‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 50 sur 828 · ABSINTHE — ABSORBER · texte numérisé non relu

ABSINTHE — ABSORBER

r*?niplace le houblon pour la fabrication de la hO^ro. On n'en est servi pour relever le goût des vins faibles. L'absinthe suisse est fabriquée avec quelques espèces voisines, qui sont confondues sous la dénomination collectivo do ffénépj. Placées dans les armoires et les garderobes, les petites bottes d'absinthe verte en éloignent les insectes.

ABSINTHE, ÉE adj. Mélangé d'absinthe : Sirop de gomme absinthe.

ÀJlisctte ABSINTHÉE.

ABSINTHÉMIE (de absîjithe, et du gr. aima, sang) n. f. Etat du sang qui contient de l'absinthine ou d'autres principes de l'absinthe.

ABSINTHER v. a. Mêler de l'abslnthe à quelque autre liquide : AbsiNTUKR une potion.

S'absinther, v. pr. Fam. et triv.

Boire de l'absinthe avec excès : // s'absinthe dès qu'il est levé.

ABSINTHEUR ou ABSINTHIER

n. m. Celui qui a pris l'habitude de boire de l'absinthe en grande quantité.

ABSINTHINE n. f. Principe amer do l'absinthe. Vabsinthine a une légère odeur d'absinthe et une saveur extrêmement amère . Peu soluble dans Absinthe, l'eau, très soluble dans l'alcool, elle meau ; ft, inlloresa une réaction acide assez tranchée. cenee; r, (leur.

ABSÏNTHIQUE adj. Se dit d*un acide particulier qui a été découvert dans l'absinthe : L'acide absintuique se trouve, combiné à la potasse, dans les tit/es d'absinthe.

AB5INTHISME n. m. Etat maladif causé chez l'homme par l'abus de l'absinthe : Les troubles de Tabsinthisme so?i/ attribués à l'htile essentielle de l'absinthe.

— Encycl. Les effets de l'absinthe sur le système nerveux sont plus marqués que ceux de l'eau-de-vie et ressemblent à l'intoxication par un poison narcotique acre. Des expériences physiologiques faites par Magnau ne laissent aucun doute à cet égard. On distinguo ïabsintkisme chronique et ïabsinthisme aigu. D'après Lancereaux, l'absinthisme chroniç^ue se caractérise par des troubles graves de la sensibilité : il y a une période d'hyperalgésie, c'est-à-dire une exagération douloureuse de toutes les sensations tactiles, surtout aux membres inférieurs; les douleurs peuvent être spontanées. A une période avancée, il y a une insensibilité absolue, c'est-à-dire anestbésie complète. On trouve ensuite des troubles de la motilité et des fonctions générales : affaiblissement de la force musculaire, do la force génésique, de la vue, etc.; des troubles mentaux : perte graduelle de la mémoire, hallucinations effrayantes, tristesses, inquiétudes, irritabilité exagérée. La face est d'une pâleur extrême, qui contraste avec le faciès rouge du buveur de vin. L'absinthisme, comme l'alcoolisme, atteint les fonctions digestives.

Dans l'absinthisme aigu, l'ivresse est bruyante, agressive, avec une période d'exaltation plus longue que dans l'ivresse due à l'alcool ; il y a ensuite une période de détente, de collapsus. Le malade peut avoir du délire et des idées de persécution. Cet état revêt parfois la forme de i'épilepsio ou celle de l'attaque hystérique sans cri initial, ni perte de connaissance, sans phase asphyxique ni régularité dans les attaques.

L'intoxication par l'absinthe cause chez les descendants des troubles nerveux pouvant aller jusqu'à l'hystérie.

Le traitement de l'absinthisme chronique consiste à calmer les douleurs et à provoquer le sommeil au moyen des narcotiques, puis à traiter séparément chacun des symptômes. L'hydrothérapie sous forme de douches écossaises est très efhcace. L'absinthisme aigu, qui peut être dangereux pour le malade lui-même et pour son entourage, est calme par le chloral {3 à 5 gr. en potion ou en lavement).

— \oici un sonnet de Henri Bourette, dit Valentin, qui donne, pour préparer l'absinthe, une excellente méthode :

Versez avec lenteur l'absinthe dans le verre. Deux doigls. pas davantage ; ensuite saisissez Une carafe d'eau bien fraîche; puis versez, Versez tout doucement d'une main très légère. Que petit à petit votre main accélère La verte infusion ; puis augmentez, pressez

Couvez-la du regard, comme on cou Aspirez son parfum qui donue le bit Enfin, pour couronner tant de soins

■ ;ment prenez Ip . „__

L par la fenêtre!

ABSINTHITE n. m. Autrefois, Vin d'absinthe dont les anciens faisaient un fréquent usage.

ABSINTHOL n. m. Huile oxygénée contenue dans l'essence d'absinthe.

— Encïcl. Vabsinthol C'^H'^O, obtenu en rectifiant plusieurs fois l'essence brute sur la chaux vive, est isomérique avec le camphre, mais il n'en a pas les propriétés. C'est un liquide incolore d'une odeur pénétrante, d'une saveur alcoolique brûlante, doxtrogvre; densité 0,97.'i 'à 24"); point d'ébullition, 200" environ; densité de vapeur, 5,3.

C'est à l'absinthol que l'on attribue les effets physiologiques do l'absinthe. V. absinthisme,

ABSNÉ n. m. Idiome parlé par les Abazes.

ABSOLU, UE {lat. absolut us, délié) adj. Indépendant do tout être, de tout accident, qui subsiste par lui-même. Dans ce sens, il ne peut so dire que de la Divinité et de ses attributs -.Dieu seul est absolu. (Racine.) n Qui n'a ni contrôle, ni limites ; qui ne concède rien ; impérieux, triomphant : Monarchie absolue. Tout croyant est absolu en ce qui concerne ses croyances. Louis XI V parlait d'un ton absolu.

— Par anal. Celui qui a un pouvoir entier, complet, sans limites : Un pi^re de famille est absolu chez lui.

— Ordre absolu. Ordre qui ne souffre ni réplique, ni retard. H Sens absolu. Sans aucune restriction : Vous prenez ce que je dis dans U7i sens trop absolu. (Acad.)

— Gramm. Il se dit, généralement, par opposition à relatif : Homme est un terme absolu, père est un terme RELATIF. (Acad.) Il Mode, temps absolu. Celui qui ne dépend d'aucun autre, il Proposition absolue, Cefle qui par

elle-mfime énonce un sens complet, il Nom, adjectif, verbe pris dans un sens absolu. Employés sans complém., et exprimant un sens complet par eux-mômes.

— Algèbr. Valeur absolue ou arithmétiqiie d'une quantité. Se dit lorsque l'on considère cette quantité sans se préoccuper de savoir si elle doit être ajoutée ou retranchée.

— Chim. Se dit d'une substance qui est parfaitement pure : Huile absolue. Alcool absolu.

— Comm. On dit d'une laine ayant subi le dégraissage et le séchage qu'elle est à l'absolu.

— Liturg. Jeudi absolu. Le jeudi saint, parce qu'autrefois la cérémonie de l'absoute se faisait ce jour-là.

— Mécan. On désigne par mouvement absolu d'un point celui qu'il éprouve par rapport à d'autres choisis arbitrairement comme points de repère fixes.

— Philos, Se dit par opposition à contingent, à conditionnel. Il Vérités absolues. Vérités immuables ne dépendant d'aucun temps, d'aucun lieu, d'aucune circonstance.

—- Théol. Qui s'étend à tous les péchés : L'absolution du prêtre est absolue. (Trév.)

— n. Se dit d'une personne impérieuse : Faire Tabsolu. L'Absolu n. m. Ce qui nous apparaît comme ne pouvant

pas être autrement que ce qu'il est; l'idée ou la vérité première sur laquelle reposent toutes les autres : L'absolu nous est inaccessible. (Proudhon.) il Autre nom de la pierre PHiLosopHALE dcs alchimistes.

— Encycl. Comme l'indique son étymologie (solutus ab omni re), ïabsolu comprend ce qui este en soi et par soi », indépendamment de toute autre condition ou considération : c'est la quintessence de l'abstraction, l'essence et l'aboutissement de la généralisation. Aussi l'absolu a-t-il été considéré par les uns comme l'idée, comme la vérité, comme le principe fondamental dont dérivent tous les autres, comme l'Etre {lo 0/() par excellence, principe et cause de tout ce qui est, tandis que, pour les autres, il ne représente qu'un fantôme, qu'une pseudo-idée (Hamilton), qu'une notion vide. (Kenoiivier.) Ces divergences proviennent de ce qu'on n'a pas assez remarqué que Vabsoluité exprime et vise uniquement dans notre intellect une question de rapport, abstractivement considéré, c'est-à-dire envisagé indépendamment non pas de toute condition — comme on l'a dit par une erreur q^ui a été la source de toutes les divagations du philosophisme — mais indépendamment de toute autre condition que celle qui est prise comme terra© de relation. Ainsi, par exemple, 2 et 2 font 4 ; le Tout est plus grand que sa partie, voilà des absolus qui existent et restent tels indépendamment de toutes les autres choses, et même indépendamment de la chose elle-même, puisque 2 unités ajoutées à 2 autres unités semblables en vaudront toujours 4, et que, qaelle que soit la grandeur ou la petitesse d'un Tout, sa partie sera toujours plus petite. Et ainsi de suite de tous les absolus que nous pouvons concevoir. C'est là, du reste, le fondement et la raison d'être de la Logique, qui est à la spéculation philosophique ce qu'est la mathématique à la spéculation scientifique.

n suffit donc de reléguer ainsi l'absolu dans le domaine exclusif de l'abstraction, tant philosophique q^ue scientifique, pour lui rendre et son importance, et sa signification dans le domaine do la pensée. Dès lors, il ne s'agit pas de discuter à l'infini pour savoir si l'absolu existe, ou n'existe pas, en tant qu'entité " en soi et par soi » (Descartes, Spinoza, Schelling), ou si le passage est impossible pour l'esprit de Vidée à l'existence de l'absolu (Kant), mais simplement de comprendre que l'absolu exprime ce qui est constant, invariable, nécessaire dans tel ou tel rapport entre les choses, dans telle ou telle relation entre nos idées, c'est-à-dire que l'absolu est ce qui nous apparaît objectivement ou subjectivement comme ne pouvant pas être autrement que ce qu'il est. Or cela, c'est faire remonter à la perception interne ou externe, c'est-à-dire à l'expérience, la notion même de l'absolu, ce qui, une fois admis, semble donner gain de cause à l'expérimentalisme contre le rationalisme. V. ces mots.

— Syn. Absolu, iippérieux. L'homme impérieux exige qu'on lui cède. Celui qui est absolu veut seulement être obéi avec exactitude. iJabsolu peut être poli et même doux dans la forme ; Vimpérieux commande avec hauteur.

— Anton. Relatif (terme), constitutionnel (roi).

ABSOLUITÉ n. f. Qualité de ce qui est absolu : Les caractères de l'idée sont l'universalité, /'absoluité, l'immutabilité. (Hautain.)

ABSOLUMENT adv. D'une manière absolue, avec une autorité absolue : Louis XIV régna absolument, il Entièrement, tout à fait, complètement : La révocation de ledit de Nantes eut des conséquences absolument désastreuses, il Impérieusement, malgré toute opposition et toute remontrance : Régulus voitlut absolvment retourner à Carthage. Il Forcément, nécessairement : Il faut absolument /rarailler.

— Gramm. Dans un sens absolu : Prendre, employer un mot absolument.

— Philos. En soi, dans son essence, dans sa nature, etc., toute idée do relation écartée : Le lieu ne doit jamais être considéré absolument. fCondill.)

— Absolument parlant, loc. adv. En général ; indépendamment de toute relation, de tout rap])ort : Il est possible', ABSOLUMENT PARLANT, Que dcux comètes se rencontrent.

ABSOLUTEUR, TRICE adj. Qui absout : Décision absolu trice.

— Substantiv. : Le succès, pour certaines gens, est Tabso- LUTEUR des pires moyens.

ABSOLUTION {si) n. f. Dr. Action d'absoudre juridiquement un accusé : Mieux vaut Tabsolution d'un coupable que la condamnation d'un innocerit.

— Relig. cathol. Action d'absoudre le pécheur au tribunal de la pénitence : ^'absolution met l'âme en état de grâce. Il Courte prière que récite l'officiant à chaque nocfurne des matines. Il Sentence d'un juge ecclésiastique qui délie et relève une personne des censures encourues.

— Par anal., dans le langage usuel, Grâce, pardon, rémission.

^ — Encycl. Dr. Le Code d'instruction criminelle distingue Vabsolutio7i de l'acquittement^ Un accusé ne peut être acquitté que lorsqu'il a été déclaré non coupable; il est absous lorsque le fait dont il a été déclaré convaincu ne donne lieu à l'application d'aucune peine.

Absolution. Les cas d'absolution sont au nombre de trois : 1" lo jury admet en faveur du coupable l'existence d'une excuse absolutoir6(v. excuse); 2" le fait incriminé n'est pas prévu dans la loi pénale (C. i. cf., art. 364) ;

3<* l'action publique se trouve éteinte ou impuissante fcho'^o jugée, amnistie, "prescription). L'absolution diffère doue profondément de l'acquittement, qui suppose la non-cul- , pabilité. — Lorsqu'il s'agit, non plus d un accusé, mais d'un prévenu, et que le fait incriminé ne réunit les éléments ni d'un délit correctionnel ni d'une contravention de police, le tribunal annule la procédure, renvoie le prévenu et statue sur les dommages-intérêts. (C. i. cr., art. 191.)

Acquittement. Pour l'acquittement, voici ses caractères propres, opposés à ceux de l'absolution : 1° il n'est jamais prononcé qu'en faveur d'un individu déclaré non coupable par les réponses du jury; 2" il résulte non d'un arrêt, mais d'une simple ordonnance du président de la Cour d'assises. (C. i. cr., art. 358.) La Cour ne saurait avoir à délibérer, puisque les réponses du jury ont pour conséquence de faire tomber l'accusation ; lorsque, au contraire, un mineur de 16 ans est acquitté pour avoir agi sans discernement, comme il peut être renvoyé jusqu'à 20 ans dans une maison do correction, un arrêt est nécessaire.

— Théol. Ij' absolution, dans l'enseignement de l'Eglise catholique, fait partie du sacrement de pénitence. C'est un acte par lequel le prêtre, en qualité de juge et comme représentant de Jésus-Christ, remet les péchés à celui qui les a confessés avec contrition. Pour les protestants, 1 absolution est simplement déclaratoire ; la rémission df^s péchés est acquise à la foi et au repentir par le fait seul de la mort expiatoire du Christ, mais ne dépend aucun.-ment de l'intervention du ministre. On distingue plusieuis sortes d'absolutipn : 1" l'absolution sacramentelle ou la iimission des péchés faite par le prêtre au nom de Jésns- Christ; 2° l'absolution des censures ou des peines dunr l'Eglise punit certains péchés ; 3° l'absolution de l'irrégula rite ou de certains obstacles prévus par l'Eglise qui em|nchent de recevoir les ordres et d'en exercer les fonctions . 4° l'absolution a sacris (la plus fréquente de toutes, av. c la suivante), celle qui est Immédiatement appliquée par l'évèquo aux prêtres f^ui accompagnent et assistent un condamné à mort; 5*» i absolution in articula mortis, acte par lequel le prêtre catholique, supposant que le moribond qui a perdu l'usage des sens a néanmoins le désir de sauver son âme. lui applique la plénitude des grâces donl l'Eglise a la dispensation.

— Stn. AbBolutîon, abolition, grâce, pardon, rémission.

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