‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 522 sur 828 · V. APPLIQDER (s · texte numérisé non relu

V. APPLIQDER (s

ATTWBOT (bu — lat. attribiUum, choso attribuée ; du V. attribuere) n. m. Co qui appartient spécialement, co qui est propre à quelqu'un, à quelque chose : Le droit de f/ri'tce est un des attkibcts du souverain pouvoir. La liberté est i'ATTBiBDT fondamental de la volonté. (V. Cousin.)

— Par oxt. Signe disiinctif : Le sceptre est Cattribot de la puissance, il Symbole : La lyre est Cattribot de la

— Archit. Emblème employé ponr caractériser un édifice, donner une idée de sa destination : L'architecture emploie des attributs dans les frises cl le» parties d'ornement.

— B.-arts. Symbole servant à caractériser une figure mythologique ou allégorique, ou même une profession :

choso trompeuse, qui, sous des dehors de vertu, do probité, attrape, trompe les simples : Ne faites pas entrer ce nuilin de cheval (le cheval de Troie), c'est un attrapeminette. (Lo P. Duchêne.) n PI. Des atteapk-minons (ou attrape-minon).

ATTRAPE -MOUCHES ou ATTRAPE -MOUCHE n. m. Autre nom du ijobe-mouchcs. Il PI. Des attrape-mouches

(ou ATTRAPE-MOUCmc).

— Bot. Nom vulgaire des dionées dont les feuilles sont formées de deux lobes qui se rapprochent lorsqu'un insecte vient à se poser dessus, it Nom vulgaire de Vapocvn à feuilles d'androsème, qui retient fréquemment entre les filets ot les anthères do ses étamines les insectes qui viennent sucer ses fleurs, n Nom vulgaire du dracuneulo ou gouot chevelu, qui attire les mouches par son odeur cadavéreuse, et les retient dans les soies de la spatlio

aui enveloppe ses fleurs, il Nom vulgaire d'une espèce e silène, plante couverte d'une humeur visqueuse, qui a la propriété de retenir les insectes dans les poils gluants dont elle est pourvue.

ATTRAPE-NIGAUD n. m. Ruse grossière, qui ne peut attraper que les nigauds, il PI. Des attrape-nigauds. Il Ou dit aussi attrape-lourdaud, et attrape-niais.

ATTRAPE-PARTERRE n. m. Artifices do déclamation ou do style, propres à séduire un parterre, un public pou délicat. Il PI. Des attrape-parterres (ou attrape-par-

TEKRi:).

ATTRAPER v. a. Prendre à une trappe ou à un autre piège : Attraper des oiseau.r avec des lacets.

— Par e.\t. Prendre avec la main, saisir au passage : Attiîai'ER un voleur. Attraper un papillon. Il Atteindre, johidre on chemin : Attraper l'omnibus.

— Prendre sur lo fait, surprendre : Ahl ah! je vous y

:trape!

— Par ai fillili

lal. A

duiiz

i but

.■er jusqu à, en parlant d'une époque :

iiiw jeune fille dès qu'elle attrape

. Il Atteindre, en parlant d'un terme

L'ambilinn va au delà de ses souhaits quand

terme qu'elle «'attrape ja-

ils sont accomplis ; elle a ,....„., ^ ...»..„^,.ï

wi.iis. (Fontcn.) Attraper le gros lot' àlalotéî-îê.'Lès' sots Il A iTitAPKNT rien, et souvent ils y mettent du leur. (P.-L. Courier.^ — Ironiq., môme sens : Attraper un rhume, un coup d .'/nv. nifiiiil nn court après l'esprit, on attrape lu sottise. (Monies(|. , ,1 p>apper, heurter, en parlant d'un projectile : Attr API R le bal. Attraper quelqu'un à l'œil, n Tromper, surprendre par artifice : Le charlatanisme «'attrape *oue l'iijnnrance et la sottise. (Montesq.) — Fig. Saisir, exprimer, reproduire avec une certaine

une fin. Escamoter, c'est enlever quelque chose avec adresse. Escroquer, c'est se faire donner quelque chose sans violence, mais par des moyens perfides et odieux.

— Syn. Attraper, gripper, happer. Attraper, c'est saisir ce que l'on poursuit ou ce que l'on guette. Happer, c'est saisir brusquement : Les hirondelles vivent d'insectes qu'elles happent en volant. (Buiî.) — Gripper, c'est attraper subtilement : Le chat grippe volontiers un morceau de fromage.

ATTRAPE-SCIENCE n. m. Pop. Apprenti cordonnier, et, par cxt., tout apprenti, il PI. Des attrape-science.

ATTRAPETTE (rad. attrape) n. f. Fam. Petite malice, petite tromperie, il Sorte de piège.

ATTRAPEUR, EUSE n. Personne qui attrape ; qui obtient par ruse, par intrigue : Un atteapeur de dots, de successions, ii Critique acerbe, plutôt malveillant.

ATTRAPE-VILAIN n. m. Moyen pour attraper un vilain, un avare ; lui tirer de l'argent, ii PI. Des attrape-vilains (ou attrape-vilain).

ATTRAPOIRE n. f. Piège pour attraper des animaux.

— Fig. et fam. Ruse pour tromper quelqu'un : Les filous ont cent sortes ^/'attrapoires.

ATTRAQUER v. n. ou S'ATTRAQDER V. n. (rad. traquer), s'approclier d'un quai pour charger ou déchargor un navire. (Pou usité.)

ATTRAYANT [Iré-i-aii). ANTE adj. Qui attire, qui a de l;illr;iit : .tlmurrrs ATVRW x^TF.s. De toutes tes sciences di;S' crijinrr.^, !tt j,!hs ATrRAYANTi: cst la géographie. (Babinet.)

— Syn. Attrayant, attirant, attractif. V. attirant.

— .\nton. AoUpathique, choquant, déplaisant, offensant, repoussant, répulsif.

ATTREMPAGE n. m. Opération qui consiste à chaurt"er progressivement un four jusqu'au moment où il a atteint la température la plus élevée qu'il soit possible de lui donner.

— Action d'attremper l'acier, c'est-à-diro lui donner la trempe voulue.

ATTREMPANCE d'Alphidius n. f. Mercure philosophai.

ATTREMPER (rad. tremper, dont le sens propre est tempérer) v. a. Chaufi'er graduellemcut le four d'une verrerie. Il Aitremper l'acier. Lui donner la trempe, n Attremper un four, un pot ou creuset. Le chauffer par degrés insensibles, puis élever la température au plus haut degré.

— Fig. Tempérer, modifier ; Attbe.mper un caractère. (Vieux )

Ze glaive et la balance sont les attributs de la Justice.

— Blas. Terme générique par lequel on désigne les diverses modifications que reçoivent les figures héraldiques.

-- Gramm. L'attribut, qui est le troisième terme de la proposition, exprime l'idée secondaire de la pensée ; c'est la aualité que Von accorde, que l'on attribue au sujet. Ainsi, ans cette phrase : Dieu est juste, le mot juste est l'attribut du mot Dieu. V. proposition.

L'attribut logique est l'attribut accompagné de tous les mots qui servent à le compléter : Le travail est le péee de l'abondance et de la joie.

L'attribut grammatical est l'attribut considéré seul, abstraction faite de ses compléments : Le travail est le pbbb de l'abondance et de la joie.

L'attribut peut être représenté : !• par un adjectif : Le renard est rdsé ; s» par un nom : Z'or est un métal ;3" par un pronom : Cette chatte est celle de ma votsine ; 4* par un participe : Cet enfant est toujours battant ou battu . 6* par im verbe à l'iotiiiitif ; Souvent, vouloir est pouvoir.

L'attribut est simple ou multiple, complexe ou incomplète. ^ L'attribut est simple quand il n'exprime qu'une manière d'être du sujet ; Le lion est Carnivore.

Il est multiple ou composé quand il e.xprime plusieurs manières d'être du sujet : L'ours est Carnivore et herbivore.

L'attribut est incomplexe quand il n'est exprimé quo par un seul mot : La rose est belle.

Il est complexe quand il est accompagné de mots qui en complètent, qui en déterminent ou en expliquent le sens : Le travail est LE père db l'abondance et de la joie.

— Hist. nat. Ce qui se retrouve essentiellement dans une famille, une espèce, un individu ou une de ses parties : /-'attribut essentiel des poissons, c'est ta respiration branchiale coexistante avec une charpente osseuse.

— Myth. Qualité, vice dominant, spécialité d'une divinité du paganisme : La science était Tattribut de Minen-e.

— Philos. Attribut logique. Idée affirmée ou niée d'une autre idée, il Attribut accidentel. Mode accidentel de l'être.

Il .\ttribut essentiel ou métaphysique, Ce qui est de l'essence, de la nature même du sujet.

— Physiol. Attributs des systèmes. Fonctions générales propres'à chaque système.

— Théol. Chacune des perfections de Dieu, qui sont de sa propre essence, comme l'éternité, l'infinité, l'unité, la justice, la sagesse, la toute-puissance, etc. : Il y a deux attributs en Dieu qui regardent particulièrement les hommes : la miséricorde et la justice. (Boss.)

— Encycl. Log. V. jugement.

— B.-arts. Objet réel ou conventionnel, qui sert à faire reconnaître tm personnage. L'emploi de l'attribut en art

ATTRIBUTAIRE — ATYADES

remonte à la plus haute antiquité. Chez certains peuples, en Egypte par exemple, l'attribut est une portion considérable de 1 art, sinon la principale. Chez les Grecs et les Romains, ces attributs étaient choisis de façon à rappeler un trait de l'histoire du dieu ou du héros représenté ; ou encore à rappeler, à symboliser une vertu, une puissance particulière au personnage. Ainsi, la foudre était l'attribut du maître du ciel, Jupiter; la faucille, celui de la déesse des moissons, Cérès ; la colombe, celui de la déesse de l'amour, Vénus ; le cygne était donné à Léda pour rappeler ses amours avec Jupiter; le paon à Junon, en symbole de son orgueil ; la peau de lion à Hercule, en souvenir du lion de Némée, etc. — D'autre part, les qualités ou vertus, et même les formes des dieux, étant souvent multiples ; le même personnage pouvait tour à tour être nanti d'attributs très différents, chacun ayant une signification particuhère : ainsi pour Mercure, dieu des voleurs, des orateurs, des marchands, etc.; ainsi pour Apollon, dieu de la lumière, de la médecine, de la poésie, etc. — En architecture, l'attribut indiquait souvent la destination d'un édifice : X'aigle indiquait un temple de Jupiter ; la hjre, un temple d'Apollon ; des aplustres et des éperons, un temple de Neptune ; des quadriges surmontaient les combles dos cirques, des masques ornaient les théâtres, etc.

Plus tard, une nouvelle symbolique naquit du christianisme. D'abord timide et peu variée dans l'art des catacombes, elle s'enrichit jusqu'à l'infini après l'édit de Milan, quand l'art nouveau sortit de terre avec les fidèles, et que les églises couvrirent le sol des villes chrétiennes. Les attributs chrétiens, empruntés d'ordinaire à la vie des apôtres, des saints, ou destinés à rappeler les circonstances de leur martyre, sont innombrables. Depuis lors, tout art, toute connaissance humaine, a eu ses attributs. Une science est née de là, Viconoloqie.

— Théol. Attributs de Dieu. V. Dieu.

— BiBLiOGR. : P. Decharme, Mythologie de la Grèce autique {Paris, 1870) ; Max Collignon, Mythologie figurée de la Grèce (Paris, 1883); Didron, Iconographie chrétienne (Paris, 1844); le P. Cahier, Caractéristiques des saints (Paris, 1866-68).

ATTRIBUTAIRE n. Dr. Celui, celle à qui a été attribué un lot, un héritage, etc.

ATTRIBUTIF, IVE adj. Log. Qui indique ou énonce un attiibut : Proposition attributive.

— Dr. Qui donne un droit qu'on n'avait pas antérieurement, qui le fait passer d'une tête sur une autre : A Borne, le partage était attributif de propriété ; en France, le partage est déclaratif, et non attributif de propriété.

\\ Attributif de compétence. Se dit d'un acte qui fixe la iuridiction à saisir en cas de contestation sur cet acte.

Il Sceau attributif de juridiction. Sceau qui attribuait tous actes qui en étaient scellés à la juridiction du tribunal qui les avait scellés : Le sceau du Châtelet est attributif

DE juridiction.

— Gramm. Verbes attributifs. Verbes qui contiennent en eux-mêmes le verbe substantif et l'attribut, comme aimer pour être aimant, dormir pour être dormant.

ATTRIBUTION {si — lat. attribudo; de aftribuere, attribuer) n. f. Action d'attribuer quelque chose à quelqu'un: /-'attribution d'une fonction à un employé, d'un rôle à un acteur.

— Prérogative, privilège : La fonction de préfet comporte de nombreuses attributions.

— Droit de connaître, de juger, etc. : La conciliation figure au premier rang des attributions du juge de paix.

— Dr. Indication, dans une liquidation, des parts afférentes à chaque partageant, et des combinaisons à l'aide desquelles chacun touche ce qui lui revient : Les notaires procèdent aux attributions et les approuvent ou non. Les attributions faites par le notaire, il Lettres d'attribution. Pouvoir que le roi donnait à des commissaires ou à une juridiction subalterne, pour juger une affaire en dernier ressort.

— Gramm. Rapport d'attribution, Celui qui est ordinairement exprimé par la préposition À : Sac À papier.

— Encycl- B.-arts. Les maîtres anciens ou modernes ne s'étant pas imposé comme une règle absolue de signer leurs ouvrages, il est résulté de ce fait l'obligation, pour l'historien de l'art et l'amateur d'œuvres d'art, d'attribuer à un peintre ou à un sculpteur connu les œuvres anonymes. Certains ouvrages, notamment des estampes, portent en guise de signature un monogramme ou môme un objet quelconque. Ces " marques " inclitjuent sans doute que l'on se trouve en présence d'une « suite » sortie de la même main, mais il est souvent imprudent de se prononcer sur la personnalité do l'artiste à l'aide de ce seul jalon. Le goût, la pénétration du critique, plus familiarisé avec le style qu'avec le « procédé " , ne suffisent point à décider d'une attribution certaine. Il appartient aux experts eu œuvres d'art de se prononcer sur ces questions délicates, et, quelque soin quils apportent dans leurs examens, do quelque prudence qu'ils entourent leurs jugements, la complète certitude est rarement acquise tant qu'une pièce authentique ne peut être produite à l'appui des sentences d'e.xperts.

ATTRISTANT, ANTE {triss) adj. Qui attriste : Souvenir

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