‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 634 sur 828 · BAHR-EL-ABIAD — BAIGNER · texte numérisé non relu

BAHR-EL-ABIAD — BAIGNER

BahR-EL-ABIAD [fleuve Blanc), nom quo porte le Nil dans la partie supérieure de son cours jusqu'à sa jonction avec le Balir-el-Azrak. V. Nil.

Bahr-EL-ARAB, rivière de l'Afrique, le plus considérable par sa profondeur et le volume do ses eaux des affluents do gauche du Bahr-ol-Gliazal.

Bahr-EL-AZRAK {fleuve Bleu), nom d'une rivière de rAfriijuo orientale, qui constitue une des deux grandes branches dont la réunion forme le Nil. V. ce mot.

BAHR-EL-FERTlT,riviôro du Soudan central (Darfour), afUucutdu Bahr-el-Arab.

Bahr-EL-GHAZAL {fleuve des gazelles), rivière importante de l'Afrique équatorialc, affluent de gauche du Nil Blanc, parcourant dans le Soudan oriental un vaste bassin naguère lacustre, aujourd'lmi desséché. Il reçoit de nombreux affluents, le Bahr-el-Arab, le Djour, etc., et conflue avec le Bahr-el-Abiad dans le lac No ou Birket-el-Ghazal (le lae des gazelles), par 9° 30' de latit. N. V. Nil. —Nom d'un district compris à peu près entre le Nil, son affluent le Bahr-el-Abiad et la ligne de partage des eaux du Bahrel-Ghazal et de l'Ouellé-Mbomou. Ce territoire, attribué à l'Anfrlcterre par le traité anglo-congolais du 12 mai 1894, lui a été retiré par le traité franco-congolais du 14 août suivant.

Bahr-EL-SUEZ, bras occidental du golfe Arabique.

Bahr-YOUGEF {fleuve de Joseph), branche occidentale du Nil. formant un canal qui longe le pied de la chaîne lib\M|uo et que la tradition copte attribue à Joseph. Cette bràuche se prolonge sous difl'èrents noms dans toute l'Egypte moyenne.

BAHUT {hû) n. m. Grand cofl're de bois, à couvercle ordinairement bombé, le plus souvent rcvc''tu de cuir, garni de clous et de pentures de fer ou de cuivre, et destmé à renfermer les valises ou les malles au cours d'un voyage. L'étymologie même du mot bahut (du lat.

oaj'uZaï-e, transporter) indique quo c'est un cofl're de transport. (S'est dit d'abord pour le cuir dont un cofl're était recouvert.)

— Parext., Hucheà serrer le pain : Le pain manquait dans le BAHDT- (G. Sand.)

— Sorte de meuble ancien, en forme d'armoire : Ces vieux bahuts, aujourd'hui si recherchés par 7ius antiquaires, étaient l'arsenal oit les femmes puisaient les trésors de leur toilette. (Balz.)

— Dans l'argot des lycées et des grandes écoles, Le lycée, l'école : Bentrer au bahut.

— Archit. Assise supérieure d'un mur de quai ou d'un parapet de pont et à laquelle on donne une tcnin.' hv„'eroment bombée, il Mur bas destiné à porter un conibie audessus d'un chéneau, l'arcature à

jour d'un cloître, une grille, etc. ^^"^"^ ^-r,rr^

Il Appui en bahut, taillé en bahut, V *— ^ -

Appui dont le haut est bombé |

comme le couvercle d'un bahut. \ *

— Art milit. anc. Sorte de coffre pour les munitions et les ba- r gages, qui a été remplacé par le i;/

fourgon. *■*"* —

— Hortic. En dos de bahut. En liaimt (nroh). couche de bahut, En bahut. Se disent d'une planche ou d'une couche, lorsqu'elle est bombée sur sa largeur pour favoriser l'écoulement des eaux.

BAHUTER v. n. Argot des écoles. Faire du tapage.

BAHUTEUR n. m. Mauvais élôve qui change souvent d'ctal.ili^isement. il Tapageur.

BAHUTIER {ti'é — ra-i. bahut) n. m. Techn. Artisan qui fait des bahuts, des cotfros, des malles, etc.

— PROV. : II ressemble aux bahutiers, il fait plus de bruit que de besogne, Il fait plus de bruit, plus d'embarras que de travail. (Expression qui vient du grand bruit que font les bahutiers, lorscm'ils enfoncent des clous dans les planches de leurs coffres.)

— Art milit. anc. Nom donné aux soldats chargés de la garde des bahuts ou fourgons de bagages et do munitions.

— adj. m. Qui est propre à porter le bagage, en parlant d'un cheval : Cheval bahutii:r. (Vieux.)

BAI, BAIE {bè — du lat. badius, brun) adj. Qui est d'un rouge plus ou moins foncé, en parlant des chevaux : Un cheval bai. Une jument baie. Des chevaux bais.

— - Quand on désigne la nuance, on dit elliptiquem. et invariablem. : Des chevaux b&i foncé, bai clair, bai cerise. Jument bai foncé, bai clair, etc.

— Bai miroité ou à miroir. Cheval dont l^ corps est parsemé de taches rondes d'une teinte plus claire que la teinte générale : Cheval bai k miroir. Cavale bai miroité.

— Substantiv. Cheval bai, cavale baie : Un beau bai. Une calèche attelée de deux bais.

— n. m. Couleur baie : Un bai brun. Un bai cerise.

— Le mot bai s'est appliqué autrefois aux personnes, avec le sens de Blond.

Bai ou Baj (Tommaso), musicien italien, né àCrevalcuore dans la seconde moitié du xvii* siècle, mort à Rome en 1714, fut pendant de longues années ténor à la chapelle pontificale, et, un an avant sa mort, devenait maître de cotte chapelle. Parmi ses compositions, il faut citer un Miserere dont les versets étaient alternativement à cinq voix et à quatre, et le dernier à huit. Ce Miserere fut trouvé SI beau que, depuis lors, ou le fit entendre chaque année à la chapelle, concurremment avec celui d'AUegri.

BAIAC {ï-ak') n. m. Nom ancien de la

BAÏANISME {7iiss — de Baïus, n. pr.) n. m. Ensemble des doctrines théologiques de Baïus. n On dit aussi satanisme, et BAÏISME.

— Encvcl. Le fond du baïanisme, c'est la confusion de la grâce et de la nature. Suivant Baïus, la gloire ou la vision intuitive de Dieu on lui-même n'est pas une fin surnaturelle à l'homme, ni la grâce un don surnaturel, un moyen surnaturel pour y parvenir. L'une et l'autre sont une partie intégrante de la nature humaine, comme d'être comnosée d'un corps et d'une âme, d'avoir des yeux et des oreilles. Le baïanisme est fondé sur trois chefs principaux :

1* l'innocence primitive ou édéniquo : la participation de la nature divine appartenait à l'intégrité de la première création ; 2" la déchéance originelle : elle a consisté non dans la réduction de l'homme à la nature amoindrie, mais dans un état de péché qui est héréditaire dans les volontés; par elle-même, la volonté ne peut plus pécher, et cependant le péché lui est imputable; 3" aucune œuvre de satisfaction, mais uniquement l'imputation du mérite du Christ, nos bonnes œuvres entrant pourtant en ligne de compte, ne peut nous procurer le salut. Baïus est un précurseur de Jansénius. Il s'autorisait de saint Augustin. Mais, d'une part, il prenait trop à la lettre; il mettait en système des paroles authentiques du grand docteur, et, d"'autre part, il s'appuyait principalement sur les deux ouvrages qui ne sont pas de saint Augustin : X Hypoynosticon, et le livre De vocatione gentium.

Les doctrines de Baïus ont été condamnées par le pape Pie V en 1567 (bulle Ex omnibus afflictionibus), par le jiape Grégoire XIII en 1579 (bulle Provisionis nostrsp), et par le pape Urbain VIII en 1G41 (bulle /« eminenti).

Baiardi ou Baiardo (Octave-Antoine), antiquaire italien, né à Parme en 1090, mort vers 1765. Sa réputation d'archéologue le fit appeler à Naples par Charles III, en 1747, pour décrire les monuments recueillis dans les fouilles faites à Herculanum. Il rédigea d'aboi^d, en un volume, le catalogue des monuments rassembles à Portici, puis commença un Prodrome, ou préface, destiné à faire connaître l'époque et l'utilité des fouilles. Mais l'abondance et la lenteur de ce travail détermina le roi à le confier aux membres de l'académie Ercolanèse. Le seul ouvrage imprimé que l'on connaisse de lui est le Prodromo delV antichita d'Ercolano (Naples, 1742-1756). Il a eu quelque part aux premiers volumes du magnifique ouvrage intitulé : les Antiquités d'Herculanum (1757-1792).

BaÏBARS ou BiBARS (Melik-Daher-Rokn-ed-Din), le sixième sultan mamiouk bahrite d'Egypte (1260-1277). Il servit d'abord comme simple soldat, puis comme émir dans la garde des Ayoubites, et, en 1249, assassina le sultan Touranshah. En 1260, il monta sur le trône après avoir assassiné le sultan Koutouz. Il força les Mongols d'Houlagou à évacuer la Syrie, lutta continuellement contre les Francs à qui il enleva Césarée, Antioche, Laodicée, mais ne put s'emparer de Saint-Jean-d'Acre. Il mit fin à la dynastie des Seldjoukides de Roum, s'empara de la Petite- Arménie, et envoya ses armées jusqu'au fond de la Nubie. Il mourut à Damas, probablement empoisonné. Il fit do nombreuses constructions au Caire, notamment le célèbre pont aux Lions.

BaÏBARS [Melik-Modaffer-Rokn-ed-Din), quelquefois appelé Baïbars II, régna en Egypte de 1308 à 1310. Il succéda à Melik-Naser-MohammedBen-Kelaoun renversé par une révolution, mais il ne tarda pas à être trahi par ses officiers et livré à son prédécesseur, qui le fit étrangler.

BaÏBOURT, ville de la Turquie d'Asie (Arménie), ch.-lde cant. de la prov. d'Erzeroum, sur le fleuve côtier le Tchorok; 10.000 hab. Fabrication de tapis, de chaussures, d'armes, de coutellerie, de sellerie, de chaudronnerie, d'articles d'argent niellé. Tannerie, savonnerie, teinturerie. Château fort des Seldjoukides.

BAÏDAR n. m. Bateau du Kamtschatka, en peau de phuque, recouvrant une carcasse en bois. Il est plat au milieu et très pointu aux extrémités. 11 S'écrit aussi baidak,

ou BAYDARQUE.

— Enctcl. La longueur du baîdar varie de 3 à 7 m., et les hommes qui le montent se logent dans des trous pratiqués dans le pont de ce fragile esquif avec lequel ils ne craignent pas d'attaquer le phoque et la baleine. Souvent, chaque embarcation ne contient qu'un homme.

BaÏDHAWI (Nasir-al-Din-Abou-Said-abd-Allah Ibn- Omak), littérateur persan, né à Beidha dans la province actuelle du Tars (en Perse). Il fut kadi ou grand juge de Shiraz, et mourut à Tabriz, en 128G de notre ère. Les deux principaux ouvrages de cet auteur, qui a beaucoup écrit, sont son commentaire sur le Coran intitulé En ve^- el-tenzH îcrt esrar el-taavil « Les lumières du livre révélé et les secrets de l'interprétation ». Ce commentaire, qui a été iniblié par Fluegcl, n'est guère que l'abrégé du commentaire de Lamathuhari , lui-même extrait de celui de Tabari; et une chronique universelle connue sous le nom de Nizam-al-tewarikh.

BaïDYABATTI, ville de l'Inde anglaise (district de Ilouglii, sur riiuugli, bras occid. du delta de Gange; 14.Ô00 hab. Un des grands marchés du Bengale. Jute.

BAIE {bê — du vieux fr. baijer ou béer, être ouvert) n. f. Ouverture pratiquée dans un mur, dans un pan de bois, une cloison, pour servir de porte ou de fenêtre. 11 Dans une chaussée. Espace dont le pr.vago .,__,___— ,.^

n'est pas encore achevé. 11 En car- ^ ' I ^ I. ,, -l~pl ,, 1 rosserie, Ouverture que l'on réserve dans la caisse d'une voiture et qui constitue la porte ou des sortes de fenêtres closes par des glaces.

— Encycl. Une baie en maçonnerie se compose de trois parties : 1" la partie inférieure, qui se nomme seuil pour les portes et appui pour les croisées ; 2" les deux parties latérales, qui s'appellent montants, dosserets ; 3''la partie supérieure, qui prend les noms de linteau, ti'averse, poitrail plate-foi^ie , etc., quand elle est droite et horizontale , et celui d'nrc, quand elle est cintrée. Dans

les constructions en bois, les baies sont formées par des huisseries, c'est-à-dire par une charpente composée de deux montants ou poteaux réunis supérieurement par un linteau. Il y a, de plus, un appui, s'il s'agit dune croisée.

BAIE {bê — du vieux fr. bayer ou béer, être ouvert) n. f. Echancrure d'une côte, formant enfoncement, mais largement ouverte aux vents du large : La baie est l'intermédiaire, comme grandeur, entre le golfe et l'anse.

— Baie a été employé à tort pour désigner certains golfes, comme, par exemple, la baie d'Hudson.

— Anton. Bec, cap, pointe, promontoire.

b- Daspei-gp ; c. De belladon

naquereau;

BAIE (ie — dnlat. bacca, même sens) n. f. Fruit charnu, indéhiscent, qui ne renferme pas de noyau, mais une uu plusieurs graines : Baie ^

de vigne, de groseillier, j ^^ ^r\

de citronnier.

— Baies à ondes. Nom donné, aux Antilles, à un acacia.

— Liturg. Dimanche des baies, Un des noms que l'on donnait au dimanche des Rameaux, parce qu'on y portait souvent des branches de laurier garnies do leurs baies.

BAIE (rad. baiier, parce r|u'on fait "bayer» ceux à qui on donne une baie) n. f. Bourde, tromperie qu'on fait à quelqu'un pour se divertir, pour plaisanter : il tint ce dernier avis encore pour une baie. (D'Aubigné.)

— Donner la baie à quelqu'un, Le tromper.

Baier (Jean-Jacques), médecin et naturaliste allemand, né à léna eu 1(Î77, mort en 1735. Il fut professeur à la faculté d'Altorf et devint président de l'académie des « Curieux do la nature » en 1730. Il a laissé de nombreux ouvrages; entre autres, Oryctographia noricn, où il décrit les minéraux et les fossiles observés aux environs de Nuremberg. Son fils a publié des suppléments à ce travail.

BAIERA fde B^ier, n. pr.) n. f. Genre de conifères fossiles, appartenant à la famille des taxacées, et propres au terrain jurassique.

BAIÉRINE (ba-iê — de Baiem, nom allem. de fa Bavi'ère) n. f. Niobate ou hyponiobate naturel de fer et de manganèse. La i«iVV/«e(Fe(Nb,Ta}-0'') a été confondue avec la tantalite,dontelle diffère. Elle est d'un noir de fer, et sa poussière est d'un brun rougeâtre. Il Syn. de columuite, niobite.

BaïES ou BaJA, ville d'Italie {prov. de Naples), près du cap Misèue, sur le golfe du même nom. Port assez sûr; 4.500 hab. Ruines de l'ancienne Balêe, qui, à cause de la beauté de son site, de la fertilité de son terroir et de ses abondantes sources d'eaux minérales, était le séjour de prédilection des grands seigneurs romains.

BATETTE {iè-t') n. t. Etoffe de laine non croisée ou d© flanelle très lâche. 11 On écrit aussi bayette.

BaïF (Lazare de), diplomate et humaniste français, né aux Pins, près La Flèclie, mort en 1547. Attaché d'abord au cardinal de Lorraine, puis maître des requêtes de l'hôtel du roi, ambassadeur à Venise de 1529 à 1534, puis en Allemagne; Honsard fut attaché, en 1540, à sa mission à Spire. Baïf, qui avait appris le grec sous la direction de Jean Lascaris, était un des meilleurs humanistes de son temps; il se lia, en Italie, avec les lettrés et les érudits. Epris d'archéologie classique, il publia : De re vestiaria (1526) et De re ^nnvali (1536); ce dernier livre a fait autorité pendant près de trois siècles. Baïf a traduit envers français l'Electre de Sophocle et VHécube d'Euripide. Il avait pris chez lui Daurat comme précepteur de son fils.

Baïf (Jean-Antoine deI, fils naturel do Lazare, né à Venise en 1522, mort en 1589. Il fut l'un des sept do la Pléiade. Ses principales œuvres sont les Pawe-Zenips (157;: 1 et les Mimes f enseignements et proverbes (1575). Dans les Passe-temps il a réuni quantité de poésies diverses, épîtres, chansons , dithyrambes , sonnets, etc.; plusieurs se recommandent par leur aimable enjouement, leur gentillesse naïve ou piquante. Citons, en particulier, la chanson si connue du Printemps, une gracieuse imitation de Méléagre. Quaht aux Mimes, c'est encore un recueil de poésies diverses, mais qui ont généralement le caractère didactique et font comme un répertoire de morale usuelle. Il faut louer, dans certaines, une netteté ferme et concise, à laquelle leur forme sentencieuse oblige pour ainsi dire le poète ; mais la plupart sont écrites avec une fluidité prolixe, de Bail. It avait de l'imaginatior le travail qui lui manqua, le sou le sens do l'art.

BAÏFIN (du nom de Baïf) n. m. Espèce de vers que le poète Baïf essaya de mettre à la modo et qui étaient cadencés et mesures à la manière des vers grecs et latins. Pasf|uier attribue cette invention à Jodelle, et des critiques plus modernes en font honneur à Jean Mousset. En voici deux exemples (le premier est un distique, composé d'un hexamètre et d'un pentamètre ; le second offre trois hexamètres réguliers) :

Ph^biis, Amour, Cvpris, veut sauver, nourrir et orner Ton vei-d et ton chef d'ombre, de flammée, de fleurs.

Jodelle.

I,es jours, par Jupiter, observant bien comme l'on doit, Kiiseigae les servants que le jour trentième du mois vaut Pour la besogne revoir comme pour la pitance départir.

BAfF.

BAIGNADE {gn mil.) n. f. Action de se baigner.'Gyn. ^-^

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