‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 584 sur 828 · C. Delavione · texte numérisé non relu

C. Delavione

— A l'avenant de, loc. prépos. En conformité, en proportion de : Dessert A l'avenant du repas.

AVENARDIA n. f. Genre de vers némertiens dont \o type, qui atteint 3 m. de long, est le plus grand des vn connus après les borlasies.

AVENAY (lat. Avennacum), comm. de la Marne, .n rond, et à 26 kilom. de Reims, sur la Livre, affluent di la Marne ; 1.129 hab. Ch. de f. Est. — Patrie de Paulin Paris. Vignobles importants.

AvENCHES (en allem. Wi/lisburg), ville de Suisse (cant. de Vaud) ; 1.850 hab. Importante du temps des Romains souslenomde At"e«ï/cuH(, elle fut détruite par les Germains en 307, et par Attila en 447. Ruines intéressantes. Patrie du chroniqueur Marias d'Avencqes. Pop. du district : 5.320 hab.

— Bibl. : Bursian, Aveyiticum Eelvetiorum{Zm'ichylSi'>l) .

AvÊNE, comm. de l'Hérault, arrond. et à 31 kilom. de Lodève, surTOrb; 992 hab. Eau thermale, bicarbonatée sodique arsenicale. Tanneries.

AVENEL (Denis-Louis-Martial), journaliste et lifi.'rateur, né à Orbec (Calvados) en 17S9, mort à Paris i-n ist'.. Il fit partie du conseil d'Etat du roi Jérôme, en West]. lialie, collabora à divers journaux, et fut conser\atcur n la bibliothèque Sainte-Geneviève. On lui doit la publicaiinn des Lettres, papiers d'Etat et instructions diplomatiques du cardinal de Richelieu.

AvENEL (Paul), littérateur français, né à Chaumont (Oise), en 18-23. Il a publié des chansons politiques qui ont eu un vif succès. Elles ont paru en volume, sous le titre dr Chansons (lSi39i ; puis elles ont été rééditées avec des additions,sous les titres de A'oi(re//e5 Chansons politiques {\Slo ; Chants et Chansons politiques (1872); et Chansons de Paul Avetîel (1875). Ces chansons, qui relatent les principanx événements de l'ère impériale, sont en q^uelque sorte lliistoire rimée. Leur côté caustique et satirique en a fait le succès. P. Avenel a aussi produit des œuvres dramatiques, mais ce sont ses chansons qui sont surtout dignes d'attention.

AVENEL (Georges), historien, frère du précédent, né à Chaumont (Oisel en 1S28, mort en 1S76. Il se fit remarquer par une histoire de Cloots, sous ce titre : Ariacharsis Cluots, l'Orateur du genre humain (Paris, 1865). Lors de la fondation de la. République frajîçaise {iSlï), il devint un des principaux rédacteurs de ce journal, où il fit paraître sur la Révolution une série d'études, dont les principahs furent réunies sous le titre de Lundis révolutionnai)' s (1875). On lui doit encore une édition très complète des Œuvres de Voltaire, dite « édition du Siècle ».

AvENEL (Georges, vicomte d'), écrivain français, w*"^ ;t Neuilly (Seine) en 1850. Il a rempli des fonctions au nunistère de l'intérieur et a publié: les Evêques et Archevêques de Paris (1878); les Octrois en France et à l'étranger (1881); Richelieu et la monarchie française (1884-189n^; la Fortune privée à travers sept siècles (1895) ; ffistoir'' économique de la proportionnalité des salaires et des dc/irées depuis l'an iSOO (1895); le Mécanisme de la vie mudei-ne (1896), etc.

AVENELLES (Pierre des), avocat au parlement de Paris, dénonça, en 1560, la conjuration d'Amboise. Il obtint pour prix de sa délation 12.000 livres et une charge de judicature en Lorraine.

AVÈNEMENT (rad. aveJiir) n. m. Venue, arrivée : J'cà vu que vous avez eu trois ou quatre démêlés à votre avènement. (M"^» de Sév.) — Ce sens absolu a vieilli; mais Avinement s'emploie toujours pour Action d'arriver à, <!o parvenir à, avecl'idéede triomi^he": Les meilleurs peintres attendent longtemps leur avènement à la gloire. Le xix* siècle a vu /'AviiNEMENT de la vapeur et de Vélectricifr.

— Particuliôrom. Elévation au pouvoir suprême, à une dignité souveraine : Le pape accorde ordinairement un jubilé pour son AVÈNEMENT au pontifîcat.

— Relig. Apparition du Messie, époque où Jésus-Christ s'est manifesté auy hommes, et celle où fl viendra pour les juger : Le temps du premier avènement de Jésus-Christ est prédit ; celui du second ne l'est pas. (Pasc.)

— Hist. Dons et droits de joyeux avènement. On nommait ainsi certains droits du roi "à son avènement à la couronne. Ces droits sont d'origine féodale, et on les trouve chez les seigneurs à leur avènement à la possession du fief. Ils étaient de différentes sortes. Le plus important était celui de confirmer, moyennant finance, la possession des offices et les privilèges des corps constitués. Parfois,

ces derniers allaioat au-devant du droit que lo roi (^tait autorisa à demander par un don offert spontanémont. Los droits do joyeux avènement furent perçus, pour la dorniC^ro fois, en 1723, par Louis XV. Louis XVI on lit romiso par son édit de mai 1771, tout en réservant les droits de SOS successeurs.

AVÉNERON (du lat. avena, avoine) n. m. Kollo avoine {avcna fatua).

AVÉNETTE (du lat. avcna, avoine) u. 1". Nom vulgaire de l'avoine des prés iavetia pratensis).

AVÉNIÈRE (du lat. avena, avoine) n. f. Cliamp semé d'avoine, ii On a écrit aussi aveinikrk.

AVENIÈRES (Les), comm. do l'Isère, arr. ot à Ï6 kil. de La Tour-dn-Pin ; 3.932 hab. Ch. de f. P.-L.-M. Fabriques d'étoffos do soie.

AVÉNIFORME (du lat. avena, avoine, otdo forme) adj. Qui a la l-'iiiir, la grosseur d'un graiu d'avoine.

AVÉNINE liii hit. avena, avoine) n. f. Substance découverte par Julmslon dans l'avoino.

— Kncyi'L. h'avénhie est jaune ot solublo dans l'eau. Elle se distingue de la légumine en ce quo l'acide acétique no la précipite que pou à peu. La solution aqueuse ne se coagule pas quand on la fait bouillir, mais oUo se trouble par lo refroidissement.

AVENIR (du lat. ad, vers, ot venire, venir) v. n. S^'n. de ADVENiu. (Il se conjugue comme ce dernier verbe; mais il est moins usité. Encore ne s'emploie-t-il qu'aux troisièmes

Sersonnes de tous les temps et au participe passé, qui entre ans la loc. adj. Non avenu, ue. Qui n'est pas accepté, qui est considéré comme nul : Les iyijiires d'un sot doivent toujours cire considérées comme non avenues.)

AVENIR (iufinit. pris substantiv.)n. m. Lo temps futur, ce qui doit arriver : Hien de plus incertain que Tavenir.

— Position sociale, état de fortune ou de coiisiihi-aiiun auquel on est destiné. (Se dit des peuples et des imlivhitis : Assurer son avenir, /'avenir rfe ses enfants. Il rnut nnrnv avoir de /'avenir que du passé. (V. Cousin.) ii Los <\r^\ mk-.s futures de l'humanité, le progrès: Zavenir appartient à Dieu et un peu à l'homme qui a de la volonté et un cœur honnête. (Maréchal Bosquet.)

— Par ext. Posiérité : C'est /'avenir fjui nous jugera.

— Absolum. Situation heureuse ou brillante en perspective : Avoir de /'avenir, ii Personne d'avenir^ Personne qui fait concevoir de brillantes espérances sur sa destinée.

— Relig. Eternel avenir, ou simpleni. Avenir, Eternité : Qu'est-ce que la vie et ses prospérités, aux yeux de l'homme tout occupé de son éternel avenir? (Marmontel.)

— A l'avenir, loc. adv. Désormais, dorénavant : On est toujours en état de vivre k l'avenir, et jamais de vivre maintenant. (Pasc.)

— Anton. Passé, présent.

À-VENIR(rad. ye7iir)n. m. Dr. Acte d'avoué àavoué, sommant la partie adverse de comparaître à l'audience du jour déterminé parraeto:5(5rti7ïerwnX-VENm. il Pl.Desk-vE^iw..

— Encycl. La loi n'a pas déterminé le délai qui doit exister entre la signification de \'à-venir et l'audience: par suite, elle peutôtre donnée laveille de la comparution. Dans la pratique, on laisse un jour franc entre celui do la signification de l'à-vonir et celui indiqué pour la comparution.

Avenir (l"J, journal célèbre qui parut du 17 octobre 1830 au 15 novembre 1831, sous la direction de Lamennais, avec cette épigraphe : Dieu et Liberté. Il était rédigé par de jeunes écrivains qui joignaient à une ardente loi catholique un amour sincère de la liberté : les abbés Lacordaire, Gerbet, Salinis, Rohrbacher ; de Ceux, Montalembert, Harel du Tancrel et le réfugié belge Barteh.

L'Avenir réclamait la liberté do la presse, l'abolition du droit de timbre sur les journaux, la liberté d'association ; un système électoral aussi largo que possible; la liberté de l'enseignement, la décentralisation, et notamment la séparation de l'Eglise et de l'Etat, entraînant la suppression du budget des cultes. Ce programme, soutenu avec un remarquable talent, provoqua contre l'Avenir de violentes récriminations non seulement do la part du monde gouvernemental et des gallicans, mais encore des organes ordinaires du c'ergé.

Le gouvernement ayant fait fermer une école libre ouverte par trois des rédacteurs do /'Atwiir ; Lacordaire» de Ceux et Montalombert, il s'ensuivit un procès retentissant jugé devant la cour des pairs; les trois rédacteurs furent condamnés à 50 fr, d'amende. Deux antres procès, portés devant le jury, eurent une issue plus heureuse : Lamartine et Lacordaire furent acquittés.

Ainsi menacé, lAvenir ne pouvait vivre longtemps. Lors de l'avènement do Grégoire XVI, Lamennais, iMontalembert et Lacordaire soumirent au pape l'examen de leurs doctrines : celui-ci les condamna par l'encyclique de 1832. A l'exception de Lamennais, tous les rédacteurs liront leur soumission, et l'Àvehir dut disparaître.

AvENSAN, comm. de la Gironde, arrond. et à 27 kilom. de Bordeaux ; 1.367 hab. Ch. do f. Médoc. Eglise romane. Vins rouges estimés ressemblant assez à ceux de Margaux.

AvENT (du lat. adventus, arrivée) n. m. Primiiivem., jour de Noël, qui est celui de l'avènement de Jésus-Christ, ti Aujourd'hui, et depuis le \iV siècle, Temps de pénitence qui précède Noël.

. — S'emploie au plur. pour désigner la saison, l'époque de l'année qui correspond à l'Avent : C'est aux Avents qu'on a coutume déplanter.

— EUiptiq. Jeûner l'Avent, Jeûner pendant l'Avent.

— Par ext. Recueil ou ensemble de sermons prêches ou destinés à être nrcchés pendant l'Avent : Prêcher un AvENT, TAviNr. L'\\E:iT ae Bourdaloue.

~ Kni 1' I 1 i ■ '1 n'a pas eu toujours la même durée. Il comm iiit le l" dimanche qui se rencontre

apn V 1 r et dure quatre semaines. Il en durait

cinq 4 :ii 1 1- [■■ ,(. lainentaire de saint Grégoire, six danslo rit amhroi^icn ; il s'étendait jusqu'4 quarante jours selon les Capitulaires do Charlcinagne. — L'ahsiinenco se bornait d'abord à trois jours par semaine ; le lundi, le mercredi et lu vendredi. Puis la v''^"^ '^'"^ (i'irlos l'éteridit à tous les jours, comme on lo < i' >. <r ]■■■- l'.ij.iinlairos de Cliarlemagne, déjà cités. On i:i i ,, . ,^ne d'aiirions auteurs appelaient te « carôm. . ia '•.,,\,\ Martin ■.. Toutefois, l'abstinence, pendant rA\i m. ii^- im i)as --unstamment observée dans tontes les Eglises, m &i régulièrement par les laïques quo par les clercs. Elle rînit par tomber en désuétude dans un grand nombre d'Eglises. Mais, aans la

plupart dos ordres religieux anciens, elle a été rigoureusement observée jusqu à nos jours. Chez les Grecs, l'Avent so compose encore do quarante jours d'abstinence, dont sept comportent de pins lo jeûne. En France, depuis lo concordat, on dehors des monastères, rien no distingue l'Avont, si co n'est quo l'EgUso, voulant rappeler à ses fidèles que c'est un temps de pénitence, libre toutefois, emploie une couleur simple ot obscure, le violet, dans ses ornements sacrés ; elle suspend également la plupart de ses chants do joio, défond la célébration du mariago ot muIlii)lio les pr^-dicalions. L'Avent est lo commencement de l'année ecclésiastique.

Avent (i-'), de Bourdaloue, suite de douze sermons, comprenant doux séries, précliés on 1G70, 1681, 1686, 1689, 1693 ot publiés par lo P. Brotonneau. Ils ont pour sujets : I. La Kécompenso des saints; lo Jugement dernier; le Scandale; la Fausse Conscience; la Sévérité de la pénitence ; la Nativité de Jésus-Christ. — II. La Sainteté; lo Jugement dernier; le Respect humain; la Sévérité évangélique ; la Pénitence ; la Nativité de Jésus-Christ.

Ces sermons, comme d'ailleurs tous ceux do Bourdaloue, ont pour caractères distinctifs, au point do vue de la pensée, une liberté, uno indépendance, qui sont celles d'un apôtre et d'un réformateur ; ot, sous le rapport de la forme, une grande beauté dans les plans généraux, ta clarté, la vigueur, la propriété de l'expression , simple sans bassesse, noble sans affectation, le tout produisant une éloquence réfléchie, mesurée, qui s'adresse à la raison plus qu'au sentiment ; au pomt de vue dialectique, une remarquable abondance et une science profonde des arguments et des preuves oratoires.

Avent (l'), de Massillon, suite de dix sermons proches devant Louis XIV, à Versailles, on 1699. Ce fut le début d'un grand talent oratoire, salué par Bourdaloue luimême. h'Avent de Massillon comprend les sermons ])réchés sur le bonheur des justes ; sur la mort du pécheur et du juste ; sur le jugement universel ; sur les afflictions ; sur le délai de la conversion ; sur les dispositions à la communion ; sur la divinité de Jésus-Christ.

Les appréciateurs de l'éloquence de Massillon placent son Avent au-dessus de son Petit Carême. La mort du pécheur et la mort du juste forment deux tableairx d'une perfection égale. Le premier peut être cité comme un exemple de celte vigueur d'expression quo l'on dispute aux talents qui brillent par l'élégance. A mentionner encore, parmi les meilleurs morceaux, bien qu'il soit rarement cité, le sermon sur les afflictions. Massillon en a de plus brillants ; il n'en a pas do plus persuasif. Tout y est simple et sur le ton d'une conversation presque familière. Il inspire un sentiment de mélancolie inconnu dans le siècle de Louis XIV.

AVENTER (de à, et vent) v. a. En T. de mar. Placer au bon vent : Aventer une voile.

AVENTIN (mont), nom d'une des collines de Rome, située à l'extrémité S.-O. de la ville, sur la rivo gauche du Tibre, et formant deux petits plateaux séparés par une étroite vallée. Cette colline tirait son nom du roi d'Albe Aventinus, qui y était enterré. Rémus y consulta les ans-

f)ices et y fut inhumé ; là, Ancus Martius fit transporter es habitants des villes latines conquises ; eofin, l'Aventin fut la quatrième colline qui, par son incorporation à la ville, ajgrandit le petit Etat romain. Quoique cette colline ne fut pas comprise dans le pomœrium, ou l'enceinte religieuse de la cité, elle se couvrit d'habitations et aussi de temples, tels le fameux temple de Diane bâti, sous Servius Tullius, par les Romains et les Latins réunis, pour servir de centre à l'union des deux peuples ; le temple de Minerve Aventinensis. L'empereur Claude enferma le mont Aventin dans l'enceinte religieuse de la cité ; c'était alors le quartier le plus populeux de Rome, où, un peu plus tard, Trajan eut sa maison particulière. Il ne faut pas confondre le mont Aventin avec le mont Sacré, situé à plus d'une lieue de Rome, sur les bords de l'Anio. C'est là que se retirèrent les plébéiens. La cause de cette confusion, c'est que l'Aventin était le quartier du peuple, comme le mont Palatin était celui de l'aristocratie. V. Rome.

Aventin (retraite sur le mont), épisode de l'histoire de Rome (493 av. J.-C). Opprimés par leurs créanciers, cl irrités contre la tyrannie des patriciens, contre la déloyauté des magistrats et du sénat qui les avaient longtemps payés do v::ines promesses, les plébéiens émigrèrent en masse ot s'établirent sur le mont Aventin, situé au S. et en dehors de la ville. En même temps, une partie de l'armée se révoltait et se retirait sur le mont Sacré, au delà de l'Anio. Le sénat finit par céder ; il ramena les fugitifs en leur accordant presque toutes leurs demandes ; en particulier, l'institution de tribuns chargés de défendre la plèbe. C'est dans cette circonstance que Menenius Agrippa, un plébéien devenu sénateur, conta au peuple le célèbre apologue sur les Membres et l'Estomac. De cet épisode historique vient aussi la locution proverbiale : « Se retirer sur le tnont Aventin », c'est-à-dire " rompre violemment, cesser toute relation jusqu'à entière satisfaction ".

Aventinus ou Aventin, ancien roi d'Albe, qui fut enterré sur le znont Aventui ot donna son nom à la colline.

Aventinus (Jean), dont le vrai nom était Thurmater, chroniqueur bavarois, né en 1177, mort en 1531, composa en latin les Annales de Bavière, ouvrages dont les matériaux ont été puisés à des sources authentiques, et qui est demeuré classique. La première édition est de 1554. Aventinus a donné d autres travaux d'histoire et d'érudition.

AVENTISTE {tiss — rad. avent) n. m. Celui qui croit à un deuxième et prochain avènement de Jésus-Christ.

— adj. Qui profosse cette croyance, qui se rapporte à cet avènement : Espérance aventiste.

— Encycl. Les aventistes professent que le Clu-ist, lors de son deuxième avènement, plus ou moins prochain, prendra en mains le gouvernement de la terre, réellement, visiblement et on personne. A partir de ce jour commencera sur terre le millénium, ce qui veut dire quo le règno personnel du Christ durera mille années.

li'Eiïliso aventiste contemporaine doit son origine à William Miller, né en 1781 à Pittstield, dans l'Etat do Massachusetts. Aussi les membres de la nouvelle Eglise furent-ils d'abord appelés « milléristes u. En 1831, Miller, qui appartenait à l'Eglise baptiste* annonça le prochain avènement de Jésus-Christ et se mit à prêcher, fixant le deuxième avènement du Christ à l'année 1S43. .\ cette date, le grand événement nétaut pas survenu, il lo fixa au 28 octobre 1844. Trompé encore nue fois dans ses

AVENERON — AVENTURIER

prévisions, il se contenta d'annoncer à l'avenir que -1© douxièrno ayèncmcni du Christ est prochain ». L'Egliso ayontiste, d'abord unie ot compacte, s'est diviséo on plusieurs soctos, dont les principales sont : les aventutes évangéliquea , fidèles à Icnsoignomcnt do Miller et qui ont pour contre lo Massachusetts ; — les chrétien» du deuxième avènement, qui sont conditionnalistes et qui ont leurs centres importants à Boston et Chicago ; — les aventistes du septifme jour, qui mettent dans l'observation stricto du sabbat un des moyens les plus efficaces de so préparer au retour du Christ. (Ils ont à Battlo Creeck un institut do réforme sanitaire, dans lequel ils enseignent on particulier uno hygiène antialcoolique ; ils entretiennent sept missions on Europe) ; — l'Union des aventiste» de ta vie, qui professent l'ancantissemont immédiat du pécheur impénitent; — les aventiste» de l'âge futur, <\i\\, aux croyances communes avec les autres aventistes, ajoutent celle-ci, fiu'après le retour du Christ, Israél habitera do nouveau la Palestine. {Ils sont conditionnalistos.)

AVENTURE (du part. lat. adventuru», qui doit arriver) n. f. Fait, événement, et, parliculièrem., Co qui arrive de fortuit, d'inopiné, do surprenant : AvKNTcaE heureuse. Ce roman est plein ^'aventures comiques.

— Entreprise hasardeuse, périlleuse, et qui, cependant, peut offrir quelque attrait : Don Quichotte brûlait de partir il la quête des aventures. (Viardot.)

— Intrigue amoureuse : Tatlemant ne prête à Mme de Vertm aucune AVESTCRK. (V. Cous.)

— Destinée, sort : La Pucelle et Rodoguno méritaient chacune une autre aventore. (La lïruy) [Ce sens a vieilli.]

— Hasard : C'est grande aventure,' *i je n'en vienspa» à bout. (Co sens a vieilli, mais il est resté dans les locutions d'aventure, par aventure.)

— Homme d'aventure, Aventurier, il Femme à aventures. Femme galante. Il Chercher aventure. Chercher quelque bonne aubaine, il Tenter, éprouver l'aventure, Faire un essai, une épreuve, entreprendre une chose très incertaine.

Il Dire la bonne aventure. Annoncer à quelqu'un, on abusant de sa crédulité, ce f^ui doit lui arriver, n Diseur, diseuse de bonne aventure. Celui, celle qui so môle de prédire l'avenir.

Il La bonne aventure, 6 gw' ! Refrain d'un chanson, qu'on a adapté à différents couplets. V. ami, bonne aventure.

— Loc. ADV. : A raveoture, Au hasard, sans but, sans réflexion : Rien ne peut être fait ou essai/é \ l' aventure. (Dupanloup.) ii D'aventure, par aventure, Par hasard.

— Comm. Contrat à la grosse aventure. On désigne sous ce nom certains contrats dont l'exécution est suspendue jusqu'à l'heureuse arrivée d'un navire. Lo prêt à la grosse aventure consenti sur des marchandises qui voyagent en mer n'est remboursable qu'au cas où les marchandises arrivent à bon port ou proportionnellement à la quantité des marchandises arrivées à bon port, il On dit aussi LA GROSSE ; Placer de l'argent à la grosse.

— Dr. anc. Biens acquis par succession ou donation. Il Droites aventures, Biens acquis par succession en ligno directe.

— Miner. Pierre d'aventure, Ancien nomdel'aventurino.

— Pathol. Mal d'aventure. Nom vulgaire du panaris.

— Stn. Aventure, accident, événement. V. accident. Aventures (lks), nom de la vingt-huitième sourate

(chapitre) du Coran. Dieu y raconte à Mahomet l'histoiro de Moïse, telle à peu près qu'elle est rapportée dans la Bible. Puis le récit s'interrompt brusquement et se termine par la légende, fameuse cnez les Arabes, de Karoun, le Coré du Pentateuque, englouti vivant.

AVENTURER (rad. aventure) v. a. Hasarder, risquer : Aventurer sa personne, sa fortune, dans une entreprise.

S'aventurer, v. pr. Au propre et au fig., Se hasarder, s'exposer, et surtout pénétrer quelque part en courant des risques : Le sort des Flatters et des Mores n'empêche point les explorateurs rfe s'aventurer en Afrique. ^

— Syn- Aventurer, hasarder, risquer. Hasarder s'emploie quand on veut indiquer le plus ou moins grand degré de hardiesse. Risquer s emploie s'il s'agit de porter Fattention sur la chose même qui est exposée, et particulièrement sur sa quantité. Avetiturer suppose de la légèreté, de ri-noraii'.N' nu une folle témérité.

AVENTUREUSEMENT adv. D'une manière aventureuse.

AVENTUREUX \reù), EDSE 'rad. aventure) adj. Qui s'eipose, qui se hasarde : A^'entcrkux et ordonné, passionné et méthodique, il n'y a jamais eu d'être plus chimérique et plus positif que 7rtOi. (Chateaubr.) il Livré aux aventures, abandonné aux hasards : Frédéric Barberousse joignit à la hardiesse aventureuse de la chevalerie la sagesse d'un roi. (Villem.) Il Livré à des aventures galantes : Une femme dévie aventureuse.

— Substantiv. Personne aventureuse :

parti, l'aventureux se lance.

La, Fontaine

trre de Buckingluim était la recherche de l'aventureux. (Alex. Dum.)

— Anton. Circonspect, discret, méticuleux, prudent. AVENTURIER (n-é), ÈRE n. Personne qui cherche, qui

court les aventures : Les corsaires français étaient de hardis AVENTf riers.

— Par anal, et en mauv. part. Personne qui s'abandonne à une vie d'intrigues ou de îiasard : Les aventitriers abon~ dent dans toutes les grandes villes.

— Hist. Celui qui. principalement au moyen âge. allait à la guerre sans solde, mais aussi sans être astreint rigoureusement à la discipline militaire, il Nom donné quelquefois aux flibustiers et aux boucaniers,

— Mar. Navire de commerce qui, en temps de guerre, s'expose aux hasards d'être saisi, ot navire sans escorte, mais qui est armé pour résister en cas d'attaque.

— adj. Aventureux, il Fig. Hasardé, risqué : Combien de ces mots aventuriers, qui paraissent subitement durant un temps, et que biititôt on ne reimit plus! (La Bruy.)

— ENCYri.. Hist. Pour dresser une liste des aventuriers célèbres do l'histoire, l'embarras est dans l'élasticité du sens que l'on peut donner à ce mot. Appellera-t-on ■ aventuriers " les capitaines de fortune qui ont mis leur épée et leur audace au service de tous les pays et de toutes les causes et ceux qui, en dehors de leur patrie, ont fait uno carrière brillante et inattendue? Encore ici, la démarcation est difiioilo à établir. Peut-on donner ce nom au maréchal de Saxe ou au maréchal de Schomberg? Assurément, non ; ni même au général Youssouf; mais on

AVENTURIÈRE — AVERRHOÏSME

n'hésitera pas à l'appliquer au pacha de Bonneval et à Théodore Neuhoff. qui parvint à se faire proclamer rot de Corse. On n'hésitera pas à appeler « aventuriers « les personnages qui proHtent de ressemblances physiques ou de circonstances favorables pour se faire regarder comme des personnages considérables morts ou disparus : Bertraud de Reims, qui, après s'être fait passer pour Baudouin de Constantinople, fut démasqué et pendu à Lille ©D 1225; les loués-Dieu, qui, au commencement du XI v" siècle, se firent passer pour les plus i mportants des chevaliers massacrés à Courtrai, et dont le principal fut le faux Jean de Vierson ; Perkin Warbeck, qui se donna pour le deuxième fils d'Edouard IV, et fut pendu à Tyburn en 1499 ; les deux faux Dmitri. L'Ecossais Jean Law, qui, vers 1720, révolutionna en France les mœurs financières, peut être considéré comme un aventurier ; d'autre part, le baron de Trenck; Danry, qui parvint à se faire accepter comme vicomte de Latude ; le comte de Saint-Germain ; la chevalière d'Eon, etc.

Aventurière (l'), comédie en cinq actes et en vers, d'Emile Augier. (Théâtre-Français, 1848.)

L'aventurière Clorinde, actrice courtisane, qui fait passer l'amour avant son art, mais qui, d'autre part, aspire à se ranger, car elle sait que le respect du monde est à ce prix, est parvenue à captiver un riche et vieux seigneur de Padoue, Mucarade, type do l'amoureux sénile et vaniteux, aspirant encore à être aimé pour lui-même. Malgré les supplications de sa fille Célie et d'Horace son neveu, qui s'adorent, Mucarade veut donner son nom à Clorinde. Celle-ci a pour auxiliaire son frère Annibal. protecteur équivoque, spadassin au besoin, qui ne voit dans l'affaire que le million de Mucarade, dont il aura sa part si le mariage réussit. Tout lait présager une issue favorable. Mais Fabrice, fils de Mucarade, qui, depuis dix ans, a quitté la maison paternelle, y revient. Les voyages l'ont changé, physiquement et moralement, au point qu'il n'est pas reconnu par son père. Célie, sa sœur, et son cousin Horace le mettent au courant de la situation, et ils se liguent tous trois pour démasquer l'aventurière. Fabrice se fait passer, aux yeux de Mucarade, pour un ami que lui adresse son fils, grise Annibal, qui, dans le vin, laisse échapper la vérité, puis, fixé sur ce çiue l'on peut attendre du frère et de la sœur, il a soin qu'une habile indiscrétion le révèle comme un riche prince allemand, qui voyage déguisé, à la recherche d'une femme dont il soit aimé pour lui-même. Mucarade fait un chaleureux accueil à son hôte illustre ; Clorinde et Annibal songent qu'un prince vaut mieux qu'un vieillard padouan. Fabrice y comptait bien ; aussi répond-il de la meilleure grâce du monde aux œillades de Clorinde. H se jette aux pieds de la belle, et lui déclare son amour juste à temps pour être surpris par stm père. Mucarade est aveugle jusqu'au bout. Il ne soupçonne même pas que Clorinde soit coupable, et provoque Fabrice, qui se fait alors reconnaître. Mucarade persiste dans son entêtement. Clorinde triomphe ; mais Fabrice, fou d'indignation, la terrasse sous un ouragan d'invectives. L'aventurière courbe la tcte. Trouvant pour la première fois un homme qui la domine, elle se prend à l'aimer d'un amour véritable, et, pour no pas déshonorer sa famille, elle se décide à partir. Mais Annibal a une passion très réelle pour les écus et le vieux vin de Mucarade, et il déclare tout net à Clorinde que, si elle refuse d'épouser le bonhomme, il tuera Fabrico. Un duel va avoir lieu; mais Annibal. épouvanté, s'enfuit à toutes jambes. Fabrice se fait alors pardonner par son père et, mettant la main de Célie dans celle d'Horace : Que »lc petits enfants notre maison fuiirmille. Mon père; nous serons les vieux de la faioille!

Lorsque l'Aventurière a été remise à la scène, en 1860,. Tautcur a cru devoir y introduire quelques modifications Il a d'abord changé les noms de Mucarade et de Piquendaire, son frère, en ceux de Monte-Prade et de Dario, puis opéré çà et là des retouches qu'il serait trop long d'énumérer. Le changement le plus considérable est celui du dénouement. Dans la pièce originaire, Clorinde et son frère s'éloignaient, honteusement chassés ; dans la pièce retouchée, Annibal bat lâchement en retraite, mais Clorinde, avant son départ, est pardonnée, et Fabrice invite Célie à mettre sa main dans celle de la femme repentante.

Cette pièce, à l'intrigue un peu frôle, montre des caractères bien tracés en un style franc, large et spirituel.

AVENTURINE fde l'ital. avenfnrn, hasard, parce que cette substance fut trouvée par hasard) n. f. Verre jaunâtre dans lequel on a disséminé des milliers de petits cristaux tétraédriques, très nets et très brillants, de cuivre métallique, de protoxyde de cuivre ou de silicate de cet oxyde. On l'appelle aussi aveyituriyie aî-//^c/e/^e. pour la distinguer dos minéraux aventurinésou aventurwcs 7iaturelles.

— Eclat, jeux de lumière du verre aventuriné.

— F/n T. de miner.. Nom donné à une variété brune ou rougeâtre de quartz, dont la masse est parsemée de petites parcelles de mica ou de fer oligiste, qui, lorsque la masse est polie, forment à la surface une multitude de points scintillants.

— Adjectiv. Qui est do la couleur do raventunnc.

— Encycl. Techu. Vave7Uurme, ou verre aventuriné, est d'oiigine vénitienne. C'est une pierre artificielle faite du mélange de la limaille de cuivre à du verre fondu. Cette limaille donne à l'ensemble des reflets dorés très brillants.

En teinturerie, on donne le nom do aventuriné à une teinture d'un jaune spécial, résultant de la combinaison du protoxyde de cuivre avec l'oxyde de fer.

AVENTURINÉ, ÉEadj. Qui ressemble à l'aventurine; qui est parsemé de points brillants : <>"'"''- aventuriné.

AVENU, UE part. pass. devenu adj. V. avenir.

AVENUE l'rad. venir) n. f. Voie, chemin par leque! on ar rive dans un lieu : Les avenues d'une ville, d'un palais

— Allée plantée d'arbres; toute allée d'arbres en ligne droite : Avenue de peupliers, de tilleuls, /.'avenue des Cha7nps-Elys/'es, à Paris, est une des plus belles du monde.

Il Par anal., Allée bordée de colonnes.

~- Fig. Ce qui conduit à quelque chose, ce qui est un moyen dy arriver: Zes avenues du pouvoir.

Le royaume des morts a plus d'une avenue ; II n'est route qui soit aux humains si connue.

^ La Fontaine.

— Chass. Route ou sentier que l'on fait dans les pipées. AVENZOAR (Abou-Merwan Ibn-Zohr), médecin arabe,

néon ï073àPenaaor, prèsdeSéville, mortàSéviUecn 1162. Il était d'une famille de médecins illustres. Il fut longtemps au service des Almoravides, puis du premier des Almohades, Abel-Moumen, qui le nomma vizir. Il eut pour élève Averrhoès. Son principal ouvrage, désigné sous le titre de Teisir ou Theisir (1490), en trois livres, contient des observations curieuses.

AVÉRAGE n. m. Moyenne avérée, reconnue telle, n On donne également ce nom. dans certains départements méridionaux de la France, au petit bétail comprenant chèvres et moutons.

AVERANI (Benoît), littérateur italien, né à Florence en 1645, mort à Oise en 1707. Il enseigna les belles-lettres à Pise, et devint membre de l'académie de laCrusca. lia donné divers écrits latins et italiens : Dissertât iones in qiiibus grxcse, latimeque eloquentix principes explicantur et illustrantur, etc.; Dieci Lezioni composte sopra il quarto souetto dclla prima parte del canzoniere del Petrarca; etc.

AvERANI (Joseph), jurisconsulte et physicien italien, frère du précédent, né à Florence en 1062, mort en 1738. 11 professa à l'université de Pise, s'occupa de recherches sur la pesanteur, les miroirs ardents, etc. Ses principaux ouvrages ont pour titre ; Interpretationes juris; Disputatio de jure belli et pacis, etc.

AvERANI (Nicolas), mathématicien italien, frère des précédents, né à Florence, mort on 1727. Il a donné une bonne édition des œuvres de Gassendi (1727), une dissertation De mensibus jEgijptiorum (1737), etc.

AVERANO (du portug. ave, oiseau, et verano, d'été, parce qu'il ne chante que pendant les grandes chaleurs) n. m. Sous-genre de colingas, des forêts du Brésil. V. cotinga.

AvERGAMP (Hendrik Van), appelé aussi le Muet de Kain/ie/' (à cause de son infirmité), paysagiste hollandais, né vers 15S5 à Amsterdam, mort après 1663 à Kampen. Il peignit surtout des scènes d'hiver, qui donnent une image exacte de la vie hollandaise durant cette saison. Ses tableaux sont très rares dans les collections publiques : deux à Dresde, quelques-uns à Berlin, Schwerin et Rotterdam.

AVERDY (Clémont-Charles-François de L'), jurisconsulte et financier, né à Paris en 1723, décapité en 1793. n était conseiller au parlement de Paris, lorsque la protection de M"" de Pompadour le fit nommer, en 1763, contrôleur général des finances. C'était un homme probe et animé des meilleures intentions. Il proposa quelques réformes, mais fut bientôt submergé par les abus, et dut laisser créer de nouveaux impôts. Il se déconsidéra, d'ailleurs, par son insuffisance, et fut remplacé.

Il vivait depuis longtemps dans la retraite, lorsqu'il fut arrêté sous la Terreur. Accusé d'avoir jeté du blé dans les étangs de son parc, pour augmenter la disette et d'avoir, sous son administration, contribué à l'établissement du pacte de famine, il fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire. On a de lui quelques ouvrages : Code pénal [115Z)\ De la pleine souveraineté du roi sur la province de Bretagne [il 6b)', Tableau général, raisonné et méthodique des ouvrages contenus dans le recueil des mémoires de l'Académie des iïiscriptions (Paris, 1791).

AVÉRÉ, ÉE adj. Etabli comme vrai : C'est un fait avéré et public. Ce gui se répète souvent devient bientôt avéré.

— Syn. Avéré, véritable, vrai. Une chose est vraie quand l'idée que nous en avoos est conforme à la vérité, à ce qui est; elle est véritable, quand on nous la représente ou qu'on nous la rapporte telle qu elle est ou telle qu'elle a eu lieu. Une chose avérée est celle dont on a constaté la vérité après des recherches et un examen sérieux.

— Anton. Contesté, controversé.

AVÉRER (du lat. ad, à, et verus, vrai. — Change Vé fermé du radical on è ouvert, devant une syllabe muette : J'avère, il avère, ils avèrent; excepté au futur simple et au cond. prés-, où il conserve \'è fermé du rad. : J'avérerai. Nous avérerions) v. a. Démontrer comme vrai :

jdOLlÈRE.

S'avérer, v. pr. Etre avéré, confirmé, reconnu vrai.

— Syn. Avérer, constater, vérifier. Vérifier, c'est se livrer à un examen pour se convaincre ou convaincre quelqu'un qu'une chose est véritable. Altérer, c'est prouver d une manière convaincante qu'une chose est vraie ou réelle. Constater, c'est vérifier ou avérer d'une manière authentique et solide.

AVERKAM. Biogr. V. Avercamp.

AVERLANT, ANTE (de l'allcm. haverling, même sens, rt proprem. habitant de Baver, dans le duché de Limbourg, ;tarce que les gens de ce pays passaient pour avoir l'esprit très lourd) n. et adj. Lourdaud, homme épais et grossier. 11 Celui qui fait l'entendu, qui se donne des airs d'habileté. (Vieux.)

AVERNAL, ALE, aux adj. De l'Averne. Qui appartient à l'Avorne, et par ext., à l'enfer des anciens.

AVERNE (lac), lac d'Italie (prov. de Naples), entre Pouzzole et Baia, occupant le cratère d'un ancien volcan ; o kilom. de tour. Il avait un aspect lugubre et exhalait des vapeurs fétides empestant l'air. Les oiseaux no pouvaient traverser ces régions sans périr infailliblement, selon l'opinion commune. Aussi Homère et Virgile ont placé dans ces lieux, consacrés à Hécate, l'entrée des enfers. Ce lac, qui subit une première transformation sous Agrippa, ne ressemble nullement aujourd'hui à celui qu'ont dépeint les liistorieus et les poètes anciens.

Plusieurs endroits portaient dans l'antiquité le nom de Averne; en général, les anciens appelaient ainsi tout marécage malsain, empoisonnant l'air de ses miasmes, toute localité dont le site solitaire et mystérieux remplissait l'àme d'épouvante ou d'horreur. Telles étaient les cavités avernales d'Adiabène en Mésopotamie: tel encore un marais de l'Epire qui portait le nom de " Averne ".

Les poètes donnent indifféremment ce nom au lac Averne et aux enfers, dont il était considéré comme une des buuches.

AVERRHOA n. f. Genre d'oxalidces, très voisin des oxaliN, comprenant des arbres indiens, à feuilles alternes et dépourvues tle stipules, et à fleurs disposées en grappes terminales formant une panicule, Uaverrhoa bilimbi

Averrhoa : a, fleur; 6. fruit.

possède un fruit acidulé qui sert à préparer des limonades. Les fruits de Vaverrfioa carambola sont comestibles et rafraîchissants.

Averrhoès ou Aver-

ROÊS [fss), l'un des plus célèbres philosophes arabes, dont le vrai nom est Ibn-Roschd, c'est-à-dire le fils de Roschd.

Il naquit au commencement du XII' siècle à Cordoue, et mourut à Maroc en lias. Son père, grand justicier do Cordoue, lui enseigna la juris- ^jÏÏL prudence et la théologie, j"' *'^" Après la mort de son père, ie peuple de Cordoue l'éleva à la même fonction de grand justicier, dont il s'acuuitta avec beaucoup de zèle et d'habileté. Ensuite, il étudia la physique, la médecine, l'astrologie, la philosophie et les mathématiques- Appelé Maroc par le roi Mansour, il y réforma l'administration de la justice, puis retourna à Cordoue. Il y professa ses principes de philosophie, qui furent dénoncés à Mansour comme hétérodoxes. Mansour ie destitua et fit confisquer tous ses biens. Averrhoès se vit forcé de s'enfuir ; caché quelque temps à Fez, i! ne tarda pas à être découvert. Il'fut emprisonné, puis condamné à faire amende honorable. Quelque temps après, il put retourner à Cordoue, mais il y vécut dans la pauvreté, sans même qu'on voulût lui rendre ses livres, jusqu'à ce qu'enfin, son mérite ayant fini par triompher de toutes les préventions, il fut rappelé à Maroc et rétabli dans son ancienne magistrature.

C'est surtout à ses Commentaires sur Aristote qu'Averrhoès dut la grande et longue célébrité dont il jouit dans nos écoles du moyen âge. Il ne savait pas le grec et ne put connaître la philosophie péripatéticienne que par des traductions; mais son esprit subtil et pénétrant s'identitia tellement avec le génie du philosophe de Stagyre, qu'il le devinait quand les traducteurs h© l'avaient pas compris eux-mêmes. Il fut longtemps regardé presque comme l'égal de celui dont il avait commenté les œuvres; on le nomma le commentateur par excellence, Yâme d'Aristote. (Sur son système, v. averrho'isme.) Ses doctrines philosophiques furent condamnées en 1240 par l'université de Pans, réfutées par saint Thomas et condamnées de nouveau par Léon X en 1513. Averrhoès fut aussi regardé comme un des hommes les plus savants de son temps dans la médecine. II a écrit sur cette science un ouvrage très important qui a été traduit en latin sous le nom de Collif/ef.

AVERRHOÏDIUM (o?»') n. m. Genre de sapindacés, créé pour un arbrisseau brésilien à feuilles alternes et à cymes tiorales peu nombreuses.

AVERRHOÏSME ouAVERROÏSME {ism' — de Averi'hoès) n. m. Doctrine philosophique d'Averrhoès, très répandue dans les écoles du moyen âge, et, à l'époque de la Renaissance, dans le nord de l'Italie.

— Encycl. n Le système désigné au moyen âge et à la Renaissance sous le nom de averrhoisme, dit M. Renan, n'est que l'ensemble des doctrines communes aux péripatéticieos arabes. Averrhoès eut la fortune des derniers venus, et passa pour l'inventeur des doctrines qu'il n'avait guère fait qu'exposer d'une manière plus complète q^ue ses devanciers. » L'origine du péripatétisme arabe doit être cherchée dans le mouvement qui fit, à partir de Porphyre, prédominer dans l'école d'Alexandrie la doctrine d'Aristote sur celle de Platon. Thémistius, Syrianus, David l'Arménien, Simplicius, Jean Philopon, tels sont ses ancêtres. Avicenne nous présente, avant Averrhoès, une expression assez complète de la philosophie arabe.

Tout l'esprit de l'averrhoïsme se résume en deux doctrines intimement liées entre elles, et constituant une interprétation complète et originale du péripatétisme ; l'éternité de la matière et la théorie de l'intellect. Le problème de l'origine des êtres est celui qui préoccupe le plus Averrhoès: il y revient dans tous ses écrits et toujours avec une nouvelle insistance. Il y a, dit-il, sur l'origiiH' des êtres, deux opinions opposées : les unes expliquent lo monde par le développement; les autres par la création Avicenne, par esprit de conciliation, avait émis une opinion intermédiaire, il admettait la création non pour la matière, mais pour les formes et appelait l'agent : donateur drs formes. Mais, dit Averrhoès, rien ne peut sortir du néant ; rien n'est créé, ni forme ni matière. La série des phétio mènes est infinie a parte ante et aparté post .-tout ce qui est possible passera à l'acte ; autrement, il y aurait quelque chose d'oisif dans l'univers. Le mouvement n'a i>as précédé le repos, ni le repos le mouvement. Le mouvement est éternel et continu.

Quant à ce qui touche à la théorie de l'intellect, repro nant la distinction d'Aristote entre l'intellect passif et l'inlellect actif, et insistant sur les caractères par lesquels il sépare de l'individu et semble objectiver et substantiali^cr l'intellect actif, les philosophes arabes furent naturellement conduits à concevoir cet intellect en dehors de l'homme, comme une sorte de soleil des intelligences; par suite, à le poser unique pour tous les hommes, et enfin, à lui chercher une place dans leur cosmoiofjie. L'intellect actif est la dernière des intelligences à qui Dieu a contié le gouvernement du monde et qui servent d'intermédiaire entre lui et les choses. Sa tâche est d'amener à l'acte co qui n'existe encore qu'en puissance et de donner à nos ldcc^ la certitude ou la clarté qui les élève à l'état de science.

Toute l'originalité de \ avei'^^hoïsme est dans la portée cosmologique et anthropologique (|u'il a donnée à la théorie de l'intellect actif. Pour .A.verrhoès, Tmiellect actif est une sorte d'esprit de la terre et desprit de l'humanité, source commime oii puise chaq^ue intelligence, lumière unique et universelle dont chaque individu reçoit et s'approprie les rayons, principe de toute commimion intellectuelle et de toute transmission de la science. C'est par l'humanité, et dans l'humanité par la philosophie, que se manifeste l'intellect actif; de là la nécessité de l'humanité et de la philosophie dans le plan de la nature.

L'intellect passif aspire à s'unir à l'intellect actif comme la puissance appelle l'acte, comme la matière appelle la forme, comme la flamme s'élance vers le corps combustible. Or, cet effort ne s'arrête pas au premier degré de

possession, qui ost la perception do l'intolligiblo et qui

B'aiipollo l'intellect acquis : il va jusqu'il l'union direclo avec les intcllit,'ihlcs oux-mi>mos. L hommo, arrivé à cet 6tat, comprend toalos choses par la raison, qu'il s'est appropriée. Devenu .somblablo à Dieu, il est en quelque sorte tous les êtres, et les connaît tels qu'ils sont.

L'intellect actif est seul immortel; or l'intellect actif ost extérieur, antérieur et supérieur à l'individu ; ontologiquomcvit, c'est une intelligence cosmique ; psychologi(^uomont, c est la raison commune do notro ospôco ; donc, c ost à l'ospèco, non ù. l'individu, qu'appartient l'immortalité. Pour Avorrhoés, les onsoi^nomonts répandus sur la vie future sont dos fictions dangereuses, on ce qu'ils tendent à no faire envisager la vortu quo comme un moyen d'arriver au bonheur.

— BiBUocR. :E. Honan, Aven'ho(\i at l'averrholsme{\9^2). AVERRHO'iSTE (Ml AVERROÏSTE (ias) n. m. Partisan

delà |.hilMsn|,hi,- ,1'AvrlThnrs, ,[,• t j V ■ IT 1 1 ( lïs MIO .

AVERRHOISTIQUE uii AVERROISTIQUE Uiviadj. (Jui a rapport à Avoriliuis.s ; J'hilusopluc Avi;uuiioiyrnjLK.

AVERS {vèr') n. m. Côté d'une médaille ou d'une monnaie qu'on appelle communément la lète, le droil, la face, et qui ost opposé au revers. C'est uno expression employée à. tort par quelques numismates. Avers devrait désigner le revers, conformément à l'étyinulogie latine, aversa parSf côté opposé à. la tète ou au droit.

A'VERSA, ville d'Italie (Campanie, prov. de Caserto) , 20.185 hab. Evèché; premier établissement des Normands en Italie (1030). En 1345, Jeanne de iNaplos y fit étrangler son mari, André, roi de Hongrie.

Aversa (Thomas), poéto italien, né à Amistrato (Sicile), mort à Palormo en 1663. I! fut attaché successivement au cardinal Doria, à Louis de Moncade et à Diego d'Aragon, duc de Terra-Nuova, qui l'emmena en Espagne et dans ses ambassades do Vienne et de Rome. On a de cet écrivain : Pyrameet Thisbé, idylle en langue sicilienne ; la Notte di Patermo, comédie dans le môme dialccto ; il Pellegrino, tragédie sacrée; Canzoni sicîlinne: l'Enéide, traduite en vers siciliens ; ta Corte nelle selve, etc.

AVERSE (rad. verser) n. f. Pluie subite, rapide et abondante : Becevoir, essuyer une aveuse.

Le Teuillage humble, et que nul vent ne berce. Se penche et brille en pleurant sous l'averse.

Sully-Prudbomme.

— Par ext., et presque toujours d'une manière plaisante ou ironique. Multitude, grand nombre ; Une averse de discours, de décorations.

— A verse, loc. adv. V. verse.

AVERSIN (rad. avers) n. et adj. Se disait anciennement, jusqu'au xviii» siècle, des draps de laine qui présentaient un envers et un endroit : Un avkrsin est loi drap à deux faces.

AVERSION (lat. aversio;àe avertere, détourner) n. f. Antipathie, répugnance marquée pour quelqu'un ou quoique cnose : Avoir de /'aversion pour quelqu'un. Inspirer de Taversion. h Objet mémo pour lequel on éprouve de l'antipathie : Les enfants sont toujours en mouvement; le repos et ta réflexion sont /'aversion de leur âge. (J.-J. Rouss).

— Fam. Bête d'aversion. Se dit d'une personne ou d'une chose pour laquelle on éprouve une répugnance insurmontable : Le menteur est ma bète d'avicrsion.

— Méd. Action de détourner les humeurs vers une partie opposéo, par révulsion, répulsion ou dérivation : Il faut cniint/n' de fuire avivRsion (/'( sang vers les par lit; s no- Mes. (A. Parô-l ^Vi.-.iv on .-o sens.)

— SVN. Antipathie, haine, répugnance. V. antipathie.

— Anton. Goût, intérêt, prédilection, sympathie. AVERTIN (du lat. avertere, détourner) n. m. Maladie de

Tesprit qui rend opiniâtre, emporté, furieux. (Vieux.) 11 Personne atteinte do ce mal; fou furieux : Saint Mat/iurin est le patron des avertins. 11 Action ridicule, extravagante.

— Art. vétér. Maladie des moutons, n Syn. de toornis. AVERTINEUX {net'i), EUSE adj. Atteint de l'avertin ou

tournis : Moutons avertineux. (Vieux.)

AVERTIR (du lat. advertere, remarquer ou faire remarquer; de ad, vers, et vertere, tourner) v. a. Instruire, informer, prévenir : Un ami qui nous avertit judicieusement de nos fautes est un bien inestimable. (St-Evrem.)

— Je vous en avertis, loc. fam. Se dit par menace ou par défi cour annoncer une chose comme inévitable : Je me vengerai, je vous châtierai, je vous en avertis.

— Avertir un cheval. L'exciter au moyen de quelques aides, lorsqu'il se néglige.

Averti, le part. pass. du v. Avertir.

— 5e tenir pour averti, Etre sur ses gardes, il So dit surtout sous forme de réprimande, de menace : Je vous défends de faire cela, tknez-vous podb avkrti. 11 Tenezvous pour averti. Demeurez pour bien averti, ou simplein. Soyez averti. Sq dit, par menace ou autrement, pour faire savoir à uno personne ce qui lui arrivera, si elle fait ou ne fait pas telle chose :

Adieu!.., Changez d'humeur, et soyez averti Que renfermer sa lemnie est un mauvais parti-

MOLIÉRB.

— Prov. : Un homme averti ou Un bon averti en vaut deux, Quand on a été prévenu de ce ijuo l'on doit craindre, on se tient doublement sur ses gardes. 11 Qui dit averti dit muni, Un homme prévenu prend ses précautions [mu/ii étant pris ici dans le sens de fortifié).

— Admin. Journaliste ou journal qui a reçu un avertissement : Dès quun article a été averti , tout le monde veut le lire, et chacun le commente. (E. de Girard.)

— Manèg. Pas averti. Pas mesuré du cheval qui marche régulièrement et selon qu'il a été dressé.

S*Avertir, v. pr. So donner un avis à soi-môme : Périclès, avant de paraître en public, s'avertissait en secret qu'il allait parler à des hommes libres. (Barthél.)

— Se donner des avis l'un à l'autre : Les tribus gauloises s'avertissaient de l'approche de l'ennemi par des feux qu'elles allumaient sur les collines élevées.

— Stn. Avertir, donner avis, informer. Avertir, c'est appeler l'attention do quelqu'un sur quelque chose. Informer, c'est compléter les connaissances de quelqu'un sur l'objet dont on veut lui parler. Donner avis, c'est renseigner une personne absente ou éloignée sur ce qu'elle ne peut* savoir par elle-même.

AVERTISSEMENT n. m. Action d'avertir quelqu'un, appel fait à sou attention; fait ou objet qui a le même ré-

AVERRHOÏSTE — AVERTISSEUR

sultat ; La conscience, avant de nous juger, nou9 donne des avertissements.

— En T. de littér. Petite introduction ou courte préface qu'on place on této d'un livre.

— Fam. C'est un avertissement au lecteur. Se dit à propos d'un accident ou de quelque chose qui peut faire <iu'on se tienne sur sos gardes. 11 On dit plus ordinairom. : C est cn

AVIS AU lecteur.

— Admin. Invitation de payer envoyée à un contribuable par le percepteur : Le premier avertissement a lieu sans frais. 11 Avis officiel que, sous lo second empire, l'autorité donnait aux journaux soumis alors à l'arbitraire du gouvernement : Au troisième avertissement, le journal était supprimé.

— Ane. dr. Nom donné aux premières écritures qui servaient à l'instruction d'un procès par écrit.

— Encyci.. Dr. adm. V. contribdtions.

— l'rnc. civ. Dans toutes les causes, sauf celles qui rc- (luirrnit (•.'■l.-i'ité, et celles où le défondeur serait domicilié hors (lu caiitun ou des cantons de la mémo ville, il ost interdit aux huissiers de donner aucune citation en justice, sans qu'au préalable le juge do paix ait appelé les parties devant lui, au moyen d un avertissement. Cet avertissement doit être sur papier timbré (loi du 23 aoi'it iSTlj ; il est rédigé et délivré par le greflior, au nom et sous la surveillance du juge de paix, expédié par la poste sous bande simple scellée du sceau de la justice de paix et atfranchi. Il est payé au greffier, par le demandeur, une rétribution do 90 centimes, y compris l'afiVanchissement (loi du 25 mai 1838, art. 17, modifié par la loi du 2 mai 185:.).

— Admin. marit. Avertissements aux ports. On fiait qu'un des résultats, le plus inattendu peut-être, do l'emploi généralisé du télégraphe électrique a été de faire connaître longtemps à l'avance les changements atmosjjhériques qui, se déplaçant dans un sens donné et avec une vitesse que deux observations suffisent à calculer, peuvent faire prévoir des changements analogues pour les pays situés sur la direction qu'ils suivent. En un mot, il est possible, dans un très grand nombre de cas, de faire connaître à un point menacé la tempête qui marche sur ce point. Il suffit, pour cela, d'établir un grand nombre de stations météorologiques et de les relier entre elles, en centralisant les renseignements dans un observatoire central, chargé de les transmettre aux intéressés. Depuis le mois de mars 1875, l'Observatoire de Paris se trouve chargé, en France, de ce travail: il reçoit de toutes les stations des renseignements journaliers, qu'il communique deux fois par jour à tous les présidents des chambres de commerce et à tous les capitaines de port. L'Angleterre s'est associée à cette œuvre utile en échangeant avec Paris une dépèche hebdomadaire, qui sera, sans nul doute, transformée en dépêche quotidienne.

— Syn. Avertissenjent, avia, conseil. Ij" avertissement nous instruit ou réveille notre attention, h'avis nous indique ce quo nous devons faire, et nous donne des renseignements utiles pour nous décider. Le conseil nous trace une règle de conduite avec l'autorité que donne l'âge, l'expérience, etc.

Avertissements aux protestants, ouvrage écrit par Bossuet à la suite de son Histoire des vai'iations, pour répondre aux attaques des protestants contre cet ouvrage. Ces avertissements, au nombre do six, sont adressés à Jurieu; ils ont été publiés séparément de 1689 à 1691. Bossuet montre que la doctrine de l'Eglise est restée telle qu'elle était clairement enseignée dès les premiers siècles. Il fait ressortir l'impiété des cbefs du protestantisme ; il démontre qu'on peut se sauver dans 1 Eglise romaine, et que le reproche d'idolâtrie fait au.x catholi(^ues par les protestants n'est fondé que sur la mauvaise foi; il consacre un exposé complet de la doctrine chrétienne sur le mariage, et des erreurs dans lesquelles sont tombés les protestants à ce sujet ; il examine la question de savoir si les peuples peuvent s'insurger contre les princes qui persécutent la religion, et il semble quelquefois leur reconnaître des droits devant lesquels celui du souverain doit fléchir ; il parle du mystère de la Trinité et de l'invariabilité des traditions de l'Eglise sur ce dogme, et fait voir l'impossibilité de fixer le dogme d'après Tes principes de Jurieu, comme d'après ceux de tous les adversaires du catliolicisme.

AVERTISSEUR n. m. Personne ou chose qui prévient, qui donne un avertissement : Les infinnités humaines sont des AVERTISSEURS de la mort. (Montaigne.)

— Autrefois, Officier qui annonçait l'approche du roi, à l'heure du dîner.

— Mécan. Marteau qui, dans les mines, est adapté, soit à une machine hydraulique ou à molettes, soit à une roue de bocard, pour avertir des mouvements en frappant sur une plaque de métal à chacune des révolutions.

— Techn. Appareils de toute nature, et en particulier de sûreté, employés pour transmettre en certains points des avis ou des signaux conventionnels.

— Théât. Employé chargé de prendre par écrit les répliques de toutes les entrées des comédiens en scène, et d'avertir ceux-ci une ou deux minutes d'avance.

— adj. Qui est destiné à donner un signal : Le sifflet AVERTISSEUR a été appliqué à la navigation.

— Encycl. Les avertisseurs sont très employés dans l'industrie et l'exploitation des chemins de fer.

Dans l'industrie, l'avertisseur porte divers noms, suivant le but auquel il est destiné ; on classe ces divers types sous les noms de sifflet d'alarme, manomètre, thermomètre, avertisseur de niveau d'eau, etc.

Il existe sur les chemins de fer plusieurs systèmes d'avertisseurs : appareils de correspondance à quichcts, dits avertisseurs électriques à guichets. Ce sont àes appareils analogues aux tableaux placés dans les antichambres dos grandes administrations et des hôtels. Le fonctionnement de ces tableaux est basé sur l'action d'un électro-aimant sur une tige aimantée portant un voyant avec inscription.

— Appareil Guggemos. Cet appareil joue, à la fois, le rôle de manipulateur et celui de récepteur; il fonctionne dans les mêmes conditions qu'un télégraphe à cadran.

— Appareil de Jousse lin. Cet appareil, employé principalement sur le réseau P.-L.-M., sera décrit au mot block-

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