ASSISTANT — ASSOCIATION
ou fermiers publics: enfin, les sociét/rs funéraires. Les couimunauti'-H chréiicnnON ont conservé longtemps co caractère; ot les a.svtciation8 ouvriép-H du monde romain ont probahlcmenl servi do modules aux corporations da moyon &go.
— BiuLmfiR. : Foucart, le$ Aêiociatiom retigieuêCê ches les Grecs (Paris, 1873).
— Associatio.sh avant 1789. L'on no peut pxH dire qao les associations, dans lo sens moderne du mot. existassent avant 1780, et, copondant, dans l'ancionno France, tout était a.ssociation : a&soclations que len corporniion» d'arts et métiers; associations que les ghitdt:s et hanses pour lo commerce, et, dans la suite les grandes comptuinies : Compagnie de» Inde» orientales. Compagnie des Intles occidentales; associations que les couvenlÀ et communautés rcligiouses ; associations q^ue les mesnies, les communauté* taisibles, ïea fiefs, les «eif/ncurti?*; association» pour le travail industriel ou commercial, pour l'cxploiiattoo de la terre ot la défense des personnes ou des propriétés. Dans les époques do troubles et de violences comme lo moyen àQO, l'individu isolé était perdu: il ne valait que comme membre d'un grou|ie fortement organisé. Chacun do ces groupes ou associations acquît, pou à peu, des droits, qui devinrent des privilèges; leurs intérêts et l'exercice même do leurs droits so contrariaient les uns les autres. C'est, en réalité, contre ces associations locales et jouissant d'une grande indépendance qu'a été dirigée l'œuvre de la royauté centralisatrice, continuée par la Hévoluiion.
— II. Droit. Lo mot association s'entend do l'union do plusieurs personnes pour un butou dans un intérêt commun et spécial.
Les différentes espèces d'associations proprement dites so divisent naturellement en deux classes, selon que les individus qui s'associent ont pour objet la satisfaction d'un besoin immatériel, intellectuel ou moral, ou qu'ils ont uniquoment en vuo un profit, un avantage matériel.
Les associations de la première classe forment divers groupes ■ 1^ les associations religieuses (ordres religieux, congrégations, confréries, communautés (v. congrégations) ; 2" les associations de bienfaisance, de charité, de philanthropie ; 3** les associations qui ont pour objet l'avancement des lettres, des arts, des sciences, de 1 industrie, de l'agriculture, etc. (académies, sociétés géologiques, chimiques, botaniques, etc.); 4*' les associations de propagande religieuse, morale, politique, etc. (association pour l'émancipation des catholiques, anti-corn-law-league, etc.).
Les associations de la seconde classe forment deux sections. Dans l'une se rangent les diverses sociétés ou compagnies commerciales, industrielles, agricoles, financières, et les diverses combinaisons en vue de consommations et do plaisirs on commun ; dans l'autre, les diverses sociétés do prévoyance (sociétés de secours mutuels, assurances, tontines, etc.) v. ces mots.
Aux termes do l'art. 291 du C. pén., ■ nulle association de
Îdus de vingt personnes dont le but sera de se réunir tons es jours ou à certains jours marqués pour s'occuper d'objets religieux, littéraires, politiques ou autres, no pourra se former qu'avec l'agromont du gouvernement et sous les conditions qu'il plaira à l'autorité publique d'imposer à la société n. Toute association formée sans autorisation ou qui, autorisée, a enfreint les conditions imposées* est immédiatement dissoute (C. pén., art. 292).
Lo code pénal n'avait atteint que les associations composées de plus de vingt personnes. La loi du 10 avril 1834, qui est toujours en vigueur, déclare l'article 291 applicable aux associations de plus de vingt personnes, même quand elle sontdivisées en fractions d'un nombre inférieur, si l'ensemble des fractions excède ce chiffre, et porte que l'autorisation du gouvernement est toujours révocable.
Les conditions pour que le délit d'association illîcito existe sont : 1* qu'il y ail association proprement dite, c'est-à-dire à la lois entente préalable dans un but commun et organisation permanente acceptée par les associés. (Elle se distingue par là de la coalition cl de la réunion publiqite [v. ces mots]); 2* quo cette association se manifeste par des réunions, périodiques ou non. (Tandis que le code no punissait que les associations qui so tenaient tous les jours ou à jours marqués, la loi do 1834 avait décidé que l'autorisation du gouvernement serait nécessaire, même pour les as.sociations qui ne tiendraient pas leurs séances à jours marqués); 3» qu'elle se compose de plus de vingt personnes, que ces personnes soient ou non réj)arties dans des g-roupes moins nombreux ; 4» qu'elle nait pas obtenu l'autorisation du gouvernement.
La pénalité prononcée parrariicle292 du code pénal a.été aggravéo par la loi du 10 avril 1834. Cette loi n© se borne pas, comme l'art. 293 du C. pén., à punir les chefs, directeurs et administrateurs de la société illicite; elle punit chacun des membres dont ces associations se composent, sans aucune distinction entre eux. En outre, le taux de la peine a été augmenté. Le code pénal no prononçait qu'uno amende de 16 à 200 francs ; la loi do IS34 léleva au chiffre de 50 à 1.000 francs, on y ajoutant un emprisounement de deux mois à un an. En cas de récidive, les peines peuvent être portées au double. Enfin, le condamné peut être assujetti à l'interdiction de séjour pendant un temps qui n'excédera pas le double du maximum do la peine. L'art. 463 du C. pén. (cire, atténuantes) est d'ailleurs applicable.
— Législations étrangères. — Belgique. L'article 20 de la constitution belge garantit le droit d'association ei proclame q^ue ce droit ne peut être soumis à aucune mesuro préventive. Lo code belge no punit quo les associations do malfaiteurs.
— Allemagne. L'article 4 de la constitution prussienne place le droit d'association sous la surveillance des autorités de l'empire, et uno loi du 21 octobre 187S, prorogée successivement le 31 mai 1880 et lo 28 mai 1884. a interdit toutes les associations qui, par leurs tendances, ont pour but le renversement des institutions ou de l'ordre social existants. De plus, le code pénal de l'empire (art. 128) punit de la prison tous ceux qui font partie d'associations illicites.
— Angleterre. En Angleterre, le droit do réunion et d'association ost reconnu par les lois, d'accord avec les mœurs politiques du pays ; il a cependant été suspendu dans certaines circonstances par le parlement (notamment en 1799 et 1S17), et réglé par plusieurs lois exclusivement relatives aux associations politiques. Les associations séditieuses sont punies de peines plus ou moins fortes, suivant le danger qu'elles font courir à l'ordre public. C'est lo jury qui est appelé à décider si l'association présente le caractère séoitieax qui la fait tomber sous lo coup de la loi.
ASSOCIATION — ASSOCIATIONNISME
— Etats-Unis. Les Etats-Unis de l'Amérique du Nord praliciiieut la liberté d'association avec plus de hardiesse que rAngloierro elle-même. Le droit de se réunir et de s associer y est tellemont étendu, que les sociétés peuvent soryaniser par la constitution d'un bureau central, et députer des délégués à des assemblées générales que, dans le pays, on appelle conventio7is. Que les Sociétés ainsi organisées soient politiques, religieuses, scientifiques ou littéraires, la loi ae met jamais obstacle à leur réunion.
— Dr. adrain. Associations syndicales. Les associations syndicales sont des associations de propriétaires, groupés pour la confection et l'entretien en commun de certains travaux d'amélioration agricole.
Les associations libres se forment sans l'intervention do l'administration ; mais elles ne peuvent légalement exister nue sous trois conditions : 1" le consentement unanime dos associés constaté par écrit; 2° la rédaction d'un acte d'association spécifiant le but de l'entreprise et réglant le mode d'administration de la société, le mandat des syndics, les voies et moyens; 3" la publication de cet acte dans un des journaux de l'arrondissement.
Les associations autorisées se constituent avec l'intervention de l'administration. Pour obtenir cette intervention, elles doivent remplir quatre conditions : l" la demande des intéressés; 2° une enquête administrative; 3" un arrêté d'autorisation pris par le préfet; 4" la publication, dans la commune où sont situées les propriétés, de l'acte d'association et de l'arrêté préfectoral.
Les propriétaires intéressés à certains travaux spécifiés par la loi peuvent être réunis en associations syndicales autorisées, soit en vertu d'un simple arrêté préfectoral, soit, en certains cas, après (^ue les travaux ont été reconnus d'utilité publique par un décret du conseil d'Etat.
Des syndicats forcés peuvent être constitués, malgré les propriétaires, en exécution de la loi du 16 septembre 1807 sur le dessèchement des marais et de la loi du 14 floréal an IX sur le curage.
L'association syndicale, collectivité des propriétaires, a pour organes administratifs : 1" ïassemblée f/thiérale ; 2" le syndicat, nommé par rassemblée générale ; 3" le directeur, qui préside les réunions de l'assemblée et du syndicat.
(Cf. loi des 21-26 juin 1865, modifiée par la loi du 22 déc. 1888; décret du 9 mars 1894; loi du 20 août 1881 [syndicats pour les chemins ruraux reconnus] ; loi du 4 avril 1882 [restauration et conservation dos terrains en montagne] ; loi du 15 décembre 1888 [association contrôle phylloxéra].)
— Dr. pén. Associations de malfaiteurs. Cette matière est régie par les art. 265, 266 et 267 du C. pén. Les art. 265 et 266 du C. pén. de 1810 étaient ainsi conçus ; Art. 265. — Toute association de malfaiteurs envers les personnes ou les propriétés est un crime contre la paix publique. — Art. 266. Ce crime existe par le seul fait d'organisation de bandes ou de correspondance entre elles et leurs chefs ou commandants , ou de conventions tondant à rendre compte ou à faire distribution ou partage du produit des méfaits.
Pour qu'il y ait association de malfaiteurs, d'après ces textes, il ne suffit pas qu'un certain nombre d'individus se réunissent habituellement pour préparer en commun leurs méfaits : il faut que ces individus soient unis par les liens d'une organisation définie et en quelque sorte hiérarchique; qu'ils dirigent leurs attentats contre les personnes et les propriétés ; enfin, qu'ils soient associés en vue d'une succession d'attentats, que ces attentats aient été, ou non, perpétrés. L'art. 267 punit de travaux forcés à temps les auteurs, directeurs, commandants en chef ou en sous-ordre des bandes de malfaiteurs ; cette qualité de commandant en chef ou en sous-ordre est même une circonstance aggravante, qui, d'après la jurisprudence de la Cour de cassation, doit faire l'objet d'une question spéciale au jury. La peine de réclusion frappe Il tous autres individus chargés d'un service quelconque dans ces bandes et ceux qui auront sciemment et volontairement fourni aux bandes ou à leurs divisions des armes, munitions, instruments de crime, logement, retraite ou lieu de réunion » {art. 268).
Le C. pén. de 1810 avait voulu réprimer les crimes des bandes de voleurs et de pillards qui s'associaient pour mettre en commun le produit de leurs méfaits. A la suite des attentats commis par les anarchistes, la loi du 18 décembre 1893 a modifié les dispositions du C. pén., dont les articles précités ne pouvaient être étendus aux crimes des anarchistes, lesquels n'ont pas une organisation hiérarchique et définie, mais obéissent, cependant, à une idée commune et constituent une association de fait ayant pour programme la destruction violente de l'ordre social. La loi du 18 décembre 1893, qui a abrogé l'art. 268 précité, qualifie crime contre la paix publique « toute association formée, quelle que soit sa durée ou le nombre de ses membres, toute entente établie dans le but de préparer ou de commettre des crimes contre les personnes ou les propriétés » {art. 265 modif.). Quiconque se sera affilié à une association ou aura participé à une entente de ce genre sera puni de travaux forcés à temps, et même les juges pourront en outre prononcer la peine do la relégation, sans préjudice de l'application des dispositions de la loi du 31 mai 1854 sur l'exécution de la peine des travaux forcés. Le malfaiteur a un moyen d'écnapper aux rigueurs de la loi : c'est, avant toute poursuite, de révéler aux autorités constituées l'existence de l'association, ou l'entente établie {art 266 modif.). Ainsi, au lieu que sous l'empire du code de 1810, les simples membres de l'association de malfaiteurs étaient passibles de la réclusion, ils sont punis de travaux forcés à temps, sous l'empire de la loi de 1893. La réclusion continue de frapper ceux qui auront sciemment et volontairement favorisé les auteurs des crimes prévus à l'art. 265 en leur fournissant des instruments ue crime, moyens de correspondance, logement ou lieu de réunion. En outre, les coupables pourront aussi être condamnés à l'interdiction de séjour établie par la loi du 27 mai ISS.'i ; la révélation avant les poursuites les exempte toutefois de la peine édictée, au même titre que les auteurs directs du crime (art. 267).
Les menées anarchistes ne tombent pas sous le coup de la définition légale du complot. Il v a complot, aux termes de l'art. 89 du C. pén., « dès que îa résolution d'agir est concertée et arrêtée entre deux ou plusieurs personnes », mais le complot suppose un attentat précis, qu'il s'agit do préparer, et les attentats anarchistes sont pour ainsi dire individuels : l'excitation seule est collective.
L'art. 268 du C. pén. est abrogé.
— Philos. Association des idées. Les images et les idées
ne sont pas seulement conservées ; il ne suMt pas de dire qu'à certains moments elles émergent dans notre mémoire ; elles se suscitent les unes les autres. D'après quelles lois ces associations se produisent-elles?
Aristote, dans son traité De la mémoire et de la réminiscence, s'est occupé de cette question : il reconnaît que les associations se font par ressemblance, contraste et contignité, et la plupart des psychologues postérieurs n'ont fait que reprendre ces vues d'Aristote. En effet, Hume classe les associations de la façon suivante : 1" association par contiguïté de temps ou de lieu; 2° association par ressemblance; 3" association par contraste; 4" association par cause et effet, moyen et fin, principe et conséquence (mais celles-ci rentrent plutôt aans les liaisons logiques d'idées). — Dugald-Stewart explique que les idées se suggèrent d'après leurs rapports, qui sont ou essentiels (principe et conséquence, cause et effet, etc.), ou accidentels (voisinage de temps, de lieu, etc.). De là deux sortes d'associations spécifiquement distinctes : essentielles, et accidentelles. — Pour Alex. Bain, les actions, sensations, émotions passées sont plus aisément rappelées quand elles sont associées soit par contigu*ité,soit par ressemblance, avec plus d'une impression présente. — E. Rabier. enfin, veut ramener l'association par ressemblance à l'association par contiguïté. Mais cette réduction, qui a été acceptée par nombre de psychologues, est repoussée par d'autres, notamment par F. Pillon.
Quoi qu il en soit, l'association des idées joue un rôle considérable dans la vie intellectuelle et morale. Au mot associATONNiSME, nous indiquons le parti que les philosophes empiriques en ont tiré, pour rendre compte de la raison.
— BiBLioGR. : L. Forri, la Psychologie de l'association depuis Hobbps jusqu'à nos jours f Paris, 18S3 ) ; Herbert Spencer, Priyicipes de sociologie (Paris, 1873-1886); Al. Fouillée, la Science sociale contemporaine (Paris, 1883). r>alloz, Jurisprudence générale (Paris, 1845); R. de Kauffmann, Association dona/iiêrc de l'Europe centrale (1886).
Association britannique pour le progrès des sciences (British Association for advancenient of sciences), fondée en 1831, à York (Angleterre), par David Brewster. En 1832, son siège a été définitivement transféré à Oxford. Cette Association, sorte d'académie libre, renferme dans son sein toutes les sommités scientifiques anglaises. Elle comprend différentes sections, ou comités, ayant chacun un président spécial; ils se subdivisent comme suit : sciences mathématiques et physiques, sciences chimiques, géologie, biologie (zoologie, botanique, etc.), géographie, les sciences économiques et de statistique, mécanique, anthropologie, et enfin la physiologie, qui ne date que de 1894. L'Association publie annuellement un volume spécial, renfermant le compte rendu des progrès scientifiques accomplis pendant l'année.
Association française pour l'avancement des sciences. Dès 1865, à L''ille,Kuh!mann forma le projet d'une vaste association scientifique qui engloberait la France tout entière. Cette Association prit réellement naissance en 1861, et fut déclarée d'utilité publique le 9 mai 1876. La nomination de Claude Bernard comme président donna une impulsion décisive à l'œuvre nouvelle. L'Association s'organisa d'une manière définitive, et, après une année d'existence, elle était à la tête d'un capital considérable, et comptait dans ses rangs tout ce que le haut enseignement possède d'illustrations. — L'Association a pris pour devise : u Par la science, pour la patrie. »
D'après ses statuts, elle a pour but de « favoriser, par tous les moyens en son pouvoir, le progrès et la diff'usion des sciences, au double point de vue du perfectionnement de la théorie pure et du développement des applications pratiques ». Elle exerce son action par des réunions, des conférences, des publications, des dons en instruments et en argent aux personnes travaillant à des recherches ou entreprises scientifiques qu'elle aurait provoquées ou approuvées.
Chaque année, l'Association tient, dans une des villes de France, une session générale dont la durée est de huit jours : cette ville est désignée une année à l'avance par l'assemblée générale. Dans ses sessions annuelles, pour ses travaux scientifiques, elle se répartit en sections formant chacune quatre groupes : V sciences mathématiques ; 2" sciences physiques et chimiques ; 3" sciences naturelles ; 4" sciences économiques.
Depuis sa fondation, l'Association publie annuellement le compte rendu des séances de la session et le texte ou l'analyse des travaux qu'elle a provoqués. Depuis 1894, on désigne fréquemment sous le nom abréviatif de Afas l'Association française pour l'avancement des sciences.
Association internationale des travailleurs.
Association littéraire internationale Société formée par des écrivains de tous les pays, dans le triple but de les unir entre eux par des liens fraternels, de répandre universellement les littératures de toutes les nations, enfin de propager et de défendre les principes de la propriété littéraire. Cette Association fut fondée en 1878 par le congrès littéraire international , qui élut alors Victor Hugo pour président d'honneur. Elle a un comité d'honneur," composé de personnages éminents de tous les ])ays, et des présidents actifs. Il y a, dans chaque pays, dos comités nationaux. L'Association réunit tous les ans, sur un point différent du globe, un congrès international. En 1883, elle a organisé à Berne une'^conférence qui, avec l'appui du gouvernement fédéral, a provoqué une conférence de délégués officiels de tous les gouvernements, afin de constituer, sur le même plan que l'union postale, une Union générale de la propriété littéraire; et c'est grâce à ses efforts qu'a été signée, en septembre 1886, la convention universelle de protection des droits d'auteur.
Association philotachnique. Un groupement do professeurs, d'avocats, etc., d'une part, do jeunes gens, ouvriers, artisans, etc., d'autre part, — les uns donnant leur temps, leur savoir, les autres, avides do s'instruire, voilà, en résumé, ce que c'est que l'Association philotechnique.
Elle fut créée, le 29 mars 1848, par quelques professeurs de l'Association polytechnique, qui se séparèrent de leurs collègues pour organiser l'enseignement dune façon plus pratique et le rendre professionnel. Aujourd'hui, l'Association a des cours dans chacun des quartiers de Paris. Elle fut aidée, dès ses débuts, par le gouvernement et par la Ville de Paris, qui lui accordèrent une subvention. Tous les cours de l'Association sont absolument gratuits. L'As-
sociation philotechnique a ouvert des cours pour dos femmes, et organisé un enseignement manuel et industriel.
Association polytechnique. Le programme do cette Association a été résumé dans les termes suivants, par un savant ingénieur, le baron Charles Dupin, qui en fut un des premiers fondateurs ; i^ Enseigner les sciences appliquées aux jeunes gens de la classe industrielle, à l'heure où finit le travail des ateliers. » C'est après la révolution de 1830, à Saint-Cloud, que d'anciens élèves de l 'Ecole polytechnique commencèrent à faire quelques cours aux blessés et aux convalescentsdes journées de juillet, et ce fut dans un banquet auquel assistait lo duc d Orléans, à l'Orangerie du Louvre, que l'Association polytechnique reçut une organisation régulière. Il est juste de dire que de nombreuses tentatives isolées avaient amené et préparé peu à peu sa création. Les premiers cours do l'Association s'ouvrirentle 14 janvier 1831. Cette même année, Victor Lechevallier fonda une société nouvelle, à côte do la première : VAssociation pour l'instruction gratuite du peuple. Elle fut dissoute en juin 1832, mais elle renaquit presque aussitôt, sous lo nom de Association libre pour tinstruction du peuple, avec Cabet pour chef. L'œuvre entière disparut en 1834, détruite par lo gouvernement. Quant à l'Association polytechnique, bien qu'elle ne se fût pas aventurée aussi loin sur le terrain de la politique militante, elle était de son coté presque entièrement désorganisée. Cependant, à partir do 1 834, 1 organisation pédagogique s'affermit, et l'Association réalisa des progrès constants. C'est ainsi qu'à son programme purement scientifique du début elle ajouta peu à peu des cours de langue française, de dessin, de chant, de comptabilité, d'hygiène, enfin de langues vivantes. Cette Sorhonne de l'ouvrier, comme on l'a nommée, a été reconnue comme établissement d'utilité publique, le 30 juin 1869. "Ldi cvéaXiouàeV Assuciation philotechnique, société sœur, mais rivale, n'a pas peu contribué à ces heureux développements. U s'est établi entre les deux associations une émulation pacifique et tout au profit de la classe on vue de laquelle elles ont été créées. Elles sont toutes deux, aujourd hui, en pleine prospérité.
Association scientifique de PAIgérie, Cette Association a été fondée à Alger le 14 avril 1881, sous la présidence de Chauveau, correspondant de l'Institut, professeur à la faculté de médecine de Lyon. Succursale de V Associatiojï française pour l'avancement des sciences, dont les bases ont été jetées en 1865, elle comprend plusieurs sections ; 1° sciences mathématiques (mathématiques, astronomie et géodésie) ; 2" sciences physiques et chimiques (physique, cliimie, météorologie et physique du globe) ; 3" sciences naturelles (géologie, minéralogie, botanique, zoologie, zootechnie, anthropologie, sciences médicales); A" sciences économiques (agronomie, géographie, économie politique, statistique, pédagogie).
Association internationale africaine, Association créée par la conférence géographi(|ue internationale, réunie à Bruxelles les 12, 13 et 14 septembre 1876, sous la présidence du roi des Belges, Léopold IL Celui-ci y avait convoc[ué les présidents des principales Sociétés de géographie do l'Europe et plusieurs notabilités scientifiques.
Le but do l'Association était d'organiser, sur un plan international commun, l'exploration et la civilisation de l'Afrique centrale, par l'établissement de stations scientifiques et hospitalières entre le littoral et l'intérieur du continent, et par l'extinction progressive de la traite et de l'esclavage. Ses rouages fondamentaux étaient : 1" une commission internationcde (composée des présidents des Sociétés de géographie et de deux délégués pour chaque pays représenté à la conférence ou adhérant à son programme), sorte de parlement de l'Association, qui devait se réunir de temps à autre; 2" un comité exécutif permanent, gouvernement de l'Association, en dirigeant les entreprises et les travaux et'en gérant les fonds ; Z" des coynités nationaux, chargés do vulgariser, de populariser le programme de l'oeuvre et de recueillir des souscriptions.
Des comités nationaux s'organisèrent successivement en Belgique, en Allemagne, en Autriche, en Portugal, en Suisse, en Espagne, en Italie, en Hongrie, aux Etas-Unis d'Amérique, en France, dans les Pays-Bas, etc.
Quatre expéditions organisées par l'Association (juin 1877 à juillet 1880) furent dirigées dans la zone équatoriale comprise entre la côte orientale d'Afrique et le la** Tangauyika, sur les rives duquel furent érigées les si:i tiens de Karema et de Mpala. Mais Stanley, de retour .!<■ sa traversée de l'Afrique (août 1877), ayant vanté les im mcnses richesses du bassin du Congo, orienta dans ccii direction les vues de Léopold IL Celui-ci réunit au pahndo Bruxelles, le 25 novembre 1878, des notabilités beljj^^ et étrangères, qui créèrent, séance tenante, le Comii d'études du haut Congo, ayant en vue la pénétration en Afrique par l'ouest, dans un but non seulement scieniifiqui'» et humanitaire, mais aussi commercial. Stanley dirigea la première expédition, et, do 1879 à 1883, un grand nombre de stations furent établies dans le bassin du Congo.
h' Association internationale africaine et le Comité d'études du haut Congo disparurent alors, absorbés par l'A-'j'i"ciation internationale du Cong-o, qui adopta leur programnu-. mais en y joignant une idée politique : celle de faire r< connaître et accepter, par les puissances, sa souverain<-[dans le bassin du Congo.
A la suite des négociations diplomatiques entamées dans ce but, la France et l'Allemagne se mirent d'accord pour provoquer la réunion de la conférence africaine qui s'ouvrit à Berlin, le 15 novembre 1884, et dont l'acte généi-al, signé le 26 février 1885, mit fin à VAssociation internationale, en constituant l'Etat indépendant du Congo.
— BiBLiOGR. : Emile Banning, l'Afrique et la Conférence géographique de Bruxelles {'BvxixeWes, 1877); Albert Charapeaux, le Cuni/o historique, diplomatique, physique, politique, écunownjtir. /,u„i,vnlaire et colonial (Bruxelles, 1894).
ASSOCIATIONNISME ou ASSOCIATIONISME {si-o-niss) n. m. Système philosophique qui prétend expliquer par l'association des idées toutes les opérations intellectuelles, tous les principes de la raison.
— Encycl. Dans l'histoire de Yassociatioymisme, nous pouvons distinguer deux périodes : la période du xvni" siècle, à laquelle, outre son fondateur (Hume), appartinrent Hartley et James Mill, et la période contemporaine, dont les plus illustres représentants sont Stuart Mill, Alexandre Bain et Herbert Spencer. Aussi bien importe-t-il de remarquer d'abord que î'associationnisme a suivi une évolution pou-r ainsi dire parallèle à celle dos sciences posi-
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i,v.., iNnir l.-s :irii-ii>nK |ilivsiri<'iis, il y avait huit forros,
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<ii I III. I. ; <i.. 'K'|.Hi .|ii .1 ctà dtjcouvorto la lut
> ,|.,i.n. ■:. 1,1,,, (M I, .l'iii, H i,iii ■!.■. lur. -os, nous savons quoi- I. , s,> n-.UiÉ.-^.'iii i.Hiu b J.U iiiuii'.*;imiit qui, solon lo modo et liiin-usiLo ilos vibrations pur losquoUos l'ùK^ment cosuiitiuo ail.Mto nos sous ot iJÙMÙtro on nous, prend succossivcmont Ir , rjoms do « chaleur », « <iloctricité », « magnélismo ".olc. Im) tout cas, c'est gràco, ôvidommont, a la sunsibilitô |ili\Mologiquo quo l'organisme vivant peut rûagir ù. ces <ii\ Mrsos sollicitations. Quo, dès lors, les contres nerveux, a[ii'{'S avoir été impressionnés, gràco à rintormédiaire di>s oryanns, par les objets oux-mùmes, on gardent l'ébranloniont il l'otiit do t»Misioa sous lo nom d'images (idées), il n'y a rien Ui, disnnt les partisans do l'associationnismo, que de ir«>s coiilormo aux lois ordinaires do la physique. Et l'on (Mitrovoit dùjà q^uo ce sont les images ainsi omma-
gasinres qui, par la suite, oxorcoront sur le cerveau l'inuouco do vi*rital)los réactifs, et détorminoront, oxactomont coiamo lo feraient les objets eux-mt^mes, les faits dits n do pensL'O H , «do jugement i>,otc. Mais, do môme que, dans la phase de sensation, l'élémont cosmique change successivement do nom pour s'appeler tantôt force (c'est-àdire chaleur. ,'l.-,fri.-'t/- irrr-n'Mi-tiio. <'tr.\ tantôt ma^V'rt' (c'est-à-diiv- ^,1, , I ,1 : ; i. .ini hkui, selon le modo
Otl'intensil.-i, M ,1 I ■ i ;; '.i ■isiliilih' physiologique, do mômo, dan I 1 . . .(',./,. I iiiia-o,àson tour,
s'apiM-llri'a ,11 ■ .. :■■■■■ I ■ ■ iii'-iit", unique-
moni ■-■■li.ii I ,■.,■■ I . ,. .h>n sur la son-
sihihh- 1'- ■" '■■■! " ^^'' ■ ■ ■'■ i '■■ ■■i"^^'q"o ot scn-
sibilit.i' ps\riu [iir !.. ■,..i.i .|'. ii;.i- ■ i-iii' '■' iiirme chose.
Ici, toiitofois, siir-it 11 1 1, ■..<.■.. ■■.■. -.i!i . 'Idute, nous savons quo lima^'o iid--.- ni.H M. I ih )ii >■ par l'hérédité,
peut ultériouronu'iii. par 1- ■ k. i ^ h ion) avec une
autre imago matorirllr, pin\ ...j.:, r un i.iii d ordre psycliiquo (instinct). Telle, par exrmplo, c\\q/. W. cheval, la terreur qu'il manifeste à la seule odeur du tigre, le terrible ennemi de ses lointains ancêtres. Sans doute, encore, nous constatons chaque jour que l'imaço matcrioUe, recueillie par l'oxpérionco propre de l'individu, est susceptible, également par l'association, do produire des résultats somblahlos. Ainsi chez le chien qut, à fa soulo vue du chasseur décrochant son fusil, sn livr- .inv !. in.n fr.irinns do la Joie la plus exubérante. F.ii' ;.i. 'i • fifs, on
dedans, et ^er/c7-e, lire/, prn\' , .;i m. i d ordre
encore exclusivement matoiHi. \l,i i , , ,. ni r\ idiquor,
par le même mécanisme, la gonose, chez 1 homme, des idées morales?
D'abord, à la rigueur (la concession, toutefois, est excessive), on peut admettre que, dans tout organisme, c'est ou par le plaisir ou par la douleur qu'est déterminée la sensation pliysiquo. Ce sera donc, dès lors, sous l'un ou l'autre do ces caractères que les impressions s'inscriront dans les centres nerveux. Puis, une fois emmagasinées à l'état de tension, les impressions (idées) se cherchent, se tâtont pour ainsi dire, formant — tel un miroir — dos imaf/es d'itnmjes. Mais « plaisir», « douleur u, no sont, d'après l'associationnismo, quo l'expression abstraite (subjective) du bien et du mal, do mémo que les mots « bien » , « mal « , sont seulement la traduction, en langage psychique, du plaisir et do la douleur.
Et voilà comment la sensibilité, qui dans le domaine physiûue est la pierre de louche du plaisir et de la douleur, devenue exquise et hyperesthésiée, en quelque sono, sous leurs provocations réitérées, se trouve être également, dans le domaine psychique, celle du bien et du mal. Or, par là, nous voici arrivés à la conscience, c'*^st-à-diro à la faculté, particulière à l'homme, de choisir entre des idées morales; faculté, elle aussi, purement physiologique, d'ailleurs, que les anciens avaient justement définie
■ le sentiment do plaisir ou de douleur en vertu duquel nous apprécions la valeur de nos actes et do ceux dont nous sommes témoins >'. Dès lors, « conscience » et « sensibilité 11 no sont qu'une seule et même chose : la conscieuce n'étant quo la manifestation de la sensibilité par laquelle lo sujet vivant prend connaissance do ses propres états psychiqiies, comme la sensibilité est la conscience qud prend do ses états physiologiques, quo ceuxci proviennent d'une excitation extérieure, ou résultent des actions et réactions internes. — En conséquence, lorsque la sensibilité est sollicitée par un objet pnysique (ou une image do cet objet transmise par Tiiérédiiô), nous lui donnons lo nom do « conscience sensorielle »; lorsqu'elle a pour réaotil uno imago d'objet physique également, mais ai j.n .■ par I iM-i^ranisme lui-momo, nous l'appelons " oinn^. :i 1 II. I riuelle n; enfin, lorsque hi réactif est une un i i <■■ ' . produite dans lo cerveau par l'mtoractiftii d,^ ; i..- < [,;i ,• elles, nous arrivons à la «> consrnMico morale ". Mais, ici comme là, comme partout, la substance cérébrale reste le pôle où rctoutit toute dilfér.inialion; ot l'activité psychi{juo n'est dès lors qu'«uao diUérenciation nerveuse supérieure par la formation de sens intellectuels, de tout point analogues à nos sens physiques «. (J. Pioger.)
Toiles sontjtrôs différentes déjà de celles de leurs devanciers, les conclusions des associalionnistes modernes : tandis quo non seulement pour Malebrancho et Locke, mais aussi pour Hume et Hartloy, l'association n'était q'i'uno faculté spéciale de l'esprit, pour Stuart Mill,
■ i' \andro Bain, etc., elle devient sa loi môme. A leurs
;\, femme nous venons de lo voir, percevoir une idée, ■Minaître, l'analyser, la juger, l'approuver ou la con-
: iiior, sont autant d'opérations qui ont bien reçu des 1, ins différents, mais toutes se ramènent à la sensibilité, ^"iiant à Herbert Spencer, il va plus loin encore : pro- ' idant en biologiste déterminé, il rattache tous les phéiH iin'ncs mentaux à la vie. Pour cela, il lui su f lit de prouver que cette dernière so confond, elle aussi, avec la MMisibilité; que ces doux mots : « sensibilité u, «vie ", «■^ priment lo môme processus d'abstraction par laquelle Il is désignons la propriété commune qu'offrent les êtres
mis d'avoir une réaction spéciale, ûiio sensible, en pré-
■ • des excitations (^ui leur viennent du dehors. En i une substance est irritable (excitable, sensible) dans M-sure exacte où elle est vivante. Dès lors, la sensi-
■ ^irritabilité, excitabilité), c'est la vie. Mais, comme H' démontre on biologie, la vie, à son tour, n'est
ii:io forme supérieure du mouvement.
M donc, en premier lieu, ainsi ou'on l'a vu plus haut, les faits d'instinct, d'intelligence, de conscience, so réduisent à la sensibilité ; si, ensuite, la sensibilité n'est autre chose quo la vie; si, enfin, la vio elle-même n'est qu'une
ASSOCIATIONNISTE — ASSOMMOIR
formo (lu mouvemont, voilà, par uno chaîne inintorrompuo, riMluits audit mouvunicnt, au rnAmo litro d'ailluurs qiio lus ptiénumônou physiques, les faits dits « do mcntaliti, ... (it, par consémionC, co quo, on dehors do l'associa' tiunnismc, on appoifo encore les « facultés psychiques •,
— liiiii.iouR. : John Stuart Mill, Syntème de logique diidurline et inductive, trad. L. Poisse (1806-1867); (o Philom/i/iif de HamiUon, trad. E. Caîolles (1869); Alex. Bain, les Sens et l'Intelligence, trad. Gazelles (Paris, 1873); II, SpiMicor, Princiftes de psycholof/ic, trad. Th. Ribot et A. Ksiiinas (Paris, 181.1-1.S75).
ASSOCIATIONNISTE ou ASSOCIATIONISTE («l-o-ni»») adj. Qui concerne l'associationnismo : Philo8op/te, théorie
ASSOCIATIONNISTE.
ASSOCIEMENT n. m. Association, alliance. (Vieux.) ASSOCIER (lat, associare; do ad, à, et tociare, unir, joindrn, — Il prend deux i do suite, aux deux prem. pers. lUur.do rinip,derind. otdu prés. du subj,; Nous associions, vous associiez. Que nous associioîis, que vous associiez) v, a. Prendre ou donner pour collègue, pour compagnon, dans uno dignité élevée : Dioclétien associa Maximien à l'empire. Il Réunir deux ou plusieurs personnes pour poursuivre un but commun : La conformité de leurs goûts les associa dans cette circonstance.
— Dans son acception la plus ordinaire. Faire entrer en partage, en participation, en communauté do ; On n'AssociE sonnent ses amis a son bonheur que pour cltercher des échos. (Goddet.) il Mettre parmi, au nombre do : Vous m'ASSOciEZ à tout ce que votre siècle a vu et voit encore de plus illustre. (Mass.)
— Par anal. Joindre, unir, rapprocher : Associer des mots, des idées. Associer la modestie au savoir.
Associé, ée part. pass. du v. associer.
-— Membres associés, Dans quelques académies, Ceux qui participent aux travaux sans jouir des mêmes privilèges que les autres membres appelés «titulaires ».
— Mouvements associés. Physiol. Mouvements dont nous n'avons pas conscience, mais qui sont provoques par des elforts volontaires.
— Substantiv. Personne associée : Z'associé d'une maison de banque.
— n. f. Religieuse de deuxième classe, dans l'ordre de la 'N'isitation do Notre-Dame.
S'associer, v. pr. Former uno société avec quelqu'un ; prendre pour compagnon, pour compagne :
ivecque nos égaux.
La K(
Il Prend quelquefois un complément direct : L'Académie des sciences de Paris s'associa Franklin, comme elle s ETAIT associé .Vewion et Leibniz. (Mignet.)
— Se joindre, prendre part : S'associer aux vues, aux sentiments de quelqu'un, il Etre joint, uni, on parlant des choses ; pouvoir être associé, être compatible : L'étude ne peut s^ssocier avec la dissipation et les plaisirs.
— S'associer de. S'adjoindre : Je me suis associé D'un fort himnéle homme. (Rognard.) ['Vieux.]
— SVN. Associer, agréger. V. agréger.
— Anton. Désassocier.
ASSOGUE {sof/h' — de l'espagn. azonue, morcure) n. m. Galion espagnol chargé de mercure destiné à traiter lo minerai d argent en Amérique.
ASSOIFPER (de o, et soif) V. a. Donner soif, n S'emploio surtout au Hg. et au part. pass. : Sectaire assoiefé de martyre. Il Substantiv. : Un assoiffé de plaisirs.
ASSOLEMENT (rad. assoler) n. m. Ordre méthodique dans lequel so succèdent et reviennent périodiquement, sur une sole déterminée, les différentes cultures d'une exploitation agricole, exception faite pour certaines cultures ou pour certaines parties du domaine qui sont hors d'assolomont, c'est-â-diro non «oumises à cette loi do succession régulière.
— Encycl. L'assolement entraîne la division du domaine cultivé en autant do portions équivalentes qu'il y a d'espèces de cultures. Ainsi, dire qu'on pratique dans une exploitation agricole l'assolement triennal ; betterave, blé, avoine, cela signitle d'abord que sur la surface d'un mémo sol la culture do la betterave reviendra régulièrement tous les trois ans et que, dans les deux années d'intervalle, il aura été cultivé successivement du blé et de l'avoine ; mais cela signitle encore que l'ensemblo de la partie du domaine soumise à l'assolement se trouve subdivisée eu trois portions d'égale importance comprenant : la première année, toutes les soles réservées à la betterave ; la seconde, toutes celles qui sont réservées au blé ; la dernière, enfin, toutes celles qui sont cultivées on avoine. Quelquefois, on pratique deux assolements difforonts : l'un pour l'ensemble des meilleures terres, l'autro pour l'ensemble des terres médiocres.
L'usage de l'assolement résulte do co que certaines plantes ne peuvent être cultivées d'une façon indéfinie sur lo même champ ; sinon, les récoltes s'amoindrissent graduellement, eùt-on soin de fumer lo sol avec abondance pour réparer, et mémo au delà, l'épuisement de la terre, A une plante dent les racines traçantes épuisent les couches suporficiellos du sol il fera succéder uno plante aux racines pénétrant plus profondément; à uno céréale avide d'azoto il fera succéder uno légumineuso fourragère : trèfle, vesce, sainfoin ou touto autre qui jouit do la singulière propriété d'enrichir la terre en azote : à uno culture, enfin, qui ne permet pas de nettoyer la surface du champ il fera succéder une culture qui nécessite do frénuouts sarclages.
Chaque espèce de plante a, d'ailleurs, des parasites (insectes ou cryptogames) qui lui sont spéciaux. Espacer la culture do cette plante sur un mémo terrain tous les trois ou quatre ans, c'est s'opposer au développement do ces parasites.
Un assolement doit toujours avoir un but bien déterminé. Lo célèbre assolement anglais de Norfolk, qui tend à la production dos céréales, est quadriennal : en d'autres termes, la mémo plante revient tous les quatre ans sur la même sole, dans 1 ordre suivant :
1" année : Turneps, betteraves ou pommes do terre ;
2' — : Céréales d'été ;
3° — : Trèfle et graminées (prairie temporaire) ;
4" — : lilé d'hiver, qu'on p.Mit traduire par : nettoyage et fumure de la terre ; production de céréales d'été; enricliissemeut d'azote: production do céréales d'hiver.
L'as.soicmont triennal dos (;ranilo» fermes de la Brio c-i de la Boauco a. pour objet o.isenliol la oBjduction do la betterave à aucro fpromièro année); du blé (dcuiièmo année), et do l'avoine (troisième aouéoi. Il est complet* par des annexes do fourrage» ariiflcicls hors d'assolement ou pardes prés; mais, quand co» annexes sont insuflisantos, par l emploi des engrais chimiques ou sinon l'achat à bon compte de certain» engrais qu'on «o procure facilement aux environs dos grande» villes («adouc», fumier do cavalerie, etc.,. Los résidu» de la fabrication du sucre et do I alcool, c cstà-diro le» . pulpes ou cossoitos do betteraves .servent à l'engraissement d'un certain nombre do têtes do bétail, vendues ensuite â la boncborio (mouton» et bœufs do travail réformé»).
Les combinaisons qu'on pont adopter «ont innombrables. L a.s8olement perd beaucoup do son intérêt dan» deux cas : ou bien quand l'agriculteur défrichant uno région a des terres vierges à sa libre disposition, ou bien, au contraire, quand l'emploi do» moyens do culture les plus perfectionnés —engrais chimique», instrument» aratoires à vapeur, etc. — devient économiquomoot possible.
ASSOLER (rad. sole) v. a. Diviser en soles dos terres labourables ; y établir des assolements : Si l'on n'ASSOLAiT point les terres médiocres, elles deviendraient improduclivet .
S'assoler, v. pr. Etre assolé : Les terres doivent s'assoler d'après leur nature et d'après le climat.
— Ant^i.n. Desaoler.
ASSOLLANT (Jean-Baptiste-A'/'rerf), journaliste et romancier français, né à Aubusson de l'Ecoio normale supérieure.
ort en 1886. Sorti
l fut professeur d histoire, puis quitta l'Université et se rendit aux Etats-Unis, où il recueillit de nombreuses impressions de voyage, qu'il raconta dans ses Scènes de la vie aux Etats-Unis (1858), un de ses meilleurs ouvrages.
11 publia ensuite : Deux amis en /79?(1859) ; Brancas (1850) ; Quaterquem ; la Mort de Ro~ (nnrf (1860); jtfar<;om!r(1861); Pensées diverses, impressions intimes, opinions et paradoxes de Cadet Bomiche ( 1864 ) ; Une ville de garnison ( 1865) ; Un quaker à Paris (1866); Aventures meiTeilleuses au capitaine Corcoran (1867) ; l'Aventurier (1868); François Bûchamor, récits de la vieille France (ISl-i); Montluc le Bouge{l»lS),etc.Toas ces romans sont écrits d'une plume alcrto et spirituelle, avec beaucoup d'humour et do fantaisie.
ASSOMBRIR V. a. Rendre sombro : D'épais nuages As-
SO.MBRISSUNT le ciel.
— Fig. Rendre triste, soucieux : Les chagrins assombrissent le front.
S'assombrir, v.pr. Devenir sombre : En automne, te jour s'assombrit de bonne heure.
— Fig. Devenir triste : Tout sourit à la jeunesse, tout s'assombrit ;)oî(r ta vieillesse. fMirab.)
— Anton. Désassombrir, éclairctr, égayer. ASSOMBRISSEHENT n. m. Etat do ce qui est assombri.
Alfred AmoUoiU-
ce qu
nbrit
Fig. Tristesse répandue sur le visage.
ASSOMMADE n. f. Action d'assommer; résultat de cette
action.
ASSOMMANT, ANTB adj. Qui assommo ; qui est propre à assommer : i'nc arme assommante.
— Par oxagér. Fatigant, ennuyeux à l'excès : Harangue ASsoMMANTi:. Il A quol Ton nô peut résister, qui déconcerte : Malheur, Argument assommant.
ASSOMMCMENT n. m. Action d'assommer; résultat de cette action : /."assommement du bœuf exige certaines précautions, il On dit plus souveni abatage.
— Par oxagér. Abattomeni, ennui excessif. (Vieux.) ASSOMMER (rad. sotnme, dans le sens do charge, poids)
v. a. Tuer avec quelque chose do pesant : Aliton de CrO' tone ASSOMMAIT un bœuf d'un coup de poing.
— Par exagér. Charger de coups : âssommi£B quelqu'un de coiips de bâton.
— Par ext. Vexer, importuner : Assommer quelqu'un de questions. Un froid écrit assomme. (Mol.) n Confondre, déconcerter, jeter dans la stupéfaciion et l'aliattement : la mort de M. du Mans m'a assommée. (M" do Sév.) Il croyait m'ASsoMMER avec saint Augustin et les autres Pères. [J.-J. Rousseau.)
S'âssommerf v. pr. Se tuer, à. dessein ou non, avec ou contre quelque chose do dur, de pesant : S'assommer dans une chute, ti S'entre-tucr : En Angleterre, la boxe est un passe-temps; on s'y assomme honorablement, sans rancune, ni fureur, ni honte. (H. Taine.)
ASSOMMEUR, EUSE n. Celui, celle qui assomme : L'n AssoMMKiK f/t' h.rnfs. Dcs ASSOM.MEL'RS de gens.
ASSOMMEURS rad. assommer) n. m. pi. Nom donné à des voleur.'^ aniK-s do bâtons dont l'cxtrémilé était fendue, avec une pierre coupante dans la fente : leurs bandes désolèrent Paris en 1742 et en 1752. — L'n assommhcr.
— BiBMooR. : Barbier. Journal historique et anecdotique du règne de Louis XV ^Paris, IS4*>-185G).
ASSOMMOIR n. m. Instrument propre à assommer : Un ASSOMMOIR à la main, les chasseurs sont attentifs aux mouvements du castor. (Chateaubr.)
— Par ext. Bâton court et flexible, muni d'une boule de plomb à son extrémité : Z'assommoir est une arme prohibée .
— Fam. C'est itn assommoir, un véritable assommoir. Se dit d'un homme importun, ennuyeux à l'excès, u Coup d'assommoir, ou simidement .issommoir. Evénement, malheur imprévu et accablant.
— Cha-ss.' Sorte do piège disposé de manière à assommer les renards, les blarreaux et autres bètes puantes.
Il Trébuchet employé pour certains oiseaux.
— Pop. Débit de vins et liqueurs de la dernière catégorie : Z'assommoir lire son nom de ce que les alcools mférieurs qtte l'on y boit assomment le consommateur^
ASSOMPTIF — ASSOUPLISSEMENT
Assommoir (l'), roman, par Emile Zola (1877). Il s'en faut que tout le roman se passe dans le débit de vins et do Uijueurs tenu par le pure Colombe, débit qui donne son titre au livre; mais cet assommoir n'en est pas moins le centre do Taction. C'est lui qui est la cause de l'abrutissement progressif do Coupeau, le principal personnage, et c'est là que l'on fait connaissance avec les types significatifs de Mes-Bottes, Gucule-d'Or, Bibi-la-GriUade, et autres. Le vrai titre du roman serait : Histoire de la blanchisaeuse Gervaise, de son pr&mier amant Lanticr et de son Dinri Coupeau. Gervaise, dès sa plus tendre jeunesse, a eu pour amant Lantier, le chapelier, et elle a de lui deux enfants, Claude et Etienne. Lantier et Gervaise viennent à Paris avec un peu d'argent, qui devait leur servir à mouter une boutique de chapellerie; mais Lantier est paresseux et aime à s'amuser : l'argent est bientôt dépensé. De plus, le chapelier a fait dans une guinguette la connaissance d'une autre femme pour latjuelle il quitte Gervaise, après avoir obligé cette dernière à engager au mont-de-piété tout ce qu'elle avait. Courageusement, Gervaise travaille de son état de blanchisseuse, pour nourrir et pour élever ses enfants. Un ouvrier zingueur, nommé Coupeau, séduit par sa gentillesse, lui propose de l'épouser. Elle résiste d'abord, mais elle cède enfin et devient M"** Coupeau. Laborieux l'un et l'autre, ils parviennent à amasser GOO francs, qu'ils placent peu à peu à la caisse d'épargne. Malheureusement, Coupeau, qui travaille souvent sur Tes toits, fait une chute terrible; Gervaise dépense aie soigner chez elle toutes les économies du mô- Dage, et, quand^il est rétabli, il a perdu le goût du travail : à mesure que sa femme gagne un peu d'argent, Coupeau le boit. Lantier, alors, revient en scène ; c'est Coupeau lui-même qui l'amène près de sa femme et qui force celleci à le recevoir. Un soir que Coupeau est rapporté ivre, Gervaise renoue avec son ancien amant, et la fatalité l'enfonce chaque jour davantage dans une misère dégradante, pendant que Coupeau meurt du delii^ittm tremens.
L'Assommoir est la satire de l'ouvrier parisien, comme Genninal est l'épopée du mineur du nord. Cet ouvrage a fait beaucoup de bruit. La crudité des détails et du langage y est souvent poussée très loin ; mais il y a dans ceïivrc une intensité d'observation, une sincérité qui le classent parmi les œuvres maîtresses du romancier. — Du roman d'Emile Zola, Busnach et Octave Gastincau ont tiré un drame en cinq actes. (Ambigu, 1879.)
ASSOMPTIF, IVE (du lat, assumptivus, tiré du dehors) adj. Philos. Auxiliaire : Jugement assomptif.
— Blas. Armes assoruptives. Armes qu'on avait droit de prendre après une action d'éclat.
ASSOMPTION {psi— lat. assttmptio, môme sens; de assujnere, prendre pour soi, enlever) n. f. Enlèvement, transport miraculeux du corps et de l'âme de la sainte Vierge dans le ciel, il Fête instituée par l'Eglise pour honorer cet événement miraculeux; jour où cette fête se célèbre : L'office de TAssomption. L'hjmne de TAssomp-
//As
fr. o-'/'f.
présente la sainte Vierge enlevée au ciel par les anges . /.'Assomption de Murillo.
— Log. Seconde proposition d'un syllogisme appelée plus ordinairement mineure : Cette Assomption Ji'est pas exacte.
— Encycl. Le Christ, avant d'expirer, avait recommandé au discii^le Jean sa mère, qui mourut, croit-on, vingt-trois ou vingt-quatre ans après, vers l'an 57, soit à Ephèse, où elle aurait suivi saint Jean, soit à Jérusalem, comme d'autres le pensent. Les détails merveilleux qu'on trouve sur cet événement dans les récits légendaires, depuis la fin du iv* siècle, ne sont point garantis par la tradition de l'Eglise, qui commémore seulement le l'ait de Vassomption et le propose comme une croyance autorisée à la piété des fidèles, sans en faire un article de foi.
La fête de l'Assomption est fort ancienne ; elle est mentionnée dans les plus vieux martyrologes. Primitivement, elle se célébrait le 18 janvier, ce qui d'ailleurs n'empêchait pas qu'elle ne fût aussi solennisée le 15 août. Cette dernière date a fini par prévaloir exclusivement, depuis déjà bien des siècles.
En Franco, la fête de l'Assomption a pris un caractère en quelque sorte national, depuis que Louis XIU chosit
ce jour pour mettre sa personne et son royaume sous la protection de la Vierge, et pour demander un dauphin au ciel par l'intercession de la mère du Sauveur. C'est ce qu'on nomme le i^œu de Louis XIII. Cette circonstance a fourni aux artistes le sujet de plusieurs compositions.
Napoléon 1"% étant né le 15 août, faisait célébrer officiellement sa fête le même jour que l'Assomption; celte fête fut maintenue par Napoléon III.
Assomption (représentations diverses de l'). Nous ne pouvons tenter le dânombrement des œuvres remarquables inspirées aux peintres de toutes les écoles par 1 Assomption de la Vierge. Bornons-nous à rappeler la fresque d'AUcgri (dit le Corrège), à Parme, le superbe tableau du Titien à Venise, la peinture de Fra Bartolonimeo à Naples, celle do Rubens à Bruxelles, et trois tableaux du musée du Louvre, par Poussin, Prud'hon, Murillo. Au surplus, ce n'est pas dans les musées, mais dans les églises de tous pays, que sont conservées la plupart des peintures représentant l'Assomption.
Assomption (île di-: l'). Géogr. V. Anticosti.
Assomption ou Asuncion, capitale de la république du P;ira'riiay, sur le no Paraguay: 35.000 hab. Centre du conimorrc des produits du pays avec La Plata. Cette ville fut fondée en 1536 par Juan "de Ayolas, lieutenant de Mendoza. Le port, commode et sûre escale de la navigation fluviale, est défendu par plusieurs batteries situées sur les hauteurs.
Assomption (L'J, ville des Etats-Unis de Venezuela (EtatGuziaaii Blanco), capit. de l'île Marguerite; 4.500 hab. Souliers, chapeaux, hamacs, destinés à tout l'intérieur du Venezuela.
Assomption, comté du Dominion canadien (prov. de Qucbc-c. aiusi nommé de la rivière de V Assomption, afriucnt de l'Ottawa; 13.074 hab. Cap. L'Assoittption.
AsSON, comra. des Basses-Pyrénées, arrond. et à 23 kiloni. de Pau, sur le Louzon (ou l'Ouzon), affluent du Gave de Pau; 2.521 hab. Mines do fer, fabrique de mouchoirs de fil, de bérets.
Assonah n. f. Rel. mahom. V. Assorath.
ASSONANCE (rad. assonant) n. f. Ressemblance de sons dans la terminaison des mots : Les trouvères, dans leurs plus ancieus poo/iet, se contentaient souvent d'une simple ASSONANCE. (Littré.) Ex :
Ço sent Rotllanz que la mort li est près; Prisf. l'olifant, que reproece n'en ait, Et Durendal s'espee en l'altre main.
— Fig. Concordance, accord : // faut savoir saisir les assonances et les DISCORDANCES de l'histoire. (E. Pelletan.)
— Enctcl. h'assonance consiste dans la répétition d'un môme son (voyelle ou diphtongue) portant l'accent tonique : elle ditTëre do la rime en ce qu'elle ne tient pas compte dos consonnes qui suivent la voyelle ou diphtongue accentuée; elle forme, avec l'allitération, la base de la versification des anciens peuples du nord. Elle s'est conservée dans la langue allemande, où elle joue un grand rôle dans l'harmonie imitative des vers, ainsi que dans la plupart des proverbes populaires, et elle est le fond môme de la versification espagnole, où la rime pleine est' rarement employée. Les comédies de Calderon, de Lope de Vega, de Alarcon, les chansons du Romancero, et la plupart des poésies lyriques espagnoles n'ont pour toutes rimes que des assonances.
L'allitération et l'assonance ont existé avec assez d'intensité dans notre langue au moment de l'influence germanique; nos plus anciens poèmes ne connaissent que cette rime par à peu près. Mais la langue française ne tarda pas à rejeter l'assonance, pour adopter définitivement et rigoureusement la rime. L'assonance, alors, se trouva reléguée pour longtemps dans les proverbes et les chansons populaires. De jeunes écoles contemporaines, qui rejettent d'ailleurs de leur métrique toutes les régies jusqu'ici respectées de la prosodie française, sont revenues récomment au procédé primitif. Une courte citation peut suffire à donner un exemple do ces difl'crentes licences :
Gustave Kadn. La prosodie hébraïque parait également avoir fait une large part à l'allitération et à l'assonance. V. allitération, K^ME.
— Anton. Dissonance.
ASSONANT, ANTE {\at. assonans ; do ad. \ers, etsonare, sonner, retentir) adj. Qui produit une assonance : « Pf^tutre » et n peindre » so7tt deux mots assoyants.
ASSONIE n. f. Bot. Syn. de dombeya.
ASSORA.TH n. f. Livre sacré des mahométans, qui renferme les interprétations des premiers califes et des docteurs les plus célèbres sur les points fondamentaux de leur religion. \\ On dit aussi Assonah, ou mieux Sonna.
ASSORTIMENT (rad. assorti}') n. m. Convenance de certaines choses entre elles : L'assortiment des couleurs. Il faut de Tassortiment entre les tapisseries et le mobilier, entre les idées et les métaphores, il Assemblage de certaines choses qui doivent aller ensemble : Un assortiment rf'oKÏïV*.
— Art culin. Plat composé de diff'érents mets, n Réunion de charcuteries variées : Une livre d 'assortiment.
— Comm. Collection de marchandises diverses dans le même genre : Assortiment de soieries, de chaussu7'es. ti Livres d'assortiment. Livres qu'un libraire tire des autres libraires, par opposition à ceux qu'il édite lui-même ou dont la vente lui est spécialement confiée, et qu'on appelle liv7'es de fonds.
— Manuf. Ensemble des machines en usage pour le cardage des laines.
— Typogr. Collection de caractères jugés nécessaires pour recompléter un caractère désassorti, ou y ajouter des sortes nécessaires pour une composition spéciale.
— Syn. Assortiment, assemblage. V. assemblage. ASSORTIR (rad. sorte. — J'assortis, nous assortissons.
J'assortissais, 7ious assortissions. J'assortis, nous assortîmes. J'assortirai , nous assortirons. J'assortirais, nous assortirions. Assortis, assortissons. Que J'assortisse, qnr lions assortissions. Assortissant. Assorti, ie) v. a. Joindre, mettre ensemble des personnes ou des choses qui ont entre elles des rapports, qui se conviennent : Heureujceux que l'amour assortit comme aurait fait la raison '
{3 .-3 .Koass.) Assortir des fleui's, des couleurs. En mariage, 071 cherche à tout assortir, hors les personnes. (Saurin.)
— Fig. Régler sur, conformer à : Il faut savoir assortir son genre de rne aux exigences de sa santé. H Accompagner, enrichir ou compléter: Que S07it les titres, la naissa7ïce, les sertjices et les autres genres de mérite, si celui des talents et de la piété ne les assortit? (Mass.)
— Comm. Fournir de toutes les choses qui conviennent, qui sont nécessaires : Assortir un magasin, une boutique.
— Econ. agric. Assortir une jument, Lui donner l'étalon qui lui convient le mieux, n Assortir les chevaux. Les joindre ensemble suivant les divers emplois.
— Métall. Assortir les minerais. Mélanger plusieurs minerais, afin de les rendre plus facilement fusibles.
— V. n. Convenir, être bien ensemble : Chevaux qui assortissent bien.
Assorti, ie part. pass. du v. Assortir. (Se disait pour Habile dans) :
Moi, de la ballade assorti, j'ai pour l'ode martel en tête. Chaulibu. Il Dessert assorti. Dessert composé.
S'assortir, v. pr. Se convenir, cadrer bien ensemble, n S'approvisionner, se pourvoir d'objets variés dans le même genre : Le commerce d'aujourd'hui s'assortit dans les pays tes plus l'eculés.
— Anton. Désassortir; déparager; dépareiller. ASSORTISSANT, ANTE adj. Qui assortit bien, qui va
bien avcr : l/un/i/ure assortissante a tme l'obe. Une couleur A.ssoKTissANTi: à ceUe-ci, assortissante mon âge. (Acad.)
ASSORTISSEUR, EUSE (rad. assortii') n. Qui veud de petits coupons d'étoffe.
ASSORTISSOIR (rad. assortir) n. m. Crible servant au confiseur à déterminer, par la dimension des trous, celle des dragées.
ASSORTISSOIRE n. f. Caisse, boîte qui renferme un assortiment de diverses marchandises ou denrées.
AssOS, anc. ville de Mysie, sur le golfe d'Adramytte. Paine du stoïcien Cléanthe. — Ruines considérables.
ASSOTTER (rad. sot) V. a. Linguist. V. asotter.
ASSOUAN, ville de la haute Egypte, sur le Nil, au S. de la première cataracte ; 6.400 hab'. En face de la ville, le Nil forme une île, appelée Eléphantine par les anciens et DJczirèh~As.^oua7i par les Arabes. Près de là sont les ruines de l'antique Syène, au S.-O. de la ville actuelle, et les carrières de granit rose d'où les Pharaons ont tiré U--. matériaux de leurs obélisques et de leurs statues, ^'ictuire des Français sur les Mamelouks (16 mai 1799).
ASSOUCHEMENT n. m. En archit., Pierres formant la bâtît' du iriantrlc d'un fronton.
ASSOUCI (Charles Coypeau d'), poète burlesque, né à Paris (1605-1675). Il eut une existence fort désordonnée. Revenu en France après plusieurs courses aventureuses, il fut mis à la Bastille, puis au Châtelet, pour ses mœurs plus encore que pour ses vers satiriques, et n'en sortit que sur les sollicitations de ses protecteurs. Ses poésies renferment une parodie des Métamorphoses d'Ovide, sous lo titre de Ovide en belle humeur, ainsi que le Ravissement df Proserpine, de Claudien. Ces deux ouvrages rappellent les plaisanteries de Scarron, mais sont loin de l'esprit et du talent de l'auteur du Roman comique. Il se donnait luimôme le titre de e7npe7'eur du burlesque, premier du 710771. Son nom est surtout connu par les deux vers de Boiloau : Le plus mauvais plaisant eut des approbateurs, Et, jusqu'à (ÏAssouci, tout trouva des lecteurs.
ASSOUPIR (du lat. ad, à, et sopire, endormir) v. a. Jeter dans un demi-sommeil léger : La fumée de l'opiuih assoupit.
— Fig. Apaiser, suspendre :
Le sommeil assoupit les longs chagrins du jour.
De Saimt-Aulairb.
Il Réduire à l'inaction : La solitude assoupit l'esprit. Il Empêcher, atténuer l'éclat, la manifestation ouïes conséquences : Assoupir U7ie sédition, U7ie querelle.
S'a.ssoupir, v. pr. S'endormir à moitié, se laisser aller à la somnolence : S'assocpir après le repas.
— Fig. Se plonger, être plongé dans l'inaction : La critique est une sentinelle; elle a tort si elle s'assoupit. (H. Rigault.) Il S'apaiser, se calmer, tomber dans l'oubli: Avec le' temps, les haines s'assoupissent.
ASSOUPISSANT, ANTE adj. Qui produit l'assoupissement, le demi-sommeil : Remèdes assoupissants. 11 Qui porte au sommeil : Airs assoupissants. (Lamart.)
— Par ext. Ennuyeux, soporifique : Vers assoupissants. Il Piailles assoupissa7ites. C'est ainsi que les anciens botanistes désignaient les plantes à propriétés narcotiques, telles que les solauées du groupe des datura, etc.
ASSOUPISSEMENT n. m. Etat d'une personne assoupie, presque endormie: Etre rfans »h p'o/'onrf assoupisskment.
— Par ext. Nonchalance, indolence, torpeur : La rif de ce7-tains hommes n'est qu'un pénible et difficile Assoirissi:ment rfans lequel ils vieillisse7it sans honneur. {V*a.Si:.'i 11 Etat d'inaction, volontaire ou non : La vieillesse est le tei'i/>s où la chri/salide en/re da7is ^assoupissement. (J. Joubert.)
— Fig. Action d'assoupir, d'étouffer, de calmer, d'apaiser : /,'assoupissement d'un bi'uit populaire.
ASSOUPLIR V. a. Rendre souple, flexible :
... Brins d'osier, brins d'osier.
Courbez-vous, assouplie, sous les doigts du vanier. A. Theuhjet.
Il Donner un jeu facile aux muscles ou aux membres : Il faut un long traxiail pour assouplir les muscles. (Baiz.)
— Fig. Détruire la rudesse : La douceur assouplit les caractères les plus difficiles. (De Ségur.)
— Assouplir un cheval. Manèg. Ii'habîtucr à faire agir ses membres avec souplesse.
S'assouplir, V. pr. Devenir souple : Le cuir s'assouplit à l'eau, li Fig. Perdre sa rudesse naturelle : Humeur qu s'assouplit. Langue qui s'assouplit.
— Anton. Raidir (ou roidir).
ASSOUPLISSAGE (rad. assouplir) n. m. Travail que l'on
fait subir aux dis de soie en les immergeant à diverses reprises dans dos bacs rompUs d'eau chaude.
ASSOUPUSSANT, ANTE adj. Qui assouplit, qui est propre à assouplir : Les j/iassages sont assouplissants.
ASSOUPLISSEMENT n. m. Action d'assouplir; résultat lie cette action : Esercices rf'ASSOUPLissEMENT. X'ASSonplissement du caractère.
ManAg. Assouplissement d'un ehcmil, Action do donner tlo la soiiplosso à 808 DiouvemoiUs.
ASSOUR, village do Nubio, sur la rive droite du Nil.
|;rii..s niiiios, supposées ôtro coUos do l'ancieuno Méro6.
ASSOUHDIR (ra<l. sourd) v. a. Causer dans l'ouïo un
M I H i I iiiiM-rlio do percevoir tout autre bruit: Le
1 ; I On dit aussi Assourdir les oreilles. l'i I I iiiiguer d'un bruit monotone ou exces-
////''•' ' ''/,„,.r les enfants à s'amuser sans AS80DRi.iit 1rs yniiidcs prrsonnes. (Miss Edgoworth.)
Par anal. Rendre plus »ourd, on parlant d'uu son : AssoUBinit un «un, une voyelle.
- FIg. Rendre sourd aux avortîssomonts, aux leçons : /...s- passions nous assourdissent ffu.j; conseils de la raison.
Mar. Assourdir les avirons, Los envelopper de lingo Mil d'tUoupo â. Tendroitoù ils sont en contact avec le bord, l>uiir les manœuvrer sans bruit.
- Point, et grav. Assourdir les tons, les lumières^ les ri'fJcfs, Diminuer leur éclat, il Assourdir les tailles, Les iniili.iplior pour forcer les demi-tointes jugées trop claires.
S'assourdir, v. pr. Devenir dur ou insensible, eu parliiii! lie l'oule : Si un corps s'est introduit ou s'est formé dans la trompe d'Eitstache, l'ouïe s'assouhdit.
— Par oxt. Devenir moins sonore : Les syllabes média- 7ns s'assourdissent. (Kallot.)
ASSOURDISSANT. ANTE adj. Qui assourdit : Cloches
ASSOltRllISSANTKS. iJdbH ASSOURDISSANT.
— Par exagôr. Qui fatigue, on parlant d'un bruit monotuiio ou excessif: Caquets assourdissants.
— Fig. Qui produit une sorte de vertige :
Le brviit assourdissant de l'huinaine tempôtfl Monte, gronde sans cesse, et m'enivre la tôte-