‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 567 sur 828 · tome de fortifications. Trieste n a aucune valeur i · texte numérisé non relu

tome de fortifications. Trieste n a aucune valeur i

port de guerre; il est aujourd'hui en partie abandonné.

Fiume, à part quelques établissements de la marine, est surtout considéré comme port de commerce.

La flotte comprend : 8 cuirassés, 3 garde-côtes cuirassés, 4 monitors cuirassés de rivières, 3 croiseurs protégés, 9 frégates et corvettes d'anciens types, 7 croiseurs et avisos torj)ilIeurs, 5 canonnières, 7 contre-torpilleurs et 57 torpilleurs.

— VIL Histoire. Après la fin do la domination romaine, les pays qui forment aujourd'hui l' Autriche- Hongrie restèrent d abord occupés par des Slaves, auxquels vinrent se joindre, dans la plaine intérieure, des peuples de race mongolique (Avares). C'est contre les Slaves et Avares que Charlemagne fonda, sur le moyen Danube, la Marche orientale, ou Ostmark, qui devait devenir l'Autriche (Œsterreich). En 894, les Hongrois, rameau de la race turque établi au S.-E. de la Russie, appelés par les rois de Germanie contre les Slaves et par Constantinople contre les Bulgares, s'établirent dans la plaine du Danube et do la Tisza, puis détruisirent par des incursions le royaume do Moravie, qui formait â l'E. de la Marche d'Autriche le lien entre les Slaves de Bolième et de Carniolo. Les rois saxons de Germanie, aidés des margraves d'Autriche, refoulèrent l'invasion au delà do la Leitha (batailles de Mersebourg f933], et d'Augsbourg [955]) ; mais ils donnèrent aux margraves, avec l'hérédité, lo pays des Moraves, de sorte que les Slaves se trouvèrent définitivement séparés, par les Germains et les Hongrois, en deux groupes : les Slaves du nord (Tchèques, Moraves, Polonais, Slovaques, Ruthènes), et les Slaves du sud (Slovènes, Croates et Serbes). L'histoiro do la formation territoriale de l'Autriche-Hong^rie est celle do la réunion, sous les margraves héréditaires d'Autriche, des régions habitées par les Slaves, les Hongrois et les Roumains de l'O. des Karpathes.

Jusqu'au xvi* siècle, la Marche d'Autriche s'agrandit peu à peu, de la Styrie, Carinthio, Carniolo, du Tyrol, do Fiume, de l'Istrie, du Frioul et du Vorarlberg, mais les margraves ne réussirent à dominer que par intervalle les pays slaves et hongrois. Au xiii" siècle, l'unité faillit se faire un moment sous les Premyslides (dynastie nationale tchèque) qui s'étaient entendus avec les Arpadiens de Hongrie pour repousser la grande invasion mongole (bataille d'Otinutz[l252j). Rodolphe do Habsbourg, margrave d'Autriche, ayant tué le Premyslido Ottokar II au Marchfeld (1278), fut reconnu roi de Bohême et de Hongrie ; mais des royaumes électifs ne pouvaient rester joints. La Bohême et la Hongrie eurent encore des rois indépendants, et furent même unies deux fois en dehors des margraves d'Autriche, bien que ceux-ci fussent souvent empereurs ; d'abord par les Luxembourg de Bohême, qui se servirent des Hongrois pour repousser la grande invasion turque du xv* siècle, puis, après Frédéric III de Habsbourg, qui succéda quelque temps à Sigismond de Luxembourg comme son gendre, par les JagcUon de Pologne, jusqu'au jour où Louis II Jagellon ayant été tué à Mohacz par Soliman (1526), Ferdinand de Habsbourg fut élu roi do Bohême, et conquit la Hongrie sur le margrave do Transylvanie, Jean Zapolya. De ses immenses possessions, Charles-Quint ne put transmettre â son fils Philippe II que les domaines extérieurs à l'Autriche-Hongrie : Ferdinand, frère cadet de Charles-Quint, eut avec l'empire le titre de roi de Bohême et de Hongrie (1558); c'est lo premier souverain austro-hongrois moderne.

Aux xvii* et xvTii" siècles, les descendants do Fordidand passèrent leur temps à disputer la Hongrie aux Turcs et aux Transylvains, et à donner à l'empire ses limites actuelles. Au traité de Karlowitz (1699), les Turcs ont renoncé à leurs incursions jusqu'à Vienne, et, à la paix de Belgrade (1739), l'Autriche, alliée contre eux à la Russie, a obtenu pour frontière do la Hongrie la Save et le Danube. D'autre part, presque toute la Silésie, enlevée aux Polonais, fut cédée à Frédéric II de Prusse (paix d'Aix-la-Chapelle [1748]) ; mais, en revanche, le premier et le troisième partage de la Pologne ont valu à l'Autriche la Galicio et la Lodomérie, et la Bukovine a été enlevée aux Turcs (1776). Le traité de Teschen (1779) donna l'Iiin pour limite occidentale à l'Autriche. La Hongrie resta toutefois séparée de fait de l'Autriche ; elle obtint en 1711 (convention de Zathmar) la tolérance religieuse, une administration et une diète nationales, et elle fit échouer par une révolte la tentative de Joseph II pour l'englober dans la monarchie autrichienne au même titre que les autres pays confj^uis.

La reprise de possession des Pays-Bas et d'une partie de l'Italie par les successeurs de Ferdinand, et les changemonts apportés à leurs domaines par nos victoires de la Révolution et de l'Empire, sont des faits qui n'ont pas laissé de conséquences dans l'état actuel. Les traités do 1814-1815 ot la réannexion de Cracovie en 1846 ont redonné à l'Autriche-Hongrie les limites de 1792, sauf vers la Bavière, qui a gardé le pays entre l'Inn et la Salzach. L'Autriche n'a gagné que la Dalmatie, et Fiume a été donnée à la Hongrie. En 1804, les archiducs d'Autriche prirent le titre de « empereurs d'Autriche », et, en 1806, renoncèrent au titre do « empereurs d'Allemagne ».

Mais si les guerres de la Révolution et de l'Empire coûtèrent aux Habsbourg des pertes territoriales, les traités de Vienne leur donnèrent une influence considérable, en même temps que le royaume lombard-vénitien ; l'empereur d'Autriche eut la présidence de la Confédération germanique.

Le gouvernement ultra-réactionnaire de Motternich accumula partout dos haines qui se donnèrent libre carrière en 1848-49; l'empereur dut promettre une constitution ; mais il abdiqua brusquement en faveur de son noveu François-Joseph, qui triompha de la révolution hongroise avec l'appui de la Russie, et promit, lui aussi, une constitution qui ne fut jamais appliquée. La guerre qui éclata en 1859 entre l'Autriche et la Sardaigne, alliée de la France, fit perdre aux Habsbourg la Lombardie, qui fut cédée par Napoléon ITI à Victor-Emmanuel. La Prusse n'attendait que ce moment pour expulser l'Autriche de !a Confédération germanique; elle commença par l'entraîner dans une expédition contre le Danemark, puis elle lui déclara la guerre. Vaincu à Sadowa, dépouillé de la présidence de la Confédération germanique, François-Joseph se trouva, à l'intérieur, aux prises avec les nationalités hétérogènes nui forment son empire. Il se résigna alors au système dualiste : l'empereur d'Autriche prit le titre de roi de Hongrie. (V. page précéd. droit public) Cette constitution nouvelle de la monarchie avait le tort de sacrifier les Slaves, qui sont pourtant, par le nombre, supérieurs aux Aile-

mands et aux Magyars. Les Tchèques, notamment, n'ont cessé de protester contre un régime constitutionnel qu'ils considèrent comme blessant et attentatoire à leur droit historique. La Bohême forma en effet un royaume indépendant jusqu'au commencement du xvi* siècle; elle fut en 1526 réunie aux Etats autrichiens, mais Ferdinand I", avec qui les Tchèques entendaient consacrer une union purement personnelle, jura, en ceignant la couronne do saint Venceslas, de respecter les franchises nationales de ses nouveaux sujets. Ces engagements solennels ne furent pas tenus, et telle est l'origine de l'agitation tchèque, combattue en Cisleithanie par les Allemands centralistes, et, de l'autre côté de la Leitha, par les Hongrois. Cette agitation est devenue !a préoccupation du cabinet de Vienne. François-Joseph se ferait sans doute couronner roi de Bohême, s'il ne redoutait les conséquences que les Mag:yars tireraient de cet acte considérable, destiné à modifier la situation constitutionnelle et, sans doute aussi, sa politique extérieure. Les Hongrois imposent leurs volontés à tout l'empire ; ce sont eux, ot en particulier le ministre Andrassy, qui ont déterminé l'alliance allemande. Après la guerre d'Orient, lo traité de Berlin a permis à l'Autriche-Hongrio d'occuper la Bosnie et l'Herzégovine (1878). Cette occupation, vue d'un bon œil à Berlin, ne pouvait que déplaire à Budapest, puisqu'elle renforçait les éléments slaves de la monarchie. V. Bohême, Hongrie.

— BiBLioGR. : Loger, Histoire de V Autriche- Hongrie depuis les origines Jusqu'à l'année f804 (Paris, 1895); Himly, Histoire de la foi^mation territoriale des Etats de l Europe centrale (Paris, 1M5).

— VIII. Langue et littérature. Il n'y a pas, à proprement parler, de littérature autrichienne. Les écrivains de l'Autriche appartiennent, selon la langue qu'ils emploient, aux diverses littératures allemande, magyare, polonaise, italienne, etc. La part qui revient aux Autrichiens dans la littérature allemande est, à toutes les époques, fort importante. Pour ne s'en tenir qu'à notre siècle, on pourrait citer, parmi ceux q^ui ont illustré les lettres allemandes, les noms de Caroline Pichler, Grillparzer, Zedlitz, Senau, Anastasius Grûn, Beck, Monitz Hartmann, Feuchtersleben, Joséphine Knorr, Hamorlin, Zorm, etc. V. Allemagne, Bohème, Hongrie.

— Bibliogr. : A. Marchand, les Poètes lyriques de l'Autriche (Paris, 1880).

— IX. Beaux-arts. Il est assez difficile de séparer l'art autrichien de l'art allemand et italien. L'influence des deux nations qui confinent à l'Autriche-Hongrie ne cesse d'être sensible dans les monuments d'architecture, dans les œuvres peintes ou sculptées. Des maîtres de mérite, fixés à Vienne, ont acquis une juste réputation; mais, aussi souvent qu'ils ont placé leurs ouvrages sous les yeux de critiques impartiaux et dans le voisinage de maîtres italiens ou allemands, leur personnalité a aussitôt subi une sérieuse atteinte de la comparaison rendue facile entre des productions d'origines diverses. Tel a été le cas des peintres autrichiens Hayez, Steinle, Bertini, Kupelwieser à l'Exposition universelle de 1855, et des sculpteurs Kundmann, Tilgner, Costenoblo, Wagner à celle de 1878. II convient toutefois de faire exception pour Lumbusch et Tautenhayn, qui, l'un et l'autre, ont donné la mesure, en ces derniers temps, d'une réelle originalité. La statue de Beethoven, par le premier, le Combat des Lapithes, par le second, « médaiUeur de la cour d'Autriche n , sont des œuvres do très bon style. V. Hongrie et Bohême.

— Musique. L'histoire de la musique en Autriche est liée tout naturellement à celle de la musique en Allemagne. Il y a cependant une différence do tempérament entre la race du Nord, représentée surtout par la Prusse, et celle plus vivace, plus expansive, du Midi, personnifiée surtout par l'Autriche.

Beethoven, né à Bonn, passa toute son existence à Vienne, qui fut comme la terre nourricière de son inspiration, et, s'il ne fut Autrichien que d'éducation et de résidence, ses deux illustres devanciers, ceux qui furent, en réalité, ses maîtres et ses générateurs, Haydn et Mozart, lo furent de race et de naissance. Depuis le xviii* siècle. Vienne n'a cessé d'être un centre musical d'une extrême importance, et l'un des principaux de l'Europe, celui où venaient converger les efforts des plus grands artistes. La capitale de l'Autriche, où de nombreuses sociétés musicales entretenaient le feu sacré de l'art, incessamment encouragé par les souverains et les princes, était fameuse aussi par ses théâtres. Et non seulement par l'Opéra impérial, où l'art italien fut longtemps en grand honneur, mais par ses scènes secondaires, telles que le théâtre An der Wien, où fut donnée pour la première fois la Flûte enchantée de Mozart, et celui de la Porte de Carinthie, où plus d'un compositeur trouva aussi l'hospitalité.

L'Autriche a donné le jour à un grand nombre do musiciens célèbres ou distingués. Après les deux plus illustres, Haydn et Mozart, bien d'autres sont à citer ; l'excellent violoniste Ditters von Dittersdorf, auteur de nombreux opéras et oratorios; l'organiste Albrechstberger, qui fut aussi un théoricien éminent et le maître de Beethoven; Ignace Pleyel, qui fut l'élève de Haydn, et dont les compositions charmantes méritaient mieux que l'oubli dans lequel elles sont tombées; le pianiste Charles Czerny, dont les œuvres sont encore l'objet de l'étude de tous nos virtuoses; Franz'Schubert, qui, mort à peine âgé de trente ans, a laissé des chefs-d'œuvre; Henri Proch, fameux par ses lieder et qui fut aussi un chef d'orchestre et un violoniste remarquable. Puis, plus près de nous, Herbeck, qui se fit une si grande renommée comme chef d'orchestre do l'Opéra impérial de Vienne; lo pianistecompositeur Henri Ehrlich; Ignace Brull, auteur du ioli opéra la Croix d'or; Antoine Bruckner, à qui l'on doit des symphonies et des messes; Wallnœfer, qui s'est fait une renommée par les lieder qu'il composait et chantait lui-même; la lignée dos Strauss : Joseph, Johann et Edouard, auteur de valses délicieuses ; leur émule Lanner, qui n'a pas obtenu moins de succès avec ses compositions du même genre; Franz de Suppé, auteur de Poète et Paysan, etc. On n'en finirait pas si l'on voulait nommer tous les musiciens qui, dans tous les genres, se sont fait en Autricho une renommée légitime et ont donné les preuves d'un talent particulièrement original, sans parler des chanteurs qui, comme Staudigl, comme M"" Pauline Lucca, comme M"** Orgeni, ont conquis les faveurs du public. Mais nous en avons dit assez pour indiouer la place que ce pays mérite d'occuper dans l'histoire do l'art. V. Hongrie, Bohème.

— Air national autrichien. La musique do l'hymno Datioiml aulrichion, dont lo caraciùro est ploin d'uno 8ùv6ro majostû, a ùtô composéopar Joseph Haydn sur les Largo

AUTRICHE PROPRE — AUVELAIS

gu-ten Kai-ser Franz. Lan-ge le- bo Franz der Kat • ser In des glu - ckes helU-Un Glanz! Ihm i blij • hen Lor-beer Reî - «en Wo er geht zum Eh-ren-

i injure.

II protèçrc l'Emperpiir François, Le boD Empereur, Longiie vie à lEmpereur François !

S aroIesd'imPère jésuite nommé Laurent-LéopoIdHaschka. "est en 1797, sous lo règne de l'empereur François II, et sur l'ordre do ce prince, que Haydn écrivit co chant qui constitue, dans un tout autre genre que la Marseillaise, un dos plus beaux hymnes nationaux qui existent on Europe. Autriche («ufrre de la succession d'). V. succession. Autriche propre (autref. archiduché d'Autriche, auj. l'un des Etats do l'empire autrichien). Sur sa superficie (lo 31.800 kilom. carr., 1 archiduché d'Autriche compte 3.457.000 hab. L'Enns la divise on deux parties, formant deux gouvernements: la^rtsse-j4H(Wc/(e,ch.-l. Vienne, subdivisée on 17 districts (2.661.800 hab.); la Haute-Autriche, ch.-I. Linz, comprenant U districts (785.800 hab.). Les richesses minérales de V Autriche propre, très importantes, donnent lieu à de grandes exploitations : les salines de la Haute-Autriche suffiraient pour fournir du sel à toute l'Allemagne ; l'or, l'argent, le plomb, lo cuivre, le fer et l'arsenic y sont aussi exploités. Au point de vue industriel, c'est l'Etat de l'empire présentant lo plus grand nombre do manufactures, dont les produits variés et estimés sont l'objet d'un commerce considérable.

— BiBLioGR. : Topographie von JViederœsteTTeich {Y ieuno, 1871-1885); FCdbacher, Landeskunde von Oberœsterreich (Vienne, 1S83}.

Autrichien, enne (in, en'), celui, celle qui habite l'Autriche. — /^s Autrichiens.

— Adjectiv. Qui a rapport à l'Autriche ou à ses habitants : Monarchie autrichienne.

Autrichienne (l'), surnom donné, comme

à Marie-Antoinette d'Autriche, femme de Louis XVI, môme qu'elle eût mis le pied sur le sol français. M''* Adélaïde, ne pouvant voir sans dépit le mariage de son neveu avec une princesse de la maison d'Autriche, fut la première à la baptiser ainsi. Louis XVI lui-même ne vit d'abord dans sa jeune femme qu'un a^ent de l'Autriche, fit surveiller sa correspondance avec Vienne, et lui témoigna beaucoup de froideur. Malgré l'engouement que suscitèrent sa grâce et sa beauté, Marie-Antoinette ne put jamais vaincre les préventions dont elle était l'objet. Ce fut surtout parce que le peuple, égaré d'ailleurs sur bien des points, vit en Marie-Antoinette le représentant de l'intervention étrangère, que de bonne heure il la flétrit à son tour de ce surnom d'Autrichienne, qui accompagna la reine jusque sur l'échafaud.

AUTRIGONES on AUTRIGANES. peuple qui habitait l'ancienne Espagne. Les Atinmom-s, uu Autriganes, occupaient un pays iiui oorrt'spL.iidraii a.tuellement à la moitié orientale do la Montana, à la partie occidentale de la Biscaye, et au territoire Nord-Est de Burgos. Peut-être les AUotriges de Strabon ne sont-ils que les Autrigoncs, sous un nom altéré. — Un Autbictne (ou Adtrigane).

AUTRONIUS PjCTUS, magistrat romain du i" siècle av. J.-C- Ci'rjsiii (Ml i;r,. il fut poursuivi et condamné pour concussion, ,-\ inira dans les deux conjurations de Catilina. Après léoli-'c do la seconde, Autronius s'adressa à Cîcéron pour obtenir sa grâce; mais celui-ci le fit exiler en Epirc.

AUTRUCHE (du bas lat. stnithio. du gr. strouthiôn, en vieux franc, ostruce, puis autrusse) n. f. Genre d'oiseaux coureurs, type de la famille des struthionidés, renfermant des formes gigantesques propres aux régions chaudes de l'Afrique. La seule espèce du genre {struthio camelus) atteint 2"", 60 do haut. Des espèces fossiles se trouvent dans les terrains tertiaires de l'Inde, comme le struthio asiatictis des monts Siwalik. V. struthionidés.

— Autruche d'Amérique, Nom que l'on donne quelquefois au NANDOU. V. ce mot.

— Iconogr. Sur les monuments du moyen âge, l'autruche est l'emblème de la Synagogue.

■ — Loc. PRov. : Il a un estomac d'autruche. Se dit d'un grand mangeur, parce que l'autruche digère les substances les plus dures.

— Encycl. Los autruches sont des oiseaux sociables, vivant souvent en troupes considérables. Mais, au moment dos amours, elles se groupent en petites familles, composées d'un mâle et de doux ou quatre femelles.

Les sens de la vue et de l'ouïe sont très développés. Ce sont des oiseaux défiants, mais peu intelligents. Les autruches se nourrissent surtout de substances végétales, et mangent parfois dos insectes, mollusques, ou de petits vertébrés. Klles boivent beaucoup d'eau, aussi ne s'établissent-elles (|uo dans les localités qui en contiennent.

Elles déposent leurs œufs sur le sol, sans préparer de nid ; plusieurs femelles pondent dans le mAme nid, et c'est lo mâle qui couve les œufs. Ceux-ci pèsent en moyenne 1.442 grammes, ce qui égale le poids de vingt-quatre œufs de poule. Les petits éclosent après six à sept semaines d'incubation. Leur corps est couvert d'appendices cornés, comme des piquants de hérisson; vers deux mois, les

Chasse h l'autruche.

piquants tombent, et sont remplacés par des plumes grisâtres. A trois ans, lo mâle perd cotte livrée, ot a dos plumes noiros. Il

estalors adulte et i)0ut 80 reproduire.

Les indigènes chassent les autruches en les poursuivant à cheval, ou en so rocouvrant d'une peau d'autruche et en les attendant près do leur nid.

Dans lo premier cas, après une course de plus d'une heure, le mâle adulte qui est poursuivi est épuisé, le chasseur l'atteint et l'assomme d'un coup sur la tôto ou sur lo cou. Dans le second cas, l'indigène l'abat d'une flèche ou d'un coup de fusil.

Les caractères de l'autruche sont les suivants : jambes fortes, demi-nues; tarses très longs, arrondis, terminés par deux doigts; ailes fort courtes, impropres au vol, terminées par un double éperon ot garnies de plumes à barbes longues, molles ot flexibles ; bec déprimé, élargi, droit, obtus; tôte chauve, calleuse, aplatie en dessus.

— Alim. Les Romains paraissent avoir été le seul peuple de l'antiquité qui ait tenu en grande estime la chair de l'autruche ; les Hébreux s'abstenaient d'en manger. A Rome, dans les grands festins, VauiruchesG servait entière, dressée sur ses jambes. Héliogabale se fit un jour présenter les

tètes de six cents au- .„, .

L Aotruclie.

truches pour en manger les cervelles, auxquelles on attribuait des vertus aphrodisiaques. En réalité, la chair do l'autruche, rôtie ou bouillie, est sèche, coriace, et no mérite point les éloges qu'en ont fait certains auteurs, notamment Alexandre Dumas père. Elle n'est passable que braisée. Les Arabes, etc., se régalent des œufs de l'autruche.

— Comm. L'emploi des plumes d'autruche dans la parure remonte à la plus haute antiquité, et semble aujourd'hui générahsé, par suite do leur bon marché, déterminé par l'élevage en domesticité de l'autruche au cap de Bonne- Espérance. Les plus estimées autrefois, alors que la mode exigeait, pour les plumes de luxe, des brins sans aucune doublure, sans défaut, étaient fournies par les oiseaux sauvages tués à la chasse. On les classe, selon leur lieu d'origine ou de transit : 1' en plumes d'Alep, provenant du Soudan oriental ; 2» de Barbarie, provenant du Soudan central et occidental : 3" du Cap, provenant de l'Afrique au.strale ; 4" de Jamani, provenant de l'Afrique orientale.

Les plumes du Soudan sont le produit d'oiseaux sauvages et d'oiseaux domestiques, dont l'élevage se pratique depuis des siècles dans le Soudan. L'autruche du Cap existe à l'état sauvage dans le désert de Kalahari et jusque dans le Congo portugais, dans une proportion miuime, comparée aux innombrables autruches domestiques répandues dans tout le pays impropre à la culture et à l'élevage du bétail. L'autruche au Transvaal et de la partie orientale de l'Afrique du Sud produit des plumes de qualité inférieure aux autres provenances dénommées « piumes du Cap B ; cette variété d'autruche forme la transition avec l'autruche nègre, dont Taire d'expansion se limite au lac Nyansa, et s'étend à travers les pays gallas jusqu'à l'océan Indien et la mer Rouge, et dont les plumes, uénommées Jamani, faux Alep, Sénégal, sont les moins estimées. Aden est le lieu de transit des plumes Jamani ; ce sont des Parsis et des Hindous qui monopolisent ce commerce, dont Londres est le marché. Le Caire, aujourd'hui, reçoit les plumes du Soudan oriental par Souakira ; autrefois, Alep était le lieu de transit. Benghazi et Tripoli reçoivent les plumes du Ouadaï, Baghirmi, Bornou, Damergou, des Etats haoussans de la région de Tombouctou. Les plumes des caravanes arrivent mélangées de sortes et de qualité ; elles sont triées et classées par un personnel spécial, d'un recrutement particulier, qui ne se trouve qu'au Caire, à Tripoli et à Mogador. Après préparation marchande, les lots de plumes sont expédiés à Londres en majeure partie, pour \a. Barbarie ; le surplus s'expédie directement à Paris, autrefois l'eraporium du commerce et de la fabrication des plumes d'autruche. A Londres a lieu, tous les deux mois, une vente publique des plumes d'autruche du Cap, alimentant les négociants en plumes brutes, qui, à leur tour, font subir de nouveaux triages et classements, pour constituer des lots variés de valeur et d'apparence.

AUTRUGHERIE n. f. Etablissement o\\ l'on s'occupe de l'acclimatation et de l'élevage des autruches.

— Encycl. Dans l'antiquité, les Chaldéens, les Eg^-ptiens avaient parmi leurs oiseaux domestiques, au premier . rang, l'autrucne, dont la chair et les œufs, étaient fort appréciés. Dans le Soudan central, les noirs des bords du Niger pratiquent l'élevage dans la tradition des peuples précités. Les autruchons captifs s'élèvent facilement en compagnie des moutons, ot sont plumés dès l'âge de trois ans. C'est en France, au Jardin zoologique de Marseille, que furent faits les premiers essais de domestication de

1 autruche et que réussirent les premières tentatives de multiplication. D'autres essais suivirent bientôt : à Marseille, au Retiro; à San-Donato, chez le prince Demidotf ; au Jardin des plantes de Grenoble. Enfin, dans notre grande colonie algérienne, des tentatives furent faites. En Afrique, l'élevage se pratique dans le bassin du Ni-

Armes d Aun

ger et dans le ba.ssin du Tchad, au cap de Bonne-Espérance Kuriout, au Baghirmi, au OuadaJ, au Cordofaji, au Darfour, on Egypte, enfin dans toutes les régions favorables, sauf on Algérie et en Tuni-tie. Lo nombre d'autruches domestiques do l'Afrique australe csl évalué à. environ S'fO.ooo, produisant do 500.000 à750.0oo kjlugr. do plumes, d uik; valeur moyenne do 100 francs lo kilogramme.

AUTRUCHON n. m. Petit do l'autruche.

AUTRUI {tru-i — du lat. alter-huic, cet autre, à un cas régime. Autrui était, dans l'anc. franc., lo cas régime do autre) pron. indéf. Les autres, lo prochain : Jt ne faut poM désirer le bien ^'autrui. Ùnns tous nos jugements sur autrui, it tj aun plaidogrr en notre foreur.

— Puov. : Ne fais pas à autrui co que tu no voudrais pas qu'on te flt, Vérité qui est la j^rciniL-n; loi de la nùiur--. de la morale et de la religion, ii Mal d'autrul n'est que Boôgc, Le mal d autrui ne nous tourbe gu.-re. d Qui s'attend â l'écuelle d'autrul a souvent mal dîné, Quand on compte sur les autres, on est souvent trompé dans ses espérances.

AUTUN {JEdua, puis Augustodnnum), ch.-I. d'arrond. de Saéne-et-Ix)ire, au confl. du Tcrnin et do l'Arroux. à 106 kilom. do Mâcon ; 15.543 hab. (Autunois, oises), Kvéchô sufl'ragant de Lyon, tribunaux do première instance ot do commerce ; séminaires, collège, fabrique do tapis do pied, de velours de colon, serges, bas. bonnets ; tanneries, brasseries, papeteries ; commerce de bois, do chevaux, grains, chanvre, peaux, cuirs et bestiaux. — L'arrond. a 9 cant., 85 comm., 132.514 hab. Lo cant, a fi comm. et 23.679 hab.

— Histoire. Après la défaite do Vercingétorii, Autnn succéda à Bibractc comme capitale des EducDS, reçut lo titre do cité et do municipe, et devint la résidence du préfet des Gaules. La prospérité et l'importance de cette ville excitèrent la convoitise des barbares, qui la ravagèrent à différentes reprises (les Vandales en 406, les Bourguignons en 414, les Huns en 451, les Francs en 534-. Les Sarrasins l'envahirent et la brûlèrent en 739, et les Normands lui firent subir le même son, en 895. Sous la domination d.-s ducs de Bourgogne, Autun se releva de s*

ses malheurs recommencèrent pendant la „ . ans : les Anglais l'incendièrent en 1379; la peste y sévit en 1494 et en 1564; puis, au temps de la Ligue, eih fut vamement assiégée, en 1591, j..:; le maréchal d'Aumont. Enfin, api' la promulgation de l'édit de Nant^ ~ Autun jouit d'une tranquillité qu'^ troublèrent seulement les désastn-s de 1814 et, le U novembre 1870, la bataille où Garibaldi finit par contraindre les Prussiens à la retraite.

Cette ville renferme des monuments et des restes des anciens murs d'Autun, de voies romaines et d'aqueducs, du temple de Janns. Des quatre portes monumentales donnant accès dans la ville d'Autun, deux, la. porte d'Arroux et Isl porte Saint-André, sont assez bien conservées. Quant aux temples magnifiques dont parle le rhéteur Eumène, il n'en subsiste plus rien. On n'a pu déterminer encore le rôle historique de la Pierre de Couhard, située près de la ville, dans le champ d»s Urnes. A difi'érentes époques, ou a trouvé de nombreuses médailles, des vases, des ustensiles divers.

Autun, que Louis XII appelait la ville aux biauli elochiers. possédait, avant la Révolution, nombre d'églises remarquables. Il ne reste plus(iue deux piliers de l'ancienne cathédrale, consacrée à saint Nazaire. La cathédrale actuelle, dédiée à saint Lazare , était autrefois la chapelle des ducs de Bourgogne. Elle fut commencée par Robert I*' vers 1060, et achevée en 1178, par l'évêque Etienne. Devant la cathédrale se trouve la fontaine Saint-Lazare, fontaine monumentale de la Renaissance.

Les autres monuments les plus remarquables d'Autuu sont :

le palais épiscopal, bâti au X* siècle par les ducs de Bourgogne ; le château de Riveau , dont une très belle tour octogone a fait partie

d'une citadelle construite au xn" siècle par les ducs do Bourgogne ; etc.

Autun a vu naître : Divitîacus, l'ami de César: le rhéteur Eumène; Barthélémy de Chasseneuz, savant jurisconsulte; Jean Lallomant, médecin et antiquaire ; 1 écrivain L. Laiguillo ; le président P. Jeannin, qui sauva la Bourgogne des massacres de la Saint-Barthélémy ; le peintre Guignet; lo général Changaruier; le maréchal de Mac- Mahon, etc.

— BiBL. : Fontenay, Autun, ses monuments (Autun, 18S9).

Autun (collège d'), fondé à Paris, en 1341, par le cardinal Bertrand, évéque d'Autuu. Situé rue Saint-.\ndrèdcs-Arts, il fut réuni au collège Louis-le-Grand, en 1764.

Autun (Jehan d). Biogr. V. Acthon.

AUTUNIEN (m — de Autun) n.m. Nom donné à la partie inférieuredu terrain permieo. ii Syn.de artinskien.

AUTUNITE n. f. Phosphate d'urane, que Ton trouve près d'.\utun. It Syn. de cranite.

Autunois, pays de France JSaône-et-Loire, can. .4ktun), formant le uassin moyen de l'Arroux, affl. de la Loire.

AUVE n. f. Sorte de saindoux très blanc.

AUVEL n. m. Sorte de claie en cannes avec laquelle on construit l'enceinte des bourdigues.

AUVELLE n. f. L'un des noms donnés à l'ablette, que l'on appelle également a\-elle.

AUVBLAIS ou AUVELOIS, ville de Belgique fprov., arr. judic. et adm. de Namur), près la Sambre; 3.944 hab.

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