‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 476 sur 828 · CORNEILLE · texte numérisé non relu

CORNEILLE

II On dit aussi assassine, et mouche assassine.

A l'assassin! Cri de détresse poussé par quelqu'un qui est tombé entre les mains d'un meurtrier.

ASSASSIN, INE adj. Qui assassine : Horde assassine.

— Poét. Qui donne la mort oi sert à la donner : Fer

ASSASSIN. Art ASSASSIN.

i (Bibl. nat.).

La pri

— Par exai.'^ér. Qui froisse l'amour-propre, nuit à la réputaiion, eir. ; hpiip'amme assassine.

— Fain. (^»iii IiIcsM' lo cœur, en inspirant des sentiments ou dos dt'sirs aiiii.urt-uK ; Œillade xs&xssi-SE.

ASSASSINANT, ANTE adj. Fam. Inhumain, cruel :

... Dans le procédé des dieux.

Dont tu veux que je me contente.

Ne paraît-elle pas aux yeux ? Molière.

Il Ennuyeux, importun, fatigant à l'excès : Compliments assassinants. Que cet ho7nme est assassinant, avec ses exclamat ions ! {A\cx.. Dum.)

ASSASSINAT [na] n. m. Meurtre commis avec préméditation ou guet-apens : Tout coupable ^'assassinat est puni de mort. (C. pén.)

— Par ext., Acte violemment odieux ou gravement injuste : Faire travailler ainsi un pauvre enfant malade, c'est un assassinat, n Acte ou parole qui porte un grave préjudice : La calomnie est un assassinat moral. (Boitard.)

— Encvcl. Linguist. Le fait de donner la mort à son semblable constitue l'homicide. L'homicide commis volontairement est qualifié « meurtre », et l'assassinat est un meurtre commis avec préméditation ou guet-apens (C. pén., art. 295 et 296). [V. PREMEDITATION, GnET-APENS.] Cette distinction ne fut faite ni à Rome, par la loi Cornelia, ni pendant le moyen âge ; la peine do mort frappait autrefois les meurtriers et les assassins sous le terme général de « homicides u (homicide). Le mot «^^ ' < '', > luiiluyé à partir du xv" et duxvi' siècle, ne sciii^ ; . i i in'une acception bien distincte, et il par;i > >ynonyme de

celui de « meurtre i> dans l'orilniiii.HK , , Mniinelle de 1670. La distinction complète, et telle qu'elle est faite par le Code pénal de 1810, date de 1791 {loi du 25 sept., tit. II, art. S ot 11) : il y est écrit formellement que l homicide prémvdi lé sera qualifié d\i assassinai ». Les législations modernes de l'Europe sont en général, sur ce point, conformes à la nôtre : en Angleterre, on avait du reste, depuis longtemps, fait dans la pratique une différence entre le meurtre de propos délibéré et prémédité {murder) et l'homicide {manslaughter).

— Dr. h'assassiîiat consommé ou tenté est puni de mort par nos lois (C. pén., art. 2 et 302); le meurtre simple, c'est-à-dire l'homicide commis volontairement, mais sans jiréméditation ou guet-af>ens, n'est puni que des travaux forcés à perpétuité ; à moins, toutefois, qu'Û n'ait précédé, accompsûgné ou suivi un autre crime, ou qu'il n'ait eu pour objet, soit de préparer, faciliter ou exécuter un délit, soit de favoriser la fuite ou d'assurer l'impunité des auteurs ou complices de ce délit (C. pén., art. 304). Lorsque l'attentat à la vie est commis à l'aide de substances toxiques, il est qualifié de empoisonnement : la peine est la môme que pour l'assassinat. V. parricide, infanticide (C. pén., art. 301).

Sont indignes de succéder : celui qui est condamné pour avoir asssassiné ou tenté d'assassiner le défunt, et l'héritier majeur qui, instruit du meurtre du défunt, ne l'aura pas dénoncé à la justice (C. civ., art. 727). Mais le défaut de dénonciation ne peut être opposé aux ascendants et descendants du meurtrier, ni à ses alliés au mémo degré, ni à son époux, ni à ses frères, oncles et neveux (C. civ., art. 72S). On remarquera que l'héritier n'est pas tenu de dénoncer le coupable, mais le crime.

ASSASSINATEUR n. m. Celui qui faisait métier d'assassinor. (Vieux.)

ASSASSINE ffém. de as.sassin) n. f. Femme qui commet un assassinat : En France, on n'exécute plus les assassines.

— Fam. Lutine, femme qui agace quelqu'un.

Que dit-elle de moi, cett^ gente assassine? Mouère.

— Petite mouche. V. assassin.

ASSASSINER V. a. Tuer avec préméditation ou guetapens : 'Jnnnd on veut se mêler de gouverner, il faut savoir se laisser assassiner. (Napol. I".)

— Par anal. Faire périr injustement : Exposer des soldats à la mort sans nécessité, c'est les assassiner, h Causer la mort, mémo sans intention de nuire :

Qui tôt ensevelit, bien sou\

Et tel est cru défunt qui n'en a que la mine. Molière.

— Par oxagér. Faire subir à quelqu'un un traitement pénible, ou injuste, odieux, de quelque nature qu'il soit : Calomnier, c'est souvent assassiner. Assassiner les gens à force de mangeaille. (Molière.) Vous ïw'avez assassiné longuement, en détail, avec préméditation, et l'infâme Hudson a été l'exécuteur des hautes œuvres de vos ministres. (Napol.' I«^) 11 Ennuyer, importuner à l'excès : Assassiner quelqu'un de citations, de civilitéSy de demandes, etc.

— Allus. littér. :

Ah ! doit-on hériter de ceux qu'on assassine ? Vers de Bhadamiste et 2 énobie, tragédie de CrébiUon. Il s'adresse à Pharasmane, roi d'Ibérie, qui prétend fairo valoir ses droits sur les Etats de son fils Rliadamistc, qu'il croit avoir fait périr. Les allusions à ce vers se fout presque toujours d'une façon plaisante.

ASSASSINS n. m. pi. Nom d'une secte religieuse de l'islam, qui prit naissance en Perso en l'an 1090 de notre ère. — Un assassin.

— Encycl. a cette époque, un nommé Hasan-Sabbah, qui avait été l'ami de Nizam-cl-Muck, le célèbre vizir du sultan seldjoukide Alp-Arslan, et qui avait adopté les dogmes de la secte d'Ismaël, s'empara par surprise de la forteresse d'Alamout, près de Kazevin. Le sultan Sindjar essaya de détruire cette hérésie naissante, mais la peur d'être assassiné le fit promptement renoncer à son entreprise.

Voici la liste de ces princes : 1000. Hasan-Sabbah ; 1124, Kya-Bouzourg-Oumid ; 1138, Kya-Mohammcd ; 11G3, ïlasan, mort assassiné; 1100, Mohammed, empoisonne par son fils; 1210, Djclal-ed-Din, mort empoisonne; 1221, Ala-ed-Din-Mohammed, assassiné par l'ordre de son fils; 1254, Rokn-od-nin-Kaher-Shah.

Les entreprises des sultans seldjoukides contre cette secte ne furent pas heureuses; et, quoique deux califes eussent péri sous le coups de ces furieux, les envoyés do Djelal-ed-Din étaient comblés d'honneur à Bagdad. En 1255, Houlagou-Khan, fils de Toulon et frère de l'empereur de Chine, Mangkou-Kaan, mit fin au pouvoir de cette secte et rasa toutes ses places fortes, au nombre de cent, suivant quelques auteurs. Rokn-ed-Din se rendit à la cour de Mangkou, à Karakoroum, pour faire sa soumission : mais l'empereur refusa de le recevoir, et il fut assassiné

on route. Une petite branche de cette famille subsista, cependant, jusqu'à l'époque de Shah-Rokh, fils de Timour-Hey.

On trouve aussi des assassins en Syrie. Un de leurs principaux chefs lut Sinan, qui chercha à faire assassiner Saladin ; lo comte Raymond de Tripoli fut assassiné par sessicaires en 1152, et, en 1192, Conrad, marquis de Monfcrrat. eut le même sort ; on prétend que ce fut sur ia demande do Richard, roi d'Angleterre. Le dernier fut Nedjm-ed-Din-Ismaël, qui fut renversé en 1273.

Le nom de assassins dérive du terme arabe hashshashi ou hashishi, dérivé de haschisch, nom du chanvre indien, dont on fait une boisson enivrante. Il est assez rare de trouver ce mot dans les textes arabes; on trouve plutôt celui de batheniens, du mot arabe bathni, sens caché de la racine arabe bathn. (Ce nom leur est appliqué par suite de ce fait qu'un de leurs dogmes était qu il fallait moins se tenir à la lettre du Coran qu'à son sens caché.) On les trouve aussi nommés fedàvî (affidés), et ismaïliens. Les historiens persans les nomment surtout moulahidda (les iiiii ]■ Ir-, fin no sait trop quels étaient les dogmes des ;i I 11 , à l'époque de la prise d'Alamout, Ala-ed-

li:i V I M !il,-Djouveini brûla tous les livres qui en traii.i'i m 11 ,i|ir- s ce que ce personnage et d'autres auteurs nous ont conservé, les dogmes de cette secte ont un certain rapport avec celle des babis modernes et des autres sectes qui furent légion en Perse.

— BiBLiOGR. : Hammer, Geschichte der Assassînen {Stuttgard, 1818); Stan. Guyard, Un grand'maltre des assassins au temps do Saladjn (Paris, 1877).

ASSATION [si ~ du lat. assare, faire rôtir) n. f. Hyg. Coction des aliments ou des médicaments dans leurs propres sucs, sans addition d'aucun liquide : /.'assation des bulbes des liliacées.

— Alchim. Couleur noire, putréfaction de la pierre.

ASSAUT (.so —du lat. flrf, vers, etsaltus, saut)n. m. Attaque faite dans le but d'emporter de vive force une position ennemie : Prendre ^'assaut une place forte. Le connétable de Bourbon fut tué devant lioine en montant à /'assaut.

— Par anal. Action de tout ce qui assaille avec violence, avec impétuosité : Les assauts du vent, de la tempête. Assauts de la maladie, il Sollicitation vive, pressante : // consentira, si vous lui livrez un dernier assaut.

— Fig. Secousses morales : Les assauts de l'adversité. Céder, résister aux assauts des passions, il Démarches que l'on fait, peines que l'on se donne pour obtenir un difficile triomphe, ou arriver à quelque chose qu'il est malaisé d'atteindre : Les grandes fortunes se prennent rf assaut et par surprise. (De Ségur.)

— Escr. Combat, exercice au fleuret contre un adversaire : Faire assaut avec le prévôt d'une salle d'ar/jîes.

II Assaut d'arjiies. Lutte entre plusieurs tireurs connus pour leur habileté à l'escrime, et à laquelle le public ou des invités viennent assister comme à un spectacle, ii Au fig. Combat d'émulation, lutte à qui fera le mieux, à qui l'emportera en quelque chose : Faire assaut d'éloquence, d'érudition. Faire assaut d'esprit, de zèle, de coquetterie.

— Encycl. Art milit. ISassaut est l'opération finale d'un siège régulier,^ et, plus généralement, des attaques dirigées contre une place forte ou contre des troupes établies dans une position fortifiée.

Dans un siège régulier, conduit de façon normale, l'assaut ne se donnait qu'après avoir fait brèche au corps de place ou à tel des ouvrages avancés qu'il fallait souvent emporter eux-mêmes de cette façon. Ce qui caractérisait surtout l'assaut, et le distinguait des autres opérations du siège, c'est que les assiégeants, sortant des tranchées et autres travaux de sape derrière lesquels ils s'étaient abrités jusqu'alors, s'y montraient enfin à découvert et abordaient l'ennemi à l'arme blanche.

Les règlements militaires n'autorisent le gouverneur d'une ville assiégée à capituler qu'après avoir sulti au moins un assaut au corps de place. Celui qui avait su tenir assez longtemps pour forcer les assaillants d'en venir à cette extrémité devait prendre les plus grandes précautions pour empêcher l'assaut de réussir, surtout à cause des conséquences terribles que la prise d'assaut entraînait généralement pour une ville, alors à la merci du vainqueur, et dont les habitants pouvaient être victimes de toutes les violences. Heureusement, les préparatifs de l'assaut, et surtout l'exécution de la brèche, demandaient assez do temps pour que les défenseurs, connaissant à l'avance le point où il aurait lieu, pussent établir en arrière quelque retranchement intérieur, susceptible d'arrêter l'élan des assaillants, ce qui permettait de signer une capitulation honorable ajirès s'être conformé, sans trop de risques pour la population, aux prescriptions des règlements mUitaîres..

Aujourd'hui, grâce à la longue portée des canons actuels et aux effets destructeurs de leurs projectiles, les assauts deviennent plus rares, les assiégeants pouvant

gresque anéantir les défenseurs à distance et sans avoir esoin d'en venir aux mains avec eux, ou pouvant tout au moins pratiquer de très loin, même au corps de place, les brèches qui ne pouvaient être exécutées autrefois qu'à très petite portée et après l'accomplissement de travaux d'approche longs et difficiles.

Par contre, les assauts se multiplieront dans les engagements de la guerre dite de campagne, les armées modernes devant faire un usage de plus en plus étendu de la fortification passagère, ou plus généralement des abris naturels ou artificiels, pour se protéger contre les efi'ets des armes actuelles.

L'attaque des positions avancées doit être alors préparéo par l'artillerie, c'est-à-dire par une canonnade éin-rgique plus ou moins longue, destinée d'abord à éteindre hfeu de l'artillerie do la défense, puis à paralyser auianr que possible son feu de mousqueterie, de manière à pci mettre aux assaillants de s'avancer sans trop de pertes jusqu'au point d'où ils peuvent s'élancer à l'assaut. La laçon do diriger ainsi l'attaque d'une position constitue l'une des branches les plus délicates de la tactique moderne V. ce mot.

ASSAUVAGIR v. a. Rendre sauvage. (Vieux.)

— v. n. Devenir sauvage : Faul-e de culture, certaincc terres assauvagissent,

ASSAVOIR V. a. Savoir. (Vieux.) Et si je puis joiirniîo avoir, Je vous le forai assavoir. Roman île Counj.

ASSCHE-LEZ- BRUXELLES, ville de Belgique (Brabantj, ch.-l. de cant., arrond. adm. et jud. de Bruxelles ;

7.o«;! liai). Conimorco do hoiiMon, lio lin ot do lihi ; tanneries, brasseries. — Pop. du cautun : a-l.ooo imb.

ASSC (lat. ttscin) n. f. Sorte do martoau. V. aissuttk,

ot ASSIiAO.

AsSE, torront dos Bassos-Alpos, affluent do la Duranco, .'LUX crues terribles, comme l'indiquo le proverbe ; L'Assc, l'un t/iti lu paust' I Cours : 70 kilom.

AsSE (Luius V.ivj.-n.- Auguste), littiSratour, né à Paris

eu i»:ut. Il ;i - "llii'i . :i 1] /iivuc cuutemnoraiin:, au Mont- Ind-uiufn:^, I. , I ,, h ,■111, lir, en 1883,ila bibliotliôquodo rArMMi:i!.ll:i |.uMi, ,iii,,,„i ih's études sur lo xvm" .slùclo : Leill-es Je .l/^c.livsr |,lb7.1J ; Lelhrs ,ir Mlle ,/,■ /.i-s/tiniissu

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