‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 394 sur 828 · ARCHONTES — ARCTIQUE · texte numérisé non relu

ARCHONTES — ARCTIQUE

choisis parmi Jes eupatrides ou nobles. Mais la constitution de Soion reudit l'archontat égalemeot accessible aux riches, eu eu faisant le privilège de la première classe de citoyens, qui comprenait tous ceux dont le revenu était le plus considérable. Après les guerres médiques, Aristide lit passer un décret qui rendait toutes les charges publiques, même celles d'archonte, accessibles à tous les citoyens. Les archontes étaient tirés au sort (un par tribu), et leur personne était sacrée tant qu'ils étaient en fonction. A leur sortie de charge, ils rendaient compte de leur administration devant l'assemblée du peuple, et entraient alors de droit à l'aréopage, s'ils n'étaient l'objet d'aucune accusation. L'archontat perdit de son importance vers la lin du v* siècle av. J.-C, à mesure que grandissait le pouvoir des stratèges ; mais l'institution subsista encore lonj^emps, et des archontes sont mentionnés à Athènes jusqu'au V siècle de notre ère.

— BiBLiouK. : Hauvette, De Archonte Rege (Paris, 1894) ARCHONTES [kon) n. m. pi. Nom donné par la secte

gnostique des archontiques aux êtres surnaturels qu'ils croyaient avoir présidé à la création du monde.

ARCHONTIQUE {kon) n. m. Membre d'une secte gnostique du 11* siècle, issue de celle des valenlinîcns. LTes archontiques prétendaient que chacun des sept cieux avait été créé par un créateur particulier qu'ils nommaient archonte (chef) ; ils rejetaient les sacrements et niaient la résurrection, les puissances célestes ayant besoin des âmes pour leur nourriture. Ils regardaient les femmes comme une création du diable.

ARCHURE {rad. arche) n. m. Espèce do tambour circulaire ou polygonal qui entoure chaque meule d'un moulin à farine pour prévenir les pertes.

Archttas de Tarente, philosophe pythagoricien, né à Tarente, contemporain et ami de Platon. Ce philosophe fut à la fois mathématicien, astronome, homme d'Etat et général. Ses concitoyens le placèrent sept fois à la tête de leur gouvernement. Il périt dans un naufrage, sur les côtes de la Fouille. Ou le croit l'inventeur de la vis, de la poulie, de la crécelle, ainsi que l'auteur de plusieurs découvertes en géométrie.

La célèbre colombe volante, dont l'antiq^uité lui attribuait la construction, était sans doute une sorte d'automate analogue à ceux de Vaucanson. Archytas avait composé un grand nombre d'ouvrages : ily distinguait soigneusement entre Topinion et la raison, et il subordonnait la recherche des causes à celle de l'essence.

Horace lui a consacré une ode.

ARCHYTÉE n. f. Genre de ternstrœmiacées, comprenant dos plantes ligneuses, à fouilles toujours vertes, croissant dans l'Amérique du Sud et l'archipel Indien.

Arcidosso, ville d'Italie, prov. de Grosseto (ancien duché de Toscane) ; 6.750 hab. Lainages et étoffes.

ARCIFÈRE (du lat. arciLS, arc, et ferre, porter) adj. Qui porte un arc. Surnom do plusieurs divinités, telles que Cupidon, Diane, Apollon.

— Substantiv. h'arcifêre. Le Sagittaire, un des douze signes du zodiaque.

ARGIFORME (du lat. ar'ciis, arc, et de forme) adj. En forme darc.

ARCILIÊRESn. f. pi. Pièces de bois cintrées et tournant sur place, qui entrent dans la construction d'un bateau foncet. — Une arcilière.

Arcimboldz, célèbre famille milanaise originaire do Parme, qui donna plusieurs archevêques à l'Italie.

Arcimboldi, peintre italien, né à Milan en 1533, mort à Prague en 1593, fut choisi à cause de son talent de portraitiste, pour être le peintre des empereurs Maximilien II et Rodolphe. Il excellait à composer avec des objets divers des esquisses qui, vues à distance, ressemblaient à des figures numaines. C'est ainsi qu'il peignit une Agriculture composée de manches de charrue, de cribles, de faux et d'autres instruments aratoires.

ArCIS-SUR-AUBE, ch.-lieu d'arrond. (Aube), sur VAube, à 28 kil. deTroyes; 2.804 Ivdh. {A rcisiens, e7ines.) Ch. de f. Est. L'Aube v devient navigable et contribue à y faire arriver les produits agricoles, acheminés ensuite à Paris, par la Seine.

Fabrication de bonneterie, rilatures de coton, commerce de fils d'archal et d'ouvrages en fer, tanneries, carrières de meules pour les couteliers.

Patrie des conventionnels Courtois et Danton, — L'arrond. d'Arcis-sur- Aube a 4 cant., 93 comm., 28.259 hab.

Le canton du même nom a 22 comm.

et 8.408 hab.

— Histoire. Le château d'Ar'cis a une histoire dès l'époque mérovingienne; Brune haut y séjourna; puis, au XVI» siècle, Diane de Poitiers, lia été reconstruit au xviii» siècle. Quant à la ville même, bâtie sur l'emplacement d'une ville très ancienne, et convertie de bonne heure au christianisme, elle tut saccagée et brûlée par les reîtres au xvr siècle. A la suite d'incendies qui la détruisirent en 1720 et 1727, elle fut reconstruite sur un plan plus régulier. Le 20 mars 1814 fut livrée sous ses murs une sanglante bataille, dans laquelle Napoléon tint tête, avec 23.000 soldats, aux 90.000 Autrichiens de Schwarzenberg. Cette bataille, où les troupes françaises, dirigées par Napoléon, Ney, Friant, Sébastiani, etc., firent des prodiges de valeur, finit avec le jour, à la lueur d'un incendie qui dévora le tiers de la ville. Napoléon en sortit vainqueur, mais s'empressa de mettre l'Aube entre ses adversaires, beaucoup trop nombreux, et sa petite armée. Ce fut la dernière bataille qu'il livra dans son admirable campagne de France.

Arcis (Marc), sculpteur français, né à Mou2ens (Taru^ en 1652, mort àTotdouse en 1739. Elève de Rivalz, il fitplu-

d'ArcÎB- sur- Aube,

sieurs figures etdesrases pour le palais de "Versailles, et fut appelé à Pau pour y exécuter une statue de Louis XIV. En 1684, il fut nommé membre de l'Académie.

Arcitenens, nom latin de la constellation du Sagittaire.

ArcklOW, ville d'Irlande. V, Arklow.

ARCO (mot ital. qui signifie archet) n. m. Mus. Mot qui sur une partie, indique qu'il faut reprendre l'archet qu'on avait quitté pour exécuter un pizzicato. 11 On dit aussi coN l'arco, avec l'archet.

— Mar. Nom sous lequel les Phéniciens désignaient leurs vaisseaux de guerre.

— Techn. V. arcot.

Argo (ou Arch en allemand), ville du Tyrol autrichien (gouv. d'Inspruck), sur le Rio Sarca, tout près du lac de Garde; 3.780 hab. Carrières de marbre ; huile, soie et fruits. Station d'hiver de plus en plus fréquentée.

ArcO (Jean-Baptiste-Gérard r>'), publiciste et homme d'Etat italien, né à Arco (Tyrol) en 1739, nlort en 1791, Intendant impérial à Mantouè, il y créa une école d'agriculture et plusieurs établissements utiles. Outre divers travaux d'érudition et de littérature, il a écrit de nombreux mémoires d'économie politique, où il demande l'abolition du droit d'aînesse, la tolérance religieuse, le libre échange, etc.

Arcole, comm. d'Italie (Vénétie), prov. de Vérone, sur l'Alpone, affl. de l'Adige ; 3.100 hab.

— Histoire. Bataille livrée aux Autrichiens d'Alvinzy par Bonaparte, les 15, 16 et 17 novembre 1796, et terminée par la victoire des Français. Pour enlever à ses adversaires, au nombre de 40.000, l'avantage du nombre, Bonaparte se jeta, avec ses 14 ou 15.000 hommes, dans des marais traversés seulement par deux chaussées, parvint à faire quitter au général autrichien sa redoutable position sur les hauteurs de Caldiero, et, après lui avoir enlevé sa confiance dans le succès, balaya les digues, et remporta la victoire après soixante-douze heures de lutte. Augercau, Lannes, Masséna, secondèrent dignement Bonajiarte, qui, le 15 novembre, entraîna lui-même ses troupes sur le pont d'Arcole, un drapeau à la main. Los Conseils déclarèrent que l'armée avait bien mérité de la patrie, et firent don à Bonaparte et à Augeroau, pour être conservés dans leurs familles, des drapeaux qu'ils avaient portés sur le pont d'Arcole.

Arcole, nom attribué à un jeune homme qui, le 28 juillet 1830, portait un drapeau, et, au moment où une colonne de citoyens s'élançait, au milieu d'une grêle do l)alles et de mitraille, sur le pont suspendu conduisant do l'île de la Cité à la place de Grève (Paris), se serait écrié : " Mes amis, si je meurs, souvenez-vous que je me nomme Arcole », ou aurait prononcé une phrase évoquant le souvenir du pont d'Arcole (Italie). Il tomba mort, et le pont reçut le nom d'Arcole après la victoire ; mais ce nom ne figure pas parmi ceux des morts inscrits sur la colonne de Juillet, ce qui a fait mettre en doute cette légende.

ARÇON (du lat. arcus, arc) n. m. Chacune des deux pièces de bois qui servent à faire le corps de la selle d'un cheval : Arçon de devant, de derrière. V. selle.

— Etre ferme dans ses arçons, sur ses arçoJis, Se tenir bien en selle, ii Fig. et fam. Etre ferme dans ses principes, dans ses opinions, les soutenir avec vigueur.

— Perdre, vider les arçons. Tomber de cheval. 11 Fig. et fam. Demeurer embarrassé, déconcerté, interdit.

— Se remettre dans ses arçons, sur ses arçons. Remonter à cheval, n Fig. et fam. Se rétablir après une maladie, une perte, un accident.

— Se prend quelquefois pour le pommeau de la selle et pour les fontes do la selle. 11 Pistolets d'arçon. Pistolets destinés à être mis dans chacune des deux fontes.

— Açric. Sarment de vigne q^ue l'on courbe en cercle pour lui faire produire plus de truit.

— Techn. Instrument en forme d'archet, servant aux artisans qui travaillent le poil, la laine, le coton, pour diviser les matières et en séparer les parties étrangères : Les matières que l'on travaille avec Tarçon sont les bourres végétales et animales, propres à la filature et au feutrage.

Il Sorte d'archet dont se servent les marbriers et les ouvriers stucateurs.

Arçon (Jean-Claude-Eléonore Le Michacd d'), officier général du génie, né à Pontarlier en 1733, mort à Paris en 1800, inventeur de batteries flottantes, insubmersibles et incombustibles, destinées à l'attaque de Gibraltar en 1782, qui ne produisirent pas l'effet attendu, par suite de la jalousie et du mauvais vouloir des autres officiers. Pendant les guerres de la Révolution, d'Arçon fut souvent consulté par le Comité de Salut public et par le Directoire. On fui doit des ouvrages estimés sur diverses parties du génie militaire.

ARÇONNAGE n. m. Action d'arçonner; résultat do cette action ; Z.'arçonnage du poil pour le feutrage, du coton pour la filature.

— En T. d'agric. Opération qui consiste à courber en arc un sarment de vigne pour le rendre plus productif.

ARÇONNER v. a. Battre, nettoyer avec l'arçon : Arçon- NER le poil, la laine, le colon.

— En T. d'agric. Faire à la vigne l'opération appelée arçonnage.

ARÇONNEUR, EUSE n. Celui, colle qui travaille le poil, la laine, le coton, avec l'arçon : Les arçonneurs sont exposés aux émanations dangereuses du mercure et des acides que laisse échapper le poil arçonné. (Lenorm.)

ARÇONNIER (ni-é) n. m. Fabricant d'arçons. Celui qui garnit et orne les arçons d'une selle. V. sellier.

ArconSAT, comm. du Puy-de-Dôme, arrond. et à 16 kllom. de Thiers, près de la Durolle, affl. de la Dore ; 1.1 G5 hab.

Arcos (don Rodrigue Ponce de Léon, duc d'), vice-roi de Naples pour l'Espagne (1646), écrasa le peuple d'impôts exigés par le gouvernement espagnol. Les exactions auxquelles se livrèrent ses agents provoquèrent la fameuse insurrection dont le pêcheur Masaniello fut le chef (1647). Contraint de céder aux exigences du peuple, le duc accorda tout ce que l'on demandait ; droits égaux pour le peuple et pour la noblesse, abolition de tous les impôts, etc. Masaniello fut porté tout à coup des derniers rangs du peuple au rôle de dictateur, mais une réaction habilement

préparée par le duc renversa celui qui avait un instant été l'idole du peuple. Le duc d'Arcos fut remplacé par don Juan d'Autriche en 1648, et disparut de la scène politique.

Arcos de la FrontERA, ville d'Espagne (Andalousie), prov. de Cadix, ch.-l. de district, sur le Guadalete ; 16.200 hab. Elève de chevaux; tanneries et mégisseries, district : 36.100 hab.

' — du lat, arcus, arc, et solium, urne

Nom donné à une forme de tombes

vent dans les catacombes chrétiennes.

Areoâuiiu

— Pop.

ARCOSOLIUM (o pour les morts) n. i qui se rencontre so' mais dont on atrouvé des spécimens dans des sépultures d e l'antiquitf classique et orientale,

— Encycl. L'arcosoliiuit consiste en une nicho , creusée dans le tuf ou le roc, dont la partie supérieure forme une voùto cintrée, souvent décorée de peintures. Dans les inscriptions chrétiennes, l'orthographe du mot varie; on lit : arcosoliu7n, arcusolium, arcisolium. Des témoignages anciens, notamment celui du poète Prudence, laissent

ARCOT {co) ou ARCO n. m. Chez les fondeurs. Parties de métal tombées ^ans les cendres, au moment de la coulée, et d'où on les relire en criblant ces cendres.

Arcot ou Arcate, ville de l'Indoustan (présidence de Madras), sur le fleuve cùtier Palar ; lo.TOO liab. Prise par les Français en 1751, elle tomba, en 1760, au pouvoir des Anglais, qui la possèdent définitivement depuis 1821. — Nom de deux districts de l'Inde méridionale, sur les bords du golfe du Bengale ; le district Nord, ch.-l. Tchittour, est peuplé de 2. 180. 000 hab.; le district Sud, ch.-l. Caddalore, en compte 2.169.000.

Arcs (Les), comm. du Var, arrond. et à 10 kilom. de Draguignan, sur le riou des Ai-cs, près de l'Argens ; 2.532 hab. Ch. do f. P.-L.-M. Aux environs, source minérale ferrugineuse.

Arc-SOUS-CICON, comm. du Doubs, arr. et à 24 kil. de Pontarlier, sur un plateau du Jura; 945 hab. Taillanderies; belles sources.

Arc-su R-TDLLE, comm. de la Côte-d'Or, arrond. et à 13 kilom. de Dijon, sur la Tille, sous-affl. de la Saône par la Norges ; 1.000 hab. Carrières de marbre ; grains, fourrages, bestiaux.

ARCTATXON {si — lat. arctatio, de arctus, étroit) n. f. Méd. Syn. rétrécissement.

ARCTIA (du gr. arktos, ours) n. f. Genre de lépidoptères bombycines, renfermant de petites espèces de couleurs peu brillantes, et dont les chenilles sont couvertes de poils courts et raides. Les quelques espèces du genre habitent l'hémisphère boréal : arctia menthastri. \\ Petit papillon blanchâtre à corps jaune, chenille brun foncé : arctia urticce, sur les orties (France).

ARCTiCTis {ctiss) n. m. Syn. de benturong.

ARCTION {ksi) ou ARCTIUM [ksi-om') [du gr. arktos, oursj n. f. Bot. Syn. de bérardia.

ARCTIQUE (gr. ai'kfikos, de arktos, l'Ourse, constell.) adj. Septentrional : Le hurle habite les contrées arctiques des deux mondes, n Se dit particulièrement du cercle du pôle Nord, des terres qui sont situées dans l'intérieur de ce cercle.

— Anton. Antarctique, austral, méridional.

ARCTIQUE (océan Glacial), ensemble des mers situées dans la partie boréale du globe, et limité par les côtes septentrionales de l'Asie, de l'Amérique et de l'Europe, ainsi que par le cercle polaire (65*' 3û' de lat. N.).

— Encycl. Cet océan polaire communique avec le Pacifique par le détroit de Bering ; avec l Atlantique par la mer de Lesseps (entre la Norvège et le Groenland) et par le détroit de Davis. Sa superficie est évaluée approximativement à 15.300.000 kilom. carr. On distingue dans l'océan Glacial arctique un certain nombre de parties secondaires ; ce sont : la mer de Lesseps ; la mer de Barentz (entre le Spitzberg à l'O., la Nouvelle- Zemble à l'E., l'archipel François-Joseph au N., et la côto de Norvège au S.) ; la mer de Kara (entre la Nouvelle- Zemble et la côte de Sibérie) ; la mer de Nordenskjœld (entre la presqu'île de Taimour et l'archipel de la Nouvelle- Sibérie) ; enfin, la mer de Baffin (entre la terre de Baffin et le Groenland). Cette dernière communique avec le détroit de Bering par la série de chenaux dont l'ensemble constitue le passage Nord-Ouest, mais ce passage n'est pas accessible aux navires, car il demeure sans cesse barré par les glaces. Il n'en est pas de môme du passage Nord-Est, qui peut, dans les années favorables, permettre à des navires partis des ports de l'Atlantique de gagner le détroit de Bering et le Japon. Le régime général des eaux polaires n'est pas encore bien connu ; il semble cependant Que les courants chauds de l'équateur (Gulf- Streara) aboutissent dans l'océan Glacial par le nord de l'Atlantique, entre la Norvège et le Spitzberg; les courants froids du pôle s'écoulent par le canal de Smith, et, plus à l'O., dans les nombreux détroits de l'archipel polaire de l'Amérique, pour se donner rendez-vous dans la mer de Baffin ; enfin, un courant parti des environs du détroit de Bering traverse des régions encore inexplorées pour aboutir dans l'Atlantique le long de la côte orientale du Groenland. L'abaissement de la température a pour conséquence la formation des glaces. Le champ de glace (pack) varie dans son étendue, selon les différentes saisons de l'année ; sa surface présente une immense oscillation, qui imprime à la g:lace un mouvement lent et régulier de nausse et de baisse, appelé « houle w. De là se détachent des glaces considéranles, qui, lors de la débâcle surtout, descendent des parages du Groenland septentrional jusque vers Terre-Neuve, dont les abords orientaux prennent alors l'aspect des mers arctiques. Des icebergs y arrivent aussi des glaciers de la Terre Verte. A la même époque, la banquise devient relativement pé-

DÔtrablo, mais aucun ilos faits constatas no pormot do croire à. l'cxistouco do la mer libre généralo autour tlu p61o.

On a fait pou do sondages dans l'ocôun Arctique ; un peut dire, toutefois, que la profondeur du dôtroit do Boriii^' est à peino de 50 m. ; et que celle dos mors baignant lo littoral des toundras sibériennes est pou considt^rablo {2« m. à 250 kilom. du riva^jo) ; entre le ypiizborg, la ÎSuuvollo- Zomblo et l'arcliipol François-Josopn, elle iio dt-passo pas 5ÛU m. ; et, sur los 200 kilom. séparant l'iln aux Ours dn Spitzberg, elle varie de 50 à 325 m. Au N. du .Spitzborg-, du côté occidontal,on a trouvé dos profundeurs di; l.ooo m., et do plus do 2.800 m. entre l'Islande et le Groenland. Do ce côto comme do l'autre du Groenland existe une dépression considérable, isolant complùtomont la Terre Vorto du continent américain, au N. duquel certains sondages ont donné do 36 ù. 55 m.; d'autres (au N. du canal Kennody) 130 m. de profondeur. Enfin, los rochorchos de Nanson ont montré, au N. do toutos los terres arctiques ouropéonnoa et asiatiques, l'oxistonco d'une moraux grandes profondeurs.

L'océan Glacial ost loin de présenter partout une température égale ; prôs de la Nouvello-Zemblo, la température est trOs inc^onstanlo. Dos bourrasques do neige ot un froid terrible alternent avec uno magnitiquo sérénité du ciol, ot les modillcations de la température y sont extrêmes. Los eaux de la côto occidentale du Groenland sont relativement tiôdes ; la mer gèle peu sur lo littoral qu'elle baigne, ot le climat est, en moyenne, de 5" plus chaud q^uo sur les rivages tournés vers l'E. Il est donc impossible de donner dos renseignements généraux à cot égard sur los mers glaciales arctiques ; los données diffèrent avec los localités.

Arctiques (terres). Od désigne sous co nom, dérivé du mot grec ai'/dos (Ourso), les terres comprises à l'intérieur du cercle polaire arctique, abstraction faite des quelques parties de l'ancien et du nouveau monde qui s enfoncent plus avant vers le N. On est loin do connaître encore l'espace entier compris entre cette ligne idéale (66° 32' 30'') et le 90° lat. N., car Nanson, dans lo hardi voyage qui l'a fait s'avancer plus loin vers lo pôle qu'aucun autre explorateur, n'en est parvenu qu'à -100 kilom.; il est donc impossible d'affirmer (bien que la chose paraisse vraisemblable) qu'aucune terre n'existe plus au N.

Les terres arctiques comprennent un grand archipel au N. do l'Amérique, le Groenland, des archipels de moindre étendue situés au N. de l'Europe et do l'Asie. Co sont des terres à peu près complètement stériles et inhabitées, dans lesquelles ne doit point être comprise l'Islande, qui touche à peine par un cercle polaire boréal.

Dans la partie de l'océan Glacial Arctique qui constitue vers lo N.le prolongement de l'Atlantique, 1 île do Jau- Mayon attire seule Fattention. Plus à l'E., c'est le grand arcïiipel du Spitzberg, délimitant avec les terres François- Joseph plus septentrionales, la Nouvelle-Zemble et les côtes européennes do la Russie, la mer de Barentz. L'archipel do la Nouvelle-Sibérie et la terre do Long, découverte à uno altitude plus septentrionale par la Jeannette. voilà ce qui existe au N. de l'Asie, avec la terre doWrangel située un peu à l'O. du détroit de Bering, près de l'entrée de l'océan Glacial. — Aussi rares sont les terres arctiques au N. de la Sibérie, aussi multipliées sont-elles au N. do l'Amérique, à l'E. du delta du Mackenzie. Là se développe, jusqu'aux mers de Davis, de BafHn et aux détroits plus septentrionaux qui le séparent du Groenland, un immense archipel glacé, fractionné par une infinité de détroits, et dont la terminaison septentrionale est encore inconnue. Les terres de Banks, Wollaston, du Prince-Albert, Victoria, du Prince-de-Galles, de Baffin, etc., se développent immédiatement au N. des côtes américaines; l'archipel Parry, le Nord-Devon sont plus septentrionaux encore ; enfin correspondant aux côtes plus orientales de Groenland occidental, c'est l'avant-^arde extrême des terres arctiques (terres Ellesmere, Gnnnell, Grant), se prolon-

feant jusque vers le 83» lat., comme l'immense île glacée u Groenland qui sépare, bien avant même du cercle polaire arctique, l'océan Atlantique proprement dit de ses dépendances les plus septentrionales.

Toiles sont les terres boréales connues; elles demeurent l'année presque entière, ou même entière, ensevelies sous los neiges, entourées do champs do glaces, avec lesquelles elles se confondent parfois. C'est à peino si le brillant soleil de leur court été parvient à faire fondre la couche do neige glacée dont le sol est recouvert. Bientôt, d'ailleurs, revient la longue nuit de l'hiver arctique, modifiée seulement par los phénomènes météorologiques (aurores boréales, etc.), qui viennent éclairer la demiobscurité habituelle de ces contrées. Quant au froid, il sévit avec une intensité telle que l'humidité contenue dans l'air se condense sous la forme d'un brouillard épais, bientôt converti lui-même en aiguilles de glace flottant dans l'atmosphère.

De telles conditions climatériques sont loin d'être propices pour les études scientifiques ; aussi peu de contrées arctiq^ues sont-elles encore connues à cet égard. U faut toutelois noter que le Spitzberg a été exploré sérieusement au point do vue géologique, et, avec lo Groenland, (où ont été faites dos découvertes paléontologiques d'une extrême importance) est la contrée polaire dont le sous-sol est le mieux connu. Là aussi ont été faites des observations sur los glaciers ; enfin, les météorites du Groenland occidental ont été l'objet d'études approfondies.

Lo règne végétal, pauvre et chétif, no présente qu'un

fietit nombre d arbrisseaux rabougris (pins, mélèzes, boueaux ot saules, atteignant à peine quelques pieds de hauteur). Pendant lo court été arctique, certaines plantes phanérogames se développent avoc uno rapidité surprenante : dos renoncules, des anémones, des saxifrages, un pavot à corolle jaune, le précieux cochléaria, et diverses espèces d'oseilles. Quant aux cryptogames : fucus, mousses ot lic/iens, champignons ot fougères, elles abondent. Uno de ces cryptogames, le Uchenus rangiferus, sert do nourriture aux renues et aux Esquimaux, qui le font bouillir et le convertissent en une espèce de pain grossier.

La faune ost plus riche et plus variée. Les bêtes à fourrures sont nombreuses (ours blancs, loups, renards bleus ou isatis et argentés), et on rencontre également les rennes, les daims et les bœufs musqués. Si les oiseaux entomophages et granivores sont très rares dans los régions polaires, par contre l'air est quelquefois obscurci par d'innombrables oiseaux de mer, tels que goélands, mouettes, pétrels, labbes, etc. Chaque année, des légions

do canards, d'oies, d'eiders, do pluviers, do combattants, do lagopèdes, etc., viennent s'abattro sur les rivages, et s'en rotournont aux approches du froid. Les mers arctiqucH sont admirablement peuplées : zoophytos ot crustacés al)oudcnt ; los seiches, les actinies, los biphoros, etc., servent do proie à do nombreux cétacés, parmi lesquels il faut moiitioonor la baloino, lo cachalot, le gibbar, lo narval et lo dauphin. Plusieurs espèces do phoques, des poissons do toutos sortes, et surtout d'innombrables légions de liarongs doivent être encore comptés parmi les habitants permanents ou temporaires dos mers arctiques.

Au N . de l'Europe et de l'Asie, los archipels sont inhabités ; à peine quelques tribus samoyèdes crrent-ollos accidentellement dans los îles do la Nouvello-Zemblo, cl quelques Tchouktchis dans celles de la Nouvollo-Sibcrie. Les Esiiuimaux ou Innouits des solitudes septentrionales du Dominion canadien passent aussi parfois sur les terres do l'arciiipol glacé situé au N. do l'Amérique. Mais soûl, on réalité, le Groenland est peuplé, et non seulement au S. mais aussi au N. du cercle polaire. Sur la côto occidentale do cette grande terre sont échelonnés les établissements danois de Julianshaab, Godthaab, Godhaven ; enfin, Upernivik, la colonie la plus septentrional© du monde, située par 72"50' lat. Les Esquimaux se rapprochent plus oncoro du pôle ; on en a rencontré jusqu'aux abords du 80«.

Les Danois sont los seuls Européens qui aient tenté de constituer quelques villages ou hameaux dans los terres polaires isolées des continents ; mais la pêche occupe chaque été, dans les régions boréales, de nombreux navires dont les bâtiments appartiennent à toutes les nations maritimes de l'Europe septentrionale et occidentale, ainsi qu'aux Etats de l'Amérique du Nord.

Quelque imparfaite que soit notre connaissance do la région arctique, ello a exigé beaucoup do temps, beaucoup d'efforts et la mort de plus d'un explorateur. C'est au milieu du XVI* siècle, en efiet, que commencèrent les véritables explorations arctiques; elles ont eu pour résultat la découverte successive du passage N.-O. ot du passage N.-E. ; mais le polo lui-même n'est pas encore atteint, et c'est sa conquête qui est maintenant le but des vaillants et courageux explorateurs arctiques. V. pôle Nord.

— BiBLiOGR. : Markham, les Abords de la région inconnue (tr. fr., Paris, 1876): Hertz, les Pôles (Paris, i87y); Cbavanne, Karpf et Le Monnier, die Litteratur «ôer die Pular- Hegiouen der Erde (Vienne, 1878).

ARGTISGON [tiss] U.m. Zool. V. TARDIGRADE.

ARCTISCONIDÉS {tiss — rad. arctiscon) n. m. pi. Zool.

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