‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 568 sur 828 · AUVENT — AUXERRE · texte numérisé non relu

AUVENT — AUXERRE

AUVEMT (étymol. incert., de an pour ante, devant, et tiaji parce que Vament est suspeudu comme un van élevé. [Du'cange.] Littré donne aussi au, et vent; m. âm. ce qui

so met devant le vent, ce qui s'y oppose) n. m. Petit toit en saillie, servant d'abri à une porte.

— Agric. Abri en paillassons ou en bois, placé au haut d'un mur d'espalier pour le garantir du vent.

— Art milit. Auvenl de casque. Visière.

— Mar. Sorte de faux sabord volant, qu'on place quelquefois obliquement dans le carré d'un sabord, afin que la pluie n'entre pas dans un bâtiment à l'ancre.

Auvergnat, ATE {gna; gn mil. ), celui, celle qui habite l'Auvergne, ou qui est né en Auvergne : Les AtJVKR- GNATS sont les descendants des Arvernes.

— n. m. Patois usité en Auvergne. V. ce mot.

— Adjectiv. Qui appartient à l'Auvergne ou à ses habitants : La bourrée est une danse auvergnate.

AUVERGNE {gn mil.) n. f. Dissolution de tan dans laquelle on fait macérer les peaux, ii L'opération elle-même. Il On dit aussi chipagis.

Auvergne (A)"i'er;?/a, anc. prov. de la France), bornée au N. par le Bourbonnais et le Berry, au S. par le Rouergue et le Gévaudan, à l'E. par le Vêlay et le Forez, à l'O. par le Limousin, la Marche et le Quercy. Elle se divisait en haute et basse Auvergne, et avait pour capitale Clermont-Ferrand ; une partie de la basse Auvergne, célèbre par sa fertilité et la douceur de son climat, porte le nom de Limagne. L'Auvergne forme aujourd'hui les départements du Puy-de-Dôme, du Cantal, et une partie* de celui de la Haute-Loire.

Ses principales rivières sont l'Allier, la Dordogne, la Dore, la Rue, qui sé- 'pare la haute de la basse Auvergne, la Truyère et la Gère. La basse Auvergne a un sol plus riche, un

climat plus doux que la haute Au- Armes d'Auvergne, vergne, couverte par les rumes

pittoresques d'un énorme volcan, mais soumise à une tcni pérature plus basse et à des hivers rigoureux. L'Auvergne est riche en mines de plomb, de fer, d'antimoine, et en eaux minérales, dont les principales sont celles de Chaudesaigues, Vic-sur-Cère, Royat, Mont-Dore, La Bourboule, etc. L'élève de la race bovine, en vue de la fabrication des fromages, est, en Auvergne, la grande source de richesses. Celte race, dite de Salers, est très précieuse pour le travail et la laiterie.

— Histoire. Après la conquête de Jules César, cette province, comprise dans la I" Aquitaine, avait adopté la civilisation romaine: aussi, ce fut contre le gré de ses habitants que l'empereur Népos, en 475, la céda aux Visigoths. Clovis, en 507, s'en empara, et, sous les Mérovingiens, elle forma un comté dépendant de l'Aquitaine. Plus tard, elle fut un des théâtres de la lutte des ducs d'Aquitame contre les Carolingiens.

Après la mort d'Acfred, neveu et successeur de Guillaume le Pieux (928), l'Auvergne passa au comte de Toulouse, Raymond Pons, puis au comte de Poitiers, Guillaume Tête d'étoupe. Elle revint ensuite comme fief à la famille de Guillaume le Pieux, par la cession à Guy, vicomte de Clermont, des deux comtés d'Auvergne et de 'Velay(979). Après la mort do Guillaume "Vil, son fils reçut le dauphintd'Auvergne, avec Vodalde pour capitale. La Terre, ou duché d'Auvergne, confisquée par Philippe-Auguste, fut réunie au domaine de la couronne, sauf le comté d'Auvergne, capitale Vic-k-Comte, qui resta à la postérité de Guillaume le Jeune. Le comté de Clermont avait pour suzerains les évoques de cette ville. L'Auvergne fut érigée en duchépaine par le roi Jean, en faveur do son fils, en 1360. Elle resta dans la maison do Bourbon jusqu'à la mort de Charles de Bourbon, connétable de France. A ce moment, on l'assigna comme douaire à Louise de Savoie. En 1531, elle fut réunie à la couronne. Le comté d'Auvergne et celui de Clermont subirent le même sort en 1610.

— Mœurs et patois de l'Auvergne. Les traditions antiques sont religieusement conservées par les Auvergnats, race robuste et laborieuse. Ce qui, en Auvergne, attire tout d'abord l'attention de l'étranger, c'est l'absence, dans chaque maison, d'un ou do plusieurs membres de la famille. Chaque année, eu effet, au printemps ou en automne, les habitants les moins aisés quittent leur village pour aller exercer les métiers les plus variés en France, en Belgique et en Espagne. Paris, surtout, est le lieu du rendez-vous.

L'ensemble des patois parlés dans l'Auvergne constitue un dialecte de la langue d'oc, qui a son histoire, sa grammaire et sa littérature. L'élément principal de l'auvergnat est le latin; mais il offre peut-être quelques éléments celtiques ou germaniques. Il faut aussi faire une part ù. l'action, assez récente, du français sur l'auvergnat.

Auvergne (La Tour d'). Biogr. V. La Tour.

Auvergne (Pierre d'), troubadour, né en Auvergne, florissait au commencement du xdi* siècle. Il reste de lui vingt-quatre pièces sur des sujets de dévotion, de politique ou d'amour. Il finit ses jours dans un couvent.

Auvergne (Guillaume d'), théologien, évêque de Paris, né à Aurillac, mort en 1249. Docteur en Sorbonne et professeur de théologie, il fut nommé évêque de Paris en 1228. Il avait étudié les néo-platoniciens d'Alexandrie et les Arabes; il passe pour s'être servi le premier en Europe des livres attribués à Hermès Trismégiste. Une édition de ses ouvrages a été publiée à Orléans, en 167-4.

Auvergne {Pierre v') [ou, de son vrai nom, Pierre de Croc], philosophe scolastique, né en Auvergne, mort en 1304. Elève de saint Thomas d'Aquin, il devint docteur en Sorbonne, chanoine, puis recteur de l'Université de Paris en 1275, et enfin évêque de Clermont, de 1302 à 1304. Ses œuvres, dont la plupart sont inédites, se composent de commentaires sur samt Thomas d'Aquin et sur Aristote.

AUVERGNER {gn mil. — rad. anvergfie [techn.]) v. a. H Auvergner les peaux. Les plonger dans une dissolution do tan. Il On dit aussi chiper.

S'RUver^ner, v. pr. Etre anvergné : Les peaux épaisses doivent sadvergner plus longtemps.

AUVERGNEUR {gn mil.) n. m. Ouvrier qui auvergne les peaux.

AUVERNAT {na — pour auvergnat) n. m. Variété de vigne, ainsi désignée dans le Loiret, mais d'origine auvergnate. Il On désigne du même nom de auvernatie gros vin rougo produit par cette variété :

Un auvei-nat fameux, qui, mêlé de li^na^e. Se vendait chez Crenet pour vin de l'Erniitafte.

BoiLEAU.

AUVERPIN n. m. Argot courant. Auvergnat.

— Par ext., Charbonnier, commissionnaire, parce que les Auvergnats exercent souvent cette profession à Paris.

AUVERS, comm. de la Manche, arrond. et à 23 kilom. de Saint-Lô; 1.014 hab.

AuvERS-LE-HAMON, comm. de la Sarthe, arrond. et à 3-i kiloni, ili- La Flèche ; 1.615 hab.

AUVERS-SUR-OISE, comm. de Scine-et-Oise, arrond. et à 7 Iviluiii. de Pontoise, sur l'Oise; 2.255 hab. — Patrie du poêle Villon.

Auvigny (Jean du Castre d"), littérateur français, né dans le Hainaut on 1712, tué à la bataille de Dettingen en 1743. Malgré sajeunesse, il avait déjà composé d'assez nombreux ouvrages : Mémoires de M'"" de Baimevelt (1732), fiction remplie de traits satiriques (en collaboration avec l'abbé Desfontaines); Histoire de la ville de Paris (1735); Vies des hommes illustres de la France, ouvrage qui fut continué par l'abbé Pérau (1739-1757). [Cette compilation n'est pas sans valeur; les huit premiers volumes seulenifiit ajqiartiennent à d' Auvigny.]

AuviLLAR, ch.-l. de cant. du Tarn-et-Garonne, arrond. PI a K. kilom. de Moîssac, sur la Garonne; 1.220 hab. — Le cant. a 9 comm. et 5.141 hab.

AUVRAY (Jean), poète, né en Normandie vers 1590, mort en 1633. Par un mélange qui n'était pas rare dans I ancienne littérature, il composa alternativement des poésies licencieuses et des poésies chrétiennes. Ses œuvres les plus connues, dont quelques-unes sont recherchées, sont les suivantes : Poésies diverses (Rouen, 1608) ; Marfilié ou l'Innocence découverte, tragi-comédie ; le Trésor sacré de la muse sainte (1613); le Triomphe de la croix (1622); le Banquet des Muses.

AuVRAY (Pierre-Laurent), graveur français, né à Paris en 1736, fut élève de Laurent Cars, et, après avoir débuté à Paris, alla se fixer à Bâle. Il a gravé d'après Fragonard et Bertaux. On lui doit de bonnes compositions dans Tableaux de la Suisse (Paris, Lamy, 1780-178G).

AuVRAY (Joseph-Félix-Henri), peintre français, né à Cambrai en 1800, mort à Paris en 1833. Elève de Gros, ce peintre s'est fait connaître dès 1824 par des tableaux d'histoire, dont les plus achevés sont au musée de Valenciennes-

AuVRAY (Louis), sculpteur et écrivain français, né à Valenciennes en 1810, mort à Paris en 1890. Elève de David d'Angers, on lui doit les monuments de l'abbé Sicard, à Fousseret; de Watteau, à Nogent-sur-Marne; de Brevière, à Forges-les-Eaux. Auvray a publié des comptes rendus des Salons de 1834 à 1869. Acquéreur des notes réunies par Bellier de La Chavignerie pour son Dictionnaire des artistes de VEcole française, interrompu par la mort de l'auteur à la lettre D, Auvray a publié ces notes sans y ajouter sonsildenient- Il a donc été l'éditeur du manuscrit de Belli'^r, ]ihnûi iiue le continuateur de cet historien.

AUXANOMÈTRE (o-À:sa — dugr. (ijtxanem, augmenter, et niétmn. nioMirci n. m. Physiol. végét. Appareil destiné à mesurer la croissance d'une plante à de courts intervalles de temps.

— Enctcl. Il y a plusieurs sortes d'auxanom êtres. Ces appareils ont ceci de commun, qu'au sommet de la plante à étudier on ajuste un fil de soie mince et solide qui s'élève verticalement, s'enroule sur une poulie très mobile, et met en mouvement im style indicateur ou traceur. Dans les dispositions les plus simples de cet appareil, l'extrémité libre du fil de soie, maintenue tendue par un petit poids, porte une aiguille horizontale qui descend le long d'une règle verticalement dressée, graduée on millimètres, à mesure que l'autre bout du fil attaché à la plante est soulevé par son allongement et indique ainsi la croissance en dimensions exactes et réelles {aiixanomètre indicateur). Ces dimensions peuvent être agrandies dans une autre forme de cet appareil ; ce qui permet de mesurer l'accroissement le plus minime. On a, de plus, imaginé des appareils enregistreurs, dont le dispositif essentiel consiste en un cylindre vertical, animé, par un mouvement d'horlogerie, ti'un mouvement de rotation uniforme sur un axe excentrique. Ce cylindre, de zinc, est recouvert de papier blanc, noirci au noir de fumée; la pointe de l'aiguille de l'auxanomètre trace une ligne blanche sur la surface du cylindre en rotation. Pour dêterniini»r les accroissements successifs de la plante, il suffit de mesurer les écartements des lignes ainsi tracées d'heure en heure {auxanomètre enregistreur). Il existe encore des auxanomètrcs enreçristreurs à tracé conït'nu de divers modèles : ua des plus ingénieux est celui de Marey.

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