‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 62 sur 828 · ACCEPTER — ACCIDENT · texte numérisé non relu

ACCEPTER — ACCIDENT

ACCEPTER (lat. acceptare, mémo sens) v. a. Agréer, recevoir ce qui est proposé, offert, adopter : Toute fonction publique engage la conscience de celui qui Taccepte. (E. 00 Gif.) Il Admettre, trouver bon : iV'ACCEPTONS des langues étrangères que ks mots qui nous manquent. ( Arnault.) ri Se montrer prêta entamer, ù soutenir, à relever : Accepter la lutte, ie combat, un défi.

— I'"ig. Supporter, subir, se soumettre à : Il faut savoir ACCKPTKB ce çu'on ne peut éviter.

— Suivi d'un infinitif, il prend la prép. de : Le duc d'Anjou ACCEPTA difficilement de n-gner sur la Pologne. Il II ne se construit avec À que dans cette seule locution :

AccKPTER k diner.

— Accepter un rendez-vous. Promettre d'aller à ce rendez-vous, n Accepter une lettre de change. Prendre l'engagement de la payer à l'échéance, en mettant au bas son nom, précédé do « accepté", il Accepter un présage. Accepter l'espérance qu'il offre, il J'en accepte l'augure. Je désire que cela arrive comme on me le fait espérer.

Accepté, ée part. pass. du verbe Accepter.

— Eiliptiti. et invar. Formule dont on se sort pour l'acceptation des lettres do change : Accepté pour dix mille francs. \\ Se dit de môme, dans une conversation, pour marquer consentement : Vous le voulez ? Accepté.

S'accepter, v. pr. Etre accepté.

— o/N. Accepter, agréer, recevoir. Recevoir, c'est Prendre ce qui est donné ou envoyé. Accepter, c'est Prendre ce qu'on nous offre. Recevoir n'exclut que le refus ; accepter semble marquer un consentement ou une approbation plus expresse ; mais agréer, c'est Accepter les choses qui sont de notre goût.

— Anton. Bécuser, refuser, rejeter, repousser. ACCEPTEUR n. m. Celui qui accepte une lettre de

change, c'est-à-dire s'engage à acquitter la traite à l'échéance, n On dit plutôt tire. V, lettre de change.

ACCEPTILATION (ti4a-si} n. f. Dr. rom. Mode solennel d'extinction des obligations qui s'appliquait aux obligations nées verbis et exigeait l'emploi d'une formule verbale. Le débiteur demandait au créancier : Ce que je t'ai promis, le tiens-tu pour reçu ? Le créancier répondait : Je le tiens pour reçu, h acceptilalion constituait le plus souvent un payement fictif. Comme toute remise de dette, elle pouvait intervenir à titre gratuit ou à titre onéreux. Elle était à titre onéreux lorsque le créancier recevait une compensation quelconque en retour do la remise qu'il avait consentie. Elle pouvait donc accompagner le payement, et elle avait alors pour but de supprimer tout débat sur sa validité en fournissant au débiteur une sorte de quittance d'une nature particulière. L'acceptilation, comme le payement, éteignait la dette ipso jure avec tous ses accessoires. V. aquiliexNne (toi).

ACCEPTION (si] n. f. Egard, préférence, considération que l'on a pour quelqu'un ou pour quelque chose : Le Dieu du ciel et de la terre n'a acception «e pei-sonne. (Volt.)

— Gramm. Sens dans lequel un mot, une idée, etc., peuvent se prendre : Acception propre. Acception figurée.

ACCÈS (se — lat. accessus, même sens* n. m. Entrée, abord, approche : La barre de l'Adour rend difficile /'accès du port de Rayonne. Il Fig. La vérité, quelque part qu'on la cherche, n'est point d un accès facile. (Gnizot.) il Accueil qu'on trouve auprès d'une personne ; facilité plus ou moins grande de l'approcher: Les grands ne sont pas toujours d'un xccÈs facile et commode. (Marmontel.)

— Avoir accès. Pénétrer librement, être reçu, accueilli. Il Fig. et moralcm. : Il est rare que la vérité ait accès auprès du trône. (Mass.)

— Avoir accès à une profession, à une carriè7'e, etc.. Avoir le droit ou les moyens de les exercer.

— Ouvrir l'accès à. Préparer les voies, le chemin.

— Dr. canon. En cas de ballottage dans l'élection d'un pape, lorsqu'au scrutin aucun des cardinaux n"a réuni un nombre suffisant de suffrages et qu'on réclame des billets par lesquels on déclare se ranger à côté d'un de ceux qui ont été proposés au scrutin, ce mode d'élection s'appelle A l'accès : Il fut nommé pape À l'accès. Après le scrutin, on alla K l'accès, h Faculté de posséder un bénéfice vacant, par l'insuffisance d'âge ou la mort du titulaire.

— Pathol. Phénomène morbide qui se montre et disparaît par intervalles, comme dans les fièvres intermittentes : [/n ACCÈS d'épilepsie, d'hijstérie.

— Par anal. Mouvements intérieurs, phénomènes moraux ou autres, se produisant subitement ou par intervalles : Un ACCÈS de colère. Un accès d'hilarité.

— Encvcl. Méd. Le mot accès s'applique d'une façon spéciale à l'ensemble des phénomènes morbides qui surviennent et cessent par intervalles périodiques; chaque accès est séparé du précédent par une période de calme qui est V intermission. Le mot attaque désigne la brusque apparition d*une aflection qui présente des retours plus ou moins éloignés, sans périodicité déterminée. Lo paroxysme ou Vexacerbation consiste en un accroissement des symptômes continus dune maladit;. Le type des fièvres d'accès est la fièvre intf^rmittcntc. V. kièvre.

— Syn. Avoir accès, aborder, approcher. V. abordée. ACCESSIBILITÉ n. f. Facilité d'approcher, d'arriver à

(au pr. et au fig.» : La Constituante proclama la libre acces- SIBLLITÉ de toutes les aptitudes à tous les emplois.

ACCESSIBLE aaj. Abordable, dont on peut facilement approcher : U71 lieu, un rivage accessible.

— Par anal. So dit dos personnes : Soi/ez accessible, honnête, et recevez bien tout le monde. (Le Sage.)

— Par ext. Qui prête l'oreillo à, qui se laisse toucher par : Un magistrat ne doit pas être accessible à l'intérêt.

— Fig. Oh l'on peut atteindre, surtout on parlant des choses : Avant la Révolution, les grades supérieurs dans l'armée n'étaimt accessibles qu'aux nobles. \\ IntoUigibb-,

compréhensible : C'est en simplifiant les ES au plua qrnvd ttombre.

chosi

na AccEssini,

— Anton. Escarpé, inabordable, inaccessible. ACCESSION n. f. Adliésion à un acte, à un contrat, à

un traité : /.'accession de la Suéde au traité de coalition contre la France, il Addition, adjonction do personnes ou de choses pour compléter un ensemble, un tout ; Accession de jwuveaux éléments.

— Avènement, admission : //accession au trône. (Boss.)

— En T. de dr. civ-, Extension du droit de propriété par suite do la réunion d'un objet accessoire à la propriété principale, ti Par ext. Les choses mêmes sur lesquelles ce droit est exercé : Les atterrissements insensibles, les arbres

qu'on plante sur un terrain, les constructioris qu'on y fait sont des accessions, f Acad.)

— Enctcl. Dr. L'union de l'accessoire au principal rend le propriétaire du principal propriétaire de l'accessoire; ce droit s'appelle droit d'accession. Do là l'aphorisme : L'accessoire suit le principal. La loi française fait de l'accession un mode d'acquérir la propriété, et elle pose en principe que " la propriété d'une chose, soit mobilière, soit immobilière, donne droit sur tout ce qu'elle produit et sur ce qui s'y unit, soit accessoirement, soit naturellement, soit artificiellement !■. (C. civ., art. 546.)

Pour le droit d'accession sur les produits périodiques d'une chose, v. fruits. — Pour le droit d'accession sur ce qui s'unit et s'incorpore à la chose, v. construction, PLANTATION. — Pour 1 acccssion résultant du voisinage d'un cours d'eau, r. alluvion, kei-at, avulsion, attkr- RissEMENT. — Pour Taccession relative à certams animaux sauvages, v. animal. — Pour l'accession relative aux choses mobilières, v. meuble.

ACCESSIT [sif — 3*^ pers. sing. du parf. du v. lat. accedere, approcher ; littéralcm. il s'est approché) n. m. Mention accordée dans les lycées, les écoles, les académies, et généralement partout où il y a concours, à ceux qui ont le plus approché du prix : Obtenir un premier, un second accessit. Il PI. Des acci.ssits.

ACCESSOIRE (du lat. accedere, s'adjoindre) adj. Qui se rapporte à une chose principale, qui s'y rattache, s'y unit, sans être essentiel à cette chose : Idée accessoire. Clause ACCESSOIRE.

— Suivi d'un complément, il veut en général la prcp. DK et quelquefois la préposition k : L'archéologie, la numismatique, la chronologie et la géographie sont les sciences accessoires de l'histoire. (Raym.) Evitez les phrases trop longues^ trop chargées d'idées, incidentes et accessoires à l'idée principale. (D'Alemb.)

— Anat. Se dit d'un organe qui en accompagne un autre plus important, dont il augmente l'action : Le muscle accessoire du long fléchisseur des orteils.

— Art milit. Défenses accessoires. Obstacles employés pour augmenter la résistance des ouvrages do campagne, et retenir l'ennemi sous les feu:£ des défenseurs.

— Dr. Contrats accessoires. Ceux qui supposent l'existence d'un contrat principal. V. contrat.

— Anton. Essentiel, fondamental, important, principal ou capital.

— n. m. Ce qui est joint à la chose principale, ce qui en dépend : /-'accessoire SHi!^ ie prmc/pa/. i| Signifiait autrefois Embarras, conjoncture fâclieuse :

Et tO'it ce quelle a pu, dans un tel uf

aude

Moi-IÈRE.

— n. m. pi. Tcchn. Outils, ustensiles, meubles, etc., nécessaires à une industrie, à une profession, à la toilette, etc. Il Instruments ou ai)pareils qui, bien que ne faisant pas partie intégrante d une machine quelconque, n'aident pas moins à son bon fonctionnement. Il Au théâtre, flambeaux, faux bijoux, écritoire, plume, etc. (Se dit aussi des petits rôles : Acteur qui joue les accessoires.)

Il Parties secondaires dans une œuvre d'art : Le peiritre Détaille traite les accessoires avec autant de souci que le sujet principal, il En photographie. L'ensemble des objets joints au sujet photographié, tels que fond, meubles, tapis, tentures, vases, fleurs, etc.

— Anat. Certaines parties qui en accompagnent d'autres pour leur servir d'auxiliaires : Les accessoires de l'œil S07it les sourcils, les paupières, les voies lacrymales.

— Véloc. Objets plus ou moins indispensables au cycliste: frein,garde-boue, sacoche, clef, burette, pompe, etc.

ACCESSOIREMENT adv. D'une manière accessoire.

Acci nii ACCITUM, ancienne colonie romaine d'Espagne iTarracniiaisiM, â l'O. de Carthagène , près de la Bétique. Auj. Ouadix.

ACCIACCATURA (mot ital.; rad. arciaccare, froisser, concassL-ri n. t. Espèce d'agrément d'exécution dans la musique instrumentale, et sur la nature duquel les auteurs ne s'entendent pas. Selon les uns, Vacciaccatura consiste à frapper successivement et rapidement toutes les notes d'un accord, pour les faire mieux résonner ; selon les autres, à frapper dans un accord une ou plusieurs notes qui ne lui appartiennent pas ; d'après d'autres, enfin, l'acciaccatura est une appoggïature qu'il faut frapper presque en mêm' \emps que la note principale.

AcciAJUOLI, célèbre famille florentine, originaire de Brescia, dit-on, dont les meml)res les plus connus sont: Nicolas, grand sénéchal do Naj)les sous la reine Jeanne 1" (1310-1365) : — AcciajuoU (RknierI, duc d'Athènes, neveu du précédent ; il so rendit maître de presque toute la Grèce et y constitua une principauté où ses descendants se maintinrent jusnu'à la conquête turque, en 145G. La brandie florentine de cette famille subsista iusqu'en 1831.

— BiBL. : L. Tanfoni, Niccolà AcciajuoU (Florence, 1863). AcciAJUOLI iDonato\ érudit italien, né à Florence

en 1428. mort on 1478. On lui doit des traductions latines des Vies de Plutarque ; les Vies d'Annibal, de Scipion et de Charlemngne ; des Notes sur la morale et la politique r/'Ans/o/e [Paris, 1555); Storia fioreutina. tradotta in volgare (traduction latine de l'Histoire de Florence, de Léonard Arétin tVenise, 1476]).

ACCIDENCE n. f. Etat, qualité de l'accident : Toutes les choses pataissent soumises'a /'accidence.

ACCIDENT (du lat. accidere, advenir) n. m. Evénement fortuit, quel qu'il soit, mais «e plus souvent fâcheux et inattendu : On ii'oserait pas vivre si l'on songeait à tous les ACCIDENTS dont la vie humaine est semée. (J,-J. Houss.)

— Dr. Lorsqu'un accident résulte do l'imprévoyance ou do la négligence d'une personne, une action on dommagosintér/^ts peut être intentée contre elle par la victime ou SOS ayants droit. Il existe dos compagnies et des caisses u'assurancxjs contre les accidents. V. 'ssuranc-e. caisses.

— Refus de secours en cas d'accident. Seront punis d'amende depuis 6 jusqu'à 10 francs inclusivement : ceux qui, lo pouvant, auront refusé ou négligé de faire les travaux, le service, ou de prêter le secours dont ils auront été requis, dans les circonstances d'accident, tumulte, nau-

frage, inondation, incendie ou autres calamités, ainsi que i dans les cas de brigandage, pillage, flagrant délit, clameur publique, ou d'exécution judiciaire. ^C. p., art. 47:..)

— Géol. Changement ou modification dans l'allure rêgu- Hère d'une couche ou d'un filon,

— Logiq. Sophisme de l'accident, Sophisme qui consiste à tirer une conclusion absolue de ce qui n'est vrai qu'accidentellement, comme lorsque l'on conclut des eff'ets nuisibles d'un médicament administré par un médecin ignorant à la malfaisanco de la médecine en général.

— Mus. On appelle accidents les signes qui servent a l'altération permanente ou accidentelle des notes, lit, sont au nombre de trois : le dièse, J , qui hausse d'un demi-ton la note devant laquelle il est placé : le bémol, (j , qui, au contraire, la baisse d'un demi-ton ; et le lacarre, b , qui remet dans son état naturel la note prcci'demmeut aff'ectée d'un dièse ou d'un bémol.

Dièses ou bémols servent à ce qu'on appelle l'armuro de la clef, et leur nombre détermine le ton - ,__ dans lequel le morceau est écrit. Si ce mor- IJ^y ■ ceau, par exemple, est écrit en re majeur ou en si t\^~^ mineur, la clef sera armée de deux dièses, ainsi : '^ et ces deux dièses placés sur le fa et sur l'ut indiquent que pondant tout le cours du morceau tous les [a et tuus les ut seront haussés d'un demi-ton, à moms qu'un bécarre ne vienne parfois les remettre pour un instant dans leur état naturel. De même, si le mnr- ç , [^ ^__ ceau est écrit en la bémol majeur ou en fa mi- -A> ^'\,^ë neur, la clef sera armée de quatre bémols, ainsi : -^y ■■—■ et ces bémols, placés sur le si, sur le mi, sur le la et sur le ré, indiqueront que toutes ces notes seront baissées d'un detni-ton, tant que l'intervention du bécarre ne se fera pas sentir.

L'armure de la clef produit donc sur certaines notes une altération qu'on pourrait appeler organique, ou piTmanente. Cette sorte d'altération peut changer au cours d'un morceau, lorsque change la tonalité, et il faut alors remplacer l'armure par une armure nouvelle. Ainsi, si du ton de ré majeur, que nous avons donné plus haut eu exemple, on veut passer dans celui de la bémol maj'eur, que nous avons cité aussi, on devra, à la clef. ^ cff"acer l'ert'et des dièses précédents à l'aide des -JH(w*Ty bécarres, et les remplacer par les quatre bé- "fa"^"^^mois qui établiront la nouvelle tonalité, ainsi : c/ ' '

Mais il y a aussi les altérations accidentelles, ou pour mieux dire momentanées, qui se produisent au cours d'un murceau. Dans le ton à'ut majeur, par exemple, où toutes les notes sont dans leur état naturel, il peut arriver qu'on altère accidentellement une note, à l'aide du dièse ou du bémol. Cette altération n agit (jue dans la seule mesure où elle est placée, et son action, ne dépassant pas Cfiie mesure, s'éti-nd sur toutes les notes de même nom, à quelque octave que ce soit. Ainsi, si l'on veut que dans ce petit trait tous les sol soie diésés, on naura besoin de meti lo dièse que devant le preniie

Mais si l'on veut, dans le cours de cette mesure, renie dans leur état naturel les sol précédemment diésés, on le fera à l'aide du bécarre, de cette façon : A cette théorie des accidents, il faut ajouter deux : dents supplémentaires, dont l'emploi est beaucoup i : rare, et qui ne se rencontrent guère que dans la musi.j;,. très compliquée au point de vue chromatique : le doulilo dièse, Jj , et le double bémol, [j^ , dont l'efi'et est do hausser ou de baisser d'un nouveau demi-ton la note précédemment haussée ou baissée déjà d'un premier demï-iuii.

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