ATOME
Proust, en faisant revivre l'ancienne hypothèse des atomes- Que l'on suppose à chaque espèce de' matière ses atomes propres, possédant un poids invariable; que l'on conçoive ces atomes insécables, se juxtaposant sans jamais se confondre pour former des composés, et recouvrant, au moment de leur séparation, toutes leurs propriétés premières pour reproduire les éléments, à l'instant, les phénomènes chimiques se peignent à l'esprit de la manière la plus nette. La loi des proportions multiples, surtout, trouve dans l'insécabilité des atomes une explication très naturelle, puisque les composés résulteront de l'union de un, deux, trois, etc., atomes, de la seconde substance avec un, deux ou trois, etc., atomes de la première.
Dalton admit donc que le poids atomique d'un corps composé était formé par la somme des poids atomiques des éléments, et que les proportions définies, suivant lesquelles se combinent les corps, acides et bases, ne représentent que les rapports invariables de leurs poids atomiques. Mais ces poids atomiques ne sont pas déterminés en valeur absolue; on ne connaît que leurs rapports : il fallait choisir une unité comme terme de comparaison. Dalton rapporta tous les poids atomiques à celui de l'hydrogène, qu'il prit pour unité, et publia, en 1808, une table donnant les poids atomiques de diverses substances. Pour un certain nombre de corps, les nombres de Dalton se rapprochent sensiblement des équivalents.
— Distinction entre les atomes et les équivalents. La loi de Gay-Lussac, découverte en 1808, le conduisit à séparer les poids atomiques des équivalents. Cette loi des combinaisons gazeuses, une des plus belles lois de la chimie, peut s'énoncer ainsi : Les volumes de deux gaz gui s'unissent pour for jner un composé gazeur sont entre eux dans un rapport simple et le volume du composé est dans un rapport simple avec les volumes des cojnposants. Ainsi : 2 vol. d'hydrogène combinés, avec l vol. d'oxygène, donnent 2 vol. de vapeur d'eau.
Pour concevoir la similitude de constitution qu'il faut admettre entre les gaz si l'on veut se rendre compte des
Îiropriétés qui leurs sont communes indépendamment de eur nature, il est naturel d'admettre, avec Avogadro et Ampère, que leurs atomes sont placés à la même distance quand les circonstances sont les mêmes, et que vohanes égaux de deux gaz renfennent le même nombre d'atomes. Il en résulte que, pour former l'eau, un atome d'oxygène se combine avec deux atomes d'hydrogène.
Les poids atomiques déterminés d'après ce principe se trouvent tantôt égaux, tantôt doubles, tantôt dans un rapport autre, mais toujours simple, avec les équivalents ou poids atomiques de Dalton. Il n'y a aucune difticulté pour les acides, les bases et les composés gazeux. Pour le poids atomique d,'un métal, Berzélius prenait, en général, la quantité de ce métal qui se combine avec 100 d'oxygène pour former un protoxyde. Néanmoins, il fut conduit à déroger à cette règle, purement conventionnelle, par la découverte de deux lois importantes : 1" la loi de Dulong et Petit (I819)j: Le produit du poids atomique d'un corps simple solide par sa chaleur spécifique est un nombre constant voisin de 6,4 ; 2" celle de Visomorphisme (1820), due à Mitscherlich. h'isomorphisme traduit l'analogie de composition chimique dos corps. Ces deux lois permettent de décider, en certains cas, lequel, entre plusieurs nombres proportionnels, doit être pris pour poids atomique.
— Distinction entre les équivalents et les molécules, entre les molécules et les atomes. Il est à remarquer que la notation en équivalents, à laquelle on tenta de revenir en 1844, n'a jamais été appliquée d'une manière rigoureuse. Les bases polyacides telles que l'alumine ou l'oxyde ferrique, et les acides polybasiques tels que l'acide pnosphorique, étaient représentées par des formules qui ne donnaient pas les véritables équivalents. Par exemple, il aurait fallu formuler l'alumine : A1»0, et non Al'O*. La notation en équivalents est, d'ailleurs, impuissante à donner une représentation de la structure des corps composés et do leurs propriétés. En représentant le sulfate d'alumine par la formule AlsO,SO\ elle ne fait point apercevoir la nature polyacide de l'alumine.
Gerhardt revint à la notation atomique, en y introduisant des changements importants ; c'est lui qui étamit nettement la différence entre atome, équivalent, molécule, notions qui, jusque-là, étaient presque toujours confondues. Non seulement il dédoubla avec Berzélius les équivalents de l'hydrogène, du chlore, du brome, de l'iode, du fluor, de l'azote, du phosphore, de l'arsenic, pour en faire des poids atomiques, mais il fut conduit, par la comparaison qu il fit des oxydes métalliques avec l'eau, à étendre aux métaux eux-mêmes cette réduction des équivalents à la moitié ; d'autre part, pour les formules des composés volatils, Gerhardt ramène tous ces corps, à peu d'exceptions près, à 2 volumes de vapeur, tandis que les formules de Berzélius répondent tantôt à 2, tantôt à 4 volumes de vapeur. D'après Berzélius, les corps composés se forment toujours par addition de leurs éléments; toute combinaison renferme toujours deux éléments simples ou composés, lesquels se sont unis parce qu'ils étaient le siège de forces opposées et tendant, par cela même, à se neutraliser. Le système de Berzélius n'est autre que le dualisme, doublé delà théorie électro-chimique, sur laquelle il s'appuie. Berzélius représentait, par exemple, l'acide azotique par la formule Az^C^iH^O, répondant à 4 volumes de vapeur. C'était pour lui une combinaison de second ordre, renfermant intégralement tous les éléments do l'acide azotique anhydre d un côté, et de l'autre tous les éléments de l'eau. Le premier formait l'élément électro-positif, le second l'élément électro-négatif. Pour Gerhardt, aucune combinaison ne s'accomplit par addition pure, toutes se font par substitution. Une combinaison prend de nouveaux éléments en remplacement de ceux qu'elle perd. La parcelle indivisible physiquement ou molécule du corps simple ou composé est un groupement d'atomes susceptible d échanger des atomes avec d'autres molécules : c'est la conception unitaire. Ampère, étendant aux corps composés l'hypothèse que volumes égaiLx de gaz contiennent le môme nombre de parcelles, avait déjà appliqué cette idée de substitution à la combinaison du chlore avec l'hydrogène :
(HH) -I- (Cl Cl) = (H Cl) + (H CI)
1 moléc d'hydr. -\- 1 moléc. de chlore. ^ 2 moléc. d'acide chlorhydr.
Gerhardt, généralisant cette vue, l'étendit à toutes les combinaisons. Le terme « molécule » prit un sens très net, distinct de celui du mot « atome ». Pour Gerhardt, l'atome c'est la /) lus petite quantité d'un élément gui puisse exister
dans un corps composé comme masse indivisible par les forces chimiques ; la molécule est un groupe d'atomes formant la plus potiti^ quantité d'un corps simple ou composé qui puisse exister à l'état libre, entrer dans une réaction ou en sortir. Dans toutes les réactions chimiques, ce sont les molécules qui échangent leurs atomes de manière à donner naissance à de nouvelles molécules. Lorsque l'hydrogène se combine avec l'oxygène, il attaque une molécule doxygène qui se dédouble et se convertit en deux molécules d'eau :
(00) -h 2(HH) = (H'O) -(- (H=0)
1 moléc. d'ox. -f-2 moléc- d'hydr. ^ 2 moléc. d'eau-
— Détermination des poids moléculaires et des poids atomiques. D'après Gerhardt, les molécules de tous les corps fazeux occupent 2 volumes de vapeur, si un atome d'hyrogène occupe l volume; il suit donc de là que le poids moléculaire de tout corps capable de prendre 1 état gazeux est donné par sa double densité prise par rapport à l'hydrogène. La loi de Dulong et Petit et celle do Mitscherlich sont invoquées quand les corps ne sont pas volatilisables.
Les poids atomiques, c'est-à-dire les rapports des poids des atomes entre eux, ne peuvent s'établir qu'après détermination des poids moléculaires ; ils se déduisent de ces derniers. Berzélius a déduit de ses expériences les poids moléculaires et atomiques de plus de deux mille corps.
Les méthodes employées par Berzélius ont été améliorées par Marignac, Dumas, Pelouze, Stas et d'autres chimistes, qui les ont amenées à un degré de perfection qui ne laisse rien à désire".
La détermination des poids atomiques do certains éléments est d'une importance exceptionnelle : la plus petite erreur commise dans l'évaluation de ceux de l'oxygène, du chlore, du brome, de l'argent et du carbone, par exemple, peut amener, dans l'évaluation des poids atomiques ou de la composition de certains corps, des erreurs importantes. Voici, d'après Y Annuaire du bureau des longitudes, les poids atomiques, rapportés à l'hydrogène, de tous les corps simples :
CORPS
sS
Aluminium. .
Antimoine ,
Argent
Argon. . . .
Arsenic ....
Azote
Barvum. . .
Bismutli . .
Boi-e
Brome. ....
Cadmium. .
Caesium. . .
Calcium. . . .
Carbone. . .
Cérium . . . .
Chlore
Cllronie ....
Cobalt
Cuivre
Didyme . . . .
Erbium. . . .
Etain
Fer
Fluor
Gadoliuium .
CORPS
Mûlybdèn) Néodidyra Nickel. . .
Niobium .
CORPS
Rhodium. .
Rubidium .
Ruthénium.
Scandium .
Sélénium. .
Silicium. . .
Sodium. . .
Soufre. . . .
Strontium .
Tantale . . .
Tellure . . .
Terbium . .
Thallium. .
Thorium . .
Thulium . .
Titane. . . .
Tungstène .
Vanadium .
Ytterbium .
Yttrium. . .
Zi
— Pour la classification des corps d'après leurs poids atomiques, v, corps.
— Volumes atomiques. Volumes moléculaires. Les volumes moléculaires sont les quotients des poids moléculaires par les densités, et les volumes atomiques les quotients des poids atomiques par ces mêmes densités.
« Les atomes et les molécules qui constituent la matière, dit Wurtz, ne se touchent pas, mais laissent entre eux des espaces plus ou moins grands. Les volumes atomiques ne représentent donc pas les volumes relatifs qu'occupent les atomes proprement dits, mais comprennent en même temps les espaces interatomiques. Cette remarque s'applique aussi aux volumes moléculaires. >■
— De l'atomicité ou valence de atomes. L'atomicité est la propriété que possède un atome d'attirer à lui un plus ou moins grand nombre d'autres atomes. Ce sont surtout les travaux de Wurtz, Kékulé, Odling, etc., qui ont introduit cette notion en chimie.
Les chimistes appellent radical tout atome (radical simple) ou tout groupe d'atomes (radical composé) susceptibles de se transporter d'un composé dans un autre.
Déterminer l'atomicité ou la valence d'un corps, c'est déterminer le nombre maximum d'atomes avec lesquels il peut se combiner ou auxquels il peut se substituer. 1 atome de chlore se combine avec 1 seul atome d'hydrogène ; le chlore a la même capacité de combinaison que l'hydrogène, ou la même valence; 1 atome d'oxygène se combine avec 2 atomes d'hydrogène; nous disons que le chlore est monoatomique ou univalent, l'oxygène diatomique ou divalent. Pour trouver l'atomicité d'un radical simple ou composé, il faut toujours le rapporter à un radical monoatomique, tel qu'hydrogène, chlore, brome, iode, etc. On ne saurait déduire l'atomicité d'aucun radical do l'étude de combinaisons qu'il forme avec les radicaux polyatomiques, car ceux-ci ont la propriété de s'accumuler indéfiniment dans les molécules.
Kékulé représente cette accumulation toujours possible d'une manière très ingénieuse. Soit, par exemple, un atome diatomique, Kékulé le i-eprésenle par le symbole |, qui indique deux centres d'attraction distincts. Si à chacun de ces centres d'attraction vient s'adapter un atome monoatomique, l'atome diatomique sera saturé et incapable de se combiner avec un autre corpsj la molécule résultante
sera représentée par la formule | . Mais, si cet atome
se combine par chacun de ses centres attractifs avec un des centres attractifs d'un autre atome diatomique comme
lui, la molécule prend la forme ! , où l'on voit qu'il
reste en a et i deux centres attractifs non saturés. On
pourrait ensuite avoir la forme ZIJ » et ainsi de suite,
jusqu'à ce que deux atomes monoatomiques soient venus compléter, fermer la molécule.
L'atomicité des radicaux s'exprime, dans la notation, en surmontant leur symboles d'un indice ;
Cl', O", Bo'", Civ indiquent que le chlore est monoatomique, l'oxygène diatomique, le bore triatomique, le carbone tétratomique.
L'atomicité d'un corps ne saurait être absolue ; ainsi, le phosphore est triatomique par rapport à l'hydrogène, ot pentatomique par rapport au chlore.
On peut, en se basant sur l'atomicité des corps simples, donner une classification rationnelle de ces corps. Ainsi, pour les métalloïdes, nous avons :
Métalloïdes univalents : Fluor, chlore, brome, iode. — Métalloïdes divalents : Oxygène, soufre, sélénium, tellure.
— Métalloïdes trivalents : Azote, phosphore, arsenic, antimoine. — Métalloïdes quadrivalents : Carbone, silicium.
— Métalloïdes pentavalents : Bore.
Parmi les métaux, les métaux alcalins et l'argent sont univalents, les métaux alcaline- terreux et magnésiens sont divalents, le bismuth et l'or sont trivalents, 1 étain et le platine sont quadrivalents.
— IL Les ATOMES d'après les théories de la physique. Atomes tourbillons. La chimie, tout en donnant un corps à la notion des atomes, ne donne aucune idée du genre û'insécabilité que présentent ces atomes. Or, la divisibilité étant mathématiquement indéfinie, de quelle nature peut être l'insécabilité physique? Ce problème délicat a dès longtemps sollicité l'imagination des savants. On a considéré les atomes comme de petites masses solides indéformables, les moléciiles comme de petits mondes (microcosmes) analogues au système solaire d'atomes, gravitant les uns autour des autres. William Thomson a imaginé une théorie fort ingénieuse, qui assimile les atomes aux tourbillons d'un fluide où les frottements n'existent pas. Cette théorie a pour base les beaux travaux d'Helmoltz sur les propriétés des tourbillons d'un fluide parfait et emprunt© son idée première au phénomène bien connu des couronnes tourbillonnantes de fumée, telles qu'en produisent les bulles d'hydrogène phosphore crevant à la surface de l'eau. Rappelons quelques-unes des propriétés intéressantes de ces couronnes. D'abord, pour les obtenir facilement, on
firend une caisse en bois ou en carton, dont l'une des aces est percée d'un large orifice circulaire, tandis que la face opposée est formée par une toile fortement tendue. A l'intérieur de la caisse on produit, d'une fai;on quelconque,
Manière d'obtenir des
de fumée,
d'abondantes fumées. Un coup fermement appliqué sur la toile tendue lance par l'orifice circulaire un jet d'air chargé de fumée dont la forme est celle d'un anneau, ou mieux d'un tore. Ce tore prend un mouvement d'ensemble perpendiculaire à la face de sortie ; en même temps, les particules dont il se compose se meuvent circulairement sur ses méridiens. Les tourbillons de cette masse d'air chargé de fumées seraient l'image exacte des tourbillons théoriques d'Helmoltz, s'ils se formaient et se mouvaient dans un fluide parfait, c'est-à-dire où les frottements des particules, en mouvement relatif les unes par rapport aux autres, seraient nuls. Le frottement de l'air nécessaire à leur génération les désorganise, après un parcours assez limité. Lorsque deux anneaux viennent à se toucher, ils ne se confondent point, mais se mettent à vibrer rapidement en s'éloignant l'un de l'autre, comme le feraient deux corps élastiques après un choc. Si l'on essaye de couper un anneau tourbillonnant à l'aide d'une lame, l'anneau s'infléchit, so, dérobe, mais ne se laisse pas entamer, et, dès que la lame est éloignée, il reprend sa forme primitive, après quelques oscillations.
C'est cette indépendance, cette autonomie, jointe à l'insécabilité, qui a suggéré à "Thomson sa théorie des atomes tourbillons, et qui a été pour lui le point de départ de sa nouvelle conception sur la constitution du monde. D'après Thomson, l'univers est constitué par un milieu où le frottement est nul. et que parcourent des tourbillons. Em-
Sruntons ici l'exposé de Wurtz : « Un uide remplit tout l'espace, et ce que nous nommons « matière « sont les portions de ce fluide animées de mouvements tourbillonnants. Ce sont des légions innombrables de fractions ou portions infiniment petites : mais chacune do ces portions est parfaitement limitée, distincte de la masse
entière et distincte de toutes les au- .]
très, non par sa substance propre, mais par sa masse et par ses modes de mouvement, qualités qu'elle conserve éternellement. Ces portions-là sont les «atomes ». Dans le milieu parfait qui les renferme, aucun d'eux ne peut changer ou disparaître, aucun ne peut naître spontanément. Partout, les atomes de la même espèce sont constitués do la même façon et doués des mêmes propriétés. » Cette hypothèse nous ramène à l'ancienne conception d'un éiément unique qui a souvent tenté les penseurs, mais dont la réalité sera probablement inaccessible à la démonstration.
— Dimensions des atomes. En dehors de toute idée sur la constitution des atomes, il y a un fait mis hors de doute par les phénomènes chimiques: c'est quxme matière no peut pas être divisée au delà d'une certaine limite» sans qu'elle cesse d'avoir ses caractères spécifiques. L'eau, par exemple, dont chaque goutte, vue dans le plus puis-, sant microscope, nous paraît homogène, finit par se résoudre, sous l'action de difl'érentes forces telles que la chaleur ou le courant électrique, en deux matières dis-
tiiK'tos ot n'ayant ni l'uno ni l'autro les caractères do l'eau. Il était intéressant do so rendre compte du degré do ténuité qiio tiiiiv<Mit atteindre les particules pour que riiétéroeônéiti' apparaisse ot qu'une matière soit résolue en plusieurs uiatiùros, on ces matières où aucune division n'a pu jiis.|ii'ii-i rrvélor d'InHiTogénéité, et qu'on appelle corps simples ou .'Imp m 1 n .. l.rnidt, puis V. Thomson, ont
fou nu dos i'\ il I l' i idantos. Thomson a opéré do
trois Tarons lui i nms les nombres trouvés sont
du m'''inc oi'lif il.' : I Mil. iir. De là, la conclusion que les
S articules doivent avoir iH)ur dimensions 50 biilionniômes o millimiMro. Si l'on veut donner par une imago frappante l'idée do la grosseur dos dernières particules matérielles, on peut dire que ces particules sont à un grain de i)lomb ce qu'un grain do plomb est par rapport i la Torre.
— III. Lks atomks selon la philosophie. L'expérience de tous les jniii's iiiniitre que les corps peuvent être réduits en parfir-s Tm i l'i-dti's, et cotto divisibilité no semble avoir d'autre Iiiinii- i|iic n-llo opposée par la grossièreté de nos organes ri d<- ims uistrumonts. La divisibilité de la matière csi-flle infinio, ou limitée? — Tantquo les progrès scimMliquos n'eurent pas permis do saisir ce qu'il pouvait y avoir do plausible dans les diverses conceptions qui prennent l'atome pour base, pour substratum à la matière ot à l'univers, Ja doctrine atomique se composa des dissertations les plus variées sur toutes les hypothèses aprioristes que p-^ut enfanter la raison.
Aux yeux do Démocrite, par exemple, l'être véritable, c'est-à-dire ce qui existe au delà des corps et de l'universelle évanesccnco dns phénomènes, c'est l'être plein, c'est l'atome. — Vient ensuite Epicuro qui, comme lui, distingue le plein ot le vide : le plein est ce qui constitue la matérialité sensible ; le vide est nécessaire pour que les corps puissent avoir une place à occuper, et la possibilité de se mouvoir. Mais, tandis que Domocrite ne reconnaît aux ni mi m , .|iii iiiiix qualités : la grandeur et la figure, Epiciii. i i , !<, on plus, le poids.
A son tour. I i a et développa les idées d'Epi-
cure. Seule la ^l. ^ ^ ; i;^' i. ^ uiodes de groupement des atomes explique la diveisiir dos corps. Les atomes ressemblent aux lettres dont nous formons les mots : c'est leur arrangement qui donne en quelque sorte aux corps leurs divers sens. On a vu dans ce principe une sorte d'intuition de" ce que nous appelons aujourd'hui Visomérie et l'allotropie. V. ces mots.
Voilà donc, tel que nous l'a légué l'antiquité, le système dit " mécaniste » sur l'origine du monde et des choses ; telle la thèse qu'au xvii" et au xviii* siècle, avec des fortunes et des variations sans nombre, devaient soutenir ou combattre les plus éminents esprits : Descartes, Gassendi, Newton, Leibniz, Voltaire.
Mais il faut arriver à Ampère pour voir l'atome prendre vraiment droit de cité dans les sciences positives. Ampère admet trois ordres de fragments matériels : les particules, divisibles par les seules forces physiques; les molécules, divisibles par les seules forces chimiques ; les atomes, indivisibles mécaniquement, physiquement et chimiquement. De plus, les atomes ne sont pas juxtaposés de manière qu'il y ait contact entre eux : ils sont maintenus à certaines distances par des foj'ces dont les unes sont attractives, et les autres répulsives.
Ainsi est proclamée l'impénétrabilité de l'atome. Toutefois, le mot " impéiiétrabiljté i; avait un sens pour les anciens atomistes : c'était le plein parfait, la solidité absolue ; en d'autres termes, ce qui impliquait impossibilité de division. Au contraire, dans l'hypothèse d'Ampère, dans l'hypothèse d' M atomes maintenus séparés les uns des autres, même àdes distances relativementtrès grandes, par des forces répulsives » , l'imponétrabilité, cette qualité réputée fondamentale de la matière, devient une qualité inutile, c'est-à-dire ^ui ne peut jamais entrer en action, qui n'intervient dans 1 explication d'aucun phénomène; ou plutôt, l'idée même d'impénétrabilité se confond avec l'idée de ces forces répulsives : l'atome se convertit en 7nona(le, l'atomisme so réduit en dynamisme.
Or, avec le dynamisme, nous nous trouvons en face d'une conception qui, au lieu de ramener l'esprit lui-même à la matière, comme le voudrait la théorie atomistique, fait voir que la substance des choses ne nous est connue qu'en tant que force. Mais, d'autre part, ainsi qu'on la vu plus haut (pbys. et chim.). l'état actuel des sciences positives permet de poser en principe que toutes les forces (chaleur, électricité, magnétisme, etc.) ne sont que des noms divers donnés au mouvement, selon le mode etl'intensité des vibrations par lesquelles il nous rend perceptible le monde extérieur. Dès lors, le mouvement — ou la force, si l'on préfère — n'est pas, lui non plus, une entité : ce qui le constitue, c'est le changement de situation d'une chose par rapport à une autre. Or, de l'aveu do tous, un rapport no saurait être considéré comme une chose absolument simple avant une existence » en soi » , une existence substantielle ; cest une modalité, et rien de plus.
Cependant, l'impossibilité, pour la raison pure, de concevoir que quelque chose puisse exister sans un substratum, sans une substance — l'impossibilité, si l'on veut, do concevoir le mouvement auquel la science moderne pré tend tout ramener sans supposer quelque chose qui so meut — aboutit à la nécessité d'admettre, en fin de compte, un point où la matérialité cesse de pouvoir être décompo sée, un point où elle est simple, irréductible; et ce point, c est encore 1 atome.
Mais ya-t-il, pour nous, un moven de saisir la matioro dans cet état extrême de réductibilité? Ici, la difficulté re parait entière. Toutefois, l'analyse de la connaissance d accord, d'ailleurs, avec les postulats de la physique tente de la résoudre. Par elle, en ctTet, nous apprenons que notre connaissance est oUe-méme, avant tout, conditionnée, limitée par nos moyens de savoir, de percevoir et de concevoir. D'où la conclusion que ce qui limite les choses, l'atome oommo les autres, ce ne sont pas los choses cllos-mêmes. mais bien les moyens que nous avons de les connaître. Va. cela, en nous expliquant du môme coup la rolaiivitr inévitable do toute connaissance, et celle de toute conception, tend à nous faire envisager l'atome non plus comme une entité déterminée, mais comme une expression imparfaite, comme un artifice locique dési-^nant le stade ultime do réductibilité où 7?m/iéreet force se confondent dans la neutralité primordiale de l'univers.
ATOMICITÉ (rad. atome) n. f. Puissance de combinaison, valeur de substitution d'un radical simple ou composé ;
La notion de /'atomicité a établi un lien solide entre la chimie orf/anif/ue et la chimie minérale. (Wurtz.)
— KNCVCL. V. ATOMK, CUIMIK.
ATOMIFÈRE (du gr. alomoa, atome, ot du lat. ferre, porlor) adj. Qui est chargé d'atomos.
ATOMIQUE adj. Qui appartient, qui a rapport aux atomes.
— Poids atomique, Poids relatif des atomes des divers corps : tes poids atomiquks des divers corps sont rapportés à celui de l'hydrogène pris pour U7iité. ("wurtz.)
— Théorie atomique. Ensemble dos spéculations physiques, chimiques ot philosophiques, sur los atomes. (Semploio on chimie dans un sons plus restreint pour désigner l'onsemblo dos notions relatives aux poids atomiques.)
— Notation atomique. Notation chimique, fondée sur la considération dos poids atomiques.
— Chaleur atomiq^ue, Chaleur spécifiqiie d'un corps solide dont le poids atomique serait égal à l'unité; ce nombre est la constante de la loi do Dulong ot Petit ; sa valeur est lî.i.
— EncYCL. V. ATOME.
ATOMIQUEMENT adv. D'une manière atomique ; au point de vue atomique : Les coi'ps atomiquemknt combinés furnient des corps composés, et non de sitnples mélanges.
ATOMISME (miss — du gr. atomos, atome) n. m. Système dos philu-sophos qui prétendent expliquer la formation do l'univers par la combinaison spontanée des atomes : V\- TOMisMK n'était autrefois qu un matérialisme grossier. (Walsh.) Il Système des physiciens qui supposent los corps composés d atomes ou éléments smiples doués des qualités dont jouissent les corps eux-mêmes.
— Encycl. Philos. Le mot atomisme présente deux sens très distincts ; il s'applique d'une part à une conception générale de la nature matérielle, de l'autre à un système do philosophie matérialiste et athéiste. Pour tout ce qui ooncerne l'atomisme entendu dans le premier sens et les diverses conceptions cosmogoniques auxquelles il a servi do base, nous renvoyons au mot atome. Enfin, quant à la morale qui correspondit à chacune de ces conceptions, elle devait, évidemment, procéder de leur psychologie respective. V. CARTÉSIANISME, ÉPICDRISME, MATERIALISME, OtC.
ATOMISTE (miss) n. m. Partisan de l'atomisme.
— adj. Qui professe l'atomisme : Plusieurs philosophes de l'a/icienite Grèce étaient atomistes.
ATOMISTIQUE (m iS5) adj. Philos. Qui concerne l'atomisme, qui a rapport à l'atomisme ; Système atoxMistique. Philosophie atomistique.
— Chim. So dit de la théorie qui considère les corps comme tirant leur nature do celle même des atomes dout la combinaison les a formés.
— n. f. Théorie chimique d'après laquelle tous les corps seraient composés d'atomes, particules matérielles d'une petitesse telle qu'elles échappent à nos sens, et dont les formes propres, ainsi que les propriétés spéciales, détermineraient la nature même des corps.
ATOMOLOGIE (de atome, et du gr. logos, discours) n. f. Nom donné par Ampère à l'étude des forces que los molécules de la matière exercent les unes sur les autres.
ATOMOLOGIQUE adj. Qui a rapport à l'atomologie.
ATOMOLOGISTE 07s*) n. m. Celui qui se livre à l'atomologie, qui s'occupe de cette science.
ATOMON n. m. Bot. Syn. de jusquiame.
AtondO y Antillon (D. Isidore), amiral espagnol, du xyii" siècle, connu surtout par ses expéditions pour soumettre la Californie à l'Espagne. Il commença la colonisation de ce pays.
ATONE (du gr. a priv., et tonos, ton) adj. Fixe, immobile, sans expression, en parlant de l'œil, du regard : Les idiots, les crétins, certains vieillards, ont le regard atone. Il Inerte, sans vie, sans vigueur, sans énergie ; Dieu vous garde d'une vie atone et sans combats ! (Baiz.).
— Gramm. Qui n'a pas d'accent tonique : Syllabe atone.
— Méd. Sans tonicité, en parlant des muscles ou des organes pourvus de fibres musculaires.
ATONIE (du gr. a priv., et tonos, ton, ressort) n. f. Défaut de tonicité musculaire, dans un organe contractile : Atonie utérine. Atonie i/itestinale.
— Ato7iie 7iutritive. Syn. de atrophie.
ATONIFIGATION (si — de atonie, et du lat. facerc, fairo^
n. f. Action de faire tomber un organo dans l'atonie'.
ATONIQUE adj. Qui est en état d'atonie; qui se rapporte à l'atonie.
ATOPE ou ATOPA (du gr. afopos, insolite) n. m. Entom. Syn. do dascillus. V. ce mot.
Atossa, fillo aînée de Cyrus, roi de Perse, femme do son frère Cambyse, puis du mage Smerdis, enfin de Darius, fils d'Hystaspe. De ce troisième mariage naquirent plusieurs enfants, dont Xerxès. Atossa semble avoir exercé, par ses conseils, une grande influence sur Darius. A son instigation fut entreprise l'expédition contre la Grèce, ou tout au moins en fut formé le premier projet.
Aiossa (qui serait, selon certains auteurs, la Vasthi de la Bible) joue un rôle important dans la tragédie des Perses, où Eschyle représente le retour de Xerxès dans son empire, après ladéfaite de Salamine. — Sa grand'iante. Atossa, fille du premier Cyrus, épousa probablement Pharnace, roi de Cappadoce. — Une autre Atossa était la lillo d Artaxerxês Mnémon,et épousa son propre père.
AtOTOLNICO, ville du Mexique (Etat de Jalisco)- 1-t.ioo hab. ^'
ATOUR (rad. atoumer) n. m. Primitivem., Coiffure de femme; puis, dans un sens général, tout co qui sert à la parure dos femmes. Il ne s'emploie guère qu'au pi. • Qunyid on n'achète point un visaqe neuf, les atocrs ne peuvent faire un bon effet. (M""» de Sév.)
— Par anal. Tout ce qui sert de parure, d'ornement à une chose quelconque : Ville pavoisée, ornée de ses plus beaux atours. Corvette légère, tous ses atocrs au vent
— Filles ou Femmes d'atour. Celles qui étaient chargées de garder les robes et les parures des princesses, ii Dam^
ATOMICITÉ ATRACIIÉLIE
ou Demoiaelle d'atour. Dame ou Domoiscllo chargée do pr^ sidor à la toiletto d'une reine, d'une princesse, etc. : La charge de damb d'atodb est la première après celle de ta dame d'honneur. (Acad.) ii Chambre d'atour», Aociea nom du cabinet do toilette.
— Encycl. Lo nom do atour a été donné par certaios archéologues à des coiffures portées par les femmes au moyen àgc, et qui appartiennent à la catégorie des hennins. Dans co cas, les atours seraient des hennins à cornes dans lo gonro do ceux dont la reine I.sabeau do Bavière apporta la modo en Franro. I/atour 'lait plutôt uno coiffure do femme noble , par opposition au chaperon, dont fusago était réservé aux bourgeoises. On entendait, au XV* siècle, paratour à la façon de Portugal, ces coiffures monumentales à bourrelets frangés qui retombaient par derrière on manière do pattes, do chaperon d'hommo. n A la même époque, on appelait toile d'atour tout tissu léger destiné à garnir les coiffures du genre des hennins, que co fût du linon, do la toile fine, ou de la gazo. On nommait atoumeresses les Dame femmes do service, les
liffée d'atour* (xv«»iècle).
chambrières chargées de coiffer ; maïs cette profession semble avoir été exercée aussi, au xv* siècle, par des personnes do condition indépendante qui en faisaient métier. (On a dit aussi : Une atocrneuse, et, au masc,
Un ATODENEUR.)
Atour n. m. Nom anc.de laconstellationdu Taureau.
Atour ouAttouR, ville de l'Inde mérid. (Madras, distr. de Salem), sur le fl. côt. la Vacichtanati ; 8.300 hab. C'est l'ancien Ahtour.
ATOURNE n. m. Autref., Officier de ville. H Statut, règlement publié par l'autorité locale.
ATOURNER fdu lat. adomare, orner) v. a. Parer (mais s'employait faniilièrera. ou ironiquem.) : Ainsi la dame ATouRNA Lancelot de tout ce que mestier (besoin) lui fust. (Roman de Lancelot du Lac.) [Vieux mot.]
— Par ext. Arranger, disposer : Qui vous a donc atolhné comme cela ?
S'atourner, v. pr. Se parer.
Et la vilaine s'atouma
Comme une vieille un jour de fête.