ASSURANCE
ASSUJETTISSEMENT ou A88UJÉTIS8EMENT (rud. as
siijetttr) n. m. Etal du dépendance, do soumission.
— Par ext. Contrainte, gi^ne résultant de l'obligation de fairo ou de ne pas faire certaines choses : L'homme préfère la plus orageuse liberté à un ASSUJKTrmsKMBNT tranquille. (J.-J. Honsb.) Ah8UJE'i-ti8SI£MENT okx modes, à l'étiauctte. L'éli'rvation a sert A.ssrjf:TTissEMKNTS et sra inquiet utît- s.
~ Syn. Assujettissement, dépendance, subordination, sujétion. Subordination supposa une liiérarcliio dans laquelle chacun a un supérieur ou des supérieurs dont il relève. La dépendance s'oppose à ce que nous no fassions rien sans l'avou, sans la permission d'une personne à la disposition do laquelle nous sommes. La nature nous tient dans lo plus grand et le plus complet assujettisHcmont par tous les liens qui nous attachent aux hommes et aux choses ; et nos besoins sont dos sujétions qui nous rappellent sans cesse que notre vie n'est qu'un éternel assujottissemcnt où nous ne faisons que changer do sujétions.
ASSUMER (lat. assumerc ; do ad, à, et sumere, prendre) v. a. Prcnilre sur soi, so charger do : Assumer la responsabilité d'une mesure.
— Ant. Récuser, rejeter, se décharger.
ASSUMPÇAO (dom Joachim de), physicien portugais,
né en 1753, mort en 1793. U était memrjro de 1 Académie dos sciences de Lisbonne. Il reste do lui dos mémoires sur l'électricité, la météorologie, les éclipses des satellites de Jupiter, etc.
ASSUNTO fJ. Ch. GuiDETTi, en religion Honoré dell'), théologien italien, né on 1639, mort en 1716. Il enseigna avec éclat la théologie, et devint prévôt général de l'ordre des carmes. On a do lui : l'Anima divota e virtù verso il liambino Iddio (Milan, 1677) ; Brève Istruzione per ispendere benè il tempo délia présente vita (Venise, 1633),
ASSUR, le dieu suprême du panthéon assyrien, semble représenter également lo principe mâle de la création; aussi on lui donne pour compagne Assurit, qui n'est autre que la forme féminine du nom d'Assur. Cette déesse n'a aïKnin rôle spécial dans la hiérarchie céleste, et son nom semble s'appliquer à toutes les divinités féminines, désignées par différents noms suivant leurs attributs. Telles sont Istar, Zarpanit, etc. V. ces mots.
— Le nom de Assur entre dans la composition d'un grand nombre de noms assyriens, particulièrement dans certains noms de rois : Assur-bel-nisi, Assur-nasir-habal, Assurdan-Il II, Assur-idin-akhi (Assarhaddon), Assur- ban i-pal (Assur-bani-habal), Assur-edil-ili, etc. V. Assyrie.
Assur, pays d'Assur. V. Assyrie.
ASSURABLE adj. Qui peut être assure, garanti par une cuuipagnie d'assurance : Les bestiaux en état de maladie ne sont pas assurables.
assurance (rad. assurer) n. f. Conviction, ferme persuasion, espérance certaine : Ce n'est pas avoir été captif que de l'avoir été avec ^'assurance d'être délivré dans soixante-dix ans. (Pasc.) Il Gage, garanti© : Léducation est une assurance pour la vie, et un passeport pour l'éternité. (La Rochef.-Doud.) n Affirmation, déclaration, protostations, promesses, par lesquelles on tâche d'inspirer de la confiance : Donner à quelqu'un /'assurance de son amitié. De vaines assurances, des assurances en l'air, il S'emploie avec la mémo acception dans les formules de politesse, à la fin des lettres : Veuillez agréer /'assurance de ma considération, démon respect, etc.
— Confiance résultant d'une ferme conviction; courage, hardiesse : Parler, agir avec assurance. Bien ne donne /'assi RANGE à certains personnages comme la fortune et la sottise. (La Rochef.)
— Convention, traité par lequel, moyennant une prime déterminée, les assureurs répondent des pertes ou des dommages que peut éprouver la chose assurée : Compagnie ^'assurance co7}tre la grêle, contre l'incendie. Police, prime (^'assurance. Assurances sur la vie. w Chambre des a.'isurances. Compagnie do capitalistes qui font les assurances maritimes.
— Chass. Aller d'assurance. Se dit d'un© bête qui va au pas, avec confiance et sans crainte.
— Fauconn. Donner de l'assurance à l'oiseau, L'apprivoiser de telle sorte que la vue des gens ne puisse reffrayer, et qu'il ne soit plus nécessaire do l'attacher.
— Tochn. Excédent de matière que l'on emploie dans une fonte sur le poids présumé de la pièce à couler, et qui est destiné à parer soit à des erreurs d© calcul, soit à des accidents imprévus : /^'assurance est ordinairement du ijlO au ij6 du poids présumé. (Bonnefoux.)
— Prendre assuj'ance en, sur. Se fier à.
— Loc. ADv. : D'assurance, Avec assurance, sans crainte- Il En assurance, En sûreté :
Le faible Dulle part n'était en assuranve.
Reona&d-
— Autrof., Reçu ou engagement écrit :
J'aurai soin d'en tirer d'abord votre assurance.
Molière.
— Anton. Doute, hésitation. Incertitude, indécision.
— Encycl. Dr. I. Définition. Modks d'assurances. Dans son acception la plus étendue, Vassurance est le contrat par lequel une personne {Vassuj-eui'), s'engage envers une autre personne (l'assur**), à l'indemniser moyennant le versement d'une somme convenue {prime") des effets dommageables que certains risques déterminés peuvent lui faire subir. Le contrat est constaté par un écrit appelé police. Le Code civ., dans son article 1964, cite le contrat d'assurance au nombre des contrats aléatoires. L'origine des assurances est toute moderne. Les risques de la navigation étant les plus fréquents, et intéressant au plus haut point 1© commerce, ont donné, dés le xiv» siècle, la première idée du contrat d'assurance. Ce contrat a pris naissance en Italie, comme la plupart dos institutions du droit commercial. De nos jours, les assurances ont pris une extension considérable : tout ce qui peut être l'objet d'un risque est devenu de leur domaine. I.,a division fondamentail© dos assurances est celle-ci : assurances maritimes, ayant pour objet de garantir contre les fortunes de mer; assurances terrestres, ayant pour objet de garantir contrôles risques ou sinistres de terre. Aucun texte spécial ne règle la matière des assurances terrestres ; on applique, par analogie, à cotte catégorie d'assurances les principes édictés par lo Code de comm. en ce qui concerne les assurances maritimes. Les assurances terrestres ont les objets les plus variés : on assure, par exemple, contre l'incendio, la ^rJ'lc, l'inondation, la mortalité des bestiaux.
ies faltIit«H, les procès, la maladie ; il y a des assurances sur la vie humaine ; il y a aussi des assurauccs spéciales au travail.
9u'il s'agisse d'assurances maritimes ou tcrrcstrcg, il existe deux modes distincts d'assurances : le» assurances à primes et les assurances mutuelles. Habituellonifnt. l assureur stipule, pour prix du risque qu'il prend a .sa charge, une somme lixe cl à forfait, que l'asHiiré 6 engage à, lui payer mioi qu'il arrive, c'ust-â-dirc qu'il ï *''a**"i "^ *" P^ . 8'°''*'<'®- ^etle somme, qui est lo coui de 1 assurance, s'appelle prime; c'est en ces circonstances que l'assurance est dite « assurance a primes • . Les opérations d assurance à primes sont faites, en général, par de grandes compagnies constituées en sociétés anonymes ou en CMinmandite par actions. Les assurances mutuelles sont colles dans Icsqmdlcs plusieurs personnes, exposées aux mêmes ri.sques, s'associent pour se garantir réciproquement ces risques. En ce cas, chaque associé, étant on même temps assureur et assuré, n'a aucune prime à payer; il n'est débiteur que s'il y a sinistre, ei alors, c'est proportionnellement à la valeur do l'objet qu'il a fait assurer, qu'il contribue à la réparation des dommages éprouvés par ses coassurés.
— n. Assurances terrkstrics. Assurances contre l'incendie, la grêle, tes épizooties. Les risques contre lesquels oo se propose le plus ordinairement d'être garanti sont : 1* les dégâts et pertes provenant d'incendie ; Z" les ravages de la grêle ; S" les accidents ol la mortalité résultant dépizootics. — Contre l'incendie, on peut assurer non seulement les maisons, le mobilier, les moissons en grange ou sur pierl. les arbres des forêts, mais même ce qu'on appelle ierisoue locatif (c'est-à-dire l'obligation où, aux termes des articles 1 733 et 1734 duC. civ., peut se trouver un locataire de payer une indemnité au propriétaire pour réparer les pertes causées par un incendie qui se serait déclaré dans le local occupé en location), comme aussi ce qu'on nomme le recours des îJOî5m.5(c'est-à-diro l'obligation qui, en vertu des art, 1382 et suiv. du C. civ., peut incomber à la personne chez laquelle éclate un incenaic, de payer une indemnité à ses voisins à l'occasion du dommage qu'ils auraient souffert par la communication du feu). L© montant des primes se calcule d'après un très grand nombre d'éléments, notamment d'après la nature et la valeur des propriétés, leur destination, leur situation, la nature des propriétés environnantes. En cette matière, le mot incendie s'applique à toute perte ou dommage qui est le résultat de I action directe du feu ; cependant, on admetgénéralemont que, si l'incendie est la conséquence d'une faute, non pas simplement légère, mais grave et lourde, commise par l'assuré, l'assureur n'est tenu à aucun payement d'indemnité. — Contre la grêle qui, en France, chaque année, ravage en moyenne pour plus de 36 millions de récoltes, on peut assurer toutes les propriétés mobilières et immobilières que ce âéau peut détruire ou endommager, notamment les céréales, les prairies naturelles ou artificielles, les plantes tuberculeuses, les colzas et les plantes oléagineuses, les arbres à fruits et les bois de tout âge comme de toute essence, les vignes, les houblons, les tabacs. — Contre les épizooties, on peut assurer les animaux de l'espèce chevaline, bovine, ovine, caprine et porcine. La plupart des sociétés d'assurance contre les épizooties sont des sociétés d'assurance mutuelle.
Assurances sur la vie; tontines. Los assurances sur la vie sont dues à l'Angleterre : la première société de c©
fenre date de 1706. Longtemps proscrites en France par 'absurdes préjugés, elles ne s'établirent chez nous qu'en 1819. Les assurances sur la vie peuvent revêtir des combinaisons variées ; cependant, elles présentent deux types bien distincts. Moyennant le versement immédiat d un capital, ou, plus généralement, moyennant une primo périodique, l'assureur s'engage : l« ou bien à verser telle somme à une personne déterminée si, à l'époque fixée par la convention, cette personne est encore en vie; cette assurance est dit© assurance en cas de vie ou à capital différé; 2" ou bien à remettre, au décès de telle personne, une certaine somme à un bénéficiaire désigné ; cette assurance est dénommée assurance en cas de décès. A la différence do toutes les autres sociétés d'assurance qui, on vertu dos art. 66 et 67 de la loi du 24 juillet 1867 sur les sociétés, peuvent se former sans l'autorisation du gouvernement et sont simplement soumises, pour leur constitution, aux conditions déterminées par le règlement d'administration publique du 22 janvier 186S, les sociétés d'assurance sur la vie . qu'elles soient mutuelles ou à primes, doivent, aux termes des mêmes articles de la loi d© 1867, être autorisées par décret et subir la surveillance du gouvernement. A ce point de vue, la loi de 1867, en leur imposant les mêmes obligations, assimile aux sociétés d'assurance sur la vie les tontines ou associations tontinières. On entend par là des associations, basées de même sur la durée ue la vie humaine, où plusieurs personnes mettent en commun un fonds destiné à être réparti, à une époque déterminée, entre les survivants, avec la part des décèdes et les intérêts accumulés.
Assurances industrielles OMOuvrières. Les assurances qui concernent spécialement le travail sont dites assurances industrielles ou ouxyrières. Ce sont, notamment, les assurances contre le chômage et celles contre les accidents du travail. L'assurance contre le chômage est celle par laquelle l'ouvrier se garantit contre lapertedoson salaire par suite de chômage. Au cours de ces dernières années, les assurances contre les accidents du travail ont pris une importance considérable. Les accidents qui se produisent dans Tcxercice du travail de l'ouvrier peuvent occasionner des dommages de deux natures différentes et, par suite, donnent naissance à deux sortes d'assurances. D une part, l'accident est cause de lésions corporelles dont les conséquences se traduisent par un dommage appréciable en argent ; l'assurance qui a pour objet de garantir contre ces conséquences dommageables est nommée, dans la pratique, oi^umnce-rt^paration. D'autre part, l'accident peut entraîner à la charge de certaines personnes une responsabilité pécuniaire, dans les cas déterminés par la loi ; 1 assurance qui a pour objet de garantir contre les conséquences de la responsabilité légale est dite assurance de responsabilité. Les assurances contre les accidents du travail peuvent être organisées : 1" soit par des sociétés ou compagnies spéciales , en ce cas, l'assurance est indîriduelle, c'est-à-dire souscrite par l'ouvrier traitant directement avec la compagnie, ou oien (ce qui est plus fréquent en pratique) collective, c est-à-dire contractée par le patron pour le personnel qu'il emploie; 2« soit par les intéressés eux-mêmes, à l'aide de cais^^cs de secours spéciales ; 3" son par l'Etat. {U existe une Caisse
Assure — assyrie
nationale d'assurance en cas d'accidents, organisée par la loi du 11 juillet 1868 et les décrets des 10 août 1868 et
13 août 1877.) V. CAISSE. ,
— m. Assurance maritime. Le dommage, considère dans l'incertitude des événements, est la matière du contrat d'assurance maritime. Ce contrat est bilatéral, puisnue les contractants s'obligent réciproquement; conditionnel, puisqu'il s'évanouit si, avant le commencement du risque, le voyage est rompu; aléatoire, car le prn que lune des parties reçoit a pour objet des risques don' elle se cbarge.
L'assurance, simjde pacte d'indemnité, ne peut êtn pour l'assuré un objet de lucre.
La loi du lieu où la police est signée régit l'assurance quant à sa forme, à ses conditions et à sa preuve. Dans notre législation, le contrat d'assurance est rédigé par écrit; il est daté; il y est énoncé s'il a été signé avant ou après midi; il ne peut contenir aucun blanc; il indique le nom et ïc domicile de celui qui fait assurer, sa qualité do propriétaire ou de commissionnaire, le nom et la désignation du navire, le nom du capitaine, le lieu où les marchandises ont été ou doivent être chargées, le port d'où ce navire a dû ou doit partir, les ports ou rades dans lesquels il doit charger ou décharger, ceux dans lesquels il doit entrer, la nature et la valeur ou l'estimation des marchandises ou objets que "l'on fait assurer, les temps auxquels les risques doivent commencer et linir, la somme assurée, la prime ou le coût de l'assurance, la soumission des parties à des arbitres en cas de contestation, si elle a été convenue, et toutes les autres conditions auxquelles les parties ont conscnii.
On peut admettre, avec Pothier, que les conventions pourraient être verbales; l'écrit n'est exigé que ad probationem (pour la preuve); de sorte que le contrat pourrait être prouvé par l'aveu ou le serment. La même police peut contenir plusieurs assurances, soit à raison des marchandises, soit à raison du taux de la prime, soit à raison de différents assureurs. Les assureurs qui signent individuellement une police d'assurance ne se trouvent point obligés solidairement.
L'assurance peut avoir pour objet, aux ternies de la loi du 12 août 18S5, modifiant l'article 334 du code de commerce, le navire et ses accessoires, les frais d'armement, les victuailles, les loyers des gens de l'équipage, le fret net, les sommes prêtées à la grosse et le çrolit maritime, les marchandises du chargement et le profit espéré de ces marchandises, le coût de l'assurance, et généralement toutes choses estimables à prix d'argent, sujettes aux risques de la uamgation. L'assurance peut être faite sur le tout ou sur partie desdits objets, en temps de paix ou en temps de guerre, avant ou pendant le voyage du vaisseau, pour l'aller et le retour, ou seulement pour l'un des deux, pour le voyage entier ou pour un temps hmité. S'il existe plusieurs contrats d'assurance faits sans fraude sur le même chargement, et que le premier contrat assure l'entière valeur des effets chargés, il subsistera seul. Si l'entière valeur des effets chargés n'est pas assurée par le premier contrat, les assureurs qui ont signé les contrats subséquents répondent de l'excédent en suivant l'ordre de la date des contrats. La prohibition de faire assurer deux fois la même chose pour le même risque ne concerne point la pluralité des polices. Il suffit que, réunies ensemble, elles n'excèdent pas la valeur de la chose assurée.
Sont aux risques des assuretu-s toutes pertes et dommages qui arrivent aux objets assurés par tempête, naufrage, échouement, abordage fortuit, changements forcés de route, de voyage ou de vaisseau, par jet, feu, prise, pillage, arrêt par ordre supérieur, déclaration de guerre, représailles, et généralement par toutes les autres fortunes de mer; l'énumératlon n'est qu'énonciative et nullement limitative. L'assureur ne répond ni du fait de l'assuré, nonobstant toute convention contraire, ni des dommages causés par le fait et faute des propriétaires, affréteurs ou chargeurs, ni des prévarications et fautes du capitaine et de l'équipage, connues sous le nom de baraterie ne patron, s'il n'y a convention contraire, ni des déchets, diminutions et pertes qui arrivent par le vice propre de la chose, ni des dépenses ordinaires de navigation, ni d'aucune espèce de droits imposés sur le navire et les marchandises. On désigne, dans la police, les marchandises sujettes, par leur nature, à détérioration particulière ; sinon, les assureurs n'en sont plus responsables.
Le dol et la fraude sont rigoureusement prohibés en matière d'assurance maritime. Toute réticence, toute fausse déclaration de la part de l'assuré, toute différence entre le contrat d'assurance et le connaissement, qui pourraient modifier l'estimation du risque, annulent l'assurance, même dans le cas où elles n'auraient pas influé sur le dommage ou la perte de l'objet assuré. La principale obligation de l'assuré est de payer la prime. Le nonpayement entr^ne la résolution du contrat. L'assuré doit aussi faire tout ce qui dépend de lui pour éviter le dommage, ou en restreindre I importance.
De son côté, l'assureur doit payer les sommes assurées; 1 assuré a le droit de réclamer une indemnité calculée sur le dommage éprouvé. Dans certains cas, l'assuré a le droit de renoncer à la propriété de ce qui a survécu au sinistre, et d'exiger le payement de la valeur entière de la chose assurée, comme s'il y avait eu perte totale; c'est ce qu'on appelle délaissement. Il peut être exercé dans les cas suivants : prise du navire, naufrage, échouement avec bris, innavigabilité par fortune de mer, arrêt par ordre de puissance, perte ou détérioration des objets assurés, si elle est au moins des trois quarts.
Tous les dommages qui ne donnent point matière à délaissement sont réputés «avaries», et se règlent entre les assureurs et les assurés, à raison de leurs intérêts. Le délaissement ne peut être partiel ni conditionnel, ni fait avant le voyage commencé. Il ne s'étend qu'aux effets qui sont l'objet de l'assurance et du risque. Il doit être fait dans les délais prescrits par les articles 373 à 381 du Code de comm. Le délaissement signifié, accepté du juge compétent, transporte aux assureurs, à partir de sa date, la propriété des effets assurés, et l'assureur ne peut, sous prétexte du retour du navire, se dispenser de payer la somme assurée.
L'assuré a l'option entre l'action en délaissement et 1 action d'avarie, aussi bien dans le cas de simple innavigabilité que dans celui de perte totale. Il n'est pas impossible que l'intérêt de l'assuré lui commando de recourir à l action d'avarie. Des prescriptions et des ïins de non-
recevoir sont édictées contre l'action en délaissement, par les articles 373, 431, 432, 435 et 436 du Code de comm.
Les primes exigées par les assureurs doivent être proportionnées aux risques, et, pour les évaluer d'une manière équitable, il faut tenir compte de toutes les circonstances relatives aux marchandises et au navire. Une sorte d'annuaire, intitulé Veritas, publié à Paris, fournit aux assureurs tous les renseignements nécessaires.
ASSURE n. f. Fil d'or, de soie ou de laine, dont on couvre la chaîne dune tapisserie de haute lisse. (Prend le nom de trame dans les étoffes ordinaires.)
ASSURÉMENT adv. Autref., D'une manière ferme, assurée, résolue ;
— Certainement, sûrement, sans aucun doute : Si la révolte contre le pouvoir peut être légitime, c'est assurément con/ï'e la tyrannie d'un despote. (Laténa.)
— Anton. EventueUemeDt, peut-être.
ASSURER (rad. sûr)v. a. Rendre stable, solide, fixe; étayer : Assurer une muraille, n Rendre ferme, sur : Pour ASSURER la main, il faut écrire, dessiner très somment. Il Rendre sûr, duraljle : Assurer des ressources pour l'avenir.
— Par anal. Donner du courage, du sang-froid, rassurer : L'habitude d'entendre le canon assure les soldats. (Acad.) [Peu us. dans ce dern. sens.]
— Affirmer, soutenir comme vrai : confirmer : La superstition croit tout et assure toid. (Fléch.) il Absol. : L'ignorant assure, l'homme instruit doute, le sage réfîécliit et suspend son Jugement. (M™* d'Arconville.) il Protester auprès de, affirmer à, avec un nom de personne pour régime direct : Assuri-;r quelqu'itn de son dévouement, de son affection. Il Rendre certain à quelqu' un le concours, la possession de quelqu'un ou de quelque chose. Prend pour régime direct le nom do la personne :
1 moment iecond seulement LaF
Qui 1
— En T. de guerre, du xiv au xvii* s., Répondre de la vie de quelqu' un, le prendre à merci, en s'engageant à le protéger une fois qu'il avait remis son épée ou son gant d'armes.
— Comm., mar., etc. S'obliger, moyennant un prix convenu, qui porte le nom de prime, à réparer les dommages causés par un accident, soit sur mer, soit sur terre : Compagnie qui assure une maison, des récoltes, un navire. \i Faire assurer, ou simplem. Assurer, Contracter avec des assureurs, en désignant l'objet de l'assurance : Faire assurer son mobilier, la cargaison d'un navire. Il Assurer le capitaine et l'équipage d'un navire. S'engager à les racheter, s'ils viennent à être pris. (Vieux en ce sens.) — Signif. aujourd., dans le langage des compagnies d'assurance, S'engager à payer, en cas de mort, une indemnité aux familles des marins décédés, il Assurer un bout, Amarrer le bout, pour qu'il no dépasse pas d'une poulie, d'un clan.
Il On assure un signal, son pavillon, par un coup de canon, pour attirer l'attention ou pour affirmer que c est bien le pavillon national, et qu'on est prêt à le défendre.
— Fauconn. Assurer l'oiseau. L'apprivoiser pour empêcher qu'il ne s'effraye; l'accoutumer à ne pas avoir peur.
— Manêg. Assu?^èr un cheval. Lui faire prendre une position franche et l'habituer à exécuter avec régularité et précision tous les mouvements et les arrêts, ii Assurer la bouche d'nn cheval, L'accoutumer à souffrir le mors.
Assuré, ée part. pass. du v. Assurer.
— En mauvaise part (presque toujours devant le nom). Complet, achevé en son genre ; Un assuré fripon.
J'avais un jnnr'un valet de Gascogne
Gourmand, ivrogne et assuré menteur
Cl. Marot.
— Substantiv. Personne qui a de l'assurance, de la fermeté : Le cardinal faisait Tassuré. (De Retz.) ii Celui dont la propriété est garantie par des assureurs : En cas de sinistre, les assurés sont indemnisés.
— Gramm. Le verbe assurer, dans le sens d'affirmer, certifier, ayant un nom de personne tantôt pour complément direct, tantôt pour complément indirect, il s'en suit qu'il faut écrire : Il yious a assurés de sa reconnaissance, et Jl nous a assuré qu'il tenait cette nouvelle d'une source certaine.
S'assurer, v. pr. Prendre de l'aplomb dans l'attitude ou la démarche : S'assurer en selle, ii Rendre ferme, solide ; Un chirurgien doit s'exercer pour se bien assurer la main.
— Se mettre en sûreté, se garantir par des précautions : S'assurer contre quelqu'un. S'assurer contre les pièges.
— Prendre une entière connaissance d'un fait ; être certain : Assurez-vous de la vérité.
— Je m'assui'e. Proposition incidente qui se place (se plaçait, surtout), soit au milieu, soit à la fin de la phrase, pour signifier « je pense », « je suppose " :
Quelque ciiien enragé l'a mordu, je m'assure.
Molière.
— S'assurer dans ou en, S'assurer sitr. Mettre sa confiance en : Malheur à celui qui ne s'assure que dans ses richesses / il On a dit, dans le même sens, S'assui'er à :
Faut-il que je m'assure au rapport de mes yeux ?
— S'assurer de quelqu'un, S'assurer sa protection , gagner ses bonnes grâces, se ménager son appui : Pour réussir, il faut s'assurer de puissants protecteurs, n S'assurer de quelqu'un, de la personne de quelqu'un. S'emparer de lui : S assurer D'un malfaiteur.
~ S'assurer une chose, s'assurer d'une chose, S'en garantir la possession, faire en sorte de s'en rendre maître.
— Mar. On dit qu'un mât s'assure quand, sous l'effet des voiles, il s'incline et fait entendre un léger craquement.
— Absol. Prendre de la confiance, se rassurer, ne plus craindre; être entièrement convaincu: On ne peut s'assurer, et l'on est toujours daris la défiance. (Pasc.) [Vieilli.]
— Stn. Affirmer, attester, etc. V. affirmer.
— Stn. Assurer, affermir. Assu7'er, c'est rendre sûr; affermir, c'est rendre ferme. On assure une passerelle entre deux talus; on affermit un mur qui va tomber.
ASSUREUR n. m. Celui qui, moyennant une prime, assure contre certains risques dos propriétés, des objets de
ritime. Un assureur
nature déterminée : Un assureur i contre l'incendie.
— Anton. Assuré.
ASSURGENT, ENTE (lat. assurgens, qui se lève, qui se dresse) adj. Syn. de ascendant, ante, dresse, ée.
Assyrie (en assyrien Mat Assur), contrée de l'ancienne Asie.
— Encycl. Géogr. Les frontières de l'Assyrie ont beaucoup varié suivant les époques et le sort des armes, cependant, ce pavs semble avoir eu pour bornes naturelles : au N. l'Arménie; à l'O. la Mésopotamie; à l'E. la Médie, et au S. la Babylonie. L'Assyrie occupait ainsi le cours moyen du Tigre, sur les rives duquel s'élevèrent ses anciennes capitales : El-Assur, Calach et Ninive. L'Assyrie s'étendait sur la rive gauche du fleuve, à TE., le long du cours du Zab inférieur, jusqu'aux contreforts des monts Za^ros ; et, au N., jusqu'au Jebel-Makloub. Sur la rive droite, elle s'allongeait, à 10., dans la Mésopotamie, vers le Kabour et l'Euphrate, et s'arrêtait, au S., à l'endroit où les deux fleuves, en se rapprochant l'un de l'autre, semblent vouloir la séparer de la Chaldée. Ce pays forme aujourd'hui une partie du Kurdistan.
— Hist. L'histoire d'Assyrie n'a été connue pendant loni:^temps que par les données conservées dans la Bible et les auteurs grecs. Une source d'information nouvelle a surtri dans notre siècle, par suite de nombreuses explorations qui ont été entreprises sur le sol même de l'Assyrie, et qui ont mis au jour une quantité considérable de monuments et d'inscriptions en caractères cunéiformes.
Les premières fouilles ont été entreprises en 1841 par Botta, en face de Mossoul, sur le sol même de Ninive, ot continuées au village de Khorsabad, sur le Khauser, a 20 kilom. au N.; elles ont été achevées par V. Place. On a découvert, dans le tumulus sur lequel le village était bat i. une ville construite par Sargon, le destructeur de Sani;i rie. — Un peu plus tard, H. Layard (1842-43) a explorau village de Calaat-Sherghat, à UOkilom. au S. de Mo soûl, les restes d'un palais construit par le roi d'Assvi Tuklat-pal-Asar I", un homonyme de l'adversaire des rois de Juda et d'Israël, qui régnait environ 386 ans avant <■<■ dernier. — Layard découvrit ensuite dans les ruines d.> l'antique Calach les restes des palais d'une dynastie dn rois assyriens qui se sont succédé pendant une période de plusieurs années. — Enfin, il reprit, sur le sol même de Ninive, les fouilles interrompues par Botta, qui s'était porté au village de Khorsabad. Layard découvrit dans ces tumulus les ruines des palais des derniers rois de Ninive de la dynastie de Sargon. Après ces grandes découvertes, les fouilles ont été continuées sur différents points par H- Rassam, G. Smith et des missions allemandes et américaines, qui ont apporté également de précieux contingents à l'histoire do l'Assyrie. Ces explorations ont mis au jour des monuments de toute nature : des palais dont chaque brique porte le nom et les titres des souverains qui les ont construits, et dont les murs étaient chargés de sculptures et d'inscriptions en caractères cunéiformes ; puis des stèles, des statues, des statuettes, des bijoux, des pierres gravées et une immense quantité de gâteaux d'argile {coctilcs laterculi), provenant des antiques bibliothèques de l'Assyrie dont Pline a conservé le souvenir. La lecture de ces documents a permis de reconstituer une grande partie de l'histoire de ce vaste empire, disparu depuis si longtemps.
On peut reconnaître trois phases principales dans l'histoire d'Assyrie. Ces trois périodes sont inaiquées par celle des trois capitales occupées successivement par les rois d'Assyrie : El-Assur, Calach, Ninive.