‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 418 sur 828 · ARME · texte numérisé non relu

ARME

ARMEE

— Hist. Armes d'honneur. Bonaparte fit déclarer, par l'arrêté consulaire du 25 décembre 1799, cju'il serait accordé des armes d'honneur aux militaires qui se seraient distingué par une action d'éclat. Toutes les armes d'honneur portaient une inscription contenant les noms des titulaires, ainsi que l'action pour laquelle ils les obtenaient. Ce mode de récompenses militaires a été supprimé lors de la création de la Légion d'honneur.

— Ai'mes assomptives. V. assomptif.

— Hist. nat. Nom donné quelquefois aux épines, aux aiguillons des plantes, aux aiguillons, aux pinces des crustacés, etc.

— Mar. Capitaine d'armes, Sous - officier de marine chargé de la police et de la garde des menues armes du vaisseau.

— Relig. Armes spirituelles, Moyen do défense de l'Eglise, qui consiste à priver l'offenseur des avantages de l'ordre spirituel, sans touclicr à sa personne ni à ses biens.

— Tecnn. Feuillet de scie mince et large, à Tusage des facteurs de pianos.

— Loc. : Les armes sont journalières, Dans la guerre on est sujet à éprouver la bonne et la mauvaise fortune, et, fig-. Selon le cours ordinaire des choses, tantôt on réussit, tantôt on échoue dans ses entreprises, it II n'est pas de plus belles armes que les armes de vilains. Se disait autrefois des armoiries que les marchands, les roturiers figuraient sur leurs enseignes, et dans lesquelles, suivant Mézeray, ils plaçaient « des chiffres, des outils, des écus, des couronnes.destimbres, des cimiers, des supports, etc.». (Ils choisissaient les pièces les plus illustres, et donnèrent ainsi naissance à la locution précitée.) il Tirer les armes, Faire des armes comme Saint-Georges, Etre très fort sur l'escrime, par allusion à l'adresse extraordinaire du clievalier de Saint-Georges, ii Passer l'arme à gaucbe, Mourir. Il Le diable en prendrait les armes, Manière plaisante et familière d'exprimer l'intensité d'une chose faite aux dépens de quelquun. (La forme primitive de cette locution est : Le diable en aurait pris son ÂME, .illusion au supplice à la suite duquel un patient roué de coups rendait son âme, qui devenait ainsi la proie du diable.) it Armes de Bourges. Il représente les armes de Bourges. Se disait d'un ignorant, d'un homme mal élevé, qui, au mépris de toute bienséance, s'étale tout de son long dans un fauteuil (allusion aux armes de Bourges (jui représentaient un âne dans cette position, en souvenir d'un général romain ou gaulois Asinius, qui, étant malade pendant que la ville était assiégée, la défendit néanmoins victorieusement en se faisant porter aux remparts dans un fauteuil).

— Allus. mythol. : Se disputer les armes d'Achille. V. DISPUTER. — Patrocle couvert des armes d'Achille. V. Pa-

TROCLE.

— Prov. mttér. : Que les armes cèdent à la toge (mot de Cicéron).V. cédant arma tog^.

— Enctcl. Les armes se divisent en arrytes offensires, armes défensives. Les armes offensives, qui servent à frapper dans les combats ou la chasse, sont aussi les plus anciennes dans l'histoire de l'humanité. Les armes défensives, apparaissent beaucoup plus tard : elles indiquent une civilisation plus développée.

Armes offensives. Les armes offensives comptent des types nombreux répartis dans sept catégories :

1" Armes de maÏTi. Ce sont les épées et toutes leurs variétés : estoc, espadon, rapière, braquemart, flamberge, fleuret, verdun, les coutelas, les armes plus modernes du groupe des sabres et, en principe, celles qui ont la lame courbe (les sabres droits modernes représentent une modification de l'épée d'arme) : badelaire, malchus, fauchon, cimeterre, sabre, notamment des types orientaux (les sabres japonais appartiennent à un type particulier peu réductible), les couteaux avec toutes leurs catégories de couteaux dits à armer qui, en principe, no doivent avoir qu'un seul tranchant. On trouve dans ces armes courtes tous les types faisant le passage aux dagues, aux dagasses à largo lame, aux sandedei, improprement nommées langues de bœuf. Les poignards rentrent dans la catè^^orie des couteaux beaucoup plus que les stylets dont la lame est ordinairement en forme d alêne.

2*' Les armes de coup, appelées aussi armes de choc. Ce sont les masses d'armes, les massues, les casse-tête, toutes les armes de la famille des marteaux et des maillets, les becs-de-corbin, les becs-de-faucon, les marteaux picquois, les raorgensterns, les haches d'armes et toutes leurs variétés. Toutes ces armes ont des manches courts en principe; mais, lorsqu'elles s'allongent, elles rentrent dans la catégorie de celles qui sont dites « armes d'hast " .

3" Armes d'hast. Ce sont celles dont le fer aigu, tranchant, crochu, suivant les espèces, est emmanché sur un long fût ou hampe de bois. Leur classification est extrêmement difficile. Cependant, on pourrait former un premier groupe de celles qui se terminent par un fer de dague sans expansions et sans crochets. Ce sont : la lance, la pique, la sagaie ou lance gaie, ancêtre de la lance moderne, le plançon flamand. Dans un deuxième groupe on rangera les armes d'hast à fer large et plat, à deux tranchants, symétrique et qui ne présente ni expansions latérales ni crochets. Telles sont : la pertuisano, l'esponton, la demi-pique, la langue-de-bœuf, l'épieu. Dans un troisième groupe viennent se ranger des armes à peu près semblables, mais qui présentent à leur talon des expansions latérales, des oreillons, des crochets. Telles sont les corsecques, dont un type dérivé est le portemèche du XVI* siècle. On peut faire rentrer également dans cette catégorie toutes les fourches de guerre, les désarçonneurs dont certaines fourches en bois, usitées encore en Malaisie, représentent la continuation moderne.

Dans un quatrième groupe viendront se ranger les armes d'hast dont le fer asymétrique, n'ayant en général qu'un tranchant, est simple, sans pointes perpendiculaires à ses arêtes et sans crochet. Tels sont la faux de guerre, le couteau de brèche, le vouge. Au moyen âge on confondait généralement sous le nom do glaive la plupart des armes d'hast, munies ou non de crochets, en donnant toutefois plus particulièrement le nom de haret à celles qui portaient des oreillons crochus. Dans un cinquième groupe il convient de réunir toutes ces armes d'hast dont le fer asymétrique, plat et tranchant, comporte des pointes, des expansions crochues, des oreillons. Le type en est la hallebarde, modification, en somme, de la hache, dont la tête du fer se termine en pointe de dague et dont les formes, plus effilées et moins lourdes, sont la guisarmo et le fauchart. Le godendac flamand, comme la bardiche russe, peut

rentrer dans ce groupe, ainsi que la bisague.Il est une famille d'armes bâtardes qui sont plutôt des épées que des armes d'hast, car elles se composent d'un fer long et délié, rentrant et sortant à volonté d'un tube qui leur sert de hampe et qui double leur longueur ; ainsi, les épées fourrées et les brin-d'estoc ou branc-d'estoc. Les cannes à dard modernes représentent la tradition dégénérée de ces armes en usa^e aux xvi" et xvii" siècles. Les fléaux d'armes peuvent à la rigueur se ranger parmi les armes d'hast, mais ce sont plutôt des " armes de coup » à manche allongé dont la masse s'est détachée pour s'y relier par une chaîne. Certains moreensterns sont des fléaux comme les étriers, les fouets Se guerre, etc.

i" Armes de Jet. Elles se divisent rationnellement en deux grands groupes : celles qu'on lance avec la main, et celles qu'on lance au moyen d'un engin bandé. Celles qu'on lance avec la main sont : le javelot et toutes ses variétés, comme les javelines, les dards, certaines sagaies. Leurs fers sont en général en forme de feuille. Dans d'autres, au contraire, le fer, mince et long, se termine par une sorte de tète de flèche : ainsi le pilum romain et l'angon franc. Il y a aussi toute une catégorie d'armes de jet, qui sont des armes de main ou de coup, modifiées pour cire lancées; ainsi : les couteaux de jet des Africains, des haches courtes, le boumarang. Il y a encore les disques tranchants, voire des petites meules de pierres polies, ce qui nous fait passer aux armes de la famille des frondes, dont un perfectionnement est le fustibale. Le groupe des armes de jet à ressort a pour souche commune l'arc, dont l'arbalète et toutes les machines de guerre du type de la baliste ne i"eprésentent que des applications. L"es armes lancées par ces machines rentrent dans la catégorie des projectiles. Il faut compter enfin parmi les engins à ressort les catapultes, les onagres, les scorpions et autres machines de guerre dont le principe est basé sur la torsion de cordes actionnant des cuillers porte-projectiles et des tiroirs.

5" Armes à feu. Elles se divisent en deux catégories : les armes à feu portatives, et l'artillerie. Dans la première catégorie se rangent les traits à poudre, les arquebuses, les mousquets, les fusils et les types qui en dérivent : pétrinal, mousqueton, carabine, canardière; les pistolets et les revolvers. On remarquera qu'au xvi* siècle les armes à feu de la famille des pistolets se greffent souvent sur des épées, des haches, des masses, ou dépassent du milieu d'une rondache. Y. artillerie, canon, Fusn..

6" Projectiles. On les divise en trois catégories, suivant nue ce sont des petites javelines modifiées, comme les flèches ou les carreaux; des masses de pierre ou do métal, comme les balles, les boulets, les plommées; ou des projectiles incendiaires, comme les falariques, les fusées, les andouilles, les grenades, le feu grégeois, les bombes, etc.

7<* Machines de guerre. Il convient de ranger dans cette dernière catégorie les engins actionnés directement par l'homme ou des charrois, comme les béliers, les mantelets, les hélépoles, les grandes tours de guerre, etc. On peut, â la rigueur, faire rentrer dans cette catégorie les chars do guerre, qui étaient souvent armés de faux, et les tours portées par les éléphants.

Armes défensives. La première en date est assurément le bouclier; les défenses de corps, cottes rembourrées, cuirasses, chemises de mailles n'apparaissent que bien plus tard. Plus tard, encore, viennent les défenses des bras, des jambes, de la tête elle-même. Les casques sont, cependant, assez anciens : ils apparaissent à l'âge du bronze. D'une façon générale, on divise les armes défensives en deux groupes : les boucliers (écu, pavois, targe, rondache, rondelle de poing ou broquel, bras-armé, manteau d'armes), et les défenses de corps, qui se fixent à demeure sur chacune de ces parties. Les manteaux d'armes forment la transition entre les boucliers et les défenses de corps, parce qu'ils sont des boucliers qui s'attachent sur la poitrine. Les défenses de corps se subdivisent à l'infini, mais leurs éléments essentiels sont les casques et les armures.

V. ARMURE, ADOUBEMENT, MAILLES, GAMBOISON, COLLET DE BUFFLE, JAQUE, BROIGNE, COTTE, HAUBERT, CASQUE, BRAS- SARD, CHAUSSES, GANT, GRÈVE.

— Artmilit. Outre les engins qui constituent Va7'mement (v. ce mot) offensif ou défensif des militaires, ce mot désigne également les différentes catégories entre lesquelles sont réparties les troupes, d'après la nature des armes dont elles se servent et le rôle particulier qu'elles jouent à la guerre. Ainsi, on dit : l'arme de l'infanterie, do la cavalerie, de l'artillerie, du génie. Ces deux dernières sont spuvent désignées sous le nom de armes spéciales.

On disting:ue aussi dans chaque arme des subdivisions d'aj'jnes : infanterie de ligne et mfanterio légère, — cavalerie légère, de ligne, de réserve ou grosse cavalerie, — artillerie à pied, achevai, de campagne, de siège, etc. La gendaivnerie est souvent qualifiée de « arme » . Le train des '•quipages est plutôt qualifié de service, mot qui s'applique également à d'autres catégories do troupes, comme celles du sei'vice de santé, etc.

— Dr. Au point de vue du droit pénal, le port ou l'emploi des armes a toujours été considéré comme une circonstance constitutive ou agg^ravante des délits. Quelquefois, il en résulte que la nature du délit est entièrement différente. Ainsi, en cas de vol, la peine n'est pas la même, selon que le voleur a fait, ou non, usage de ses armes (C. pén., art. 381); elle est aggravée s'il était porteur d'armes apparentes ou cachées (C. pén., art. 385).

Il importe, dès lors, de savoir quels instruments méritent la qualification de« armes " . L'art. lOl du C.pén. donne des indications générales. Il convient de remarquer que certains instruments sont réputés c armes» par eux-mêmes et indépendamment de l'usage qui en est l'ait, tandis que d'autres ne sont réputés « armes " que par l'usage qui en est fait.

Indépendamment de l'emploi criminel qui peut être fait d'une arme, le port d'armes est souvent prohibé en luimême ; prohibition motivée par les divers accidents auxquels l'usage des armes peut donner lieu. Aucun texte ne prohibe la détention et le port des armes ordinaires, apparentes et défensives. Il y a seulement quelques exceptions : l» l'art. 42 du C. pèn. permet de priver du port d'armes; 2" le port d'armes est interdit dans les salles d'élection (décret du 2 févr. 1852. art. 37; loi du 2 avril 1875; loi du 5 avril 1884, art. 24); 3» il est prohibé aussi dans les églises, foires, marchés et autres lieux de rassemblement.

Les armes prohibées sont celles qui, à raison de leur

nature et de leur dimension , sont susceptibles d'être cachées et présentent ainsi une facilité plus grande pour la perpétration des crimes.

Le Code pénal de 1810 punit la fabrication, le débit et le port de toutes armes prohibées, de peines qui furent aggravées par la loi du 24 mai 1834, édictée à la suite de mouvements insurrectionnels. L'art. 1*'' de cette loi prononce un emprisonnement de un mois à un an, et une amende de 16 â 200 francs contre les fabricants, débitants et distributeurs d'aj-jnes prohibées; le port do ces armes est puni de six jours à six mois d'emprisonnement, et de 16 à 200 francs d'amende. La même loi (art. 3) punit de prison et d'amende la détention d'armes de guerre ou d'un dépôt d'armes quelconque, et, dans son art. 4, prononce la confiscation des armes saisies. Le 23 février 1839, une ordonnance royale déclara expressément prohibés les pistolets de poche.

La loi précitée du 24 mai 1834 punit des travaux forcés à temps le pillage de boutiques, faliriques et dépôts d'armes, ainsi que le désarmement des agents de la force publique. Dans l'intérêt de la sûreté publique, il est interdit sous peine -d'amende (C. pén. art. 471, § 7) de laisser sur la voie publique ou dans les champs des armes dont les malfaiteurs pourraient s'emparer.

La loi du 14 juill. 1860 qui, durant plus de vingt-cinq ans, a causé le plus grave préjudice au commerce de l'armurerie en France, est aujourd'hui remplacée par une législation très libérale, depuis la loi des 14-26 août 1885. Cette loi distingue les armes de guerre réglementaires et celles non réglementaires. Les armes réglementaires sont celles qui sont en service dans les armées de terre et de mer de la France; elles sont définies par les tables de construction approuvées par les ministres de la guerre et do la marine. La fabrication et le commerce des arnirs de toute espèce et de modèles réglementaires en Fram ^ et des munitions non chargées employées pour ces arni'-s sont libres, sous la condition d'une déclaration. En ce qui concerne la fabrication et le commerce des armes de toute espèce non réglementaires en France, la loi du 14 août 1885 les déclare entièrement libres. Les anciennes prohibitions concernant la fabrication et le commerce des armes dites " cachées " se trouvent ainsi abrogées. Ces prohibitions ne subsistent qu'à l'égard du port de ces armes, qui reste soumis aux pénalités de la loi de 1834. La loi de 1885 a maintenu également les prohibitions relatives aux munitions confectionnées de toute espèce et aux substances explosives. Elle n'a pas complètement désarmé le pouvoir. Elle contient, en effet, un article 6 qui porte que le ministre de l'intérieur et, en cas d'urgence, les préfets sont autorisés à prendre ou à requérir auprès de l'autorité militaire, relativement aux armes et munitions qui se trouvent chez les fabricants, commerçants, et même chez les particuliers, les mesures qui seraient reconnues nécessaires pour le maintien de la sécurité publique.

— Mar. Le mot « d'annes o, ajouté aux grades des sousofficiers, détermine une catégorie de marins qui, avec les «matelots fusiliers' dont ils proviennent, assurent l'ordre et la discipline à bord des navires de guerre et dans les dépôts des équipages. En temps de guerre, armés du fusil et chargés des pièces de petit calibre à tir rapide, ils forment aussi les noyaux des'compagnies de débarquement. Le grade de capitaine d'arènes est le plus élevé de la hiérarchie, qui comprend des caporaux d'annes, des sergents d'armes; il dirige la police du bord et est responsable des petites armes, objets de grand et petit équipement.

Les navires de commerce ont aussi un capitaine d'armes, dont les attributions sont les mêmes que dans la marine de guerre, en ce qui concerne la discipline générale du bord.

— SvN. Arme, armure. Arme désigne la chose elle-même, indépendamment de tout travail d'appropriation, et se dit de ce qui sert à attaquer i comme â défendre. Armure, au contraire, emporte toujours l'idée d'un travail antérieur ; il se dit souvent de l'ensemble des armes défensives. Il se dit aussi en particulier de chacune des armes défensives servant à protéger quelque partie du corps : Armure rfe ?e7e. Armure de cuisse.

— Syn. Armes,

iimmiiiiii lin imi

^uii. Il A 'nui' 1. Armes. — 2. Armouies.

r;t;sdcsit;ne 1 ensemble de l'écu, de ses pièces, de ses supports, etc. Le mot armes ne doit pas être employé dans le sens de armoiries, toutes les fois qu'il formerait une équivoque. Annoiries est le mot propre de la science du blason ; armes, celui de l'usage commun.

Armes de Riclielieu (les premières), comédie-vaudeville en deux actes, par Bayard et Dumanoir, Palais- Royal (3 déc. 1839). Il s'agit du" début dans la lice galant© du duc de Fronsac, dont les bonnes fortunes devaient être un jour historiques. Richelieu a quinze ans. Il vient d'être marié à M"*' Diane de Noailles, mais il ne doit être réellement son époux que dans cinq ans. Et sa femme le traite tout â fait en petit garçon, tandis qu'elle se laisse courtiser par le duc de Matignon. Richelieu, voulant prouver qu'il est un homme, entre la nuit chez toutes les femmes de la duchesse ; il écrit des déclarations d'amour à M"* de Noce, à la veuve Patin, etc. ; il reçoit chez lui toutes les dames, et sa femme elle-même ; il donne des baisers et des coups d'épée à tort et à travers. Il fait tant et si bien, qu'après avoir mérité une lettre de cachet, il reçoit du duc de Bourgogne un brevet de colonel... Une nuit à Diane..., et Richelieu rejoint l'armée. — L'action est alerte, habile, gaie, spirituelle. Le rôle de Richelieu fut une des meilleures créations de Déjazet.

ARMÉE (rad. anyie) n. f. Ensemble des troupes régulières d'un Etat : Les armées de France.

— Dans un sens plus restreint, Réunion plus ou moins

ARMES

Estramaçon :vi« siècle |. -

siècle- — 3. Ep^e gauloise. — 4. Ep.^o ;"i deux mains (xn* sièolo). — S. Badeiaire fxv« sièelel — 6- Gran.le éoée l.wii- siècle). — 9. Braquemart (xiv" siècle) — iO. Rapière et sa dague (x\n« siècle). — li. Estoc (svi* siècle). — 12. Fauchon rxi\'" sièclel — ri Da-ue \ ro 15. Scramasaxe (va siècle). — 16. Sabre japonais. — 11. Poicnard du xvi^ siècle. — 18. St>i«t (xvu* siècle). — 19. Sabre de cuirassier (modemei' — «Ô Couw larmes (nv siècle). — Î2. Massue. — 23 Casse-tôle néo-calédonien. — 24. Bec de faucon (xv* siècle). — 2o. Marteau d'armes (xv* siècle) —26 Hache d'amïoa ^xni» sièclcl — !8, Lance (xv« siècle). —29^ Pique (xvi« sièdo). — 30. Pertuisane^(xvi« siècle)^— 31. Epieu fxvi» siècle)- —Zi. Esjponton (xvp siècle). — 33. Corsecque (xv« siècle).'— Sl'plançon (xn-« siècl-) — 3.^ Paui de

■ " " ' "■" "^ "" "'"" "" "" '" '"^' " ■ 39. Brin d'estoc (xvi* siècle). - iO. Fa.u-hart (xiv« siècle), — il Hallebarde

Fu3tibale(xui« siède). — «.Arbalète {xve siècle); 49. Sa

juerre (xnr» siècle). — 36. Ci xv« siècle). — 42. Vouge (xrv« s 57. Epée-b:

1 de brèche fxvi" siècle).

- 37. Langue de bœuf (xv« siècle). — 38- Porte-mèche (xvi* le). — y.i. javeune ixvf siècle). — W. Angon franc- — 43. Pilum romain. — 46. G' crochet. — 51. Arquebuse ii mèche (xve siècle). — 52. Mousquet (xvn* siècle). — 53 Pi nnotte du fusil Lebel. — B8- Hache à pistolet (ivr siècle). — 59. Pistolet (xvp siècle). -

siècle). —

àe chasse (modern

Poire à poudre (x

- 56. Fusil Lebel —

ARMÉE

nombreuse de troupes de toutes armes, sous les ordres d'un général en chef : Zarmke de Turenne.

Rêveilletoi, France opprimée ;

On te croit morte, et tu dormais :

Vu jour voit périr une artnec.

Mais uu peuple ne meurt jamais. C. Delavigne.

— Poétiquem. Le Dieu des armées. Se dit en parlant de Dieu, en tant qu'il préside au sort des combats.

— Par cxt.. Foule, multitude :Z-'ARMÉEf/es/'o«c?i07mrt/jT.ç.

— Fig. Appui, soutien : L'homme qui a la foi a toujours une ARMÉE derrière lui. (Ballanche.)

— Corps d'année. Nom donné à plusieurs divisions d une armée réunie en une masse isolée, et obéissant à un général qui, lui-même, reçoit ses ordres du général en chef.

I! Tête de l'armée, Troupes qui sont placées au premier rang, il Centre de l'armée. Troupes qui sont placées au milieu de l'armée et en forment le gros, ii ','"' "- ''- ' " " ' ■ Troupes qui sont placées au dernier rani: \ < ' mée. Chacun des deux côtés d'une armée vu n-.ii li i i augôe en bataille, il Aile droite de l'ai^mée, Cclk .^ui, l^A.w. c a la droite du centre, fait face à l'ennemi, ii Aile yauchc, Celle qui se trouve à l'extrémité opposée, il Armée de terre, Troupes destinées à combattre sur terre, il Armée de mer ou Armée navale, Les navires de guerre et leurs éauipages. Il Armée d'obsej-vation, Celle (lui a pour objet de protéger ou de paralyser les opérations dune autre armée, il Armée d'opération. Celle qui, dans une campagne, est spécialement chargée du siège des places, ou qui doit agir sur un point déterminé. Il Anyiée de réserve, Celle qui est établie en seconde ligne pour en appuyer une autre. Il Armée auxiliaire. Celle dont le secours n'est qu'éventuel, ou n'a lieu qu'à prix d'argent, il Année permanente ou régulière, Celle qui est formée de corps réunis à demeure, il Arvu'c active, Armée composée d'hommes qui, pendant treize ans {de 20 à 33), sont astreints au service militaire. Après trois ans do présence sous les drapeaux, ils sont renvoyés dans leurs foyors, et font partie de la réserve de l'armée active, ii Armée territoriale. Armée composée d'hommes sortis de la réserve de l'armée active, et qui, pendant douze ans (de 33 à 45), sont à la disposition du ministre de la Guerre. V. France [armée), ii Amiée sédentaire. Qui se compforces destinées à n-àvAw le trrritoire. il A

aîisée,

. alli.

ompose de troupes apconcourir au môme but.

ic l'on couvre d'ardoises

partenant à plus

— Constr. Jon attachées sur un n, im; .!.■ j'I.ii r.--.

— Hist. Armée vunsnhnrr. Armée qui, <Mn'/ !-■-. i;..iii;iiii^. était composée de deux légions de troui-- : ■ ' 'i'cavalerie; le tout représentant un effectii i ilU-

six cents hommes. Il Aï*m<ïe t^e /«/bi. SouN ) I l;. .. n.

Nom donné ironiquement aux forces caih-i- - .|ui .enraient dans la Catalogne, li La grande am,. - . !. c i.i . .juc Napoléon 1" commandait lui-même, de is<w a i-i,. M;ns ce nom est donné particulièrement à laiin.o l.jinihlaljlo qui fit l'expédition de Russie, en 1812.

ENCTCL.Hist. Orient. La plupart des anciennes monarchies d'Orient avaient une organisation militaire assez primitive. Hors la garde particulière dos rois, il n'y avait pas de véritables armées permanentes. On faisait la guerre avec des multitudes d'hommes rassemblés à la hâte pour une campagne déterminée. Chacune des provinces de l'empife et chacun aes peuples trihutaires envoyait son contingent de soldats, qui tous conservaient leur costume national, leur équipement et leur armement particuliers. C'est ce que montrent bien la longue description de l'armée de Xerxès dans Hérodote, les peintures et les bas-reliefs d'Egypte, d'Assyrie ou de Perse.

Les deux principaux peuples guerriers de l'ancien Orient ont été les Egyptiens et les Assyriens. En Egypte, l'armée régulière se recrutait surtout dans la classe des guerriers, classe privilégiée, dispensée d'une partie des impôts, et investie de fiefs militaires. Outre cette armée régulière, qui pouvait s'élever à 200,000 ou 250.000 hommes, les Pharaons enrôlaient aussi des barbares libyens ou nègres et les contingents des peuples tributaires. A partir du x* siècle avant notre ère, la classe des guerriers ayant été décimée par les guerres, l'armée égyptienne comprit

Archers assj

surtout des mercenaires libyens et asiatiques. — L'armée assyrienne se composait aussi do deux catégories de troupes : les contingents assyriens proprement dits, contingents annuels astreints en principe à un certain nombre d'années de service; et les contingents des principautés

vassales.— En Assyrie comme en Egypte, on distinguait trois corps de troupes : infanterie, cavalerie, conducteurs des chars de guerre. Dans les deux pays, l'art militaire fut assez développé; les Assyriens, en particulier, excellaient à l'attaque et à la défense des places.

— Grèce. On distingue plusieurs périodes très différentes dans l'histoire des armées grecques. Les temps héroïques ne nous montrent que des tribus en armes, rangées autour de leur roi et de leurs chefs féodaux; les nobles combattent en char, les autres à pied. 'Vers le vu" siècle avant notre ère apparaît une véritable organisation militaire, qui souvent sert de base à l'organisation polit,ii[ue. Tout citoyen doit lo service, reçoit uno éducation technique, est inscrit dans un contingent déterminé. Les chars de guerre sont remplacés par la cavalerie, qui conserve un caractère aristocratique, mais joue longtemps un rôle très secondaire. La plupart des citoyens servent dans la grosse infanterie des hoplites, qui est le noyau de l'armée. A cela s'ajoutent quelques troupes légères, recrutées parmi les pauvres gens, les étrangers domiciliés, les populations tributaires, ou bien composées d'esclaves et de mercenaires. Pendant la période classique, les deux armées principales sont celles de Sparte et d'Athènes. A Sparte, on se prépare au service dès l'enfance, et l'on est soldat toute sa vie. La grosse infanterie des hoplites se recrute parmi les citoyens et les périèques ; elle se divise d'abord en cinq loches ou bataillons, que commandent des locliaqes et des polémnrques, sous la haute direction des rois; plus tard, en six mores et douze loches. Un corps d'élite comprend trois cents chevaliers, qui, malgré leur nom, servent à pied. Sparte n'a une cavalerie que depuis la fin du V* siècle; mais elle emploie aussi des troupes légères, composées de périèques, d'hilotes ou de mercenaires, et des contingents alliés. Athènes imite cette organisation militaire. Tout Athénien doit le service de dix-huit à soixante ans; il apprend le métier de dix-huit à vingt ans, dans les collèges éphébiques; puis il est inscrit dans uno classe, qu'on appelle en cas de besoin. Les citoyens les plus riches servent dans la cavalerie. Les citoyens des classes moyennes forment l'infanterie des hoplites, divisée en dix taxeis et en loches, que commandent des taxiarques et des lochaf/es. Les citoyens pauvres et des mercenaires constituent les troupes légères. Une solde est établie au v* siècle, sans doute par Périclès. L'armée

par le polémarque, l'est depuis par les stratèges. Au début de la guerre du Péloponèsc. Athènes peut metter sur pied 29.000 hoplites. — A côté des armées de Sparte et d'Athènes, les plus importantes sont celles de Béotie et de Thessalie, plus tard des Etoliens et des Achéens, constituées à peu près d'après les mêmes principes.

Au IV* siècle, uno véritable révolution se produit dans l'art militaire de la Grèce. L'expédition des Dix-Mille donne le spectacle d'une armée composée uniquement de mercciiairos. D<'s lurs. les l'ituycns paraissent de moins en moiii- ' ■! i- Ir--. .■i.:i l'.i |. - ■!. 1. 1 ;,i I ,. ] I ■■ i^'iTc devient un nii'iii ■ i; I !■).'■ ■ ' I ■ : I ■ ! - . 'ii-s corps nou-

: > I , . 1 1,111. 1 lo la phalant/e

r, l'hil pi^.' .,!■ M.i. . .li.iiM', la .r:n, lange macédonienne. Alexandre conquiert l'Asit^ avrc son infanterie légère des hypaspistes, sa grosse infanterie àespézétaires, sa cavalerie des hélaires, ses contingents alliés, et ses mercenaires; plus tard, il y ajoute des corps d'Orientaux. Ses successeurs constituent leurs armées d'après les mêmes principes, mais empruntent aussi à l'Asie les éléphants et les chars de guerre. Pyrrhus hérite de toutes ces traditions, qu'il modifie sur quelques points de détail, et transmet aux Romains.

— BiBL. C.Pascal, ii'^i«/e5in-raï'm^er/?'ec9'»e (Paris, 1886).

— Borne. Chez les Romains do la république, le service militaire fut longtemps lo premier devoir du citoyen. Pendant plusieurs siècles, l'armée conserva à peujjrti

SoM;i

dirigée primitivement

thrb;

même organisation que lui Tous les citoyens jouissant de la plénitude de leurs droits politiques devaient le service jusqu a soixante ans. Ils étaient classés, suivant leur âge dans l'armée active {juniores), ou dans la réserve \senio7'es) ; les plus riches étaient enrôlés dans la ca Valérie. Camille fit décider que chacun recevrait une solde pendant la durée des campagnes. L'armée ro maine comprenait cent quatre-vingt-huit centu ries de combattants, et cinq centuries de non combattants (génie, servi ces spéciaux), sans comp ter les contingents allies (socii), et les troupes auxiliaires {aiixiHa.). L'uni té militaire était la légion où les soldats formaient plusieurs catégories, suivant les différences d

: donnée Servi

Tullii

t. La légion était divisée en cejituries et en manipules. Elle était commandée par des tribuns, sous l'autorité du chef suprême de l'armée, consul, proconsul ou propréteur.

Marius bouleversa toute cette organisation militaire. Non seulement il modifia la physionomie de la légion par l'institution des cohortes, mais encore il changea complètement la composition des armées, qu'il ouvrit aux pauvres gens de Rome, aux Italiens, même aux étrangers.

Auguste constitua des armées permanentes. Les légions, dont le nombre varia, sous l'empire, de dix-huit à trentetrois, furent cantonnées le long des frontières. Elles avaient pour officiers des centurions et des tribuns, pour chef un

légat, que remplaça plus tard un préfet de légion. En outre, il y avait dans chaque province de nombreux corps au.xiliaires, et, à Rome, divers corps de troupes chargés', o la garde delà ville ou de l'empereur, cohortes urbanité, vigiles, cohortes prétoriennes, etc.

Après Dioclétien, l'armée régulière tint garnison dans l'intérieur des provinces. Les frontières furent gardées par des corps sédentaires do soldats-colons, recrutés surtout parmi les barbares. Toutes ces troupes avaient pour chefs dos ducs et des comtes, sous l'autorité suprême d'un magister militum. A Rome, étaient casernes divers corps, qui formaient la garde impériale.

— - BiBLiOGK.: Lamarre, De la milice romahie (Paris, 1863); Kraner, l'Armée romaine au temps de César (Paris, 1884).

— Période gauloise et gallo-ron\aine. Les Gaulois étaient avant tout un peuple guerrier. Mais leur organisation militaire ne paraît pas avoir été à la hauteur de leur courage. La Gaule était morcelée en petits gouvernements aristocratiques, avec des peuples

clients qui leur fournissaient des contingents. En principe, tout le monde était soldat ; chaque Etat avait ainsi une armée nationale où tous les citoyens servaient sous les chefs qui les gouvernaient dans la vie civile : c'était une armée plébéienne commandée par les nobles. Amour des grands chefs se presse une troupe d'élite, formée des clients inféodés à leur personne, et qui uni juré de ne jamais les abandonner dans le combat, et de mourir avec lui. Ces clients senties hommes soldés, les soldurii ou soldnrics, qui seront plus tard les leudes.

En cas de guerre, on convoque le peuple à des assemblées où il se rend en armes, et qui rappellent les champs de Mars germaniques.

Les gouvernements locaux tiennent des états de tous les hommes capables de porter les armes ; suivant l'importance de chaque territoire, les levées varient. Divisée en quatre corps, au temps de César, l'armée obéit à quatre grands chefs de nations différentes, assistés chacun d'un conseil de commissaires qui les dirigent et les surveillent.

L'armée romaine, admirablement instruite, eut raison des Gaulois. La Gaule fut bien vite modelée â l'image de la nation victorieuse; le recrutement fut le même qu'à Rome. Les colonies militaires sont les centres de commandement. Le principe des levées est administratif; basé siu* la propriété territoriale, il oblige la terre à fournir les soldats au prorata de son importance. Les levées se font au nom del'empereur, sous la surveillance des magistrats municipaux. La décadence des habitudes militaires no tarda

, pas à accompagner celle de l'empire ; la discipline se perd.

I En principe, l'armée ne doit être composée que d'hommes libres, mais le relâcliementesttel, quelo maître se fait remplacer par un esclave, et surtout par un colon attaché à la glèbe. La désertion, la fraude, devinrent courantes. On cherchait à se dérober au service par la mutilation.

— Péi'iode franque, mérovingienne et carolingienne. Pour bien comprendre l'organisation militaire des armées de la première race, il faut considérer qu'au moment des invasions germaniques, la Gaule était entièrement romanisée. Les premiers rois mérovingiens se considèrent encore, dans leurs actes, comme des fonctionnaires de l'empire, tout en modifiant la province romaine qu'ils occupent. Au.x colonies militaires, noyau vital de l'armée des G'aules, où se recrutent les légions, dont

t gaulu

qui

Substlla qaes. I.

Germains anus de 1 empire, que le pouvoir central a accueillis sur ses terres, aux frontières d'abord, puis à l'intérieur, avec l'obligation de les garder contre les invasions. L'empire avait pris contre les invasions barbares diverses dispositions, en modifiant les circonscriptions militaires , et en en élevaut le nom- Guerrier franc [v« siècle),

bre. Ces divisions, ou trac-

tus, étaient au nombre de six, et elles étaient commandées par un chef ou duc (en latin dux), et parfois par un comte (en latin comes), sous l'autorité d'un commandant supérieur ayant deux lieutenants, le maître de l'infanterie et le maîire de la cavalerie. L'armée franque ressemble à l'armée gauloise avant l'invasion romaine. Autour du chef sont groupés des hommes dévoués, formant une bande qui ne fait que la guerre, et qui est une fraction de l'armée que le haut seigneur ou le roi convoquera dans le champ de Mars, et à laquelle so joindront les gens libres du comté qui se lèvent à la voix do leur comie. Le chef suprême de guerre est le roi, mais il ne peut décider de la guerre ou de la paix sans l'assentiment de ses leudes, rassemblés au champ de Mars. Le ban est l'appel oui les convoque ; s'ils ne se rendent pas en temps utile, ils sont frappés d'une amende, hériban. On entend par ost le service militaire que chacun doit contre l'ennemi envahisseur ; seuls les malades et les vieillards en sont dispensés. Puis ce terme d'os^ signifia plus tard Tevpédition guerrière menée par le roi. Sous la preminc race, les rois gardent, au moins théoriquement, le p* ! voir de lever des gens de guerre. Comme avant, le l ne convoque que les hommes libres, mais les Frai amenaient avec eux leurs esclaves et des serfs du; nature particulière (lites). Ces armées étaient surtuni composées de gens de pied, les chefs et le roi étaient u cheval, la cavalerie tendait à disparaître. Il n'y avaii point de solde fixe, les troupes vivaient de pillage , 513

Snyaient par lo partage du bntin, ou oaux do lourH chois. Kn riSsumo, lo jjrincipo do 1 la proniiùro r;

olui do la lu ■d'un rhoto fessionnols; ot cos l>an<ios roiniio guerre imnortanto, dos couiingo

ont dos ra-

néo de

reproche d'avoir conlilitaire qui constitua

rmaniquo ou ando guerriers proorcont, on cas do

^ , __ ^ lis par les lov(^os

on masse do tous les homnios libres qui peuvent amoiior Jours sorCs et leurs esclaves. Sous Dagobort, apparaît un système qui so continua longtemps après lui, et (|ui permit aux rois de recruter et de payer assez facilement uno arm<?io : il consistait à obliger uno partie dos domaines ecclésiastiques à. donner l'usufruit do leurs biens à dos laïques 3ui s'engageaient au service militaire. L'acte par lequel so xait cette convention so nommait uno précaire. V. ce mot. Charlemagno ne changea rion ù cette organisation. Il chercha seulomont à en porfoctionnor lo fonctionnomont. Mais il ruina lo pays par ses expéditions guerrières et l'ôpuisa d'hommes et d'argent. L'emperour fait faire les levi^es par ses misai, qui parcourent les grandes circonscrip lions administratives, ot dans chaque paroisso les pr6tros annoncent

10 ban impôrial. Ou bien, encore, le»

comtes. (Ml cas de guerre otrensive convoquent les hommes libres, qui repri^sonlont uno sorte de r(^sei\o do rarniôe active, celle-ci étant tou jours constitué© par les guerriers entourant la personne do l'empe reur et dos grands. Les champs de Mars anciens deviennent les (1 champs do mai u, car on attend, pour entrer on guerre, que les pr u ries puissent nourrir les chevaux L'importance do la cavalerie au^'mento, les seigneurs tendent à toi mer des corps d'élite montés. En somme, l'armée carolingienne n est pas permanente, elle se compose dos nations de l'empire armées suivant lo besoin. Le régime de Charlemagno fut plutôt funeste, et on lui tribué à établir cotte aristocratie ï la féodalité.

— Armées féodales. Le régime féodal pousse à l'oxcès le principe du service militaire fourni par la terre ; lo possesseur de fief groupe autour do lui ses vassaux armés, de telle sorte que, du haut en bas de l'échelle, depuis le roi, suzerain principal, jusqu'au dernier tenancier, une hiérarchie s'établit. Mais ce

régime livra lo pays à des guerres continuelles entre seigneurs, et les villes, les communes même, cherchèrent à se protéger contre ces bandes armées. Il se forma des milices de bourgeois et de plébéiens, véritable armée nationale toujours prête à marcher on cas de besoin.

La royauté s'appuya longtemps sur ces milices, dont les guerriers d'élite s'appelaient des " sergents " ; elle on tira un bmi usage contre les seigneurs féodaux. Ceuxci, de leur côté, constituent avec leurs tenanciers directs une vérital)le aristocratie militaire, qui ne veut plus combattre qu'à cheval, et bientôt la chevalerie vient donner à cette société un caractère qui lui permet de fermer ses ran^s à ceux qui ne lui conviennent pas.

L'histoire de l'arméo féodale lutte entre la royauté

nales, et la force armée fé'odale. Celle-ci prévalut les Valois, qui donnèrent au régime chevaleresque uno prédominance trop grande ; la cnevalerie formait des armées ingouvernables, et les milices no valaient pas grand'chose, sorties de chez elles. De plus, une telle haine existait entre les hommes d'armes et les gens de pied,

Qu'ils ne se portaient aucun secours ans les batailles. Aussi, pour les grandes guerres, prenait-on des mercenaires étrangers : dès le xiv< siècle, la maison du roi comportait des mercenaires allemands, ou appartenant à d'autres nationalités. Il faudra arriver jusqu'au règne de Charles Vil f»our voir se former une armée réguière et nationale, où l'infanterie deviendra prépondérante.

— Armées pej'manenles de Chartes Vil. Charles VII, quand il eut repoussé les Anglais, s'occupa de réformer l'armée et d'y faire un choix.

11 établit des compagnies d'hommes d'armes dites d\ ordonnance », dont il ftxa le nombre et assura la solde, et il

fonder une infanterie na-

Chevalier (xic siècle).

est tout entière dans cette 'appuyant sur les milices natio-

nale

les fr

En

somme. Charles VII ilrrniisit la pui sanco fèodalf^ en mainlonaiit b' prin- "(\v«"si^cl^)."

cipo que, seul, le roi avait le droit de

lover des gens de guerre et en établissant dos troupes soldées, soumises à une discipline exacte. Il donna un grand développement à l'artillerie.

— Armées du xvi" siècle. Au xvi" siècle, les grandes guerres d'Italie obligent le pouvoir à so créer des ressources militaires considérables, d'autant que l'infanterie, dès le règne do Louis XII, devient, suivant l'expression consacrée, la reino des batailles. Lo recrutement régional des francs-archers est remplacé par les engagements volontaires de recrues qui composent ce qu'on appellera les bandes. Les grandes bandes les plus célèbres sont celles de Picardie et de Gascogne. Mais ces corps d'iufanterie, levés suivant les besoins de la guerre, n'ont

Porte-<îtptid.i

» siècle).

rion do pormancnt : on los liconcio & la paix, pour ne pas avoir û leur payor uno hoMo qui n'est jamais assurée; la Houlo forco armée qui domoure, en dehors des compagnies d'ordonnance cantonnées dans les divorH gouvornoments, consiste on corps mercenaires do la maison du roi, Suisses, Italiens, CorKos, etc., et 4d milices qui continuent à garder lours villes ot & marcher en eus d'invasion. L'infanterie française nationale ost, on somme, peu nombreuse; il faut l'appuyer avec dos lansquenets et d'autres contingents étrangers. Dans cette confusion, un principe apparaît, cependant, d'où sortira l'armée modorno : c'est la formation régimentairo do l'infanterie La cavalerie ii^sorganiNéo est soumise i 1 s II in liions sans 1 lant sur

pop ot prend los di mes à fou

^ / iimu d( Himi ÎV a Lo ^oiH I organisation r gimentairo date du règne le Charles I\. pendant lob sjixanto années qui suim rent, on nochangeanen aux grandes lignes do ce régime. Henri IV ot Kicheli(iu ne firent point d'autres réformes que celles qui tondaient à atrormir la discipline, à assurer la solde, tout en réglementant lo temps du service actif. L'essentiel de leur 'Ouvre est l'exclusion de la cavalerie noble, en tant que cavalerie noble ot milice féodale, dans la composition de la force publique, et l'avènement définitif du tiers état dans la force composante des armées. Le principe du recrutement demeure toujours basé sur l'engagement volontaire, l'avancement tend à devenir de plus en plus démocratique, car on conférait facilement la noblesse aux soldats que l'on faisait monter dans les hauts grades. La grande faiblesse des armées de cette époque fut dans l'instabilité des éléments levés à la hâte pour une guerre, puis licenciés à la paix, pour la plus grande partie. No touchant pas toujours sa solde, lo soldat devenait vite un bandit, un " bandoulier -», comme on disait alors. A l'exceplion de la maison du roi, des compagnies régulières des ordonnances, de quelaues régiments réduits, à la p^x, à des efl'octifs peu nomoreux, tout le reste était composé d'aventuriers. Les grades étaient aussi peu fixes que lo reste ; il y avait des capitaines dont les compagnies étaient de cinquante, de cent, de deux cents hommes.

— BiBLiOGR. : Boutaric, Institutions militaires de la France (Paris, 1863) ; A. Pascal, Histoire de l'armée et de tous les régiments (Paris, 1859-60); Lehugeur, Histoire de l'armée française (Paris, 1880) ; Dussieux, l'Armée en France (Versailles, 1884).

— Organisation de Louvois. Ce ministre fonde l'armée moderne en la soumettant à l'administration, qui en régularise les multiples rouages. Louis XIV assouplit la noblesse à l'aide de la discipline, et fait de sa maison militaire une écolo pour les nobles. Mais il s'en faut de beaucoup que l'armée soit complètement nationale ; il y a une infanterie et une cavalerie étrangères. Tous les corps sont astreints à porter un uniforme, des armes, dont le modèle réglementaire est établi par l'administration. Si, comme avant, les officiers sont propriétaires de leurs compagnies, en revanche il règne une discipline si exacte, que les contrevenants aux règlements sont cassés, quels que soient leurs titres et leur puissance. L'avancement fut ouvert à tous. Il y eut des maréchaux sortis du tiers état. La solde fut assurée très régulièrement et, par la fondation des casernes on mit entièrement les soldats dans la main de leurs commandants. On assura même le sort des vieux soldats blessés ou infirmes en créant des hôpitaux mUilaires, tels que l'hô- * '(TviTo sîèclej! '"'

tel des Invalides. L'ordre de

Saint-Louis fut créé pour récompenser le mérite. Mais la vénalité des grades permettait aux incapables d'exercer des commandements t^ue se voyaient refuser les oflicier.s mieux instruits. La tormation des corps est à peu près la même que dans les armées modernes. Le régiment est divisé en bataillons, qui so subdivisent en compagnies, avec leur capitaine, leur lieutenant, leur sous-heutenant, leurs loux sergents, leur fourrier et leurs quatre caporaux. Mais il n'y avait pas doux régiments qui eussent la mémo organisation. De mémo pour la cavalerie et pour les corps spéciaux, dont l'importance allait croissant. Lo recrutement était toujours basé sur l'engagement volontai les sergents recruteurs transformaient souvent en v« prise de corps. En somme, au témoignage des con rains, l'armée do Louis XIV fut plutôt bonne; co qu'elle eut de défectueux, ce fut surtout le recrutement do ses oftîciers.

— BlBLlOGR. : C. Rousset, Histoire de Louvois (Paris. 1861-63); duc d'Aumale, les Institutions 7nilitaires de la France : Louvois, Carnot, 6'am(-Cyr (Paris-Bruxelles, 1867).

— L'armée, de Louis XV à la Bévolution. A la mort du Grand Roi, tout retombe dans lo bon plaisir et lo favoritisme : la noblesse s'empare despotiquemont des grades, dont le pouvoir trafique; les rangs se remplissent de nonvaleurs. Jamais l'armée ne valut moins quà cette époque, où les bureaux prirent une grande puissance. Le ministère du comte de Saint-Germain poussa encore à l'extrême les tendances aristocratiques : tout homme qui ne possédait pas

îJi:

ARMEE

un certain nombre ao quartiers do noblofiso ho vit interdit toute OHpèco d'avancomoot. Main on rcKpccta au moiott le principe do la \ïbcn6 individuelle : ta conacription forciio n'exista jamais, l'armée fut toujours recrutée parmi le» volontairoîi. Cependant, dès 1088, «n avait établi uno espèce do conHcription pour former le.s milice», sorte»

de garde» nationales qu'on fit combattre aux frontières. Ce recruloment dos milices est un acheminomootvorslfl rocrutomont forcé do la Révolution.

— BiBijoGR. : Mouillard, fc* /ï**giment» sous I^nia X V (Paris. 1882;; Mention , le Comte de Saint-Germain et ses réformes (Paris, 1884) ; A. Duruy, l'Armée royale en 1189 (Paris, 1888).

— L'armée, sous la liérolution et le premier ISmpire. Attauué à la fin du XVIII» siècle par los piiilosophes et los économistes, le système de l'armée permanente eût été condamné, si l'on s'en était rapporté aux cahier» do 1789, qui préconisaient la suppression do la milice et l'armement de tous les citoyens.

L'institution do la garde nationale {\viii'° nU-rit) donna satisfaction à cns vœux, en

mémo temps qu un décret du 16 déc. 1789 n'autorisa fju'dn modo de recrutement, l'engagement volontaire. Mais on naturalisa français les régiments étrangers do la monarchie, et on conserva l'armée permanente, qui fut d'ailleurs négligée d'abord pour la garde nationale ; c'est seulement au moment où la patrie fut proclamé© « on danger ■■ qu'on se préoccupa do l armée. Elle était alors désorganisée, découragée, mais demeurait instruite ^ à côté des bataillons de volontaires, indisciplinés, turbulents, inexpérimentés, s'étant donné eux-mêmes leurs chefs. La juxtaposition do ces éléments disparates ne produisit, heureusement, pas de mauvais résultats, du moins d'une façon générale, ot valut à la République ses premières victoires ; elle fut bientôt suivie (févr. 1793) de leur fusion, de leur amalgame dans les demi-brigades, qui remplacèrent les régiments do I ancien régime.

Mais il fallut bientôt, pour résister à l'Europe coalisée, en même temps soldat

qu'à la guerre intérieure, renoncer j^ i^ ,,., R,:.publi<iue. aux principes de 1789et recourir à la

réquisition, puis à la réquisition permanente et à la levée en masse. En même temps fut restreint le système de l'élection des officiers, et de nouveaux corps étrangers furent constitués pour la défense de la cause commune, la cause du peuple et de la liberté. Au total, rien de bien régulier n'exista sous la Convention, qui n'a pas créé des institutions militaires, mais a seulement employé des expédients temporaires ; c'est sous le Directoire, en 1798, qu'un système régulier, celui de la conscription, apparaît enfin et assure le recrutement des corps existant sous l'ancien régime, comme des corps récemment créés (artillerie à cheval, pontonniers, troupes du génie, train d'artillerie).

Le système de la conscription, poussé à ses limites extrêmes, et même à labus, a également assuré le recrutement de l'armée impériale, en même temps que, par le maintien do la garde nationale, se continuait l'armement de tous los citoyens.

Mais aucun grade n'est plus alors conféré à rélection, que Napoléon supprime absolument; de même, il rétablit les régiments et crée les corps d'armée. Pour donner plus do mobilité à ses troupes, il constitue une infanterie légère à côté d'une infanterie de ligne, ce qui ne l'empêche pas de maintenir à la cavalerie légère, et même à la grosse cavalerie, un rôle prépondérant dans ses campagnes. La création du train des équipages, des compagnies des boulangers de munition, des compagnies d infirmiers, vint compléter 1 orfanisatiOD d© l'armée de iNapolèon, ont le corps d'élite était cette admirable garde impériale, véritable • armée dans l'armée n, que l'empereur choyait particulièrement , et à laquelle il distribuait avec libéralité les croix do la Légion d'honneur, et mémo los dotations. Autour de l'armée nationale. Napoléon groupait do nombreuses troupes étrangères, dont il faisait un très large emploi et dont il utilisait les services sur les divers champs de bataille de l'Europe. Ces armées disparurent avec l'Empire.

— BiBLiOGR. : C. Rousset, les Volontaires (Paris, 1870) ; la Grande Armée de fSfS (Paris, 1871); Chassin, l'Armée et la liérolution (Paris. 1867) ; Michelet. les Soldats de la Bévolulion (Paris, 1878).

— L'armée, de t$f5à /^C. Dès son avènement, Louis XVIII abolit la conscription (pour la rétablir bientôt après d'ailleurs), et contrédia la plus grand© partie des troupes de Napoléon ; comme ce qu'il en gardait ne lui inspirait aucune confiance, il créa tme garde royale et enrôla des régiments suisses; enfin, il ne conserva la garde national».

Infanterie (1830).

(seconde RLiinibliqiic}-

ARMEL — ARMÉNIAQUE

niio flans certaines villes. Louis-Pliilippo agit tout antremont : il développa considérablement la garde, nationale, qui lui servit do garde particulière, et lit de la conscription le mode principal de recrutement pour l'armée, où fut alors créée la légion étrangère. C'est la — ^ ""

augmentée de la garde impériale, tuoi abaissé par suite de l'exonération ou rachat, qui permettait aux intéressés de ne pas payer de leur personne, qui servit sous le second Empire jusqu'en 1868, et même, malgré la loi de 1868, jusqu'en 1870. Quanta la garde nationale, elle était devenue une milice sédentaire, une garde de parade. Les événements de 1870-1871 ont supprimé toute cette organisation, et amené enfin la Franco à reconstituer son armée à la moderne.

— BiBLiOGR. : Trochu, l'Ariiiée française en 1867 (Paris, 1867).

— Armées européennes vioderpps. Il s'est effectué, do nos jours, dans l'organisation des armées ruropéennes, une transformation radicale, on dehors de laquelle n'est restée, jusqu'à présont , qu'une seule grande puissance :

1 Angleterre. Elle est basée sur deux principes essentiels : l'un qui est l'obligation du service militaire, l'autre qui consiste à faire passer le plus d'hommes possible dans l'armée permanente, et à ne garder chacun d'eux sous les drapeaux que le temps nécessaire pour lui donner une instruction militaire assez complète ; puis entretenir cette instruction par de courtes périodes d'exercice échelonnées sur un certain nombre d'années — les hommes demeurant le reste du temps dans leurs foyers, mais y restant toujours à'ia disposition de l'autorité railitaire, qui peut les rappeler un cas de mobilisation.

La première conséauence de cette organisation est a'assurer à un pays une armée nombreuse, mais dont tous les soldats n'ont pas la même valeur, ni comme âge, ni comme instruction militaire. D'où l'obligation de les répartir en plusieurs catégories :

active, réserve, armée territoriale, réserve de l'armée territoriale (landwehr, Itmdsturm), etc., pour que chacune soit suffisamment homogène quant aux aptitudes militaires des éléments qui la constituent. C'est ensuite d après ces aptitudes qu'on devra régler l'emploi à la guerre de ces diverses catégories.

Tel est le premier caractère des armées modernes. Il est indispensable d'en tenir compte, si l'on veut s'assurer les avantages du nombre, sans en avoir les inconvénients.

Ces armées conviennent très bien aux grandes guerres européennes, en vue desquelles on les a surtout constituées. Elles sont impropres aux expéditions coloniales, qui n'exigent pas de très gros effectifs, mais où il faut dos hommes qui puissent résister aux climats tropicaux. D'où la nécessité, pour les pays qui possèdent des colonies, d'avoir, en dehors de l'armée proprement dite, des corps de troupes spéciaux, dont les éléments devront satisfaire à des conditions d'â^e et de vigueur physique particulières. Ces troupes, qui constitueront 1 armée coloniale, se recruteront généralement au moyen d'engagés volontaires, et surtout de rengagés, à cause des garanties d'âge et d'instruction militaire que présentent ces derniers. En France, du reste, depuis 1893, les hommes du contingent directement « appelés » sous les drapeaux ne peuvent plus être incorporés dans les troupes dites n de la marine ", qui sont spécialement affectées à la défense des colonies. Et il en est généralement de même à l'étranger. Un autre caractère des armées modernes, c'est que, vu la brièveté du service actif, les cadres subalternes se composent en grande partie de rengagés. En dehors des troupes coloniales, le rengagement du simple soldat non susceptible d'obtenir au moins le premier grade de la hiérarchie n'existe pas ; car de tels hommes, loin de rendre des services, ne pourraient que se gâter par le séjour prolongé à la caserne pendant les périodes de paix.

Enfin, ces armées modernes doivent, au moment d'entrer en campagne, compléter, au moyen de réservistes, non fieulement leur effectif en soldats, mais leurs cadres de sous-officiers et d'officiers. D'où l'institution de sous-officiers et d'officiers de réserve, d'armée territoriale, en un mot do gradés qui n'appartiennent pas à l'armée permanente et qu'il faut former et entretenir par des procédés spéciaux.

En résumé, l'organisation des « nations armées » permet d'utiliser, pour la guerre, toutes les ressources et toutes les forces — tant matérielles qu'intellectuelles — d'un pays. Bien comprise et sagement appliquée, elle donne le vo'mhre aux armées, sans rien leur faire perdre de la (/*/nlité. Aussi peut-elle leur assurer une puissance bien supérieure à celle qu'elles possédaient autrefois.

D'un autre côté, en onligeant tous les hommes valides à prendre éventuellement part à la lutte, elle en l'ait sentir plus lourdement le poids aux nations qui l'entreprennent, l'aile tend à rendre les guerres plus dévastatrices, mais en même temps plus rares.

— BiBLioon. : Vinoy, l'Armée française en fS73 {Paris, I87:i): do Wimpfen, la Nation armée (Paris, i876).

— Mar. Armée navale, Réunion d'un nombre important de navires de guerre, sous les ordres d'un amiral. Du temps de la marine à voiles, l'armée navale comprenait plusieurs escadres de vaisseaux de ligne, éclairées par dûs navires rapides et légers, les frégates, et souvent escortées d'un convoi de navires de guerre armés en flûte, et servant au transport du matériel et du personnel do débarquement. De nos jours, une armée navale est, suivant

Ligne (second Empire).

son importance, composée d'une ou plusieurs escadres à une ou plusieurs divisions de trois cuirassés; chaque escadre est commandée par un vice-amiral, ayant sous ses ordres des contre -amiraux, chefs de division. Ces escadres doivent comporter des croiseurs cuirassés servant d'avantgarde, des croiseurs extra-rapides comme éclaireurs et répétiteurs de signaux; enfin, des torpilleurs. Le chef de 1 armée navale se sert, pour donner ses ordres, de conventions fixes, contenues dans les volumes do la tactique na- ^ale transmises au moyen de signaux de jour et ae nuit. (Plus généralement, ou désigne sous le nom de " armée navale 1 ensemble des forces navales de la nation.)

(Pour 1 histoire et la bibliographie de l'armée de chaque ( ns \ le nom de ce pays.)

Armée du salut. V. salut.

No

I espèce du genre pé-

ARMEL n.

m { / I ninm harmala).

ARMELINE n. î. Pelleterie très blanche et très fine qui

I I \ u m W Laponie, et qui est la fourrure d'hermine.

ÂRMELLINI (Charles), jurisconsulte et homme politique

II ih 11 11 à Rome en 1777, mort à Bruxelles en 1863. I i-N i( 1 avènement de Pie IX, il fut chargé de préparer l i 1 lupirt des réformes opérées dans les Etats romains de is4iia 1818. Chef do la municipalité romaine et député, il d( cepta le ministère do l'Intérieur après la fuite du pape, preparales travaux législatifs de l'Assemblée constituante, pt fut nommé triumvir de la république avec Saffi et Mazzini. Il représenta dans cette commission l'élément modéré, et s'occupa surtout de la justice et de la législation. Forcé de s'expatrier après l'entrée des troupes françaises à Rome, il vécut depuis à Bruxelles.

ARMEMENT n. m. Action de pourvoir des armes nécessaires : L'armemknt des troupes, d'une place de guerre. Il Ensemble des objets qui servent à armer : Subside destiné à payer /'armement. Il Préparatifs de guerre ; Armk- MKNT par terre, par mer.

— Fig. Réunion des moyens d'attaquer et de se défendre dans une polémique, une discussion : Le syllogisme, l'antinomie et la série, forment /armement complet de l'intelligence. (Proudh.)

— Constr. Ardoises placées sur les murs, pour les garantir de faction de la pluie.

— Mar. Provision de tout ce qui est nécessaire à la subsistance, à la manœuvre et à la sûreté d'un navire : Armement en guerre, en course. V. Enctcl.

— Mus. Armement à la clef. V. armature.

— Enctcl. Hist. L'homme se munit d'armes offensives tout d'abord, puis d'armes défensives, dont la première fut le bouclier. Des matières employées pour s'armer, la pierre apparaît naturellement comme la plus ancienne; son emploi est caractéristique des civilisations primitives. A la pierre s'adjoignent le bois durci, les os des bêtes, les arêtes des poissons. Puis vient le métal, cuivre pur, bronze, fer, acier. Dès le commencement des périodes dites « du premier âge du fer », il existe des casques et des cuirasses de cuivre. Puis on emploie des tissus de mailles de bronze et de fer, qui apparaissent dans l'ancienne Assyrie. De tous les peuples de l'antiquité, les Grecs sont ceux qui employèrent les armures les plus complètes; les Orientaux usaient plutôt de défenses de corps on mailles. Le progrès consista alternativement dans la fabrication d'armes capables de rompre ou de pénétrer les armures, et dans celle d'armures assez fortes pour résister aux armes, aux projectiles. Pendant tout le moyen âge, on cherche une armure parfaite ; mais, comme on ne sait pas encore bien battre le fer en grandes pièces, on se revêt de cuir, de « jaques " rembourrées, de n gamboisons », de n hauberts » de mailles. En même temps que la poudre devient d'un usage constant, on perfectionne l'armure. Au commencement du xv« siècle, celle-ci est presque parfaite; à la tin du xvi*. elle atteint son plus grand perfectionnement : ses pièces principales résistent à la force des armes à feu, car partout lare et l'arbalète ont disparu devant l'arquebuse et le mousquet. Mais, bientôt, on tend à se défaire de l'armure, qui est trop lourde, trop coûteuse, et qui commence à ne plus protéger, au xvu" siècle, contre les mousquets de fort calibre. En même temps que la centralisation sociale amène le désarmement des individus dans la vie civile, le système militaire donne la plus grande importance au fantassin armé légèrement, et les armes blanches deviennent d'un emploi de moins en moins fréquent. En outre, l'armement tend à s'uniformiser de plus en plus chez tous les peuples, de telle sorte qu'il n'y a plus de différences importantes qu'entre l'armement des nations civilisées et celui des peuplades sauvages. Le costume militaire se modèle sur le costume civil. Simplifié, dépourvu d'armes défensives, il revêt l'homme, ne l'arme plus que dans quelque corps de cavalerie cuirassée. V. armes, adoubement, armure, etc.

— Art milit. Ensemble des armes offensives ou défensives dont sont munis les soldats des différents corps de troupes. L'armement de l'infanterie est le même dans toutes les armées européennes, — au moins quant aux armes dont il se compose : fusil et baïonnette. Le modèle seul varie légèrement d'un pays à l'autre, mais tend do plus en plus à se rapprocher d'un type de valeur sensiblement égale.

C'est la cavalerie qui présente le plus de complexité et de variété dans son armement. Celui-ci comprend d'abord partout le sabre, dont il existe de nombreux modèles; puis la lance, très en honneur en Allemagne, où tous les régiments en sont pourvus, et qu'on trouve également dans une notable partie des régiments anglais, italiens, espagnols, mais qui a presque entièrement disparu des autres armées. En France, après avoir été supprimée, elle a été remise en essai dans quelques régiments dé dragons.

Les cavaliers sont également à peu près tous pourvus d'une arme à feu, soit carabine, soit revolver ou pistolet à répétition (v. ces mots), ce dernier essayé en Allemagne.

Enfin, la cavalerie est encore munie d'armes défensives, sous forme de casques et de cuirasses. Ces dernières tendent du reste à disparaître. Et il n'y a plus guère que dans l'armée française où elles soient encore destinées à être portées en campagne, par une douzaine de régiments. Presque partout ailleurs, elles ne sont plus conservées que pour les parades, à titre historique et traditionnel.

L'armement do l'artillerie comporte, outre ses bouches à feu, les armes personnelles de ses sei-vants et conducteurs. Une partie des artilleurs sont équipés comme des cavaliers et armés d'un sabre de cavalerie, le plus souvent

accompagné d'un revolver. Les autres, équipés en fautassins, sont généralement armés, notamment en France, d'un mousqueton très court, avec sabre-baionnette.Mais, dans certains pays, comme en Allemagne, ils n'ont pas d'armes à feu s'ils servent dans l'artillerie de campagne, ou sont, au contraire, armés d'un fusil d'infanterie quand ils appartiennent à l'artillerie de forteresse.

L'armement des troupes du génie est en général le même que celui de l'infanterie, avec quelquefois une arme à feu plus courte ou plus légère, chaque soldat étant on outre le plus souvent porteur d'un outil de pionnier.

L'armement des hommes du train se compose d'un sabre, avec une carabine ou un revolver. L'armement de la gendarmerie comprend la carabine avec baïonnette, plus le sal)re pour les hommes achevai. Enfin le personnel des différents services ou troupes techniques (.des chemins do for, têl'-graphistes, etc.), est pourvu d'un armement plus ou moins analogue à celui de l'infanterie et du génie.

Le personnel du service de santé, neutralisé par la convention de Genève, n'est pas armé en campagne.

Varmement des officiers comprend le sabre ou l'épée, suivant les armes, et un revolver. Un modèle spécial d'épée a été créé pour les sous-officiers rengagés. L'épée fait également partie do la tenue des sous-officiers du génie et de la gendarmerie.

— Armement (L'officier d') est un lieutenant, chargé, dans chaque corps de troupes, de tout ce qui concerne les armes et munitions (entretien, comptabilité). Dans l'artillerie, ces fonctions sont remplies par un adjudant.

— Armement d'une place forte ou d'u7i ouvrage fortifié. On appelle ainsi l'ensemble du matériel d'artillerie destiné à la défense de cette place ou de cet ouvrage. On distingue Varmement de sûreté, dont toutes les pièces doivent être, dès le temps de paix, établies sur les remparts, aux points mêmes où elles auraient à fonctionner, et ïnrmement de défense ou complet, formé par l'addition, à

I armement de sûreté, de 1 armement complémentaire, «■Ot-â-dire dune série de pièces qui sont, en temps de )iaix, réiinfes dans les magasins de la place, pour n'être tiablies sur les remparts qu'au moment de la mobilisation, ou seulement lorsque la place est menacée d'un siège.

— Armement des bouches à feu. On désigne sous ce nom toute la série des ustensiles nécessaires pour servir une jiièce de canon, c'est-à-dire pour la charger, la pointer, y mettre le feu, la nettoyer après le tir, etc. Ces ustensiles sont très nombreux et très variés; les principaux sont: les leviers, le refouloir, Vécouvillon, le tire-feu, le dégorgeoir, la hausse, le niveau de pointage, etc. Ils sont ])ortés, les uns par l'affût, les autres par les servants mêmes de la pièce, au moyen de sacs en cuir spéciaux, qui constituent l'équipement de ces derniers.

— Mar. Etat d'un bâtiment que l'on dispose pour prencre la mer, en embarquant à son bord personnel, vivres, matériel. Quand un navire de guerre arme, quand il est en armement, on ouvre les « feuilles d'armement « ; quand il est prêt à partir, l'armement est terminé. La commission chargée au ministère de s'occuper de l'armement des navires, et, dans les ports de guerre, de chaque navire qui arme, s'appelle commission d'armement. Le port d'armement est le port où il est inscrit, où arme le navire dont il s'agit. (Dans les ports de guerre et les ports de comiiii I ï inii.MiiHiis, on trouve le bureau des armements et 1. . . : ;;i i 1rs aux armomonts qui en sont chargés.)

i //''/e. Se dit d'un navire de guerre dont on

a ' I ,i[.jui \'--~ canons, et qui sert de trans^iort. Dans les navires de commerce, on trouve Varmement en guerre, en course {celui-ci n'existe plus en France depuis le traité de 1856), en croiseur auxiliaire. wAr-'mement d'une batterie» d'une pièce. Préparation de la batterie et de la pièce en matériel et en personnel, il L'armement, en parlant d'un navire de combat, s'entend aussi de sa puissance militaire. (Le croiseur a un armement considérable.) ii L'armement d'un canot comprend le matériel et le personnel. {On met l'armement des embarcations de sauvetage à l'appel.)

— Antun. Désarmement.

Armengaud (Jean-Germain-Désiré), littérateur français, né à Castres (Tarn) en 1797, mort à Passy en 1869.

II s'occupa d'abord de commerce, puis il se livra à son goût pour les arts, visita les musées de l'Europe, et publia une suite d'ouvrages avec gravures, remarquables tant par le fond que par la beauté de l'exécution tvpographique. Les principaux sont : l'Histoire des peintres Hc toutes les écoles, depuis la Jienaissance jusqu'à nos jours (1849% qui a été achevée sous la direction de Charles Blanc ; les Galeries publiques de l'Europe (1856-1865) ; les Chefs-d'cruvre dr l'art chrétien (^1857); les Trésors de l'art (1859); les Chef^d'(puvre de Bubens à la cathédrale d'Ajivers (1859); le Panthéon de l'histoire (1863-1864), etc.

Armengaud (Jacques-Eugène), dit Armengaud l'Aine, ingénieur et dessinateur français, né à Ostendo en 1810, mort à Paris en 1891. Elève de l'Ecole des arts et métiers de Chàlons, il devint un très habile dessinateur, et fut nommé professeur de dessin pour les machines au Conservatoire des arts et métiers de Paris. Enfin, il ouvrit un cabinet d'ingénieur-couseil pour les brevets d'invention. À partir de 1851, il publia avec son frère Charles, son collaborateur ordinaire, un recueil mensuel, le Génie industriel. Nous citerons de lui : l'Industrie des chemins de fer ou Dessins et Descriptions des principales machines (1839;, on collaboration avec Charles Armengaud ; Traité théorique et pratique des moteurs hydrauliques à uajoeitr (1858); Publication industrielle des machines, outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récents (1840 et suiv.); Nouveau Cours raisonné de dessiîi industriel appliqué à la ynécaniqu-: et à l'architecture (1860), avec Charles Armengaud et Amoureux; le Vignole des mécaniciens (1865), etc.

Armengaud (Charles), dit Armengaud Jeune, ingénieur français, frère du précédent, né à Ostende en 1S13, mort en 1893. Il suivit les cours de l'Ecole des arts et métiers de Chàlons, puis il s'occupa de dessin industriel, devint professeur à l'École spéciale de commerce, et ouvrit un cabinet de consultation pour les brevets d'invention. Outre les ouvrages publiés on collaboration avec son frère, on lui doit : Guide manuel de l'inventeur et du fabricant { 1840), souvent réédité ; l'Ouvrier mécanicien, guide mécanique pratique (IZiO), très souvent réédité ; Formulaire de l'ingénieur constructeur (1858), etc.

ARMÉNIAQUE (du lat. Armenia, Arménie) n. f. Bot. V. abricotier.

Arménie, contrôo do l'Asio occidontalo. EIlo est bornée au N. i>ar la Géorj^io, à TE. pur lu mor Caspionno, au S. \nir la vallôo siipôrîouro du 'liyro, à l'O. par la vallôo <lo rKuplirato occidental ou Kara-Sou. ElIo ost possédée par l:i Russie, la Turuuio et la Porso.

— Gi^mjriiphic physique, L Arménio forme le lion natiiri'l ontro les hauts plateaux do l'Asie Mineure et de l'Iran. Son altitude movonne, ou effet, n ost par inl'ériouro à 1.500 m. iSon roliet', le plus souvent d'..

ARMtME

flHammoDt précise. Le torritoiro dtait, admiDistratIvement, divisé on quinze provinces, subdivisées on cantcns ; X^Haute- Arménie, ville princip. Garin {Erzoronm) ; Z* DaU/ ; 3" Koukart/ ; A" Oadi; 5" Quatrième-Armi-me ; 6" Ùouroujiérnn ; T* Ararad, où se trouvaient Ani, (lui fut capitale, Tovin, Armavir; 8» Vnabouragan, v. pr. : Nakdjavàn, Van ou Scliamiramag<^rd, Aghlhaniar ; 9» .S'iûimiV; ; lO'* Avtxakfi; il' Paidayaran; 12" Aghtzniq, v. pr, : Edesso, Mcdzpin (Nisibo),

■ani.|UO. est n-n^gulior. Ce no sont que oliaines q^ui so coupent, tiuo massifs ot plateaux.

L'Ararat s'élève à 5.172 métros, lo Saoualan A 4.752, l'Alat'oouz à 4.oy5.

Dans les dépressions sont do grands lacs : lo lac do Van, lo Joktchai ou Sovan^. 1<' lac d'Ourmiah. Dans los vallé.'s courent les rivières,, uupées do rapides, <iui nourrissent au N. le Tchorouk, la Koura et son affluent l'Aras ; au S. lo Tigre ; à l'O. los doux branches do l'Euphrate : lo Koura-Souot le Mourad-Tchai. Le climat do l'Arménie, malgré la latitude, qui est, celle de l'Italie méridionale, ost, à cause de lallitudo et do la situatinn du pays au milieu -h-s terres, rigoureux. Erz. roum a connu, dans uuo même année, dos teni-

Sératures de — 25° ot e -f- 44**. Cependant, la complexité du relief introduit dans les conditions climatériques de la région arménienne une grande diversité. Grâce, également, à l'altitude ot à la direction des vents dominants, venus de l'O. ot du N.-O., l'Arménio reçoit des pluies abondantes.

— Géographie économique. Les larges vallées, celles d'Erivan, d'Erzeroum, les oords des grands lacs, sont fertiles; les céréales, les arbres fruitiers, la vigne y prospèrent; dans quelques cantons, comme dans la province d'Erivan. le coton est cultivé. Sur les plateaux, 1 élevage — du mouton surtout — est l'industrie agricole presque unique. Los richesses minières sont peu connues, inexploitées ; l'industrie est peu active. Il faut noter cependant, pour leur importance déjà grande, la production du sel gemme et des cocons à soie ; la région fournit, do plus, des armes estimées et des étoffes. Quelques villes, Tabriz, Erivan, Erzeroum, ont une certaine importance commerciale; Erzeroum, surtout, est le point de croisement des routes de caravanes entre le golfe Persique, la mer Caspienne et la mer Noire. Malheureusement, les voies de communication, dans ces pays, sont rares et mauvaises.

— Géoyi-aphie politique. Lès frontières, en Arménie, ont été fixées, entre la Russie et la Turquie, par le traité de Berlin (juillet 1878), entre la Perse et la Turquie par le traitédeTourkmantchai(1828i. entre laTurquieet la Perse par la convention de 1856. Les Turcs, malgré les empiétements successifs des Russes, occupent encore la majeure partie de la région. Ils possèdent le bassin du lac do Van, les deux Euphrates supérieurs, les hautes vallées du Tchorouk et do l'Aras. L'Arménie turque, qui est divisée en cinq vilayets ; Erzeroum, Mamours-ul-Aziz, Bitlis, Diarbékir. Va"n, mesure une superlicie de 187.800 kilom. carr., et compte environ 2.500.000 hab. De ces derniers, 480.700 seulement sont de religion arménienne et obéissent au eatholicos, patriarche dont la résidence est dans l'Arménie russe, à Ecbtmiadzin ; los autres chrétiens sont au nombre de 165.200 ; les musulmans, — pour la plupart des tribus Kurdes — de 1.795.800. L'Arménie russe comprend, entre le Tchorouk, la Koura et TAras, les provinces d'Erivan ot d'Elisabetpol, et une partie du gouvernement do Tiflis 1 villes principales : Erivan et Kars). L'Arménie persane a formé, sur la rive droite de l'Aras. la partie septentrionale de la province del'Aderbaïdjan ; là est la grande ville de Tabriz (Tauris), une des villes les plus populeuses de la Perse entière. Il y a aussi des colonies arméniennes parfois nombreuses dans les divers Etats de l'Europe, et aussi dans l'Inde.

— Histoire. Les Arméniens appartiennent à la famille indo-européenne. Cantonnés d'abord en Phrygio, ils s'établiront, du VI' au IV» s. avant notre ère, dans la région moyenne du Tigre et de l'Euphrate, où ils rencontreront des tribus sémitiq^ues. Les Arméniens s'appellent dans leur langue ffrtït/ (au singulier -ffaï) et leur pays //aiasrf«H. ou demeure dos Haïq. Le mot Arménie, qui vient de l'hébreu Aram, n'a pas prévalu dans la géographie nationale, par suite do la prédominance de l'élément aryen sur le sémite.

La primitive Arménie, appelée Ourartou (Ararat), dans les inscriptions cunéiformes, fut tout naturelloment exposée aux entreprises des monarques ninivites. qui d'ailleurs no la réduisirent pas sans peine. Lorsque les Mèdes et los Babyloniens eurent détruit Ninive (606 av. J.-C.), Kyaxarôs occupa aisément l'Arménie, redevenue un moment indépendante. Aux Mèdes succédèrent les Perses, ot, lorsque Alexandre eut conquis l'Asie occidentale, l'Arménie écliut aux Séleucides de Syrie. Les écrivains nationaux, ignorants de ces faits et désireux de donner à leur nationalité une ori-

fine biblique, imaginèrent qu'une première dynastie avait té fondée par Haïg, dont ils firent un descendant de Noë, mais la liste des rois Aaïciens n'a pas do valeur historique. Il n'en est pas de môme de la dynastie des Arschaf/ouniq {ou Arsacides d'Arménie), fondée par Vagharschag ou Valarsace, frère du roi parthe Arsace le Grand (ii" siècle av. J.-C), et à laquelle appartiennent: Tigrane, qui se mesura non sans gloire avec les légions romaines ; Abgar, qui lit d'Ëdesse sa capitale et sous lequel le christianisme fut prêché on Arménie; Tîridate. mort en 314, le coutomporain et l'ami de Grégoire l'Illuminateur. (V. ce nom.) Sous cotte dynastie, l'.'Vrménic parvient à un certain degré de puissance, et forme un Etat doté d'une constitutiou suf-

Tigranocorte : 13" Mogq ; U" Gortaiq ; IZ" Persarménie.

En 428 s'éteignent les Arschagouniq. L'Arménie, dont les Byzantins et les Perses n'ont cessé de so disputer la possession, passe en grande partie sous la domination de ces derniers, qui la font gouverner par des marzbans, sortes de margraves, et prétendent étouffer le christianisme au prolit du mazdéisme. Cette guerre religieuse se prolonge si longtemps, acharnée et violente, que l'Arménie tombe sans résistance au pouvoir des Arabes (vu* siècle) : les Khalifes remplacent les Sassanidos, des osdigans gouvernent l'Arménie à la place des marzbans. Cependant, un noble, de la famille des Pakradouniq ou Bagratides, profite des embarras des Ommeyades pour se faire conférer la dignité de n patrice d'Arménie i> , et au siècle suivant, un autre prince de la même famille, Ascbod, fonde, avec l'assentiment des Khalifes, la dynastie des Pakradouniq, i\a\ régna de 885 à 1079, avec Ani pour capitale. Les Byzantins s'emparèrent presque complètement, dans le cours du XI* siècle, d'une contrée dont ils avaient toujours convoité la possession, mais les Seldjoukides les en chassèrent. Pendant qu'Ani succombait, et avec elle l'indépendance nationale, des populations arméniennes, fuyant l'invasion, so réfugiaient aans les gorges du Taurus, et de là en Cilicie. Une étroite alliance devait tout naturellement unir les Arméniens et leurs frères en religion, les croisés; laCilicie, appelée Petite Arménie par opposition à l'Arménie propre ou Grande Arménie, fut érigée en un royaume vassal du saint-siège et de l'empire d'Allemagne (1198), et trois dynasties régnèrent successivement sur ce pays : Roupémens, Héthoumiens, Lusignans. La Petite Arménie reçut une organisation analogue à celle des Etats fondés en Syrie par les croisés; les assises d'Ajitioche y e\ireDl force de loi. Grâce à sa position géographique et à ses ports, ce royaume, qui fut détruit au xiv* siècle par les mamelouks d'Egypte, prit, pendant un temps, un grand développement'commercial. Le dernier roi de la Petite Arménie, Léon VI, mourut en France, pensionné par Charles VI, ot fut enseveli à Saint-Denis (1393). Ses droits passèrent aux Lusignans de Chypre.

Quant à la Grande Arménie, après avoir été dévastée par les Seldjoukides, elle le fut par les Mogols, puis par les Ottomans. La partie orientale fut annexée à la Perse, au XVII» siècle. Bientôt, un autre conquérant entra en scène : la Russie, qui, ayant incorporé la Géorgie en 1802, commença dès lors de s étendre vers l'Arménie ; lo traité d'Andrinople (1828), la campagne de 1353-55, celle do 187J favorisèrent son ambition, et l'ancien Etat arménien se trouve aujourd'hui partagé entre la Turquie, la Russie et la Perse.

Par l'article 61 du traité de Berlin (1878), la Porto ottomane s'est engagée « à réaliser sans retard les améliorations et les reformes qu'exigent les besoins locaux dans les provinces habitées par les Arméniens et à garantir leur sécurité contre les Circassiens et les Kourdes «.Cette clause est demeurée lettre morte : l'Arménie est le théâtre incessant de conflits à main armée, et les massacres de 1895 et do 1896, qui ensanglantèrent même Constantinople, provoquèrent en Europe un mouvement d'opinion favorable à la cause arménienne.

— Religion. Au point de vue religieux, les Arméniens se partagent en Arméniens grégoriens (ce sont les plus nombreux), et eu Arméniens unis ou catholiques, relevant du saint-siège tout en conservant leurs rites particuliers. U y a aussi un tout petit nombre d'Arméniens protestants, reconnus comme communauté distincte par un hatt do 1850. Après la prise de Constantinople en 1453, Mahomet II laissa aux Grecs lo libre exercice de leur cuite et de leurs lois, et il remit au patriache Gennadios un bérat le reconnaissant comme chef suprême do la nation grecque dans tout l'empire ottoman. Les Arméniens, séparés de la grande Eglise de Constantinople depuis lo concile de Chalcédoine (450» formeront aussi une nation ayant son patriarche, dont l'autorité s'étendit aux nestoriens. jacobites et autres hétérodoxes orientaux. En 1841, les Arméniens grégoriens furent autorisés par la Porte à avoir un conseil do notables, pour assister civilement lo patriarche ; en 1847, deux assemblées furent instituées : l'une pour les affaires civiles, l'autre pour les ad'aires religieuses ; en 18dG, rassemblée

civile éIal>ora un r^glomont (|ui. unanimemont adoptai par ra»Hombléo générafo do la nation (IHAui. fut ftanctiooué par le sultan flS03) : une axHonibléo nationale élue pour 10 ans fît composée do 140 mcmbn^H 'io oculésiaMiiquci», 40 députés des provinces, HO députés de ConKtaminopIo) statue sur los altaires importantes et délc^^un les affiairo» courantes, suivant leur nature, à un cunsoil religieux (14 membres), ot à un conseil civil (20 membre»). Le» affaires mixtes sont réglées par los deux conseils.

Lo patriarche do Constantinople, dont les pouvoirs sont subordonnés à <:oux de rassemblée générale, vient biérarchiquoment après le eatholicos, chef suprAmo do l'Egliso grégorienne. Le eatholicos, qui réside a Echtmiaiizio, co territoire russe, est élu par rassemblée do la nation ot révocable par elle; son éleciion doit èiro approuvée par lo sultan et a^'réée par lo t-sar.

Le christianisme fut prêché en Arménie au iv" siècle par Grégoire rilluminatcur. sous lo régne do Tiridate III. G est à la fin du sii'M-Jo suivant que l'Eglise arménienne accepta le monophysisine et se sépara en fait de l'Eglise grecque.

^ Langue et littérature. La langue arménienne appartient à la famille linguistique dite • aryenne ■ ou < indo-«uropr'ciino u , mais on ne sait s'il faut la rattacher au groupe éranicn, ou en former un groupe à part dans loquet entreraient lo géorgien ot certains dialectes tels que celui des Agbovans ou Albanais du Caucase. L'alphabet arménien. inventé par Mosrob à la fin du iv" siècle, remplaça l'écrituro d'origino aramécnne antérieurement en usage; il se composait primitivement de trente-six lettres, mais lo soin d'exprimer les mots importés par los croisés provoqua, au siècle, l'addition do deux lettres supplémentaires : O

cet alpbabet, dont les lettres maju appelées lettres île fer, et les minuscules lettres j

ules

udcs

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