‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 520 sur 828 · TINTER · texte numérisé non relu

TINTER

ATTIQUE (gr. attikos) adj. Qui appartient, qui a rapport à l'Attique, à Athènes ou aux Athéniens : Les coutumes, les mœurs attiques. La politesse attique.

— Qui tient de l'atticisme, qui en a la grâce, la finesse : César est l'écrivain le plus attiqoe de nome. (H. Taino.)

il Sfl attique. Manière de s'exprimer finement raillotiso, spirituelle et jiolie, qui était particulière aux Athéni(nis.

— Archit. htaye attique, Nom donné au dernier étage

Attique LLo

d'une façade, quand cet étage n'a que la moitié ou, au plus, les deux tiers de l'étage inférieur.

— Chron. Année attique. Année luni-solaire en usage chez les Athéniens. Elle se composait de douze mois dans les années ordinaires, de treize dans les années à mois intercalaire. Mais elle fut remaniée plusieurs fois, surtout par Solon et par Méton.

— Gramm. Alphabet attique. Alphabet do vingt et une lettres, en usage chez les Athéniens jusqu'à la fin du V' siècle. Il fut remplacé par l'alphabet ionion de vingtquatre lettres, sous larchontat d'Euclide (403 av. J.-C).

— Littér. Dialecte attique, Dialecte grec ancien, particulier aux Athéniens, n Auteurs attiques, ou substaniiv. Les attiques. Les auteurs qui ont écrit dans le dialecte attique. Il Foiines attiques. Formes do grammaire, locu tions propres au dialecte attique. il Philosophie attique. Celle qui était professée dans les écoles de Socrato, de Platon, d'Aristote et de Zenon, dont le centre était à Athènes.

— Encycl. Le dialecte rt//fÇ((e présentait naturellement quelques formes spéciales, mais surtout il résumait en lui la plupart dos qualités des autres dialectes grecs. Il se rapprocliait principalement de Vionien, mais avait plus do fermeté, de précision et d'éléganco.

On distinguo trois périodes dans l'histoire du dialecte altique : X" ancien attaque, jusqu'à la fin du v* siècle (Escliyle , Sophocle , Euripide , Aristophane , Thucydide ) ; •2'')»oi/i-n attique, de la fin du v« siècle au milieu du iv« (Lvsias, Isocrate, Xénophon, Platon); 3" nouvel attique, depuis le milieu du iv« siècle jusqu'à la mort d'Alexandre (Déiiiosthène, Hypéride, Eschine, Ménandre).

Le dialecte attique semble presque disparaître de la litti'raturo vers la fin du iv* siècle ; mais, en réalité, il se survit à lui-même, dans une forme un peu différente et moins pure. Il fournit les principaux éléments de la langue dite fl commune », la langue littéraire qu'ont employée la plupart des écrivains grecs de l'époque hellénistique et de l'époque romaine : Aristote, Polvbe, Strabon, Plutarque, etc. Même quelques délicats sVfforçaient, alors, do couservor lo dialecte attique dans toute sa pureté : ce

ATTIGNOLE — ATTISE

.sont ceux qu'on a surnommés los atticiste9; par exemplOf Lucien ou Dony.s d'Halicarnasso.

ATTIQUE n. m. Petit étai^o sapérionr. sans ornomonts ou avec ses ornements particuliers, qui sort  disKJmulor le toit. Il Partie do l'ontabloment élevée au-dessus do la corniche, pour cacher la naissance du toit, ii Faux attique, Sorte de piédestal qui soutient la partie inférieure d'un entablement; il est destiné à rehausser des bases qui. sans cela, seraient masquées par des corniclios saillantes.

Attique, contrée do l'ancienne Grèce, bordéo au N. par la Béotio ot lo mont Parnès {Ozéa), â 1*0. par la Mé-

f aride et lo golfe d'Egine, au S. par la mer do Myrlos, à E. par la mer Egée. C'est uno longue péninsule, qui va so rétrécissant jusqu'au cap Sounion (Co/onno). L'Atiiquo a environ 2.600 kilom. carr. et 180 kilom. do cotes. Les montagnes principales sont l'Hymetto (Mavro Vouno),\e Pentéliquo (Penteli), et le Laiinon. Lo pays n'est arrosé que par des ruisseaux: Céphise, Ilissos, Céphiso éleusinien, etc. Climat chaud ot sec; sol rocheux et peu fertile, mais où so plaisent l'olivier et le fiçuior. La contrée était divisée on dèmes ou cantons, reparus depuis Clisthène en dix tribus. En dehors d'Athènes, les viUes principales étaient : Eleusis, Le Pirée, Acharnes, Phylé, Marathon, fEnoé, etc. Aujourd'hui, l'Attique fait partie du nome d'Attique-et-Béotie.

— BiBLiOGR. : Description physique de l'Attique (Athènes, 1884 et suiv.); Curtius ot Kaupert, Karten von Attika

(Berlin. I«81-1889).

Attique-ET-BÉOTIE, prov. de Grèce ; 257.800 bab-

ATTIQUEMENT adv. Dans lo dialecte attique. il Avec uiH- *d.-L'an.:f) attique : Parler, écrire attiquement.

ATTIRABLE adj. Qui est suscoptiblo d'être attiré : Z'aciiT r.s/ monts ATTIHAHLE à l'aimant que le fer.

ATTIRAGE adj. Action d'attirer. (Peu usit^.)

— Poids d'attiratje, ou simplement Attirar/e, Poids du rouet d'un tileur d'or, ii Cordes d'attiratje. Cordes qui soutiennent le mémo poids.

ATTIRAIL (ràî/' — rad. tirer, c'est-à-dire tirer après soi) n. m. Quantité, assortiment do choses diverses et nécessaires pour certains usages : Attirail de guerre, de chasse, de voyage, /.'attirail d un photographe.

— Familièrem. Amas, bagage superflu ou embarrassant; et au fig., Accompagnement fastueux et vain : Toutes les grandeurs et leur attirail s'enfuient comme un songe, (Fën.) — Rem. Le pluriel attirails est pou usité.

ATTIRANT, ANTE adj. Qui attire, qui fait venir à soi : La force attirante de l'aimant.

— Fig. Attrayant; qui attire, engage, séduit:

... Les gîizODB frais sous les molles ramures. Et les coins attirants où l'on vient pour sonirer.

J. Lr:UAlTRE.

— Stn. Attirant, attractif, attrayant. Ces adjectifs signifient également Qui a la propriété d'attirer ; mais attractif ne s'emploie qu'eu physique et au propre : Propriété, force ATTRACTIVE d'un corps, tandis que attirant no se dit le plus souvent qu'au figuré, en parlant de co qui a rapport aux personnes : Politesse attirante. J/anières ATTIRANTES. — Attrayant so dit de ce qui a do l'attrait.

ATTIRANT n. m. Ce qui excite, ce qui engage à boire : Quant au dessert, le gourmand n'y prise guère que le fromage et les marrons, en leur qualité c'attibants. (Grimod.)

ATTIRANTE (rad. attirer) n. m. Nœud de ruban que les dames attachaient jadis au-dessus du corps do la jupe.

ATTIRER (de à. et tirer) v. a. Tirer, faire venir à soi : L'ambre frotté attire les corps légers non métalliques. Il Déterminer à venir; faire diriger vers soi : Attirer les regards. Le miel attire les mouches, n Gagner, engager par une sorte d'attrait; plaire, charmer:

L'enfant, au renouveau, peut-il s^mir lonet«mps? Le brio d'herbe l'amuse, et la feuille l'attire.

E. Mahubl.

— Causer, occasionner : Un malheur en attirb un autre.

Souvent un premier crime attire un autre crime.

Gilbert.

— Prov. : Un abîme en attire un antre ou L'abEme attire l'abîme. V. abyssds abvssi'm invocat.

S'attirer, v. pr. Etre attire l'un vers l'autre : En vertu de l'attraction, les corps s'attirent réciproquement en ligne droite. (Proudh.)

— Fig. Se provoquer, se déterminer l'un l'autre : Les contrastes s'attirent parce qu'ils se complètent. (Lamart.) Les confidences s'attirent. (Balz.) il Etre porté l'un vers l'autre par quoique attrait : L'homme et la femme s'attirent pdrrfes qualités différentes. (E. Bersot.)

— Fig. Attirer, appeler sur soi : Qui remplit ses devoirs s'attire l'estime. (Chateaubr.)

— Syn. Attirer, allécber. V. allécher.

— Anton. Chasser, pousser, refouler, repousser.

Attiret (Jean~Denis\ peintre français, né à Dôle en n02,mort à Pékin en 1708. Elève de son père,ii entra dans la Compae;nie de Jésus, ot fut envoyé on Chine commo missionnaire. C'est dans le Céleste Empire que cet artiste acquit une très grande renommée. Il devint le peintre eu titre de l'empereur Kien-Long. Chargé de peindre les exploits militaires du souverain contre les Tartares, do 1753 à 1760, Attiret composa seize tableaux d'histoire, dont les dessins furent reproduits en Franco par la gravure, sous la direction do Cochin. Attiret a peint en Chine plus de doux cents portraits do personnages de la cour. II fut, on outre, le fondateur d'une écolo de peinture à Pékin. Il existe des œuvres de ce peintre à Avignon.

Attiret (Claude-François), sculpteur français, né à Dôle'en 1728, mort dans la même ville en 1804, Elève de Pigalle, il fut reçu professeur à l'académie do Saint-Luc, à Paris, mais ne tarda pas à se fixer dans sa province natale. La fontaine de Dôle est son œuvre principale. On cite aussi de co sculpteur plusieurs statues à Dijon, un Jupiter et une Cyhèle au château de Bussy.

ATTISABLE adj. Qui peut être attisé.

ATTISAGE n. m. Action d'attiser.

ATTISE n. f. Bois que le brasseur met dans le fourneau, sous la chaudière, pour allumer le feu.

ATTISEMENT — ATTRAIRE

ATTISEMEMT n. m. Action d'attiser.

ATTISER (bas lat. attkinari; de ad, à, et (i/io, tison) T a Exciter, ranimer un feu : Attiser le feu.

— Fig. AttisPT le feu de, ou simplem. Attiser, Aigrir, exciter j^irriter, envenimer : Attiser le feu des passions.

>tre emportement.

i je Valtise moi-même,

Racine.

— Anton. Détiser, éteindre.

ATTISEUR, EUSE n. Personne qui aime à attiser le feu. (Peu us.) Il Ouvrier chargé de l'entretien d'un feu d'usine.

ATTISOIR OU ATTISONNOIR n. m.

Ustensile au moyen duiiuel on attise le feu dans certains métiers, ii Crochet dont on se sert pour attirer les scories sortant en fusion du fourneau, et qui sappelle aussi

RINGARD, et TISONNIER. V. CeS motS.

ATTITRER (rad. titre) v. a. Choisir, préférer pour ce qui regarde un commerce, un métier : Attitbkr un fournissein'. (Il n'est guère usité qu'au part, pass.)

— Attitrer les chiens, Les placer dans des relais pour attendre le gibier, en tenant compte de la taille et de la vitesse de ces animaux, qui, autant que possible, doivent être équivalentes pour un même rclai. Attisoirs.

Attitré, ée part. pass. du v. Attitrer. Qui existe, qui se pratique on vertu d'un titre : Le notariat est une charge attitkée.

— En mauv. part. Soudoyé : Témoins, assassms attitrés, Témoins, assassins achetés.

ATTITUDE {de l'ital. attitudine, tiré du lat. aptitudo, aptitude) n. f. Manière de tenir son corps, position quun lui donne : Attitude imposante, gracieuse, gauche.

— Fig. Dispositions, intentions et manifestation extrrieure de sentiments : La neutralité, V indifférence, telle fui Tattitude de l'Europe pour la France en fS70.

— Etre toujours en attitude. Prendre des positions, avoir des gestes atfectés et trop étudiés. (Se dit particulierom. des acteurs.)

— B.-arts. Position que les sculpteurs, les peintres donnent à leurs figures : Les tableaux de Raphaël, Poussin, Lesueur, Lebrun, et, de nos jours, ceux d'Eugène Delacroix, se recommandent par la vérité et l'expression de Tattitodk.

— Chorégr. Position sur un seul des deux pieds, sans égard à leur importance relative.

— Encycl. Art vétér. L'attitude est la physionomie générale que présente un animal au repos ou en inaction; ce mot est l'opposé de celui de allure.

L'attitude permet souvent d'apprécier le caractère et l'état de santé dun animal, et, si 1 on prend pour exemple le cheval, on voit que, lorsque son attention est éveillée et

au'il se porte bien, il a une attitude franche et énergique : est bien planté sur ses quatre membres également, et a ïa tête portée haut sur l'encolure, l'œil grand ouvert et fixant franchement l'objet qui l'intéresse; l'œil sera doux et les oreilles portées en avant s'il a bon caractère; l'œil sera méchant et les oreilles portées en arrière dans le cas contraire ; l'attention éveillée par ce dernier signe permettra d'éviter une morsure ou un coup de pied.

Le cheval, debout ou se reposant, détend alternativement un des deux membres de derrière et incline plus ou moins la tête sur l'encolure; les yeux sont à demi fermés. Le cheval peut parfaitement àormir debout et sans fatigue, par suite d'une disposition anatomique particulière de ses membres, ce que ne peuvent faire les autres animaux domestiques; il y a même des chevaux qui ne se couchent jamais. Généralement, le cheval se couche, soit sur un côté, soit sur l'autre, en tenant l'encolure élevée et la tête inclinée; il se couche aussi parfois tout de son long, comme s'il était mort.

Le cheval malade reste debout, porté également sur ses quatre membres, la tête et l'encolure plus ou moins étendues, ou inclinées, ou basses ; les yeux ouverts et brillants d'angoisse, ou fermés, à paupière gonflée, ou larmoyants. La respiration est accélérée, les naseaux dilatés se mouvant synchroniquement avec les battements du flanc.

Comme on voit, l'étude des attitudes du cheval donne d'utiles renseignements au vétérinaire; ii en est de même de l'étude des attitudes de tous les autres animaux.

— Physiol. et pathol. Les principales attitudes chez l'homme sont : la station verticale (v. station), puis celles de l'homme qui se tient assis, qui s'accroupit, qui se moi à genoux ou qui se tient couché. L'homme est le seul animal que l'on voie s'accroupir. C'est une attitude de repos; le seul effort indispensable est celui que nécessite l'équilibre de la tête. L'attitude à genoux est fatigante ci ne peut se prolonger que par un eftort des muscles extenseurs du rachis. L'homme se couche enfin pour jouir d'un repos complet et pour se livrer au sommeil. V. décdbitus.

Ajos attitudes ont parfois des influences très marquées sur la sauté. La position verticale lasse ; elle est une cause de fatigue pour les pieds et les jambes, où elle occasionne des varices, avec les ulcères qui en sont la principale complication. Quoique les attitudes assis et couché soient des positions de repos, elles fatiguent quand elles se prolongent trop. Dans les maladies un peu longues, la peau qui porte sur le lit et sur le siège s irrite et s'ulcère; il y a formation d'escarres. L'attitude assis journalière détermine dés démangeaisons quelquefois très vives, agit comme cause prédisposante des hémorroïdes. L'attitude du coucher trop prolongée présente également des inconvénients. Chez les vieillards, elle les prédispose aux attaques d'apoplexie» et le corps inactif s'aflaiblit chez tous par défaut d'exercice.

L'état de souffrance des sujets imprime à leurs attitudes des modifications qui peuvent servir au médecin de symptômes. Dans les fièvres grav^, à forme typhique. lès malades restent constamment couchés sur le dos, les membres étendus ; ils glissent continuellement du côté des pieds. Le changement continuel de position du corps marque i'agitation, le délire ; prouve l'incurvation du corps, la contracture de certains groupes musculaires. L'aliénation mentale donne lieu aux attitudes les plus variées, selon les désordres de l'inteiligence. Les attitudes sont parfois le symptôme dominant de plusieurs maladies iwr

veuses, la chorée, l'épilepsie, la catalepsie ; les fractures et les luxations impriment aux membres atteints des attitudes qui servent au diagnostic. Dans les efforts respiratoires excessifs des personnes affectées d'angine de poitrine, d'asthme, l'attitude assise est seule possible : la tête, les épaules, le haut du tronc, sont jetés en arrière; les mains, arc-boutées, soulèvent le corps et fournissent ainsi un point d'appui aux muscles inspirateurs du thorax.

— Stn. Attitude, posture. Attitude est plus noble que posture, hù, posture est la manière de poser le corps, plus ou moins éloignée de son habitude ordinaire, h'attitude est une manière de tenir le corps, plus ou moius convenable à la circonstance présente.

AttiuS. Biogr. V. AcciDS.

ATTLAS [lass) n. m. Etoffe de satin venant des Indes. 11 On dit aussi atlas, atlus et attlus.

— Encycl. Les attlas étaient de pure soie, souvent brochés d'or, tissés unis ou rayés, à fleurs. Ils furent surtout en honneur au xvii« siècle; mais, si l'on estimait la Ijeautè et la régularité de leur tissage, on les accusait d'être teints d'une façon fausse, surtout dans les rouges et les cramoisis. On distinguait les attlas cotonis, tramés de coton ; les cancanias, rayés à chaînettes ; les guembas, de même texture, mais plus soyeux ; les calquiers, satins à la turque disposés en point de Hongrie. Il y avait encore les attlas dits boitilles cotonis et bouilles charmai, tissés à la façon des gros de Tours, et dont la couleur était œil-deperdrix.

Attock (l'anc. Taxila), ville de l'Hindoustan, sur l'Indus, au N.-O. de Lahore ; 4.200 hab. Alexandre le Grand, Tamerlan et Nadir-Schah traversèrent l'Indus en face de cotte ville.

ATTOÏDÉS n. m. pi. Famille d'arachnides aranèides, division des saltigrades, renfermant des araignées sauteuses à corps trapu. Genres principaux : attus, saltique, myrmécie, etc. — tin attoidé.

ATTOLE n. f. Techn. Teinture rouge fournie par un végétal des Indes orientales. Il On dit plus souvent anate.

— Géol. V. atoll.

ATTOMBISSEUR (rad. tomber) n. m. Oiseau de proie qui attaque le héron dans son vol : Le faucon est un excellent

ATTOMBISSEUR. Il Ou dit aUSSi ATTOMBISEUR.

Atton ou AgtON (Atto Vercelliensis) , évêque de Verceil vers le milieu du x" siècle. Ses œuvres, publiées à Verceil (1768), tiennent leur intérêt de la rareté des documents de valeur sur cette époque troublée. Ce canoniste est l'auteur d'un ouvrage mystique, le Polipticon.

AttOPEU, ville du Laos annamite (Indo-Chine fran-

.aise). [V. Muong-Cau.J — Nom do

(Indo-Chine française). V. Sé-Kong.

ATTORNEY [né — mot angl. ; du v. franc, atome, disposé à, préposé â) n. m. Nom que portent, en Angleterre, des auxiliaires de la justice, analogues ànos avoués : Le nombre des ATTORNEYS autoHsés à exercer à Londres est d'environ deux mille ; il y en a un peu plus du triple dans le reste de l'Angleterre.

— Encycl. Attomey général. En Angleterre, on donne ce nom au premier des avocats qui sont chargés de représenter la couronne auprès des cours supérieures ou des cours criminelles. La nature de ses fonctions fait de l'attorney j:énéral un personnage politique; il change avec chaque ministère, et est pris parmi celles des sommités du barreau qui siègent à la Chambre des communes et qui ont déjà rempli les fonctions de solicitor gener-al. L'attorney général peut d'ailleurs, comme un avocat ordinaire, se charger de n'importe quelle affaire privée dans laquelle la couronne n'est pas intéressée. Il est de tradition que, lorsque la présidence d'une des hautes cours de justice, ou même les fonctions de lord-chancelier viennent à vaquer, l'attorney général soit admis à en profiter.

La couronne d'Irlande est aussi représentée auprès des cours de justice et du parlement du Royaume-Uni par un attorney général, choisi permi ceux des députés irlandais qui appartiennent au barreau. Il change aussi avec chaque ministère. Son importance politique est moins grande que celle de l'attorney général d'Angleterre. Celui-ci a rang de ministre, et siège à ce titre dans le cabinet. Le haut fonctionnaire chargé de remplir les mêmes fonctions au nom de la couronne d'Ecosse s'appelle lordavocat général.

Dans les assemblées législatives et auprès des cours supérieures de ses principales colonies, la couronne britannique est également représentée par un attorney général.

Aux Etats-Unis, le gouvernement fédéral est représenté auprès de la cour suprême et des cours supérieures par un attorney général. Par la nature de sa charge et son importance politique, ce haut fonctionnaire ressemble assez à son homonyme anglais. Il en diffère en ce que ses fonctions, comme toutes celles qui sont à la nomination du pouvoir exécutif, sont incompatibles avec celles de membre du congrès. Il siège dans le cabinet, et change, par conséquentrà chaque renouvellement de l'administration. Auprès des cours fédérales inférieures, l'attorney général est représenté par des substituts, attorney gênerai depiities. Chaque Etat de l'Union a aussi auprès de ses cours de justice un attorneygénéral,dont les fonctions sont à peu près analogues.

attouchement (de à, et toucher) n. m. Action de toucher : Attouchement maçonjiique. Les rois de France passaient pour guérir les écrouelles par un attouchement socre.

— Géom. Point d'attouchement. Point où une ligne droite touche une ligne courbe. (On dit mieux point de tangence.) il Point où deux lignes courbes se touchent sans se couper. (On dit mieux point de contact.)

— Syn. Attouchement, contact, tact, toucher. Le tact est le sens qui reçoit l'impression des objets. Le toucher est l'exercice du tact. L'attouchement est l'action de toucher, principalement avec la main. Le contact ne se dit que de deux corps qui se touchent.

ATTOUGHER v. a. Toucher à. (Vieux.) ATTOURNEMENT n. m. Manière de s'ajuster, de s'attourner. (Vieux.) ATTOURNER (rad. atour) v. a. Parer, ajuster. (Vieux.) S'attourner, v. pr. Séparer, s'ajuster.

ATTRACTEUR, TRICE adj. Qui agit par attraction :

/■'Orco ATTBAfTRlfB.

— Syn. Attracteur, attractif. Attracteur indique le de l'attraction, fl/^'ac/j/n'exprirae que la puissance i traction. On dira donc Le corps attiré. Le corps atti; TEUR;et l'on dira ia /"orce ATTRACTivb;,Z«rer/u attracti. l.

ATTRACTIF, IVEadj.Qui a la propriété d'attirer; qui concerne ou constitue l'attraction : L'aimant a une force attractive.

— Fig. Qui attire, qui séduit :

.... Le sexe, à Paris, a la mine jolie.

L'air attractif.

Reonard.

— Méd. Se dit des topiques tels que vésicants ou suppuratifs, qui attirent les humeurs vers l'endroit où ils sont appliqués.

— Phys. Réfraction attractive. Se dit de la double réfraction, lorsque le rayon extraordinaire se trouve rapproché de l'axe, et situé entre lui et le rayon ordinaire.

— n. m. : Prescrire des attractifs.

— Syn. Attractif, attracteur. V. attractet'R.

— Syn. Attractif, attirant, attrayant. V. attirant.

— Anton. Impulsif, répercusslt, répulsif. ATTRAGTIOMÈTRE [si) n. m. Appareil destiné à mesurer des forces d'attraction.

— Encycl. L'appareil employé pour mesurer la force d'un électro-aimant se compose d'un fléau de balanrn monté sur un couteau; les deux branches du fléau snnt inégales; la petite branche du fléau est une armature -n fer doux. Au-dessus, se trouve une plate-forme mululrdans le sens vertical ; sur cette plate-forme se ninm.. lélectro-aimant Tient on veut mesurer la force d'ait ration. L'équilibre du fléau s'obtient au moyen d'un curseur, mobile le long de la grande branche.

ATTRACTION {si — lat. attractio, même sens; de ad, à, et trahere, tirer) n. f. Force qui attire : /^'attraction parait adhérente à la matière. (Bern. de St-P.) Il Action d'attirer, au prop. et au fig. : Paris exerce une puissante attraction sur les étrangers, il Au plur. Plaisirs, distractions : Les attractions de Paris.

— Gramm. Modification d'une lettre ou d'une construction par l'influence d'une lettre ou d'un membre de phrase voisin ; C'est par attraction que, dans a attraction «, giU vient de ad et de tractio, le d se change en t. n Gramm. gr. Figure de syntaxe par laquelle le relatif est attiré au cas de son antécédent, bien qu'il doive être à un cas différent, par suite du rôle qu'il a dans la phrase.

— Encycl. Attraction universelle. Avec Newton, la mécanique intervint dans l'explication des mouvements planétaires. Supposons, pour simplifier, que les planètes décrivent des cercles autour du soleil comme centre, avec une vitesse uniforme; d'après le principe de l'inertie, dû à Kepler, si un corps est au repos et qu'aucune force n'agisse sur lui, son mouvement doit être rectiligne et uniforme. Tel n'est pas le cas des planètes; ainsi donc, à tout instant, chacune d'elles est soumise à une force qui l'empêche de fuir suivant la tangente à son orbite, sans quoi elle se mouvrait uniformément selon cette tangente, yuelles sont donc ces forces?

Newton remarqua que, d'après les lois de Kepler, et si l'on passe d'une planète à une autre, la force en question, toujours dirigée vers le soleil, varie proportionnellement à la masse (v. ce mot) et en raison inverse du carré de la distance de la planète au soleil. On peut donc considérer cette force comme une attraction provenant du soleil, et l'on arrive rigoureusement à la même conclusion en supposant les trajectoires elliptiques et ayant un foyer commun au soleil. De même, la terre doit attirer la lune, qui décrit autour d'elle une orbite sensiblement circulaire, au lieu de s'échapper suivant la tangente; cette force d'attraction, qui n'est autre que la pesanteur (v. ce mot), s'exerce à la surface de la terre sur les moindres fragments des corps. Plus généralement, l'attraction doit se faire sentir entre deux molécules quelconques appartenant toutes les deux au soleil, ou à une planète, ou â un satellite, ou bien l'une à l'un de ces corps, et l'autre à un autre. Newton s'élève ainsi, par une suite d'inductions naturelles, à cette conclusion que deux molécides quelconques de notre système planétaire, ayant pour masses m et m' et séparées par une j distance d, exercent l'une sur l'autre une attraction dirig< c suivant la droite gui les joint, et dont l'intensité est

où f désigne une cojistante. Tel est l'énoncé de la loi de Newton, que l'on appelle aussi loi de l'attraction universelle. La première des magnifiques applications qu'en fit Newton fut de reconnaître la nature parabolique des trajectoires des comètes, et les principales conséquences en sont données dans le célèbre ouvrage de Newton : les Principes de la philosophie naturelle, paru en 1687, dont Lagrange a pu dire que c'était la plus haute production de l'esprit humain.

Aujourd'hui encore, avec toutes les ressources de la mécanique analytique, cette admirable loi suffit à expliquer tous les mouvements si variés et si complexes du système solaire.

— Chim. Attraction chimique. V. affinité.

— Phys. Attraction électrique .y . électricité, it Attraction magnétique. y. aimant, magnétisme, m AttractioJimoléculaire.y. affinité, cohésion, h Attraction capillaire.Y. capillarité.

ATTRACTIO NN Al RE (si)i].et adj. Nom que l'on donnait aux partisans du système de l'attraction, quand les découvertes de Newton étaient encore contestées. Syn. attractions iste.

ATTRACTIONNEL, ELLE (ç/) adj. Dans le système do Fourier, Qui prudiiit l'attraction et qui y participe.

— Syn. Attractionnel, attrayant. Aï^myfln/ désigne l'impulsion externe ([ue donne tel objet; attractionnel désigne l'impulsion interne qui naît du ressort inhérent à l'âme.

ATTRAGTIVEMENT adv. Avec attraction, au moyen de l'attraction.

ATTRAHIÊRE OU ACTRAYÈRE (du lat. attrahere, attirer) n. f. Dr. léud. Droit qu'avait le seigneur d'acquérir par déshérence les biens des criminels, des auhains, des oâtards et des serfs décédés sans héritiers, n Terres vacantes par attrahière. Biens venant au roi ou au seigneur, en vertu de leur haute ou moyenne justice, par aubaine, confiscation ou autrement.

ATTRAIRE (lat. attrahere, attirer. — Ne s'emploie ni au passé déliiii. ni à l'imparf. du subj., et se conjugue

commo Iruire) v. a. Attirer, faire venir par le moyen d'un appût : Le sel est bon pour attraerk les pit/eon.s.

■— Kiy. Exercer une sorte do séduction : Uien ne peut rATiKAiRE. (Vieilli.)

ATTRAIT (Irè — rad. attraire) n. m. Penchant, inclloation, goùl prononcé : (Jiiarid vous vous sentirez attiré par guvli/iic chose de plus intime, suivez votre attrait. (Boss.)

— Ctiamio, don do plaire, do séduire, d'attirer : //attrait du pouvoir, des Hchesses.

— Particuliôrom. et au pi. Charmes, agréments extérieurs d'une femme : De JKhluisants ArrRAiTs.

— Attraits de la grâce, Douceurs intérieures, consolations que la grâce fait éprouver à rânie.

— Constr. Tout co qui servait ù bùtir ou à réparer une maison.

— Pôch. Appât, amorce.

— Syn. Attraits, appas, oharmes. V. appas. ATTRAPAGE n. m. Discussion, dispute : Avoir un attra-

pAGi:. (Pop.) Il Ci-itiquo violente.

ATTRAPE (rad. attraper) n. f. Toute espèce de piège pour prondro des animaux : Attrape pour les oiseaux, pour les rats, les souris, les mulots. (Pou us.)

— Fig. et fam. Apparence trompeuse : L'air de naïveté de La Fontaine n'est ou une attrape, ii Petite tromperie faite par plaisanterie : Les « poissons d'avril » sont des attrapes traditionnelles.

~ Dragées d'attrape, Beignets d'attrape. Dragées, Beignets dans lesquels on a mis quelque chose d'un goût désagréable, pour attraper ceux ù. qui on les olfre.

— Jeux d'attrape, Nom d'une variété dojeux do salon, dans lesquels un des joueurs remplit presque toujours lo rôle do dupe.

— Mar. Cordage qui retient, assujettit.

— Tochn. Sorte de pince coudée qui sert à retirer du fourneau les creusets lorsqu'ils se cassent.

ATTRAPE-MINON ou MINETTE (rad. attraper, et minon, dans lo sens do » chat ■■ ) n. m. Hypocrite, personne ou

justesse : Attraper le style, la pensée d'un auteur, ii Faire des reproches très vifs : Le sous-lieutenant attbapb le sergent, f^ui ATTRAPH le caporal, qui attrape le soldat. (Fam.)

— Lllipt. A//ra^e/ Se dit familièrement à une personne qui vient d'être 1 objet d'un tour, d'une malice, ou ù quelqu'un quo l'on vient do châtier, il Attrape gui peut î Q\xq lo plus alerte, que le plus adroit s'en saisisse !

— Attraper la fève, l'ognon, Payer pour les autres, recevoir un coup destiné â un autre. (Pop.)

— Mar. Attraper le mouillage, "V arriver, li Attraper à, Se porter à, agir pour : Attrape A serrer la grand'voile!

— Théâtr. Attraper le lustre, Ouvrir la bouche pour laisser passer un son qui s'échappe avec poine du gosier.

— Prov. ot Loc. PROV. : Bien lin qui pourrait l'attraper, Il est d'unehabiloté ot d'uno i>riiil('n<:e qui laissent peu do chances à ceux qui veulent h* tromper. — On dit dans lo m^mo sens : Il laut se lever bien matin pour l'attraper, il Les boiteux attrapent quelquefois ceux qui courent le

simples, il Les chevaux courent les bénétices, et les ânes les attrapent. V. àm:. il Les plus fins y sont attrapés, 11 faut y regarder de bien près pour n'y pas être trompé.

S'attraper, v. pr. Se heurter, s'accrocher : S'attrapp.r à la jambe. S'attraper à un clou, it So laisser prendre à un piège, se laisser tromper : Une souris s^ ATTRAi'K-t-elle deux fois au même piège ? (Balz.) ii S'attaquer : Le loup maigre n'osa pas s'attraper au dogue, aussi puissant que beau.

— Ce cheval s'attrape, So donne des atteintes en marchant.

— Récipr. Se tromper mutuellement : Les honnêtes gens ne din^roient jamais s attraper. (Montaig.)

— Pop. Se coller, adhérer : La bardane s'attrape aux habits. Il Se dit aussi quand l'un saisit quch^ue choso à l'autre : S'attraper aux chet^eux.

— Syn. Attraper, abuser, amuser, etc. V. abuser.

— Syn. Attraper, dérober, détrousser, dévaliser, escamoter, escroquer, voler. On vole de toutes manières. On dfrohe en prenant soin d'échapper aux regards. On dévalise un homme partout où il peut se trouver avec ses etfets. On ne détrousse que les voyageurs. Attraper, c'est dresser un piège, combiner dos moyens pour arriver â

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