. Il développa la force et la prospérité do la Macédoine, et appela ù sa cour des artistes et des poètes, Zeuxis, Euripide, Ai^athon, etc. Il périt assassiné par son favori Cratère.
ARCHÉLAtis (ké), poète grec du iv siècle av. J.-C. Il composa plusieurs épigrammcs et un ouvrage intitulé Traité (les choses. L Anlholotjie yrerque oiTro quelques fragments do co poète.
ArchéLAUS (ké), évêquo de Cashara (Mésopotamie), vivait au m" siècle de notre ère. Il eut, en 277, avec le célèbre hcrésiarquo Manès, une controverse publique, et le fit emprisonner. Il écrivit en syriaque le récit de sa controverse.
ArchéLAUS Iké), dit le Cappadocien, vivait dans la première moitié du i" siècle avant notre ère. Général do Mitiiridatc, Il s'attacha à la fortune do ce prince, souleva toute la Grèce en sa faveur ; mais, vaincu par Sylla à Cliéronée et à Orchomènc (85 av. J.-C.), il fut chargé de traiter de la paix avec le général romain. Devenu suspect au roi de Pont, il s'enfuit à Rome (81), où lo sénat le traita avec les plus grands égards.
ArchéLAUS (ké), fils du précédent, reçut de Pompée la dignité do prôtre de la déesse Enyo à Comana, puis épousa Bérénice, reine d'Egypte, mais no put se maintenir contre les Romains, et fut tue dans un combat contre le consul Gabinius (57 av. J.-C).
ArchéLAUS (Ai'), fils du précédent, grand prêtre de Comana, vivait dans la seconde moitié du i*' siècle av. J.-C. Il souleva des troubles on Cappadocc, fut obligé d'abandonner cette province par Cicéron, alors proconsul de Cilicie, et fut dépouillé par César de ses fonctions de grand prètro (47 av. J.-C.).
ArchéLAUS (A-c), filsdu précédent, obtint lacouronne do Cappadocc par la faveur de Marc-Antoine, et sut se maintenir sous Auguste. Mais Tibère, l'ayant attiré à Rome, le fit jeter dans une prison, où il mourut, l'an 17 av. J.-C.
ArchéLAUS (ké), roi de Judée, fils d'Hérode le Grand, auquel il succéda, l'an 3 de J.-C. .Auguste, sur les plaintes qu'on lui adressa de sa cruauté, l'exila à Vienne, dans les Gaules, où il mourut l'an 6 de J.-C. Son royatune fut annexé à la province de Syrie.
ArchéLAUS (ké), sculpteur grec, fils d'Apollonius, né à Pricne. vivait à Rome, croit-on, du temps de l'empereur
kr
Aiotlieoï d tlumtrc bas ri f d \r bâlaûs
Claid II est connu par 1 \poll ose d Contre basrch^f trouvé sur la voie Appienne au x\ii* siècle.
ARCHELET (lé) n. m. Techn. Petit archet dont se servent les horlogers. « Bout de fil do fer courbé, du moule à fondre les caractères typographiques.
— Pêch. Branche coùroee en cercle, et qui sert à tenir ouvert le verveax. il Bâtons recourbés et nus en croix, aux
ARCHELETTE - ARCHEREAU
extrémités desquels on suspend le filet ou échiquier employé pour prendre le poisson.
ARCHELETTE et ARCHETTE n. f. Petit Coffre en usage au moyen âge. (Cest un diminutif du mot arche.) ARCHELMINTHES (M - du gr. arkliaios, ancien, et liel- VmIios vori n m. pi. Nom donné par Hseckel aux vers iiriin'itifs dont il considérait les infusoires ciliés comme les représentants phylogénétiques. - Un aechelminthe. ARCHÉLOGIE iké - du gr. arkhè, principe, et logos, discours) n. f. Traité dogmatique des principes fondamentaus de la science de l'homme.
ARCHÉLOGIQUE [ké] adj. Qui appartient, qui a rapport à larchélogie.
ArcheNA (lat. Aqu^ C«/Kte), ville d'Espagne (prov^do Wurcie), sur le fleuve côtier Segura; 3.5o0 hab. Eaux tliermalos sulfureuses. Ruines de thermes et débris de constructions antiques.
ARCHENCÉPHALE (kan — du gr. arklié, primauté, et de enci'oliale) a. m. Encéphale par excellence. Ce mot est la traduction en français de archencephalon, crcé par le naturaliste anglais R. Owen, pour désigner l'encéphale de l'homme, qui est supérieur par son organisation, et notainment par sa richesse en circonvolutions, à ceux des autres animaux.
ARCHENDA [km)v. m. Poudre de feuilles du henneh, dont les femmes d'Egvpte se servent pour donner à la paume de leurs mains et à la plante de leurs pieds une couleur rouge. ArchenHOLZ (Jean-Guillaume d'), historien et littérateur allemand, né à Langenfubr, près de Dantzig, en 1743, mort en 1812. Il servit sous le grand Frédéric dans la cuerro de Sept ans, fit de longs voyages en Europe, et finit par se fixer à Hambourg. Ecrivain fécond et laborieux il fonda la Minerve allemande (1792), important recueil politique et historique; le Lycée anglais; Littérature et Statistique des nations, et publia en outre de nombreux ouvrages ; Histoire de la guerre de Sept ans ; Histoire des boucaniers ; Voyage en Angleterre, etc.
ARCHENTÈRE (kan) ou ARCHENTÉRON (du gr. arkhè, commencement, et entéron, entrailles) n. m. On désigne sous ce nom la cavité de la gastruln,<im n'est autre chose que la cavité d'invagination.
— Encïcl. h'arclienlére ou archentéron, appelé aussi intestin primitif, s'ouvre à l'extérieur par un orifice nommé blastopore. L archentéron de l'embryon fournit la presque totalité du tube digestif do l'adulte. Quant au blastopore, il ne constitue qu'un oriane transitoire : il se forme et disparait plus tard, sans laisser do trace. V. gastrola.
ARCHÉOCIDARIDÉS (kè — du gr. archaios, ancien, et cidaris, nom du genre) n. m. pi. Famille d'oursins fossiles, dont les plaques interambulacraires sont munies d'un grand tubercule à piquant et sont imbriquées les unes sur les autres. Dans le genre archéocidarrs (carbonifère), les aires interambulacraires sont formées de trois à huit rangées de plaques hexagonales, ornées d'un puissant tubercule. —
Un. ARCHÉOCIDARIDÉ.
Autres genres : eocidaris, lepidocidaris, xenocidaris, etc.
ARCHÉOGRAPHE (/.■t)n. m. Qui fait de l'archéographie.
ARCHÉOGRAPHIE (ké — du gr. arkhaios, ancien, et gritiihcin, décrire) n. m. Action de représenter par le dessin, la peinture, la sculpture, des scènes antiques.
ARCHÉOGRAPHIQUE [ké) adj. Qui tient, qui a rapport à l'archéograpliie : Fantaisies archéographiques.
ARCHÉOLITHIQUE IJcé — du gr. arkhaios, ancien, et liihos, pierre) adj. Qui a rapport à la partie la plus ancienne de l'âge de pierre, n On dit mieux paléolithique.
ARCHÉOLOGIE {ké — du gr. arkhaios, ancien, et logos, discours) n. f. Science des choses anciennes, qui comprend l'étude de toute l'antiquité, il Plus spécialem.. Connaissance des monuments figurés des anciens : i'ARCHÉo- LOGiE se propose de tracer Te tableau de l'état social ancien par les monuments. (Champoll.-Figeac.)
— Encycl. I. — Dans son sens le plus large, le mot archéologie désigne l'étude de l'antiquité tout entière : langues, religions, arts, institutions, mœurs. Mais, dans l'usage actuel, il est pris sous une acception plus restreinte : on en distingue tout ce qui est relatif à l'histoire
Sroprement dite et à la philologie ; on donne alors le nom ' «archéologie » à la science des monuments figurés de l'antiquité. Elle se divise en deux branches : l'archéologie de l'art, qui a pour objets les monuments artistiques (les œuvres des architectes, sculpteurs, peintres), etc., et l'archéologie des ustensiles, qui étudie les armes et les objets d'un usage domestique. — Dans ses investigations, l'archéologie emprunte le secours d'un grand nombre de connaissances : notions générales d'art et de technique, science de l'histoire et des institutions de l'antiquité, intelligence et critique des textes. — A son tour, elle rend à ces différentes connaissances de nombreux services : elle sert à reconstituer dos civilisations antérieures à l'histoire, à mieux comprendre les religions et les usages domestiques, à contrôler les témoignages littéraires. Dans le domaine de l'art, elle a montré les origines do la production des chefs-d'œuvre.
L'importance scientifique de l'archéologie s'est affirmée de nos jours avec éclat. On l'a vue révéler d'antiques civilisations dont il ne restait que des vestiges presque effacés. Son importance artistique n'est pas moins incontestable : elle a ouvert les sources du beau dans leur simplicité primitive, formé le goût des modernes, au détriment peutêtre de leur spontanéité et de leur originalité.
II. — Histoire nE l'archéologie. L archéologie est une science toute moderne : ni la Grèce ni Rr.me ne s'occupèrent de la recherche et de l'étude des antiquités, dans le sens que nous avons indiqué ci-dessus; toutes ûeux eurent des amateurs d'antiquités dont ils appréciaient plus ou moins justement la valeur artistique, mais point d'archéologues en tirant un enseignement au profit de l'histoire.
L'archéologie ne date que de la renaissance des lettres en Europe, Dante et Pétrarque, en cherchant les vieux manuscrits, recueillent de vieilles inscriptions ; le dernier s'occupe également des médailles ; des restes de la peinture antique sont découverts à l'époque même où l'on commence à raisonner sur la théorie de cet art ; le ^-jaocoon apparaît ; Raphaël et Michel-Ange étudient la sculpture antique, les pierres gravées, les grandes ruines de
l'architecture grecque et romaine ; les Médicis fondent à Florence le premier enseignement public de l'archéologie. C'est la première période de cette science, celle des artistes, des grands maîtres italiens. La seconde période est celle des antiquaires; elle comprend le xvii' siècle et la première moitié du xviii» : Louis XI'V fonde l'Académie des inscriptions et belles-lettres : les voyageurs commencent à exhumer les monuments de la Grèce ; c'est l'époque des Spon, des Wheler, des Ernesti, des Montfaucon ; c'est alors que se publient les immenses recueils de Gruevius, de Grovonius, de .Sallengre, etc., vastes dépôts de dissertations sur toutes les parties de l'archéologie, mais principalement sur les antiquités grecques et romaines. Enhn, la troisième période, période vraiment scientifique, est inaugurée par les travaux de Winckelmann, dont le génie scelle l'alliance des arts avec l'archéologie. Celle-ci a désormais pris conscience de son but, qui est de suivre sous tous les aspects le développement de la civilisation dans les siècles passés. Le grand nombre des monuments, la fondation des musées, le goût des collections particulières multiplient les moyens d'étude : de Caylus soumet a l'ordre chronologique les monuments des différents âges ; Morcelli propose un système régulier pour la classification des inscriptions ; Eckhel et Tasche coordonnent méthodiquement la science des médailles ; Passeri et Dempster s'efforcent de retrouver les idiomes et les monuments de l'Italie antérieurs à la fondation de Rome ; Herculanum et Pompéi sont découverts ; l'abbé Barthélémy tente de réédifier la Grèce de Périclès ; Zoëga déblaye les avenues de l'antique Egvpte. Nous arrivons à la conquête de l'Egypte parles armes françaises, conquête qui ouvre à l'archéologie de nouvelles voies et lui prépare de magnifiques découvertes. ChampoUion a trouvé l'alphabet des hiéroglyphes, et restitué à l'histoire des siècles qu'elle avait oubliés.
Voici les noms des principaux savants à qui la science archéologique doit ses progrès. Pour ïarchéolonie préhistorique : Boucher de Perthes, Lartet, Christy , Lubbock, Lycll, de Mortillet ; pour l'archéologie égyptienne : Ch. Lenormant, Emmanuel de Rougé, Auguste Mariette, Chahas, Devéria, Grébaut, Maspero, Pierret, Révillout, J. de Rougé, en France ; Lepsius, Brugsch, Ebers, en Allemagne ; Goodwin, Wilkinson et Lepage-Renouf, en Angleterre ; Chiaparelli et Rossi, en Italie ; foarl'archéologie assyrienne etchaldéenne: Botta, J. Oppert, de Sarzec, J. Menant, en France ; Layard, Hormuzd Rassam, Loftus, en Angleterre ; pour 1 archéologie phénicienne et carthaginoise : duc de Luynes, de Saulcy, Renan, Clermont-Ganneau, Berger ; pour l'archéoloqie juive : de Saulcy, de 'Wogûé, Renan, en France ; Robi'nson, Madden, Wilson et Warren, en Angleterre; Otto Thénius, en Allemagne ; pour l'archéologie perse : Burnouf, J. Darmesteter, M. et M— Dieulafoy ; pour l'archéologie grecque et romaine : Letronne, Beulé, Foucart, G. Perrot, HomoUe, CoUignon, Rayet, A. Dûment, Th. Reinach, en France; Bunsen, Otfrieii Mûller, Schhemann, Schœmann, en Allemagne ; pour l'archéologie chrétienne : le P. Marchi, de Rossi, Garucci, Le Blant, Piper, Kraus, Schulse, l'abbe Martigny ; pour l'archéologie du moyen Age : Didrou, Viollet-le-Duc, Labarte, Darcel, Gailhabaud, Cahier et Martin, Miintz, Bayet, etc. ...
— BiBLioGR. : Dictionnaires ; de Saulcy, D. des antiquités bibliques (1857); Daremberg et Saglio, H. des antiquités grecques et romaines (1873); l'abbé Martigny,!). des antiquités chrétiennes (1873); Viollet-le-Duc, D. raisonné de l'architecture française du XI' ou xvi' siècle (1854) ; VioUetle-Duc, D. du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Jtenaissance (1855); Th. Mommsen et S. Marquardt, Manuel des antiquités romaines (1887); G. Perrot et Chipiez, Histoire de l'art dans l'antiquité (1881-1884). — Manuels: André Pératé, Archéologie chrétienne (1889); Maspero, Archéologie égyptienne; Martha, Archéologie étrusque et romninehii^) : Coll'ignoxi, Arcliéoloqie greeque{lSii) ; Babelon. Archéologie orientale {\ii9] ; Maurice Mamdron, les .lrmes(1890) ; GourdondeGecouillac, Art Wrairfiîue(1890) ; Ary Renan, le Costume en France (1890); Bayet, l'Art byzantin (1888); F. Lenormant, les Monnaies et médailles {liSl); Lecoy de La Marche, Manuscrits et miniatures (1890) ; Lecoy de La Marche, les Sceaux (1889) ; P. Pans, la Sculpture antique (1890); Miintz, la Tapisserie; O. Merson, les Vitraux.
ARCHÉOLOGIQUE {ké) adj. Qui appartient, qui a rapport à l'archéologie : Travaux, découvertes archéologiques.
ARCHÉOLOGUE {ké) n. m. Celui qui s'occupe d'archéologie, qui est versé dans cette science : Le véritable archéologue ne peut se passer du secours des auteurs classiques pour expliquer les monuments. (ChampoU.-Figeac.)
ARCHÉOPTÉRYX (ké — du gr. arkhaios, ancien, et ptérwr aile) n. m. Animal fossile trouvé dans les schistes kimméridgiens d'Eichstadt (Bavière)., et qui présente à la fois des caractères avions et reptiliens.
— Encycl. Ce qui est le plus remarquable dans cet animal, c'est l'existence d'une queue longue, dont les vingt à vingt et une vertèbres portent chacune une paire de plumes ; le grand développement des membres antérieurs, pourvus de trni-; doigts libres termim-s par des griffes, et pouvant servir à la préhension ; la présence de dents coniques. L'-s vertèbres sont aniiihi-
cœliques, et les vert^- .\r.i,o..i.iOiïx i.éd. 10 fois),
bres sacrées sont on
plus petit nombre que chez les oiseaux, comme cela a lieu chez les dinosauriens. Ces caractères rapprochent l'archéoptéryx des reptiles. Il est oiseau par ses plumes, par sa tète, dont les os sont soudés, par sa ceinture scapulaire. L'archéoptéryx est un oiseau très voisin du type reptilien, dont l'aiiaptation au vol n'est pas encore achevée, ou bien c'est un oiseau avant conservé à l'état adulte des caractères embryonnaires. En effet, les embryons de certains oiseaux offrent des dents rudimentaires dans des ahéolcs. Des naturalistes voient dans ce fait la preuve que les oiseaux descendent des reptiles. On a placé les archéoptéryx dans la sous-classe des saururés.
A relie 1- dii
— Bibliogr. : H. von Meyer, Jahr. f. miner., geol. und paleont. (1861); Owea, Fhil. T ransactions of the i?. Soc. London (1863); Dames, Fuiront. Abhandlungen (1881;; C. Vogt, Hevue scientifique (1879).
ARCHER (ché) n. m. Soldat armé d'un arc et de flèches : Archer à pied, à cheval. Chez les anciens, les Tluaces, les Parthes, les Scythes et les Cretois passaient pour d'excellents archers. (Rathery.)
— Archers des pauvres. Officiers subalternes de pohce qui étaient spécialement chargés d'arrêter les memliaiils et les vagabonds. On les appelait par dérision chass-'coquins, et aussi archers de l'écuelle. il .Xrchers d'amies. Se disait de certains huissiers du palais qui portaient un arc.
— Ichtyol. V. ToxoTEs.
— Nuniism. Monnaie du premier empire des Perses. Svn. de oarique.
" — Encycl. Les archers de l'antiquité sont surtout des Orientaux. (V. arc.) En Europe, à mesure qu'on avan. -■ dans le moyen âge, on voit les gens de guerre armés d'arttenir une place de plus en plus prépondérante dans les armées. C'est surtout durant la guerre de Cent ans que les archers brillent du plus vif éclat. En Angleterre, ils représentent la véritable force militaire. Là, tous les miliciens se font gloire de savoir manier l'arc, qui est du reste l'arme nationale. Lorsque Henri V part pour faire ri! France la fameuse campagne de 1415, qui se termina par notre lourde défaite à Azincourt, presque toute son arnuc était formée d'archers. Mais, en France, il n'en était pas de même, il n'y avait point d'archers nationaux régulièrement organisés. (V. infaxterie.) On a toutefois exagéré singulièrement Tes causes de cet état de choses, en prétendant qu'au xiv" siècle déjà, la noblesse, jalouse des progrès de l'infanterie populaire, dont elle redoutait, avec assez de raison, le mauvais esprit, avait nui de tous ses efforts au développement de la pratique de l'arc. Cette donnée est assez fausse ; car, à cette époque, il existait des compagnies entières d'archers à cheval, qui formaient des contingents fournis par les bonnes villes et ne comptant guère dans leurs rangs que des gens de bonne condition. Il ne faut pas oublier, d'ailleurs, que le terme d' " archer " ne signifie pas nécessairement un homme de guerre armé d'un arc,
mais plutôt, notamment au xv« siècle, un soldat d élite. C'est ainsi que, sous le règne de Louis XI, les archers de la maison du roi sont dits également archers ou huissiers d'ordonnance, car ils gardent la porte du roi. Et, par la suite, le nom d' • archer B survivra bien après que l'usage de l'arc aura disparu, do sorte qu'au xvii' siècle encore, on verra des archers qui ne sont plus que des soldats chargés d'assurer la police.
On fait honneur à Charles VII de la réorganisation des archers français. Ils arrivèrent à prendre la discipline et à acquérir l'adresse des archers anglais. Ce roi réorganisa aussi les archers à cheval, dont il fit des éléments constitutifs, mais dépendants de ses compagnies permanentes.
Les archers à cheval de la maison du roi étaient, par contre, une
troupe d'élite ; ils subsistèrent, armés de leur arc réglementaire, jusqu'au règne de Louis XII. En 1514, leur armement fut réfarmé,''mais ils gardèrent bien plus longtemps leur nom. — Pour les archers à pied et leur organisation, V. kranc-archer. Pour l'armement des archers, v. armement.
Archer (Thomas), architecte anglais, mort en 1743. Il construisit, entre autres édifices, l'église de Saint-Jean, à "Westminster, monument des plus reiharquahles ; le château de Cliefdcn, dans le comté de Bnckingham, une de ses productions les plus capricieuses, les plus originales. Archer (William), littérateur anglais, né à Perth (Ecosse) en 1856. Critique dramatique au London Figaro (1879), puis au n'orW(l884),il s'est pl.acé au premier rang par la largeur de ses vues, et il a exercé une influence notable, d'une part, en poussant à la renaissance de la littérature dramatique en Angleterre, d'autre part, en faisant connaître les théâtres étrangers, notamment des œuvres d'Ilisen, d'Hanptmann, dont il a traduit et fait jouer des pièces. Nous citerons de lui : Analyses anglaises de pièces françaises jouées à la Ga'ité (1879): Auteurs dramatiques (imilnis nrt'ii.'h (1882); Autour du théâtre. Essais et Etiidr: 1- M.^-.pips ou visages ? (\iii) ; Causeries sur
deiw i . Il ; le Monde théâtral (1894 et suiv.).
Archereau iliuri-Adolphe), physicien français, né à Saint-Hilaire-de-Vouhis (Vendée) en 1819, mort à Paris on 1893. Doué d'un esprit cxtraordinairement inventif, il fit de nombreuses inventions et mourut dans la misère. On lui doit notamment : la vidange atmosphérique (1842'' ; la première application de la lumière électrique à l'éclairage, grâce à un régulateur imaginé par lui (1847); l'agglomération des débris de charbons (1858), d'où est née une lucrative industrie ; le ciment agglomérateur pour la pro-
durtïon dos piorros artificiollos (I8GI) ; la fabrication du chArlion artirloiol (181)1), etc.
ARCHEROT [ro] n. m. Petit archor (nom sous lequel nos vieux pofU's ont quelquefois désigné l'Amour).
Arches, romm. dos Vosges, arrond. ot à H kilom. d'Kpiiial, Mil- la Muselle ; 1.443 hah. Papeteries, féculerics.
ArcheSTRATE, f^'éuéral athénien, qui vivaitauv siècle avant notre i>i*o. Il prit part à la bataille navale d'Ht'îcatonnése, où les Athéniens furent vaincus par Callicratidos. Après la bataille do Notium (407), Arcboslrato succéda ù Aie ihiado comme commandant en chef do la tlutlod'Athànos. Il mourut ù Mitylène.
ArgheSTRATE, poète grec épicurien, qui vivait vers le milieu du iv" sié.-lo av. J.-C. Il voyagea pour s'enquérir dos moyens (juavaient les autres peuples de multiplier les délices do la lablo, ot écrivit un poème sur le grand art do la gastronomie; c'est lo précurseur de Bercnoux. L'abbé Barthélémy lo mentionne dans son Anachai-sis. Plutarque fait mention d'un autre Archestrate, poète tragique grec, dont plusieurs pièces furent représentées pendant là guerre du Péloponèse.
ARCHET {ché — dimin. de arc) n. m. Baguette tendue par des crins, qui sert à jouer de certains instruments à. cordes : Auchkt de violon, de contrebasse.
— ironiq. Messieurs de l'archet. Ceux qui jouent du violon, les musiciens.
— Coup d'archet. Se dit do la manière dont on attaque la corde avec l'archet. 11 Evénement extraordinaire et imprévu : Il if a, dans chaque siècle, des temps marqués, des COUPS d'aucuet, o«, si ton veut, des coups de tonncn-e. (Ste-Bouve.)
— Archéol. Anciennem., ce mot s'employait pour désigner un petit arc d'architecture, d'ébénisterio, de ferronnerie. Il Comme outil, l'archet est extr()mement ancien : on a retrouvé un violon complet do sculpteur égyptien au cours do fouilles ; il est conservé au musée de Berlin.
— Chir. Instrument dont on fait usage en lithotritio pour mettre la tige du trilabe en action, quand on est obligé de recourir à la perforation du calcul.
— Méd. Autrefois, Passer par l'archet, Passer par le grand remède ou le mercure.
— Mus. Un faisceau de crins tendus lo long d'une baguette, sans la toucher, et enduits de colophane, constitue l'instrument appelé archet. La colophane est une sorte de résine qui, dans cette circonstance, sert à communiquer aux crins la propriété d'adhérer faiblement aux corps sur lesquels on les frotte.
— Pèch. Baguette souple que l'on plie, et aux extrémités de laquelle sont attachées les empiles garnies d'hameçons.
— Techn. Archet se dit, dans plusieurs métiers, d'un arc d'acier ou de baleine tendu au moyen d'une cordo de boyau fixée aux deux extrémités, et dont l'ouvrier se sert pour faire tourner les
ARCHEROT — ARCniCHAPELAIN
gle d'acier pliéo en arc, atta-
A, anhet de tourneu
chée au-dessous des moules dans lesquels on fond les caractères d'imprimerie. (On dit aussi archklet.) 11 Instrument en fil de fer avec lequel les briquetiers coupent la terre, n Scie en fil de laiton dont font usage les lapidaires pour couper les pierres précieuses à l'aide de l'eau et de 1 émeri. u Scie en fil de fer, qui sert aux ouvriers en mosaïque pour couper le marbre. 11 Châssis en cerceau que l'on met au-dessus du berceau des enfants, n Châssis en cerceau placé sur le lit des malades et soutenant les couvertures, afin quo leur poids ne les incommode pas.
~ Encycl. h'arc/iet est l'Indispensable complément de tout instrument à cordes frottées : violon, alto, violoncelle ou contrebasse, puisque c'est son contact qui fait résonner ces cordes, et que sans lui ces instruments resteraient muets. Il est formé d'une baguette, à la fois ferme et flexible, sur laquelle est tendue, sans la toucher, une mèche de crins de cheval rendue rigide par la tension et enduite de colophane. Comme l'indique son nom, la baguette de l'archet était autrefois en forme d'arc, et ce n'est que plus tard qu'on changea la flexion de celte baguette, que l'on rendit presque droite. La baguette consistait en un simple bambou percé, au talon, d'un trou dans lequel était introduite la mèche des crins, arrêtée par un nœud, tandis ?iU"à la pointe cette mèche allait se fixer dans une simple ente, à l'aide d'un autre nœud.
Ce n'est que vers la fin du xvtii* siècle que l'archet prit sa forme définitive et parfaite, et cela grâce aux travaux d'artisans français, la famille des Tourte, dont le dernier, François Tourte, a été pour l'archet ce que Stradivarius a été pour le violon. C'est alors que la baguette devint régulièrement flexible ; que, grâce àsa cambrure élégante, elle acquit l'élasticité indispensable; que le crin, préparé et ii\ô avec un soin méticuleux, présenta une lame plate <t cunime une sorte de ruban, destiné à attaquer la corde avp.- une force et une égalité parfaites. C'est aussi Frani.ois Tourte, qui n'a pas encore trouvé son égal dans la taliiiration et la construction méthodi<jue de l'archet, qui a'I^'pia exclusivement pour sa confection le bois de FernaTiihouc, seul employé aujourd'hui, et c'est enfin lui qui en r.'^'la la longueur d'une façon absolue : 0"',75 pour le viiilun, (l'-.Tt pour l'alto, et O»,?? pour le violoncelle.
ARCHÉTYPE (W — du gr. arkhè, principe, et tupns, type) n m. Modèle sur lequel un ouvrage matériel ou intelleclno\ est fait : La Trinité est /'archétype de l'univers, ou, Si l'on veut, sa divine charpente. (Chateaubr.)
- 13. -arts. Plâtres moulés sur des bas-reliefs de pierre ou de bronze.
- Métrol. Etalon dos poids et mesures. (Vieux.) n On ne
dit plus que ÉTALON.
— Adjectiv. Dans la philosophie de Platon, Idées archétypes. Idées mères.
- Encycl. Philos. Le mot archétype signifie littérale- ' meut modèle, type primitif. C'est le nom qui, dans la phi- I losophio platonicienne, s'applique aux Idées. (V. ce mot.)
Pour cette philosophie, il y a deux mondes : lo monde doM choses sensibles, le monde des archétypes intelligibles, des idées ; les idées sont dos exemplaires dont les choses inrjividuollos reproduisent uno certaine ressemblance ;
fiour connaître les choses, il faut connaître les Idées dont os choses dérivent comme autant de copies. Dieu est le créateur par nature, le générateur {phutourno») dos idées ou essences; colles-ci n ont été conçues d'après aucun modèle, et servent do modèles à tous les artisans et à tous les imitateurs. Dieu est lo créateur par art, l'artisan (dihniourgos) des choses sensibles ; il a organisé ot disposé la matière sur le modèle des idées ; par les idées, il a mis l'ordre et la beauté dans lo chaos des éléments.
Locke a donné au mot archétype un sens tout différent do celui que le platonisme a consacré. Dans son Jî^ssai sur l'entendement humain, il nomme archétypes ■ dos collections d'idées simples que l'esprit assemble lui-mèmo, ot dont chacune contient précisément tout ce qu'il a dessoin qu'elle renferme ".
— Anat. philos. Chez les <^tros organisés, au-dessus des analogies, et malgré dos différences qui tiennent aux milieux ot aux fonctions, il existe, aux yeux dos transformistes, dos ressemblances qui résultent de la dérivation d'un mf*me type organique, qui se conserve dans lo développement des espèces, et qui est l'archétype : par exemple, outre les différents mammifères, qui présentent dos aspects très variés, il y a cependant des ressemblances typiques d'un ordre supérieur. Gœtbo a cherché à déterminer rarchétype de tous les vertébrés; d'autres, allant plus loin, ont voulu remonter jusqu'à l'archétype primitif ot commun de toutes les espèces, qu'ils ont cru trouver dans le protoplasma.
ARCHEVÊCHÉ n. m. Province ecclésiastique placée sous la jundiiiMiii d un archevêque. Il Revenus temporels attacIh's à un siè^^e archiépiscopal : ZarcuevÊché de Toli'de est un des plus riches bénéfices de l'Eglise. (Acad.) 11 Demeure d'un archevêque: Aller à /'archevêché, il Dignité d'un archevêque. (On dit aujourd'hui archiépiscopat.)
La France est partagée en 84 diocèses, administrés par 17 archevêques et 07 évèques suffragants, c'est-à-dire dépendant de l'archevêque. Il faut y ajouter les diocèses d'Algérie, où résident un archevêque et deux évoques :
ARCBEVÊCHÉS ÉVÉCDÉS SUFFRAGANTS
AlX Ajaccio, Digne, Fri^jus. Gap, Maraeille, Nice.
Albi Cahors, Mende, Perpignan, Rodez.
Alger Constantine, Oran.
AUCH Aire, Bayonne, Tarbes.
Avignon. . . . Montpellier, Nîmes, Valence, Viviers.
Besançon - . . Belley, Nancy, Saint-Dié, Verdun.
BoRDEADX. . . Agen, Angoulème, La Rochelle, Luçon. Périgueux, Poitiers.
Bourges. . . . Clermont, Le Puy, Limoges, Saint-Flour, Tulle.
Cambrai. . . . Arraa.
ChamdéRY. . . Annecy, Saint- Jean -de-Mau ri enne, Tarentaise.
Lyon Autun.Dijon.Grenoble.Langres, Saint-Claude.
Paris Blois, Chartres, Meaux, Orléans, Versailles.
Reims Amiens, Beauvais.Châlons-sur-Marne.Soissons.
Rennes .... Quimper, Saint-Brieuc, Vannes.
Rouen Bayeux, Coutances, Évreui, Séez.
.Sens Moulins, Nevers, Troyea,
Tori-orSE . . . Carcassftnne, Montauban, Pamiers.
Toriis Angers, Laval, Le Mans, Nantes.
ARCHEVÊQUE (du gr. archè, primauté, et évéque) n. m. Prélat qui est à la fois évèque d'un diocèse et chef d'une province ecclésiastique dont les autres évêques sont suffragants : /.'archevêque de Lyon était en même temps primat des Gaules.
— Hist. ecclés. Archevêque du sacré palais. Titre de l'archichapelain des rois de France et des empereurs.
Il Filles de l'archevêque. Dénomination par laquelle on désignait les communautés de Saint-Germain-l'Auxerrois, de Saint-Michel, de Saint-Honoré, parce qu'elles accompagnaient l'archevêque dans certaines processions.
— Hortic. Archevêque, Nom donné à une variété d'œillot d'un beau violet.
— Encycl. Hist. ecclés. La juridiction métropolitaine ou archiépiscopale remonte aux temps de Constantin. A cette époque, l'Eglise fut tout naturellement portée à s'organiser sur le modèle de l'administration romaine. Les évêques, établis dans les métropoles de l'empire, exercèrent une certaine autorité sur les villes inférieures, qui souvent avaient reçu d'eux la foi et leurs pasteurs. Mais le titre d'archevêque ne se rencontre pour la première fois qu'au vi* siècle, dans saint Athanase, qui le donne à Alexandre, -son prédécesseur sur le siège d'Alexandrie. Après la chute de l'empire, l'Eglise conserva aux métropoles leur dignité primitive, et éleva d'autres cités au même rang, partout oii son extension le rendait nécessaire. Par le sacrement de l'ordre, un archevêque n'est pas plus qu'un évèque ; au point de vue du ministère, son pouvoir s'étend davantage.
Les canons apostoliques enjoignent aux évéques d'obéir à leur métropolitain, et de n'entreprendre aucune affaire importante sans avoir demandé son avis; c'est lui, d'après le droit canonique, qui confirme l'élection de ses suÎTra-
fants (v. apostolique). Il veille à ce qu'ils fassent leur evoir dans l'administration de leurs diocèses. En cas de résistance, il peut les interdire et les excommunier.
Aujourd'hui, en France, il n'a conservé pratiquement, de ses droits particuliers, que celui de consacrer ses suffragants, de visiter leurs diocèses, droit qu'il exerce rarement, de leur notifier les bulles pontificales, et de casser leurs jugements lorsqu'on en appelle devant lui^ ce qui n"a pas lieu souvent, les intéressés s'adressant directement à Rome. Il a, pour insignes propres, le pallium, dont il se revèi, et la.croix il double traverse qu'il fait porter devant lui. V. Archevêché.
Archevêque de Grenade (l'), personnage qui fournit à Lo Sage, dans son roman de Gil Bios, un épisode resté fameux. Gil Blas entre chez l'archevêque de Grenade, en qualité de secrétaire. Le prélat, qui se pique d'éloi[uence, recommande expressément au jeune homme de l'avertir s'il s'aperçoit que, sous l'infiuonre de l'âge, son talent baisse. En récompense de cette franchise, il lui promet une bonne place dans son testament. L'archevêque, à quelque temps de là. ne prononce plus fjue des homélies sans style ni lien. Gil Blas, après avoir longtemps hésité, se décide à prévenir son maître. Il sy Erend avec beaucoup de ménagements..., et monseigneur î met aussitôt à la porte.
Les écrivaînH font souvent allusion à celle scèoo inimitable, qui est la niiso l'u action do <:ctuii maxime : < Il no faut jamais dire à personne — et surtout aux grands — do vérités de nature à leur déplaire. •
ARCHI ichi ou ki — du gr. arcAé. primauté), préfixe qui sort à désigner la prééminence dans Ujuh les mots dont on
10 fait précéder. Nous donnoms ci-après les principaux noms technique», le» titres, ow:., dans lesquels entre le préfixe archi ; mais nous avons cru devoir supprimer les autres, car il n'est guère do mot dont on ne puisse former un néologisme en le faisant précéder do ce préfixe. On obtiendra ainsi, dans lo style familier : arc/ufou, are/irfripon, arc/it'paresscux, etc., signifiant • très fou*, « très fripon*, « très paresseux », etc.
ARCHIABBÉ (do archi, et abbé) n. m. Titre qnc portait l'abbé do Cluny, parce quo cette communauté, quoique ayant plus do doux mille maisons, n'avait qu'un aï>bé. A la tcte do chacune de ces maisons étaient des prieurs ayant fonctions d'abbés.
ArchIAC, ch.-l. de cant. do la Charcnto-Inférienre, arrond. et ù. 15 kilom. de Jonzac; 927 bab. — Le cant. a 17 comni. et 8.920 hab.
Archias» noble Corinthien qui, ayant quitté son pays après lo meurtre d'Actéon, dont il avait été complice, vint fonder Syracuse (vni* siècle av. J.-C.j.
ArchXAS, tyran de Thèbes, en 478 av. J.-C. Lorsque Sparte se fut emparée de la citadelle de Thèbes par trahison, Archias bannit do la ville les principaux citoyens, parmi lesquels Pélopidas. Ces derniers, réfugiés à Athènes, résolurent de délivrer leur patrie, et rentrèrent dans Thèbes à la faveur d'un déguisement. Ce jour-là même, Archias reçut une lettre l'informant du complot; mais le tyran, qui prenait part à un festin, mit nonchalamment la lettre sous son coussin, en s'écriant : • A demain le» affaires sérieuses!" Quelques instants après, les conjurés pénétraient dans la salle du festin, et massacraient le tyran.
La phrase : A demain les affaires sérieuses ! est devenue proverbiale. Elle signifie que Ion renvoie à un autre jour, à une autre heure — souvent à son dam — ce dont il faudrait s'occuper tout de suite.
Archias, surnommé Phygadothèro {chasseur des fugitifs), acteur et auteur dramatique, vivait dans la seconde moitié du IV* siècle av. J.-C. Devenu l'instrument d'Antipater, il arrêta Hypéride, Himerœus et Aristonicus.
11 se rendit ensuite à Caiaurie pour arracher Démosthêne du temple de Neptune ; mais l'orateur lui échappa en s'empoisonnant. Archias finit sa vie dans la misère et le mépris.
Archias (Aulus Licinius), poète grec, né à Antiocho vers lUO av. J.-C, vînt tout jeune à Rome, où il enseigna la littérature grecque. Il eutCicéron pour élève, et accompagna Lucullus dans toutes ses expéditions. Comme il avait obtenu le droit de cité, ce tilre lui fut contesté par le censeur Gratins ; il avait alors soixante ans , et fut défendu par Cicéron, qui prononça, à cette occasion, la fameuse harangue pro Archia, qui a immortalisé le poète plus que son poème sur la guerre des Cimbres.
Arcllias (Discours pour), prononcé par Cicéron, en 62 avant J.-C, pour la défense du poète Archias. La première partie de ce discours ~ un des meilleurs de Cicéron — renferme une discussion de droit, menée avec brièveté et précision, par laquelle l'orateur prouve qu'Archias est bien citoyen romain; la scconoe, où Cicéron déclare que, si Archias n'avait pas le titre de citoyen romain, il faudrait le lui donner, est comme une vaste digression qui s'ajoute à la cause : mais elle élargit le débat jusqu'à cette idée générale que la littérature est un bienfait pour l'humanité, car elle élève l'âme et dispense la gloire. Cicéron fait de la culture et do la poésie grecques un éloge délicat et enthousiaste, auquel il mêle des confidences personnelles sur ses goûts littéraires.
ARCHIATRE (du gr. arckos, chef, ot iatros, médecin) n. m. Nom donné à Rome au premier médecin de l'empereur, chargé du service médical du palais, n Archiatres populaires. A Rome, à Constantinople et dans les grands municipes. Médecins qui soignaient le peuple aux frais de l'Etat, ou qui étaient attachés à certains temples où se donnaient aes soins aux malades. 11 Professeurs aux écoles de médecine, n .Arc/iin/re^jaM/i/i, Titre des médecins attachés au palais, sous Constantin.
Le titre d'arcAinfre passa à la cour des princes barbares et à celle des rois de France ; mais, sous Louis XV, il était déjà depuis longtemps disparu, et remplacé par ceux de prernier médecin, médecins ordinaires et médecins par quar^ tier. Depuis cette époque, le titre de • archiatro » a perdu tout caractère officiel.
ARCHICAMÉRIER (riV) n. m. Dignitaire de l'ancien empire d'Allemagne, Ce titre d'honneur fut transporté d'Allemagne en Espagne sous Charles-Quint, et plus tard à la cour de Rome.
ARCHICEMBALO («in) n. m. Sorte de clavecin inventé au XVI' s. par Niccolo dit Vicentino. et qui avait trois claviers, dont l'un était accordé d'après le genre diatonique: le second, d'après le chromatique, et le troisième, d'après l'enharmonique.
ARCHICHAMBELLAN (de archi, et chambellan) n. m. Titre attribué, dans l'empire d'Allemagne, Â l'électeur do Brandebourg.
ARCHICHANGELIER (de archi, et chancelier) n. m. En France, sous les Carolingiens, Chef do la chancellerio royale qui présidait à l'expédition des actes royaux faite par les notaire*, Grand chancelier, ii .A rcAicA<infe/f«Trfe /'empire français, ou simplement Arc/iïcAan«/i>;\ Titre de deux grands dignitaires de la couronne institués par Napoléon l'f : 1 archichancolier de l'empire et l'arc h 1 chancelier d'Etat. Le premier présidait la haute cour impériale, promulguait les sénatus-consultes organiques et les lois, signait les nominations dans l'ordre judiciaire et les actes de fétat civil de la maison impériale ; il était le deuiièmo des grands dignitaires de l'empire; le second, qui prenait rang immédiatement après lui, promulguait les déclarations de guerre, ainsi que les traités de paU et d'alliance. La première de ces Chartres s'est personnifiée dans Cambacérès. 'i En Allemagne, au xrv« siècle. Titre porté par les archevêques-électeurs de Mayence, de Cologne et de Trêves; il était purement honorifique pour les deux derniers.
ARCHICHAPEIAIN (de arcHi, et cfiapelain) n. m. Titro
ARCHICONFRÈRIE — ARCHIPEL
donné, sous les Carolingiens, au chef de la chapelle royale, chef de tout le clergé de France et le premier des palatins Co titre a disparu depuis Henri I" (1031-1060).
tins. Co titre a disparu depi
ARCHICONFRÈRIE (de archi, et confrérie) a. f. Confrérie par excellence. Titre que prennent certaines associations pieuses, charitables, servant de centre à d'autres sociétés analogues.
ARCHIDAMIE, femme lacédémonienne, qui s'opposa, selon Plutarquo, au renvoi des femmes en Crète pendant le siège de la ville par Pyrrhus (272 av. J.-C). C'était probablement la femme du roi Archidamos IV, grand'mère du roi Agis, mise à mort avec son petit-flls en 240.
ARCHIDAMUS ou Archidamos, nom commun à plusieurs rois de .Sparte de la dynastie des Proclides : Archi- DAMCS I", qui vivait au vii" siècle avant notre ère, après la seconde guerre de Messénie ; — Archidamos II, qui régna de 469 à 427 av. J.-C. (Il soumit les Hilotes et les Messéniens révoltés. Il prit part à la guerre du Péloponèse, s'empara de Platée, et envahit trois fois l'Attique) ; — Ar- CHIDAMDS III (361-338), qui, dans laguerre Sacrée, prit parti pour les Phocidiens. (Il périt en guerroyant pour les Tarentins) ; — Abchidamcs IV, vaincu aux portes de Sparte, l'an 296 av. J.-C, par Déniétrius, fils d'Antigone ; — Archidamos V, petit-Iils du précédent (milieu du iii« siècle av. notre ère). Il fut assassiné presque aussitôt, peut-être par le parti de Cléomène.
ARCHIDESME (dèss) n. m. Genre de myriapodes fossiles devenions, de l'ordre des archipolypodes, présentant des appendices latéraux foliaires, qui rappellent Tes branchies trachéennes do certaines larves d'insectes.
ARCHIDIACÉES {ki) n. f. pi. Famille de mousses cleistocarpes, à capsule sessile au milieu d'une vaginule imparfaitement développée, globuleuse et formée d'un seul rang de cellules. Ne renferme que le genre archidion. — Une archidiacée.
ARCHIDIACONAT (lia — de archi, et diaconat) n. m. Dignité d'archidiacre.
ARCHIDIACONÉ n. m. Partie d'un diocèse soumise à la juridiction d'un archidiacre.
ARCHIDIACRE (de archi, et diacre) n. m. Ecclésiastique investi par l'évèque de certains pouvoirs, et du droit de visite sur les curés du diocèse.
— ANC. PROv. ; Crotté en archidiacre, Très crotté, parce que les archidiacres faisaient leurs visites à pied.
Encycl. a l'origine, ïarchidiacre était le chef des
diacres d'une église ; il présidait, en cette qualité, à la distribution des aumônes. A mesure que les revenus des églises augmentèrent, son pouvoir s'accrut, et il finit par ])artager avec l'évèque les fonctions extérieures de l'administration, et par prendre un rang supérieur dans la hiérarchie. Les conciles durent même intervenir contre ses empiétements. Aujourd'hui, en France du moins, les fonctions d'archidiacre n existent plus en elles-mêmes. Les diocèses .sont divisés ordinairement en plusieurs archidiaconés, qui sont confiés aux vicaires généraux. Il y a ainsi, à Paris, les archidiacres de Notre-Dame, de Sainte-Geneviève et de Saint-Denis, qui sont les trois grands vicaires du diocèse. ARCHIDIOCÉSAIN, AINE {:in, :èn') adj. Qui fait partie d'un archevêché, qui en dépend.
ARCHIDION {ki) n. m. Genre de mousses, famille des archidiacées, vivant dans les terrains argileux ou les marais desséchés de l'Europe méridionale et moyenne, oil cette plante forme une sorte de ga^on.
ArchidONA, ville d'Espagne (prov. de Malaga) ; 7.800 hab. (Pop. du district du même nom : 29.800 hab.) — Ville de la république de l'Equateur, ch.-l. de la prov. del Oriente, sur un affluent du Napo ; 2.000 hab. environ.
ARCHIDUC (de archi, et duc) n. m. Titre donné, pendant lo moyen âge, à plusieurs grands personnages, mais qui n'est plus usité qu'en parlant des princes de la maison d'Autriche. C'est l'empereur Frédéric III qui leur donna pour la première fois ce titre, en 1453. Le premier archiduc fut Maximilion, plus tard empereur d'Allemagne.
ARCHIDUCAL, ALE, AUX adj. Qui appartient, qui a rapport à l'archiduc : Palais abchiducal.
ARCHIDUCHÉ n. m. Territoire soumis à un archiduc ; L'AïUnche a étii longtemps un archiduché.
ARCHIDUCHESSE n. f. Femme d'un archiduc. Princesse, fille ou sœur de l'empereur d'Autriche : Napoléon I" épousa Tarchiduchesse Marie-Louise.
ARCHIÉPISCOPAL, ALE, AUX (ki) adj. Qui appartient à l'archevêque : Dignité archiépiscopale.
ARCmÉPISCOPAT {ki, pa) n. m. Dignité d'archevêque : Ari'iver, Parrenir à rAKCHiÉPiscoPAT. il Temps pendant lequel un archevêque a occupé son siège.
ARCHIÉRARQUE {ki — de archi, et du gr. hiéros, sacré, et arkhos, clief ) n. m. Nom donné autrefois au pape comme chef de toute la hiérarchie ecclésiastique.
ARCmËRE ou ARCHÉRE n. f. Art milit. Ouverture longue et étroite, que l'on pratiquait, pendant lo moyen âge, dans les fortifications, pour permettre aux archers et arbalétriers de tirer ; En science héraldique, on ne blasonne les AR- CHIÈRES qrte lorsqu'elles sont d'un émail particulier. Il Courroie qui supportait le carquois des archers.
ARCHIGALLE (de archi, et galle)a.m.
Grand prêtre du culte de la Grande Mère des Dieux, à Rome, déesse d'origine asiatique qui avait été identifiée avec Rhéa par les Grecs, et avec Cybèle par les Romains. Ce prêtre portait sur la poitrine une imago d'Atys, et à la main des fruits et des fleurs, symboles de l'énergie productrice de la nature.
ARCmaNY, comm. de la Vienne, arr. et à 19 kilom. de Châtellerault ; 1.759 hab., qui descendent d'Acadiens émi-
frés en Franco au xvm' siècle. Ruines de l'abbaye de Etoile.
ARCHILÉVITE n. m. Chef des lévites, chez les Hébreux. Archiloque, grand poète lyrique grec, né à Paros, qui vivait au vni' siècle av. J.-C. Il exprimait des sentiments élevés en un stylo énergique, riche d'images très
Arcbière.
vives. Il écrivit des élégies, mais surtout inventa le vers ïambique, qui devint, sous sa plume, une arme terrible ; l'arme de la raf/e, dit Horace. Lycambe lui ayant promis sa fille en mariage et ayant ensuite rétracté sa promesse, le poète se vengea par des vers si sanglants, que le père et ses trois filles se pendirent de désespoir. Le côté satirique de son génie laissa des traces si profondes dans la mémoire des anciens, que, six siècles plus tard, on donnait, à Rome, le nom de Archilocliia eaicta aux plaoards affichés contre César.
Mais Archiloque provoqua des inimitiés qui 1 obligèrent à quitter Paros, où il ne rentra qu'après avoir obtenu un triomphe éclatant aux jeux Olympiques, par son Hymne à Hercule. Il périt, dit-on, de la main d'une de ses victimes. Les fragments d'Archiloque se trouvent dans les Poetx lyrici grseci de Bergk.
ARCHILOQUIEN, ENNE {chi-lo-ki-in, en) adj. Dans le langage ordinaire, se dit de tout ce qui rappelle l'âpreté, la verve mordante du poète Archiloque : Style archilo- QDiEN. Satire abchiloquienne. il Chez les anciens, An/reur archiloquienne. Vers de Paros (par allusion à la patrie du poète), étaient des locutions proverbiales.
— n. m. Se dit de deux sortes de vers métriques inventés par le poète Archiloque, qui sont usités dans les versifications grecque et latine. On distingue Varchiloquien proprement dit, et le grand archiloqmen. L'un a trois pieds, et se compose de deux dactyles et d'une syllabe. Ex.:
Puli'is et umbra sumus. Horace.
L'autre a sept pieds. Les trois premiers sont dos dactyles ou des spondées, le quatrième est un dactyle, et les trois derniers sont des trochées. En outre, il y a toujours un repos après le quatrième pied. Ex. :
Paliida Mors mquo puisât pede pauperum tahernas...
ARCHILUTH (de archi, et luth) n. m. Instrument plus grand que le luth, muni de cordes pincées et de deux claviers, inventé à la fin du xvr siècle. Les Italiens s'en servaient pour faire la basse continue.
ARCHIMAGIE (de archi. et magie) n. f- Partie de l'alchimie qui enseignait l'art de faire l'or, et dont s occupaient les archi~ mages.
ARCHIMANDRITAT yta) n. m. Dignité d'archimandrite, ii Bénéfice, revenus d'un archimandrite.
ARCHIMANDRITE (du gr. archos, chef, et mandra, enclos, et par suite cloitre) n. m. S'est dit quelquefois de tous les supérieurs ecclésiastiques, même des évêques et archevêques, dans l'Eglise grecque et même dans l'Eglise latine, il Un des titres que portait ArcbUuth l'archichapelain, à la cour des rois de la première et de la seconde race. (Aujourd'hui, ne se dit plus que dans l'Eglise grecque, où il désigne les supérieurs de couvents d'hommes, et, plus particulièrement, des supérieurs de monastères de premier ordre, comme celui du mont Athos.)
ArCHIMÈDE, le plus grand géomètre de l'antiquité, un des plus illustres savants de tous les temps, né à Syracuse l'an 287 av. J.-C, mort en 212. Jeune encore, il se rendit à Alexandrie pour y suivre les leçons d'Euclide. De retour dans sa patrie, il se livra exclusivement à ses études scientifiques, ne cessant d'enrichir l'humanité d'une foule d'inventions précieuses. Le premier, il détermina le rapport approché du diamètre à la circonférence, la quadrature de la parabole, les propriétés des spirales, etc. On lui attribue la ris sans fin ; la vis creuse ; les moufles ; les roues dentées ; la sphère mouvante ; la théorie du levier, dont il sentait tellement la puissance, qu'il ne demandait, dit-on, qu'un point d'appui pour soulever le monde ; la poulie mobile ; la création de l'hydrostatique, dont il résolut un des problèmes fondamentaux dans les circonstances suivantes : Hiéron, roi de Syracuse, soupçonnait un orfèvre, qui lui avait fabriqué une couronne d'or, d'y avoir allié une certaine quantité d'argent. Il consulta Archimède sur les moyen de découvrir cette fraude en conservant intacte la couronne. L'illustre savant y réfléchit longtemps sans trouver de solution. Un jour, au bain, il s'aperçut que ses membres, plongés dans l'eau, perdaient considérablement de leur poids, et qu'il pouvait soulever une de ses jambes avec une extrême facilité. Son génie entrevit aussitôt les éléments d'un grand principe d'hydrostatique, qu'il détermina ensuite rigoureusement (V. Archimède [priHcipe d']]. Dans l'enthousiasme que cette découverte lui causa, il s'élança nu dans la rue, en criant : « Eurêka ! eurêka ! » {J'ai trouvé 1), mot dont on fait depuis lors de fréquentes applications.
Lorsque les Romains tournèrent leurs armes contre Syracuse, Archimède dirigea la défense de sa ville natale. Pendant trois ans, il tint en échec l'armée de Marcellus. Il fit construire des machines propres à lancer des traits, des pierres, à des distances considérables; au moyen de miroirs ardents, il enflammait, dit-on, les vaisseaux des assiégeants. Cependant, les Romains réussirent à entrer dans Syracuse par surprise. Marcellus donna des ordres pour qu'on épargnât le grand homme; mais celui-ci, absorbé par la recherche d un problème, ne s'aperçut pas de la prise de la cité et fut tué par un soldat qui, ne le connaissant pas, s'irrita de ne pouvoir obtenir de lui aucune réponse. Marcellus éprouva le plus vif regret de la mort de ce grand homme, et lui fit élever un tombeau sur lequel, d'après le vœu d'Archimède lui-même, on plaça une sphère inscrite dans un cylindre, avec les nombres qui expriment le rapport de ces deux solides. Les princicipaux ouvrages d'Archimède nous sont parvenus.
Archimède (principe d'), du nom du philosophe grec qui le découvrit.
— Encycl. Concevons, dans une masse d'eau, un volume déterminé V, de forme quelconque, maintenu en équilibre. Les pressions horizontales, étant égales et contraires, se détruisent. Restent les pressions verticales, do haut en bas et de bas en haut. Mais, puisque le volume d'eau V ne tombe pas, il faut que la résultante de ces pressions soit égale et directement opposée à son poids. Maintenant, imaginons que ce volume V, au lieu d'être de l'eau, soit exactement rempli par une autre substance, par exemple un corps solide. Il est évident que ce corps supportera de la part du liquide ambiant les mêmes près-
sions que supportait l'eau dont il tient la place. Ce raisonnoment peut s'appliquer à toute espèce de fluides (gaz, vapeur, liquide). Donc, et tel est l'énoncé du principe d'Archimède .• Un corps plongé dans un fluide éprouve une poussée de bas en haut égale au poids du fluide qu'il déplace. On peut aussi donner de ce principe une démonstration expérimentale; on se sert pour cela d'une balance sous l'un des plateaux de laquelle on a suspendu un cylindre creux A, puis, au-dessous de A, un cylindre plein Bdont le volume est égal à la capacité du premier ; on fait équilibre au système au moyen de poids placés dans l'autre plateau de la balance. Ceci fait, on place un vase V sous le cylindre B ; ce vase étant rempli d'eau, on constate immédiatement que le fléau do la balance incline du côté du plateau contenant les poids ; l'eau exerce donc une poussée sur le cylindre B ; de plus, quand le cylindre B est complètement immergé, si on remplit d'eau le cylindre creux, l'équilibre est rélsibli.
La perte de poids du cylindre B est donc égale au poids de 1 eau qu'il déplace.
On peut rendre sensible la perte de poids qu'éprouve un corps dans un gaz au moyen du baroscope. V. ce mot. Le principe d'Archimède est un des plus importants de l'hvdrostatique ; c'est sur lui que reposent la théorie des corps flottants, celle des aérostats, la détermination des densités, etc. V. aérostat, ludion, densité, etc.
ARCHIMÈRE{du gr. arche, domination, et méros, cuisse) n. m. Entom. Syn. de mozema. V. ce mot.
ARCHIMIME (de archi, et mime) n. m. Chez les Romains, Acteur qui remplissait les premiers rôles dans les drames mimiques.
— Éncïcl. Les archimimes commencèrent par jouer la satire en action des personnages en vue ; ils contrefaisaient leurs manières, leurs gestes, leur voix. Plus tard, l'archimime fut appelé aux festins, puis aux funérailles des grands personnages. Comme il y avait des pleureurs, il y avait le bouffon à gage. Celui-ci suivait le cercueil, ayant parfois le visage couvert d'un masque qui représentait les traits du défunt. Ainsi travesti, et tandis que lo cortège funèbre s'avançait aux sons d'une musii^ue lugubre, l'archimime, par une pantomime expressive, s efforçait de rendre la démarche, les attitudes, les gestes du défunt, rappelant même souvent au moyen de la parole certains actes qui avaient marqué dans sa vie.
ARCHIMONASTÈRE {slèr — de archi, etmonaslère)n. m. Monastère chef d'ordre ou de congrégation : Cluny et Savigny étaient des archimonastêres.
ArCHINARD (Louis), général français, né au Havre en 1850. Elève de l'Ecole polytechnique, il entra dans l'artillerie de marine, servit au Sénégal, et fut promu chef d'escadron en 1884. Nommé commandant supérieur du Haut-Fleuve en 1888, il créa de nouveaux postes aux Soudan, s'empara en 1890 de Segou-Sikoro, capitale d'Ahmadou, de la forteresse de Ouosébougou, et reçut le grade de lieutenant-colonel. En 1891, il battit les troupes d'Ahmadou, qui s'enfuit, prit Nioro, Youri, puis se tourna contre Samory et prit sa capitale, Bissandougou. Rappelé en France, il fut nommé colonel en 1892, retourna au Soudan comme commandant supérieur, et fut remplacé en 1893 par un gouverneur civil. En 1896, il fut nommé c directeur du comité technique » au ministère des colonies, et promu général de brigade.
ARCHINE (rad. arc) n. f. Techn. Arc que forme la charpente qui soutient le ciel d'une carrière.
— Métrol. Mesure de longueur usitée en Russie ; elle répond à O", 711420.
ArchingeAY, comm. de la Charente-Infér., arr. et à 15 kilom. de Saint-Jean-d'Angély ; 932 hab.
Archinos, Athénien, compagnon de Thrasyhulo et l'un de ceux qui chassèrent les trente tyrans. 11 eut la plus grande part à la proclamation delà fameuse amnistie qui suivit le rétablissement de la démocratie. Vers 403, il fit apporter une importante modification dans la manière d'écrire les documents publics, pour lesquels on employa dès lors l'écriture ionienne, au lieu de l'attique.
ARCBINOTAIRE (de archi, et notaire) n. m. Nom donné quehiuelois dans de vieilles chartes au grand chancelier de France.
Archinto, célèbre famille milanaise qui descendait, dit-on, des rois lombards. Ses principaux membres furent : Philippe Archinto, archevêque de Milan, né en 1500. mort en 1558; — Alexandre Archinto, théologien, mort en 1567 : — le comte Philippe Archinto, jurisconsulte, né à Milan en 1649, adjoint à Alexandre Farnèse pour administrer les Flandres, et qui gouverna Crémone en qualité de podestat, de 1692 à 1694 ; — Joseph Archinto, cardinal et archevêque de Milan, né en 1619, mort en 1712, nonce apostolique ; — Charles, comte Archinto, fils du précédent, né à Milan en 1669, mort en 1732, lequel fut un protecteur éclairé des sciences et des lettres, et fonda la Société Palatine, qui publia, entre autres ouvrages, la grande collection de Muratori, Scriptores rerum Italie.
ARCHIPEL (du gr. arche, qui exprime priorité, suprématie, et pélagos, mer ; nom que les Grecs avaient donné à la mer située à l'E., et qui joue dans leur histoire un rôle important. Comme cette mer renferme un grand nombre d'îles, le mot archipel a perdu tout à fait son sens étymologique, et a passé dans la langue comme syn. de groupe d'iles) a. m. Appellation générique do tout système d'îles disposées en groupes, sur une portion de mer plus ou moins étendue : Presque tous les archipels de l'Océanie orientale sont dirigés du nord au sud. (Malte-Brun.)
— Par ext. Se dit de toute agglomération de choses le plus souvent semblables, qui font penser à un archipel : Archipel de mojitagnes, de maisons.
Archipel {Mer prùicipatc) , partie Jo la Mmliiorram-i) tîiiiro la Crùto, la ponmsulo ih^s Balkans et l'Asio Miiiouro. Cotto moi* ost duo à un oHonfimnoiit, (Mjiiiomporain do ceux do l'Adriatiiiuo ot do la mor Noiro, ot attesta oncoro par dos pïiénomônos sismi(|uos ol volcaniquos {tromblouHMits do torro do Sanios ot Locrido, Ï807 ot 18ui : (M-iiption do Santorin, 1866). De nombreuses llos do cali-airn et de marbre y sont los sommets ùmor-
féa des chaînes ijui se cuiitinuaiont d'Europo on Asio : Eulu^o, les Spora.les du N. et les Cyclados sont alignées S.-S.-E. comme lo Pindo et les luiutours do Moréo; mais los ridos O.-K. dominent en Crète et dans lo rosto des Sporados, comme en Asie Minciiro. Los côtes sont dos falaises calcaires, cun[H-cs iiiiinonil. râbles dontoluros ot do petites plaines d(i sal.h- [,.■, r:iiiM lourdes, salées, do couleur foncée , et peu 1. |.l.ii '■'■■■ i-ài- lu, marée ou les courants, remplissent deux lu^.^.v, in.j;iiili6res, séparées par les Cyclades, ot dont la méndionalo a, au N.-K. de la Crète, une profondeur do 2.195 m. Malgré les ondées d'hiver, malgré lo vont sec, souvent frais, qui souffle du N. ou été {" vorias »} ot provoque do fortes tempêtes sans pluie, lo climat est a^réablo, quoique moins égal et moins sain qu'à l'O. do la Méditorranéo. La sëchoresse et la pureté do l'air, la pauvreté d'une végétatinn ')û niain|ucnt prairies et bois, distinguent r. -s il. s ri , .■- mirs (.Miniqiin
des olives, elles furent dans rauii.|iii'. i. ■!.■ iv.^nucipal do la colenisation et delà ci\ ili^ai hm, ^n , ,|n.s. Leur population (onv. 750. ooo âmes i)uur les Urs) est restée plus dense que sur les parties voisines dos continents, et s'adonne à la pêche et au petit commerce : Hcrmopolis. dans l'île do S;^ra, est, à cause do sa position eentrale. la première station. Côtes et îles sont, h.il.iicis p.ir .i,s Heilônes qui voudraient tous leur rniunni a la (iirr mais lesSporadesduS. (sauf Samos, pnih ii^auti ml, m. ni' du sultan) et les îles thracessont encore a la Turquie.
ARCHIPEL ASIATIQUE. Géogr. V. MalAISIE.
ARCHIPOLYPODES(/i:i — dugr.flrc/jaio5, ancien, et poh/podes) n. m. pi. Sous-ordre de myriapodes fossiles, à carapace épineuse. — Un archipolypode.
— Encycl. Co sous-ordre a été formé par S. -H. Scudder, qui y range les genres acantherpestes, euçhoberia, archiaeamits. Les arckipolypodes sont intermédiaires entre les chilopodes et les dipiopodes, plus voisins de ces derniers, dont ils seraient les prototypes, d'après Scudder. Ils ont la forme générale des iules: quelques-uns atteignent presque la longueur d'un pied.
ARCHIPOMPE (de arche, dans le sens de coff'i^e, et do pompe) n. f. Cage rectangulaire de planches dont on entoure le corps dos pompes placées dans la cale, au pied du grand màt, afin de les garantir de tout choc et de pouvoir les visiter au besoin. L'archipompo s'élève jusqu'au faux pont.
ARCHIPOPE (de archi, et pope) n. m. Dans l'Eglise grecque. Pope principal, qui a sur les autres popes une sorte de juridiction.
Arghippe, poète comique athénien, vivait dans !e y siècle avant J. C. Il ne resta que des fragments de ses comédies, qui, suivant le scoliaste d'Aristophane, ne se distinguaient que par la grossièreté du langage. Il eut cependant une certaine renommée dans l'antiquité.
ARGHIPRESBYTÉRAL, ALE, aux {prèss) adj. (^ui appartient à l'archipresbytérat, â l'archiprêtre : iJiynîfr ar-
CHIPKIiSBYTERALE.
ARCHIPRESBYTÉRAT (prèss, ra — rad. archiprêtre) n. m. Dignité, juridiction de l'archiprêtre.
ARCHIPRÊTRE (du gr. arche, commandement, et presbutéros, prêtre) n. m. Titre de dignité ecclésiastique qui donne au."C curés de certaines églises une prééminence, surtout honorifique, sur les autres curés.
— Hist. Un des titres que portait l'arcliichapelain, à la cour des rois de la première race. Il Titre que le pape conféra, en 1598, au prêtre qu'il chargea d'administrer l'Eglise catholique d'Angleterre.
— Encycl. h archiprêtre était primitivement celui des prêtres d'une église épiscopale qui se trouvait le plus ancien d'ordination, ou que l'évéque, surtout dans l'Eglise grecque, désignait comme le plus éminent. Sa principale fonction consistait à remplacer, dans les cérémonies du culte, l'évéque empêché par la maladie. A partir du v" ou du vi" siècle, on trouve des archiprètres.à la fois dans la ville épiscopale et dans les petites villes du diocèse. Ceux-ci surveillaient les ecclésiastiques compris dans leur ressort. Sous les Carolingiens, les diocèses étaient régulièrement divisés en archidiaconés, et ceux-ci en archiprêtrês ou doyennés. L'archiprêtre seul donnait lo baptême dans son ressort, son église seule avait un baptistère. Le décanat tout entier semblait former une sorte de cure unique. Toutefois, les usages ne furent les mêmes, touchant les archiprêtrês et leurs attributions, ni dans tous les temps, ni dans tous les pays. Le concile de Trente ne parle d'eux que pour dire do quelle manière ils doivent faire, au nom de l'évéque, la visite des paroisses.
ARCHIPRÊTRE n. m. Territoire soumis à la juridiction de rarohiprètro. ii Demeure do l'archiprêtre : Aller à /'ar-
CHIPRÈTRK.
ARCHIPRIEUR (do archi, et prieur) n. m. Titre que portait autrefois le grand maître do l'ordre des TempHers. . ARGHIPRIEURE (do archi, et prieure) n. f. Titre que portait la supérieure des religieuses de Lancharre, en Bourgogne.
ARGHIPRIEURE n. m. Dignité d'archiprieur. Il Syn. do
ARCHIPRINCE (do archi, et prince) n. m. Un dos titres de dignité do l'ancien empire d'Allemagne : Z-'archiprince de Ma\jcncc.
ARCHIQUE (du gr. arche, principe) adj. Primitif. V. hy-
POSTASi:.
ARGHIRABWN I de arcAi, et raô6iH)n. m. Chef des rabbins.
ARCHISÉNÈCHAL (de archi, et sénéchal) n. m. Grand sénéclial. iTitre que les dauphins portaient anciennement.)
ARGHISPERME i.'ipèr — du gr. arche, commencement, ot xperma. semence) n. m. Nom donné quelquefois aux végétaux gymnospermes.
ARCHISTRATÈGE(sira — gr. archistratégos, m^me sons) D. ra. Dans l'ancienne Grèce, Le premier des stratèges, c'est-à-dire lo général en chef, le généralissime.