OS
ce que la putréfaction ait accompli son œuvre ; on recueille alors les os pour leur donner sépulture. Dans quelques cas, les cadavres sont momifiés au feu et à la fumée et emportés dans toutes les pérégrinations de la tribu. S'il s'agit d'un vieux guerrier, il n'est pas rare qu'on l'écorche, qu'on se régale de sa chair, et que, après avoir nettoyé ses os, on les emballe dans sa peau pour les promener pendant des années entières. On a prétendu que les Australiens n'avaient aucun sentiment religieux. Ce qui est certain, c'est qu'ils croient à une sorte de diable et aux revenants. L'esprit passe, après la mort, dans le corps des cigales et des oiseaux. Le défunt peut revêtir de nouveau la forme humaine, mais alors il devient blanc. Quelques tribus ont peut-être l'idée d'un être suprême; chez aucune on ne rencontre de temples ni d'idoles. Cette population indigène, déjà fort peu considérable au moment de l'arrivée des Européens, a encore beaucoup diminué depuis.
La race s'éteint d'elle-même, au contact de la civilisation, et déjà les derniers Tasmaniens sont morts. Aujourd'hui, les 4.360.000 hab. de l'Australie sont presque tous des blancs. Sur ce total, les immigrants britanniques l'emportent de beaucoup; et la plupart vinrent comme colons volontaires, la transportation ayant été abolie de 1840 à 1868, malgré les grands services rendus par les o convicts « à la colonisation. Il n'j* a en Australie que 143.000 étrangers , surtout Allemands et Chinois : le problême des ra ces n'v existe
Armes de 1 Australie
Afrique australe
— Géographie politique. De la ( Nouvelle- Gall du Sud, foi. par les Adl'I en 1788, se s séparés l'Austi lie duSud(l8J Victoria ( 1851 j et le Queensland (1859); la colonie deTasmanieaeté établie en 1825,
l'Australie de 1 Ouest en 1829 1 Australie du Nord en 1863- 1864. Jusqu'aux dernières années du xix* siècle, ces difl'érents groupes étaient restés, en l'ait, isolés politiquement les uns des autres. Mais le 1" janvier 1901 leur union a été réalisée par l'inauguration solennelle, à Sydney, d'un Commonwealth ou Fédération australienne, fondée sur les principes déjà appliqués dans l'organisation du Canada : chaque colonie conserve ses intérêts, ses pouvoirs, ses privilèges et son territoire; en particulier, le gouvernement fédéral ne peut imposer de changements de frontières sans le consentement des Etats intéressés; la pouvoir exclusif d'établir et de recevoir des droits de douane est attribué au pouvoir fédéral ; le commerce entre les diverses colonies doit rester absolument libre. Le pouvoir fédéral est constitué par un ministère australien et un Parlement élus, superposés aux administrations particulières des Etats fédérés. Les ressources de la douane et des contributions indirectes (excise) sont afl'ectées au fonctionnement du CommomoeaÙh. Jja métropole est représentée en Australie par un gouverneur général ou viceroi. A peine organisé, le nouveJ Etat, tout en manifestant hautement son loyalisme à l'égard de l'Angleterre par sa contribution à l'expédition du Transvaal, a néanmoins accusé nettement sa personnalité par l'établissement d'un régime protectionniste, et par le désir qu'il a montré de mettre obstacle à la fois à l'importation et à l'immigration asiatitjues et européennes, même venues de la métropole.
— Géographie économique. Ce n'est pas l'agriculture proprement dite qui fait la richesse de l'Australie. La maind'ceuvre y est rare, les terres utilisables réparties sur une lisière littorale, qui fait mémo défaut à l'ouest et au sud ; enfin, les conditions climatéhques incertaines. On a dû importer d'Europe toutes les plantes cultivées des régions tempérées. Les cultures tropicales, qui réussiraient bien dans le Queensland, n'y ont pas été essayées sur une
fraude échelle, non plus que, dans le sud, les cultures 'irrigation. C'est à l'élevage que se livrent de préférence les colons. Les pâturages du Sud-Est nourrissent des bêtes à cornes, dont la viande, et déjà le beurre, font concurrence sur le marché anglais aux denrées analogues des Etats- Unis, de Danemark, de Hollande et de France. A côté, les vastes savanes forestières et une partie du steppe alimentent d'innombrables troupeaux de moutons : dans le district du Darling surtout s'étalent les vastes concessions d'élevage des <i squatters ». Les mérinos d'Australie fournissent à l'Europe, par l'intermédiaire de l'Angleterre, une laine très appréciée.
Ce sont, avant tout, les mines qui ont fait la réputation, sinon toute la valeur, de l'Australie. Le cuivre et l'étaiD n'y sont pas rares, et ce continent est devenu un des premiers centres de production pour l'or, le premier pour l'argent. Les mines d'or furent découvertes en 1851, dans la colonie de Victoria, au moment où s'épuisaient déjà les " placers » de Californie. Malgré l'ouverture d'autres mines en Nouvelle-Galles et dans le Queensland (1858), la production totale avait baissé de moitié quand, en 1886, on trouva encore des gisements au Queensland, et l'on se mit à appliquer presque partout le système des grandes compagnies, avec les procédés mécaniques perfectionnés, pour le traitement du minerai. En 1892, lot a. été rencontré à Coolgardie, dans l'Australie de l'Ouest; et pendant les dernières années du xix* siècle, le continent a donné en moyenne 230 millions de francs de métal. Ballarat et Sandhnrst, dans le Victoria, senties mines les plus actives. L'argent, reconnu en 1856 près de Silverton, à l'O. du Darling, est d'un rendement très élevé. Enfin, les .Montagnes-Bleues contiennent de la houille, qui s'étend jusque dans le sous-sol de Sydney.
— />fmog/7-a/jA;e. La répartition des habitants en Australie est la conséquence de ses conditions économiques. Jusqu'en 1851, date do la découverte de Kor, la colonisation fut surtout agricole, et assez peu active, malgré l'importation des convicts, puisque la population n'était alors que de 430.000 âmes. De 1851 à 1861 se produisit dans le S.-E. le rush, pendant lequel l'arrivée des chercheurs de métal tripla presaue le chllfre précédent. L'accroissement continua jusqu en isoi, année où le recensement a accusé
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