AUSTRALIE - AUTANT
t 985 273 hab. : mais les crises fréquentes do l'exploitation de ror et de l'argent ont détourné beaucoup de nouveaux venus vers l'élevage, et les mines n occupent guère nue 55.000 individus. Depuis 1891, l'immigration est devenue insigniflanto dans certaines colonies, et Victoria a nerdu au profit de l'Ouest, à cause de la découverte des mines de Coolgardio. Mais le fait capital est la concentration des habitants dans les villes{Melbourne, Sydney, Adélaïde, Brisbane), et bien des quartiers des capitales ont, avec leurs masures de tôle, un caractère tout à fait improvisé. Dans l'ensemble, l'augmentation ne se réalise plus que par la faiblesse e.iceptionnelle de la mortalité.
Commerce. Ce développement des villes, surtout littorales, s'explique par la nécessité de rester en relation avec l'Europe. L'activité commerciale de l'Australie est tout entière tournée vers le dehors, et les lignes ferrées ou télégraphiques de l'intérieur ne progressent guère qu avec la colonisation (sauf le télégraphe déjà achevé de Port- Auo-usta à Port-Darwin). Le trafic, récemment accru par l'installation de . freezings-works », qui permettent d expédier beaucoup de produits congelés en Europe, a atteint 3 milliards et demi, et a lieu surtout avec 1 Angleterre, à laquelle l'Allemagne fait une concurrence sérieuse. Les paquebots de la Peninsular and Oriental C» , du Norddeutscher Llovd, des Messageries maritimes, atteignent Adélaïde en trente-deux à trente-cinq jours. Malgré cette prospérité, remarquable pour une colonie aussi jeune, les rivalités politiques et douanières entre les Etats les empêchent de s'entendre pour une fédération, (jui, en dépit de sérieuses tentatives en 1890 et 1895, reste à 1 état de projet.
— L'exploration. Si les Portugais ont, dès le xvi' siècle, découvert les cotes septentrionales de l'Australie, situées au S. de Timor et de la Nouvelle-Guinée, c'est aux Hollandais que revient le mérite d'en avoir, dès 1006, commencé rexploration. Pendant la première moitié du XVII" siècle, ils firent partir de Batavia plusieurs expéditions, dont les dernières et les plus importantes, au point de vue géographique, furent colles que dirigea le grand navigateur AbelTasman (1642 et 1614). Le résultat de cet ensemble d'expéditions fut la reconnaissance du littoral australien au N., à l'O. et au S. ; seule la côte orientale demeura inexplorée. Sa découverte fut l'œuvre de Cook ( 1770), qui démontra ainsi l'inanité des hypothèses émises par les géographes qui voyaient dans l'A'ustralie l'extrémité nordorientale d'un grand continent austral. Des marins anglais {Bass, Fliuders, Philipp King) et français (Baudin) achevèrent la reconnaissance du lîttoral australien entre 1798 et 1822, c'est-à-dire à une époque où avait déjà commencé l'exploration de l'intérieur du continent.
Cette exploration commence aussitôt après la fondation de la colonie de Port-Jackson à Botany-Bay (1788); mais c'est en 1813 seulement que sont franchies les Montagnes- Bleues. Bientôt, le système hydrographique du Murray et du Darling est reconnu, leur descente est elfectuée par le capitaine Sturt (1828-1831), et la chaîne des Alpes australiennes est étudiée avec soin. Le démembrement de l'Australie orientale en plusieurs colonies profite à la science géographique, chaque province mettant son point d'honneur à faire rapidement explorer son territoire et cherchant à consacrer de nouvelles terres à l'élevage des troupeaux. Dès 1839-1840, Eyre, après avoir étudié la stérile terre de Nuyts, découvre les deux lacs Torrens et Eyre; un peu plus tard (1844-1846), Sturt essaye en vain de traverser le continent du S. au N., tandis que l'Allemand Leichardt reconnaît les territoires du N.-E., entre la baie Moreton et Port-Essington. Encouragé par ce succès, Leichardt essaye de traverser le continent australien d'E. en G. ; il disparait dans les déserts de l'Australie centrale en 1848, et personne n'a pu encore déterminer exactement l'expédition où il succomba.
Personne ne reprit son projet; celui de Sturt fut au contraire repris et mené à bonne fin. Si Burke réussit à l'exécuter, mais, par suite d'une imprudence, succomba au retour, Mac Donall Stuart put traverser sans encombres le continent du S. au N. (1861-1862), en traçant un itinéraire qui a été plus tard adopté pour le tracé du télégraphe transcontinental. Le long de cette ligne télégraphique furent établies des stations qui facilitèrent singulièrement l'exploration du désert intérieur de l'Australie. Ces stations sont devenues le point de départ ou d'arrivée des expéditions dirigées par Warburton, les frères Forrest, Giles et Mills, qui ont coupé à des époques différentes, entre 1873 et 1883, la partie occidentale de l'Australie, sur laquelle différents voyages, exécutés par Warburton, David Liudsay et d'autres, ont fourni de précieux renseignements, mais dont il n'a pas encore été fait l'ex-
— BiBLloc.R. : Australian Bibliography (Sydney, 1893) ; "Wallace, Australasia (Londres, 1894) ; Siewers, Australien und Océanien (Leipzig, 1895) ; Pierre Lero^'-Beaulieu, les Nouvelles Sociétés anglo-saxonnes (Paris, 1897); tlie Australian Handbovk (Londres, pubi- annuelle) ; the Bistory of Australian Exploration from 1788 io 1888 (Sydney, 1888) ; Colvert, the Discovery of Australia (Londres, 1893).
Australie méridionale {South Australia), une des grandes colonies de la Fédération australienne. Elle couvre une superficie de 2.341.840 kilom. carr. et possède une population de 363.000 hab. Ce pays, fertile au sudest, presque désert dans le centre et au nord, où existent de grands lacs salés, totalement désert à l'ouest, possède i de vastes gisements de cuivre, de fer et de plomb argentifère, un peu d'or, de bismuth et d'étain ; sa flore et sa faune ne diffèrent pas de celles du reste de l'Australie. Il a déjà quelque industrie et un commerce assez développé. L'Australie méridionale, constituée en colonie en 1834 et augmentée du Territoire du Nord en 1863, n'est peuplée que dans sa partie sud-orientale, qui est divisée ou 36 comtés. Elle a pour capitale Adélaïde.
— BiBL. : Conigrave, South Australia (Adélaïde, 18SCj. Australie occidentale (West Australia), la plus
grande et la plus occidentale des grandes colonies de la Fédération australienne. Elle possède, sur ses 2.527.283 kilom. carr., une population de 185.000 hab. C'est à peine si trois dixièmes de cette énorme superficie (la bande côtière) sont colonisés ou colonisables ; le reste n'est qu'un désert affreux, le plus aride et le plus désolé du globe, qui se prolonge dans l'est par les déserts de l'Australie méridionale. Les productions minérales de ce pays sont nombreuses et répandues sur presque tout le territoire ; la seule vraiment exploitée est 1 or ; le cuivre, le plomb,
l'étain, les perles, la nacre, le guano, font l'objet d'exploitations plus ou moins importantes. Les cultures sont encore peu développées sur la bordure littorale, la seule fertile ; dans les pâturages du nord prospère toute sorte do bétail. L'industrie manufacturière proprement dite n'existe pas encore, mais le mouvement commercial se développe d'année en année. Fondée en 1829, constituée en 1891 en colonie autonome, l'Australie occidentale est demeurée en arrière des autres colonies australiennes. Elle est divisée en six grands districts dont celui du Sud-Ouest est de beaucoup le plus important, car c'est presque la seule partie habitée delà colonie; ce district compte 26 comtés et a pour capitale Perth.
— BiBLioGB. : Favenc, Wesrern Ai(S(raiia (Sydney, 1887) ; Western Australia Annual General Report (Perth, publ. annuelle).
Australie septentrionale (iVor(/!.4us(>-aîm,iVor(Aei'ii Territory), territoire du nord et du centre de l'Australie, une des grandes divisions do la Fédération australienne, comprenant, indépendamment do la grande péninsule (Territoire du Nord), un immense rectangle intérieur, YAlexandra Land. Sur ses 1.356.120 kilom. carr. vivent 4.896 hab., et des indigènes dont le nombre échappe à toute évaluation. Seule la partie péninsulaire du territoire est peuplée: quant au plateau intérieur, à l'Alexandra Land, ce sont de grandes plaines, tantôt fertiles, tantôt sablonneuses et désertes, contenant des richesses minérales assez abondantes et parfois de magnifiques pâturages. Le principal établissement de l'Australie septentrionale, constituée depuis 1863, est Palmerston, tête de la ligne télégraphique transcontinentale.
— BiBLioGR. : Sowden, the Northern Territory as it is (Adélaïde, 1882).
Australien, ENNE {âss. U-in, en'), celui, celle qui habite l'Australie. — Les Acstkaliens.
— Adiectiv. Qui appartient à l'Australie ou à ses habitants : Les laines australiennes sont plus douces, plus fines que celtes d'Afrique.
AUSTRALINE (ôss — de Australie) n. f. Genre d'urticacées, comprenant trois espèces de plantes, dont deux sont originaires d'Australie, et la troisième d'Abyssmie.
AUSTRAPYROLÈNE (dss— de nus<rafcne, et du gr.pii?-, puros, feu) n. m. Hydrocarbure isomère de l'australène, qui prend naissance dans l'action de la chaleur sur ce dernier corps. L'austrapyrolène est encore désigné sous
le nom de a-lSOXÉRKBENTHÎiNE.
AUSTRASIE ou ROYAUME DE L'EsT (par opposition à Nedstrie, qui formait le royaume de l'Ouest), partie considérable de la Gaule franque, comprenant la Thuringe, les duchés d'Alémanie, de Bavière et de Frise, et tous les pavs situés entre Rhin, Meuse et Escaut. Metz était sa capitale. Ce royaume fut créé en 511 et donné à Thierry, lors du partage de l'empire de Clovis entre ses quatre fils. A Thierry succédèrent, en 534, Théodebert son iils, et, en 547, son petit-fils Théodebald, mort en 555. L'Austrasie fut alors réunie à la Neustrie; mais, en 561, Sigebert fut élu roi de Metz, et eut pour successeurs Childebert II, Théodebert II et Thierry II. De nouveau réunie à la Neustrie, en 613, l'Austrasîe ne tarda pas à s'en séparer sous Dagobert, ainsi que sous son fils Sigebert II. Réunie à la couronne par Thierry III, elle se révolta, choisit pour chef Pépin d'Héristal, puis Charles Martel; devint le partage de Carloman, frère àxi Pépin le Bref, quand celui-ci se fut emparé du pouvoir suprême, et fut absorbée définitivement dans la monarchie, lorsque Carloman eut pris le froc.
— BiBLiooR. : Gérard, Histoire des Francs d'Aiistrasie [Bruxelles, 1864).
AUSTRASIEN, ENNE [âss, :i-in, en'), celui, celle qui habitait lAustrasie. — Les Adstrasiens.
— Adjectiv. '.,1111 appartient à l'Austrasie ou à ses habitants : Ebron biltUI l'iinnée ADSTBASIENNE à Latofao.
AUSTRATfiRÉBENTHÈNE {âss, ban) n. m. Chim.'V. ADS- TRA1.ÉNE.
AUSTREBERTE (sainte), née à Marconne en 633, morte en 704. Elle était fille de Badcfroy, parent de Dagobert. Elle fut prieure de l'abbaye du Port, puis abbesse de Pavilly, en Artois.
AUSTRÉGAL, ALE, AUX {ôss) adj. Qui appartient aux austfégues, qui émanait de leur tribunal : Sentence ads-
TRFG.VLE.
AuSTREGXLDE, deuxième femme de Gontran, roi de Bourgogne, morte en 560. Suivante de la reine Marcatrude, elle la lit répudier, la remplaça en 556, et fit poignarder par Gontran lui-même les deux frères de 1 exreine. Elfe donna à Gontran deux fils, morts en bas âge.
AuSTREGISILLE (saint), [vulgairem. saint Austrille ou saint Oulrille), né à Bourges en 551, mort en 624. Après avoir rempli divers offices à la cour de Gontran, il se fit ordonner prêtre; fut abbé de Saint-Niziers, à Lyon, puis évêque de Bourges en 611. Ses reliques, exhumées en 1334, furent brûlées au xvi* siècle par les protestants.
AUSTREGUE {ôss — do l'allem. austragen, exposer devant un tribunal) n. m. Membre d'un tribunal suprême de l'ancien empire d'Allemagne, établi au xiii" siècle, devant lequel les électeurs, princes, comtes, barons et prélats, avaient droit de porter leur cause.
AUSTREMOINE (saint) [Stremonius], apôtre et premier évêque d'Auvergne, vers 250. Fête le l" novembre.
AUSTRIA (nom lat. de l'Autriche), planète télescopique, n" 136, découverte par Palisa, le 18 mars 1874.
Austriada (l'), poème, ou plutôt chronique rimée, en vingt-quatre chants, de Juan RufoGutierrez(Madrid, 1584). Ce poème est consacré aux faits et gestes de don Juan d'Autriche. Dans les cinq premiers chants, Ruffo rappelle les incidents de la révolte des Maures dans leur retraite des Alpuxarras; il passe ensuite à la naissance et à l'éducation de don Juan, et retrace les aventures de son existence ultérieure ; il s'arrête, dans le vingt-quatrième chant, à la bataille de Lépante. l.' Austriada n'a guère d'autre mérite que l'habile structure de sa versification en octaves, et la mise en scène de quelques détails historiques.
AustriaeEstlmperareOrbiUniverso.V.A.E.i.o.c.
AUSTRILÈNE i,ijss) n. m. Nom d'un isomère de l'aus-
Aulalie (gr. 7 fois).
de /'AUTAN, et hs
tralène ou austratérébentliène, auquel il est mêlé dans l'essence de térébenthine anglaise. V. térébenthine.
ADSTRO {ôss — du lat. Austria, Autriche), préfixe qui entre en composition avec un nom de peuple, pour former un adjectif ou un nom, et désigner une relation de l'Autriche avec ce peuple : Fédération austro-allemande. Chemins de fer austro-italiens.
AUSTRO {ôss— du lat. auster, même sens) n. m. Nom que les marins de la Méditerranée donnent au vent du sud ; Veyit rf'ADSTRO.
AUSTROMANCIE (ôss, si — du lat. auster, vent du midi, et manteia, divination) n. f. Artde prédire l'avenir d'après l'observation des vents.
AUSTROMANCIEN, ENNE {ôss. si-in, en') adj. et n. Se dit de celui, de celle qui exerce l'austromancie.
AUSTRO-ORIENTAL, ALE, AUX {âss) adj. Qui est situé au S.-E. : Les races arabes occupent encore les parties austro-orientales du désert.
AUSTRO-SIBÉRIEN [ôss, ri-in) n. et adj. Se dit d'un idiome signal parle par des tribus turques qui habitent, pour la plupart, la Sibérie méridionale.
AUSTRUDB ou OSTRU (sainte), née probablement en 645, sœur de saint Baudoin, fille de sainte Salaberge, fut religieuse à douze ans dans le monastère de Saint-Jean de Laon, que sa mère fonda alor«. A la mort de celleci, elle la remplaçaj^omme abbesse ; elle avait vingt ans. Elle mourut au commencement du viii* siècle. Fête le 17 octobre.
AUTALIE n. f. Genre d'insectes coléoptères, famille des staphylinidés, sous-famille des aléocharinés, renfermant de petites formes européennes.
Deux espèces connues : autalia impressa; autalia rivularis.
AUTAN (du lat. allanus, vent de la haute mer) n.m. Vent impétueux du sud ou du sud-est ; Une simple haleii narines grimacent légèrement à tous les visages. (Armaiia Silvestre.) n Quelquefois, on personnifie ce vont : L'Autan vole, escorté de nuages epars.
De Saint-Anqe.
AUTANT (tan — du lat. aliud, autre, et tantum, tant, aliud tantum [al tant, autant]) adv. En quantité ou en intensité égale ; Vous ave: été heureux ;je ne puis en dire autant.
» Tout autant, S'emploie dans le même sens que autant, pour donner plus d'énergie à la phrase ; L'égoïste a toux autant de cœur qu'un autre, mais il n'en a que pour lui.
— Suivi de la conjonction que, exprime relation d'égalité entre deux propositions dont l'une est souvent elliptique : L'esclave n'a qu'un maître, l'ambitieux en a AUT.4NT QV'il y a de gens utiles à sa fortune. (La Bruy.)
— Signifie aussi A condition que, dans le cas seulement oii, et alors est toujours précédé de ne que : L'iniquité nb plait qu'autant Qu'on en profite. (J.-J. Rousseau.) il Signifie de même Relation d'égalité entre deux qualités ou deux états : Le singe est indocile autant Qv'extravagant. (Buff.) — Autrefois, on employait autant que dans le premier membre d'une période, et autant seulement dans le second. Aujourd'hui, on supprime que après le premier aulartt : Autant la centralisation politique est nécessaire, autant la centralisation administrative est haïssable. (L. Blanc.)
— Autant de exprime exacte proportionnalité, identité en nombre ou en quantité pour un objet comparé à luimême sous divers points de vue : Les étoiles sont autant DE soleils inmienses. (Mass.) Il S'emploie souvent avec ellipse du verbe : Autant d'hommes, autant d'avis différents. Il Autant de... que. Exprime la même idée de comparaison et de proportionnalité, mais toujours entre des objets distincts : Les victoires traînent toujours après elles autant de calanutés pour l'Etat que les plus sanglantes défaites. (Mass.)
— Autant comme. Se disait autrefois pour Autant que : Il y a autant de divers deux com.me il y a d'étoiles. (Desc.)
— EUiptiq. Autant vaut, C'est comme si la chose était ainsi : j'ai fini mon travail, ou autant vaut. C'est un homme mort, ou AUTANT vaut. 11 Signifie aussi 11 est également avantageux, opportun : Autant vaut faire cela que de différer. (Acad.) — Le verbe valoir se retranche souvent dans le langage familier : Autant dire qu'il est un sot.
— Loc. FAM. : C'est autant de, Faute de mieux, c'est toujours cela : C'est autant u épargné. C'est autant de fait.
— Loc. ADV. : D'autant, Dans la même proportion, en égale quantité :
J'ai mangé comme quatre, et j'ai trinqué dautant.
Reqnard.
— D'autant plus. Exprime un accroissement, une augmentation dont la raison est donnée par une autre proposition : On est d'autant plus misérable que l'on tombe de plus haut. Il D'autant moins, Locution qui est l'opposé de la précédente, exprime une diminution dont la raison est donnée par une proposition précédée de que : Les enfants méritent d'autant moins notre colèi-e qu'ils agissent sans discernement, il D'autant mieux, N'est que la locution d'autant plus substituée à l'adverbe tien ?n!e!u;. Elle no s'applique qu'aux verbes et aux participes.
— Loc. coNj. : D'autant que, Vu que : Fréquente: seulement vos égaux, d'autant que rien ne vous oblige û faire différemment.
— Loc. PBOV. : Autant de têtes, autant d'avis. Se dit pour marquer la diversité des sentiments dans une assemblée. l,V. TOT capita ) Il U consommerait autant de biens qu'un évêque en pourrait bénir. Se ,lit d'un lioinme excessivement prodigue, ll II en a autant qu;il en peut porter. Se dit d'un liom'rne qui a trop bu, ou quia été bien battu.
II Autant en emporte le vent. Se dit en parlant do promesses auxquelles on' n'ajoute pas foi, ou do menaces dont on ne craint point les efl'ets. n Autant lui en pend à roreille. Il pourra bien lui en arriver autant.— On dit dans le même sens : Il lui en pend devant les yeux ou au nez.
II Autant vaut être mordu d'un chien que d'une chienne, Entre deux choses également nuisibles, on n'a pas de choix à faire ; ou bien. Lorsque le malheur nous frappe, peu nous importe de quel côté il nous arrive, il Autant vaut traîner que porter. Pourvu qu'une chose so fasse, peu importe la manière dont elle se fait; ou bien, Entre deux
manifrcs fatigantes do faire un travail, il no faut pas s'arrfitor A choisir, il C'ast autant de pris sur l'ennemi. So dit d'un petit bénélico qu'on réalise sur une personne dont on D'attondait rien, ou avec laquelle on est en divergence d'intérfits.
AUTARIATES, anc. peuple de la Dalmatie septentrionale, (-"jniuis ot absorbé par les Romains. Salone était sa princii>alo villo. — Un AoTARrAïE.
AUTARIT, chef gaulois de mercenaires carthaginois, mort on 238 av. J.-C. 11 fut un dos chefs de la révolte qui ont lieu vers la fin do la i>rcmiéro guerre punique, ot lut mis on croix par ordre d'IIaniilcar.
AUT CESAR, AUT NIHIL (mots lat. qui signif. ou empereur, ou rien). Devise attribuée ù César Borgia. Dans application, ces mots, (pii peuvent servir do devise ù LX, expriment qu on veut être tout, ou rien.
tout ambitii
o sens; do allitt, élovô) n. m.
it placée sur un lieu élevé,
où l'on dépose les oll'randos faites à la ilivinité : /,'autel
de Jupiter. Dressert élever un adtel.
— Chez les chrétiens, Sorte do tabïo oonsa(n-ée par
do l'autel, H est juste que le prêtre vivo dos revenus do l'Eglise, et, par oxt., que chacun vivo de sa profession.
— Chez les païens. Aulela lanalantg, Ceux où Ion répandait le sang dos victimes. Il Autclt non lanrjlanl», Ceux où l'on déposait les offrandes qui n'étaient pas do nalnro à être immolées, il AuleU funéraire), Ceux qui liaient érigés sur la tombe dos morts. Il Auleli votifs, CcMix qu'on vouait particulièrement a quolquo divinité, on nn'Muoire dos biontaits reçus, il Autels temporaires. Ceux qui étaient érigés pour une circonsianco particulière.
— Chez les Juifs. Autel des holocaustes, Celui sur lequel on immolait los victimes olfertes à Dieu, ii Autel des parfums. Celui sur lequel, tous les matins ot tous les soirs, le |M( Ile 4.-.)Liii- par le sort élirait un parfum d'une compo-
1 II. / I.N .atholiqucs. Mallre-autel, Celui qui est pl.K I- cl.iiis !.■ ihieur de l'église, en face de la nef princijialo. il Autel privilégié. Autel où le prêtre qui dit la messe dos morts gagne, par la concession du pape, une indulgence pléniôre applicable aux défunts, il Autel portatif, i'iorre plate consacrée par l'évoque ot contenant dos reli({ues, sur laquelle il est permis de dire la messe, mémo iiors do l'église. Il Table d'autel, La partie supérieure do
AUTARlATÉS — AUTEL
des autrcH palriarchoH. D'après lo u,>xto hibliquo. ces autels n'ôtaiont iiuo des mottos do ^'azon ou de» amas do oiorrcs 8iir lesquels parfois oo versait do l'tiuilo {Gt:n., XXIII, IH).
Los Hébreux, après leur sortie d'Egypte, (^lovèrent d'ahord des autels temporaires on pierres hrutos, que lo fer ne devait pas toucher. Toi l'autel de l'allianco, au pied du mont Sinaï Œj:., XXIV, 4^. Bientôt, Moïse institua des antols dcrinitifs, c est-4-dirc 1 autel des holocaustes et l'autel des parfums. 1* \a autel dt:s hohcatute* était creux, do forme quadrangiilairo, construit en bois d'acacia rov6tu de lames d'airain; quatre urnes se dressaient aux quatre coins, fl&cé devant lo tabernacle, c'est sur lui qu'on immolait les victimes; comme lo tabernacle luimi^mo, il était portatif. ?• L'autel des parfum» était uno table do bois couverto do lames d'or, dressée devant l'arcbo d'alliance, dans l'intérieur dri tabernacle.
— Autels éf/yplicTiM. Cvs autels ont, en général, la forme d'un cône tronqué, d'environ l",3ri de hauteur; cett/; partie conique repose sur une base semblable, qui s'élève en diminuant de largeur. Au ccniro do la table supéricuro est ordinairement pratiquée une espèce de cuvette ou do réservoir ayant pîus ou moins de profondeur pour recevoir les libations. Le plus souvent, l'autel n'était qu'une simple
n Lo — 2 De p rea d n el e \ a p ur d n vase ffr c — 3 Domestique ; — 4. Dit « des Douze dieux » (Musée du Louvre) ; — S Taurobolique (Foarvières.
lie (Cainpo-Santo de PibC) , — 7. D Apollon, à Delphes . — 8. Autel et table d offrandes, d'après un vase f^rec ; — 9. Etrusque (bas-relief de Chiusi) ; — 10 et IL Des ruines de Pompéi ; — i.ohthe (TarascoD); — 13. Chrétien primitif; — U. Du ix» siècle {éslise de San-Prospero, à Péroiise); — li*. Roman; — 16. Du xil* siècle (église de Montréal, près d'Avallon) ; — lire, à Rome;— 18. De la cathédrale de Clermonl-Ferrand ; — 19. D'une église de Brioude (xvii« s.);— 20 et il. Isr.-*élitea des parfuma et des holocaustes (d'après Perroï et Chipiez) ; — 22. Chinois ; — 23. Japonais [Musée Guimet) ; — 24. Parsi (Musée Guimet) ; —25. De la Patrie (fôte de la PédéraUon, Paris, 14 juillet I"90).
l'évêque, ou contenant au moins une pierre aussi consacrée, sur laquelle seule il est permis de célébrer la messe : Montera Tautel. Ici, le prêtre baise Tautel.
— Par ext. La religion, l'état ecclésiastique, l'Eglise: Jiespecter les autels. Se rfesiineratu; autels. (Dans ce sens, est souvent accompagné du mot trône, pour exprimer soit une antithèse, soit un rapprochement entre les deux autorités que ces mots représentent :A/^ayMerie trône c^'autel.)
— Fig. Symbole do sacritice, d'immolation : // faut savoir sacrifier ses ressentiments sur /'autel de ta patrie.
Il Symbole de gloire, d'honneur extraordinaires : I\'ous abinmes trois: Diderot, d' Alembert et vxoi , qui vous dressons rfes AUTELS. (Volt.) Il Symbole, objet de vénération, d'amour qui rossembîo à l'idolâtrie : L'espérance est une divinité qui n'a ni temples ni autels que dans nos cœurs. (Fén.)
— Pris dans le sens chrétien, le mot autel entre dans plusieurs locutions, faisant toutes allusion aux sacrements qui se confèrent auprès de l'autel, n Ministre des autels, Prêtre du culte chrétien. wLe sacrifice de Tautel, La messe.
Il Le sacrement de Tadtel, L'euclianstio. n Conduire une personne à Tautel, L'épouser. Il S'approcher de Tautel, Aller communier.
— Loc. PROv. : Ami jusqu'aux autels, Ami à tout faire, excepté ce qui est contraire à la n-li-ioii. (C'est la réponse
aue lit François 1" à îLi,;- VITT, l..r",.|n.- .tIui-.i le j. rossa e so séparer du sailli vai,- p, ne comme l'autel
de la Vierge, Etre en -1 I Elever .^utel contre
autel, Susciter un scin^ni-' Aa-,-^ ! l-'^^Ii^c. ,■!. par rw.. Former une entreprise rivale d uno autre, ii II prendrait sur l'autel. Se dit d'un homme avide, qui prend tout ce qu'il peut et partout où il peut, il II est juste que le prêtre vive
l'autel, sur laquollo on dît la messe. Il Nappe d'autel,
utel.
Iiroit que les évêques prélaïques qui jouissaient des ^ vicaires qui desservaient
Linge bénit don
— Dr. féod. /^ levaient sur les i dîmes, à chaque los églises.
— Franc-maçonn. Table, le plus souvent de forme triangulaire, derrière laquelle lo président s'assied sur un fauteuil surmonté d'un transparent où l'on remarque lo triangle renfermant un œil, destiné à figurer Jéhovah.
— Techn. Tablette sur laquelle le bouchoir pose quand le four est ouvert. (Elle est souvent formée d une plaque do fonte soutenue par des traverses de fer, et l'on y pralu\ue une ouverture circulaire pour faire tomber la braise dansTétouffoir.) ii Partie d'un four à réverbère qui sépare la sole de la chauffe, et qui a pour objet d'empôcher lo contact immédiat du combustible ou de la fumée avec le métal. Il Dans les machines à vapeur, Elévation eu briques en forme de marche, haute de 10 à 12 centimètres, que l'on pratique au fond du foyer, atîn de retenir le combustible sur fa çrille et d'empêcher que des fragments embrasés ne soient entraînés dans les carneaux, soit par le courant rapide de la flamme, soit par toute autre cause. Lo foyer des locomotives n'a point d'autel, mats on y supplée e'n laissant une certaine hauteur entre la partie'supérieure du combustible et la plus basse rangée de tubes.
— Encycl. Autels judaïques. La Genèse lait peur la première fois mention d'un autel à propos du sacrifice qiie Noé offre à Dieu au sortir de l'arche (Gen., VHI, 20). La même expression est souvent reproduite depuis dans l'histoire d'Abraham en particulier {Gen., XII, 7) et dans celle
table à libations, ornée do figures représontant des vases remplis d'eau ou de vin, des corbeilles de pain, des fleurs do lotus, des raisins, des oignons, des oies, etc.
— Autels grecs et romains. A l'origine, c'étaient do simples tertres de gazon, dos amas do terre, do pierres ou de cendres. Mais, d'assez bonne heure, se dressèrent partout des autels tixes, en pierre, en marbre ou en briques. Ces autels étaient de dimensions et do formes très diverses. Le plus souvent, ils se composaient d'un massif circulaire ou carré, dont la face supérieure présentait uno cavité pour le feu, et des rainures pour l'écoulement du sang ou du vin. C'étaient parfois de vrais monuments, avec soubassement, gradins, entablement, moulures, chapiteatixà volutes, bas-reliefs sculptés ou appliques métalhques qui figuraient dos bandeiettos, des guirlandes, des couronnes ; des têtes ou des cornes de victimes, les emblèmes de telle ou telle divinité, même des scènes légendaires.
Chez les Grecs, on élevait partout des autels, dans les mes et les carrefours, au sommet des montagnes et au fond des vallons, le long des roules, dans les bois sacrés, sur toutes les tombes, dans toutes les maisons et dans tous les sanctuaires, devant la statue de chaque divinité. Mais le véritable autel s'élevait en dehors, juste en face de l'entrée du temple. Les ruines ou les soubassements d'une foule de ces autels ont été trouvés dans les fouiÙes récentes, sur l'Acropole d'Athènes, à Délos, à Olvmpie, à Delphes, à Périme, etc.
Les autels romains sont loin de présenter le même intérêt. D'ailleurs, nous n'avons à signaler ici rien de nouveau. Dans toute maison romaine était aussi un autel des dieux domestiques, placé dans {'atrium, près du foyer, et
AUTEL — AUTHENTIFIER
remplacé souvent dans la suite par un édicule ou une niche. Un grand nombre de ces autels sont conservés dans les musées ; beaucoup sont encore en place à Pompéi. Au point de vue historique, on doit signaler, dans le monde romain, l'importance des autels élevés aux empereurs vivants ou divinisés, surtout des autels de Borne et d'Auguste, autour desquels se réunissaient les assemblées provinciales.
— Autels druidiques. Ce cjue les archéologues du commencement de ce siècle désignaient sous le nom de autels druidiques ne sont que des squelettes de dolmens plus ou moins intacts et dépouillés, par les agents atmosphériques, ot surtout par les chercheurs de trésors, de leur tumulus protecteur. Tout le monde convient aujourd'hui qu'ils n'ont rien à faire avec les druides, et qu'ils appartiennent ■X des populations vivant vers la fin de la période néolithique, ou au moins au commencement de l'âge du bronze.
— Autels gallo-romains. Après la conquête romaine, les Gaulois imitèrent les autels de leurs vainqueurs. Le musée de Cluny possède quatre autels gallo-romains élevés en l'honneur do Jupiter par les mariniers de Paris, sous le règne de Tibère, et trouvés, en 1711, dans les fouilles faites sous le chœur de Notre-Dame. D'innombrables autels analogues se voient à Saint-Germain et dans la plupart des musées de France: les bas-reliefs qui décorent ces autels, assez grossiers d'ordinaire, sont curieux par le singulier mélange de la mythologie romaine et de la mythologie gauloise.
— Autels persaîis. V. ATEcn-GAOs.
— Autels hindous et bouddhiques. La plupart des sectes hindoues n'ont, pour ainsi dire, pas de culte public. Les images sacrées reçoivent de leurs fidèles des. soins respectueux et tout humains. On les lève, on les baigne, on les nourrit, etc., et surtout on leur fait des offrandes. L'autel n'existe pas à proprement parler; c'est une table sur laquelle les fidèles déposent leurs dons et à la construction de laquelle ne préside aucune règle rituelle.
Pour les bouddhistes, au contraire, l'autel aune grande importance. Chez ceux-ci, il a sensiblement la même disposition que dans le culte catholique. Devant une statue de Bouddha ou la châsse d'un bienheureux ârhat (vénérable) qui la domine, se trouve une table élégante surchargée de lumières, de cassolettes où brûlent des parfums, et surtout de fleurs. C'est devant cet autel que s'accomplissent tous les rîts du culte bouddhique.
— Autels chrétiens. L'autel chrétien, durant les trois premiers siècles, nous apparaît sous une double forme : l" dans les maisons privées où, le premier jour de la semaine, les fidèles se réunissaient pour la fraction du pain; les apôtres et leurs successeurs immédiats célébraient la cène du Seigneur sur une simple table de bois. Peu après, dans les endroits des catacombes où se tenaient les assemblées des fidèles, il y eut des autels isolés, formés d'une table de marbre soutenue par quatre piliers, quelquefois par une seule colonnette. 2° En même temps, l'usage s'introduisait de célébrer la messe sur les tombeaux mêmes des martyrs : c'est pourquoi la plupart des tombeaux des catacomî)es sont creusés dans le tuf et surmontés d'une voûte en forme d'arc {arcosolium)^ au-dessus de laquelle est scellée une table de marbre.
L'Eglise, devenue triomphante sous Constantin, conserva cette double tradition. On bâtit des églises, mais on les plaça de préférence au-dessus de la sépulture de quelque confesseur de la foi; quand il n'y avait pas de tombeau de martyr dans la localité, on allait demander des reliques aux catacombes. Le corps sacré était placé dans une crypte ou confession, au-dessous de l'autel. En conséquence du décret du conciled'Epaone (517). les autels de bois, de pierre ou de marbre, durent toujours renfermer, à l'endroit où devaient reposer l'hostie et le calice, une tablette de pierre dite pierre de consécration. Seul, le pape célèbre la messe sur une table entièrement en bois, conservée à la basilique de Saint-Jean de Latran, et qui, d'après la tradition, a servi à saint Pierre. Dès le v siècle, on employa les métaux précieux à la décoration des autels; parfois, des autels païens furent appropriés au nouveau culte. Construits par les chrétiens, les autels avaient tantôt la forme d'une table, tantôt la forme d'un tombeau où l'on insérait des reliques. Souvent, on plaçait auprès une piscine où le célébrant se lavait les mains et où l'on jetait l'eau qui avait servi à laver les vases sacrés. Beaucoup d'autels étaient surmontés d'un baldaquin soutenu par quatre colonnes, auquel on suspendait des rideaux. L'usage des retables (v. ce mot) s'introduisit vers le x* siècle, mais ne devint général qu'au xn*. Un peu plus tard, on éleva, au centre de l'autel, un tabernacle destiné à contenir la réserve eucharistique, qui jusqu'alors était gardée soit dans une sorte de coffret scellé au mur, soit dans un vase de métal ayant la forme d'une colombe et suspendu à la voûte. Les autels, qui dans la plupart des églises romanobyzantines étaient d'une grande simplicité, prirent, dans là période gothique, des proportions monumentales; les retables, d'abord mobiles, devinrent partie intégrante de l'autel et affectèrent les formes capricieuses de l'architecture ogivale. La Renaissance changea le style décoratif, mais conserva les dispositions générales. A partir do cette époque, les autels subirent toutes les vicissitudes de l'art monumental. Au xv!!' et au xviii» siècle, ils furent décorés de frontons, de colonnes torses, de chapiteaux corinthiens, de consoles, de volutes. De nos jours, on s'efforce d'imiter les styles anciens, plutôt que de créer de nouvelles formes ; surtout, on restaure les merveilles de rage gothique, que les fureurs classiques des deux siècles précédents n'avaient pas toujours respectées.
Dans les premiers siècles, l'autel était placé au centre du presbuterium : l'officiant faisait face aux assistants. En Orient, il n'y avait dans l'église qu'un autel ; il n'en était pas de même en Occident. Mais, quelque nombreux que devinrent les autels, celui qui s'élevait en face de la nef principale, et que bientôt on recula au fond du sanctuaire, fut réservé aux messes solennelles, et prit le nom de maître-autel.
L'usage des autels 7nobiles, portatifs ou itinéraires, est très ancien, et s'explique par la défense, même en temps do guerre, de voyage ou de persécution, de célébrer la messe, sinon sur une pierre consacrée.
La plupart des petites églises n'ont que des autels portatifs. Pour qu'on puisse y célébrer la messe, l'autel doit être couvert de trois nappes de lin ou de chanvre.
Chez les protestants, le temple ne renferme jamais qu'un seul autel, lequel est toujours très simple.
Autel n. m. Constellation de l'hémisphère austral, située au-dessous do la queue du Scorpion. EU© renferme
huit étoiles, dont trois sont de troisième grandeur. Los anciens lui donnaient plusieurs noms : Altare. Tht/mele, Vesta, Phoi-us, Sacrarium, etc. Elle leur rappelait l'autel
?ue les dieux, dans leur guerre contre les Titans, avaient ait construire par Vulcain pour recevoir leur serment d'alliance.
Autel de la Patrie. Dès le début de laRévoIution, des autels à la patrie furent spontanément élevés en divers endroits par les citoyens, comme autant de svmboles d'un culte nouveau, ayant pour dogmes la patrie, la loi, la philosophie, la liberté, l'égalité des classes. On dressa des autels de la patrie non seulement sur les places, dans les sociétés populaires, mais encore sur les plus hauts sommets, en face du ciel. Ces monuments étaient déjà en nombre considérable, lorsque l'Assemblée législative en régularisa l'organisation par son décret du 6 juillet 1792, prescrivant l'érection dans chaque commune d'un autel de la patrie, où l'on apporterait les enfants, où les jeunes époux viendraient s unir, où l'on inscrirait les naissances, les mariages et les décès.
Dès juillet 1790, le colossal autel de la patrie élevé au milieu du Champ-de-Mars avait été le centre d'une solennité mémorable : l'anniversaire de la prise do la Bastille.
"V. FÊDKRATION.
Sous la République, tes autels de la patrie (consacrés aussi à la liberté) continuèrent à être un centre de réunion dans les solennités publiques, et servirent, comme les arbres de la liberté et les montagnes symboliques, de stations, de reposoirs aux processions du peuple et des magistrats, restées en usage dans les fêtes publiques. L'autel du Champ-de-Mars vit en ce genre les solennités les plus remarq^uables, notamment la fête de la Réunion, à laquelle assistaient les envoyés des assemblées primaires des départements, et qui ayait pour but de célébrer l'acceptation, par le peuple, de la Constitution de 1793. On l'avait fait coïncider avec l'anniversaire du 10 août. Les autels de la patrie disparurent tous sous le Consulat.
AuTELTZ (Guillaume des), poète, né àCharolles en 1529, mort après 1576. Ses principaux recueils de poésies ont pour titres : le Mois de mai ; Bepos du grand travail (1550); Amoureux repos (1551) ; Bécréation des tristes; Fanfreluche et Gaudichon, médiocre imitation de Pantagruel, etc.
AUTERIVE, ch.-l. de cant. de la Haute-Garonne, arrond. et à 20 kilom. de Muret, sur l'Ariège : 2.807 hab. {Autcrivains, aines.) Ch. de f. Midi. Moulins; briqueteries; minoteries. — Le cant. a il comm. et 8.160 hab.
AUTEROGHE (Chappe d'). Biogr. V. Chappe.
AuTÉSION. Temps hér. Fils de Tisamène, et arrièrepetit-fils de Polynice. Il fut roi de Thèbes. et prit part à l'expédition des Dorions dans le Péloponèse.
AUTEUIL, anc. comm. dudép. de la Seine, aujourd'hui comprise dans le XVI* arrond. de Paris. Eaux minérales froides ferrugineuses. Aux xv!!' et xvni'' siècles, Auteuil fut le séjour favori de littérateurs et de philosophes éminents (Boileau, Molière, La Fontaine, d'Aguesseau,Helvétius, Condorcet, etc.). Depuis 1862, on ya transférél'institution de Sainte- Périne, asile destiné à recevoir des personnes âgées.
Auteuil (champ de courses d'), nom donné au champ de courses d'obstacles, créé en 1873 sur la lisière du bois de Boulogne, et qui n'est séparé de l'ancienne commune d* Auteuil que par les fortifications.
Auteuil (Société d"). On désigne ainsi une société de littérateurs et de savants qui se réunissaient dans le salon de M"" Helvétius, à Auteuil. Les plus célèbres étaient : Condillac, d'Holbach, Franklin, pendant son séjour à Paris, Turgot, Chamfort,Morellet, Cabanis, Destutt de Tracy, etc. Après la mort de M"* Helvétius (1800), ce fut la maison de Destutt de Tracy (également à Auteuil) qui devint le centre de cette société, dont beaucoup de membres distingues avaient disparu, mais qui en avait recruté de nouveaux : Chénier, Daunou, Ginguené, Volney, Laroniiguière, De Gérando, Maine de Biran, etc. Le maître de ce petit temple était, comme on le sait, le grand prêtre de l'idéologie. Les fidèles étaient donc tous des idéologues, que Napoléon, qui sentait là un foyer d'opposition, affectait de mépriser.
Auteuil (d"), lieutenant de Dupleix, dans l'Inde, con-
3uérant d'Ambour en 1749, vainqueur des Hindous, près u fort Saint-David, et des Anglais à Volconde, en 1750. AUTEUR (du lat. auctor, ou autor) n. m. Celui qui est la cause première, le créateur de quelque chose. (En ce sens absolu, ne s'applique qu'à la puissance divine : Le divin, le souverain auteur. Dieu seul est auteur : il est auteur du monde, il est auteur de la vérité.)
— Par'anal. Personne à qui l'on doit la vie ou l'illustration de sa famille ; fondateur d'un peuple ou d'une race : La plupart des honnnes aiment mieux un illustre brigand pour au- TETJRÇu'un/tomïTjerer/uejia;. (Ce sens apassédans l'argot courant, où il signifie père : VM won auteur. Voilà mon père.)
— Par ext. Inventeur : Z'auteub d'une découverte, d'un procédé. Fra^iklin est /'auteur du paratoymei^-e. it Fondateur, créateur d'un système, d'une opinion, d'une institution : Pythagore passe pour être Tauteur de la métempsycose, il Celui qui a fait une chose, qui en est la cause principale : Z'adteur d'un bienfait, d'u7i crime, il Personne qui a la première dit ou écrit une chose, de qui on la tient ; Quand on avance un fait peu connu, il faut toujours citer son auteur, ses auteurs.
— Particulièrem. Personne qui a fait un ouvrage de science, de littérature ou d'art : Z,'auteur d'une partition, d'un roman, d'un tableau, d'une statue, n S'emploie absol. dans le sons d'écrivain, et quelquefois dans le sens d'ouvrage d'un écrivain : Le métier <Î'auteur. Traduire les auteurs grecs, latins. Qui dit auteur, dit oseur. (Beaumarch.)
— Droits d'auteur. Rémunération accordée aux auteurs dramatiques, toutes les fois qu'on joue leurs pièces, et, en général, droit que les auteurs ont sur les ouvrages, aux termes de la loi sur la propriété littéraire, ou d'après les conventions qu'ils ont passées avec leurs éditeurs.
li Billets d'auteur, Billets d'entrée que reçoivent les auteurs des pièces qu'on représente, et qu'ils donnent à leurs amis ou qu'ils cèdent à des industriels qui en font trafic.
— Dr. Celui dont on tient une procuration, un pouvoir pour agir, ii Celui dont on tient un droit quelconque ou une propriété : Faire appeler son auteur en garantie, pour une propriété contestée.
— Hist. litt. Auteurs sacrés. Se dit quelquefois des auteurs qui ont écrit sur des matières religieuses, comme les évangèlistes et les Pères de l'Eglise. — Le plus souvent, même sens que Au/eurs inspirés, il Auteurs inspirés, Auteurs
des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, que les chrétiens regardent comme inspirés, sans s'accorder sur le nombre de ces livres, ni sur les noms de leurs auteurs.
Il Auteurs profanes. Auteurs qui n'ont pas traité des matières religieuses, ou même qui ne s'en sont pas occupés à un point de vue orthodoxe : Voltaire est un auteur profane, bien qu'il ait souvent traité des questions religieuses.
Il Auteurs anciens. Dénomination un peu vague appliquée assez généralement à ceux qui ont écrit avant la chute de l'empire d'Occident, il Auteurs modernes. Dénomination plus vague encore que la précédente. (Quelques-uns l'appliquent à tous les écrivains depuis Jésus-Christ, d'autres la limitent à ceux qui ont écrit depuis le xvii" siècle jusqu'à nos jours.) ii Auteurs classiques. Ceux dont les œuvres sont jugées dignes de servir de modèle, et plus particulièrement ceux que l'on explique dans les classes ; ou encore Ecrivains modernes qui sont restés fidèles à l'imitation des auteurs de l'antiquité et aux règles de composition admises par ceux du xvii' siècle. V. classique, et romantique.
— Adjectivem. Qui écrit des livres : Le nombre des femmes AUTEURS croît chaque jour.
— Syn. Auteur, écrivain. Ce qu'on regarde dans l'auteur, ce sont les pensées. C'est le style surtout que l'on considère dans un écrivain. Boileau fait parfaitement ressortir cette distinction dans les deux vers suivants :
Sans la langue, en un mot, l'auleurle plus divin Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain.
Auteur (droit d'), expression qui désigne : l» le droit qu'a l'auteur d'une œuvre littéraire ou artistique de refuser ou d'accorder à d'autres personnes la faculté de reproduire son œuvre, db la représenter ou de l'exécuter par les moyens et aiLx conditions qu'il détermine. Ce droit reçoit en France, dans l'usage, le nom Ae propriété littéraire ou artistique (v. ces mots) ; 2* la somme ou redevance stipulée par l'auteur en retour de la cession complète ou partielle de son droit de reproduction ou de représentation. Dans ce cas, on emploie le plus souvent le pluriel : les droits d'auteur. (C'est ce dernier sens qui fait l'objet du présent article.)
Les auteurs ne doivent pas oublier de réserver dans leurs contrats les droits de traduction ou reproduction, tant en France qu'à l'étranger. La Société des gens de lettres (v. lettres) s'est donné pour mission de veiller sur les intérêts de ses associés, et s'occupe de faire rentrer leurs droits d'auteur dans certains cas.
Pour les œuvres dramatiques, les droits ou parts d'auteur sont ordinairement fixés à un tant pour cent sur la recette de chaque soirée.
Pour les œuvres musicales, les conditions sont à peu près les mêmes, quand il s'agit d'œuvres théâtrales; pour les chansons, romances et morceaux détachés, les conditions des contrats se rapprochent plus ou moins de celles usitées dans la librairie.
Les artistes jouissent, pour l'exercice de leurs droits d'auteur, de la plus grande liberté; mais la propriété artistique ne faisant pour ainsi dire l'objet d'aucune disposition légale en France, et reposant presque entièrement sur la jurisprudence, la perception de ces droits offre de grandes difficultés et est, en fait, souvent illusoire.
Auteurs et compositeurs dramatiques (Société des). Son origine remonte à Beaumarchais. En 1791, l'auteur de Figaro obtint une loi qui défendait de jouer un ouvrage dramatique sans la permission écrite de l'auteur; puis il forma, avec tous ses confrères, une association où furent arrêtés les tarifs fixant les droits de représentation, tant à Paris qu'en province. Mais, si la perception, pour la province, en était réglementée par le comité, à Paris, sauf pour les théâtres subventionnés et le Vaudeville, les droits étaient librement débattus entre les auteurs et les directeurs. L'on vit des pièces, telles que la Chatte merveilleuse, de Désaugiers, jouées 500 fois de suite avec un minimum de recettes de 4.000 fr., ne rapporter à leurs auteurs qu'un louis par soirée. Pour remédier à ce mal, à l'instigation de Scribe, les écrivains dramatiques constituèrent régulièrement, le 7 mars 1829, la Société des auteui's et compositeurs dramatiques, qui a pour objet : !■* la défense mutuelle des droits des assoriés vis-à-vis des administrations théâtrales, ou de tous autres, en rapport d'intérêts avec les auteurs ; 2" la perception à moindres frais des droits des auteurs vis-à-vis des administrations théâtrales, à Paris et dans les départements, et la mise en commun d'une partie de ces droits; 3" la création de fonds de secours au profit des associés, de leurs veuves et héritiers ou parents; 4*' la création d'un fonds commun de bénéfices partageables.
La Société est administrée par la Commission des auteurs et compositeurs dramatiques, nommée par l'Assemblée générale, et formée de 15 membres : 12 auteurs et 3 compositeurs, élus pour trois ans, et renouvelables par tiers. La Commission doit administrer les affaires de la Société, traiter, contracter, plaider et transiger en son nom, surveiller la perception des droits, régler le placement des fonds sociaux et leur emploi, autoriser les dépenses, accorder les secours, etc. En fait, elle choisit deux mandataires, qui, sous le nom de agents généraux, seront chargés de faire exécuter ses décisions, de tenir les écritures, de percevoir à leurs frais et risques les droits d'auteur et les revenus sociaux, et de prendre sous leur responsabilité les agents correspondants on province.
Auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Société des). Cette société, fondée en 1S51, a pour objet de percevoir les droits d'auteur qui sont dus à ses membres sur les morceaux de musique, chansons, romances, exécutés dans les cafés-concerts et lieux publics. Son or-
fanisation intérieure se rapproche de celle de la Société es auteurs et compositeurs dramatiques.
AUTHARIS, roi des Lombards (584-590), repoussa Childebert II, roi des Francs, et se rendit maître de l'Istrie et de la plupart des provinces d'au delà du Pô.
AUTHENTE (tan — abrév. de authentique) adj. Se dit, dans le plain-cbant, pour Authentique. V. ce mot.
AUTHENTICITÉ {tan) n. f. Caractère de ce qui est authentique : /.'authenticité d'uti acte, d'un fait, d'une nouvelle. Bien ne saurait, dans un sens généi'al, attaquer /'authenticité du Coran. (Renan.)
— En T. de dr. Caractère de certains actes qui font foi par eux-mêmes. V. authentique [acte).
AUTHENTIFIER [tan — de authentique, et du lat. fieri, devenir) v. a. Dr. V. AUTHFNTiQm:R.
S'miîhentifiePf v. pr. S'affirmor par des témoignages authentiques.
AUTHENTIQUE (/((" — gr. antheiififcos) adj. Oui fait aulorité, iiuî a Hù fait, nui a étn drossô avec les formes requises : Titre AUTiiKNïKjuK. Acte WTuv.m'KiVE. Il ConConiio à l'original et cortilio toi : Copie autukntiquk d'im acte.
— Par oxt. Qui est certain, dont on no peut nier la vérité : ffn fait autiiiîntique. // a fallu un monstre tel que Nt-nm pour offrir au vxonde l'exemple authentiqck d'un matricule, il Qui a été écrit ou dit par l'auteur auquel on l'attribue ; Livre ArTiiiîNTlQTin. Discourir AUTiiKN-riQui-:.
IlSo dit qurl|Ui-fnis .Icv jin nmi.-- \i:fr,i,' ,\r THICNTIQUK.
— Artr 'nitll'^lllu|u<\^',■\^u ,[ .i nr ,| ni iluts publics
ayant b- 'b'nii .1 ni^ininhiii.i- .i,m. i. hr i l'acto a été
rédigé et av<''' les snli^uiiiiis (■.■.jin .in, .m i|iii, .les lors, fait foi jus(iii';\ iiiscripliuii do faux : A'actk ArTMKNTiQUi-;/"aj7 preuve ronirc tmid-s les personnes, même contre les tiers. (l'oullior.) V. A(Ti.;.
— CaiJrncr nuthrutiquCt Uno des cadoncos liarmoni-
3 nos. C'est au inouvoment qu'oiH>re la basse, on marcbant 'un degré à. un autre, ipio 1 on reconnaît un acte de cadence, et do quelle nature elle est. Le niouvonient do la basso, pour la eadom-n anilMMitiquo, ^'npiSni do i|ii;irto on montant, ou do quinto '-m .). ■.r.nl.Mii I ,'> p. uni <li- .i.'part ost toujours sur la domiiKinN' nu . uniiiiiMiii' imip' .lu ion, et celui du repos sur la ii'Mi.|iir .m iPirnucrc i\"\'- du t,<in.
\\ Fuffue authnitique. Nom d-u .. uii<- in-uo qui luooô-
dait en montant, li Mndrs tml/irn/u/nrs, Los quatre modes primitifs du plain-cliani, roux (|ui ont été fixés par saint Ambroise, ot au-X([uols saint On''i;t)iro a ajouté les quatre autres, qui prennent le nom ûo plmjaux. Les modes authentiques sont formulés par les quatre gammes que voici : ré mi fa sol la si do ré mi fa sol la si do ré mi fa sol la si do ro mi fa sol la si do ré mi fa sol.
— En T. d'hist. nat. So dit dos animaux, des plantes ou des minéraux qui apparticnnont roolb-moiit aux pays dont on les dit originain-s. c\ auv r.jinillos .iaiis lesquelles on les classe : On n'avait pus aho-s, >;>,„»,,■ n^junrd'hui, des individus authkntiquhs. a/ipor/rs tir chai/iu- contrée par des voyaqenrs connus et instruits. (Cuv.)
— n. f. Ane. dr. Ij'autlieiitique, Poiao qui frappait los femmes adultères, ainsi nommée parce qu'on appliquait, en la prononçant, Vauthentique insérée au code de Justinion (L. 30 C, ÏX, 9, ot Novelle 13i, cap. x).
Rien n'arrête le sexe en 3on ardeur lubrique.
Il redoute moins Dieu qu'il ne craint Vauthentique.
Bon,EAU.
— Liturg. Attestation par laquelle l'autorité ecclésiastique déclare que les reliques délivrées aux fidèles ou aux églises ont telle provenance qui est indiquée, et qu'elles peuvent être exposées à la vénération publique.
— Encycl. Ane. dr. D'après les textes ci-dessus (v. plus haut. Ane. dr.), los pénalités étaient : la fustigation, la réclusion pendant deux ans dans un monastère; enfin, si le mari venait à mourir, ou si, après los deux ans, il ne consentait pas à reprendre sa femme, celle-ci devait être enformée dans le monastère jusqu'à la fin do ses jours. De plus, ses biens étaient dévolus à ses enfants, ou à ses ascendants, avec une part pour le monastère, q^ui avait mémo le tout, à défaut de ces doux classes d'héritiers. Par suite de l'influence romaine, la peine de l'authentique fut substituée, par la jurisprudence des parlements, à la diversité des peines anciennes. Cette peine, un peamodifiée, a été appliquée en France jusqu à la Révolution, et s'est trouvée virtuellement abrogée par la loi du 20 sept. 1792.
— Liturg. h' authentique est ordinairement scellée au reliquaire par deux rubans en croix, retenus eux-mêmes par cinq cachets portant les armes de l'évêque ou du pape qui la délivrée. Déjà, en 1215, le pape Innocent IIÎ décrétait, au concile de Latran, qu'on n'exposerait plus de reliiiues sans reliquaire ; il défendait, en même temps, de vendre les reliques, et aussi d'en exposer de nouvelles à la vénération du peuple chrétien, sans qu'elles fussent approuvées par le pape. Depuis le concile de Trente, l'évêque peut donner cette aiiprobation dans son diocèse.
— 8^14 ■ Authentique, assuré, certain, constant, évident, formel, incontestable, indubitable, positif, sûr. V. assuré.
AUTHENTIQUEMENT {tan) adv. D'une manière authentique.
AUTHENTIQUER {(un) v. a. Faire en forme authentique; certifier authentique, légaliser : Actuentiqcer U7i acte.
— Ane. dr. Authentiqua' une femme, La déclarer convaincue d'adultère, ot lui appliquer les peines prononcées par l'authontique. V. ce mot.
Authentiques (les), ou Nacelles de l'empereur Justinien, dont lo titre exact est : Authentiae, seu Novella^ Constitutiones dornini nostri Justiniani sacratissimi principis. Cet empereur, après avoir rédigé le Digeste, le Code, et les Institutes, fit encore do nouvelles Constitutions, les /l(((/tcn(?(/ues, qu'on appela dans la suite Novelles, et dont le nombre s'élève à cent soixante- huit. Elles furent écrites en grec, à l'exception de quelques-unes, spécialement destinées à l'empire d'Occident ; elles furent promulguées séparément, chacunoàsadato. Ces nouvelles Constitutions do Justinion, qui détruisent souvent les doctrines de ses précédents recueils, furent publiées de 533 à 559. On ne sait pas s'il les fit ranger dans un ordre méthodique ; ce qui paraît certain, c'est qu'il n'en fit jamais publier aucun recueil. Vers l'an 570, Julien, professeur de droit à Constantinople, donna un abrégé des Novelles on latin, sous C6 titre : juliani Novcllnrum Epitome. Cet ouvrage s'est répandu de bonne heure en Occident. Toute la ci^lection des Novelles a été aussi traduite m extenso en latin, sous le titre à.Q Authenticum. Le recueil des Au(Aen^'(7«esa été refait, au mo^en âge, par les glossateurs ; ils l'ont divisé en neuf collations, ot chaque collation en divers titres. Cette division a été conservée. Le texte latin des Authentiques ou Novelles a été traduit on français par Bérenger (1807).
AUTHEPSA (du gr. authcpsès, qui fait bouillir de soimême) n. m. Chez les Grecs et les Romains, Sorte de marmite à réchaud composée de deux compartiments, l'un pour le fou, l'autre pour l'eau.
AUTHIE. polit fl^nv. -tî, ;■ 1, France, séparant les i\r\>'An. .!,■ la S.uunir ■ : : ]■■ ■ '-.ilais. L'Authie passe à I '> Mi Unis. .Vu\i-l.--(Mi,ii iMM , I K'iii |i!iM-re, ot so jette dans la Maiirh.' par la bau' d .;■■',, i ^irs lOO kilom,
AUTHIER DE SiSGAU (Christophe^ bénédictin, né à M;irs.'ilIo on ir.oo, mort on l(î(î7. Il fonda la congrégation du Samt-.Sacrement, qu'lunocent X destina aux missions
AUTHENTIQUE — AUTOCONDUCTION
Ot à ta direction des séminaires. Il fut nommé, on IG51, évêquo do Bethléem.
AUTHION, petite rivière do Franco, affluent do la Loire, née dans Indro-ct-Loiro ; oUo porto d'abord lo nom do Doit, passe à liourgucil ot conflue on aval dos Ponts-do-Cé (Maine-et-Loire). Cours lOO kilom. environ.
AUTHON, ch.-l. do cant. (Eure-et-Loir), arrond. ot à 10 kilom. do Nogont-lc-Rotrou ; 1.413 hab. {Authonniera, ères.) — Lo cant. a l.'i comm. ot 10.910 hab.
AuTHON (Jehan d'), chroniqueur et poète, né à Boaurepairo vers HCO, ou, suivant d'autres, à Poitiers, mort en ir.27. 11 était bénédictin. II devint historiographe de Louis XII, qu'il accompagna en Italie. Son œuvre principale ost la Chroniaue du roi Louis XII (depuis 1-199 jusqu'en l.'iOS). Lo bibliophile Jacob l'a publiée intégralemont en 1831-1835. Les œuvres poétiques d'Authon se composent d'une traduction des Métamorphoses d'Ovide, d'épîtros ot d'autres morceaux restés inédits.
AUTIGHAMP. Cotte famille est uno branche de la famille do Boaumont, du Dauphiné. Kilo s'est détachée du tronc dans la seconde moitii- du xiv siirlo, ot a pour auteur HuMBKRT, seigneur n'Autichamp, dont les descendants so distinguoroiit sur \i- - rliainps do bataille du xvr ;iii wiii il.], lii iii'li I I iiiiji-os principaux de cotte r.iiiiili. ]iii< ,,( Aiiinli,! ni[' loan-Krançois-Thérôso-
1 1. I I 1 , I ■ , général, né à Angers
on [-.:<. iil . ■!.■ 1.1. m .Im .j.h mort à Sainl-Ciormain on 18:ti. (Il servit dans la j^iiorro do Sept ans. . ..ml. h m .n 1789 contre la France dans los rang;s dos l ■; n
tra ensuite au service de la Russie, ot im r. ,pi.h ; ir Louis XVIII, en 1815, dans son grade do li.u'' lam minéral);— Autichamp(Ant.oine-Josoph-Eulalic, oùmio i>'i, frère du précédent, né en 1744, mort on 1822. (Il servit en Amérique avec La Favette, porta los armes contre sa patri'^ driTis r;iriii.-o de Condô, ot obtint sa retraite lors de la l;. -fifiiiu .n —Autichamp (l'abbé Charlos-Antoine- Fr.iiM ..1 , i. . 1 1 !<• lies prooodents, né à Angers en 1739, Tiiui I <ii i;>; I -iind vioaircî do Toulouse, puis chanoine do Nntro-Datiio d,- Paris, il ,niiii,osa pour la féto de la Fédération, en I7ï'i', des .niij.lris i[ui deviurcnt populaires, puis fut arrêté oonini-- .nTiiir-n-volutionnaire, et périt sur léchafaud) ; — Autichamp (Charles du Bkaumont, comte d'), fils du comto Antoine-Joseph-Eulalio, né on Anjou en 1770, mort en 1852. (Il fit partie do la garde constitutionnelle de Louis XVI, puis se jeta dans l'insurrection vendéenne, et contribua, dit-on, à sauver les prisonniers républicains que les Vendéens voulaient égorger après leur défaite de Cholet. Il vécut dans la retraite de-
fiuis la pacification de 1800, et devint, à la Restauration, ioutonant général et pair de France. Il fit la campagne d'Espagne en 1823.)
AUTIGNAC, comm. de l'Hérault, arrond. ot à 19 kilom. do Béziers; 1.139 hab. Hujierios.
AUTISTATE ou AnTISTATE, architecte grec, vivait au vi" siècle avant notre ère. Il fut chargé par Pisistrate d'élover, à Athènes, un lomplo à Jupiter Olympien; mais los travaux fiiroiit abandonnés, et ce ne fiit que sous le roi-'iio d'Adnrii ijuo fut repris et achevé l'Olympieion.
AUTOBIOGRAPHE (du gr. autos, soi-même ; bios, vie, ot i/raphrih, ooriro) n. m. Autour de sa propre biographie.
AUTOBIOGRAPHIE (rad. autobiographe) n. f. Vie d'un personnage écrite par lui-même : Les contes d'Hoffmann ne sont qu'une longue autobiockaphie. ^Champfleury.)
— Syn. Autobiographie, mémoires. L autobiographie est uno espèce de confession, tandis que les mémoires racontent des faits qui peuvent être étrangers au narrateur. Certaines autobiographies prennent le nom de confessions ; toiles sont les autobiographies de saint Augustin, de J.-J. Rousseau, etc.
AUTOBIOGRAPHIQUE adj . Qui a rapport à l'autobiograpliie : Les i^omans les plus touchants ne sont souvent que des études autobiographiques.
AUTOCARPIEN, ENNE (in, ^n' — du gr. auïo.5, lui-môme, et karpos, fruit) adj. Se dit des fruits constitués par un ovaire qui s'est développé sans contracter aucune adhérence avec les parties voisines, comme dans le prunier, l'abricotier, etc. (Peu us.)
AUTOCÉPHALE (du gr. autos, lui-même, et képhalé, tète) n. m. et adj. Nom donné par les canonistes aux évoques métropolitains non soumis à la juridiction des patriarches.
AUTOCÉPHALIE (rad. autocéphale) n. f. Dignité des aroh.vi ijii.s LT.rs non soumis aux patriarches.
AUTOCHTONE [tok — du gr. autos, soi-môme, et khthôn, toiTot adj. Qui est originaire du pays qu'il habite, dont les ancêtres ont toujours habité ce pays : On a nié que les Américains fussent autochtones.
— Par exagér. Qui est attaché, depuis un temps immémorial, à une contrée, aune villo, à certaine partie d'une ville, à un liou do résidence ; Les Parisieîis autochtones sont, à Paris, une infime minorité.
~ Par ext. Complètement original, pur de tout élément étranger : Écrivain autochtone.
— Fig. Inné, naturel à une contrée ou à ses habitants : En France, l'honneur est pour ai/isi dire autochtone, inhérent au sol. (Chateaubr.J
— Linguist. Langue autochtone, Première langue parlée dans un pays.
— n. m. Peuple autochtone : Les autochtones proprement dits sont 7iécessairement éternels ou créés directement.
— Chez les Grecs modernes. Nom donné aux Grecs nés dans lo royaume : L^s autochtones sont les Grecs nés dans le royaume; les kététochtones sont les Grecs nés dans le territoire soumis à la Turquie. (Edm. About.)
— Encycl. Les autochto}}es proprement dits sont les hommes primitifs d'un pays, n'ayant aucune espèce de parenté avec ceux des autres contrées; par extension, on a conservé ce nom à leurs descendants, mémo après leur croisement. C'était une opinion commune, chez los premiers peuples, que les hommes étaient sortis do la terro comme les plantes; los Egyptiens, par exemple, so croyaient sortis du limon du Nil. Les Grecs appelaient n autochtones » les peuples étrangers à la race hellénique ou aux races avec lesquelles ils éuient lo plus en rapport. Ils so regardaient eux-mêmes comme autochtones et croyaient tels les peuples étrangers, c'est-à-diro issus du sol même sur lequel ils los trouvaient. De là l'appellation de «autochtones", synonyme de celles de aior/jèHesot
Autoclave de Fol : A, chaudière; B, bouillon L Htt^riliscr; E, vis de pression pour maintenir le couvercle ; G, soiipnpc de sûreté; D. thermomètre; C, flacon serrant aux prises do bouillon au moyen de la pince F.
do indifp)ne$, employées do préférence par les poètes ot les écrivains latins. La science moderne no counali pas do peuple» autochtones, au Kens ancien du mot; toutefois, ello appelle encore ainsi, à. l'occasion, cerlainos racos, telles que les races indiennes de l'Amérique du Nord, et coUcH dos îles do l'océan Pacifique.
AUTOCHTONÉITÉ [tok') n. f. Qualité, état do co qui est
aUtOchtuMC. Il On dit aU)>si AUTOCUTONlB,CtACT0CUT0NlSME.
AUTOCINÉSZE (du ^t. autos, soi-mémc, et kinésis, mouvement) n. r. Mobilité propre do la roatièro vivante : La cariocinèse des cellules vivantes et les mouvements amiboldeë sont des cas particuliers de /'adtocinbaik.
AUTOCLAVE (du gr. auto», soi-mômo, ot du lat. clatis, clef ; proprem. Qui so formo soi-même) adj. So dit d'aoo marmite dont lo couvorclo ost maintenu hermétiquement ferme par la pression intérieure do la vapeur. Co n'est, en somme, autre chose qu'une application de la rnarmite de Pa~ pin. V. MAK-