‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 392 sur 828 · ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE

nétrons dans l'Asie occiden-

i' constatons, chez les Phéniciens et les Juifs, la

pratique d'un art dans lequel les métaux ouvrés occupent uue large place. Mais nous n'avons guère d'autre source do renseignements que les écrits des contemporains sur ces monuments disparus. Les chapelles et les tombeaux d'Amrith ne se séparent pas du style égyptien. La Lydie, la Phrygie renferment aussi des sépultures d'une antiquité qui les soustrait à l'influence grecque. Plus modernes sont les tombeaux lyciens, aussi leur style n'est-il pas exempt de mélange. L'Inde ne doit pas être omise dans ce tableau sommaire de l'architecture à travers les âges. Ses dagops ou tombeaux, ses cloîtres, ses pagodes, subsistent et font l'étonnement des yeux ; mais la plupart de ces constructions sont d'époque relativement récente, et c'est moins par l'originalité du plan, ou le caractère architectonique, que par ia profusion du décor qu'ils séduisent le regard. Les dagops anciens sont de forme circulaire, assis sur une terrasse et recouverts d'un dôme. Rien de remarquable dans ces monuments, à peine antérieurs à la belle époque de l'art grec.

Athènes est le lieu de toute transformation au point de vue de l'architecture. Le siècle de Périclès et de Phidias est un sommet. De longues pages seraient nécessaires pour faire l'exposé même rapide des évolutions, des développements successifs, et enfin de l'impeccable harmun io des constructions de la Grèce. Là, ce no sont plus seulement les textes qui nous éclairent, les ruines ont leur éloquence et leur précision. Telle fut l'influence heureuse do rart grec sur le génie des peuples de l'Occident, que nous lui avons décerné le titre d'art "classiçiue ». La clarté, la mesure, la grandeur et la grâce le distinguent. Il s'exerce de préférence sur les temples. A Athènes, à Ephèse, à Eleusis, à Psestum, ce sont des temples qui renferment dans leurs «membres «mutilés l'ensemble des principes mis en pratique parles architectes de la Grèce; ce sont des temples qui permettent d'apprécier la différence d'aspect du dorique et de l'ionique, termes nouveaux dont nous avons fait le qualificatif d ordres très distincts, c'est-à-dire d'un enchaînement de lois si sagement écrites qu'elles ne cessent pas d'être respectées. La « colonne " est le " membre " le plus original, le plus souple, le plus orné dans l'architecture grecque. Les colonnes de l'Ereclithéion demeurent un exemple de proportions et d'ornement qui n'a pas été surpassé.

Les Etrusques érigeront aussi des temples, mais leur tempérament mercantile et utilitaire les condamne à être plus constructeurs qu'architectes. Les tombeaux, les fortifications, les portes de ville, les souterrains quils ont marqués de leur savoir et de leur puissance, offrent à l'étude de curieux spécimens de « l'arc appareillé " chez les anciens. Ils sont les premiers à concevoir la n voûte ", et à l'exécuter dans des conditions si parfaites, que le temps n'a pas ébranlé leurs œuvres.

A l'architecture étrusque, les Romains emprunteront la " voûte », dont ils sauront modifier la forme, depuis le *■ berceau» jusqu'à la « coupole c Aux Grecs, ils emprunteront la «colonne», et, sans se préoccuper des lois sagement posées par leurs devanciers, ils abuseront des colonnades, comme ornement d'édifices de caractères très divers. Le chapiteau dorique ou ionique ne suffira point à leur besoin de luxe. Ils l'estimeront trop sobre, trop nu. Le chapiteau corinthien, déjà surchargé, n'obtiendra pas grâce à leurs yeux. On les verra surenchérir dans la parure abondante du sommet de leurs colonnes, et les historiens de l'architecture appelleront " composite » le chapiteau romain, lourd assemblage des détails que comportent les styles ionique et corinthien. Rome n'a pas créé son architecture, elle s'est bornée à tirer parti, sans y ajouter, de l'architecture d'Athènes. Mais ce qui appartient en propre aux Romains, ce sont les monuments qu ils ont élevés dans l'immense empire dont la fortune des armes les avait faits maîtres. Routes, aqueducs, murs d'enceinte, thermes ou théâtres, ce que les architectes de Rome ont laissé derrière eux atteste leur sens pratique, leur énergie, la fertilité de leur esprit, leur entente de ce qui impose à la pensée par des dimensions grandioses. Lo Colysée, les thermes de Caracalla et de Dioclétien, etc., jus'tifient le haut renom des édifices construits par les Romains.

T)e Tibère â Constantin, une révolution morale s'accomplit. La religion chrétienne supplante le paganisme, mais durant plusieurs siècles le nouveau culte se confine dans les catacombes; quand les chrétiens paraissent au grand jour, c'est dans l'arène que des juges implacables les condamnent à verser leur sang. L'ère des persécutions ne pouvait être propice aux manifestations de l'art. Mais lorsque Constantin eut reconnu la religion du Christ comme religion d'Etat, les chrétiens sortirent des entrailles du sol, et songèrent à bâtir des temples. Encore que l'opinion contraire ait eu ses adeptes, nous pensons que les premiers architectes chrétiens se servirent des basiliques païennes, adaptées, sans doute, sans modifications notables, aux besoins du culte nouveau. Saint-Pierre, qui disparaîtra au xv" siècle pour faire place au monument actuel, Saint-Paul-Hors-les-Murs, détruit on ce siècle par le feu, Sainte-Marie-Majeure, sont les plus anciennes basiliques chrétiennes. On se plaît à voir dans leur ronstruction le type des basiliques du paganisme. Saint- Apollinaire de Ravenne, élevée au vi* siècle, marque un progrès. L'architecte fait preuve d'originalité. Désormais la façade des temples sera l'objet d'une décoration extérieure; des tours ou clochers s'ajouteront à l'édifice, dont la division intérieure n'est plus la même que dans les basiliques romaines. Mais Byzance impose son joug militaire à Ravenne, et à peine Saint-Apollinaire est-elle achevée, que l'architecte de cette église, chargé de construire Saint- Vital, cède, dans le tracé du plan de cet édifice, et plus encore dans le détail intérieur, à l'influence byzantine.

Un double principe, la croix grecque et la coupole, caractérise les monuments byzantins. Sans doute, la cou- Fole n'est déjà plus une nouveauté, mais les Romains ont conçue dans des proportions restreintes; ils en ont fait le toit de chapelles ou de sanctuaires modestes: les architectes orientaux v mettront toute hardiesse, et leurs dômes témoigneront d'une technique qui ne connaît pas d'entraves ou de surprises. Mais ce qui distingue l'arcliitecture byzantine, c'est au premier chef l'opulence du décor, dans lequel entrent les marbres rares, les métaux, les mosaïques. Sainte-Sophie, à Constantinople, si l'on fait abstraction des minarets dont les musulmans l'ont flanqucc lorsqu'ils en firent une mosquée, est la basilique byzantine la plus remarquable du vi'' siècle.

Les Arabes n'ont pas créé d'édifices, mais leur imagination vive, leur amour du faste et de la grâce, les ont conduits à découvrir des modifications ingénieuses de l'arc plein cintre. C'est aux Arabes qu'appartient l'application de l'ogive. Ce principe adopté, les architectes se sont exercés à varier sous toutes les formes l'intérieur de l'arc, soit en l'allongeant dans le sens de la hauteur, soit en multipliant les dentelures de la circonférence, dont les retombées élégantes sont â elles seules un ornement, soit en rapprochant les deux points de section de l'arc audessous de la ligne du centre, ce qui donne aux baies surmontées de ces sortes d'arcs, à peine ouverts à la hauteur du linteau, l'aspect de portes couronnées d'une rosace. Mais l'Arabe aime la parure. Ce sont au premier chef les ornements en relief des voûtes et des plafonds, les mille sinuosités tracées sur les parties planes, à l'aide de la pointe ou du pinceau, par des artistes au goût affiné, toujours en éveil, toujours fécond, qui donnent aux mosquées et aux palais arabes l'éclat et l'attrait. Le mot " arabesques '■ traduit mieux que ne saurait le faire une longue description le charme particulier de ces menus dessins, assez semblables aux broderies d'un tissu d'Orient.

Postérieures au x" siècle de notre ère, les églises chrétiennes de Russie se rattachent, par le plan, à l'architecture byzantine, et, par la profusion ou l'mcohérence des détails, aux Orientaux. Mais l'aspect général a de la lourdeur, et dans le décor se trahit l'excès.

C'est en Occident que fleurit l'architecture romane. Durant de longs siècles, elle n'a cessé de produire des monuments dont la majeure partie atteste le génie des maîtres d'œuvre. Ce n'est pas la croix grecque qu'ils adoptent, mais bien la forme allongée des anciennes basiliques romaines comportant le plus habituellement trois nefs, un transsept, un chœur et une abside. Le transsept accuse, à l'intérieur du moins, la forme de la croix. Nous disons à l'intérie ur parce que le transsept n'est pas toujours saillant sur les nefs à l'extérieur. L'abside se termine en sphère, en cône, ou par un mur droit. Dans certains cas, des chapelles rayonnantes partent du transsept, enveloppent le chœur et vont rejoindre l'abside. Tel est le plan dans ses lignes essentielles. Les clochers ou tours, autrefois juxtaposés aux façades des basiliques, feront corps désormais avec les façades nouvelles, sauf exception, et le portail comportera une riche décoration sculptée. La colonne, la base, le chapiteau, subiront des modifications diverses selon l'époque. Antérieurement aux croisades, le style se rattache à l'architecture latine; les croisades ayant mis la France en communication avec l'Orient, l'architecture byzantine influe sur le style roman. De là les édifices appelés romano-byzantins. L'une des caractéristiques principales du roman, c'est l'arc plein cintre employé dans la construction des voûtes, des arcades, des portes et des fenêtres. Très personnel, très original et riche, le style roman ne laisse pas d'être lourd. Une impression de force et de durée se dégage des monuments du moyen âge ; mais ce style vigoureux, puissant, a été supplanté en Occident par le style gothique, qui apparaît dès le xii" siècle.

L'expression « style gothique », appliquée à l'époque de la Renaissance pour définir le caractère des monuments du xii» au xvi« siècle, est impropre. Elle avait, dans l'esprit de ceux qui la mirent en circulation, le sens de « barbare " , terme méprisant et injuste, que les architectes, les écrivains du XVI» au xviii" siècle, ont employé pour qualifier une quantité considérable d'édifices que les hommes éclairés de notre temps apprécient à leur juste valeur. Aujourd'hui, l'épithète « gothique » n'a plus le sens amer qu'elle avait autrefois, et nous l'employons quand nous voulons parler de l'architecture ogivale.

Mais, avant que les constructeurs aient franchement adopté l'ogive, ils l'avaient en quelque sorte essayée dans des édifices où le plein cintre dominait encore. Certaines cathédrales nous permettent de juger de la pénétration du style gothique dans le style roman, pénétration timide au premier moment, puis peu à peu plus envahissante, et enfin absorbante. C'est alors que l'architecture romane est délaissée, et cède le pas à l'ogive.

Trois périodes, et pour ainsi dire trois styles, marquent les étapes de l'architecture ogivale. La première a une durée de deux siècles (xii* et xin'). On est convenu de définir les monuments de cette époque par les mots de "gothique à lancette ". Cette expression vise les fenêtres très étroites et très allongées que l'ogive aiguë qui les surmonte fait ressembler à un fer de lance. La deuxième période embrasse le xiv« siècle. C'est l'époque du gothique rayonnant. Là encore, ce sont les fenêtres, devenues très larges et terminées dans leur partie supérieure par des rosaces ou des quatre-feuilles, qui ont motivé la dénomination nouvelle. Enfin la troisième période s'étend du début du XV' siècle au milieu du xvi' siècle, et les édifices construits à cette époque sont dits de style flamboyant, les meneaux des fenêtres affectant, dans leurs contours compliqués, la forme de flammes.

Il va de soi que, pendant ces diverses périodes, les fenêtres n'ont pas été les seules parties des édifices qui aient subi de profondes modifications. Le plan général des églises, le nombre et l'emplacement des chapelles, exclusivement disposées autrefois autour du chœur, et bientôt groupées le long des bas-côtés, depuis le transsept jusqu'au portail, la forme de la colonne, la décoration des chapiteaux, et maint autre détail, diffèrent selon les époques dont nous venons de marquer les limites. Mais nous nous bornons ici à des indications générales.

Mais, dès le xv* siècle, un mouvement nouveau s'était manifesté en Italie. Ce mouvement, qui allait avoir sa répercussion en France, en Espagne, en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, a pris le nom de Renaissance.

Avec la Renaissance, l'architecture civile, très négligée durant les siècles précédents, va marcher de pair avec l'architecture religieuse.

La Renaissance se manifesta d'abord dans le décor des édifices bien plus que dans leur plan ou leur construction, mais les Grecs de Constantinople, émigrés en Italie vers le milieu du xv" siècle, exercèrent une pression réelle sur les architectes demeurés fidèles au style roman et au style ogival. La découverte des livres de Vîtruve acheva la réVoIution. L'antique eut toutes les préférences, et ce mouvement curieux, qualifié de Renaissance, consista, somme toute, en un retour subit vers l'art de l'antiquité, au mépris des tendances modernes, qui avaient trouvé leur expression dans des œuvres très personnelles. C'est ainsi qu'au lieu d'être un progrès, la Renaissance fut une halte, un arrêt général dont le bienfait peut être contesté. Pour la plupart

des architectes italiens, l'imitation de l'antique a été uno servitude. Bramante et ses émules tentèrent de réagir, mais Venise avait donné le branle. L'antiq^ue surchargé do décors, c'est-à-dire l'antique dénaturé, pittoresque, l'emporta sur ie style classique de Bramante et de Peruzzi.

Louis XII amena d'Italie l'architecte Fra Giocondo. Sous François I", Serlio et Vignole, très épris de Vitruve et de Palladio, portèrent le dernier coup à l'art ogival. Le style italien triompha. Chantilly, Ecouen, Chenonceaux, datent de cette époque, de même que Cliambord, dont l'architecte, Pierre Nepveu, ne consent pas sans regrets visibles à délaisser le style gothique. La lutte de l'art classique contre l'art ogival est plus ardente encore en Espagne qu'elle ne l'est en France; mais, avec Philippe II, c en est fait de l'architecture en honneur depuis de longs siècles. Le palais de l'Escurial marque le triomphe du style classique. L'Angleterre n'échappe pas à l'engouement qui s'est emparé de toute l'Europe. Inigo Jones, sous Jacques P', est un classique. L'AlIemagire, qui avait fourni pendant le moyen âge plus d'un architecte éminent à l'Italie, subit à son tour l'influence dos Italiens, et l'art national de ce peuple disparaît. Dans ce mouvement de réforme, la Suisse cède sans résister à l'influence allemande. Ses maîtres, peu nombreux d'ailleurs, n'ont pas autorité pour réagir.

A cet exposé, si rapide qu'il soit, nous devons ajoufer quelques lignes d'appendice sur les monuments de l'Inde, de la Chine et du Japon. Il va de soi que la Renaissanip italienne n'est plus en cause. Les plus anciens édifices de l'Inde semblent remonter au vin* siècle de notre ère. Les palais, les portes de cités, n'ont pas moins d'importance chez les Hindous que les tombeaux ou les temple^. Un certain nombre de sanctuaires sont souterrains, mais la plupart ont été construits à ciel ouvert. Des toits pUiK recouvrent les pag-odes et permettent de superposer -les étages selon la richesse ou la popularité du temple. Quelques traces des traditions égyptiennes se font jour dans l'Inde, mais les architectes de ce pays ont très rapidement imprimé le sceau de leur personnalité sur les édifices sortis de leurs mains. C'est ainsi, pour ne relever qu'un détail, qu'ils substituent aux deux tours placées par les Egyptiens de chaque côté des portes de villes, une tour unique qu'ils posent en forme de beffroi, non sans quelque hardiesse, sur le sommet de la porte.

Si nous exceptons la arande muraille et les ponts gigantesques, toujours cités lorsqu'on parle de la Chine, on peut dire que cette nation n'a pas, à proprement parler, d'architecture. Ses arcs de triomphe très nombreux, ses pagodes, ses habitations, affectent invariablement la forme d'une tente. Les agglomérations d'édifices ont l'aspect d'un bivouac. La maison chinoise, construite en b^us et en briques, avec une seule ouverture et ses revêtemei; : s en porcelaine, a la fragilité d'un abri éphémère. La silhouette générale en est sans grâce et sans style.

Il semblerait, à entendre nos contemporains vanter l'art du Japon, que cette contrée dut avoir des monuments d un caractère particulier. Il n'en est rien. Le voisinage de la Chine a visiblement influé sur la construction des palais et des temples des Japonais. Ici et là, c'est, à peu de chose près, le même aspect, les mêmes profils élégants dans leur maigreur et trop contournés pour que leur caractère s'harmonise avec notre goût.

Nous bornons à ces détails le tableau général de l'architecture. On trouvera sous le nom de chaque peuple l'exposé plus complet des styles propres à chaque région.

— BiBLiOGR. : Perrot et Chipiez, Histoire de l'art daîis l'antiquité (Paris, 1884) ; Vitruve, De architectural Daremberg et Saglio, Dict. des antig. grecques et romaines (Paris, 1877); W. Lubke, Essai ahistoire de l'art (Paris); Hiibsich, Monuments de l'architecture chrétienne depuis Constantin jusqu'à Charlemagne (Paris, 1866); Texier, l'Architecture byzantine en Orient (Londres, 1864); Girault de Prangey, Essai sur l'architecture des Arabes et des Mores en Espagne, en Sicile et en Barbarie; A. de Caumont. Cours d'antiquités monumentales (1831) ; Révoil, l'Architecture romane dans le midi de la France ; Saint- Paul, Histoire monumentale de la France; Palustre, la lienaissance en France; E. Miintz, la Renaissance en France et en Italie (Paris, 1885); Rouyer, l'Art architectural en France; ViolIet-le-Duc, Dictionnaire de l'architecture du xi" au XVI* siècle (Paris, 1861).

Architecture (Traité d'), par Vitruve. Cet ouvrage, que l'auteur écrivit dans un âge avancé, et qu'il dédia :i Octave après que celui-ci eut pris le nom d'Auguste (27 ans av. J.-C), est intitulé en latin : De architectura. Il traite de l'architecture en général, des premières constructions des hommes, des matériaux propres à la bâtisse, de l'extraction des pierres, de la coupe des bois de construction, des différentes espèces de temples, des quatre ordres d'architecture en général, et particulièrement de l'ionique. Un livre spécial est consacré au forum et aux diverses sortes d'édifices publics : basiliques, trésor public, prison, hôtel de ville, théâtre, promenoirs couverts, bains, palestres, xystes, ports et constructions hydrauliques. L'édition pfinceps du De architectura a été publiée en i486, par J. Sulpitius. Parmi les traductions françaises, ,nous citerons celle de Maufras, en 1847.

Architecture (Règles des cinq okdees d'), ouvrage de Jacopo Barozzio, plus connu sous le nom de Vignole. Cet habile architecte, profondément épris de l'art antique, entreprit, dans les dernières années de sa vie, de réduire les principes de l'architecture en règles d'une application facile. Il crut pouvoir déterminer d'une façon mathématique les proportions qui doivent exister entre les différentes parties des édifices, et il les établit, pour chacun des ordres, d'après les monuments les plus estimés de l'Italie. Il fit donc constamment choix des ordres antiques, et n'apporta, do sa part, que la distribution des proportions fondées sur des nombres simples, sans se servir de brasses, de pieds et de palmes d'aucun pays, mais seulement d'une mesure arbitraire, tirée de l'ordre lui-même, et appelée module. Cette mesure est le demi-diamètre de la colonne partagée en douze parties égales pour le toscan et le dorique, et en dix-huit pour l'ionique, le corinthien et lo composite. Vignole ne s'est jamais écarté des grandes proportions, comme du double, du tiers, du quart ; c'est ce qui rend ses ordres si faciles à exécuter. Si Vignole s'est éloigné quelquefois des originaux de l'antiquité, il ne l'a fait qu'avec une extrême réserve. La traduction que Ch. Normand a donnée en 1827, sous ce titre : le Vignole des architectes, est généralement préférée.

Architecture {Traité d"), Trattato di architcttura, ouvrage duns loquol Audroa Palladio, un dos plus ccléljrus architoctns italifMis du xvi" siôclo, a établi les rùtrlos di; son art, on pronaiU jMjur modules los monuments do Tantiquitô roniaino. L'iidluoiico que Palladio a oxorcôo sur l'architocluro au xvi" et au xvii" siôclo a été considéralilo : los édillces qu'il a ôlovôs ont Ôt6 rùputûs comme dos cliofsd'teuvro do goût, ot sos écrits ot ses plans ont guidé pondant lonjjlem^s les architoctos do l'Kuropo occidontalo.

Lo Traité d architecture a été publié, pour la prcniiùro fois, i Voniso on 1570, dix ans avant la mort do l'autour. Il a été traduit plusieurs fols en français; nous signalerons l'édition dans laquelle Chappuy, A. Corréard ot Albert Lenoironl réuni los Œuvres complètes de Palladio (1825-1812).

Arcliitecture {livrks sur l'), par PbiIil)ort do l'Ormo, célèbre architocto du xvi» siècle. Los neuf premiers livres, formant un Traité d'architecture complot, furent publiés en 1568; les doux autres avaient paru on 1^61 sous le titre do : Nouvelle Invention jyour bien bâtir à petits frais. Los onzo livres furent réunis on un m6me corps d'ouvrage

?ublié en 1G26 ot intitulé : « Architecture de Philifjcrt De Oiine, conseiller ot auraosnior du roy et abbé do Saint- Sergo-ioz-Angors, œuvre ontiôro trùs utile pour tous architectes ot mafstres au dit art usans do la règle ot compas. »

Arcliitecture monastique, ouvrage d'Albert Lonoir (1852), laisaiK partio de la Collection des donimt-nls i/tétlils aur i/iisfiurr de l'rancf. L'auteur y a retracé les dillercntos pliasos du dùvoluijponiout ot de la décadence do l'architecture monastique. Cet art no date, d'après lui, (juo du vi" siècle, époque oiï la règle établie par saint Benoit détermina la direction qu'on devait suivre dans la vie en commun. A partir de ce moment, les plans généraux des monastères furent tracés avec ordre : l'église, placée convenablement, domina l'onsemblo des bâtiments; toutes los dépondano-s de la maison religieuse se groupèrent autour de ce contre, de manière à faciliter les divers services, à ne pas nuire a la circulation générale, à rapprocher entre elles les . Miistructions qui s'élevaient pour une destination ana- Im^mio. Ces dispositions varièrent, du reste, suivant les heux, suivant les besoins ou les ressources des religieux ou des fondateurs, et l'importance du monastère.

Architecture (Ecole libre d'). L'Ecole libre d'architecture a été fondée à Paris en 1865, par Trélat, architecte. Elle so place à côté de l'Ecole des beaux-arts, comme nant une instruction professionnelle plus pratique et étant moins liée à la tradition classique. L enseignement est réparti en trois années. L'Ecole ne reçoit que des élèves externes. Ils ne sont admis qu'après avoir subi des épreuves comprenant une composition do style et do rédaetion, un dessin d'après un ornement en relief, un dessin (plan, coupe et élévation) d'un éditice d'après un croquis coté, ot répondu à des questions orales sur l'arithmétique, la géométrie, la trigonométrie, la géométrie descriptive, la géographie et Inistoire.

ARCHITECTURER V. a. Construire. (Vieux.)

ARGHITECTURISTE (riss) a. m. Peintre d'architecture.

ARCHITHÉORE (du gr. archos, chef, et de théore) n. m. Chef de toute députation solennelle qu'on envoyait dans un lieu quelconque, notamment à Delpnes, pour consulter un oracle ou pour assister à des jeux publics ou à toute autre fête nationale.

ARCHITRAVE (du gr. archos, principal, et du lat. h-abes, poutre] n. f. Arcliit. Partie de l'entablement complet qui jiorte immédiatement sur les chapiteaux des colonnes ou autres points dappui.

— Architrave mutilée. Celle dont les plates-bandes ont été arasées ou supprimées, n Architrave coupée, Celle qui

ARCHITECTURER

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