ARCHIPEL — ARCHITECTURE
AIlCHiTAttBÊ (du gr. arehè» commobcement, ot tarbon, terreur^ n. m. Genre d'araignées fossiles, caractérisées par leur abdomen divisé on huit segments, leur céphalothorax non rétréci latéralomeni. Il ou existe diverses formcH dans lo terrain carbonifère.
ARCHITECTE (lat. architectua ; du gr. archoê, chef, ot telitôn, ouvrier : particul., ouvrier charpontior) n. m. Celui (|ui dirige des constructions suivant los règles do l'art do bâtir, qui en dossino les plans, en drosse los devis : Celui qiti taille dea colonnes ou qui élève un côté de bâtiment n'est qu'un maçon, maia celui qui a penaê tout l'édifice et qui en a Imites ks proportions dans la tête est le »eu/ AEcuiTECTB.(Fén.)
— Se dit par anal, do certains animaux industrieux : Le castor est un habile arcuitectk.
— Fig. ; L'amour est un maf/iquc architecte. (A. Houss.)
— Se dit particul. en parlant de Dieu : Le grand, le suprême, le (iivin architecte. Z-'abcuitecte du monde. Il Les francs-maçons appellent aussi Dieu l'architecte, et plus souvent le grand architecte de l'univers.
— Un architecte en tromperie, en fourberie, Un homme qui sait dresser habilement dos embûches.
— Adjectiv. : V. Hugo appelle l'araignée l'insecte architecte.
— Encycl. Au moyen âge, Varchitecte était appelé « maître d'œuvre u, ou " maître do l'œuvro «.ou u maître masson o, ou encore " architocteur ». La profession d'architecte exige des connaissances en dessin, on géométrie, en lîerspective, en stéréotomie, en physique. L œuvre qui sortira de ses mains ayant un caractère d'utilité, il importe
Qu'elle réponde à des conditions de convenance et de urêo que l'on n'exige pas de l'œuvre du peintre ou du SI ni pleur. Cependant, le titre d' «architecte i> peut être pris .t . hai un est en droit de remplir cette fonction sans avoir diplôme, ni justifié d'examens préalabh
plôme décerné àlasuited'un concours parun jury d'artistes nommé à cet eflTet. Les Ecoles des beaux-arts étant une instituation do l'Etat, los bénéficiaires d'un diplôme ont aimé à prendre la qualification légèrement erronée d'architectes " diplômés par le gouvernement ». Un certain nombre de ministères se sont assuré le concours d'architectes en vue de services nettement canactérisés ; de là les qualifications d'architectes " des monuments historiques », u des bâtiments civils » , n des édifices diocésains » . La ville de Paris, les départements, ont également leurs architectes attitrés, en possession d'un titre officiel.
A toute époque, on a signalé l'existence d'architectes éminents. Au moyen âge, beaucoup de moines ont tracé lo plan de leurs abbayes. La plupart des maîtres d'œuvre auxq^uels nous sommes redevables des cathédrales de la période gothique ne sont pas connus.C'est principalement à dater de la Renaissance que les personnalités se révèlent et que des noms se gravent dans la mémoire des peuples. L'Italie cite Bramante, Michel- Ange, Serlio, Vignole ; l'Angleterre, Inigo Jones etWren; la France, Delorme, Lescot, Bullant, Perrault. Depuis le xvh' siècle jusqu'à nos jours, nous avons le droit de citer les noms justement glorieux de Blondel, Mansart, Servandoni, Soufflet, Percier, Visconti, Baltard, VioUet-le-Duc, Garnier, Duc, etc.
— Bibliogr. : Félibien, Recueil historique de la vie et des ouvrages des plus célèbres ai^chitectes {Pa.ns, 1867); Milizia, Memorie degli architetti antichi emoderni (Parme, 1781), traduit en franc, par Pingeron (Paris, 1781). Dezallierd'Argenville, Quatremère de Quincy, A. Berty, Adolphe Lance, ont également laissé de précieuses biographies d'architectes.
— Dr. Le contrat liant l'architecte au propriétaire qui fait faire une construction n'est autre que le louage d'industrie prévu et réglé par les articles 1787 et suivants du Code civ. L'architecte doit se conformer aux obligations qui résultent de ce contrat. De plus, il est tenu de se soumettre à de nombreuses mesures administratives, et il doit garantie au propriétaire de toutes les suites qui résultent pour celui-ci de l'inobservation des lois ou règles sur le voisinage et sur la voirie. Ainsi envisagée, la responsabilité de l'architecte est celle qui résulte du droit commun ; elle a sa base dans le contrat lui-même et dans l'article 1383 du Code civ. Mais, à un autre point de vue, cette responsabilité s'aggrave considérablement. D'après le droit commun , la réception d'un ouvrage décharge, en principe, l'ouvrier de tout risque et de toute garantie, même pour malfaçon (art. 1789 et 1790 du Code civ.). Au contraire, aux termes de l'article 1792 du Code civ., l'architecte est responsable pendant dix ans, si l'édifice qu'il a construit à prix fait périt, en tout ou en partie, par le vice de la construction, et môme par le vice du sol. Après dix ans, il est déchargé de cette responsabilité.
Il ne faut pas, cependant, s'en tenir au texte même de la loi, et il a été jugé qu'un architecte ne saurait se soustraire â la responsabilité édictée par l'article 1792 du Code civ., alors même qu'il n'aurait pas traité à prix fait, mais pour un prix à déterminer ultérieurement, selon l'importance des travaux à effectuer. La prescription décennale, instituée contre l'architecte au profit du propriétaire, a son point de départ dans la réception des travaux. Cette faveur faite au propriétaire se justifie facilement; il est clair que l'architecte doit autre chose que l'édification matérielle, débet peritiam artis : il doit une œuvre solide, bien constituée, d'où le principe de sa responsabilité. La jurisprudence accorde au propriétaire un délai unique do dix ans, aussi bien pour la constatation des vices que pour l'exercice de l'action en garantie.
La rémunération des architectes consiste en honoraires, à moins qu'ils ne soient en même temps entrepreneurs, auquel cas les honoraires se confondent avec le prix à forfait convenu pour la construction. Toutefois, dans l'usage, les honoraires d'un architecte sont généralement arbitrés â 5 p. 100 du montant des travaux.
Pourle payement de ses honoraires, l'architecte est muni d'un double droit de garaptio : 1" le droit de rétention ; 2" un privilège. Le droit de rétention de l'architecte consiste à retenir jusqu'à complet payement les pièces, plans et devis qui sont entre ses mains. Le privilège est réglé par l'art. 2103-4 du Code civ. U ne porte que sur la plus-value acquise par l'immeuble à la suite des travaux. Il n'est dû à l'architecte aucuns honoraires pour les travaux qui excèdent le devis.
— Architectes diocésains. Les architectes diocésains forment un corps spécial organisé définitivement par un arrêté du ministre de la justice et des cultes du 28 janvier 1SS4; à ces architectes sont confies la garde, l'entretien, au besoin la restauration des églises.
Ces constructions difTèrcnt doH autres à la fois sous le rapport do leurs besoins cssontiels. do leurs conditions d'équilibre ol do présorvaiion, ot bous celui du stylo, do rornemeutation, do l'archéologie, etc. Elles oéccitsitCDt donc des connaissances U}ixton spéciales chez ceux qui sont appelé» â répondre do leur conservation,
— Architecte.è de l'Etat et dea d»'- parlementa. Indépendamment des architectes diocésains, quelques arcbiCcctcs sont invcsiis d'une mission officiello cl rbargés do Ir. construciion ou de l'entretien, soit des bâtiments civil:, appartenant â l'Ktat, soit des immeubles qui sont la propriété des départements ou des communes.
ARCHITECTONIQUE (du gr. architektonein, jo bâtis) adj. Qui apparlionià rarchitccturo.qui csl selon les règles do l'architecture : Conception aecuitectonk^lk.
— Philos, h'xprit arcnitfclonique. Faculté au moyen do laquelle on coordonne les diverses parties d'un sysièmo.
— Substantiv. et fém. L'architecloniqiu;, L'art de construire : Etudit'r /'abchjtiutoniqde ancienne.
ARCHITECTONIQUEMENT adv. D'une manière archi" tectonique.
ARCHITECTONOGRAPHE (du gr. architektonein, bâtir, et graphein. décrire) n. m. Celui c^ui s'occupe d'archilectonographie. ii On disait autrefois uistorioghapbk des
UÂTIMKNTS.
ARCHITECTONOGRAPHIE n. f. Description, histoire des
grands édifiées, il Traité d'architecture.
ARCHITECTONOGRAPHIQUE adj. Qui appartient, qui a raj)p'.rt a rar'liit<-(;ionographie.
ARCHITECTURAL, ALE, AUX adj. Qui appartient, qui a rapport à l'architecture ; qui en a lo caractère : FiU du climat et des mcrurs, les types archïtectubaux naissent lentement chez les peuples, {i. Bard.)
ARCHITECTURE (lat. architectura ; du gr. architektonein, bâtir) n. f. Art do construire des édifices, dans des proportions et selon des règles déterminées : Z'ar( HiTEcrtiBB n'inspire à l'esprit que des idées de grandeur, de noblesse, d'austérité majestueuse. (K. Montégut.)
— Mode de construire, genre, caractère distinctif des ornements d'un édifice://»/ a cinq ordres principaux d'XRcui- TECTVRE. {V . OTLiiRR.) Monument d'une belle architkctcre.
— Se dit aussi d'un monument, d'un édifice ou d'une do ses parties : Il faut avouer gue plus une ar* hitectubk, une joaillerie, une arme, datent dune époque reculée, plus le goût en est parfait et le travail exquis. (Th. Gaut.)
— Dans un sens tout à fait restreint. Moulures, ornements : Entrée décorée d'ARCHiTKCTUBES. (B. de St-P.)
— Par compar. Structure : Les oa sont, dans /'architecture du corps humain, ce que sont les pièces de bois dans un bâtiment de charpente. (Boss.) il Arrangement harmonieux des parties de l'univers :
Je regarde en gros toute la nature, J'ea observe l'ordre et l'architecture.
Réonier Dcsmarets.
— Architecture polychrome. Y. poi.tchro.me.
— Franc-maçonn. Morceau d'architecture, Nom donnô aux discours prononcés dans les loges ma(;onniques.
— Encycl. h' architecture est l'un des trois arts compris sous la dénomination d'arts du dessin, et celui dont les manifestations impressionnent l'esprit avec le plus de puissance. Elle dispose de proportions auxquelles ne peuvent prétendre ni la peinture ni l'art plastiq^ue. Mais de nombreuses entraves font obstacle à l'inspiration de l'architecte. Il n'est pas libre de concevoir un monument avec la seule préoccupation du style et de la beauté. Tout monument doit être utile ; les besoins matériels, les aspirations spirituelles, la sécurité de l'homme, dictent à l'architecto le plan général, la distribution intérieure, l'étendue, la richesse ou la sévérité de l'édifice qui lui est demandé. De là les trois grandes divisions sous lesquelles on peut grouper les monuments construits depuis l'antiquité la plus lointaine jusqu'à nos jours : l'architecture religieuse, l'architecture civile, et l'architecture militaire. Certains écrivains se sont plu à des classifications moins restreintes. C'est ainsi que l'architecture rurale hydraulique ou navale comprend, soit les bâtiments d'exploitation réclamés par l'agriculture, soit les aqueducs, soit les vaisseaux. Mais nous estimons ces dénominations arbitraires. En effet, la construction d'un navire, d'un pont ou d'un aqueduc, relève plus de l'ingénieur q^ue de l'architecte proprement dit, et, d'autre part, les habitations rurales se rattachent à l'architecture civile au même titre que les constructions de tout ordre élevées à l'intérieur des cités.
L'Egypte et l'Asie ont été lo double berceau de l'architecture. On s'accorde à penser que les Pyramides de Memphis sont les monuments les plus ancie'ns que nous connaissions. Le Sphinx de Gizoh, taillé dans le roc, et qui tient entre ses pattes do géant un temple d'albâtre et do granit, ne peut être séparé des Pyramides. Les hypogées ou tombeaux souterrains, aux supports rectangulaires, aux architraves rigides et sans ornements, traliissent l'époque éloignée de leur construction. L'obélisque n'apparaît dans Yarchitecture égyptienne q^u'avec la xii» dvnastie. Puis le support aux quatre faces se rapproche de la forme rondo à mesure que l'architecture en adoucit les angles en lui donnant huit et seize pans. La colonne est trouvée. Son chapiteau donne l'impression d'un boulon de lotus. D'autre part, le plan général du tomple est fixé. 11 aura la forme d'un parallélogramme. Ces règles, une fois posées, ne seront plus enfreintes. L'architecte égyptien y ajoutera sans doute, à mesure que les siècles lui auront permis de bénéficier de la tradition. Toutefois, los détails, qui rendent rarchitecturo des six* et xx* dynasties supérieure à celle des périodes plus anciennes, ne modifient pas lo caractère général des monuments de l'Egypte, uniformes à toute époque, portant le signe d'une rigoureuse seri'itude imposée à l'artiste par les castes sacerdotales, mais également admirables par le fini do l'exécution, la science do l'appareillage, la résistance des matières mises en œuvre.
L architecture i Babylono et à Ninive s'exerça d'abord dans la construction dé digues et do murs d'enceinte. Le temple de Baal, les jardins" de Sémiramis, ont joui d'uno juste renommée, mais la brique employée dans ces vastes travaux a mis obstacle à leur durée. En somme, nous connaissons mieux les détails que l'ensemble des monuments assyriens. C'est par fragments que les fouilles nous mettent à même de restituer les édifices anciens de l'Asie centrale. Mais l'archéologue de nos jours est en mesure de décrire lo temple de Jargon ou tel monument de Persépolis. L'art égyptien est dopasse par les Modes et les