‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 590 sur 828 · AVEUGLE - AVEYRON · texte numérisé non relu

AVEUGLE - AVEYRON

emprisonnement do trois mois et demi au donjon de Vin-

Aveiigle do Castel-CuUlé {l'), poème en patois agenais, divisé en trois chants par Jasmin en 1835. Inspirée par une tradition du pays, cette composition délicate, pathétique et toucbante, classe Jasmin parmi les vrais talents poétiques du xix« siècle.— i" Au début du poème, Baptiste et sa fiancée, avec leurs amis, vont chercher la jonchée, des branches de laurier, pour jeter sur le chemin do l'église et à la porte dos invités de leur noce. Baptiste est sombre. car il n'épouse Angèle que contraint par l'avarice do son père; au bas de la colliin habite Marguerite, orpheline aveugle, qm est l'élue de son cœur. La diseuse d'aven ture, la vieille Jeanne, vient encore, par s<' prédictions, redoubler ses soucis déjà asst cuisants. — 2" Marguerite fait des château en Espagne pour son union avec Baptistf lorsque Paul, son petit frère, vient lui fairt part du mariage de son fiancé. Elle tombe évanouie. La vieille Jeanne essaye de la consoler. — 3» Marguerite et son frère sont en route pour aller à l'église assister a la noce. L'orfraie chante, et Paul recon naît ce chant de mauvais augure quavet sa sœur il a remarqué la nuit de la mort de son père. Ils entrent dans l'église, e quand Baptiste prononce le «oui» fatal, Mar guérite tombe morte.

Le sujet est très simple ; mais l'harmonie du style et la sensibilité mélancolique qui l'anime d'un bout à l'autre en font un poème plein de charme.

Aveugles (les Deux), bouffonnerie mu sicale, en un acte, paroles de Jules Moinaux musique de Jacques Ofi'enbach, représentée pour la première fois à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens {2'> fevr 1^5jJ La musique spirituelle d'Offenbach a jeté sur cette petite scène de mœurs ses broderies bouffonnes, vives, alertes, agaçantes. L'air La lune brille, le ciel scintille... est devenu bien vite populaire.

Aveugles de Jéricho (les), célèbre tableau de Nicolas Poussin, représentant le miracle de Jésus. La savante composition de cette toile, la variété des groupes, la clarté de leur mimique, ont fait des Aveugles de Jéricho un des tableaux types que l'ancienne Académie de peinture recommandait particulièrement à l'attention des élèves. C'est une œuvre classique que Lebrun et ses collègues ont souvent invoquée à l'appui de leur doctrine.

AVEUGLEMENT (rad. aveugle) Q. m. Privation de la vue: Saunderson, malgré son aveuglement, donnait d'excellentes leçons d'optique, ii On dit plus souvent cécité.

— Fig. Trouble, obscurcissement de l'esprit, de la raison : Il y a de Taveuglement à ne faire consister l'autorité que dans la force. (De Retz.)

— Dr. anc. Privation de la vue à laquelle on condamnait les criminels dans certains pays, et particulièrement dans le bas-empire.

— Anton. Clairvoyance, vision. — Perspicacité. AVEUGLÉMENT (rad. aveugle) adv. Sans examen, sans

réflexion: l'a as If s animaux obéissent à leur nature et remplissent aveuolèmi.nt leur destinée. (Cuv.)

— Syn. Aveugle (à l'), aveugle (en). V. aveugle. AVEUGLE-NÉ, NÉE n. et adj. Se dit de celui, de celle qui

est aveugle de naissance, au prop. et au fig. : Ce gui frappe d'abord chez Taveugle-né, c'est le calme et l'inaction, tout à fait antipathiques à l'enfance. (Dufour.) Plutus, la Fortune et l'Amour Sont trois aveugles-nés qui gouvernent le monde.

AVEUGLER V. a. Rendre aveugle, priver de la vue : En Chine, 07i avecglk les condamnés au moyen de deux petites boules de chaux vive.

— Par exagér. Eblouir, empêcher momentanément de voir distinctement : Le passage subit d'une nuit profonde à une lumière éclatante nous AVEViGi.E pour quelques instants.

— Fig. Priver de jugement; ôter l'usage, l'exercice de la raison : La colère aveugle. (Le Sage.)

— Artill. Aveugler une casemate, Diriger le feu d'une batterie contre une casemate, dans le but d'en démonter le canon et de paralyser ses feux.

— Mar. Aveugler une voie d'eau, un trou de boulet. Les boucher provisoirement avec un tampon suiffé, avec des plaques de plomb ou de toute autre matière. {Aveugler a le même sens, généralisé, en technologie.)

S'Aveugler, v. pr. Se priver de Tusage de la vue, se rendre aveugle : Œdipe s'aveugla de ses propres mains.

— Fig. Se faire illusion, faire un mauvais usage de son jugement, de sa raison : Il faut bravement savoir s'avku- GLER pour le bonheur de la vie. (Joubert.) Ne vous aveuglez pas par trop de confiance. (C. Delavigne.)

AVEUGLETTE (A L') [rad. aveugle], loc. adv. A tâtons, sans y voir : Chercher quelque chose k l'aveuglette.

— ÎF'ig. Au hasard, sans examen : La plupart des hommes jugent k l'aveuglette. V. aveugle.

AvEYRO. Biogr. V. Aveiro.

AVEVRON Hat. Veronius), rivière de France, àffl. droit du Tarn, qui arrose les dép. del'Avey ron, du Tarn et du Tarnet-Garonne. Sorti à l'extrémité orientale du dép. auquel il donne son nom, près de Sévérac-le-Château, du rebord montagneux du causse de Sauveterre, l'Aveyron arrose, avec des sinuosités multiples, des terrains basiques et primitifs pendant la majeure partie de son cours, se frayant un chemin à travers des défilés solitaires et pittoresques; puis, jusqu'à son confluent avec le Tarn, à 10 kilom. en aval de Montauban, il coule, à partir do Montricoux, dans la belle plaine alluviale qu'il a formée. Il a reçu, pendant son cours de 250 kilom., une série do faibles ruisseaux, puis le Viaur, qui l'égale presque ; et il a arrosé Rodez, Villefranche-de-Rouergue, Najac, Bruniquel et Nêgrepelisse. Le débit de l'Aveyron — cette rivière n'est ni navigable ni flottable — oscille 5 m. cubes à l'étiage et 1.500 pendant les crues.

AVEYRON (dêpartemi;nt DE l'). Le département de l'Aveyron doit son nom à la rivière de VAveyron, formé du Rouergue et du Quercy. Superficie, 874.333 hectares.

Il comprend 5 arrond. (Rodez, ch.-l. ; Millau, Espalion, Saint-Ani-ique, Villefranche), 43 cant., 302 comm., et une population de 389-464 hab., fait partie du IG« corps d'armée, de la 8' inspection des ponts et chaussées, de la

28" consorvaTion dos forêts et dp l'arrond. minèralogique

du S -O il ressortit à la cour d appel de Montpellier à la adtmiL de Toulouse à larche\cché d Albi Le dep de 1 A\eyron ferme une sjrtc de cirque immense et tlo\L s'ouvrant et s'abaissant à l'O. vers les plaines du Quercy et de rAlbigeois, s'appuyant au N. sur les contreforts du

caires et quelques plaines basses, entrecoupées de nombreuses collines; enfin, à travers ces montagnes, ces collines, ces plateaux, des vallées étroites et profondes. A côté de régions arides, désolées et sans intérêt, on trouve do belles vallées, des forêts, des gorges sauvages, oil coulent des torrents; dans les causses, les cours d'eau disparaissent soudain, se creusent des tunnels, des grottes, et reparaissent en cascades abondantes. Les touristes vont en grand nombre dans ce pays pittorest^ue.

La constitution géologique est simple : des terrains lalcaires (causses Noir, du Larzac, de Saint-Aff'rique. du «omtal, de Séverac) entourés par le plateau schisteux, infertile du Ségala à l'O., les Cévennes granitiques et schisteuses à lE., les monts d'Aubrac granitiques et volcaniques au N.

Le climat est assez rude. L'hiver dure environ six mois sur les plateaux du nord, et les couvre de neige en abondance. Le sud, où se trouvent de beaux vignobles, est plus . Iiaud. Les récoltes en céréales, abondantes et hâtives dans le sud, nulles ou tardives dans le nord, ne suffisent [tas à la consommation. Le vin est médiocre. Le mûrier ne n.-ussit qu'au sud. Le châtaignier est très cultivé sur les parties élevées. La trufle rapporte beaucoup (Peyrusse, Aspnères). Les prairies naturelles, abondantes, nourrissent de nombreuses bêtes à cornes, mais peu robustes, des chevaux, des mulets ; le sol perméable des causses porte la race ovine de Larzac, à la fine laine, dont le lait donne le fameux fromage de Roquefort (8 millions de francs par an).

On compte beaucoup de chèvres et de porcs. Dans les forêts dominent hêCIres, chênes et sapins, et vivent encore de nombreiLX loups et renards; peu de gros gibier à poil, mais beaucoup d oiseaux.

Le département compte des fabriques d'étoffes de laine et de draps communs, des tanneries, des ganteries. Mais les seuls grandes industries y sont l'extraction et l'exploitation dos minéraux : la houille, le fer et le cuivre, répanr presque tout le territoire ; les usines de Decazeville, Aubin, Firmy, du Gua, qui occupent près de 6.000 ouvriers, fournissent à la consommation environ 40.000 tonnes de fer par an (dont Iieaucoup de rails et barres de fer).

L'Aveyron possède des sources d'eaux thermales très

Cantal, des monts d'Aubrac, à TE. et au S. sur les rampes des Cévennes et de leur prolongement méridional. Le sol est partout fortement accidenté : sur le pourtour, une enceinte à peine interrompue de monts abrupts, élevés ; au milieu de ces montagnes anciennes, de vastes plateaux cal-

frêquentées: entre autres, colles de Sylvanès (phtisie pulmonaire, rhumatismes, paralysie, scrofule); de Cransac, eaux ferrugineuses froides (chlorose, leucorrhée, fièvres rebelles) et de Camarès-d'Andabre, eaux gazeuses et ^affections bilieuses, obstructions du foie, ulcères

atoniquo:^, affections dos voies urinairos ot dos organes utôrins].

AVEZAC-MACAYA (Mario-Armand-Pascal d*), géographe fraii'.-ais, né ù Bagaùres-do-Iiigorro en 1799, mort à Paris en xhi:,. Il lut clu'l" do bureau au ministère do la marine, sci-r.i.ni .■ ;■. u. rai iKi la Société do géographie, et

momliro di' I \ - i l^ inscriptions ot uellos-lottres.

Ce savant nnii i, j ,i; ,> aucune œuvre d"onsomblo, mais, dans du, lU' ih.iil., do haute valeur, il a fait la iuraiéro sur un grand nombre do points particuliers do ï'histoiro do la géographie du moyen âge et du xvi* siècle.

AVEZAN (Jean n'), juriconsulto français, né dans la vallée d'Auro, mort à ^aris en lO.ii». II .-iiiai., 1.- droit à Toulouse, professa à Orléans, ot dt'\iiit . un-riiirr aux conseils du roi. II a publié do nombreux r. rii. ic imisprudonce t|ui ont eu (juolquo autorité dans r;iii'H-iim- législation.

AvÈZE, comm. duGard,arrond. ot à2 kilom.du Vigan ; l.HO hab. Eaux minérales, minos inoxploitéos do fer ot do houille. Filatures.

AVEZZANA {Giuscppo), général et homme poIitit|ue italien, né îi Cbiari (Piémont) on 1789. mort à Homo on 1S79. Il servit i'Kmpirf', conspira <-rtiitr.« les HonrlHuis on iK-ii. cl dut fini- ru l'--.iK,-iir l'':iit pnsoiniHM- p.ir Ifs l-raitrais on 182-», tl lut J.,...!!.' .'Il Anirn.pi.', ni.ns il p:ir\ iiK a s'.-iifuir etsV'laMil ail Mru.iih-, .i,i ,i ,|rvnil le .hriMii p.,,'!! lihéral qui ronvursa Miraiiiun. L)o ruiuur un liih ■ ■ n i ^ . - , il .l,-vint

ministro do la guerre de la Kêpubli(|ii< i -: \pirs le

triomphe de la réaction (I8i9), ii re^aL h i > M |M.-, d'où il rovmt pour combattre dans l'armer h t ..u lU.il i; isiio), puis contre l'Autriche, en 1866.

AVEZZANO, petite ville d'Italie fprov. des Abnizzcs), surlelacFucin; 7.380 hab.— Pop. du district : 105.000 hab.

AVI ou HAVI n. m. Etfct d'un coup do fou qui saisit lo pain et le brûle extérieurement.

— Donner l'avi. Recourber, afin de les assernblor, des bords de pièces do chaudronnerie, do ferblanteries

AVIANO, ville d'Italie (Vénétie, prov. dUdine) ; 7 .900 hab. Filature do soie.

AVIANUS (Flavius), fabuliste du u* ou dm v< siècle après J.-C. Il reste de lui quarante-deux fables en vers élégiaques, inspirées de Phèdre et de Babrius. Nombreux manuscrits. Editions Frœhner (18r>2), ElHs (is*87;i.

AVIANUS on AVIANIUS .T.vin . <■■ i;\.im! - ( imisiri-n, né àTllllli.l>M'l! ... ■: 1 ■ :,:;,.■,, 1 ■ ■■ , • ■! 1^,17. Il

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