‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 607 sur 828 · C. Delavione · texte numérisé non relu

C. Delavione

— Alchim. Nom que l'on donnait au corail rouge.

— Blas. Un des quatre émaux du blason. (En gravure, il s'indique par des taillos horizontales. )ii Dans la symbolique héraldique, l'azur sigoilie justice, loyauté, beauté et bonne réputation.

— Bot. Azur des bois, Nom vulgaire de l'agaric azuré.

— Ornith. Espèce do gobe-mouches des Philippines, ainsi appelé à cause de son plumage blou d'azur.

— Techn. Substance d'un beau blou, qui sert à différents usages dans le commerce et l'industrie.

— Enctol. Techn. T.'azur, que l'on appelle encore bleu d'azur, bleu de smalt, bleu de Saxe, bleu de safre, bleu d'émail, bleu d'empois, smalt, et enfin uer;-e de cobalt, est un verre coloré par l'oxyde de cobalt, ou plutôt, d'après Ludwig, un silicate double de potasse et do cobalt mêlé à quelques oxydes terreux et métalliques. On le prépare soit avec le cobalt arsenical ou smaltine, qui est un arséniure de cobalt ferrugineux, soit avec le cobalt gris ou cobaltine, qui est un arsénio-sulfuro de cobalt. Dans tous les cas, on commence par griller la matière première dans un four à réverbère. L'opération terminée, on en prend le résidu, nommé safre, qui contient le fer et le cobalt à l'état d'oxydes ; on le mélange avec des proportions convenables de quartz bocardé et de potasse, puis on chauffe le toutaurougeblancdans un fourneau deverrerie. On obtient ainsi un liquide pâteux, que l'on projette brusquement dans l'eau froide : par suite de ce refroidissement instantané, la substance vitreuse reste en fragments irréguliers plus ou moins petits. On soumet ces fragments à l'action de meules horizontales, après quoi, au moyen de la lévigation, on divise la poudre en plusieurs sortes ou qualités, qui sont désignées, dans le commerce, sous les noms d'rt-ur de premier, de second, de troisième et de qxtatrii'me feu, et dont le prix est d'autant plus élevé qu'elles ont plus de feu. c'est-à-dire que la finesse en est plus grande et la couleur plus vive. Le chimiste Girardin a prouvé que les anciens connaissaient des minerais de cobalt et les faisaient servir à la coloration du verre ; mais lo blou d'azur est une conquête de l'industrie moderne. On attribue la découverte de cette substance à un verrier saxon, appelé Christophe Schwiver, établi à Neudeck, vers lo milieu du xvr siècle. On fabrique aujourd'hui le bleu d'azur dans plusieurs parties de TÈurope ; néanmoins, ce sont les fabriques de Schneeberg, dans la Saxe royale, qui en produisent le plus.

Azur (grotte d'). Géogr. V. Caprée.

AZUR ABLE adj . Qui peut être azuré, teint en bleu d'azur.

AZURAGE n. m. Action d'azurer, de teindre en bleu, ii Opération terminant le blanchiment des matières textiles que l'on doit employer en blanc, il Opération achevant le blanchiment do la pâte de papier, des plumes, etc.

AZURAL, ALE, AUX adj. Qui a rapport à l'azur, ii Qui est de la couleur de l'azur.

AZURANTE, ANTE adj. Propre à donner une couleur azurée : Dans cet état de co7ïijtHation, l'eau conserve la propriété AZURANTE qu'elle possède à l'état liquide,

AZURARA ou ZURARA (Gomez Ëannes de), historien portugais du xv siècle, qu'Alphonse V chargea d'écrire les chroniques du royaume. Les ouvrages d'Azurara sont assez nombreux. Le plus important est une Chronique de la découverte et conqxiéte de la Guinée.

AZURER V. a. Teindre en couleur d'azur : On azuré légèrement le linge blanc pour le faire para'itre plus propre.

— Par oxt. Faire paraître de la couleur d'azur : L'éloignement azuré parfois les montagnes.

Azuré, ée part. pass. du v. Azurer.

— Poétiq. La voûte azurée. Les champs azurés, ou tout autre équivalent. Le ciel, le firmament, n La plaine azurée ou Les plaines azurées, La mer, la surface des mers.

S'azurer, v. pr. Prendre une couleur bleue.

AZURESCENT {rèss-san), ENTE adj. Qui tire sur le bleu d'azur.

AZURIC {rik' — rad. azur) n. m. Espèce de vitriol rouge.

AZURIN, INE adj. Qui est d'un azur pâle.

AZURINE (rad. azur) n. f. Substance incolore dont les solutions présentent à la lumière une vive fluorescence bleue. Elle a été obtenue par Ladenburg dans la réaction de la crésylènediamine (l. 3. 4,) chauffée avec l'aldéhyde salicylique.

AZURITE (rad. azur) n. f. Minerai de cuivre qui abonde dans les mines de Chossy, près de Lyon, d'où son nom commun do chessylite.

— Encycl. h'asurite est un carbonate de cuivre qui

cristallise suivant le système monoclînique. sa formule est H'Cu'CO" ; sa densité : 3,77 à 3,83 ; sa dureté : 3, 5 à 4. Les caractères chimiques do ce minéral sont ceux de la malachite; il est fragile; sa coloration varie du bleu d'azur au bleu de Prusse, sa poussière étant toujours d'un bleu plus pâle.

AZUROUX {rou — de azur, et roux) n. m. Nom du bruant du Canada.

AZY, comm. du Cher, arrond. et à 22 kilora. de Sanccrro; 1.074 hab.

AZYGITE (du gr. a priv., et zugos, lien) n. m. Genre de champignons hypomycètes qui se développent, en automne, sur les bolets eh état de putréfaction.

AZYGOCÈRE (du gr. a priv. , zugos, paire, et kéras, corne) adj. Qui a des antennes ou tentacules en nombre impair. (Terme peu employé.)

AZYGOS {goss — du gr. a priv., et zugos, paire, couple) adj. Nom sous lequel les anciens anatomistes désignaient les deux muscles palato-staphylins, qu'ils considéraient comme ne formant qu'un seul muscle : Muscle azygos de la luette (V. voiLE du palais.) Il Nom donné à deux veines impaires qui établissent une communication entre la veine cave supérieure et la veine cave inférieure.

— Encycl. Le nom de azygos s'applique à deux veines d'inégal volume, dont l'une a reçu le nom de grande veine azygos, et l'autre de petite azygos ou de demi-azygos.

— Grande veine azygos. Cette veine s'étend de la colonne lombaire, où elle prend naissance par la réunion de la dernière intercostale et des premières lombaires, à la veine cave supérieure, dans laquelle elle se termine. La grande azygos passe de l'abdomen dans le thorax, à travers l'ouverture aortique du diaphragme, se place dans la cavité thoracique sur la partie latérale droite du corps des vertèbres dorsales et au niveau du troisième espace intercostal, décrit une courbe qui embrasse la branche droite, et vient s'ouvrir à la partie postérieure de la veine cave supérieure, immédiatement au-dessus du péricarde.

La grande veine azygos reçoit la bronchique droite. quelques veines œsophagiennes et médiastiyies ; les iiuit dernières veines intercostales droites; la petite veine azygos, lo tronc commun des veines intercostales supérieures gauches, et les trois veines intercostales supérieures droites.

— Petite veine azygos ou demi-azygos. Elle résulte de la réunion des quatre ou cinq dernières veines intercostales gauches. Elle monte d'abord verticalement sur la partie latérale gauche de la colonne vertébrale, puis s'infléchit pour se terminer dans la grande azygos, à une hauteur variable. Son calibre est en raison inverse de celui de la grande azygos.

AZYGOSPORE {goss — du gr. a priv., zugos, lion, et sporos, spore) n. f. Nom donné aux spores de certains cnampignons qui ne se conjuguent pas l'un avec l'autre, mais se développent séparément et germent.

— Encycl. Dans la reproduction par azygospores, chaque azygospore, représentée par une celiule terminale d'un rameau renflé et qui croît sans être unie à sa voisine, continue à se développer, s'entoure d'une membrane et devient un corps reproducteur analogue à ceux qui sont formés par la conjugaison de deux cellules copulatnces et dent il a tout l'aspect.

AZILINE n. f. Nom donné par Lippmann et Fleissner à des dérivés amidoazoïques dans lesquels les groupes amidés et azoïques sont on position para. (Les azilmes sont isomères des chrysoidines!)

AZYME (du gr. a priv., et zumê, levain) n. et adj. Se dit d'une pâte sans Isvain, qui n'est pas fermentée : Uji AZYME, des AZYMES. Lcs cathoUqucs latins ne consacre7^t que du pain azyme, il Pain azyme se dit encore du pain sans levain que les juifs mangent à leur pâque, en mémoire de celui dont ils se nourrirent à l'époque de leur sortie d'Egypte, il Pain azyme signif. encore Oublie, pain très mince, très léger, non levé et peu cuit : Le pain azy'me est employé pour masquer la saveur désagréable de cei'taines substances médicamenteuses. (Nysten.) il On dit vulgairem. pain à chanter.

— Fête des azymes. Fête oue les Hébreux célébraient tous les ans, en mémoire de leur sortie d'Egypte.

AZYMGOR. Géogr. V. Azimgaru.

AZYMIQUE (rad. azyme) adj. Qui est impropre à la fermentaiiun. (Se dit particulièrem. des organismes microscopiques aérobies.)

AZYMTTE n. m. Nom que les Grecs donnent dérisoirement aux catholiques, qui font usage de pain azyme à la messe.

— adj. : L'Eglise latine n'a pas toujours ,-'. . ■, nu ri:.

— Encycl. On sait que, dans 1 Ivl ■ |;ie, les hosties destinées à la communion dui\ ■ i^ • i . i,i,;i ^ avec du pain azyme; mais on est peu d'accui a ^ui la -laie à laquelle il faut placer pour la première fois cette prescription. Les latins eu font remonter l'origine à ce fait que Jésus-Christ ayant institué l'eucharistie pendant les jours des Azymes, durant lesquels les lois juives ordonnaient de ne se servir que de pain sans levain, il employa forcément du pain azyme. Saint Thomas soutient qu'on n'usa que de pain azyme dans les premiers siiôlcs ut- l'Eglise, et que cette coutume dura jusqu';in i- mp h, 1rs hérétiques reprochèrent aux chrétiens -i ••■ i r la loi de Moïse, malgré l'avènement du M' . 1'. m , ne disparaître tout prétexte de récriminai!' n, !■ - i, n-.. Kglises

d'Orient et d'Occident se seraient alors servies de pain levé, usage que conserva lEglise grecque, tandis que l'Eglise latine revenait au pain azyme. 11 est certain que, lorsque le patriarche grec Michel Cérulaire consomma le schisme au xi' siècle et excommunia les latins, ceux-ci faisaient usage depuis longtemps de pain azyme, comme cela résulte du témoignage d'Alcuin, qui écrivait en 790, et de Raban Maur, qui florissait en 819.

Au xv siècle, le concile de Florence essaya, mais sans succès, d'opérer une réunion entre les deux Eglises, en déclarant que l'on pouvait validement consacrer le corps de Jésus-Christ avec du pain levé ou du pain azyme. Les disputes continuèrent : les Grecs appelèrent ironiquement les Latins azymites, et en reçurent à leur tour la dénomination de fei^ientaires.

AZZANO, village de Vénétie, à 10 kil. de Vérone; 360 hab. Les Français y repoussèrent les Autrichiens, en 1799.

AZZARA (Joseph-Nicolas). V. Azara.

Az-ZARKAL, mathématicien et astronome arabe, né à Cordoue, vivait dans la première moitié du xi' siècle. 11 était astronome en chef d'Al-Mamoun, roi de Tolède. Il inventa divers instruments pour les observations, construisit une clepsydre d'une dimension extraordinaire, ainsi qu'un planisphère et un astrolabe, sur des principes nouveaux.

AZZI (FaustinaDEGLi), femme poète italienne, née à Arezzo en 1650, morte en 1724. Elle eut la plus brillante renommée à son époque et parmi ses compatriotes, et la plupart des académies d'Italie l'admirent dans leur sein. Outre des morceaux répandus en divers recueils, elle a publié un volume de poésies sous le titre de Serto poetico (1694).

Azzi (François-Marie degli), poète italien, frère de la précédente, né à Arezzo en 1655, mort en 1707. Il a traduit la Genèse en sonnets (Florence, 1700), et entrepris une traduction d'Homère en octaves, traduction qu'il n'eut pas le temps d'achever.

AZZIMINIA {at-si — de l'ital. alla gemina) n. f. Art de l'azziministe, qui consiste à couvrir do hachures d'or la surface d'une arme ou d'un obiet d'acier.

— Encycl. Dans le procédé de Vazziminia, l'artiste commence par rayer à la pointe la pièce à décorer; puis, sur cette surface striée uniformément, il dessine à la pointe le sujet qu'il veut figurer, et il le modèle par des hachures plus ou moins vives, mais faites franchement et à angle droit. Prenant alors une feuille d'or assez épaisse, il la bat au marteau et la fait adhérer à l'acier, car tous les bords des rayures se rabattent et sertissent les fragments d'or» de telle sorte que la pièce à décorer semble chargée d'un dessin à la plume exécuté avec de l'encre d'or. L'azziminia fut en honneur dès la seconde moitié du xv" siècle ; elle resta florissante pendant tout le xvr, surtout en Italie , Ce procédé, oriental d'origine, a été souvent confondu ix tort avec la damasquine et Tincrustation, ou tauchie, qui est le damasquinage proprement dit. V. ces mots.

AZZIMINISTE {at-si, niss) n. m. Artiste qui se livrait à l'azziminia.

— EncycI'. Les azziministes les plus fameux étaient les Milanais, qui, à l'époque de la Renaissance, fabriquaient, de concurrence avec les Allemands, les plus belles armures. Mais les azziministes appliquaient surtout leur art à la décoration des coffrets, des lames d'épées, des dagues. La plupart de ces merveilleux artistes sont restés inconnus, comme celui qui a fait la belle armure de Charles-Quint conservée à l'Armeria de Madrid et signée des lettres D. P. T.; d'autres se contentaient d'écrire leur petit nom sur le chef-d'œuvre, comme on voit sur "un coffret délicatement touché d'or appartenant au marquis de Trivulce : pavlvs ageminivs faciebat. Un azziministc espagnol assez fameux, du temps de Philippe H, fut Diego (didacvs) de Caïaz.

AZZO (Alberto), seigneur de Canossa, feudataire de l'évéque de Reggio, mort vers 978.11 construisit, sur le rocher de Canossa, une forteresse qui passait pour inexpugnable, et il y donna un refuge, en 956, à la reine Adélaïde, veuve de Lothaire. Plus tard, l'empereur Othon I'% ayant épousé cette princesse, récompensa Azzo de sa généreuse hospitalité en lui donnant les villes de Reggio et de Modène, avec le titre de « marquis u. Il fut le bisaïeul de la fameuse comtesse Mathildc.

Azzo I*' (Albert), marquis d'Esté, fut dépouillé de ses Etats par l'empereur Henri II, etemprisonnéavec son frère Ugo, pour avoir concouru à l'élévation au trône d'Italie d'Ardouin, marquis d'Ivrée (1014). Echappés de leur prison, ils continuèrent en Italie leurs hostilités contre l'empire. Réfugié plus tard en Aquitaine, Albert y mourut (1029).

Azzo II, fils du précédent, mort en 1097. Il fut un des princes les plus puissants de ITtalieàson époque. Il avait possédé un moment le comté du Maine, en France.

AZZOGUIDI (Taddeo), chef du célèbre parti de l'Echiquier (axitonomiste), qui chassa de Bologne, le 20 mars 1376, les troupes du pape qui occupaient la ville. Après la victoire, il se montra plein de modération, ce qui le fit exiler dès l'année suivante.

AZZOLINI (Laurent), poète italien, né à Ferme, mort en 1632. Il devint secrétaire d'Urbain VIII, puis évùt|iie de Marni. Son œuvre la plus importante est une Satire contre la luxure (10S6).

AZZOLINI (Decius), cardinal, né à Ferme en 1623, mort en 1G89. Recommandé par Alexandre VII à la reine Christine, il devint son confident, puis son héritier. Il a laissé un traité sur les règles à suivre pour la temie des conclaves.

i^W ou 6e) n. m. La deuxième lottrc de l'alphabet et la preniiùro des consonnes, dans pros- (juc toutes les langues anciennes et modernes. Cependant, dans l'alphabet éthiopien, il occupe la neuviùmo place, et la vingt-sixième dans celui des

Paléogr. Comme l'A, notre B , dans sa lormcgraphi(|ue, dérive d'un hiérogramme égyptien par l'intermédiaire du phénicien, du

Tandis que la forme phéni-

Page 1