BÂILLE
— Argot de coulisses. Bâiller au tableau. Se dit de l'acteur à qui on confie un rôle qui n'est pas à sa convenance.
— v. a. Traîner dans l'ennui i Je bâille ma vie, disait Chateaubriand.
— Rem. Qnol(|ues auteurs se sont servis de ce verbe, au lieu do bayer. L'analogie des sous et du sons est une
c.'uiso fort naturoUo de cotto confusion, qu'il faut roproclior à la languo plutôt qu'aux écrivains.
AlIuDd, vous! vouH rôvez et hâillez aux corneilles.
MoLn'vRB.
(C'est bayez qu'il faudrait, et Moli6ro s'était corrigé luim^mo oD mettant plus tard bayes.)
BAILLER {balle [ Il mil.] — du gr. ballei?}, envoyer, ou du lai. bnjitlitrt; porter) v. a. Mot vieilli qui a tous les sons du verbo Donner : Bailler de l'argent, un soufflet. Baillkk 9a parole, sa foi.
— Est resté usité surtout dais los locutions familières ou proverhiaîos : En bailler d'une belle, La bailler bonne, ou brilr, liirn iiin- r-(t.);r ovinionllnairo ot iiicroyablo, cInM-. I ; I I I I 1, Il En bailler à garder, Duper, Immi I I M H Miier le lièvre par roreille, Faire
do hvu- . ■■( ^: ,,,■ -.-rs.
— l'i'i-li. Jcior (ic la r.jguo de maquereau détrempée dans do l'eau do mer, sur des (îlots traînés par dos bateaux, et qui servent à prendre les sardines.
Se bailler, v. pr. Donner l'un à. l'autre : Su baillkr des marques d'amitié. (Vieux.)
BAILLÈRE{6a-/Wr'[/Mnll.]),ouBAILLERIE(/ja-/;[//mll.]) n. f. Bot. Syn. do cliuadium.
BAILLERESSE (/m-/i [Il mil.]} n. f. Féminin do bailleur.
BÂILLERIE // mil.) n. f. Action de bâiller. (Vieux.)
BAILLET iha-lh' \ll mil.] — diminut. do bai) adj. m. Qui est d'un roux tirant sur lo blanc, en parlant du poil d'uu cheval : Cheval baillet.
— n. m. Cheval baillet : Un baillet. (Vieux.) Baillet (Adrien), érudit et littérateur, né à La Neuville, prés do Boauvais, en 1649, mort en 170G. Il entra dans los ordres, et devint bibliothécaire de l'avocat général Lamoignon. Sa vie fut concentrée dans ses livres et ses com-
Sositions littéraires. Ses ouvrages brillent plus par l'éruition que par le style, qui est fort négligé. Les principaux sont : Jugements des savants sur les principaux ouvrages des rtwfeurs (1685-1G86); Des enfants devenus céUbres par leurs études et par leurs écrits (1688); bes satires personnelles, traité historique et critique de celles qui portent le titre d\ anti a (1689); la Vie de Descartes (1691), le plus utile de ses ouvrages ; les Vies des saints (1701) ; etc.
Baillet (Christophe-Ernest), jurisconsulte belge, né au château de La Tour (Luxembourg) en 1668, mort à Bruxelles en 1732. Il fut président du conseil privé do l'empereur Charles VI. Il devint très populaire lors du soulèvement do Malines en 1718; la cour le récompensa do son habile fermeté par le titre de « conito ».
Baillet (Eugène), chansonnier français, né à Paris en 1831. Il commença dès 1848 à composer quelques chansons patriotiques, et fut encouragé par Béranger. Il a Fublié on recueils : Fleurs et sourires (1853); la Muse de atelier (1856); Chansons d'hier et d'aujourd'hui {1S6&)\ Chansons et petits poèmes (1885), etc. Plusieurs des morceaux contenus dans ces recueils ont obtenu un grand succès. Nous citerons notamment : la Religieuse; l'Hirondelle prisonnière ; Souviens-toi, belle Italienne; le Bataillon de l'avenir; Mon cœur a vingt ans pour t'aimer; Champigny. Baillet est président do la » Lice chansonnière ».
BAILLETTE [ba-llèf [Il mil.] — rad. bail) n. f. Dr. coût. Sorte de ténure usitée dans l'Aunis, la Saintonge et la Guyenne, qui participait du bail à cens, du champart et de l'emphytôose. En Aunis, par exemple, la baillette transférait fe domaine utile au colon qui devait cultiver la terre et fournir au coucédant la septième partie des fruits.
BAILLEUL (ba-llenl' [Il mil.] — du nom de Nie. Baillcuh le premier qui s'ilhistra dans cet art) n. m. Celui qui fait profession de remettre les os luxés ou fracturés. (Vieux et inus.) ii On dit rehodteur dans le môme .sens.
Bailleul, ch.-l. de cant. du Nord, arr. et à 17 kilom. d'HaaebroucU, sur la Becque, affl. de la Lys; 13.449 hab. {Bailleulois, oises.) Ch. de f. du Nord. Fabrique de dentelles et de toiles ; brasseries, tanneries, savonneries. Cette ville, très ancienne, fut dévastée par les Normands en 882, par Robert le Frison en 1072, et presque entièrement détruite par le feu en 1436, 1502 et 1G81. — Le cant. Nord-Est a 4 comm, et 18.675 hab. Le cant. Sud-Ouest a G comm. et 14.028 hab.
Bailleul (Le), comm. de la Sarthe, arr. et à 12 kil. de La Flèche ; 1.024 hab. Briqueteries.
Bailleul, roi d'Ecosse. V. Baliol.
Bailleul (Jacques-Charles), homme politique français, né à Brettevilio (Seine-Inférieure) en 1762, mort à Paris en 1S43. Il siégea à la Convention parmi les girondins, fut membre du conseil des Cinq-Cents sous le Directoire, tribun sous lo Consulat, directeur général des droits réunis de l'Orne sous l'Empire, pamphlétaire libéral sous la Restauration. Il écrivit une réfutation de l'ouvrage de M""= de Staël sur la Révolution (1818) et de nomhreuses brochures sur des cpiestions de politique et de finance.
BÂILLEUR, EUSE {Il mil.) n. Personne qui bâille ou qui est sujette à bâiller :
C'est très contai,'ieux le bâillement, marquise, Lorsque le bâilleur peut bâiller avec franchise.